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mercredi 13 juillet 2016

L'été sera Punk ou....autre chose....

Donc, d'après mon expérience et mes lectures, par odre d'importance décroissante, en accord avec mes amis les Punks :
La Liberté

L'Amour

Le Sexe

mardi 12 juillet 2016

Fièvre d'été des Buzzcocks.

Les Punks. Il n'y a qu'un seul véritable groupe punk : les Sex Pistols, et encore, ils n'étaient pas si nihilistes que ça, juste un peu dépités. Les autres groupes de l'époque sont devenus des combos de virtuoses de haute volée aux ambitions artistiques qui égalaient celles de leurs petits camarades des sixties et seventies, et aussi des jazzeux. Les Buzzcocks, par exemple, sont un groupe dément. Pétrifiants d'intelligence, d'une pertinence sociale et psychologique acérée, ils étaient (et sont) capables de faire des albums d'une richesse contradictoire remarquable, évoquants tout et son contraire sans perdre le fil de l'Art qui charge à vif les émotions les plus rudes et les exprime au plus juste.
A les écouter, à écouter les Clash et les Jam, les Cure et Elvis Costello, après cinquante années de bouteille passées à le faire, il ressort que le plus important  dans la Vie, à part la Mort, c'est la Liberté. Puis viennent l'Amour et le Sexe.
C'est l'été, c'est la saison des "Bites qui Bourdonnent." Maintenant, excusez-moi, je vais écouter "Madame Butterfly" à la radio. C'est aussi beau que du Buzzcocks.



dimanche 3 juillet 2016

Wiesel, Cimino, Rocard, arrivée dans l'ordre.

Elie Wiesel et Michael Cimino sont morts. Que dire au sujet de ces disparitions, au sujet des bonhommes ? La mort d'Elie Wiesel ne me chagrine guère. Il était un de ces juifs qui ont instrumentalisé leur expérience des immondes camps de la mort nazis pour permettre la fondation d'un état juif, qu'il défendait envers et contre tout et tous. Profondément religieux, d'éducation hassidique, passionné par la Kabbale, il a participé activement à l'institutionnalisation du souvenir de la "Shoah", ce pour quoi il a eu le prix Nobel de la Paix. Quand on voit le bordel que foutent les juifs au moyen-orient, on se demande bien pourquoi ? Quand à la "Shoah", son souvenir infecte tellement les consciences de tous qu'on ne saurait plus en tirer les leçons de vie et de mort qui s'imposent à tout homme. Résultat des courses : il y aura d'autres camps de la mort. C'est déjà fait ? C'est vrai, j'oubliais...Merci à Mr Elie Wiesel donc, et à ses compères, pour nous avoir bien pourri la tête avec leurs obsessions juives, plutôt qu'humaines, au sens le plus strict et le plus commun du mot "humain". Il est temps de regarder ailleurs et autrement que là où on nous enseigne de le faire à l'école. Dans quelles directions ? Je ne suis ni juif, ni du peuple, ni prophète de malheur, démmerdez-vous. Tout ce que je sais, c'est que la Vie n'aime pas les camps, de toute sorte.
Pour Michael Cimino je suis un peu plus embêté. Parce que le cinéma, ça ne m'épate plus trop et cependant, il était un des tous derniers grands cinéastes "classiques" en vie avec deux chef-d'oeuvres absolus à son actif : "Voyage au bout de l'enfer" ("The Deerhunter") et "La Porte du Paradis" ("Heaven's gate") qui tiennent la route à coté de n'importe quelle autre grosse pointure du cinéma mondial tournée depuis que le cinéma existe. Ce n'est pas rien, et même si le cinéma est pour moi un art mineur, de cette sorte-là, il atteint des sommets qui brouillent mes cartes esthétiques et mes échelles de valeurs. Leone, par exemple, c'est plutôt bon, plaisant, jouissif même, mais de seconde zone. Je ne dirai pas la même chose du début du "Deerhunter" et de tout "Heaven's gate", qui reste un monument narratif visuel. Or, c'est quand même ça le cinéma à la base : écrire des histoires avec des images en mouvement. Le plaisir n'est pas de la même nature. On a jamais fait mieux que Bresson, certes, mais Cimino, dans un genre très différent, a sa place parmi les plus grands. Ca a du bon d'être troublé, parfois. Outre ses deux films-là, je conseille à ceux qui voudraient appronfondir leur connaissance de Cimino de regarder "Sunchaser", le dernier, de 1995, il est plutôt bon, magique même. Son premier film est un véhicule pour Clint Eastwood qui ne vaut pas grand-chose sauf pour la présence de George Kennedy. "L'année du dragon" aurait du être un grand film si Cimino n'avait pas eu les chocottes de remettre le couvert de la faillite financière de "Heaven's gate". "Le Sicilien" est plombé par la présence et le jeu d'acteur (?) de Christophe Lambert. Il y en a un autre, anodin. Mais enfin, quel metteur-en-scène peut se targuer, dans ces cinquantes dernières années d'avoir deux très grands films à son palmares ? On est plus à l'époque des Murnau, Pabst, Flaherty, L'Herbier et consort et quand on étudie d'un peu près la chose-cinéma, depuis les années 60-70, il y en a pas des masses. Il y en a, mais moins que dans les années 20-30, beaucoup moins.
Bon, je vais mettre un ou deux extraits de "The Deerhunter" ou d'"Heaven's gate". N'importe lesquels, de toute manière, c'est génial. Je compte sur les juifs d'Hollywood pour nous pondre un biopic d'Elie Wiesel comme ils savent les faire de nos jours. (En fait, je ne souhaite un pareil traitement à personne même pas à ce pauvre Wiesel).

Du shtetl à la Johnson County war, le VRAI "Il était une fois en Amérique."

Michel Rocard est mort, lui aussi. Je me souviens que la tête de ce con ornait jadis la salle des trophées de cette salope de Mitterand.

dimanche 31 janvier 2016

Deuxième round.

Dans mon Top Ten de merde, j'aurais pu mettre plusieurs chansons différentes de Little Richard, mais sans lui ça n'aurait pas eu la même saveur épicée. Finalement, je vais mettre "Keep a Knockin'" parce qu'il me semble que c'est la plus folle (c'est la cas de la dire), la plus déjantée. A danser là-dessus on peut échapper à tout controle et tout casser autour de soi. C'est du furieux, du "out of sight", du "no way out", punk avant la lettre, pas du tout bon esprit mais vivifiant pourvu qu'on en réchappe.
Avec ça, je vais servir un petit truc de blancs super-enervés : "My generation" des Who. C'est un hymne, une folie, une gaminerie de très belle eau dont je ne me remettrais jamais. Purée, ça commence sur deux accords à fond et ça n'arrête pas, jusqu'à démolition complête des instruments. Les Who ont peut-être jouer à Woodstock (Townsend a toujours déclaré haïr ce concert), c'étaient des Huns, à la base, speeds, pas propres, colèriques, mal élevés et toujours avec l'idée que personne ne leur arrivait à la cheville. Il n'y a pas de place pour le doute dans le Rock n Roll ni pour la bienséance. Et le respect se gagne parce qu'à un moment donné, vous êtes un des tous meilleurs et que votre nom luit en tête d'affiche, ne serait-ce que dans votre lycée.

samedi 30 janvier 2016

Premier round.

Je vais jouer à un petit jeu à la con, un peu comme Begbeider l'a fait avec la Littérature dans son "Premier bilan avant l'apocalypse", je vous faire une sorte de top Ten non exhaustif (top onze, douze ???) des morceaux rock les meilleurs. Je vais commencer par ces deux-là. L'un est sur le podium des deux ou trois morceaux les plus dingues de l'histoire du Rock, peut-être le meilleur, l'autre est pas loin derrière. D'abord "Hound dog" d'Elvis Presley, puisqu'il s'agit de cela. Toute l'attitude Rock est là. Un défi permanent à tous, sauf ceux de la bande. Le messages est simple : "Vous avez beau dire et beau faire, le plus marrant, le plus sexy, le plus intelligent, celui avec lequel les filles ont le plus de fun, c'est moi, et vous n'êtes que des demi-sels qui sentez les parents et la naphtaline, ce qui est une honte sans nom." La musique va vite et fort, c'est ça le Rock. C'est pas très malin ni très constructif mais, s'adressant à des jeunes qui poussent à la vitesse de la lumière et qui veulent exprimer leur rage et leur soif de vivre, c'est exactement ce qu'il faut. "You ain't no friend of mine...", moi je suis trop "cooooool" pour toi. Après il y a des métamorphoses, des chantournures, des manières, l'amour de la Mama, c'est bien normal, n'empêche, la base c'est ça.
Ensuite Ray Charles, "Mess around". Littéralement "Foutre le bordel" ou "En vrac". Ahmet Ertegun, futur grand ponte et directeur en chef d'Atlantic avait tellement honte d'avoir composé ce truc-là qu'il la signé sous un pseudo. Ray, lui, le chante avec brio.


mercredi 11 novembre 2015

Chat perché.

Quelqu'un a dit : "Dieu a inventé le chat pour que l'homme puisse caresser le tigre." J'aime bien cette phrase, elle dit quelque chose de vrai : la noblesse, le coté altier, parfois méprisant du chat dont un regard posé sur vous peut dire toute la commisération qu'il porte à notre ridicule condition d'être humain. Et pourtant, quel compagnon rassurant et digne de confiance il peut être, venant de son plein gré cherchez caresses ou nourriture, libre, jamais contraint que par son humeur du moment ou un besoin qu'il nous enjoint de satisfaire. Et nous nous plions avec joie à ce joug amoureux, nous autres, amis des chats, de tous les chats. Et ces moment de sommeil partagé ! Combien sont-ils précieux ! Il parait que les chats sont bons pour les gens qui ont des problèmes cardiaques. C'est surement vrai. J'ai connu des chats qui étaient aussi un remède aux peines de coeur et qui venaient se lover contre vous humblement et sûrement pour vous reconforter. Un des bruits les plus apaisants que je connaisse est le ronron calme du chat et aussi ses soupirs qui accompagnent parfois son sommeil. Combien il est seul et grave alors, et à notre merci ! Colette disait se souvenir de tous ses chats et chiens mais pas de tous ses amants. Je n'ai pas oublié mes amantes mais dans mon coeur blessé, la pensée de mes chats est plus douce et plus aimable. "Il est fou", direz-vous. Oh, de moins en moins, de moins en moins...
Et maintenant l'ignoble Ted Nugent dans un play-back de "Cat scratch fever". J'aime bien le rock aussi, même dans ses formes les moins nobles. (Ce truc a quand même été repris par Motorhead.)

mardi 10 novembre 2015

Lost in music.

Je me souviens d'une musique
Rappelle-toi, mon amie
Ses accents tristes et toniques
Je les chantais pour toi
Dis-moi, t'en souviens-tu ?
Le couplet faisait
"Nous nous marierons bientôt
Et nous aurons des enfants..."
Et à la fin... nous mourrions
Simplement
Tout était rires et fêtes
Nous étions comme deux enfants
Nous étions deux amants
Chante-la pour moi
Mon amie
Tu ne t'en souviens pas ?
C'est bien comme tu as oublié
Tant de chansons furent oubliées
Quand sont morts, douce amie,
Ceux qui les chantaient
Ne t'en fais, tiens-toi calme
J'arrive et je vais mourir aussi



mardi 18 août 2015

Tiens, hume-moi cet air bien pur ! Comment ça, acide ?

Je n'ai jamais tellement aimé les Hippies, encore moins les Baba-cools. Je leurs préfère les Beatniks. Mais il faut bien avouer que Woodstock est un des évènements les plus beaux qui ait jamais eu lieu sur cette satané planète, et foutrement Rock en plus, alors que les Beats sont plus branchés Jazz. Les hippies sont limite mièvres, enfin pas les vrais, pas ceux du début, de Haight Ashbury à San-Fransisco; eux c'était de vrais aventuriers de l'espace et de la conscience humaine, des cow-boys sous acide, sûrs d'eux, au regard bleu azur, aux muscles fins. Des jeunes gens impatients, assoiffées d'amour, de sexe, de drogue et d'air pur. Quoi ? Comment ça "d'air pur" allez vous me dire ? Mais oui, mais oui et je le prouve avec ce très bon morceau d'un groupe aujourd'hui complètement oublié et sur lequel il fait pourtant bon jeter une oreille (attendrie?) : Quicksilver Messenger Service, avec le très bon John Cipollina à la guitare. "(Have another hit of) Fresh air". L'air pur, les gars, un bon trip.

Tiens, pour la peine je vais mettre un morceau d'un autre groupe Hippie de San-Fransisco, le plus connu peut-être, toujours enregistré au Fillmore West : The Grateful Dead : "Casey Jones".

dimanche 26 juillet 2015

Diddley Daddy

Peut-être est-ce ma complexion mentale, peut-être même est-ce une maladie, où alors c'est juste un goût ? mais je ne vois rien de plus jouissif que ça à voir et à écouter. Non, c'est trop fort chez moi pour être simplement un goût. Ca m'emporte la tête, littéralement, je fonce dans l'espace, agité de soubressauts de plaisir, dératé, cuit, énervé. Je ne vois pas ce qu'il y de mieux, de plus beau sur cette planête. Le riff, le rythme, le cri, la danse, la frime, le jeu de jambes, le son, la race, la virulence, les gestes, les fringues, le sex-appeal, l'agressivité, la folie, la vie. Ca c'est ce que j'aime, ce que je suis. Ca, c'est meilleur que l'art, que le sexe, peut-être même plus fort que l'amour, ça, ce sont les Dieux qui se sont penchés sur le berceau d'Orphée et qui lui ont dit  : "Tu enchanteras les hommes !"
Bo Diddley et son combo dans une version minimale et intersidérante de "Roadrunner".

mercredi 20 mai 2015

B.B. King goes down.

J'en remets une couche sur B.B. King car je n'ai pas l'impression qu'on pleure beaucoup sa disparition dans les chaumières françaises. Ce type était fabuleux, chic, gouailleur, plus noir que noir et en même temps ouvert à tous, sans distinction de race ou de classe sociale. Et il envoyait la sauce comme personne. Il était né en 1925, premier quart du XX ieme siècle (quel siècle bon sang !) et il a grandi et travaillé dans les champs de coton. Rien que ça, ça sent la légende. On en verra plus des comme lui.
"Aussi longtemps que ça sera moi qui paierait l'addition, ça sera moi le patron !" Clair, non ?

Et puis une chouette version de son tube "The thrill is gone" avec Tracy Chapman, qui n'est habituellement pas ma tasse de thé mais là, c'est bon. Y'a du feeling et B.B. a une allure pas possible.

Et enfin, un duo sudiste pur jus avec Billy Gibbons des ZZ Top, dont je parlais dans un post précédent, duo qui n'est vraiment pas sans charme et même que ça groove joliment.

vendredi 10 avril 2015

Bander plus fort, bander encore.

Je viens de découvrir le travail du photographe et ethnologue italien Fosco Maraini. On a pas fini de s'émerveiller les amis. On n'a pas fini de désespérer non plus. Et non, je ne suis pas bipolaire, c'est l'Homme qui oscille dangereusement entre le noble et l'ignoble, et le sublime et le sordide, si tant est que ces notions veuillent encore dire quelque chose aujourd'hui.
Enfin bref, ce photographe amoureux du Japon a fourni une iconographie abondante et magnifique sur une catégorie très spéciale de la population : les pêcheuses en apnée d’ormeaux d'une île du sud de l'archipel, les Ama. A voir ces photos de femmes débordantes de santé et d'énergie effectuer leur tâche quotidienne quasiment nue on ressent une charge érotique d'une puissance peu commune alors même qu'aucun des codes de la photo de charme d'Occident ou d'ailleurs n'entre en jeu. Ce ne sont pas des sirènes que l'on voit ici comme on l'a souvent dit, créatures fatales et fragiles comme beaucoup hommes les aiment, mais des guerrières au sourire éclatant, à la nudité rayonnante, aux seins galbés pour la main, le couteau à la ceinture, prêtes au combat. Voilà bien nos égales dans la lutte amoureuse pour le plaisir. Elles ne s'en laisseront pas compter et il faudra les baiser de toutes nos forces pour les faire décoller et nous avec dans le maëlstrom d'un orgasme partagé arraché aux Dieux jaloux. Nous sommes là bien loin de la névrose mise en scène par Oshima (et comment) dans "l'Empire des sens" (titre original "Ai no corrida", qu'on pourrait traduire assez simplement par "la corrida du sexe";  parlant, non ?). Les japonais s'y connaissent en matière de sexualité tordue et de névroses carabinées mais je doute que les psys fassent fortune là-bas. On connaît la fameuse phrase de Freud sur les Irlandais qu'il jugeait être le seul peuple hermétique à la psychanalyse. Le pauvre ne connaissait pas le Japon, pays ou les perversions s'épanouissent toutes violemment et font partie intégrante de la vie de la plus grande majorité sans que cela semble poser trop de problèmes.
Mais là, c'est autre chose que nous montre Maraini. Il s'agit bien d'une sexualité parfaitement saine, parfaitement puissante et heureuse à laquelle ces femmes, ces Ama(zones, bien sûr) nous invitent. C'est revigorant et ça change avantageusement de "sexually broken" sur Youporn, série SM anglaise où des femmes sont réduites, en plein consentement paraît-il, à l'état de déversoir à violence masculine. On pourrait toujours essayer ça avec une Ama, les gars, ça n'irait pas très loin avant qu'elle quitte la tour du donjon, et tant pis pour vous si les photos et la vidéo ci-dessous ne vous excitent pas, les morts bandent aussi.


mercredi 1 avril 2015

A partir de là, ça descend en pente raide.

Je me suis éclaté la rate en dansant comme un ouf sur le dernier morceau de la vidéo qui suit. Les Bijou ont toujours été un de mes groupes de prédilection et la version de l'album "En public" (pas "Live...") de "Vieillir" reste un des moments héroïques de la Rock-music en France. C'est si bon que c'est à l'égal des anglais et des américains. Manque de bol je ne peux plus en jouir, j'écoute ça avec un sourire perdu et sardonique et, surtout, une tristesse que rien n'apaise. Bien qu'une partie de moi sente que c'est toujours aussi bon et même sente encore cet emballement révolté du coeur qui s'essouffle infiniment sans mourir, je ne peux pas faire abstraction de mon âge et de la mort qui s'approche. Où sont les plaisirs ? Le plaisir de courir après les papillons, même noirs ?  Le plaisir de fumer une cigarette à deux, assis sur le dossier d'un banc à l'heure ou il faudrait rentrer manger à la maison ? Le plaisir de tenter une figure au skate au bas de l'immeuble devant les petits, médusés, en écoutant Queen sur un vieux magnétophone ? Où sont ces plaisirs-là, s'il en est d'autres ?
Vieillir ? Saloperie.

Putain, ça ramone tout de même méchamment !!! Pour un peu, on s'y croirait et on  y croirait encore !

jeudi 19 mars 2015

L'avortement sans même y penser.

"Les députés suppriment le délai de réflexion pour une IVG." Le Monde, édition du 19/03/2015.
Ne plus réfléchir, ne plus penser, légiférer. Partout, éliminer la part du doute, chasser la pensée, la traquer, la ramener dans l'ombre, au plus lointain de soi. Etre sûr, sûr et certain, expérimenter un acte d'achat signifiant, réussi, une récompense aprés le travail répété, rabâché, automatisé, bien fait. Courir derrière la machine, la mettre soi-même en marche, la suivre, allumer la télé, faire comme c'est indiqué. Film de cul. Film d'action. Le mode d'emploi, pas de chômage, pas de risque d'être oisif, vivre une expérience gratifiante, l'acte d'achat réussi dans la galerie commerciale. Acheter des dessous sexy comme ceux du mannequin, bouger, danser comme dans le clip, baiser comme sur Youporn, la jouissance qui vient, dormir, mourir, se réveiller la tête dans le cul. Le foetus, qu'on ne sent pas, qui grandit, trop vite, plus de règles, "les règles" ?!? Bébé encombrant, trop encombrant pour une tête normale, un beau corps normal. A la poubelle. Petite intervention chirurgicale, plus de problème, pas de problème. L'avortement, une expérience de vie réussie, un instant signifiant pour tous, hommes et femmes, banal, joyeux, évident. Moi aussi je l'ai fait, comme les copines, comme toutes les ados, devenir femme et jouir à nouveau, prendre le pénis dans la bouche, l'éjaculation sur le visage, comme ça, et parfois dans le cul. Dans le sexe, par habitude, pour commencer, et finir, achever. Pourquoi pas ? Une preuve d'amour ? Mets-là où tu voudras. Ça va aller dans les toilettes, détruit, grillé, essoré, une vie, petite vie. Ne pas remettre au lendemain ce qu'on peut faire dans l'instant, sans réfléchir, sans se prendre la tête. Le cul, l'achat, les fringues, l'alcool, grands déjà, morts déjà, vivants. Pas de morale, vas chier avec ta morale, rien ne m'arrête, rien ne peut le faire, rien ne doit le faire. C'est sans conséquence, fluide, sans importance. Libres, totalement libres de faire ce qu'on veut que je fasse. Ce qui prévient est compliqué, ce qui empêche est complexe, trop complexe et pas intéressant, pas jouissif. Boire trop vite, jouir trop vite, oublier très vite. Avortement ? Une expérience de vie réussie, REUSSIE. Je suis un animal bien dressé.

D'après la député PS qui s'occupe des droits des femmes à l'Assemblée Nationale, ce délai de huit jours entre les deux visites médicales obligatoire pour une femme souhaitant une IVG était "Infantilisant et stigmatisant". Un peu comme quand on dit avant les deux tours des Départementales qu'il faut y réfléchir à deux fois avant de voter FN, c'est ça ?

lundi 9 mars 2015

Plaidoyer pour l'exotisme.

La faillite des sociétés multi-ethniques et multi-culturelles marquera la faillite de la civilisation occidentale, tiraillée depuis la Renaissance entre l'Humanisme et l’essor d'une société marchande devenues sans limites. Le principe qui a présidé à l'émergence des civilisations et des cultures dans le monde pourrait se résumer en trois grands axes de constitution qui s'interpénètrent : territoire, langue, culture. Ce sont les trois éléments fondateurs d'un pays, d'une nation. Claude Lévi-Strauss disait qu'il fallait un certain espace géographique pour que les civilisations puissent se constituer et se différencier. De nos jours, les civilisations se mélangent au gré des migrations, des misères, des catastrophes. L'Europe et les Etats-Unis ont accueillis tant et plus de migrants des pays "pauvres" et force est de constater que l'intégration des nouveaux arrivants ne se fait pas. Et c'est normal. Ni les pays d'élections des immigrés ni les habitants des pays de destination ne veulent abdiquer leurs cultures, leurs façons de vivre, lentement construites et décantés au cours des siècles. Le patrimoine culturel d'un être humain est aussi important et aussi prégnant que son patrimoine génétique, plus peut-être, tant le sentiment d'appartenance est nécessaire à la constitution d'un homme. Résultat, les civilisations qui se côtoyaient de loin avec des plaques tournantes d'échanges, se frictionnent maintenant sur un même territoire, se touchent et se haïssent de près. Autre résultat, le FN va gagner les prochaines départementales parce que les français ne veulent plus des immigrés, pas plus que, si on inversait la situation et les pôles, les Algériens ne voudraient d'une masse de français pauvres. Les efforts contre-culturels n'y font rien et la culture revient au galop dans ce qu'elle a de plus restreint, de plus chiche, faute de lui avoir laissé un espace pour s'exprimer librement qui permette une évolution lente et progressive au contact des différences, toujours en action, toujours problématiques et régénératrices. Là, en France, maintenant, tout le monde étouffe, les français immigrés de toutes les cultures et les autres, personne ne s'y retrouve. Le FN est le seul parti à proposer un bol d'air frais, en l'occurrence, un bol d'air bien de chez nous, bien connu mais qui propose au français de se reconnaître entre eux, de se rassurer par leur appartenance à la communauté nationale, dans son sens le plus minime. Les autres partis politiques, excepté le Front de Gauche, appliquent sans sourciller le programme des multi-nationales : producteur-consommateur-argent, celui des marchands, détruisant le mode territoire-langue-culture au profit des plus-values sans frontières et sans âmes qui transforment le monde en vaste champ d'exploitation des richesses naturelles et les hommes en esclaves consentant, assis, une bière à la main, devant un match de foot quand ils ne sont pas au travail.
Offrir l'hospitalité à un étranger c'est marquer son étrangeté. L'accueillir  revient à l'intégrer et alors il y a un choix à faire, le faire sien mais au prix d'un effort de mimétisme de sa part et d'un travail sur soi ou le tolérer à la marge. La masse du travail d'intégration est telle, le temps est si court tant les migrants arrivent en nombre et rapidement qu'il est impossible de faire un travail d'intégration correct, c'est à dire de faire en sorte que l'étranger devienne plus ou moins le semblable. C'est trop demander à un pays comme la France, à des gens comme les français, et ce pays ira se perdre dans les bras consolateurs et déculpabilisants du FN.
A qui la faute ? Aux immigrés ? Sûrement pas, eux qui viennent chercher ici, au prix de sacrifices immenses le strict nécessaire qu'ils n'ont pas dans leurs pays. Aux Français ? Certainement pas, ce pays a été le moteur de l'histoire mondiale à plusieurs reprises et il refuse de mourir en tant qu'identité construite certes et non pas "éternelle", mais valide.  Je crois que les grands responsables sont les gens qui ont du commerce une idée déraisonnable, comme devant générer un profit exponentiel pour satisfaire à satiété des plaisirs et des jouissances sans cesse renouvelées et sans-fin. Les banquiers cocaïnés, les traders fous, les retraités floridiens entre deux parties de golf, deux cocktails et deux "chicas" cubaines pas regardantes, les voilà ceux à qui profitent le crime.
Manuel Valls a peur, paraît-il, que "son pays se fracasse sur le FN". Qu'il se rassure, la France est mûre pour le Front National. Voilà trente ans qu'on ne laisse pas le choix aux français que de se lepéniser faute de regarder en face quelque données anthropologique de base. Il n'y a rien d’aberrant qui arrive en France ou qui soit sur le point d'arriver. Pour que ça n'arrive pas il aurait fallu être humain, simplement, et être humain ne veut pas dire qu'il faille embrasser tous et toutes sur la bouche comme si tous et toutes étaient des frères et des soeurs, ça c'est de la démagogie. La condition humaine à des conditions (sa relativité est à quetter), si on les évite, on sombre immanquablement dans la barbarie.
Je rêve d'un Monde ou il y aurait encore des voyages à faire, où la norme touristique ne serait pas l'envahissement de masse par des mal-dégrossis et des profiteurs. Je me rappelle d'un temps ou le Roi de Siam envoyait un éléphant à Louis XIV. Je sais que les Ottomans ont été arrêtés deux fois à Vienne, mais aussi que Casanova raconte dans ses mémoires avec beaucoup de délicatesse et d’intérêt son séjour à Constantinople. Je voudrais d'un espace qui ne soit pas réduit par des ailes d'avions, d'un Monde flou où les jonques de la baie d'Along ne soient visibles que par quelques évangélisateurs européens qui retrancriveraient dans leurs récits de voyages leur émerveillement. Je rêve de sorcières éthiopiennes, de nymphes berbères....et j'achète "Playboy".

mardi 3 mars 2015

Plus haut la Pop !

La musique populaire moderne peut prendre toutes sortes d'aspects, ironique et acidulée pour les Deerhoof, fol-dingue et poétique pour le Captain Beefheart et son Magic Band, technique et imposante pour King Crimson et arriver par là ou ailleurs à des productions étonnantes de subtilité et de complexité. On frôle là l'Art avec un grand A et même on a les deux pieds dedans, comme avec le grand frère Jazz par exemple, le tout grâce à des envolées d'improvisation lyrique envoûtantes, ou des performances Poético-rigolotte au sérieux second degré, voire des démonstrations de force fantaisistes. Les ambitions de la Pop ne datent pas d'hier et l'emportent loin au-delà de ses fondamentaux (Deux minutes trente secondes, couplet-refrain-pont. Le Bonheur.) dans des territoires inexplorés de musiques nouvelles qui n'ont plus grand-chose à voir avec les ritournelles plus ou moins propres qui font shaker les booties et saliver les bouches avides de baisers.
L'Art de la chanson est complexe et nécessite des savoir-faires qu'on ne peut finalement attribuer qu'aux vrais artistes, ambitieux et complets; la musique simplement et pleinement telle qu'on peut parfois l'entendre issue du terrain fertile de la tourbe primitive est directement de leur ressort.
Voyons ici quelques artistes aux prises avec leur Art.
Déjantés et amusants, les Deerhoof en concert. Un bain de jouvence.

Vaudou et âpre, le Captain Beefheart et son Magic Band. Fou.

Je mets cette autre petite vidéo du Captain car on y voit certaines de ses belles toiles (Il peignait en sus.)

Grinçant et parfait, King Crimson augmenté d'Adrian Belew. Attention, on voit Robert Fripp sourire. Ca peut troubler.

mercredi 18 février 2015

Du Gore, du Gore, du Lesley Gore !

Je comptais écrire un petit article sur Louis Jourdan, incarnation du "French lover" à Hollywood, acteur dont l'élégance et le regard sombre et brillant m'ont toujours touché et voilà que c'est la mort de Lesley Gore qui requiert ma plume.
C'est assez difficile d'écrire quelque chose qui soit un tant soit peu intelligent sur le Rock n' Roll et qui ne soit pas une pâle imitation scribouillarde et parodique de l'énergie de cette musique. Je vais néanmoins essayer et essayer de dire pourquoi.
N'importe quel mélomane un peu averti vous dira que, dans la plupart des cas, c'est une musique d'une pauvreté sans nom. Les poètes se prennent la tête à deux mains et se mordent au sang devant tant d'inanité quand ils entendent les paroles des chansons qui font le pain quotidien de l'amateur de musique Pop. Paroles et musique, est-ce donc si nul ? C'est faire peu de cas de l'immensité du territoire vierge jusqu'alors arpenté et défriché par le Rock, DU DEDANS, je veux parler des énormes et surpuissantes passions adolescentes, terreau conscient/inconscient de notre vie future auquel celle-ci restera toujours indéfectiblement liée. L'adolescence, ce sont les américains qui l'ont inventé, comme période, comme force, comme évidence. Ils disent "Teen-age". Toutes l'astuce des Rockers, un peu plus vieux mais immatures jusqu'à l'os, a consisté à vendre les tourments et les rages de l'adolescence dans toute leur violence aux adolescents récemment dotés d'argent de poche et donc de pouvoir d’achat, afin de leur renvoyer une image à la fois solitaire et regroupée de ce qu'ils sont, des être roulants à toute bombe dans toutes les directions sur une autoroute dix fois trop large pour eux. (Ils pensent : trop petite). Sur cette lancée, on peut vivre toute sa vie et passer à coté de l'âge adulte sans perte ni fracas, sans plus se poser de questions. Avec l'allongement de la durée de la vie la jeunesse est devenue plus consistante, il s'agit d'en jouir sans s'en rendre trop compte, sans se rendre compte qu'il y a autre chose... Que quoi ? Que l'amour, le sexe, l'alcool, la vitesse, l'insolence, la vulgarité, la noblesse, la baston, les fringues, la frime, la drogue ? Parce que il y a autre chose, vraiment ?
Tout ce que je peux faire d'un peu sensé dans ma vie me vient de là, alors je peux aussi bien penser dessus et écrire dessus, ce n'est pas si bête, car ce qu'on appelle "l'âge bête" a été pour moi comme pour tant d'autre un âge déterminant dont je ne suis pas sorti et dont je refuse de sortir. Cela revient à me donner un point de vue assez original sur la vie, l'amour et les vaches et me permet de dire que toute cette musique adolescente à une une force et une émotion intrinsèques que même les plus ronchons des sociologues du C.N.R.S devront bien reconnaître un jour. Mais, moi, je ne suis pas chercheur au C.N.R.S., j'ai un blog que tout le monde peut lire et je refuse de parler sérieusement du Rock. Gravement, comme si ma vie en dépendait, à mi chemin entre le rire furieux et le torrent de larmes oui, sérieusement, non. Parce que je suis en partie encore un "Teenager" et que je continue de roulez vite sur une autoroute encore trop petite pour moi et qui ne me mène nulle part aussi sûrement que le plus heideggerien des chemins. De là, je peux donner à ce qui me liront un point de vue sur le Rock et sa "sous-culture" (et le reste) qui ne soit ni tronqué ni condescendant, et qui soit, j'espère, un tantinet pertinent.
Alors, voilà, Lesley Gore est morte, elle avait chanté "It's my party" où elle disait "C'est la fête de mon anniversaire, la fête de mon anniversaire et je pleurerais si j'en ai envie, je pleurerais si j'en ai envie...Et tu pleurerais aussi, si ça t'arrivait..." Pouvez-faire mieux, vous ? Pas moi. Baudelaire a fait mieux ? Et Schubert ? Bof.

dimanche 8 février 2015

Ariel Pink au sommet de son Art.

Ariel Pink m'a tout l'air d'être un grand artiste. Son dernier album est très bon, riche, bien produit, réussi. En plus de ça, il a mis en ligne une série de trois vidéos illustrant ses chansons qui sont aussi bien faites qu'elles mettent sûrement mal à l'aise. Qu'importe (les tièdes), cet univers qui peut sembler anxiogène n'en demeure pas moins strictement et joliment humain. Il faut accueillir sans rechigner dans le sein de la communauté des hommes tous les "freaks" que nous présente Ariel Pink et tout d'abord Rick Wilder, punk-rocker pur jus de la Californie des années 80 et auteur du définitif "(I'm) Psychotic" et que l'on voit dans le clip que je mets ci-dessous. La vie de Rick Wilder n'a été qu'une suite ininterrompue d'excès en tout genre, de révolte, d'accélération, parfois à vide, souvent à plein tube. Il a toujours été d'un maigreur terrifiante et maintenant c'est tout son corps, des cheveux aux orteils, qui lui fait payer sa vie d'être humain hors les rails et qui renâcle pour lui, contre lui. Il semble casquer sans trop broncher, ça serait indécent. Clairement, il fait peur.  MAIS c'est néanmoins, et ô combien, mon frère et tout comme moi, il a besoin d'un ange. On a tous besoin d'un ange, surtout les plus délattés d'entre nous, les à peine viables, les surnuméraires. J'ai rencontré des anges, pas beaucoup mais j'en ai connus. J'ai l'impression qu'avec l'âge et la platitude monotone qui lui est inhérente, j'ai moins de chances d'en connaître encore un. Qui sait ? Mais tous ces mots délayeront peut-être un peu l'impact de la vidéo, ils ne sont, au fond, qu'un moyen d'en désamorcer le choc. J'aurais du la balancer comme ça, sans long discours. J'espère que vous allez quand même vous la prendre dans la gueule.

Là, je mets une vidéo d'Ariel Pink chantant avec des enfants C'est entièrement et complètement naturel, absolument raccord. Il est en phase avec eux, tout en restant à sa place de créateur de musique pop décalé et troublante. Il est fort, cet Ariel Pink !

jeudi 8 janvier 2015

Je suis Scoup'

La voilà la "une" dont je rêve. Apparemment, personne ne l'a sortie. Par contre il y a pas mal de grandes phrases ronronnantes, peut-être à la hauteur de l’événement, je ne sais pas trop. Attention, j'ignore à peu près tout du logiciel avec lequel j'ai fait ça à l'arrache, alors, c'est un chouïa frustre ! M'enfin c'est un peu plus digne que les dessins (Je pense à celui de Zep en particulier dans Le Monde) qui montrent Cabu et consort arrivant au Paradis.... Allez, humour pas mort. Héneaurme. Limite. Bien dans le ton habituel, non ?

mercredi 7 janvier 2015

Le courage et la Mort, un couple épatant.

Ce soir, je suis atterré, dévasté, effrayé. Ça marche bien le terrorisme sur moi, ça me fait de l'effet, bien vu les gars. Je suis triste aussi, pour Cabu, pour Wolinski, qui m'ont élevé, fait grandir, fait rire. Et ça brûle aussi, ça fait pas que piquer, c'est plus profond. Je me souviens très bien du premier numéro de "Charlie-Hebdo" que j'ai acheté. Je devais avoir 16 ans et quelques, la ceinture de sécurité venait d'être décrétée obligatoire en voiture, la couverture signée Reiser représentait un mec assis sur des W-C essayant d'agripper le PQ, retenu par une ceinture de sécurité. Le titre était "La ceinture de sécurité obligatoire aux chiottes". C'était vraiment "bête et méchant". C'était rigolo. J'ai beaucoup lu "Charlie-Hebdo" quand j'étais jeune. C'était intelligent et jouissif. Ça peut se relire maintenant sans peine, tellement c'est bon. J'ai beaucoup lu les albums de Cabu aussi, j'étais moi aussi amoureux de "La fille du proviseur", comme le Grand Duduche. C'était gentil ça, très gentil. Comment faire la connexion avec le déferlement de violence et de haine qui vient d'avoir lieu ? Et Wolinski, il était chouette ce mec, j'aime ses dessins, ses réflexions douces-amères, son honnêteté tonique, un homme quoi. Et je pense à sa femme, Maryse, que j'aime aussi, libertine monogame qui m'a fait bander et qui me ferait certainement pleurer ce soir. Je connais moins Charb, Tignous, Honoré mais je sais que je les aurais bien aimés si je les avais un peu plus fréquentés. Je suis devenu un peu paresseux en vieillissant mais je connais quand même bien le style mordant de Charb, bien dans la lignée de ses prédécesseurs. C'était la relève, les copains virtuels de presse de mon plus jeune frère, qui m'en parlait. J'ai une pensée pour Cavanna, Reiser, Siné, Willem, ces autres pères, dont les deux derniers sont encore en vie et dont je n'aimerais pas qu'ils y passent trop vite. Une journaliste au cœur de la manifestation de la Place de la République disait tout à l'heure qu'elle ressentait "une forme de joie" autour d'elle. Je veux bien la croire et si les gens, en se serrant les uns contre les autres arrivent à faire naître de la joie, c'est tant mieux et ça me ravit, mais moi, je suis triste, très triste.
NB : Si la une de Ouest-France demain c'est vraiment "Bal tragique à Charlie Hebdo", je trouverais ça tellement génial que j'aurais toujours du respect pour ce canard. J'espère. En tout cas, moi, si j'étais patron d'un journal c'est ce que titrerais en une. L'humour est bien la politesse du désespoir, son seul ornement un peu sensé, un peu beau. Lui et quelques larmes.