Les lettres. J'en parlais dans mon dernier billet. J'en ai relues quelques unes qui ont plus de 30 ans. De vieux papiers..., oui mais... On s'y adresse à moi en ces termes :"Mon petit boy scout" ou "Galou" ou "Vieux brigand". Quand l'intention de dire fermement une chose est là, de faire passer un message, un sentiment, une impression; quand ce n'est pas juste de la politesse ou du verbiage du à l'ennui; quelque chose passe de la personne qui écrivit la lettre et de l'amitié qu'elle me portait, et c'est incroyablement touchant. Je pourrais presque sentir une présence, une forme, un parfum, surtout quand il y a un effort de style qui revient. Je sens une existence qui fut liée à la mienne et qui, grâce aux lettres et à ma mémoire, l'est encore, même si elle est loin de moi, physiquement ou par la pensée.
La lettre d'un ami décédé, comme une voix venue d'outre-tombe, m'a laissé sur le flanc. Je ne l'avais jamais relue. Et ceux que j'ai perdu de vue mais dont je sais qu'ils sont en vie, comme je les sens proches à travers leurs anciennes missives. Combien d'amour il y avait-il là qui a disparu ? laissant une ombre joyeuse sur un papier de hasard, choisi, envoyé, reçu. Et reçu encore toutes ces années plus tard.
Mais toutes ces jolies choses si douces où je me fais parfois cajoler avec une tendresse sans égale et d'autres fois redresser les bretelles par des remontrances justifiées et vives, je les brûlerais sans un seul état d'âme pour quelques mots mal orthographiés qui ne disent rien ou presque de lettres écrites d'une écriture vacillante par la personne capitale dont je perçois le déclin et la souffrance à travers les années de son courrier; oui, je les déchirerais toutes pour les quelques lettres qui me restent de celle qui compta et compte le plus pour moi, bien qu'elle fut néfaste, tragique, folle à lier, pire encore : ma mère.
Mais je dois me taire.
Salut Todd.
Salut Alex.
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jeudi 17 décembre 2015
mardi 28 avril 2015
Voix nue.
Chant cassé
Brisure de tessiture
Zéro hertz pointé
Petite voix
Petit souffle
Qui ne trouve jamais à sortir
Qui encombre plutôt
Qui n'a ni issue
Ni solfège
Innocuité colorature
Inapte, basse, médium, aiguë
A toute forme
A tout répertoire
Échoue à dire l'âme
La joie, la souffrance
La poésie de peine
Ou de risque
Cassée en deux
Un coté pour la nuit
L'autre pour la Mort
Et traîne par terre
Foulée aux pieds
Arrachée comme une dent
Par une multitude
Tapageuse
Où tous les cris se bousculent
Et jouent la puissance à tout-va
Quand un sanglot
Ou un soupir
Saurait emplir l'espace
Et satisfaire l'oreille
Voix refusée
Du salon ambitieux
Et des hurlements
Voix muette
Sans onde à la ronde
Ni tour de chant
A la rue
Juste le repli au nombril
Qui n’ânnone même pas
Le silence prévisible
Tendant la main
Ne mendiant rien
Car n'étant rien
Sans fréquence ni modulation
Sans rythme ni séquence
Le canon impossible
Le silence insigne
Partition corrigée
Au blanco total
Petite voix supprimée
Avant même
Que d'avoir sonné à la porte
De la chorale
Loin de la terre
Et loin du ciel
Murmure oblitéré
Chant mutique
« Au secours "
Qui, comme tant d'autres,
N'aura pas d'écho.
Je cherchais un truc bien à mettre en vidéo avec le texte et je tombe sur ce clip de Hank Snow que les Stones reprenait (Hank Snow) déjà au début des années 60. Ah, l'enfoiré ! Sur ce coup je lui mets 1/10 parce que 11/10 ça existe pas, et encore moins 12/10 !
Non, mais Hank, c'est quoi ce costard ???
Brisure de tessiture
Zéro hertz pointé
Petite voix
Petit souffle
Qui ne trouve jamais à sortir
Qui encombre plutôt
Qui n'a ni issue
Ni solfège
Innocuité colorature
Inapte, basse, médium, aiguë
A toute forme
A tout répertoire
Échoue à dire l'âme
La joie, la souffrance
La poésie de peine
Ou de risque
Cassée en deux
Un coté pour la nuit
L'autre pour la Mort
Et traîne par terre
Foulée aux pieds
Arrachée comme une dent
Par une multitude
Tapageuse
Où tous les cris se bousculent
Et jouent la puissance à tout-va
Quand un sanglot
Ou un soupir
Saurait emplir l'espace
Et satisfaire l'oreille
Voix refusée
Du salon ambitieux
Et des hurlements
Voix muette
Sans onde à la ronde
Ni tour de chant
A la rue
Juste le repli au nombril
Qui n’ânnone même pas
Le silence prévisible
Tendant la main
Ne mendiant rien
Car n'étant rien
Sans fréquence ni modulation
Sans rythme ni séquence
Le canon impossible
Le silence insigne
Partition corrigée
Au blanco total
Petite voix supprimée
Avant même
Que d'avoir sonné à la porte
De la chorale
Loin de la terre
Et loin du ciel
Murmure oblitéré
Chant mutique
« Au secours "
Qui, comme tant d'autres,
N'aura pas d'écho.
Je cherchais un truc bien à mettre en vidéo avec le texte et je tombe sur ce clip de Hank Snow que les Stones reprenait (Hank Snow) déjà au début des années 60. Ah, l'enfoiré ! Sur ce coup je lui mets 1/10 parce que 11/10 ça existe pas, et encore moins 12/10 !
Non, mais Hank, c'est quoi ce costard ???
samedi 28 mars 2015
Un arbre et un banc
mardi 23 décembre 2014
On n'y voyait pas grand-chose, Modiano lève un voile.
Parler Littérature est chose difficile, surtout pour les écrivains. La plupart s'en tient à l'anecdote, au nombrilisme, aux citations. Il leur est pénible de se pencher sur leur Art et d'en dévoiler quelques arcanes sans se couper l'herbe sous le pied ou sombrer dans une immodestie toute mignonnette. C'est déjà plus aisé pour les critiques qui sont là pour ça et possèdent tous les codes et les grilles d'analyses possibles et imaginables, qui ne leurs sont pourtant, la plupart du temps, d'aucune utilité pour dire quelque chose de sensé sur un livre ou un écrivain. Leur seul recours sera d'écrire à leur tour, de mettre un bout de soi dans la critique pour éclaircir un peu d'eux-mêmes et en même temps un peu de ce dont ils doivent rendre compte. C'est le seul moyen. Et quand on lit le travail d'un bon critique, on lit de la Littérature.
Bref, récemment, Patrick Modiano s'est livré à l'exercice périlleux du discours de réception du Prix Nobel de Littérature qu'il venait de recevoir. C'est dire qu'il allait falloir parler d'or et soigneusement peser ses mots au poids de la postérité. Et bien, il a fait un très beau et très touchant discours. C'est émouvant de le voir faire un speech aussi limpide, humble, presque chaste sur son métier et ses œuvres, lui dont on connaît la diction stroboscopique, quasi hallucinante. Il dit tout ce qu'il peut dire de lui et de l'écriture sans sombrer dans l'impudeur, et il le dit bien, avec clarté et précision. On est loin du de la déclamation du Sysiphe-stagiaire Albert Camus, qui reste une référence indépassable en matière d'emphase (et de conduite périlleuse au volant).
Je vous incite à lire les livres de Modiano, c'est un grand écrivain. Voici son discours de remerciement pour le Nobel de Littérature. Ça commence 2 minutes 48 secondes après le début de la vidéo.
Bref, récemment, Patrick Modiano s'est livré à l'exercice périlleux du discours de réception du Prix Nobel de Littérature qu'il venait de recevoir. C'est dire qu'il allait falloir parler d'or et soigneusement peser ses mots au poids de la postérité. Et bien, il a fait un très beau et très touchant discours. C'est émouvant de le voir faire un speech aussi limpide, humble, presque chaste sur son métier et ses œuvres, lui dont on connaît la diction stroboscopique, quasi hallucinante. Il dit tout ce qu'il peut dire de lui et de l'écriture sans sombrer dans l'impudeur, et il le dit bien, avec clarté et précision. On est loin du de la déclamation du Sysiphe-stagiaire Albert Camus, qui reste une référence indépassable en matière d'emphase (et de conduite périlleuse au volant).
Je vous incite à lire les livres de Modiano, c'est un grand écrivain. Voici son discours de remerciement pour le Nobel de Littérature. Ça commence 2 minutes 48 secondes après le début de la vidéo.
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mercredi 5 novembre 2014
La montagne magique.
Et maintenant, une petite séquence de chanson française. Commençons par un beau titre de Michel Delpech : "Un coup de pied dans la montagne"
- Elle a pas de nom cette montagne ?
- Non, peut-être, par ici on l'appelle la montagne, c'est tout.
- C'est débile, toutes les montagnes ont un nom, un nom à elle.
- Sûrement. Pas celle-là.
- Et qu'est ce qu'elle a de special cette montagne ?
- Rien. Enfin si, elle secoue.
- Elle secoue ? Qui ? Quoi ?
- Ceux qui y vont, qui la gravissent. Elle les secoue un grand coup.
- Et alors ?
- Après, il ne sont plus pareils. Enfin, ceux qui redescendent parce qu'ils y en a qui y restent.
- Ils meurrent ?
- Pas forcément, ils restent là-haut. Il y en a qui redescendent, certains juste pour mourir, d'autres qui remontent. Enfin, tu vois, il y a pas mal d'options.
- Non, je ne comprends pas ce que tu me dis. Tu en déjà vu de ceux qui sont revenus ?
- Peut-être. Enfin, oui, ils ne parlent pas beaucoup.
- Comme toi ?
- Oui, comme moi.
- Tu y es monté, hien ?
- Sûrement. Qu'est ce que ça peut te faire au juste ? Ce ne sont pas tes oignons.
- Parce que je suis pas du pays ? Un pays avec une montagne qui n'a pas de nom, ce n'est plus un pays, c'est autre chose.
- Quoi, petit malin ?
- C'est comme tu disais. Un truc pour se faire secouer.
- Tu veux monter, c'est ça ?
- Ca te gènerait ?
- Non, c'est tes affaires.
- C'est risqué ?
- C'est risqué d'être secoué, de toute manière. Ce qui tombe, ce qui reste, ça dépend. Tu peux chuter tout entier du haut de la montagne.
- Je n'ai pas peur.
- Ce n'est pas la peur qui compte, c'est le poids. Combien tu pèses, c'est ça qui te tuera ou te fera vivre.
- Je ne suis pas bien épais.
- Ce n'est pas ce poids là dont il s'agit. Tu ne peux pas savoir à l'avance. Tu te feras secouer, tu sauras.
- Je vais mourir ?
- Peut-être, non. Ca n'aurait guère d'importance.
- C'est comme ça que tu vois les choses ? Depuis que tu es monté là-haut ? Toi, tu es revenu et tu te fous de tout ?
- Je ne me fous pas de tout. Au contraire. Ecoute : tu veux savoir ? Tu veux savoir ce qui te manques ? Ce que tu as en trop ? Après tu verras bien, tu sauras.
- Je vois, je vais encore rester quelques temps ici, et puis je monterai me faire secouer.
- Comme tu voudras.
- Ce n'est pas la montagne qui bougera, n'est ce pas ?
- Idiot, bien sûr que non !
- Alors, je vais dormir un peu et rêver.
- Elle a pas de nom cette montagne ?
- Non, peut-être, par ici on l'appelle la montagne, c'est tout.
- C'est débile, toutes les montagnes ont un nom, un nom à elle.
- Sûrement. Pas celle-là.
- Et qu'est ce qu'elle a de special cette montagne ?
- Rien. Enfin si, elle secoue.
- Elle secoue ? Qui ? Quoi ?
- Ceux qui y vont, qui la gravissent. Elle les secoue un grand coup.
- Et alors ?
- Après, il ne sont plus pareils. Enfin, ceux qui redescendent parce qu'ils y en a qui y restent.
- Ils meurrent ?
- Pas forcément, ils restent là-haut. Il y en a qui redescendent, certains juste pour mourir, d'autres qui remontent. Enfin, tu vois, il y a pas mal d'options.
- Non, je ne comprends pas ce que tu me dis. Tu en déjà vu de ceux qui sont revenus ?
- Peut-être. Enfin, oui, ils ne parlent pas beaucoup.
- Comme toi ?
- Oui, comme moi.
- Tu y es monté, hien ?
- Sûrement. Qu'est ce que ça peut te faire au juste ? Ce ne sont pas tes oignons.
- Parce que je suis pas du pays ? Un pays avec une montagne qui n'a pas de nom, ce n'est plus un pays, c'est autre chose.
- Quoi, petit malin ?
- C'est comme tu disais. Un truc pour se faire secouer.
- Tu veux monter, c'est ça ?
- Ca te gènerait ?
- Non, c'est tes affaires.
- C'est risqué ?
- C'est risqué d'être secoué, de toute manière. Ce qui tombe, ce qui reste, ça dépend. Tu peux chuter tout entier du haut de la montagne.
- Je n'ai pas peur.
- Ce n'est pas la peur qui compte, c'est le poids. Combien tu pèses, c'est ça qui te tuera ou te fera vivre.
- Je ne suis pas bien épais.
- Ce n'est pas ce poids là dont il s'agit. Tu ne peux pas savoir à l'avance. Tu te feras secouer, tu sauras.
- Je vais mourir ?
- Peut-être, non. Ca n'aurait guère d'importance.
- C'est comme ça que tu vois les choses ? Depuis que tu es monté là-haut ? Toi, tu es revenu et tu te fous de tout ?
- Je ne me fous pas de tout. Au contraire. Ecoute : tu veux savoir ? Tu veux savoir ce qui te manques ? Ce que tu as en trop ? Après tu verras bien, tu sauras.
- Je vois, je vais encore rester quelques temps ici, et puis je monterai me faire secouer.
- Comme tu voudras.
- Ce n'est pas la montagne qui bougera, n'est ce pas ?
- Idiot, bien sûr que non !
- Alors, je vais dormir un peu et rêver.
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mardi 30 septembre 2014
Dernière levée de la Post.
J'en remets une petite couche sur la post-modernité d'avant-demain pour les enfants d'aujourd'hui, c'est à dire un passé qui colle aux mouches. Sébastien Tellier, toute bête de son propre cirque qu'il soit, a bien du talent; rebelote donc avec deux vidéos de lui, l'une extraite d'un concert à l'Olympia où le musicien finit en Lolita de la punch-line pour mieux tirer sur la bobinette qui cherra, mon enfant, et l'autre, vraiment magnifique, sur les mystères de la création et de l'Amour (rien que ça). On peut être clown et être sérieux parfois, entre deux prises.
Ensuite, un clip très chiadé de Phoenix en temps réel décompté sur les deniers sans odeurs d'une multinationale quelconque. Ça vaut quand même mieux que de regarder ce légume de Miossec ou de subir encore et encore les gamineries des (vieux) cinéastes de la dernière vague, qui fut nouvelle quand il s'est agit de piquer les fauteuils en cuir repoussé à papa.
Et pour finir une vidéo de Jazz de maintenant, c'est à dire un mélange vraiment actuel, le Jazz étant habitué depuis belle lurette à absorber toutes les influences, y compris les plus puissantes et les moins "swing" (ici, fort heureusement, ça groove!), et à se retrouver à toutes les confluences, y compris les plus limpides. C'est là que se trouve Mehliana, duo formé de Brad Mehldau et Mark Guiliana qui marie les codes-mémoire de l'Electro, du Jazz-Rock et du Rock Progressif pour le bonheur avec mélange des mélomanes tout-terrain. Du très bon Jazz post-moderne.
Ensuite, un clip très chiadé de Phoenix en temps réel décompté sur les deniers sans odeurs d'une multinationale quelconque. Ça vaut quand même mieux que de regarder ce légume de Miossec ou de subir encore et encore les gamineries des (vieux) cinéastes de la dernière vague, qui fut nouvelle quand il s'est agit de piquer les fauteuils en cuir repoussé à papa.
Et pour finir une vidéo de Jazz de maintenant, c'est à dire un mélange vraiment actuel, le Jazz étant habitué depuis belle lurette à absorber toutes les influences, y compris les plus puissantes et les moins "swing" (ici, fort heureusement, ça groove!), et à se retrouver à toutes les confluences, y compris les plus limpides. C'est là que se trouve Mehliana, duo formé de Brad Mehldau et Mark Guiliana qui marie les codes-mémoire de l'Electro, du Jazz-Rock et du Rock Progressif pour le bonheur avec mélange des mélomanes tout-terrain. Du très bon Jazz post-moderne.
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mercredi 10 septembre 2014
Une halte avec Stendhal.
Dans ses "Mémoires d'un touriste", Stendhal, suite à un concours de circonstances, se voit obligé de laisser sa calèche privée et de continuer son voyage à travers la France en malles-poste et diligences avec le commun des mortels comme acolyte. Ce n'est pas pour lui déplaire, voici ce qu'il dit :
" J'ai été élevé à voyager comme un simple commis du commerce dans les malles-poste et en diligence, et j'éprouve un sentiment dont je soupçonnais l'existence; c'est que, parmi les agréments de la vie, ceux-là seulement dont on jouissait à vingt-cinq ans sont en possession de plaire toujours"
Il insiste sur le plaisir qu'il a eu à finir le voyage de cette manière puis se réjouit des rencontres qu'il a faites et évoque comment il a pu contrer l'ennui qui parfois a pu naître dans certaines haltes par une attention redoublée à son travail d'écriture du soir.
Il ajoute ceci sur sa "solitude" :
"Mais, au total, je le répète, je me suis fort bien trouvé de cette solitude absolue d'un mois; sous prétexte de convenances et par la vanité que les gens communs mettent à les bien observer, la société se fait tous les jours plus hypocrite, qu'il est permis de trouver que ses gênes l'emportent sur ses agréments. Heurter les convenances ne serait rien sans le remords qui suit le crime, mais je suis peiné de voir la douleur de vanité que j'inflige à l'homme poli qui causait sans défiance avec moi, et qui reçoit tout à coup une réponse imprévue. Il entrevoit la possibilité de rester court"
On a reproché à Stendhal sa volonté molle voire sa sensiblerie "féminine". On voit ici qu'il était plutôt un homme qui rebutait à faire mal et préférait ne pas choquer, bien qu'il aimât plus que tout les passions fortes (et, pour lui, leurs pays de prédilection : l'Italie). Il préférait la prévenance aux convenances.
Plus loin il note cette phrase, courte et émouvante : "La diligence de La Charité s'est arrêtée un instant à Rousselan ; c'est un poste qui consiste en une seule maison au milieu d'un champ, environné de grands bois. Peu de sites m'ont donné davantage le sentiment de l'isolement complet, j'ai passé là un quart d'heure à me promener le long du bois, à cent pas de la ferme; j'étais heureux, je voyais à mes pied tous les chagrins du monde"
Et voilà bien le véritable scandale Stendhalien. Là, perdu au milieu du désert, dans "l'isolement complet", il trouve en lui sans peine les ressources pour être heureux, centre du monde tranquille à lui-même qu'il ménage et n'épuise jamais. Cette faculté-là, d'être souvent heureux, paradoxalement heureux quand le reste du monde à son vague à l'âme habituel, peu de gens lui pardonne. Il n'est pas raccord, il détonne. Hubert Juin, très bon critique oublié, avait défendu l'auteur en son temps et à sa manière, Philippe Sollers en a fait récemment l'éloge. Je reste, pour ma part un admirateur de l'homme et un amoureux de son style si particulier (notez qu'il emploie souvent les"...et,..."ça, normalement ça ne se fait pas) qui nous communique honnêtement des émotions fortes et des sensations rares. Ce n'est pas le bonheur de l'expression juste qui manque chez Stendhal, ni le bonheur tout court d'ailleurs.
PS : j'ai respecté les italiques du texte original. J'ai mis en gras ce qui me semble être la phrase la plus belle, la plus définitive.
" J'ai été élevé à voyager comme un simple commis du commerce dans les malles-poste et en diligence, et j'éprouve un sentiment dont je soupçonnais l'existence; c'est que, parmi les agréments de la vie, ceux-là seulement dont on jouissait à vingt-cinq ans sont en possession de plaire toujours"
Il insiste sur le plaisir qu'il a eu à finir le voyage de cette manière puis se réjouit des rencontres qu'il a faites et évoque comment il a pu contrer l'ennui qui parfois a pu naître dans certaines haltes par une attention redoublée à son travail d'écriture du soir.
Il ajoute ceci sur sa "solitude" :
"Mais, au total, je le répète, je me suis fort bien trouvé de cette solitude absolue d'un mois; sous prétexte de convenances et par la vanité que les gens communs mettent à les bien observer, la société se fait tous les jours plus hypocrite, qu'il est permis de trouver que ses gênes l'emportent sur ses agréments. Heurter les convenances ne serait rien sans le remords qui suit le crime, mais je suis peiné de voir la douleur de vanité que j'inflige à l'homme poli qui causait sans défiance avec moi, et qui reçoit tout à coup une réponse imprévue. Il entrevoit la possibilité de rester court"
On a reproché à Stendhal sa volonté molle voire sa sensiblerie "féminine". On voit ici qu'il était plutôt un homme qui rebutait à faire mal et préférait ne pas choquer, bien qu'il aimât plus que tout les passions fortes (et, pour lui, leurs pays de prédilection : l'Italie). Il préférait la prévenance aux convenances.
Plus loin il note cette phrase, courte et émouvante : "La diligence de La Charité s'est arrêtée un instant à Rousselan ; c'est un poste qui consiste en une seule maison au milieu d'un champ, environné de grands bois. Peu de sites m'ont donné davantage le sentiment de l'isolement complet, j'ai passé là un quart d'heure à me promener le long du bois, à cent pas de la ferme; j'étais heureux, je voyais à mes pied tous les chagrins du monde"
Et voilà bien le véritable scandale Stendhalien. Là, perdu au milieu du désert, dans "l'isolement complet", il trouve en lui sans peine les ressources pour être heureux, centre du monde tranquille à lui-même qu'il ménage et n'épuise jamais. Cette faculté-là, d'être souvent heureux, paradoxalement heureux quand le reste du monde à son vague à l'âme habituel, peu de gens lui pardonne. Il n'est pas raccord, il détonne. Hubert Juin, très bon critique oublié, avait défendu l'auteur en son temps et à sa manière, Philippe Sollers en a fait récemment l'éloge. Je reste, pour ma part un admirateur de l'homme et un amoureux de son style si particulier (notez qu'il emploie souvent les"...et,..."ça, normalement ça ne se fait pas) qui nous communique honnêtement des émotions fortes et des sensations rares. Ce n'est pas le bonheur de l'expression juste qui manque chez Stendhal, ni le bonheur tout court d'ailleurs.
PS : j'ai respecté les italiques du texte original. J'ai mis en gras ce qui me semble être la phrase la plus belle, la plus définitive.
jeudi 12 juin 2014
Guido Guidi au Mondial !
Jean-Luc Godard dit dans un entretien au journal LeMonde que "le cinéma est un oubli de la réalité". Comme d'habitude Godard ne dit que la moitié de la vérité, laissant croire ainsi, par la grâce d'une formule plus ou moins heureuse, qu'il est un sage ou un mage qui la possède toute entière. Il est malin. En fait, le cinéma est un oubli de la réalité dans le rêve, c'est la Photographie qui fait disparaître le réel au point qu'il en devient sur les clichés que l'on voit, oublié, ou absent. Pour ré-articuler le rêve du cinéma et la réalité simulacre, il va falloir, effectivement s'y mettre à plusieurs, comme le conseille Godard, mais, comme toujours, chacun dans son coin. Les rêves, c'est seul.
Pour la photo, le problème est : comment voir quelque chose au lieu du rien habituel ? Certains répondent par la géométrie, l'instant T du pittoresque transcendé en icône, le pictorialisme, le fantasme. Tout cela satisfait l'oeil, d'une certaine manière, mais pas longtemps, par éclair, par flash ; ce sont de petits orgasmes rétiniens. Le photographe Italien Guido Guidi a décidé lui de photographier le presque rien, l'anecdotique pour qu'il apparaisse en plein et de son plein de droit de domination sur 99% du réel et qu'il nous saute ainsi à la gueule. Et voilà que l'on voit soudain ce qu'on ne voyait pas, ce qu'il y avait à voir. Des exemples ci-dessous.
C'est sublime : il n'y a rien, on voit tout, alors que d'habitude, il y a tout et on ne voit rien. Faites l'expérience. Dans un mois, essayez de vous rappeler d'une photo du Mondial, il ne vous restera rien. Essayer de vous rappeler un des clichés de Guido Guidi, je serais bien étonné si aucun ne vous revenait en tête.
Pour la photo, le problème est : comment voir quelque chose au lieu du rien habituel ? Certains répondent par la géométrie, l'instant T du pittoresque transcendé en icône, le pictorialisme, le fantasme. Tout cela satisfait l'oeil, d'une certaine manière, mais pas longtemps, par éclair, par flash ; ce sont de petits orgasmes rétiniens. Le photographe Italien Guido Guidi a décidé lui de photographier le presque rien, l'anecdotique pour qu'il apparaisse en plein et de son plein de droit de domination sur 99% du réel et qu'il nous saute ainsi à la gueule. Et voilà que l'on voit soudain ce qu'on ne voyait pas, ce qu'il y avait à voir. Des exemples ci-dessous.
C'est sublime : il n'y a rien, on voit tout, alors que d'habitude, il y a tout et on ne voit rien. Faites l'expérience. Dans un mois, essayez de vous rappeler d'une photo du Mondial, il ne vous restera rien. Essayer de vous rappeler un des clichés de Guido Guidi, je serais bien étonné si aucun ne vous revenait en tête.
dimanche 9 mars 2014
Un peu plus loin avec le Jazz.
Je ne suis pas un mordu absolu de Jazz. Mes musiques premières sont le Rock (au sens large) et le Blues, c'est ce que j'écoute le plus. Mais j'ai fini par venir au Jazz et au Classique, comme tout mélomane qui se respecte, et je prends maintenant aux deux un plaisir sans mélange qui va en grandissant à mesure que je vieillis, je dirais plutôt, que je me bonifie. Alors, France Musique est très, très souvent ce qui passe chez moi et j'en découvre tous les jours, avec gourmandise et une facilité dont je me serais pas cru capable dans ces deux domaines musicaux il y a une seulement un lustre. Le vendredi soir, vers 22H30, le "Jazz Club" nous propose chaque semaine un concert en direct, ce qui ne manque pas de cran, je trouve, et Yvan Amar nous permet ainsi d'entendre quel Jazz on joue aujourd'hui. Et là, il y a de tout, ça peut s'avérer être très esthétisant et chiant, sans émotion et sans groove, ou bien encore être une simple resucée du passé, affadie et terne, ou encore pleinement actuel, vivant, juteux de feeling et de swing. C'était le cas, quand Amar a programmé le concert de Bad Plus et Joshua Redman lors d'un festival d'été dont je crois me souvenir que c'était celui de Marciac. Le trio plus le saxophoniste, nous avait alors sorti un set du feu de Dieu, d'une qualité digne des Maîtres de cette musique et le public leur avait fait un triomphe entièrement justifié. Je mets un morceau qui est aussi un morceau de bravoure : "Silence is the question". Non, c'est mal dit, ce n'est pas ça, il n'y a pas là que du courage et de la puissance, il y a une simplicité qui se ramifie en strates complexes, il y a une effervescence vitale qui monte jusqu'à la transe, il y a un chant qui devient souffle épique, des modulations de prières qui atteignent au plus haut degré de la Grâce humaine. Ce soir-là, Yvan Amar avait décroché le jackpot et ses auditeurs avec lui. Il me semble que le concert n'était pas disponible à la ré-écoute pour des questions de droit, comme on dit. Toujours est-il que j'ai retrouvé un concert espagnol des quatre musiciens sur Youtube et qu'il est de la même trempe que celui de France Mu. C'est de là que je tiens la version ci-dessous du titre, aussi transcendante et chamanique que celle que j'avais entendue sur les ondes radio.
Je vous encourage vivement à écouter ce morceau, c'est de la grande musique, tout simplement (comme si la grande musique c'était d'une quelconque manière "tout simplement"...). Je ne m'étendrai pas sur le fait que le silence est en effet "LA" question de la musique, ils en parlent mieux que moi pendant douze minutes.
Je vous encourage vivement à écouter ce morceau, c'est de la grande musique, tout simplement (comme si la grande musique c'était d'une quelconque manière "tout simplement"...). Je ne m'étendrai pas sur le fait que le silence est en effet "LA" question de la musique, ils en parlent mieux que moi pendant douze minutes.
mercredi 11 décembre 2013
Lou Reed est-il mort ?
C'est bizarre quand même, Lou Reed est mort il y a un mois et il fait encore de la pub pour un équipement Haute-Fidélité. Voyez ci-dessous.
Je vais lui filer un coup de pieu dans le coeur à cette vieille vache, histoire qu'il vienne plus nous casser les couilles avec des sentences du genre" My life is music"
Déjà, prends ça dans ta face, Lou, ça va te calmer un peu.
Je te conseille d'écouter ça au casque, bien fort, poète de la marginalité de mes deux.
Je vais lui filer un coup de pieu dans le coeur à cette vieille vache, histoire qu'il vienne plus nous casser les couilles avec des sentences du genre" My life is music"
Déjà, prends ça dans ta face, Lou, ça va te calmer un peu.
Je te conseille d'écouter ça au casque, bien fort, poète de la marginalité de mes deux.
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jeudi 17 octobre 2013
C'est du bois, Dusapin ou de la merde ?
Alors, Pascal Dusapin c'est de l'Art ou du cochon ? La question s'est toujours posée tant ce mec la surjoue définitivement "génial", gravant lui-même en lettres d'or son nom au frontispice de dame Postérité. Il y a anguille sous roche. Tous les génies que j'ai eu l'occasion de voir, d'entendre et même de rencontrer se ressemblent. Ce sont des gens humbles et ils ne la ramènent pas à tout bout de champ. Ils ont deux ou trois obsessions qu'ils font fructifier tranquillement et se tiennent légèrement en retrait du boucan médiatique. Dusapin, c'est l'inverse, il veut exceller partout et se démerde pour être toujours sous les feux de l'actualité. C'est plutôt bien ce qu'il fait mais est-ce que ça passera la rampe du Temps ?
Un indice. L'autre jour, il était l'invité de Jean-Pierre Derrien sur France-Musique et ce dernier lui demande ce qu'il lit en ce moment. Je ne sais plus ce qu'il répond mais il ne peut s'empêcher de rajouter : "Je lis beaucoup, je l'ai commencé (le bouquin) avant-hier et je l'aurais fini ce soir". Pourquoi cette précision inutile si ce n'est pour se faire mousser ? Dusapin, il est vaniteux, très vaniteux, et généralement, à l'usage, l'Art des gens vaniteux se révèle vain. A suivre...de loin.
Jouons-là donc malin. Henri Dutilleux, compositeur français de musique contemporaine est devenu un "classique" incontournable de son vivant. Son corpus d’œuvres est très restreint mais essentiel, alors je vais plutôt me rabattre sur lui pour mettre un morceau qui tienne la route (en attendant que Gérard Pesson daigne enfin nous offrir son foutu concerto). En plus (ou naturellement, au choix) Il n'était pas vaniteux.
"Tout un monde lointain". Je mets la première partie du concert, si vous aimez, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Un indice. L'autre jour, il était l'invité de Jean-Pierre Derrien sur France-Musique et ce dernier lui demande ce qu'il lit en ce moment. Je ne sais plus ce qu'il répond mais il ne peut s'empêcher de rajouter : "Je lis beaucoup, je l'ai commencé (le bouquin) avant-hier et je l'aurais fini ce soir". Pourquoi cette précision inutile si ce n'est pour se faire mousser ? Dusapin, il est vaniteux, très vaniteux, et généralement, à l'usage, l'Art des gens vaniteux se révèle vain. A suivre...de loin.
Jouons-là donc malin. Henri Dutilleux, compositeur français de musique contemporaine est devenu un "classique" incontournable de son vivant. Son corpus d’œuvres est très restreint mais essentiel, alors je vais plutôt me rabattre sur lui pour mettre un morceau qui tienne la route (en attendant que Gérard Pesson daigne enfin nous offrir son foutu concerto). En plus (ou naturellement, au choix) Il n'était pas vaniteux.
"Tout un monde lointain". Je mets la première partie du concert, si vous aimez, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
mardi 8 octobre 2013
Heartbreak Hotel.
Pim Poum Pam
C'est le coeur
C'est le coeur qui bat une bancale mesure
Qui pèse un peu sur la poitrine
Pam Pim Poum
Près de la pointe que je sens quand je souffle
C'est le cœur qui avance
Sans bouger
C'est mon cœur triste qui fanfaronne
Et résonne et Pam, et Poum, et Pim
Il saute un coup de systole
Oh, comme il rigole !
Il voudrait une main forte
Qui, Pam Poum Pim
Le presserait bien fort
Comme une orange sanguine
C'est un bel effort pour une dernière idée
Mais c'est encore moi qu'il l'ai
J'entends Pim Pam, Poum
mon cœur qui bat
Et les petites douleurs viennent
Me font signe
De me taire et de laissez faire
Pam Poum Pim
Moi, je ne voudrais plus rien
Pourtant c'est bien moi qui meurt
Mon petit coeur
Si tu t'arrêtes
Pam, Poum, Pim
Je te laisserais faire
Je m'occupe d'autres
Petites misères
Et je laisse suspendu à ta bonne volonté
Poum Pim Pam
Le soin délicat de me tuer
La La La La
jeudi 5 septembre 2013
Le chaton.
L'été s'attarde sous la véranda
A la lumière de bougies dans le soir
Si tôt fini de manger qu'il faudrait débarrasser
L'oncle s'endort en de brefs sursauts
Grand-mère est à l'ouvrage
Un grillon palpite
Et personne ne veut mettre de musique
J'entends le bruit du tabac qui brûle
De la cigarette que je tête
En fermant les yeux
Et je sens que tu regardes l'orbe rougie
Que fait le mégot
Sur mon visage
Peut-être pleures-tu dans le silence ?
Comme moi
Il y a à l'heure bleue
Près des grands troènes
Toute la douceur d'exister
Et toute une vague nostalgie
Que l'on rabroue mais qui vient quand même
Que l'on laisse faire et qui nous bat
Las, éberlués ou saouls on ira mal dormir
Une âme résiste à cette langueur
Et au destin
L'enfant au pied du fauteuil de rotin
Quand toute la merveille vibre
Et arrive le sommeil
Finit
le serrant dans ses mains comme un sourd
D'étrangler
Un chaton
lundi 15 juillet 2013
Queens of the Stone Age : Passé, Présent, Futur.
Les Queens of Stone Age ont un problème ; un gros ; ils sont devenus mauvais. Ce problème a un nom, celui de leur leader : Josh Homme. Josh Homme est un type qui a de l'épaisseur. Il suffit de le voir. Il aime ça, l'épais, le "thick". Pour lui, plus c'est épais plus ça a de consistance, plus ça a de valeur. Le gras, ca n'en a pas, le maigre n'en parlons pas, il lui faut du collant, du gluant, du Pento au litre. Et ça a marché pendant quelques temps. D'abord avec Kyuss, puis avec les Queens of the Stone Age, à partir d'un matériau assez basic, Josh Homme a commencé à empiler les couches et les couches de son pour arriver à une texture bien épaisse qu'on a appelé "Rock Stoner". L'acmé de cette façon de créer ou l'accumulation de strates tient lieu de construction, se trouve sur l'album "Songs for the deafs", le très bien nommé. Tellement fort que même les sourds pouvaient l'entendre. Ouais, ouais, ouais, seulement après, que faire ? Quand on a atteint un tel degré d'épaisseur, ça fige, ça stagne, ça prend. Comment se dégager ? Et bien, Josh Homme a fait ce qu'il devait pour accéder à un peu plus de finesse, il a commencé à enlever des couches, à épurer, à chiader un peu plus ces compos. C'était sa seule issue. C'était le début de la fin, et ça n'en finira pas de finir, sans plus de regain, c'est aussi sans issue. Car Homme ne l'a pas ce talent là, le talent du maigre, du fin, celui d'aller quelque part à partir de presque rien et de s'y tenir sans construire d'autoroute (pour l'Enfer ou assimilé). Il n'est pas Mac Cartney, encore moins Nick Drake, et même pas Elton John, venu le narguer sur le dernier album en guest star tout à fait appropriée quand on sait le talent de John pour faire des pièces montées avec pas grand-chose, et des beautés rares avec quelques accords nus.
Donc Homme dévalera la pente de l'épaisseur jusqu'à nous faire des albums acoustiques d'un nulle finesse sur lesquelles tout le monde s'extasiera (sauf Bob Dylan). C'est prévisible et comme de juste, ça sera mauvais. Pour les Queens ça fait déjà trois album que c'est mauvais. Avec les "Them Crooked Vultures" (Homme, John Paul Jones, Grohl), c'était encore pire. En Art, il est des impasses, il est des fins de non-recevoir. De part ce qu'il aimait et cherchait, Josh Homme est au fond d'un trou qu'il a lui-même creusé, soigneusement et avec réussite. Il n'en sortira plus.
Donc : une bonne chanson dans son genre : l'épais, presque l'épique. "I need a Saga."
Et une foirade, presque grandiose.
Donc Homme dévalera la pente de l'épaisseur jusqu'à nous faire des albums acoustiques d'un nulle finesse sur lesquelles tout le monde s'extasiera (sauf Bob Dylan). C'est prévisible et comme de juste, ça sera mauvais. Pour les Queens ça fait déjà trois album que c'est mauvais. Avec les "Them Crooked Vultures" (Homme, John Paul Jones, Grohl), c'était encore pire. En Art, il est des impasses, il est des fins de non-recevoir. De part ce qu'il aimait et cherchait, Josh Homme est au fond d'un trou qu'il a lui-même creusé, soigneusement et avec réussite. Il n'en sortira plus.
Donc : une bonne chanson dans son genre : l'épais, presque l'épique. "I need a Saga."
Et une foirade, presque grandiose.
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lundi 4 mars 2013
Moi, j' l'aime bien, Brahms. ( Pour répondre à la question.)
Il faut toujours écouter, regarder attentivement ce que les artistes ont produit à la fin de leur vie. Dans ces moments-là chacun va à l'essentiel, vers ce qui lui semble capital. Brahms, capable de toutes les prouesses techniques va finir par ces "Intermezzo" tristes sans tristesse, nus et forts. Dire ça et mourir, ce n'est pas à la portée de tout le monde, et pourtant tout le monde devrait l'entendre, car ça porte loin, justement. Ca passe par l'émotion, là où l'intellect ne saurait aller et où "l'esprit des formes", cher à Elie Faure règne. Voila 5 minutes 17 d'Esprit avant, peut-être, de le perdre.
vendredi 11 janvier 2013
Qui sommes nous ? Des oiseaux
Ce singe savant un peu bêbête de Philippe Jaroussky peut bien vocaliser ce qu'il veut, il n'arrivera jamais à la cheville de ce Monsieur.
Alfred Deller.
Le même chantant John Dowland. Compositeur anglais de la fin du XVIème début du XVIIième. Cette tessiture si particulière du chant masculin est émouvante au possible quand elle et maitrîsée avec délicatesse. Elle me rappelle celle du fabuleux Anthony de Anthony and the Johnsons dans une autre sphère, celle de la musique pop. Un des seuls musiciens actuels avec lequel j'aurais envie de diner, un soir ; pourquoi pas à New York, sa ville ? Belle vidéo.
Alfred Deller.
Le même chantant John Dowland. Compositeur anglais de la fin du XVIème début du XVIIième. Cette tessiture si particulière du chant masculin est émouvante au possible quand elle et maitrîsée avec délicatesse. Elle me rappelle celle du fabuleux Anthony de Anthony and the Johnsons dans une autre sphère, celle de la musique pop. Un des seuls musiciens actuels avec lequel j'aurais envie de diner, un soir ; pourquoi pas à New York, sa ville ? Belle vidéo.
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mercredi 5 décembre 2012
Le temps qui court (Dans quel sens ?)
Je me disais : "Bon sang, mais pourquoi cette ritournelle d'Alain Chamfort me plait-elle autant ? Les paroles sont biens (elles sont signées Jean Michel Rivat, une valeur sûre), mais c'est surtout la musique qui est bonne, effrontément bonne pour la période minet de Chamfort ? Et puis, à la base, elle est de Barry Manilow cette chanson, que je sache, et Barry Manilow, c'est pas Chopin !"
Ben si. Evidemment. C'est Chopin. Je comprends mieux.
" Le temps qui court" par FrédéricChopin. Presque aussi bon que du Chamfort.
Toute cette histoire a du plaire à Serge Gainsbourg, autre grand pilleur de tombeaux classiques. C'est peut-être pour ça, entre autre, qu'il s'est acoquiné avec Chamfort pour l'excellent album "Rock n' Rose".
Ben si. Evidemment. C'est Chopin. Je comprends mieux.
" Le temps qui court" par FrédéricChopin. Presque aussi bon que du Chamfort.
Toute cette histoire a du plaire à Serge Gainsbourg, autre grand pilleur de tombeaux classiques. C'est peut-être pour ça, entre autre, qu'il s'est acoquiné avec Chamfort pour l'excellent album "Rock n' Rose".
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mercredi 31 octobre 2012
"Dernier Royaume" de Pascal Quignard. Un livre trop loin.
Mr Pascal Quignard nous a ouvert avec bonheur les portes de son "Dernier Royaume", il y a maintenant quelques années. Au gré des six premiers livres qu'il a rassemblés sous ce titre, il nous en a fait parcourir avec élégance quelques allées mystérieuses, nous en a dévoilé quelques splendeurs évanouies, les faisant ressurgir à la lumière, à la clarté. Ces jours-ci, il publie le tome VII de ses pérégrinations sans fins dans les arcanes des cultures, de l'Histoire et de la Psyché des Hommes, intitulé "Les désarçonnés" ; et là, je dois le dire, je cale, je ne peux plus vraiment le suivre. Pourquoi ? Toutes ces Terra Incognita qu'il arpentait, il les mettait à jour par une connaissance risquée et lumineuse, un travail d'éclaircissement précis, rigoureux, avec un style rêche d'artisan opiniâtre, dur à la peine mais jamais avare d'un secret dévoilé d'un coup net de beau Français classique. Mais, ça a changé, et dans "Les désarçonnés", Mr Quignard ne peut plus continuer son travail de la même façon, puisqu'il ne sait plus tout à fait de quoi il parle.
Qu'en est-il ? : "Les désarçonnés" évoquent ceux qui sont tomber de cheval, au sens propre, qui ont survécus à cet accident et qui se sont mis à écrire, se laissant la bride sur le cou, après qu'ils ont failli se le rompre. Ayant approchés la Mort, et comme débarrassé de son angoisse ( mais pas de son souci) pour l'avoir trop côtoyée, ils entreprennent de se libérer de ce qui les empêche d'être pleinement. Dans le sillage de Michel de Montaigne, de George Sand, d'Abélard, nous voici dans un exercice de libération que Pascal Quignard affectionne tant et aime à faire vivre. Mais il va trop vite, trop loin, sans l'attention à laquelle il nous avait habituée. De quoi est-il si important de se libérer ? Des injonctions de "la Société" d'abord. Oui, c'est vrai qu'elles sont nombreuses et pénibles. Mais pourquoi nous inciter à le faire à grand coup d'injonctions inverses ? "Lâcher prise" ! "Ne vous conformer pas" ! "Cessez d'obéir" ! (celle-là, elle est pas mal), sensées nous mener à une forme d'épanouissement. Laisser tomber le "groupe humain", comme il l'a fait lui, en quittant toutes ses responsabilités éditoriales chez Gallimard, c'est une chose, et pas n'importe qu'elle chose, mais ça va plus loin, et ça devient plus gênant quant il s'agit de l'individu. Il faudrait aller jusqu'à une forme d'évanouissement, jusqu'à la dissolution du "Moi", illustrée dans son dernier et excellent roman, "Les solidarités mystérieuses", par le personnage de Claire. Ah la la, la "Perte du Moi", cette tentation majeure de l'Occident, à l’œuvre dans toute sa Littérature du XXe siècle, s'avère encore au travail au XXIe. Et comme tous les autres, de Musil à Beckett, eux aussi parfaitement sains d'esprit, parfaitement en sécurité à "l'endroit où ils parlent", Quignard nous conseille de nous perdre et de nous laisser porter "ailleurs", jusqu'à la Folie, dont, dit-il, "il ne faut pas avoir peur".
Mais que sait au juste Quignard de la Folie, et du désarçonnement ? C'est là que ça devient problématique. Pas grand-chose, au fond. Il le dit lui-même, "Je ne suis jamais monté sur un cheval". C'est déjà assez embêtant comme constat. Car faire du cheval, c'est très, très particulier. Je ne vais pas m'étendre là-dessus mais il aurait du réfléchir à ce qui se joue et se noue entre un cavalier et sa monture avant de s'aventurer sur ce terrain délicat, sans plus de précaution, cela l'aurait peut-être averti un peu et à moindre frais sur ce que c'est que d'être désarçonné, que ce n'est pas si simple qu'il dit, ni si réjouissant. Enfin, passons. Mais Quignard est par contre, on le sait, un très bon musicien. Pourquoi n'est-il pas parti de là ? Il sait parfaitement ce qui se passe quand on fait de la musique, seul ou avec d'autres : Il faut d'abord S'ACCORDER. La proximité de la Mort peut jeter un éclairage autre sur l'ensemble de la Vie, l'expérience d'une forme de désaccord profond d'avec soi ou d'avec les autres est une brûlure si vive que l'on prend avec des pincettes ceux qui font profession de l'appeler ou de la souhaiter. Mais, je crois que Mr Quignard ignore parfaitement cela -même s'il en parle- et que, du coup, il n'a pas pensé à parler de ce qu'il avait sous le nez, de ce qui arrive quand on est un "désaccordé". Qu'en est-il quand on arrive plus, par aucun bout, à se joindre au groupe pour "jouer avec" ? Car jouer ensemble est vital, quelque soit la dimension du groupe dans lequel on désire jouer. Et même dans le silence d'un couple, quel qu'il soit, si l'on se tait, c'est ensemble, au même moment, et c'est déjà un accord qui se fait. Et qu'arrive t-il quand, seul avec soi-même, le désaccord intérieur se fait si puissant qu'il scinde la Psyché en deux, pour aboutir à des pathologies psychiques graves comme la schizophrénie, la psychose dissociative et les souffrances atroces qu'elles engendrent ?
C'est à mon tour d'éclairer modestement Mr Quignard. Par expérience, parce que je le sais, pour l'avoir vécu, ce "désaccord", j'aimerais lui dire, que le "Moi", même s'il pèse parfois, même s'il encombre, est la condition incontournable de toute existence humaine viable et non-souffrante "a-priori", qu'il faut d'abord que ce "Moi" soit construit, pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent si d'aventure l'envie nous vient d'en faire l'économie. Sans le travail d'"accordage", de soi à soi, de soi aux autres, il n'est aucune musique possible, aucun chant, aucune Littérature, aucun lecteur, aucun Quignard. Or, il y a fort heureusement des lecteurs et fort heureusement un Quignard, et qui continuera à arpenter son "Royaume", pour notre bonheur. Parlez-nous, Monsieur Quignard, à la façon orfèvre que vous avez, de votre travail d'accordage, de vos petits travaux d'ajustements minuscules et majuscules, de votre musique, mais, de grâce ne parler pas d'Ombres dont vous ne connaissez pas la portée (sur les vôtres), de Ténèbres telles que, si l'on en sort à peu près vivant, on n'a de cesse de ne plus évoquer ces stridences inhumaines qu'avec appréhension et de les éviter avec soin. Dans votre "Dernier Royaume", qui s'avère être aussi le nôtre, si vous tenez à vous aventurer de ce coté-là, il n'est pas juste d'en ramener une parole qui soit une invitation à y aller. C'est par trop présumer de nos forces potentielles et ignorer la réalité horrible de certaines de nos faiblesses. C'est faire fausse route. Remonter à cheval et retourner sur ses pas ne signifie pas être arrivé à la fin ironique du Royaume qui ne se voit plus comme tel, cela peut-être un autre moyen d'en prendre, avec milles précautions, possession. Je vous souhaite bonne route. Je nous souhaite bonne route.
Qu'en est-il ? : "Les désarçonnés" évoquent ceux qui sont tomber de cheval, au sens propre, qui ont survécus à cet accident et qui se sont mis à écrire, se laissant la bride sur le cou, après qu'ils ont failli se le rompre. Ayant approchés la Mort, et comme débarrassé de son angoisse ( mais pas de son souci) pour l'avoir trop côtoyée, ils entreprennent de se libérer de ce qui les empêche d'être pleinement. Dans le sillage de Michel de Montaigne, de George Sand, d'Abélard, nous voici dans un exercice de libération que Pascal Quignard affectionne tant et aime à faire vivre. Mais il va trop vite, trop loin, sans l'attention à laquelle il nous avait habituée. De quoi est-il si important de se libérer ? Des injonctions de "la Société" d'abord. Oui, c'est vrai qu'elles sont nombreuses et pénibles. Mais pourquoi nous inciter à le faire à grand coup d'injonctions inverses ? "Lâcher prise" ! "Ne vous conformer pas" ! "Cessez d'obéir" ! (celle-là, elle est pas mal), sensées nous mener à une forme d'épanouissement. Laisser tomber le "groupe humain", comme il l'a fait lui, en quittant toutes ses responsabilités éditoriales chez Gallimard, c'est une chose, et pas n'importe qu'elle chose, mais ça va plus loin, et ça devient plus gênant quant il s'agit de l'individu. Il faudrait aller jusqu'à une forme d'évanouissement, jusqu'à la dissolution du "Moi", illustrée dans son dernier et excellent roman, "Les solidarités mystérieuses", par le personnage de Claire. Ah la la, la "Perte du Moi", cette tentation majeure de l'Occident, à l’œuvre dans toute sa Littérature du XXe siècle, s'avère encore au travail au XXIe. Et comme tous les autres, de Musil à Beckett, eux aussi parfaitement sains d'esprit, parfaitement en sécurité à "l'endroit où ils parlent", Quignard nous conseille de nous perdre et de nous laisser porter "ailleurs", jusqu'à la Folie, dont, dit-il, "il ne faut pas avoir peur".
Mais que sait au juste Quignard de la Folie, et du désarçonnement ? C'est là que ça devient problématique. Pas grand-chose, au fond. Il le dit lui-même, "Je ne suis jamais monté sur un cheval". C'est déjà assez embêtant comme constat. Car faire du cheval, c'est très, très particulier. Je ne vais pas m'étendre là-dessus mais il aurait du réfléchir à ce qui se joue et se noue entre un cavalier et sa monture avant de s'aventurer sur ce terrain délicat, sans plus de précaution, cela l'aurait peut-être averti un peu et à moindre frais sur ce que c'est que d'être désarçonné, que ce n'est pas si simple qu'il dit, ni si réjouissant. Enfin, passons. Mais Quignard est par contre, on le sait, un très bon musicien. Pourquoi n'est-il pas parti de là ? Il sait parfaitement ce qui se passe quand on fait de la musique, seul ou avec d'autres : Il faut d'abord S'ACCORDER. La proximité de la Mort peut jeter un éclairage autre sur l'ensemble de la Vie, l'expérience d'une forme de désaccord profond d'avec soi ou d'avec les autres est une brûlure si vive que l'on prend avec des pincettes ceux qui font profession de l'appeler ou de la souhaiter. Mais, je crois que Mr Quignard ignore parfaitement cela -même s'il en parle- et que, du coup, il n'a pas pensé à parler de ce qu'il avait sous le nez, de ce qui arrive quand on est un "désaccordé". Qu'en est-il quand on arrive plus, par aucun bout, à se joindre au groupe pour "jouer avec" ? Car jouer ensemble est vital, quelque soit la dimension du groupe dans lequel on désire jouer. Et même dans le silence d'un couple, quel qu'il soit, si l'on se tait, c'est ensemble, au même moment, et c'est déjà un accord qui se fait. Et qu'arrive t-il quand, seul avec soi-même, le désaccord intérieur se fait si puissant qu'il scinde la Psyché en deux, pour aboutir à des pathologies psychiques graves comme la schizophrénie, la psychose dissociative et les souffrances atroces qu'elles engendrent ?
C'est à mon tour d'éclairer modestement Mr Quignard. Par expérience, parce que je le sais, pour l'avoir vécu, ce "désaccord", j'aimerais lui dire, que le "Moi", même s'il pèse parfois, même s'il encombre, est la condition incontournable de toute existence humaine viable et non-souffrante "a-priori", qu'il faut d'abord que ce "Moi" soit construit, pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent si d'aventure l'envie nous vient d'en faire l'économie. Sans le travail d'"accordage", de soi à soi, de soi aux autres, il n'est aucune musique possible, aucun chant, aucune Littérature, aucun lecteur, aucun Quignard. Or, il y a fort heureusement des lecteurs et fort heureusement un Quignard, et qui continuera à arpenter son "Royaume", pour notre bonheur. Parlez-nous, Monsieur Quignard, à la façon orfèvre que vous avez, de votre travail d'accordage, de vos petits travaux d'ajustements minuscules et majuscules, de votre musique, mais, de grâce ne parler pas d'Ombres dont vous ne connaissez pas la portée (sur les vôtres), de Ténèbres telles que, si l'on en sort à peu près vivant, on n'a de cesse de ne plus évoquer ces stridences inhumaines qu'avec appréhension et de les éviter avec soin. Dans votre "Dernier Royaume", qui s'avère être aussi le nôtre, si vous tenez à vous aventurer de ce coté-là, il n'est pas juste d'en ramener une parole qui soit une invitation à y aller. C'est par trop présumer de nos forces potentielles et ignorer la réalité horrible de certaines de nos faiblesses. C'est faire fausse route. Remonter à cheval et retourner sur ses pas ne signifie pas être arrivé à la fin ironique du Royaume qui ne se voit plus comme tel, cela peut-être un autre moyen d'en prendre, avec milles précautions, possession. Je vous souhaite bonne route. Je nous souhaite bonne route.
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vendredi 26 octobre 2012
TOUT VA BIEN !
Mallaury Nataf n'a plus une culotte à se mettre. Une Jeune femme vend sa virginité pour 600 000 euros aux enchères sur le Net à un japonais mais ce n'est pas de la prostitution car, comme elle le dit elle-même, "Ce n'est pas parce qu'on fait une bonne photo une fois que l'on est un grand photographe." (???!!!???!!??) Drucker fait son "coming-out" dopé (enfin !). Charles Pasqua va encore être relaxé pour une affaire d'état bénigne. Bertrand Cantat dit à qui veut bien l'entendre la vérité vraie sur son statut de victime du meurtre de Marie Trintignant (Ben oui, elle maintenant, c'est une Sainte, et lui, tout le monde lui en veut et, en plus, il a fait de la taule pour trois fois rien, si ça c'est pas dégueulasse !). Thierry Jousse (ancien directeur des Cahiers du Cinéma) fait l'apologie du dernier James Bond sur une radio du service public, précisant au passage : " "La Mort aux trousses", c'est un peu le James Bond d'Hitchcock". (???!!!!??!!?) Les Stones donne un concert à Paris, France (pays pauvre) à 15 euros la place et s'apprêtent à en faire aux States et en Angleterre (terres fertiles) à 1000 euros le strapontin. Un coréen appelé Psy fait un tube mondial sauf au Japon, qui le boude par un réflexe nationaliste un peu mesquin au vu de l'intrinsèque qualité de l’œuvre. Carla Bruni, chanteuse repentie et femme au(x) foyer(s), conseille a Valérie Trierviller d'épouser son chef d'état de compagnon pour "apaiser tout le monde". Zlatan Ibrahimovic, véritable Ange Exterminateur des terrains de foot arbore un magnifique tatouage "Seul Dieu peut me juger" (Il va falloir engager le Tout Puissant au journal "L'équipe", sinon, les notes du match, finies !). Et tout ça, EN UNE SEULE JOURNÉE ! Bref, les amis,ça baigne, TOUT VA BIEN !
La preuve, déjà, à l'époque...
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lundi 1 octobre 2012
Xanax, whisky et petites pépés.
C'est pas le tout de chanter ou de jouer d'un instrument devant un public. Parfois, il faut faire un peu le Show, gratifier les gens d'un petit plus qui prouve qu'on est bien là.
C'est Willie Dixon qui s'y colle. Impérial.
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