Ca devait arriver. Dans le foure-tout du vintage plus vrai que vrai, nimbé de fraîcheur de congélo, des petits malins (ou innocents)s ont piqué dans ce que je considère être un des sommets de la musique des années 80 pour la re-jouer ici et maintenant. Ca me touche parce que c'est en partie ce qui m'a donné une colonne vertébrale, une assise de traviole, un goût pour l'oxygène raréfiée des sommets solitaires. A ce tarif-là on respire mal mais quand on souffle c'est corsé. Et bien, ce bout d'Histoire me bégaye sous le nez et j'éternue sous l'effet du poivre de ce brouet post-moderne complètement digeste puisque déja passé une fois comme plat principal par Dame Histoire qui n'était pourtant pas censée faire ça. Damned, je suis re-fait !
Alors, les originaux : Gang of Four ; "Paralyzed", "I found that essence rare".
Au Pairs :"It's obvious"
Devo : "The day my baby give me a surprise".
B 52's : "Give me back my man"
Le recuit : Squid : " Match Bet"
"The cleaner"
Y parait que c'est meilleur réchauffé.
Il y a ces deux chansons de The war on drugs, très belles, lyriques. Il n'ont rien perdu à laisser partir le slacker Kurt Vile.
Alors je fais comme il est dit dans la première, je m'accroche, je tiens bon. C'est dur. Le clip est superbe.
The war on drugs :"Holding on".
Et il y a la souffrance, omniprésente. Mais ce n'est rien à coté de la connerie qui triomphe partout comme un souverain absolu, même en moi. C'est encore ça le plus exténuant.
The war on drugs : "Pain". Quelque part Paul Weller parle de "the next generation of emotionally crippled." Depuis un temps que je ne saurais mesurer c'est comme ça, on produit ça, on va d'echec en échec. On a rien réussi de bon au vingtième siècle à part les trois jours de paix, d'amour et de musique de Woodstock. C'est chiche
Faites vos jeux ! Rien ne va plus ! La banque gagne !
Albert Finney est mort et tout le monde parle de son rôle dans "Erin Brockovich". Et quoi encore ! Attendez c'est pas fini. Stanley Donen est mort et personne ne parle d'autre chose que de "Singin' in the rain". Ben tiens.! Mark Hollis vient de décéder et on va nous bassiner les oreilles avec "Such a shame". Youpi !Le dérapage continue. Tout part en couilles post-modern-styl', dans le genre je jouis, j'oublie, j'achète, je jouis, j'oublie, j'achète, oups, j'ai plus de tête, tiens, y'a plus rien etc, etc...
Moi je me souviens et je donne deux ou trois précisions aux drogués verdâtres, fonctionnaires bobos, alcolos puants qui m'entourent :
Uno - qui n'a pas vu "Samedi soir, dimanche matin" de Karel Reisz ne peut pas savoir comment un acteur britannique peut imprimer sa puissance et sa jeunesse sur une pellicule. Sean Connery ? Oublier ce bellâtre (Mister Univers...) c'est un connard. Michael Caine non, Finney non plus. Ce sont tous les deux de grands acteurs.
Deuxio - qui n'a pas vu "Voyage à deux" n'a aucune idée de la délicatesse avec laquelle un trio d'orfèvres de la trempe de Finney, Donen, Hepburn peut impressionner la pellicule avec un film sur l'amour, tendre et fort, qui rend toute leur pesanteur de lourdeaux à des gugusses comme Antonioni ou Bertolucci.
Tercio - qui n'a pas écouté au casque un soir solitaire consacré à la musique le "Spirit of Eden" de Talk Talk n'a aucune idée du talent profond et doux de Mark Hollis.
Après, ma légitimité est ce qu'elle est.; je ne suis ni transgenre, ni arabe, ni pédé, ni migrant, ni végan, ni même gilet jaune. On se demande vraiment pourquoi je l'ouvre. N'empêche, j'avance preuves à l'appui. Par trois. Mathématique.
Uno
Il y a-t-il vraiment tant de différence que ça entre le lyrisme du morceau des Death Cab For Cutie de Ben Gibbard qui finit leurs concerts sur une note lancinante et amoureuse et celui du très beau morceau post-moderne de Jon Hopkins qui dit tristement que "everything must end" ? On pourrait dire que non, pas tant que ça, la beauté est là. En fait il y a un monde entier qui les sépare, ces chansons. Un qui disparaît, qui est déjà mort et l'autre qui advient, qui arrive, qui "profite" de la mort du premier
Allons, allons, c'est bien grave tout ça. Pas tant que ça, ça arrive, les mondes qui s'écroulent. Comme je l'ai dit la beauté est là, différente et néanmoins nécessaire.
Death Cab for Cutie : "Transatlanticism"
Parfois on attend, on s'ennuie et même on a mal. Parfois c'est moins douloureux. Sur la Fin. Alors on écoute et on est récompensé.
Au moins pas de vidéo pour parasiter ce bijou. "Days" par Ray Davies et une chorale. L'album entier est bon. Même "You really got me";
Un peu dans la lignée de Mariah Carey et Janet Jackson qui déclenchent chez moi des torrents de passion érotique inassouvie dès qu'elles approchent le quintal, je trouve Yukimi Nagano, des Little Dragon, particulièrement gouleyante en ce moment avec ces cinq ou six kilos (sept ?) en trop qu'elle a tous pris sur le cul. Et puis c'est pas demain la veille qu'elle jouera de la flûte traversière, mais moi les prognathes j'aime ça. De toute façon, cette femme, je l'adore. Mais ça restera platonique. Je tiendrai bon.
La voici avec sa bande de potes suédois fous furieux de sons étonnants lors d'un petit concert enregistré à Seattle chez KEXP, une radio qui à pour habitude de capter live une foultitude de bons artistes et de les diffuser sur le net.
J'attends le nouvel album des Little Dragon de pied ferme, le dernier s'étant avéré un peu court jeune homme. A noter ici, une très belle version de "Twice".
Tout ça m'a replongé dans les arcanes du Rock suédois et je reviendrai peut-être sur Nina Persson, autre belle scandinave, pur jus celle-là, aguerrie au devant de la scène dont on entend un peu moins parler cet an-ci. Allez un teaser.
The Cardigans : "Erase and rewind".
Un petit ajout au post précédent où je mets un des morceaux du dernier très bon album de Spiritualized qui utilise une de mes suites d'accord préférées, propice à la mélancolie et la langueur.
Spriritualized : "Let's dance"
Pareil, en ajout au post précédent, je mets cette version brûlante de "Stella was a diver" d'Interpol.
Rien à dire, c'est intense. Un jour je vous parlerai des Chameleons, un groupe injustement mésestimé.
Le Jazz rance ? Le Jazz mort-vivant ? Et le Rock, me direz-vous ?
Et bien le Rock est dans le même état. Finito, mortibus, dead. Évidemment on en entend encore un peu à la radio et des vieux grognards de 7 à 77 ans en parlent comme s'il s'agissait d'une force vive. C'est faux. Ce n'est plus qu'un souvenir qu'on peux réactiver à l'envi sur les étagères bien remplies du monde post-moderne. Qu'est-ce que vous prendrez mon petit Monsieur ? Du Eighties en compote (Fishback) ou du grunge anémié en flocons (Screaming Females) ? Moi ? Oh, du vintage svp, avec fuzz et second degré. Mettez-moi du Liminanas, monsieur le businessman. C'est rance au possible mais jouissif. Pour moi, je dis bien pour MOI, qui suis un pauvre type qui voit son idiome musical naturel complétement moribond s'écrouler un peu plus tous les jours que la Machine Molle (cf Jagger et le film "Performance") nous met sous le nez....Ce sont maintenant le Rap et l’Électro qui remplissent les fonctions "chansons" et "exutoire à énergie mal dirigée à faire autre chose que de la politique". Et c'est très bien comme ça. King Krule et Migos font le boulot d'Hüsker Dü et de Pavement et je n'y trouve rien à redire.
Parfois (rarement) il se produit un truc bizarre, des types sortent des chansons qui sont tellement belles qu'elles viennent prendre leurs places parmi les classiques du Rock après un chouïa d'écoute. C'est pas de l’esbroufe, c'est "The real Thing"! Ariel Pink fait des trucs comme ça. Deerhoof aussi. Ça actualise d'un coup la vieillerie rock et la peinturlure aux couleurs du temps présent, neuve et exquise. J'écoute en ce moment quelque chose de beau qui me met les larmes aux yeux sans trop de ridicule ni de rimmel et ce n'est pas un groupe-clone de Kiss ou de New-Order. Ce sont les Lemon Twigs. Ces mecs sont au niveau de Brian Wilson et sont pourtant frais et jeunes en un mot : actuels. Ca coule de source, une source où boire sans fin la meilleure eau du Rock. C'est pas Jack White, bande de neuneux, c'est plus inventif, plus moderne ( carrément post-moderne), ce sont les The Lemon Twigs ! Des preuves ? Depuis le temps, mes bons Saint Thomas, vous devriez savoir que j'en ai sous le coude...
On dirait que je suis parti en vacances et que j'ai survécu. La Grèce. On dirait que j'ai vu "The Last Waltz" de Scorsese sur le Band, avec Bob Dylan, que c'est bien et pas bien à la fois. On dirait que je suis content que Dylan soit encore en vie. On dirait que je sens le vent de l'idiotie me frôler l'occiput, comme Charles Baudelaire. On dirait que Tom Petty est mort. Et Jean Rochefort. On dirait que c'est douloureux. On dirait que les frères Maël viennent de sortir un album somptueux. On dirait que c'est encore plus douloureux. Qu'ils n'ont pas la tête à rire. Enfin, plus. On dirait que je me souviens les avoir vus tout gosse dans le film "Rollercoaster", un navet des seventies qui enterre n'importe quel film américain actuel. On dirait que j'en ai marre et que je sens que je lasse les gens autour de moi. Encore une fois. On dirait que je ne vois pas d'autre chose à faire que de continuer ce blog étrange... On dirait "Stop". On dirait "Encore". En même temps, ou presque. On dirait que je m'apprête à partir. Ou à repartir... On dirait que je ne sais pas si c'est le début ou la fin. On dirait que je suis paumé. Et puis on se tairait parce que ça vaut peut-être pas le coup d'insister.
Même sur le tard on s'étonne. Heureusement, sinon ça serait vite torché, une question d'années qui passeraient comme des minutes. Jadis, je tombais sur "Heart of stone" des Rolling Stones et je m'étonnais, vite conquis. Là j'écoute l'album "Ordre et progrès" d'Orval Carlos Sibélius et le single "Coeur de verre" et je tombe des nues, bouleversé et conquis. Sur cette album il y a un contraste très fort entre des textes chantés en français qui charrient un épais désespoir et une musique pop-rock, qui n'a rien à envier au meilleurs anglo-saxons, qui a une énergie et une agressivité propre à son genre. Ce contraste est encore relevé par les mélodies aériennes du chant du bonhomme, ce qui finit de déboussoler et laisse, après plusieurs écoutes, sur le flanc, heureux et chamboulé. Je n'avais rien entendu de tel depuis Ariel Pink ou Deerhoof. C'est d'une grande beauté et d'une intelligence rare. De la vraie désespérance, du vrai rock, une vraie émotion, le tout empreint de post-modernité ( c'est à dire que "frais" et "pourri", c'est presque la même chose) sans chiqué, un truc d'époque, complètement actuel et qui restera. Entre les Stones et Orval Carlos Sibélius, une trajectoire de vie, un essai non-transformée, une tentative, la mienne, qui laisse le coeur fragile comme de verre. Pourquoi non ? Et un étonnement constant. Les Stones à leur meilleur : "Heart of stone". Orval Carlos Sibelius à son meilleur : "Coeur de verre".
Alors que je commençais à penser que, de mes deux idoles disparues l'an dernier, Prince ne me manquait pas, contrairement à David Bowie, sort inopinément la version Deluxe, remasterisée, augmentée, je ne sais quoi..d'un de ses chefs-d'oeuvre : "Purple Rain". Et c'est encore un choc, de la même intensité que le choc initial de 1985. Ah, le bougre princier avait la main alors ! C'est bon du début à la fin et il y a 35 morceaux de musique ! C'est à ne pas croire et il faut spécialement se laisser enchanter par les inédits complets et les chansons plus ou moins connues sous la forme d'enregistrements pirates, que l'on trouve sur cette édition du disque toutes produites de pied en cape et avec un son impeccable. D'où sortent ces "Possessed", "Electric intercourse","Our destiny/Roadhouse garden" faramineux ? Aucune idée, mais c'est là, et génial. Là où ça devient énorme pour moi c'est qu'il y a une version tout fraîche d'un morceau que je connaissais et que j'ai trouvée à tomber par terre, c'est celle de "We can fuck", composition à la stature d'un hymne, maintes fois reprise et retravaillée, et qui est là proprement magnifique. C'est un des tout meilleurs morceaux de Son Altesse Princière. On retrouvera cette oeuvre dans la discographie officielle de Prince en 1989 sous le titre "We can funk", sur le maudit et riche "Graffiti Bridge", pour lequel notre héros fera appel au talent de producteur de George Clinton, de chez Funkadelic et consort. Après l'échec commercial de "Graffiti Bridge" Prince sortira un album ouvertement mauvais qui se vendra par tombereaux entiers, "Diamonds ans Pearls". Commencera alors pour lui le cycle des rédemptions et des chutes volontaires (ou non) jusqu'à ce qu'on ne sache plus de quel exercice d'autodestruction ou de création ressortissent ses efforts tardifs.
Rien de tout cela ici et c'est un pur régal, tout est fluide et génial, il file droit, vite et les gemmes de l'eau la plus pure s'enchaînent au long du disque comme des perles pêchées pendant l'apnée la plus longue et la plus jouissive. "We can funk", donc, chanson baroque, sublimissime et enfin aboutie, mais aussi une version à pleurer de "Father's song", co-composé par Prince et son père, le funky "Wonderful ass" qui évoque bien-heureusement ce qu'il doit évoquer et les autres que je vous conseille d'aller écouter toutes affaires cessantes. D'autant plus, quel régal, qu'on trouve toutes les versions longues des morceaux de l'album qui sortaient en maxi-single à l'époque et leur détonantes face B ("17 days", "God", "Erotic city" qui electrisaient les foules de fans dans des concerts auxquels j'ai participé (je dis "participer" parce que c'était vraiment la messe !)
Donc, maintenant que j'ai repris les choses princiennes en main et en pleine tête, je reviens sur mon jugement trop hâtif de la première phrase pour me dire -et vous le dire par la même- que j'ai eu du bol de vivre en même temps qu'un enchanteur pareil dont les sortilèges ont repris vie dans mon esprit où ils sommeillaient bêtement par ma faute, négligent que je suis.
Pas de vidéo, je n'en trouve pas sur Youtube, les sbires veillent. Vous devrez me croire sur parole et aller voir par vous-même.
En France le Rock n'a jamais été pris au sérieux. C'est un pays de chanson et de Jazz, pas de Rock. C'est le pays de Pétain et de de Gaulle, de l'assassinat de mai 68 par les Maos et les Réacs. Le Rock est resté un délire, il n'est jamais devenu un vrai trip, avec tenants et aboutissants, implication funky et poétiques, à la vie à la mort. Il y eut beaucoup de variété plus ou moins bien faite, peu de Boogie Woogie et Mike Brandt ce n'est pas Buddy Holly. Qu'importe, ça donne des trucs marrants, plaisants et à moitié idiots, mais bon, c'est déjà ça. Dernière connerie en date (c'est la même depuis 1966 en fait) Moodoïd. Allons-y pour un titre de ces jeunes godelureaux qui, au demeurant, doivent être fort peu sympathiques, tellement ils sonnent comme des vieux requins de studio rompus à toutes les facéties et blagues sonores possibles.
Moodoïd : "les chemins de traverse".
Moins bon que Serge Lama ? Possible...Aussi vieux ? Sûr !
Et ça, c'est-y pas con et frenchy pur jus. Ah les partouzes à la Papa....
Repris l'année dernière par Shéhérazade. On s'émancipe porte de Saint-Ouen...
Je ne dis pas "C'était mieux avant". C'était différent et comme je viens de là, je suis plus habitué à un fonctionnement un peu obsolète. J'ai fait des efforts, hein, sans trop me forcer. J'ai tous les singles essentiels Electro des années 90. J'aime bien ça mais mon truc c'est le Rock, un truc historique, je veux dire de l'époque où l'Histoire existait et où l'on croyait qu'elle avait un sens. L'Electro c'est post-historique. Historique, post-historique, c'est quoi la différence ? L'Histoire s'est achevée au tournant des années 80 et 90. L'Histoire c'est le Temps des Hommes et l'idée que le Temps a un sens qui nous amène quelque part, vers quelque chose qui va advenir. Et bien cette idée a été battu en brèche par l'évolution de la technologie et du commerce qui ont donné naissance à un hédonisme potentiellement sans-fin, qui ne peut que tourner sur lui-même, dans lequel les habitants de la planète baignent, pour la moitié, ou souhaitent baigner, pour l'autre moitié. Triomphe des drogues, de la fête, du sport, de la beauté physique, des régimes, des excès, de la famille, de la solitude.... C'est déja arrivé par le passé. L'Empire romain s'est écroulé sous son propre poids de manque d'avenir. Les barbares et les chrétiens ont tout renouvelé et remis l'Histoire en marche. Le messie a fait un sacré boulot, d'autres suivirent. Bon, donc, on ne va plus nulle part, tout est là sous notre nez, à disposition, il n'y a que se servir. Je reste historique, un peu nostalgique, moderne, j'ai envie d'un ailleurs radical. C'est ma manière de vivre, de sentir les choses. Il y en a une autre (et même d'autreS, cf l'E.I.), je la regarde, un peu étonné, séduit parfois, déçu souvent du manque d'allant, de souffle de tout ça. On se goinfre et on vomit pour remmettre ça faisaient les romains. Là on calcule à la protéine près. Est-ce qu'on va mieux ? J'en doute. Les protéines, c'est pas glamour, les Rock-Stars si, et les Rock-Stars c'était avant, dans toute leur splendeur, maintenant, c'est juste une option quand on fait de la musique ou du cinéma. "Cliquez sur "Star" ou pas !" C'est pas "The Voice", c'est "The Life". What a wonderful life ! (Attention, le clip est immonde. Celui de Black, le chanteur original était beau.)
Dans les années 90, il y avait du bon Rock n' Roll. Essentiellement fait par des mecs qui avaient commencé dans les eighties et qui arrivaient à maturité. Il y avait aussi du bon Post-Rock.
Rock n'Roll
Cherchez pas. Quand un air d'un groupe que vous aimez vous manque, quand un petit truc vous titille l'oreille comme une évidence et que vous ne le trouvez ni chez les Beatles, ni chez les Stones, ni chez les Kinks, ni chez les Who, c'est qu'il se trouve dans la discographie des Bee Gees. Reste plus qu'à le localiser précisement. En vl'à un des Stones qui me manquait et qui s'appelle "Marley purt drive", c'est sur l'album "Odessa" des Bee gees qui est un recueil fabuleux de mélopées pop parfaites.
Les Bee Gees : "Marley purt drive".
J'ai une compil radio (j'en ai des dizaines et des dizaines) qui enchaine les deux morceaux ci-dessous. C'est le fruit du hasard mais c'est parfait pour moi, alors je le mets sur mon blog. Ah la la ! la compil radio.... c'est comme ça que je faisais pour écouter beaucoup de musique à pas cher. J'ai piraté les Nocturnes de RTL et Lenoir sur Inter jusqu'à plus soif. Et puis, j'ai eu internet et tout a changé. Mais mes compils continuent de tourner de temps en temps. Je suis équipé pour. Ca vaut dix euros une platine cassette maintenant. Où alors les gens les donnent. Là, j'ai Deezer. Quand j'était petit, je rêvais d'avoir un super ordinateur qui réponde à l'instant à n'importe laquelle de mes envies musicales en passant le morceau qu'il aurait evidemment en mémoire. Une sorte de HAL à la "2001" du Rock. C'est fait.
Alors, là, je fais encore un effort notable, je tape avec mes petits doigts, je vais chercher le morceau sur youtube et je le pète sur Blogger. Mais c'est pour vous mes petits amis, pour partager, pour créer du lien... Que voulez-vous, je suis bonne pâte ! Donc, Ray Charles au sommet de la nonchalance et du laidback interprétant il y a des lustres "Makin' Whoopee". Easy..... Tu parles, ce qu'il dit est proprement sordide mais il est tellement Cooooooolllll. Quel numéro ! Le public est en phase.
"Roadkill" de Pulp. Le maître de Jarvis Cocker, c'est Scott Walker. Là, ça s'entend beaucoup et c'est très réussi. Ca sonne vachement bien, profond, triste, nuiteux, amoureux. Jarvis est un grand showman, aussi.
On avait déjà vu des vieux routards du Rock allez chercher un vent régénérateur en Afrique; Ry Cooder au Mali, Paul Simon en Afrique du Sud; on avait vu Peter Gab où les Talkings Heads regarder de ce coté-là; on avait vu Paul McCartney aller enregistrer à Lagos mais je n'avais jamais entendu des groupes de Pop blanche jeunes s'inspirer aussi directement et simplement de l'Afro-beat ou du groove des groupes de l'Afrique de l'Ouest (En Afrique de l'Est c'est différent, les compilations "Les Ethiopiques" ont influencé pas mal de gens, Mahmoud Ahmed est une star)). Alors voici deux tripatouilleries anglo-saxonnes à base d'épices et de rythmes d'Afrique qui font un bien fou.
Woods : "The take".
Foal : "Night Swimmers". Le clip est borgne et louche mais beau comme la pochette de "House of the holy" de Led Zeppelin.
Bon, hier soir je me suis un peu excité à propos d'Iggy Pop. Chacun sort de la dépression comme il peut. Là, je suis plus détendu, moins énervé et je m'attendris à mesure que je me calme, tant et si bien que je vais vous mettre une vidéo de Pop et son groupe actuel qui est plutôt bonne. Iggy y est touchant avec sa patte folle et ses muscles de vieux qui commencent à pendouiller. Il fait son numéro habituel mais MAINTENANT, c'est-à-dire qu'il est toujours dingo et gueulard mais aussi plus calme, plus posé, il est plus en contrôle. Donc il ne fait pas vieux singe qui s'imiterait mais Iggy Pop à 70 ans, esseulé, toujours chargé de lourdes blessures, mais plus d'équerre, pas droit, mais d'un biais qui tient bien debout encore cette fois avec nous. C'est déjà pas mal quand on vient d'où il vient et quand on est passé par où il est passé. Moi, je dis qu'Iggy Pop et "Plus belle la vie" ne sont plus tout à fait inconciliables. Naaaan, je déconne !!!
Vous voyez, à la fin du morceau, Iggy est tellement gentil avec son public qu'il dit que le savon qu'il vient de lui passer n'a rien de personnel, et que plus il les fréquente, plus il les aime. C'est mignon. C'est Iggy Pop MAINTENANT et, tout compte fait, c'est mieux pour lui et pour nous.
J'ai écouté d'autres morceaux du concert. C'est audible sans déplaisir, même plutôt bien et, je le répète, touchant.
Il est comme moi Iggy Pop, il est fatigué. Plus que moi, même. Faut dire, il a tout essayé ce garçon. Il a sombré dans les pires excès, les pires dépravations et quoi ? Qu'est-ce qu'il lui en reste de toute sa vie de chien fou ? Il a été heureux peut-être, un petit peu. Il a été malheureux, beaucoup. Il a fait du rock destructeur, avec les Stooges ou en solo, d'une négativité inégalée et qui demeure une référence absolue pour tout rocker un peu digne de ce nom (en gros, rocker ça veut dire péquenot mal dégrossi/mauvais garçon mais gentil au fond). Ensuite, il a essayé de sortir de ses travers extravertis en se rachetant une conduite d'amateur de potin binaire de qualité sur quelques bons albums qui passaient bien sur les chaines Hi-Fi. Puis, pour se survivre, je suppose, il s'est mis à s'auto parodier en légende du proto-Punk-Rock indestructible et mouillant à grand coup d'albums torse-poils aussi ineptes que nombreux. Il n'est jamais parvenu à s'assagir totalement (eh, eh !). L'électricité, il a ça dans le sang. Tout mettre sur dix et foutre le bordel avec des mécaniques à bruits diverses. Il a changé, quand même, il est devenu un peu plus tristounet avec l'âge, moins enthousiaste à se flinguer, un peu pervers pépère à la sortie des classes mannequins à Manhatan à se tirer sur la nouille comme un con. Fallait bien passer le temps. Il a fait une chanson avec Françoise Hardy ("Mon amie la rose" ?), un album tiré d'un bouquin de Houellebecque qui s'appelle "Préliminaires" (le con, presque trente ans après le coup de massue qu'était "Pénétration, le voilà qui s'occupe de futilités), un autre de reprises de chansons françaises. On s'occupe, on s'occupe. Et puis son pote Asheton des Stooges est mort. Lou Reed est Mort. David Bowie est mort. Tous ses amis sont clamsés, il s'emmerde, il n'a plus rien à dire à part "Fuck" comme d'habitude mais il déprime sec et il est un chouïa moins virulent qu'avant. Un gros Chouïa. Je le comprends, je compatis même, je me sens comme lui. Et d'ailleurs, tout comme moi, c'est un véritable chien, incapable de ne pas aboyer, par prudence. Alors, il va tenter un dernier geste ou presque, en s'entourant d'une bande de bons musiciens et compositeurs et sortir l'album "Post-Pop depression" ou comment survivre un petit peu dans un monde de cons et que l'on est soi-même moribond depuis presque un demi-siècle? comment faire pour faire un pas en avant de plus, encore un, jusqu'au Paraguay, puisque c'est là qu'il dit vouloir aller mourir ? Putain, mais c'est bien ça, mais pourquoi pas le Paraguay, les mecs ? Si ça se trouve, il n'y jamais foutu les pieds et c'est un ailleurs possible pour lui. Puisque rien ne dure, puisque soi-même on change d'année en année jusqu'à une non-permanence permanente, déguisée en cerceuil, puisque la bonnasse qu'on s'est tiré à 18 balais est une rombière imbittable et que les autres bonnasses de 18 ans ne sont que des bonnasses de 18 ans de merde, puisqu'ailleurs, c'est ici et inversement ou peu s'en faut, puisque que même David B. est mort, puisque le thé vert a presque le même goût que le thé noir et que de toute façon le thé c'est un truc de fiottes angliches mais qu'il faut pas le dire, eh beh, mais pourquoi pas aller tirer sa révérence au PARAGUAY, les mecs ?Le PARAGUAY c'est le Paradis Perdu des rockers ! Si ça se trouve on se foutera enfin la paix, hein, Iggy ? Et puis vas te faire foutre pauvre débile !!! Ouarf ! Ouarf ! C'est le dernier morceau que j'écoute de toi !
Iggy Pop : "Paraguay"
Les paroles (bonnes) :
Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do
(Yeah)
Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do
I'm goin' where sore losers go
To hide my face and spend my dough
Though it's a dream, it's not a lie
And I won't stop to say goodbye
Paraguay
Paraguay
See I just couldn't take no more
Of whippin' fools and keepin' score
I just thought "well, fuck it man"
I'm gonna pack my soul and scram
Paraguay
Paraguay
Out of the way I'll get away
Won't have to hear the things they say
Tamales and a bank account
Are all I need, so count me out
Paraguay
Paraguay
I'll have no fear
I'll know no fear
So far from here
I'll have no fear
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do
There's nothing awesome here
Not a damn thing
There's nothing new
Just a bunch of people scared
Everybody's fucking scared
Fear eats all the souls at once
I'm tired of it
And I dream about getting away
To a new life
Where there's not so much fucking knowledge
I don't want any of this information
I don't want YOU
No
Not anymore
I've had enough of you
Yeah, I'm talking to you
I'm gonna go to Paraguay
To live in a compound under the trees
With servants and bodyguards who love me
Free of criticism
Free of manners and mores
I wanna be your basic clod
Who made good
And went away while he could
To somewhere where people are still human beings
Where they have spirit
You take your motherfucking laptop
And just shove it into your goddamn foul mouth
And down your shit heel gizzard
You fucking phony two faced three timing piece of turd
And I hope you shit it out
With all the words in it
And I hope the security services read those words
And pick you up and flay you
For all your evil and poisonous intentions
Because I'm sick
And it's your fault
And I'm gonna go heal myself now
Yeah!