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samedi 31 août 2019

Put yourself together, England !

- D'accord pour Rod Stewart, Oncle Rock, mais Mick Jagger...quand même...
- Oh, Jagger est un fin politique, il est finaud à l'extrème le Stone. Laissons le parler de son pays en ces heures orageuses, l'Angleterre, il connait.

mercredi 4 mai 2016

Prince, Bowie et un je-ne-sais-quoi en plus.

La classe, ça existe. David Bowie avait la classe. Dans son genre Prince l'avait aussi, ce truc; ce je-ne-sais-quoi qui fait qu'on remarque votre présence, qu'on la sent. C'est quoi ? Oh, un peu de tout : les fringues, la posture du corps, le regard, les gestes, deux ou trois objets comme une cigarette et une chevalière, la démarche, le timing surtout. Etre là, où il faut quand il faut, comme un bonus au monde tel qu'il va qui devient lentement évident, vital, qui impose sa marque sans brusquer les choses, à la coule. La classe fait qu'on vous distingue de la masse bourdieuesque des clodos de la vie (les fringues de Bourdieu !) et des ploucs. Aldo Maccione a très bien parodié la classe. Si on peut en faire un truc comique, c'est que ça existe bel et bien; c'est à ça qu'on reconnait l'existence d'une chose aussi évanescente que la classe.Attention ! On peut être classe en 2 CV, en punkette, en pantoufles (à talon, avec un désabillé et du parfum pour les femmes; avec une robe de chambre en cachemire et un verre de Cognac pour les hommes), tout est dans la nuance, l'appui ferme et souple d'une présence; c'est ça, le mot important, "présence", et même, plus net, "prestance". Dans ses films, Prince est opposé à sa caricature et à la caricature de la classe, Morris Day, double vulgaire et concupiscent qui drive son groupe The Time. Tout pue l'ostentation chez lui, la frime à pas cher sous des allures qui exhibent les dollars sans honte, mais sans joie, sans prestance. Nuance. Quand il rit à ses propres blagues, Morris Day, tout le monde se marre; quand un mec qui a la classe fait une plaisanterie, tout le monde est bluffé et certains osent un franc sourire. C'est là que l'on voit les dents blanches des jeunes femmes qui baissent un peu les yeux.
Il existe une chanson que personne ne sait vraiment comment prendre. Ca s'appelle :"Donald Trump, Black version" de The Time. Est-ce que Morris Day y fait vraiment l'apologie de Trump ? Est-ce qu'il se fout de sa gueule de cake ? Je vous donne la réponse. Morris Day, endossant son personnage habituel, fait l'apologie du pognon et de Donald Trump, sans aucun doute MAIS, il s'agit d'un personnage (qui existe vraiment, attention, il y a en plein !) et il ne faut pas le prendre au sérieux. Je vais la mettre en-dessous la chanson, c'est une pignolade, une bouffonerie, mais exécutée avec maestria et talent. C'est tout le paradoxe de Morris Day et de The Time, ils ont un talent fou mais ne sont pas sérieux du tout et, finalement, le "Character" (pour employer un terme dont use Day pour parler de lui sur un album solo) a détruit le bonhomme qui n'a plus rien à dire et à montrer depuis longtemps, enferré dans son image de branleur sans l'ombre d'une classe quelconque. Faire-valoir vulgaire de Prince, c'est pas une vie. Donald Trump, Black version ? Est-ce que l'on peut rêver d'un homme qui ait moins la classe que ce "personnage" ? Tarantino en met plein ses films, non ? Et les gens trouvent ça génial. Mais personne ne dit de Tarantino qu'il a la classe, pas vrai ?

mercredi 13 avril 2016

Cheap Trick ? Pas imposable !

Moi, c'est pas ma faute si Cheap Trick est en passe de devenir un groupe culte. J'les écoutais pas à l'époque. A peine, quoi. J'me suis juste acheté une compil pas chère et pas bonne un peu plus tard. Ils ont fait leur turbin sans moi et maintenant les voilà révérés par des Dave Grohl, des Trent Reznor, sans doute nostalgiques de leur adolescence un rien "nerd".
En un sens, moi, c'est plus grave. J'les découvre maintenant Cheap Trick et je trouve ça plutôt bon, ce groupe de clowns tragédiens made in USA. Tenez, si on prend ce morceau "Taxman, Mr Thief", c'est une attaque libérale américaine typique contre l'Etat fédéral de la part de beaufs qui trouvent qu'ils payent trop d'impôts. Pas très glamour. Et bien, le riff est bon, la ligne de basse fait des harmonies seyantes, le pont est une enjambée rapide sur des plaines rarement parcourues et la reprise est plutôt accrocheuse avec voix déchiquetée et batterie lourde.
Alors Cheap Trick, c'est du lard ou du ricain ? Du bon ou du moins bon ? On ne peut attendre des miracles de délicatesse d'un groupe qui vient de Longford, Illinois, mais des rocks chauffés à la mégalomanie née de l'ennui des States et bêtes comme un membre de la NRA, oui.

samedi 19 mars 2016

Ce que je veux.

En ce moment j'ai des problèmes d'argent. Vous savez, ça rend fou les problèmes de fric. Maboule, cinoque, dérangé... A la base, la chanson "Money (That's what I want)" a été écrite par Berry Gordy, le fondateur de la Tamla Motown pour que, justement, il n'en ait plus, de problèmes de fric. Ca va assez bien marcher puis ça va l'entrainer dans le cercle vicieux de l'entreprenariat musical. Une vraie came.
Quand on entend Richard Wylie chanter la version de "Money..." ci-dessous, on sent bien qu'il en en a déjà bavé des ronds de chapeau pour le pognon et qu'il n'est dejà plus tout à fait d'équerre. Eh ben, ça va pas s'arranger. Pendant qu'il deviendra sans le savoir un chanteur culte parmi les amateurs britanniques de Northern Soul, il autorisera ses enfants à jouer aux frisbee avec ses vieux disques qui valaient pourtant leur pesant d'or. Moi, je dis que ce type en avait gros sur la patate.

jeudi 19 mars 2015

L'avortement sans même y penser.

"Les députés suppriment le délai de réflexion pour une IVG." Le Monde, édition du 19/03/2015.
Ne plus réfléchir, ne plus penser, légiférer. Partout, éliminer la part du doute, chasser la pensée, la traquer, la ramener dans l'ombre, au plus lointain de soi. Etre sûr, sûr et certain, expérimenter un acte d'achat signifiant, réussi, une récompense aprés le travail répété, rabâché, automatisé, bien fait. Courir derrière la machine, la mettre soi-même en marche, la suivre, allumer la télé, faire comme c'est indiqué. Film de cul. Film d'action. Le mode d'emploi, pas de chômage, pas de risque d'être oisif, vivre une expérience gratifiante, l'acte d'achat réussi dans la galerie commerciale. Acheter des dessous sexy comme ceux du mannequin, bouger, danser comme dans le clip, baiser comme sur Youporn, la jouissance qui vient, dormir, mourir, se réveiller la tête dans le cul. Le foetus, qu'on ne sent pas, qui grandit, trop vite, plus de règles, "les règles" ?!? Bébé encombrant, trop encombrant pour une tête normale, un beau corps normal. A la poubelle. Petite intervention chirurgicale, plus de problème, pas de problème. L'avortement, une expérience de vie réussie, un instant signifiant pour tous, hommes et femmes, banal, joyeux, évident. Moi aussi je l'ai fait, comme les copines, comme toutes les ados, devenir femme et jouir à nouveau, prendre le pénis dans la bouche, l'éjaculation sur le visage, comme ça, et parfois dans le cul. Dans le sexe, par habitude, pour commencer, et finir, achever. Pourquoi pas ? Une preuve d'amour ? Mets-là où tu voudras. Ça va aller dans les toilettes, détruit, grillé, essoré, une vie, petite vie. Ne pas remettre au lendemain ce qu'on peut faire dans l'instant, sans réfléchir, sans se prendre la tête. Le cul, l'achat, les fringues, l'alcool, grands déjà, morts déjà, vivants. Pas de morale, vas chier avec ta morale, rien ne m'arrête, rien ne peut le faire, rien ne doit le faire. C'est sans conséquence, fluide, sans importance. Libres, totalement libres de faire ce qu'on veut que je fasse. Ce qui prévient est compliqué, ce qui empêche est complexe, trop complexe et pas intéressant, pas jouissif. Boire trop vite, jouir trop vite, oublier très vite. Avortement ? Une expérience de vie réussie, REUSSIE. Je suis un animal bien dressé.

D'après la député PS qui s'occupe des droits des femmes à l'Assemblée Nationale, ce délai de huit jours entre les deux visites médicales obligatoire pour une femme souhaitant une IVG était "Infantilisant et stigmatisant". Un peu comme quand on dit avant les deux tours des Départementales qu'il faut y réfléchir à deux fois avant de voter FN, c'est ça ?

Actualité de La Tristesse.

"...toute création véritable implique une certaine surdité à l'appel d'autres valeurs pouvant aller jusqu'à leur refus et même leur négation. Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l'autre, s'identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l'autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l'originalité de sa et de ma création. "
C'est signé Claude Lévi-Strauss.
Ça explique pourquoi toute société pluri-culturelle se solde par un échec et DOIT se solder par un échec pour la préservation des différentes cultures présentes dans la même société. Le résultat final de cette petite mais capitale notation est la guerre civile à l'intérieur d'une même société entre les cultures et, au niveau mondial, des guerres entre les cultures sur des territoires d’achoppement du concept du "vivre ensemble partout pareil" que promeut le libéralisme économique et la bonne conscience droit de l'Hommiste. Je ne suis pas contre les Droits de l'Homme, création raisonnable à-minima,  MAIS, alliés à la puissance de feu de l'armée Américaine et au marketing trans-national, ils sont au moins aussi destructeurs que n'importe quel obscurantisme puisqu'ils sous-entendent actuellement la tout-puissance du Marché qui est une négation pure et simple des puissances spirituelles qui sont en jeu chez l'homme et dont le retour se fait dans le fracas des armes et un fatras de vieilles croyances recyclées pour le pire.
De toute ma vie, je n'ai connu qu'un seul fils d'immigré que son appartenance natale à un groupe culturel autre que français ne taraudait pas de problèmes identitaires. Il s'appelait Karim et ses parents, de fins lettrés, l'avaient élevé complètement comme on élève un fils de bourgeois français. Il était bisexuel, fan de Gainsbourg, gros fumeur et buveur mais n'avait certainement pas de problème d'identité culturelle. Il décourageait les meilleures volontés racistes de ma ville de naissance car son apprentissage et son vécu de la culture française ne laissaient pas de doute sur son appartenance. Au passage, il avait perdu une culture, ou plutôt, échanger une culture pour une autre. C'est le prix à payer.
Et j'admire le choix avisé de ses parents, qui, en lui donnant la culture de son pays d'accueil lui ont permis de s'adapter au mieux à son environnement. Il ne me viendrait pas à l'idée de faire autrement si j'avais des enfants à l'étranger, sauf à me comporter au fond comme un colon ou un déraciné, et j'ai connu de ces voyageurs tristes qui jouissent de prérogatives données par leur naissance sans en assumer les conséquences, dans un  calcul jouisseur de cynique froid.
Mais enfin, ils ne sont pas plus cyniques que ceux qui ont permis ces rapprochements inter-culturels sur un même territoire au nom de logiques de profits économiques désormais irréversibles et globalement admises par tous les acteurs d'un drame qui se joue sur la scène, à ciel ouvert et qui éclate au grand-jour quand bondissent des coeurs qui ne demandent qu'à s'enflammer et quand eux, les jouisseurs, deviennent toujours plus anonymes et plus goinfres de chair humaine. Les logiques de rendement délétères donnent naissance à des bouillonnements spirituels meurtriers. Qu'y a-t-il là d'étonnant ? Il suffisait de lire Lévi-Strauss, Malraux, Baudrillard, Debord, Muray et quelques autres pour ne pas être surpris par les jeunes morts de Clichy-sous-bois ou les attentats de Charlie-Hebdo. La tristesse et la peine, elles, sont suffisamment sidérantes pour excéder la surprise et nous laisser désemparés. De plus en plus.



lundi 9 mars 2015

Plaidoyer pour l'exotisme.

La faillite des sociétés multi-ethniques et multi-culturelles marquera la faillite de la civilisation occidentale, tiraillée depuis la Renaissance entre l'Humanisme et l’essor d'une société marchande devenues sans limites. Le principe qui a présidé à l'émergence des civilisations et des cultures dans le monde pourrait se résumer en trois grands axes de constitution qui s'interpénètrent : territoire, langue, culture. Ce sont les trois éléments fondateurs d'un pays, d'une nation. Claude Lévi-Strauss disait qu'il fallait un certain espace géographique pour que les civilisations puissent se constituer et se différencier. De nos jours, les civilisations se mélangent au gré des migrations, des misères, des catastrophes. L'Europe et les Etats-Unis ont accueillis tant et plus de migrants des pays "pauvres" et force est de constater que l'intégration des nouveaux arrivants ne se fait pas. Et c'est normal. Ni les pays d'élections des immigrés ni les habitants des pays de destination ne veulent abdiquer leurs cultures, leurs façons de vivre, lentement construites et décantés au cours des siècles. Le patrimoine culturel d'un être humain est aussi important et aussi prégnant que son patrimoine génétique, plus peut-être, tant le sentiment d'appartenance est nécessaire à la constitution d'un homme. Résultat, les civilisations qui se côtoyaient de loin avec des plaques tournantes d'échanges, se frictionnent maintenant sur un même territoire, se touchent et se haïssent de près. Autre résultat, le FN va gagner les prochaines départementales parce que les français ne veulent plus des immigrés, pas plus que, si on inversait la situation et les pôles, les Algériens ne voudraient d'une masse de français pauvres. Les efforts contre-culturels n'y font rien et la culture revient au galop dans ce qu'elle a de plus restreint, de plus chiche, faute de lui avoir laissé un espace pour s'exprimer librement qui permette une évolution lente et progressive au contact des différences, toujours en action, toujours problématiques et régénératrices. Là, en France, maintenant, tout le monde étouffe, les français immigrés de toutes les cultures et les autres, personne ne s'y retrouve. Le FN est le seul parti à proposer un bol d'air frais, en l'occurrence, un bol d'air bien de chez nous, bien connu mais qui propose au français de se reconnaître entre eux, de se rassurer par leur appartenance à la communauté nationale, dans son sens le plus minime. Les autres partis politiques, excepté le Front de Gauche, appliquent sans sourciller le programme des multi-nationales : producteur-consommateur-argent, celui des marchands, détruisant le mode territoire-langue-culture au profit des plus-values sans frontières et sans âmes qui transforment le monde en vaste champ d'exploitation des richesses naturelles et les hommes en esclaves consentant, assis, une bière à la main, devant un match de foot quand ils ne sont pas au travail.
Offrir l'hospitalité à un étranger c'est marquer son étrangeté. L'accueillir  revient à l'intégrer et alors il y a un choix à faire, le faire sien mais au prix d'un effort de mimétisme de sa part et d'un travail sur soi ou le tolérer à la marge. La masse du travail d'intégration est telle, le temps est si court tant les migrants arrivent en nombre et rapidement qu'il est impossible de faire un travail d'intégration correct, c'est à dire de faire en sorte que l'étranger devienne plus ou moins le semblable. C'est trop demander à un pays comme la France, à des gens comme les français, et ce pays ira se perdre dans les bras consolateurs et déculpabilisants du FN.
A qui la faute ? Aux immigrés ? Sûrement pas, eux qui viennent chercher ici, au prix de sacrifices immenses le strict nécessaire qu'ils n'ont pas dans leurs pays. Aux Français ? Certainement pas, ce pays a été le moteur de l'histoire mondiale à plusieurs reprises et il refuse de mourir en tant qu'identité construite certes et non pas "éternelle", mais valide.  Je crois que les grands responsables sont les gens qui ont du commerce une idée déraisonnable, comme devant générer un profit exponentiel pour satisfaire à satiété des plaisirs et des jouissances sans cesse renouvelées et sans-fin. Les banquiers cocaïnés, les traders fous, les retraités floridiens entre deux parties de golf, deux cocktails et deux "chicas" cubaines pas regardantes, les voilà ceux à qui profitent le crime.
Manuel Valls a peur, paraît-il, que "son pays se fracasse sur le FN". Qu'il se rassure, la France est mûre pour le Front National. Voilà trente ans qu'on ne laisse pas le choix aux français que de se lepéniser faute de regarder en face quelque données anthropologique de base. Il n'y a rien d’aberrant qui arrive en France ou qui soit sur le point d'arriver. Pour que ça n'arrive pas il aurait fallu être humain, simplement, et être humain ne veut pas dire qu'il faille embrasser tous et toutes sur la bouche comme si tous et toutes étaient des frères et des soeurs, ça c'est de la démagogie. La condition humaine à des conditions (sa relativité est à quetter), si on les évite, on sombre immanquablement dans la barbarie.
Je rêve d'un Monde ou il y aurait encore des voyages à faire, où la norme touristique ne serait pas l'envahissement de masse par des mal-dégrossis et des profiteurs. Je me rappelle d'un temps ou le Roi de Siam envoyait un éléphant à Louis XIV. Je sais que les Ottomans ont été arrêtés deux fois à Vienne, mais aussi que Casanova raconte dans ses mémoires avec beaucoup de délicatesse et d’intérêt son séjour à Constantinople. Je voudrais d'un espace qui ne soit pas réduit par des ailes d'avions, d'un Monde flou où les jonques de la baie d'Along ne soient visibles que par quelques évangélisateurs européens qui retrancriveraient dans leurs récits de voyages leur émerveillement. Je rêve de sorcières éthiopiennes, de nymphes berbères....et j'achète "Playboy".

vendredi 6 mars 2015

Y'a bon l'Art !

Ca commence à tourner à l'obsession chez moi, l'idée que la Pop musique est un Art majeur. Voici, au hasard des écoutes, un titre des Undertones sorti en 1979 : "Mars bar". Je ne vois pas ce qu'un gauchiste mal emmanché ou un 'vert" rendu dément par le manque de produits chimiques pourrait ajouter à ce commentaire acéré et acerbe de la "Société de Consommation" (livre de Baudrillard) et de ses dérives. Voyez comment ils parlent (les Undertones) avec finesse de cet acte banal mais typique de la société avancée occidentale : manger une barre de Mars. Ca engage plein de choses, dérisoires et grandioses, de la politique de santé publique aux chansons de David Bowie, de la diététique à l'addiction morbide, du dopage aux dents gâtées et tout est là, sombrement et sobrement exposé. Je mets donc les paroles, vous allez voir, c'est très pertinent et nerveusement rebelle. ("Hey raid the Spar", ça veut dire "Hé, j'ai fait un raid sur le "U express" (pour acheter mon Mars)) Tout ça pour le prix d'un 45 tours, Waoouh ! Après, vous faites ce que vous voulez. Vous intégrez des groupuscules d’extrême gauche (ou droite), vous arrêtez les barres chocolatés, Vous passez au Nutella à haute dose...Moi, je pense que la meilleur chose à faire est d'écouter ce morceau en boucle en bouffant des Mars jusqu'à en devenir diabétique, c'est encore ce qu'il y a de plus chic à ce prix-là. Un peu esthète, quoi ! Non, plus sérieusement, savez-vous qu'après l'Art, il y a encore de l'Art ? Dieu que c'est bon. Miam-miam !

 I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

I never eat my dinner
I push away the plate
You can see I'm getting thinner
Because I just can't wait

To get my Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

To Patrick Moore and David Bowie
And all the other stars
There's evidence here to show you
That there's life on Mars

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

There's glucose for energy
Caramel for strength
The chocolate's only there
To keep it the right length

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

To anybody out there who still eats Twix
Or Bounty, or packets of Buttons
I gave them up when I was six
I hope your teeth are rotten

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

Work, rest and play!


mercredi 21 janvier 2015

Steely Dan se dresse encore.

Dans ma vie - puisque parfois des événements ou des lectures vous font arriver à l'essentiel d'un coup - dans ma vie, disais-je, un de mes plus vifs plaisirs aura été d'écouter la musique des Steely Dan. C'est une musique qui ressemble au style de ces écrivains français de la fin du 19ième siècle raffinée, pleine d'esprit, de paradoxes, un rien décadente, toujours stylée, tirée à quatre épingles. Eh, c'est un plaisir d'esthète de lire du Huysmans, du de Gourmont, du Barres et de chalouper au son des Steely Dan. Ils sont seuls de leur genre, eux, sans équivalent. Voici une chanson prenante tirée d'un de leurs excellents albums des séventies : "Charlie freak". Tiens encore Charlie qui repointe le bout de son nez. Il le fera désormais de loin en loin. Il est tant et tant à mes cotés.

Les paroles, magnifiques :
"Charlie Freak had but one thing to call his own
Three weight ounce pure golden ring no precious stone
Five nights without a bite
No place to lay his head
And if nobody takes him in
He'll soon be dead

On the street he spied my face I heard him hail
In our plot of frozen space he told his tale
Poor man, he showed his hand
So righteous was his need
And me so wise I bought his prize
For chicken feed

Newfound cash soon begs to smash a state of mind
Close inspection fast revealed his favorite kind
Poor kid, he overdid
Embraced the spreading haze
And while he sighed his body died
In fifteen ways

When I heard I grabbed a cab to where he lay
'Round his arm the plastic tag read D.O.A.
Yes Jack, I gave it back
The ring I could not own
Now come my friend I'll take your hand
And lead you home"

lundi 17 novembre 2014

Affreux, propre et méchant.

La presse écrite va mal, et c'est peu que de le dire. Il faut cependant constater que les éditeurs de presse font preuve d'un manque d'imagination et d'audace consternant. Il est nécessaire de s'adapter à ces temps de crise et de tourment et il est tout à fait possible de faire d'une certaine réponse à la morosité ambiante un véritable Art de vivre, "a way of life" comme disent les anglo-saxons. Je ne manque pas d'idées réjouissantes pour tout honnète homme, donnez-moi les moyens financiers et je vous ponds des succès de presse à la pelle. Ce qu'il faut c'est innover, ça veut dire recycler des trucs qui marchaient et les mettre au goût du jour. Ainsi je propose de créer un mensuel pour le public masculin qui s'appellerait "Bien-être et Calomnie" qui serait un croisement entre un magazine de charme à la "Playboy", un magazine de fitness et qui proposerait aussi des témoignages sur les bienfaits de la dénonciation de ses contemporains aux autorités compétentes ainsi que des aides efficaces pour franchir aisément le cap de la "mauvaise conscience" et s'épanouir ainsi pleinement dans cette société sans pitié de guerre de chacun contre tous. Carton assuré. Le complément idéal de ce canard serait un autre journal, toujours destiné au public masculin, dont j'ai l'idée au chaud et qui s'appellerait "Cuisine et Armes à feu". Ce serait un savant mélange de recettes de cuisine du terroir, de pages consacrées à la possession et à l'usage d'armes de tir plus ou moins puissantes et de l'agrément que l'on peut en retirer à tout âge de la vie et, bien sûr, d'un magazine de charme type "Playboy". Rien que de penser aux couvertures que l'on peut mitonner pour ces deux titres, entre des femmes aux multiples talents et des photos de descentes de police ou de tableaux de chasse dans un relais perdu en forêt, je me prends à saliver. Je ne suis pas plus bête qu'un autre et si ça marche sur moi, ça marchera sur d'autres, et plutôt deux fois qu'une. Et encore, ce ne sont là que deux idées parmi des dizaines, si cela vous intéresse et que vous avez quelques argent à investir dans des entreprises aussi jouissives que de salubrité publique, faites-moi signe, je suis ouvert à toutes sortes de propositions plus ou moins malhonnêtes.
Déja, dans les années Trente aux Etats-Unis, des films tentaient de décomplexer le citoyen moyen. "Scarface". Howard Hawks. Si vous aimez ces images, vous aimerez "ma" presse. Critique du film dans la section "Belettes et mitraillettes" du numéro 1 de "Cuisine et Armes à feu", bientôt dans les kiosques.

mardi 21 octobre 2014

De Margerie. "Make my day, punk !"

Monsieur Christophe de Marjerie est mort cette nuit et je viens de l'apprendre. Cette journée s'annonce donc sous les meilleurs auspices. Avec les émoluments de ce gros porc ont aurait pu nourrir tout un tas de pays africains pendant des années, résorber des dettes nationales abyssales, y compris celle de la France. En fait la France, c'était lui, bien plus que François Hollande ou Nicolas Sarkozy, et cette France-là, ultra-libérale et promotrice du modèle anglo-saxon de la lutte de chacun contre tous, je l'emmerde. Il parait qu'il était truculent, Mr de Margerie, moi, c'est maintenant que je commence à rire, à l'heure où il va se diriger vers la matrice première et que son brozouf ne lui sera d'aucune utilité. Nous sommes tous égaux devant le mort. Apparemment, en 1789-92, ils ont laissé passer quelques aristos entre les mailles du filet, mais finalement un ivrogne russe au volant d'un chasse-neige aura fait office de guillotine. Il n' y a pas, au fond, de bonne ou de mauvaise façon de mourir. Là, c'est juste bon  parce que c'est de Margerie qui est mort et que, d'où je suis, d'où je vis, d'où je crie, ça fait du bien, ça soulage. Je me sens mieux, je me sens taquin et guilleret. Je sais bien qu'il ne faut pas se réjouir de la mort des gens mais là...je ne peux pas m'empêcher de jubiler. Il m'emmerdait de Margerie. C'est fini. Comme dit Tuco dans "Le bon, la brute et le truand", je cite, "J'aime bien les gros lards, quand ça tombe ça fait plus de bruit".
NB, j'ai un ami qui bosse chez Total, je vais l'appeler à 14 h 30 pile, pendant la minute de silence prévue pour cet enfoiré dans son entreprise. On verra bien. En attendant. De Boss, je n'en connais qu'un, celui qui a écrit la chanson ci-dessous. Le géant Bob Dylan, ici repris par les petits énervés de Rage against the machine. "I aint gonna work for Maggie's farm no more". Je suis persuadé que les gens vivent leur vie de la façon dont on la vit par chez nous par ennui. L'essentiel, il est passé à l'as. Et puis, je mets ça, parce que c'est trop bon, gros ! Jimmy Reed "Big Boss Man. Même Elvis n'avait pas réussi à le dénaturer. Pourtant le salaud a essayé avec constance. Finalement ce sont les Pretty Things, des anglais, qui en firent leur choux gras.

mercredi 20 août 2014

Le Moral de cette Histoire est bien bas.

J'ai de plus en plus de mal à lire le journal, à prendre la peine de lire les articles. Qu'est ce qu'ils vont m'apprendre que je ne sais déjà ? Le Monde va à marche forcée vers sa destruction, les acteurs de ce désastre sont les Hommes. Il y aura des survivants, quelque chose renaîtra. En attendant, plus d'Histoire(s), plus d'ère nouvelle, de nouvelle Frontière. C'est mollasson, ressassé, violent et ça pue.
Il semble que le 20 ieme siècle ait été celui d'une grande émancipation. Ca pesait trop, ça empêchait de vivre alors ça a été lentement et vigoureusement balancé par dessus bord. Quoi ? La Morale, un ordre suranné, le Patriarcat, une hypocrisie sociale rance. Une libération, une émancipation étaient demandées, nécessaires, vitales après la guerre. Ca a commencé tout de suite, dés qu'elle a été finie, avec Saint-Germain des Près, l'Existentialisme, les Beatniks, le Be-Bop puis le Rock, la Jeunesse qui voulait sa part et qui devenait valeur en elle-même. Et puis il y eut les années 60 et là, la poussée a été immense, intense. Tout le monde, à sa manière voulait sa part de LIBERTE. Les intellectuels français s'en sont donnés à coeur joie, pour Barthes "Le langage était d'essence fasciste" et il fallait s'en méfier, pour Deleuze le ""Moi" est d'essence paranoïaque" et il fallait s'en libérer par une "schizo-analyse", pour Foucault l’oppression avait trouvé son paradis dans la prison "pan-optique", où tous les détenus sont vus de tous tout le temps. Pour contrer ce qui n'était pas encore effectif, il fallait réformer les asiles et les prisons, les faire disparaître. Sur les murs en mai 68 on écrivait qu' "il était interdit d'interdire" et "on voulait jouir sans entraves".
Vous savez quoi ? Ca a marché, et une fois toutes les formes d'ordres déboulonnés, nous sommes restés cons avec dans les mains la vis sans fin de notre jouissance à actionner. Nous avons secoué le joug de toutes les tyrannies pour nous trouver aux prises avec la pire, la tyrannie de la jouissance. Que certains, le plus possible, jouissent presque contamment et sans frein grâce à des moyens financiers conséquents, voilà ce qui fait marcher l'économie mondiale aujourd'hui, et partant, le Monde. Et si ça se répète tous les jours, c'est de pire en pire tous les jours. C'est là la seule petite histoire... Lacan disait que "le psychotique est celui qui n'accède pas au Désir", il voulait dire qu'il reste prisonnier de ses pulsions et de leur satisfaction sans élaborer un cheminement intérieur, un désir, disons une histoire et peut-être une frustration. Il n'est plus question de frustrer qui que ce soit, c'est ça qui est devenu immoral, et même impensable. Et d'ailleurs, que penser ? La Pensée ne prend toute sa mesure que quand on tente de l'arrêter, de lui mettre des obstacles dans les pattes. C'est l'inverse de la Jouissance qui ne peut qu'arriver. Mais encore faut-il que l'on accède à la Pensée, ce n'est pas gagné d'avance ; le principe de jouissance, il est là de toute manière il faut faire avec, si possible au mieux et sans tristesse.
Notre Monde est peuplé de psychotiques hyper-puissants qui le feront se pulvériser pour une dernière pipe au Moët et Chandon. Il n'y a plus que des "clashs", des coups médiatiques ou boursiers, de la "hype" pour peu et des pulsions assouvies par procuration par d'autres. Et encore, avec Vente-Privée et Groupon, le (faux) Luxe, celui qui donne l'impression quand même de VRAIMENT VIVRE est à portée de toutes les bourses. Il n'y aura pas de retour en arrière. Lyotard disait que la Post-modernité, "c'était la fin de tous les récits d'explication du monde", en effet, ce qui compte c'est ce qu'on gagnera demain, la jouissance d'aujourd'hui est déjà morte. Derrida, de son coté disait que la Post-modernité "c'était ce qui vient", "venir" comme "jouir". Cette état de fait, certains artistes en profite, d'autres la disent ; le meilleur est certainement Bret Easton Ellis, Houllebecq fait ce qu'il peut, Sollers ne peut parler qu'au passé, il est encore "raisonnable". Qu'est ce qu'on peut faire comme film un peu pertinent sur cette ordre-là, celui de la psychose, meilleur que "Crash" de Cronenberg ?
La Vie ne s'épanouit pas sans "sacré", c'est Roger Caillois qui le dit. Le Sacré revient en force, cet an-ci, problème c'est un Sacré malade, tout-puissant, sans dialectique avec la Vie. Zuckerberg finira peut-être par se tirer une balle dans la tête devant sa page Facebook. l'Etat Islamique va apparaître un peu partout dans le monde. 10, 20, 100 Zuckerberg attendent leur tour et le Levant fait le tour de la Terre si je ne m'abuse. Quelles Histoire(s) voulez-vous qui m'intéressent un peu ? Je suis d'un autre ordre, qui n'a jamais existé et n'existera jamais, sauf, comme disait Voltaire, dans "mon jardin". Eden était possible, ici-bas, pour nous; nous avons choisi l'Enfer.

mardi 27 mai 2014

Post-scrptum au 24 mai 2014.

Ça y est, il va donc falloir se rouler dans la bauge commune du racisme ordinaire, de l'antisémitisme, de l'homophobie, du patriotisme, du militarisme. Tout ça n'est pas nouveau mais c'est maintenant là, partout, en force, en majorité. C'est prégnant, agressif, étouffant. Il fallait s'y attendre. Comme si, au fond, depuis 1970/80 et les grandes options libérales prises par les dirigeants du business au niveau mondial, les majorités de droite comme de gauche avait préparé le terrain par une absence totale de réaction face à ces puissances d'argent, de commerce et de finance et à leur pouvoir de nuisance dans les sociétés depuis 40 ans.
Les banquiers, les gens qui ont le pouvoir économique, ceux qui font des affaires ont choisi, on l'a bien vu pendant la crise récente, ça sera le marché, le business et le fric contre les États et les démocraties. Les politiques sont devenus des sortes de guignols (Mon Dieu, Montebourg, par exemple) qui ont appliqué le programme en pérorant devant l'électorat français d'une véronique à gauche, puis d'une véronique à droite. Les dits français ne sont pas plus idiots que les autres, on les a travaillés au corps depuis des lustres et ils se la font mettre profond sans pouvoir rien faire. Et on le leur dit " pas d'autres choix" ; alors ils ont souffert en silence pendant longtemps, ils ont encaissé. Et puis, une petite voix différente s'est faite entendre, une voix immonde mais audible aux oreilles frustres, compréhensible, insensée mais pas tant que ça ; parce que si tout ce qu'on nous a proposé depuis tout ce temps n'était pas fou, c'était quoi ? Et elle a gonflé, s'est amplifiée et maintenant elle hurle, elle explose dans un fracas. Et pile poil dans le mauvais sens.
Car ce n'est pas chez Mohamed et Mamadou que se trouvent les clés du problème, pas plus qu'en Chine ou dans les locaux de la Ligue des Droits de l'Homme d'Hénin-Beaumont. Les clés du problème se trouve au Palais Brogniart, à la City, à Wall Street, à Davos, dans la machine à merde Big Brother médiatique qui marche à plein tubes, dans les têtes, dans les têtes décérébrées et malades. Comment est-ce qu'une méchante farce comme celle d'Alfred Jarry (Ubu) a-t-elle pu devenir réelle ? L'Homme est définitivement plein de ressources, les mêmes, mais sans cesse renouvelées. Ainsi, ce ne sera pas le virus Ebola, comme le suggérait l'immondice Le Pen, qui va régler le problème de la surpopulation mais les guerres qui s'annoncent. Celle de 14-18 avait semblée atroce, on n'en voulait plus, c'était "la der des ders" ; zou ! c'était un apéritif pour celle de 20 ans plus tard ; et 39-45 sera un amusement à coté de ce qui s'apprête à survenir.
Pour l'instant, alors que le ciel s'assombrit dans le monde qui asphyxie, il faut tâcher de respirer quand même et faire gaffe dans quoi on met les pieds. Il n'est plus temps de lambiner, ça peut aller très vite. Moi, je serais sûrement mort avant que les grosses emmerdes commencent ou je serais un des premiers éliminés, mais d'ici là, pas question de faire le Suisse (comme Jean Luc Godard, qui a toujours renoncer à (presque) tout pour pouvoir geindre). Au petit jeu de la violence, il seront toujours les plus forts, il y sont entraînés et préparés mentalement par leur bêtise, on va tâcher de les faire déjouer ; c'est une sorte d' art. Un art guerrier.
1970 : premier rappeur français : Alfred Panou, avec l'aide de l'Art Ensemble of Chicago, sur le label de Pierre Barouh, Saravah. Je suis de ce coté-là, moi.

mercredi 9 avril 2014

Le story-telling, mon petit Valls, le story-telling !

J'ai écouté le petit Valls. En gros, il dit la même chose qu'Ayrault mais avec plus de force de conviction, elle qui manquait cruellement au navet nantais germanophone. Et pourtant il persiste dans une erreur qui lui sera fatale : il continue de raconter une histoire de gauche aux français alors qu'il va faire une politique libérale de droite à la Tony Blair, c'est-à dire très libérale et saupoudrée d'un peu de social. Il aurait mieux fait de raconter une nouvelle histoire, celle d'une gauche qui constate l'échec du modèle français dans un monde uniformément ultra-libéral, pour lequel la France n'est plus adaptée de par trop d’État, trop de charges patronales, pas assez de flexibilité du marché du travail et, au final, un manque de compétitivité. Il aurait du raconter la transition à mener en France pour partir de nos habitudes gaulo-gaullienne de protection et enfin accéder à une place qui ne soit pas tout à fait nulle dans le Monde tel qu'il est : post-moderne, mondialisé, ouvert et libre. Libre au point d'être barbare, d'une barbarie sans visage si ce n'est la photo du sourire aseptisé d'une femme inconnue qui orne presque tous les supports destinés à faire acheter quelque chose à quelqu'un.
Car c'est bien là l'histoire que nous vivons. Pourquoi ne pas la revendiquer ? Pourquoi ne pas la dire clairement ? C'est toute la force du story-telling, bien comprise par les hommes politiques américains, mettre en scène des trucs qui prennent sens aux yeux des électeurs (du public) et qui s'incarnent dans un leader. Ce n'est pas avec des phrases du style : " Bien sûr, il faut redresser nos comptes publics, mais sans casser notre modèle social et nos services publics, sinon les Français ne l'accepteraient pas. » que ça va changer, mon petit Valls. Cette histoire là on la connaît, elle est fausse. Il y a disjonction entre ce qui est dit et les faits, ça fait flipper tout le monde.
Attention ! N'allez pas croire que j'ai viré de bord. Je suis un type surprenant, je sais, mais j'ai mes limites. Vous allez pouvoir le constater plus tard. Il est tout à fait possible de raconter une autre histoire (et de l'appliquer), vraiment de gauche celle-là mais il faudra dire alors que l'on sort de l'Europe, que l'on renforce l'Etat par une politique volontariste de type grands travaux, nationalisations, que l'on taxe les revenus de la finance de manière extrêmement forte et même ceux des entreprises. C'est celle que raconte le Front de Gauche, et elle est parfaitement audible, elle. Celle des Verts, la transition économique via l'Ecologie finira peut-être par l'être un jour, s'ils arrivent à marier leur aile libérale-libertaire avec celle d'un colbertisme "light", le tout sur de vieux remugles de folkore printaniers à sabots blancs. Celle du Front National est très audible aussi, et très claire. A Hénin-Beaumont, le local prêté par la mairie à la Ligue des Droits de l'Homme lui a été retiré par le nouveau maire Steeve Briois. On ne peut pas faire plus limpide : les Droits de l'Homme, dehors, les droits des "français d'abords", d'accord. l'UMP ne raconte rien depuis deux ans et on a voté massivement pour elle aux dernières municipales, c'est dire à quel point les français veulent entendre quelque chose, n'importe quoi qui fasse un peu sens, qui colle avec ce qu'ils vivent, d'où que ça vienne.
Je vais dire une petite partie (importante) de ce qu'on ne leur dit pas nettement, de peur de les effaroucher, de leur faire peur, ce qui les mènerait et les mènera, si l'on n'y prend garde, à coup sûr à la colère et à la violence nées de la terreur et de l'absurde. IL faudrait leur dire par exemple qu'en Décembre 2013 a été adopté par les 159 pays membres de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ce qu'on appelle le "paquet de Bali", qui consiste en une batterie de mesures qui vont favoriser la libre circulation des marchandises. Seront supprimées les aides à l'exportation pour l'agriculture et certaines barrières douanières. On a demandé son avis à aucun peuple sur l'adoption de ses "règles", pas plus aux Français qu'aux autres, et pourtant ce sont elles qui vont régir nos vies plus que n'importe laquelle des lois votées par le Parlement français. La France est membre de l'OMC, elle est également membre fondatrice de l'Europe qui est principalement une zone de libre-échange dérégulée, elle ne coupera pas aux conséquences qu'implique le fait de vivre dans un Monde qu'elle aussi a voulu libéral, ultra-libéral même, comme les autres pays. Alors pourquoi s'obstiner à raconter des fariboles de gauche quand on est à droite, complètement à droite ?  La politique voulue par Valls (et le Monde entier à ses trousses) réussira peut-être, qu'importe son succès, elle ne fera pas sens, elle ne remettra pas les gens dans le sens d'une histoire qui tend à être, pour le moment, l'Histoire.
Mais rien n'est écrit définitivement qu'après coup par les historiens. L'Histoire ultra-libérale du Monde et de son corollaire 'Mondialisation' n'a que 40 ans ou un peu plus et personne ne peut réellement prédire ce qu'il adviendra d'elle dans le futur....sauf à raconter des histoires. Plus elle seront sensés, plus elles auront de chances de s'incarner dans la Vie, qui est une sempiternelle et inachevée quête de sens. Alors qu'on cesse, et tout spécialement le petit Valls, de nous dire des conneries qui nous privent de choix tranchés, afin que l'on puisse choisir notre story-telling à nous sans trop délirer et zou, moteur !
Alors, première chose à faire : disparaître du film le plus vite et le plus discrètement possible. Ensuite : ne se fier à aucun metteur en scène. Enfin : être avare de ses apparitions dans le film et les choisir avec un soin extrême. Voilà mon plan. Vous voyez, je n'ai pas complètement changé, je partage.

mardi 18 février 2014

Vivre et mourir avec DEVO.

Le plus souvent c'est sans difficulté, et sans joie non plus. Les gens font ce qu'ils ont intégré qu'ils devaient faire de manière automatique, et surtout "sans prise de tête" (maître mot des auto-descriptions sur les sites de rencontres), sans la moindre pensée libre parasite. En fait, tout est comme dans les bouquins de Houellebecq et je suis d'accord avec Philippe Sollers quand il dit qu'il n'est nul besoin de se farcir ces gros pavés américains qui prétendent nous expliquer le monde ( ceux  de De lillo, Pynchon, Ford) en un millier de pages (à l'exception notable de Bret Easton Ellis). Houellebecqu est un piètre écrivain, contrairement à Ellis, mais un sociologue de toute première force et il nous montre plus ou moins adroitement (je parle du style) ce qui se passe, ou plutôt ce qui ne se passe plus. Tout le monde, en tout cas ceux qui sont dans la machine, est en roue libre, Les gens font tel ou tel geste, calibrés pour eux, qui leurs rapportent tant, somme qu'ils dépenseront dans des objets de telle ou telle valeur, conçus pour satisfaire toutes les bourses avec l'illusion de se donner du bon temps ou de se faire un nid douillé à la déco adéquate. A quoi ? Au goût des gens ? Les goûts des gens sont des paramètres soigneusement préparés, soupesés, ils doivent correspondre à la production, et SURTOUT, ils doivent laisser à chacun l'illusion qu'ils sont à lui et à personne d'autre. Ainsi, quelque soit le produit que vous achetiez, le prénom que vous donniez à votre enfant, tout cela a été parfaitement mis en équations exactes avant même que vous ne songiez à acheter quelque chose ou à faire un enfant et vous ne faites que résoudre, comme il avait été prévu, ces équations, tout en ayant le sentiment d'une certaine liberté (la Liberté c'est la T.V.A. comprise dans le prix d'achat). Nous en sommes là, depuis maintenant quelques années, ça n'avancera plus, ça ne bougera plus. Le libéralisme économique triomphe partout dans le Monde, qui se trouve maintenant rétréci à des mesures qui semblent parfaitement agencées pour qu'une compagnie aérienne puisse vous emmener faire du tourisme n'importe où en moins de 24 heures. Plus le choix ? A Kiev, ils en veulent la même dose que partout ailleurs en Europe. A Bangkok ? Même topo. Au Qatar ? Ils payent le prix fort pour que les matchs de la Coupe du Monde de football se jouent sur des charniers. Pas de problème, les joueurs auront les crampons idoines, faits sur mesure par les équipementiers sportifs. On ne va nulle part, comprenez-vous ? On y est. Le corps est dévoyé, transformé en un agrégat de zones à récompenser, exciter ou calmer ; la pensée est battue en brèche par tous les moyens possibles ; l'imaginaire anémié, stéréotypé : la raison instrumentalisée par de très pures folies. l'Homme est mort.
Moi ? oh, moi je suis fou, ça ne compte pas, sauf pour les médicaments. Je suis incontrôlable, insupportable, libre à faire peur, seul, planqué, rendu à ma propre force par moi-même (quoiqu'elle vaille), vivant, riche ; plus vivant et plus riche que 99 % de la population mondiale, et surtout humain à 100%. Ca veut dire qu'il ne faut pas compter sur moi pour vous faire miroiter la perfection d'un Dieu qui s'annonce en l'Homme post-historique, mais que vous pouvez être sûr que j'ai sur moi, ou en moi des Beautés que ce Dieu n'a pas, et n'aura jamais. Bien sûr, le combat est perdu depuis longtemps, mais je ne suis pas amer et la valeur de ce que j'offre est celle même de la douceur du sucre ou de l'âpreté du vin. Ça fait du bien. Comment estimer cela ? Hé, hé... Tout ce laïus m'a été inspiré par la nouvelle de la mort de Bob Casale, guitariste et tête pensante du groupe Devo. Ces gars là ont balancé dans les années 70/80 un des ultimes cris de détresse humaine, et un des plus déchirants. Par la magie de leur folie, il s'avère que c'est aussi un des plus drôles. Mais attention, d'un rire un tantinet nerveux, qui appelle son Xanax. C'est eux qui ont fait la meilleure version de "(I can't get no) satisfaction". Ça m'a bien marqué quand j'étais jeune. J'étais déjà énervé et j'étais en passe de devenir un type parfaitement imbuvable : quelqu'un qui n'a rien à vendre, même pas lui-même.

Allez, un autre titre, "Mongoloïd", comme quoi, on peut être trisomique (ou autre truc fastidieux, qui fatigue tout le monde) et faire partie de la chaîne, et même tirer un peu dessus, comme tout un chacun.

Les paroles :

Mongoloid, he was a mongoloid
Happier than you and me

Mongoloid, he was a mongoloid
And it determined what he could see

Mongoloid, he was a mongoloid
One chromosome too many

Mongoloid, he was a mongoloid
And it determined what he could see

And he wore a hat
And he had a job
And he brought home the bacon
So that no one knew

He was a mongoloid

Mongoloid, he was a mongoloid
His friends were unaware

Mongoloid, he was a mongoloid
Nobody even cared

Mongoloid, he was a mongoloid
One chromosome too many

Mongoloid, he was a mongoloid
And it determined what he could see

And he wore a hat
And he had a job
And he brought home the bacon
So that no one knew

He was a mongoloid

Mongoloid, he was a mongoloid
Happier than you and me

Mongoloid, he was a mongoloid
And it determined what he could see

Mongoloid, he was a mongoloid
One chromosome too many

Mongoloid, he was a mongoloid
And it determined what he could see

And he wore a hat
And he had a job
And he brought home the bacon
So that no one knew

He was a mongoloid
He was a mongoloid

mercredi 11 décembre 2013

Lou Reed est-il mort ?

C'est bizarre quand même, Lou Reed est mort il y a un mois et il fait encore de la pub pour un équipement Haute-Fidélité. Voyez ci-dessous.

 Je vais lui filer un coup de pieu dans le coeur à cette vieille vache, histoire qu'il vienne plus nous casser les couilles avec des sentences du genre" My life is music"
Déjà, prends ça dans ta face, Lou, ça va te calmer un peu.

Je te conseille d'écouter ça au casque, bien fort, poète de la marginalité de mes deux.

mercredi 6 novembre 2013

"Normal, vous avez dit normal."

Le Sarkozisme a changé la manière de faire de la politique en France, un peu comme le Berlusconisme l'a fait en Italie. L'ancien Président de la République Française a inventé une façon d'occuper l'espace médiatique qui ne laissait de repos à personne. Pas un jour sans qu'il se donne un motif d'apparaître à la télé, à la radio et surtout sur le net. Il créait ainsi son propre "buzz" à tout propos, se posant en référent ultime de tous ses ministres (qui tonitruaient eux aussi), de toutes les affaires, de tous les fait-divers, de toutes les situations les plus diverses des français alors qu'il ne gouvernait que pour le profit d'une minorité. Cette façon de diriger, plus simplement cette façon d'être a créé un nouveau rapport du pouvoir aux médias et des médias aux Français, un rapport de dépendance. Sarkozy a alimenté quotidiennement en "infos" des médias qui, par essence plus que par intérêt politique, ont dès lors bruissé, frissonné, joui d'apporter une camelote fraîche (et plus souvent rance) à la population. Et tout le monde s'est habitué à cette camelote, à cette came jusqu'à ce que chacun se trouve "modifié" dans sa manière d'appréhender la politique. Presque à leur insu, les citoyens sont tous redevenus des mineurs (le fameux "Je m'énerve pas, j'explique.." de Sarko), des enfants (ou des sujets) soumis à la férule toute puissante du père. Hollande a dit clairement vouloir s'opposer à cette façon de faire, notamment dans le débat télévisé avec son fameux "Moi, Président de la République....etc, etc" mais il n'a pas compris que le mal était fait, et que si une majorité de français voulait une pause, il faudrait bientôt les ré-abreuver de leur drogue politico-people. La presse s'est gaussé de sa compagne dans les premiers temps, mais pour de mauvaises raisons. Pas parce qu'elle détonait après la déclaration d'intention d'Hollande d'être un président "normal", mais parce qu'elle arrivait après la "Reine" légitime de France, belle, riche, italienne, croqueuse d'homme, génitrice, en un mot, une vraie Médicis. Le Président actuel, en faisant de la politique d'une manière pré-sarkoziste, sans occuper avec assiduité le terrain médiatique joue perdant d'avance, et même s'il essaie de se donner la maîtrise "des temps longs", art dans lequel excellait Mitterand, en prédisant quelques temps à l'avance l'inversion de la courbe du chômage, il ne devrait plus laisser à un Premier Ministre atone le soin d'apporter aux Français leur pain quotidien de... De quoi ? D'exaspération ? Ça n'a pas d'importance d'avoir des résultats ou pas, une cohérence ou pas, de trop peser par l'impôt ou pas, ce qui compte vraiment c'est de taquiner, de titiller, et même d’exaspérer, puis de se dresser comme un phallus qui dirait " STOP, C'EST A MOI QUE VOUS AVEZ A FAIRE ! ET VOUS SAVEZ DE QUOI IL EN RETOURNE !" Cette façon là ne me semble pas être trop dans le caractère de Monsieur Hollande et, personnellement, je m'en félicite, mais il ne devrait pas laisser les premiers énervés venus, en l'occurrence les Bretons (d'un énervement étrange à la fois venu du fond des âges et très moderne puisqu'il lie les prolétaires et les patrons dans le même mouvement) bousiller des portiques hors de prix. On pourrait s'interroger longtemps sur ce soubresaut breton et se rappeler aussi la façon dont, dès 2007, Sarkozy avait envoyé un message très clair à la gauche de l’extrême gauche, qui aurait pu s'opposer physiquement à lui, avec l'affaire de Tarnac. On pourrait aussi appeler Hollande à un peu plus de réalisme politique et à tenir compte de ce qui a changé en France sous le mandat de son prédécesseur, à occuper le terrain, lui et sa première dame, (elle est taillée pour le job), à faire mine, à jouer le jeu du papa-poule, papa-martinet. Ce n'est pas ce qui arrivera. J'en sais gré à Monsieur Hollande car cela correspond à mon caractère et je ne suis pas de ceux qui font ou feront du "Hollande-bashing" et se moque de lui pour son manque de goût pour l'autoritarisme. Le prix à payer de cette maldonne politico-médiatique sera exorbitant, c'est certain. Il vaut mieux néanmoins rester attaché à ses valeurs et à certaines façons de faire plutôt que de se renier pour préserver "un état des choses" qui ira fatalement vers le pire, pardon, Le Pen.
En attendant :
Elle est pas belle, la vie ? J'me moque pas. Je trouve ça beau.

mercredi 30 octobre 2013

Moi, mes parties et ma Patrie, en partie.

Ce soir, j'ai essayé. J'ai essayé de me faire une idée sur "L'identité malheureuse", le dernier bouquin de Finkielkraut, et plus largement, sur ce qu'on appelle "le débat sur l'identité nationale" en France. J'ai lu, j'ai regardé des trucs sur YouTube. Je n'ai entendu que des paroles de haines éructées par des fous ou des pensums d'universitaires trop sages prêchant pour d'autres de sanglantes révoltes. Bref, j'ai échoué sauf...Sauf à tenter de penser par moi-même, et parmi ces stridences j'ai réussi à émettre un son bien particulier, une note assez claire, et qui surtout me laisse la possibilité de penser encore et encore, d'évoluer sur une sorte de vague porteuse, d'affirmer sans m’arque-bouter, de me tenir sans main-courante. Oh, je n'ai rien inventé, je n'ai rien trouvé de neuf sous le soleil qui chauffe de plus en plus, mais au moins je n'aboie pas, je ne hurle pas et aucune grimace de carnassier délirant ne défigure mon visage d'homme. Alors, je suis plutôt content de moi. Et puis soudain, une idée me vient, me frappe. Tout ça c'est bien beau, cette réflexion, ces idées, mais comment se fait-il que je sois capable de "sentir" en moins d'un quart de seconde que tel ou tel individu, quelle que soit sa couleur de peau ou son appartenance sociale ou politique est un type bien ou une crapule ? C'est infaillible, ça ne loupe pas mais pourquoi et comment ça me vient, ça, c'est mystérieux ? Et ça peut sembler très prétentieux, en plus. On pourrait dire que je fais dans une pensée magique, organique ou essentialiste. Je crois plutôt que c'est le fruit d'une éducation très inquiète, et du poids d'une menace permanente à évaluer sans arrêt. Le Bien et le Mal sont pour moi des catégories concrètes qui s'incarnent dans le "Méchant" et le "Gentil" Le "Méchant" étant celui qui fait du mal (à l'autre) et qui en jouit, le "Gentil" celui qui ne fera pas de mal, peut-être du bien (toujours à l'autre) sans en jouir. C'est infantile, je m'en rends bien compte, mais, pour moi toujours, c'est bien plus opératoire que le concept sartrien de "salaud" ou les principes assertoriquement pratiques kantiens. Sur le sujet qui m'a intéressé ce soir, je dirais, sans que ça engage personne d'autre que moi et mes lubies, que Finkielkraut est plutôt gentil, que Christian Baudelot l'est aussi et que Renaud Camus et Alain Soral sont des types infects et très clairement "méchants". Je note qu'à mon avis, ils se trompent tous dans leurs prises de position par rapport à l'identité nationale et qu'ils feraient tous très bien de relire, non pas Lévi-Strauss (ça commence à bien faire ça), mais Fernand Braudel. Enfin, ça c'est la Raison qui parle, reste l'impression forte que deux des sus-cités sont potentiellement dangereux (Soral, Camus) et les deux autres non (Baudelot, Finkielkraut). Néanmoins, je dois préciser un truc, nuancer un peu.
Sur Finkielkraut. Son bouquin est intitulé "l'Identité malheureuse" à juste titre. Il est malheureux Finkielkraut, très malheureux, et comme tous les types malheureux qui ne comprennent pas pourquoi, il peut devenir dangereux. Vous savez pourquoi il est malheureux ? Il a reçu un beau cadeau, du moins un cadeau qu'il a trouvé beau : la France, et il ne comprend pas que d'autres trouvent le même cadeau dégueulasse.
"Tout un nuancier..." J.P. Nataf, autre juif un peu neurasthénique mais super gentil et pas con du tout. Tiens, je le mets deux fois.

C'est un peu mieux que Bertrand Cantat, non ?

dimanche 21 juillet 2013

Fables de droite.

Vidéo du toujours hilarant Jean-Marc Sylvestre (qui parlait il y a peu sur une radio nationale de l'essence "naturelle" du Capitalisme). L'écouter est toujours un vif plaisir tant il ment avec une force de conviction inébranlable. Je dis "mentir" non pas parce qu'il ne croit pas en ce qu'il dit mais parce que, à mon avis, des choses comme l'entrepreneur parangon de réussite humaine, le marché libéré "intelligent", la concurrence qui profite à tous sont quelques uns des mythes de droite qui irriguent notre société actuelle mais qui sont bien d'essence strictement mythique et pas autre chose. Et certainement pas scientifique (au sens où elle ne relèvent pas d'une science-économie qui aurait la force de vérité d'une science "dure"). Mais enfin quand même, le trouble qu'on peut avoir avec Sylvestre, et qui génère l'hilarité, c'est qu'il donne l'impression de se convaincre lui-même de l'existence de ces mythes, dont il saurait qu'il sont douteux, et que, partant de là, il sombre dans une exagération assez croustillante. Est-il un roublard total, un salopard fini ou acteur talentueux ? Je ne sais pas. Il me fait penser à Roger Couderc commentant le catch à la télé quand j'étais petit. Et il fallait un drôle de mélange de bêtise et d'intelligence pour rendre ça crédible. Même auprès de mômes de 12 ans.
Donc Zarak prend l'Ange Blanc à la gorge et enchaîne avec une clé au bras. Et paf ! le pouvoir d'achat n'a pas baissé en 20 ans.

Je ne connaissais pas Daniel Cohen. On m'en avait parlé comme étant du niveau d'Yves Calvi. Effectivement il a l'air d'avoir l'art et la manière de faire parler les gens pendant des heures sans qu'ils disent quoique ce soit d'intéressant.