Il était mort. Symboliquement. En effet, la crise d'inspiration qu'il traversait ne semblait jamais devoir se terminer. Même Gilles Verlant, un de ses plus grands fans, l'avait dit, avant de mourir pour de bon lui, Polnareff était à sec, cuit, finito. Et puis, il y eut ce single de Noël que rien ne laissait présager, avec force arrangements de cordes et vents grandiloquents et voix puissante qui chantonne facile dans les aiguës. C'était "L'Homme en rouge" et Polnareff nous replongeait habilement dans sa mythologie enfantine, et renouait avec elle. A coté de Mathieu qui n'a qu'un cheveu et de la Poupée qui fait non, se tient maintenant ce traitre de Pére Noël qui ne passe pas pour tout le monde. Et ça marche, c'est gamin certes mais on peut comprendre cette colère de minot terriblement seul qui semble encore habiter Polna. Ces blessures-là sont toujours vives et l'argent et la gloire n'y changent rien si l'on est un fils de l'Ombre, on reste un fils de l'Ombre et cette filiation horrible nourrit jusqu'à la mort, effective, les âmes rebelles qui en naîssent. Autrement dit, il peut y avoir d'autres bonnes surprises à venir de la part de notre ami maltraité et puni Polnareff. Car il est toujours en vie. Et il chante encore, seul et contre tous, comme tous les bluesman.
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lundi 15 février 2016
dimanche 27 décembre 2015
Merci Tino !
Le père Noël est aussi passé chez moi et à laissé trois morceaux récents dont je n'ai pas parlés dans le courant de l'année 2015. Merci, petit Papa Noël de ta bonté envers "Actualités Démodées", blog pourtant furieusement anticonformiste (Ah non ? bon ben daccord.., je croyais que...non ?...bon)! Alors, dans l'ordre, il y a Father John Misty, Beach House et Julia Holter. Cette dernière m'a fait penser à Laura Nyro et je ne résiste au plaisir de vous mettre une chanson d'elle, dont les compositions sont aussi chiadées que celles de Brian Wilson. Enfin, je vous laisse avec ça, j'ai beaucoup à faire. L'autre soir, j'ai buté un gros mec barbu en houpelande rouge qui essayait de me refourguer un smartphone coréen pour "pas cher" et il faut que je me débarrasse du corps. Ah, ces migrants !
...et un vieux truc, non, immortel...
...et un vieux truc, non, immortel...
mercredi 9 décembre 2015
Tiens-toi tranquille II, le retour ! par T-Model Ford et R.L. Burnside (et ils ne sont pas contents).
Un matin - il avait fait un froid de canard depuis au moins une quinzaine de jours - un type était dans une baraque du Mississippi, il se les gelait grave et il avait faim. Il a avisé des bûches et il s'est dit : "Je vais faire un feu." Il avait pas d'outils pour casser ou scier les bûches alors il essaya de les fendre avec son front. Ca n'a pas marché et il avait du sang sur la tête. Alors il se mit a bouffer la bûche, comme ça, avec ses dents. "C'est vachement bon !" dit-il et il n'eut plus faim. Ca faisait au moins un problème de régler. Ce mec, c'était T-Model Ford. Le voici chantant : "I'm insane" ("Je suis cinglé"), le gros des paroles de la chanson consistant en une apostrophe envoyée à Dieu sait qui et qui dit : "I'm gonna put my foot in your ass." ("Je vais te foutre mon pied DANS le cul."). Gouleyant.
Sur le même label de Blues étonnant, Fat Possum : R.L. Burnside, qui racontait cette histoire à son public quand il était en forme :
"Un jour, un jeune homme a ramené chez ses parents une ravissante jeune fille et leur a annoncé qu'il avait l'intention de l'épouser. Les parents furent un peu pris de court et le père du garçon manqua d'avaler une bouchée de Cherry Pie de travers mais il fut convenu que l'on en reparlerait. La jeune fille avait apparemment fait bonne impression sur les parents mais, après le repas, pendant que la maman du gars faisait la vaisselle, son père le prit a part et lui dit très sérieusement "Tu sais, fiston, j'ai été jeune moi aussi et je n'étais pas aussi sage et discipliné que toi. J'ai folâtré à droite et à gauche et j'ai trompé ta mère - Dieu me pardonne. Petit, tu ne peux pas épouser cette fille parce que c'est ta soeur - Dieu aie pitié de moi - enfin ta demi-soeur. Tu comprends ?" Le fils avait très bien compris la situation et était sonné par la révelation que venait de lui faire son paternel. Il tirait une tête de six pieds de long et avait l'air salement déprimé. Sa mère le voyant ainsi le prit discrêtement à part et lui demanda ce qui se passait. Le fils craqua aussi sec et lui raconta ce que venait de lui dire son père, en pleurs. Sa mère pris sa tête sur son giron et lui dit : "Allons, allons, ton père ne comprend rien à ce genre de choses et, crois-moi, tu peux épouser cette jeune-fille l'esprit tranquille parce que si ce vieux singe croit qu'il est ton père, il se trompe !"
R.L. Burnside : "I wish I was in Heaven sitting down". ("J'aimerais bien être au Paradis à rien foutre.")
Sur le même label de Blues étonnant, Fat Possum : R.L. Burnside, qui racontait cette histoire à son public quand il était en forme :
"Un jour, un jeune homme a ramené chez ses parents une ravissante jeune fille et leur a annoncé qu'il avait l'intention de l'épouser. Les parents furent un peu pris de court et le père du garçon manqua d'avaler une bouchée de Cherry Pie de travers mais il fut convenu que l'on en reparlerait. La jeune fille avait apparemment fait bonne impression sur les parents mais, après le repas, pendant que la maman du gars faisait la vaisselle, son père le prit a part et lui dit très sérieusement "Tu sais, fiston, j'ai été jeune moi aussi et je n'étais pas aussi sage et discipliné que toi. J'ai folâtré à droite et à gauche et j'ai trompé ta mère - Dieu me pardonne. Petit, tu ne peux pas épouser cette fille parce que c'est ta soeur - Dieu aie pitié de moi - enfin ta demi-soeur. Tu comprends ?" Le fils avait très bien compris la situation et était sonné par la révelation que venait de lui faire son paternel. Il tirait une tête de six pieds de long et avait l'air salement déprimé. Sa mère le voyant ainsi le prit discrêtement à part et lui demanda ce qui se passait. Le fils craqua aussi sec et lui raconta ce que venait de lui dire son père, en pleurs. Sa mère pris sa tête sur son giron et lui dit : "Allons, allons, ton père ne comprend rien à ce genre de choses et, crois-moi, tu peux épouser cette jeune-fille l'esprit tranquille parce que si ce vieux singe croit qu'il est ton père, il se trompe !"
R.L. Burnside : "I wish I was in Heaven sitting down". ("J'aimerais bien être au Paradis à rien foutre.")
jeudi 25 décembre 2014
Objectif : Survivre à Noël.
J'ai assisté tout à l'heure à un spectacle émouvant. Un papy de 70 ans et quelques tenait sur ses genoux son dernier petit-fils en date, un poupon de 4 mois. Tudieu, quelle vision ! C'était infernal et paradisiaque en même temps. Indécidable. Moi, je n'ai pas de famille ou si peu et je n'ai surtout pas de descendance, forcément tarée. Parfois je le regrette mais les malédictions sont très, très bien faites dans ce monde de fou, alors, ceinture, pas de mômes ! Je vais finir de mourir seul. Mais pas ce soir, je ne pense pas. Néanmoins, la Veillée de Noël peut vous tuer. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est marqué dans le manuel. En caractère gras comme une oie gavée avec des trucs pas clairs. Là, ce sont les Everly Brothers qui le chantent. Je dis à la prochaine à ceux qui vont survivre. Pour les autres, c'est pareil, je leur dis à bientôt, ça sera pas en même temps, c'est tout. Eh oui ! Je suis déjà à moitié mort. Pas vous ? Mais bande de cons, minables avortons, Zombie, c'est du dernier chic, très tendance. Seulement, je vous préviens, c'est pas rigolo du tout.
mardi 4 novembre 2014
Driven to the ground.
Cauchemar d'Hiver.
Reverrai-je le
Printemps cette fois ?
Et le mois des Fièvres
me trouvera-t-il nu dans le tourment ?
Mes forces baissent
déjà à l'idée glacée de l'Hiver
Me faudra-t-il mourir
contre un radiateur ?
Cherchant une chaleur
qui fuit mon corps lassé
Mon âme fatiguée
vacillante et prête à s'éteindre
L'Hiver arase ceux qui
doivent choir
Elle fait le tri, elle
ne donne pas de choix
Ne laissant pousser que
des roses noires
Qui font couler aux
rouges épines
Des mains tranchées un
sang vénéneux saturant l'air
Je sais venir d'épais
murs de pluie
Détrempant le jour en
buvard tâchés d'encre
Je sais que je n'aurais
qu'un recoin pour me protéger
Et mes yeux fermés
La nuit trop tôt venue
émiettera la lumière
En des lambeaux de
crêpe noir et ce deuil m'emportera
Jusqu'au pâle midi du
lendemain, vite blanchi
Pour de nouvelles
obsèques.
Et viendra comme la
suie, la neige
Pour griser mon
enterrement quotidien
Jusqu'au moment où je
n'aurais plus la force
D'émettre ni son ni
tocsin, muet à tête basse
Comme un mulet brisé
sous le faix
Et je ne serai délivré
de rien quand je mourrai
Mon cœur, pris de
glace, gèlera avant
Que j'ai pu prier ou me
préparer
Ma pensée mourra
nette, isolée dans mon crâne
Inerte, sans émotion
pour la porter
Alors je vais finir
dans un temps de tempêtes ivres de leur force
Enfermé dans le
souvenir de la douceur de jeunes feuilles
Frappe au cœur
froidure et mène-moi à mon néant
Moi qui n'ai plus que
l'idée unique
D'un chaud zéphyr
d'abeilles et de papillons
mardi 8 janvier 2013
Il n'y a pas de traces de pas dans la neige qui n'est pas tombée
1980. Quatre noirs de Londres, fans de reggae, de dub et de punk, fondent le tout dans une musique inédite qui n'aura aucune descendance directe. Leur nom est glacial, tranchant comme une arrête de béton, programmatique. Dans "Abbatoir 5" de Kurt Vonnegut, ce sont malgré tout des humains qu'on passait au grill, là ce sont des piles de bagnoles qu'on enfourne, les conducteurs ont peu d'importance. Là c'est "Basement 5" : "Sous-sol N°5". Au moment ou j'écris mots, ma voiture est garée au niveau - 2 d'un gigantesque parking, juste à coté d'un cinéma multiplex de plus de dix salles équipées relief et je suis connecté à internet dans une médiathèque high tech qui fait nocturne. De la musique angolaise passe comme fond sonore à l'étage ( le deuxième), des néons l'éclaire crument, sauf le coin des PC, ce qui me permet de bien voir l'écran plat de ma connexion hyper-sécurisée. Je fait une courte halte dans le flux pour taper ce Post. Est-ce que j'existe encore ? Non. Plus vraiment. Et depuis longtemps. Depuis qu'il n'y a plus de Noël Blanc. 1980. L'important c'est que je retrouve ma bagnole et que je paye le parking. Il n'y a qu'à suivre les indications.
dimanche 16 octobre 2011
BONJOUR !
Si nous ne souhaitons pas la bienvenue à quelqu'un quand il arrive dans notre monde, comment voulez-vous qu'il y trouve sa place ?
mardi 7 décembre 2010
C'est décembre
Donc :
Et :
Et ça aussi,
Et ce mystère insondable...
Et un poème horrible de Guy de Maupassant dont mon père est fanatique. Quand il le récite on sent bien qu'il a mal pour les petits oiseaux. Ses enfants peuvent bien geler en Enfer.
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
Et :
Et ça aussi,
Et ce mystère insondable...
Et un poème horrible de Guy de Maupassant dont mon père est fanatique. Quand il le récite on sent bien qu'il a mal pour les petits oiseaux. Ses enfants peuvent bien geler en Enfer.
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
mercredi 23 décembre 2009
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