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lundi 19 novembre 2018

Contemporary Art is alive and well in Rennes.

Le week-end dernier je suis allé au FRAC Bretagne afin d'y voir certaines des oeuvres présentées dans le cadre de la Biennale d'art contemporain 2018 de Rennes. J'ai été surpris par la qualité générale des oeuves, leur inventivité, leur pertinence et, tout simplement, leur beauté. C'est à dire que la plupart rentrait sans forcer et sans dommage dans mon champs esthétique propre, que je prends soin de développer consciemment maintenant depuis une quarantaine d'années. Il y avait des shamaneries afro-américaines très étonnantes et vibrantes, de l'art de récup' français émouvant et précis, des sédimentations de couches d'une identité indienne d'Amérique à la fois voilée et montrée (n'est-elle pas comme cela, maintenant ?) dans un double mouvement prenant, un film expérimental sur l'Homme la Nature et leurs liens variés d'une sombre et triste poésie, etc, etc, etc...
Bref, pour moi, c'est une réussite à deux ou trois foirages près ce qui est très peu pour de l'art contemporain. Nous avons eu droit à une petite intro faite par un guide sur Edouard Glissant, qui s'attache à penser le monde post-moderne selon des modalités auxquelles je n'adhère que moyennement mais qui a le mérite de n'être ni nihiliste, ni simpliste. Au final, le but qu'il se propose - sortir de l'aliénation- est celui que je poursuis à ma manière avec des compagnons de route un peu moins"créolisés" mais tout aussi ouverts, et tout aussi barrés. Et effectivement, sa pensée peut aider à appréhender certaines oeuvres qui, par ailleurs se défendent très bien sans lui.
Seul "hic", la présentation graphique de l'expo pour l'annoncer au public était parfaitement absconse et brouillonne. Avec de pareils podagres à la com', on est pas près de sortir l'Art contemporain du ghetto ou il languit parfois.
Mais j'ai quand même passé un très bon moment en riche compagnie, qu'il s'agisse de mes amis ou des artistes présents à travers leurs oeuvres, si diverses, si belles.
A la façon "sensible". Car le temps débilitant de l'art conceptuel semble être révolu et c'est tant mieux pour nous tous.
Je mets un teaser des cette expo, étendue à d'autres lieux rennais, que j'irai visiter aussi.

lundi 22 janvier 2018

Guido Guidi : riche photographe pauvre.

Guido Guidi photographie des drôles de trucs. Presque rien en fait, des machins en bouts, pratiquement nuls. L'objectif délibérément pointé sur l'à-coté, ce qui ne sature pas l'image de sens, ce qui n'en fait pas une forme gorgée de jus, de bon jus à vendre à sa mémère, de "la belle image", comme on dit. Il appuie sur le déclencheur après l'instant décisif, revêche, ou avant. Et ce qu'il montre est ce qui fuit le regard et se trouve tout à coup visible, trace qui s'efface presque, s'apprête à disparaître. Il est sur le point de fuite Guidi, il va tomber dans le néant, il s'arrête au bord et fait une photo. Ca dure des heures, c'est un instant, ça existe. Tout est là, vu, montré pour une fois, une fois unique qui percute l'oeil plus que tous les bombardements de publicité de merde. Le regard propre, Guidi photographie les yeux ouverts. C'est devenu rare. Il y a tellement de balises partout qui disent quoi faire et comment. Là, on se lave les yeux, on s'ébroue et on reprend vie et corps avec lui, comme on le ferait auprès d'un peintre. Sauf que c'est de la photo et que l'urgence de l'instant même est mise à distance, à distance humaine, celle où on commence à voir quelque chose (vous savez ce qu' Hemmings voyait dans "Blow-up" d'Antonioni et qui s'acharnait se cacher au profit du profit). Le nerf optique de la guerre se repose cinq minutes, la compulsion d'achat s'apaise, le temps arrive (par l'Est), il s'installe et on voit ce qui suit, tout bonnement, simplement, vraiment.

Évidemment, en dessous, c'est en italien. Vous ne comprenez pas l'italien ? La belle affaire, moi non plus ! Et pourtant rien ne m'échappe de ce qu'il dit et fait. Ah, je ne suis pas la moitié d'une buse !

dimanche 31 juillet 2016

A day whitout pouring shit.

Dans les années 80, j'étais drôle, enragé et triste. Il y en avait pour tous les goûts.
Sadness :

Rage :

Laughing :

mardi 26 juillet 2016

Miho Kajioka à La Gacilly.

Bien souvent, sur une photo, on ne voit rien. Le "visuel", avec ses formes, ses couleurs, sa composition, emporte toute la tête et la faculté de voir. La vue est une chose délicate, qu'on devrait protéger par de la pénombre, des persiennes tout le temps, des lumières indirectes. Et bien sûr, pas d'ECRAN. Mais l'homme est un voyeur et il aime sa propre sidération comme il aime sa propre damnation. Il aime ce qui est fort, trop fort pour lui, et il aime en mourir, il trouve ça glorieux.
Aucune chance de mourir devant les photos précieuses de Miho Kajioka que l'on peut voir à l'expo annuelle de photographies de La Gacilly (35) qui s'y déroule chaque été, mais toutes celles de se régénérer les yeux. Miho Kajioka nous met sous le nez de délicates effluves de temps, évanescentes, quasi invisibles et que l'on voit cependant très bien dans leurs présences diaphanes, dans leurs actualités lointaines et atemporelles. C'est qu'elle a fait du photo-journalisme. Le choc des photos, elle connait, la saturation, l'esbrouffe. Après Fukujima, elle s'est intéressée à l'ineffable, à ce qui fait à peine effet sur la sensibilité de la pellicule. Un travail méticuleux de mémoire, qui si elle veut rester vive, ne doit pas s'épuiser dans la retape. Ici, tout est délicatesse technique qui amène à ressentir l'équivalent d'un souffle tiède par un soir d'été près de la mer, instant béni qui fait venir les larmes, on ne sait pourquoi, et l'apaisement, un rien inquiet. Ce sont dejà des vieilles photos. Non, qu'elles ne disent plus rien à personne, au contraire, elles ont la patine de l'ancien qui revient "neuf", relavé à la source. C'est un rude labeur que celui de Miho Kajioka, et bien singulier, qui lave le regard et dit notre vie et notre mort
Quelques clichés de Miho Kajioka :

lundi 22 février 2016

Lartigue : Elégance années 30 et plus

L'élégance, c'est le sujet du photographe Jacques-Henri Lartigue. C'est évanescent l'élégance, indéfinissable mais pas insaisissable. Pour ce faire il a fallu que Lartigue mette en scène ce qu'il y avait autour de lui d'élégance pour le capter en un instant bref où ce qui se sent, se voit, se dévoile à tous. Il lui a fallu de la patience et de la délicatesse; une moue, un pli d'étoffe, une mèche de cheveux sont choses si faciles à détruire d'un regard un peu inquisiteur. Alors, disons que Lartigue a accompagné certains mouvements, certains instants qu'il savait être précieux, comme des gemmes, depuis l'enfance. Cela veut dire qu'il lui fallait du courage pour avancer et ne pas sombrer dans la contemplation des bijoux qu'il possédait, car il les possédait. Cela veut dire qu'il était au moins autant en vie que ses modèles et plus encore, en tout cas aussi élégant mais comme peut l'être un photographe. C'est pour cela qu'il n'hésite pas à se montrer dans ses photos. Il ne crée pas, ce n'est pas un démiurge, il re-crée, il s'amuse et son plaisir est une chose sérieuse. Ces clichés sont de vrais photos, c'est à dire qu'elle montrent quelque chose qui s'abime au moment de la prise. On pourrait dire que cette élégance c'est du "chic" et ça serait déjà pas mal; je préfère dire que c'est, sur un mode mineur, parfois, de la grâce.

mardi 11 août 2015

Eva contre Irina, tout contre.

On se demande si c'est du lard ou du cochon, de l'Art ou du boudin, quelque chose qui serait la trace de l'écume d'une époque, celle de la grande libération des moeurs et d'un trouble psychique collectif de permissivité abusive. En tout cas, les photos d'Irina Ionesco qui "marchent" (les autres c'est juste un cirque gothique kitschouille) sont celles où elle envoie sa fille au charbon, à la fois pleine d'envie et de haine, infligeant de son égo blessé de marâtre des blessures irréparables à la petite puis jeune fille. Ne pouvait naître de cet exhibition voulue de la fille par la mère qu'un duel à mort qui se règle comme il peut devant les tribunaux. La Loi, n'était pas là pour protéger la jeune Eva, Irina paye maintenant un peu. Les photos sont là, chargées, illicites, violemment érotiques, sublimes, misérables. Si Eva Ionesco me le demande, j'enlèverais cet article de mon blog. Dans l'état actuel des choses, j'y adjoint les photos
J'enlève les photos. Y'a des malades en ce bas-monde.
Eva Ionesco de nos jours, blessée, superbe. Elle doit tout à sa mère. On doit tous tout à notre mère. Surtout le pire.

vendredi 17 juillet 2015

La reine Lear.

La question n'est pas de savoir si Amanda Lear est baisable. Il suffit de taper "Amanda lear nue" sur Google pour se rendre compte de l'intérêt de la personne sur le plan sexuel, qu'elle soit une femme ou un homme d'ailleurs. Non, la question est de savoir si elle est aimable, oui aimable, c'est à dire de savoir si elle est autre chose qu'une ombre. On constate, à l'écouter, une certaine consistance, une colonne vertébrale, un charisme, une féminité grave et conquérante. Elle est tout sauf conne, elle peint bien, ses chansons sont dignes d'intérêt (surtout son hymne disco "Follow me"). Moi je l'aime bien pour des petits riens, des petites choses, des présences là au bon moment. C'est minuscule mais parlant. Par exemple quand elle posa pour la pochette du deuxième album de Roxy Music, le groupe le plus indéchiffrable de tout l'histoire de la Rock Musique (génial, nul ?), "For your pleasure".
Et quand Dali l'improvisa muse, ce fût un coup de maître de la part de celui de Figueras. Et les couilles ?...Et les couilles...Et la bite ?...Et la bite... Une vraie corrida. Elle collait bien dans l'imagerie de Dali. En soit, c'est une preuve de plus de consistance (de "corones"?). Il fallait, pour lui, que la façade fascine d'entrée. Ses entrées, étaient d'ailleurs ce qu'il soignait le plus. Dans le décor, Amanda était chic et choc. Elle flashait. Un petit cliché en or dur.
Un autre, moins mis en scène, à peine moins ardent, que dis-je, plus ardent !
Homme, femme, créature, muse, cocotte, mais pas ombre, avec un visage comme le sien elle avait tout pour se ballader aux limites de la royauté et de la pacotille, excéder ses formes, être dans la lumière. Elle le fit plutôt sagement au fond, avec précaution et malignité. Il restera d'elle quelques images et un tube en béton, c'est suffisant pour la deuxième moitié du XXième siècle, une époque si pauvre en beauté, si riches en images.




mercredi 15 juillet 2015

Daliologie (Dali au logis)

Salvador Dali était beaucoup de choses. Un inventeur de dispositifs foldingues et furieux, un voyant extra-lucide qui perçait à jour les portefeuilles des millionaires à travers leurs costumes en alpagua, une précieuse vieillotte très à cheval sur son hygiène corporelle et au goût très sûr en matière de femme, entre autre, un irrésistible clown qui était aussi trapèziste, équilibriste et jongleur dans un cirque où l'on ne s'ennuyait jamais et où la peur le disputait à la joie. C'était aussi un insupportable mégalomane, un branleur de génie qui savait s'amuser et faire de sa vie un spectacle monnayable en espèces sonnantes et trébuchantes. Un espagnol aussi, mystique et franquiste, de l'ancienne école, celle qui ne rigole pas avec les symboles car ils sont animés. Ce n'était sûrement pas un grand artiste, à coté de Picabia, d'Ernst, de de Chirico il est pauvre en formes. C'était lui la Forme de son art et voici deux photos de Philippe Halsman qui le mettent en scène dans une folie pas si douce, assez agressive pour tout dire, mais ça aussi était dans le champs de son être, la violence et la fantaisie.

jeudi 4 juin 2015

Chuck Blazer : Ballon d'or tous les ans depuis 20 ans !

Moi, j'aime le foot. Je trouve que c'est un beau sport qui mèle joliment exploit individuel et action collective. Il y faut du physique, de la stratégie et parfois, un peu de ce "génie" du sportif qui transcende le geste corporel et le transforme en perfection en mouvement. Par contre, tout ce qui est en dehors du cadre strict du sport football me révolte profondément : les joueurs surpayés, les supporters partisans jusqu'au meurtre, les commentateurs, l'importance que ce sport a dans la société, les clubs et leur marchandising et...les instances mondiales pétées de la thune de la corruption.
Blatter a démissionné hier de son poste de Président de la F.IF.A (Fédé du foot mondial)., justement à cause des "soupçons" de corruption qui pèse sur sa petite organisation mafieuse, et ça fait un peu plaisir quand même. Quelque part, le monde est bien fait. MAIS il était bien fait aussi AVANT que Blatter ne démissione et que le F.B.I ne mette son nez dans les vases de nuit des dirigeants du foot. Et si le dit F.B.I. a eu besoin d'une taupe pour mettre à jour un système de corruption bien rôdé, on s'aperçoit vite, en jetant un coup d'oeil sur quelques clichés et habitudes de vie de cette taupe, le faramineux Chuck Blazer, que l'argent qu'il palpait pour faire voter sa Fédération de foot (celle de la CONCACAF, la zone de l'Amérique du nord et des Antilles) pour l'attribution des différents Mondiaux aux pays hôtes (dont la France) n'a jamais été dans d'aussi bonnes mains - grassouillettes - que les siennes. Ce type sent l'argent sale a plein nez et, en même temps, respire la façon la plus odieuse et la plus naturelle de le dépenser, ce qui lui confère une effronterie qui a simplement annihilé toute idée de honte. Cet homme est le meurtrier souriant de la décence, et, franchement, avec ces 200 kilos et sa barbe de Père Noël, sans parler de son sourire Colgate universel, ça lui va comme un gant. Il a tellement la tête de l'emploi et il a si bien travaillé son rôle qu'il en devient hilarant, en crapule cynique et joviale cachée derrière un ballon de foot. Alors, quelques illustrations en couleur.  Vous allez voir, c'est à ne pas croire. Nous pénétrons maintenant dans l'univers de Chuck Blazer, attachez vos ceintures !
Et une petite photo avec Bill Clinton. Qui est le Président ?
Moi, je vote pour celui du milieu, il a l'air en forme !
Et une petite photo avec Poutine.
Y'a pas, Vladimir est sous le charme !
Et une photo avec Miss Univers 2011. Le genre de personne qu'on croise tous les jours au métro Barbes-Rochechouart.
Il sourit mais faut pas lui en raconter, il sait tout AUSSI sur les élections de Miss Univers ! Attention ma petite, helter skelter !

Mais Chuck a d'autres cordes à son arc. Ainsi il est artiste amateur à ses heures perdues, et artiste conceptuel même ! Tous les matins il photographie ce qu'il voit par la fenêtre de l'endroit où il se trouve et compose les fameuses "Séries de chambres avec vue" que les collectionneurs d'Art les plus avisés commencent à s'arracher à prix d'or.
A Miami, quand il se lève, Chuck photographie la vue qu'il a de son palace. Tout simplement.

Facétieux comme Jeff Koons il ajoute cette légende pleine d'esprit corrosif" Comment sait-on qu'il fait mauvais temps à Miami ? Il n'y a personne autour de la piscine !"
Aux Bahamas, il modifie légèrement le cadrage mais le chiade quand même. Et de mettre ça sur Facebook pour parachever la démarche artistique anti-establishement


Comme on le voit Chuck Blazer était un homme occupé qui était sans arrêt parti par monts et par vaux pour promouvoir son sport ! On l'appellait "Mr 10%" car il se sucrait de ce pourcentage sur tous les contrats ou malettes qui lui passaient entre les mains. Alors, il est pas bien fait le monde ? A-t-on déja vu une preuve vivante, plus vivante, que l'abjection est une fontaine de jouvence pour qui sait s'y baigner jusqu'aux dents (pour garder du mordant) ? J'ajoute, pour ceux qui douteraient encore du bien-fondé de la vie rêvée de Chuck et, partant, de mon humour mal placé, que cet homme louait un appartement dans l'immeuble le plus cher de New-York pour y héberger ses chats ! Oui, Monsieur, ses chats ! Ah ! Ah !
Allez une dernière pour la route. Il pose là avec deux autres mafiosi en chef de la F.IF.A., Blatter et le très rigide Beckenbauer, dont on voit bien qu'il n'est pas là pour rigoler et que son plaisir est une affaire sérieuse mené à l'allemande. Blatter à encore la force de lever le pouce.  Quelque temps plus tard, il jettera l'éponge sous l'opprobe de la foule changante massée autour de l'arène. Chuck, plus finaud, a dit "Okay" au F.B.I. Un sacré dribble pour quelqu'un qui ne voit pas le ballon si on lui met dans les pieds
Sa chanson preférée :




vendredi 10 avril 2015

Bander plus fort, bander encore.

Je viens de découvrir le travail du photographe et ethnologue italien Fosco Maraini. On a pas fini de s'émerveiller les amis. On n'a pas fini de désespérer non plus. Et non, je ne suis pas bipolaire, c'est l'Homme qui oscille dangereusement entre le noble et l'ignoble, et le sublime et le sordide, si tant est que ces notions veuillent encore dire quelque chose aujourd'hui.
Enfin bref, ce photographe amoureux du Japon a fourni une iconographie abondante et magnifique sur une catégorie très spéciale de la population : les pêcheuses en apnée d’ormeaux d'une île du sud de l'archipel, les Ama. A voir ces photos de femmes débordantes de santé et d'énergie effectuer leur tâche quotidienne quasiment nue on ressent une charge érotique d'une puissance peu commune alors même qu'aucun des codes de la photo de charme d'Occident ou d'ailleurs n'entre en jeu. Ce ne sont pas des sirènes que l'on voit ici comme on l'a souvent dit, créatures fatales et fragiles comme beaucoup hommes les aiment, mais des guerrières au sourire éclatant, à la nudité rayonnante, aux seins galbés pour la main, le couteau à la ceinture, prêtes au combat. Voilà bien nos égales dans la lutte amoureuse pour le plaisir. Elles ne s'en laisseront pas compter et il faudra les baiser de toutes nos forces pour les faire décoller et nous avec dans le maëlstrom d'un orgasme partagé arraché aux Dieux jaloux. Nous sommes là bien loin de la névrose mise en scène par Oshima (et comment) dans "l'Empire des sens" (titre original "Ai no corrida", qu'on pourrait traduire assez simplement par "la corrida du sexe";  parlant, non ?). Les japonais s'y connaissent en matière de sexualité tordue et de névroses carabinées mais je doute que les psys fassent fortune là-bas. On connaît la fameuse phrase de Freud sur les Irlandais qu'il jugeait être le seul peuple hermétique à la psychanalyse. Le pauvre ne connaissait pas le Japon, pays ou les perversions s'épanouissent toutes violemment et font partie intégrante de la vie de la plus grande majorité sans que cela semble poser trop de problèmes.
Mais là, c'est autre chose que nous montre Maraini. Il s'agit bien d'une sexualité parfaitement saine, parfaitement puissante et heureuse à laquelle ces femmes, ces Ama(zones, bien sûr) nous invitent. C'est revigorant et ça change avantageusement de "sexually broken" sur Youporn, série SM anglaise où des femmes sont réduites, en plein consentement paraît-il, à l'état de déversoir à violence masculine. On pourrait toujours essayer ça avec une Ama, les gars, ça n'irait pas très loin avant qu'elle quitte la tour du donjon, et tant pis pour vous si les photos et la vidéo ci-dessous ne vous excitent pas, les morts bandent aussi.


samedi 28 mars 2015

Un arbre et un banc

Il était une fois....

Un homme qui se morfondait...

Il confiait ses peines...

A un ami sûr, le seul qu'il avait...

un arbre.

Tempus fugit. Le Temps passe vite.

Tout à l'heure dans le bus j'observais des jeunes filles de seize ans. Et j'ai pris un coup au coeur. Je me suis dis que tout était là, sous mes yeux et que je n'en n'étais plus, et de loin. Avoir 16 ans, être complètement absorbé par des préoccupations de cet âge, au jour le jour, puisque demain n'existe pas ni la mort. Quelle fraîcheur, quelle beauté crue émanaient d'elles ! Et l'indétermination, une naïveté hautaine et invincible. Et la liberté récemment découverte et en même temps les contraintes de l'adolescence, normative souvent, le jeu entre ce qu'on veut, que l'on ne connaît pas, ce que le groupe impose, et les sentiments qui rafalent comme des armes de guerre. Je voyais tout ça et j'étais envieux. Je bandais aussi car elles étaient nubiles et prêtes à recevoir les hommes, mais , bien évidemment, je n'étais nullement une "option" pour elle. Cette bonne blague ! Et tant mieux. A l'arrêt où nous sommes montés dans le bus en même temps, je les avais observé avec des amis garçons, c'était naturel, évident et beau. Mais ma tristesse, mon envie, mon désir, ma déception, rien n'était déplacé de toute manière, tout était en ordre et cet ordre est en ma défaveur. Je ne fais plus que survivre, et depuis longtemps déjà.

Près de chez moi, il y a un parc ou je me promène souvent. J'emmène mon portable et j'en profite pour faire des photos, généralement des arbres et des végétaux magnifiques qui se trouvent sur ce site. Au fil du temps j'ai accumulé des clichés des mêmes arbres, des mêmes endroits à différents moments de l'année. Je n'ai pas eu l'intention de faire un travail précis, je n'ai pas photographié sciemment les même objets mais je me retrouve avec des photos similaires. Par contre je voulais enregistrer le passage des saisons. Je vais en mettre quelques unes d'un très beau saule pleureur. Il est comme moi, il pleure. Il ne faut pas lui en vouloir, c'est naturel et presque normal. Le Temps prend son écot exorbitant, il passe et nous trépassons. Néanmoins, chaque année nous offre une jeunesse nouvelle qui se pose sur le monde comme une caresse aussi douce que le duvet vert tendre d'un bourgeon. C'est un cadeau non-négligeable et tant que l'on peut en profiter et renaître un peu avec le Printemps, on sait qu'on n'est pas tout à fait mort, et peut-être bandera-t-on encore cette année-là.




jeudi 26 mars 2015

Primus Tempus.



Portrait de fleurs

Les armées de jonquilles éclatent
En pétales dorés
Les frêles coquelicots sous l'averse
Flétrissent et meurent
Les lys blancs penchent
Doucement dans la brise
Les pensées à nos pieds
Soudain montent à la tête
Les glycines neigeuses promènent
Leurs abeilles le long du mur

Et le regard perdu de Narcisse
Fleur absentée parmi les fleurs
Manque à tous les coeurs


mercredi 25 mars 2015

Bonnard VS Vuillard, match aller.

En ce moment c'est Bonnard par-ci, Bonnard par là et vas-y que je te bonnardise à tout-va et sur tous les tons. Bon. Le vrai verbe c'est bonnarder, qui vient de l'habitude qu'avait prise le peintre d'aller fignoler ses toiles dans les musées à l'insu des services de sécurité. Les gardiens des musées devaient tirer une drôle de tronche quand ils s'apercevaient que le Maître en personne était venu barbouiller sous leur moustache. Alors, je vais mettre une photo de Bonnard. Juste pour faire chier. On verra qu'il ressemble à un Vuillard dernière période, peintre que je trouve infiniment meilleur et dont il faudra bien, un jour revisiter l'oeuvre entière pour, justement, réhabiliter ce qu'il peignait à la fin de sa vie, 10 ou 15 ans avant de mourir, assez peu de temps avant Bonnard d'ailleurs.
Vuillard, c'était ce genre de petites choses sur la fin. Pas sale. Nette. Ce n'est pas le cas de Bonnard et je ne parle pas de la précision du regard mais bien de celle du pinceau, mettons du scalpel. Vivement le match retour.

lundi 23 mars 2015

Visions extrèmes.

Faire de la peinture figurative c'est être cruel. C'est coucher sur la toile quelque chose qui résiste, le réel, le dompter, lui arracher un secret. La peinture c'est le "devenir image" du réel qui s'oppose par sa profusion, son énoncé indescriptible, inénarrable, son encombrement essentiel. L'ordre vient donc et le plan et le secret qui se dérobait : la vision. Tout peintre figuratif est un visionnaire, l'abstraction est seconde mais naît de ces visions, c'est une vision qu'on pourrait croire sans socle réel. C'est faux, c'est toujours au réel que les formes sont arrachées, volées, comme le feu par Prométhée. Seuls voient ceux qui ordonnent à leurs yeux de voir, qui appliquent des règles, mêmes celles du chaos. L'idiotie de l'Art conceptuel vient du fait qu'en faisant appel à l'intelligence pour agencer notre vision, il a été cru par certains qu'il valait bien mieux agencer des idées que des formes. C'est une aberration. L'Art est intelligence, il ne fait pas appelle à elle, il est chiffrement et déchiffrement, il n'a nul besoin de code, il les contient, il les excède. Car il ne faut pas oublier qu'au bout de la formule se trouve la Magie. Depuis le paléolithique l'Art est, par essence, magique. Il ne faut pas y croire pour le voir, il suffit de se rendre disponible et viendront les apparitions.
En voici deux d'un peintre peu connu car mort trop jeune, en 1870, Frédéric Bazille. C'est sauvage. Il ne prend pas de gants et pourtant c'est délicat. Paradoxe d'un peintre qui fait rendre quelque chose au réel qui se refuse parce que justement, il est une chose, et que les hommes y voient autre chose, qui les concerne, eux et les Dieux.


mardi 10 mars 2015

Comment les chats miaulent-ils en japonais ?

L'île d'Aoshima au Japon. Plus que 20 habitants et 120 chats. Un vrai petit paradis pour les amis des petits félins dont je suis. Les chats, c'est spécial. Ce n'est pas attaché comme un chien à son maître mais c'est intelligent et câlin. Un chat peut très bien s'escrimer à vous remonter le moral. Il flaire la mélancolie à l'oeuvre et se love sur vous comme s'il sentait votre coeur battre et l'écoutait, et comme s'il voulait l'apaiser. Un chat se vexe si on se moque de lui après un raté. Il va secouer un peu la tête de droite à gauche, se lécher les babines en faisant comme si on était pas là, regarder les moqueurs, penaud, et tourner le dos ostensiblement devant aussi peu de mansuétude. Les chats aiment les boites, passionnément. Ils veulent les explorer, les percer à jour, aller au bout de ces tunnels bouchés bêtement. Un chat va venir à vous, se frotter à votre jambe, il a sûrement besoin de quelque chose, et peut-être ne veut-il en fait qu'une caresse, jouisseur jusqu'à la moelle. Un chat a mauvais ou bon caractère, il est brave ou peureux. Les chattes sont maternelles, et agressives si des matous s'approchent de leurs petits, elles connaissent les ruses de ces vieux infanticides. Et là, sur cette photo prise à Aoshima, ils sont quand même assez effrayants à bicher tous au même moment, faussement sages, petits démons prêts à bondir.
Une petite anecdote : un chat m'a un jour apporté la preuve que l'Amour existe. Voilà le topo. J'étais parti une semaine en vacances et j'avais laissé mon chat roux à la garde de ma voisine. Ce chat était un bagarreur, un branleur, il me toisait souvent du regard, il se roulait de plaisir sur les charognes de souris qu'il amenait sur ma terrasse (j'habitais au rez-de-chaussée). C'était un dur. Une vieille dame de ma connaissance m'a dit un jour que les chats roux étaient plus "patrons" que les autres. Ma voisine avait pour consigne d'ouvrir un peu le volet de la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin de la résidence le matin, et de le refermer le soir, laissant le chat dehors. Cela ne devait pas le gêner tellement puisqu'il passait toutes les nuits dehors en ma présence. Le jour où je suis revenu de vacances le chat était à la maison, il m'a vu rentrer dans l'appartement du bout du long couloir d'entrée et s'est dirigé vers la cuisine. Je l'ai appelé, j'ai posé mes sacs et je l'ai suivi. Il a fait semblant de renifler un peu sa pâtée, m'a évité alors que j'entrais dans la cuisine et s'est dirigé vers le salon et le volet ouvert. J'ai cru qu'il allait sortir. Et, là, tout à coup, il s'est allongé sur le flanc et m'a donné son corps entier à caresser. Je ne l'avais jamais vu faire ça, et je ne l'ai jamais vu le refaire après. Je lui ai labouré le flanc longuement à pleines mains, je l'ai caressé tout entier, des moustaches à la queue et je voyais dans ses yeux qui s'ouvraient et se refermaient lentement qu'il s'abandonnait entièrement au plaisir des retrouvailles, qu'il chassait ses angoisses de perte et d'abandon sous mon étreinte douce. Il semblait se dire : "Il est revenu, Dieu que c'est bon d'avoir cet humain dans le coin". Soudain, il s'est redressé, s'est ébroué et a quitté la pièce en passant sous le volet, rasséréné, rassuré, insouciant. Je l'ai regardé se faufiler et j'ai pensé que j'étais content de le revoir aussi, et surtout surpris de ce comportement si tendre. J'y repense souvent à ce moment avec un des chats qui ont peuplé ma vie. Un moment unique. Une preuve, oui.
Un chat heureux à Aoshima :

dimanche 4 janvier 2015

Le Marcher de l'Art.

En matière d'Arts Plastiques, il y a des voyages lointains et riches à faire, de grands efforts un peu durs qui s'avèrent bientôt amplement récompensés et des choses à ne pas louper dans un périmètre géographique pas forcément géant. Tout ça c'est possible, ce ne sont pas les Musées et les Expos-rétrospectives qui manquent. Ouais. Ouais, ouais, ouais. Mais ça c'est l'Art au garde à vous, qui bombe le torse, qui fait le beau dans des écrins architecturaux et technologiques à la fréquentabilité et à la sécurité sans faille. C'est L'Art en cage, et c'est limite si ce n'est pas l'Art en panne. Il est un remède souverain pour lui redonner de la vitalité : marcher un peu dans le centre d'une grande ville et regarder autour de soi. C'est incroyable ce qu'on peut voir. Il y a des interventions artistiques partout dans la cité ! Au-delà des affiches déchirées et recomposées qui font du Villeglé à sa place, c'est à dire dans la rue, nombre d'artistes anonymes et néanmoins décidés, voire talentueux se saisissent de l'espace public pour y imprimer tout un catalogue de formes étranges qui viennent frapper l'oeil de celui qui l'a ouvert et alerte. Ce n'est pas nouveau, certes, mais ce ne sont pas non plus des graffitis au sens classique, c'est à dire "Hip-Hop" du terme. Il s'agit de formes plus abstraites ou disons, moins déterminées, on ne sait pas, peut-être dues en partie au hasard, aux explorations nocturnes, déviantes et alcoolisées de quelques artistes souterrains. C'est selon le feeling de chacun, son inspiration. Ca disparaît parce que c'est lavé, ou alors c'est sommairement recouvert d'un enduit qui fait lui-même jaillir une forme paradoxale, moins forte mais bien là aussi, et ça rejaillit un peu plus loin, à nouveau plus exubérant. Il y a peut-être là des codes indéchiffrables sauf à quelques paranoïaques qui ont bien le droit à leur pitance quotidienne, des affirmations en demi-teintes sur des poubelles à fond sempiternellement vert, printemps un peu longuet à qui aime l'automne, le jaune et le rouge. Des hiéroglyphes à usage unique ou multiple qui scandent la promenade et la chamboule au coin d'une rue pour lancer l'appel d'une émotion fugace ou tenace. Bref, il y a des tas de trucs à voir pour peu qu'on lève le nez et qu'on regarde autour de soi. Je vais mettre quelques photos que j'ai prises à Rennes, dans un périmètre très petit. Des trucs que j'ai trouvé notables, sainement disponibles pour tous. C'est fouillis, il y a un peu de tout mais en tout cas c'est riche et ça offre un salutaire coup d'air frais (il fait froid, c'est l'hiver) à la Biennale d'Art Contemporain qui vient d'avoir lieu à Rennes et qui sent déjà le renfermé.






















Attendez ! Je ne prétends pas avoir inventer la poudre, je prétends qu'elle marche et que, là, l'Art étonne, l'Art détonne et que mon petit cœur curieux fait "Boum"!