Affichage des articles dont le libellé est Boxe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Boxe. Afficher tous les articles

samedi 27 février 2016

Pas complètement fini. Sixième round.

Le Rock a tout à voir avec la jeunesse, l'immaturité, la frustration et la frénésie sexuelles. Un bon Rock, c'est un rush massif de serotonine à la tête, une jouissance, un orgasme avec cri, à peine articulé. C'est une libération primaire, violente, d'un amour ou d'une colère latente, inexprimée, inconsciente. C'est une musique pour les hormones, pas pour l'intellect. Bien sûr, après ce cri, qui relache un peu la pression, il y a bien sûr des arrangements qui arrivent, des préparations, des ziguouiguouis, des trucs par-ci, d'autres par-là, bref des jérémiades et c'est les Beatles et les Beach Boys, Dylan et X T C, autant dire Mozart. MAIS à la base, il y a peu de place pour le travail de la pensée dans le Rock, c'est tout dans le bas du corps, les guiboles, le déhanché, le coup de rein, le cul; tout cela semblant directement relié à l'ouie et au nerf optique et c'est tout. Le Rock c'est un truc de crocodile en rut. Deux preuves :
The Trashmen : "Surfin' bird"

The Crystals : Da Doo Ron Ron

dimanche 31 janvier 2016

Deuxième round.

Dans mon Top Ten de merde, j'aurais pu mettre plusieurs chansons différentes de Little Richard, mais sans lui ça n'aurait pas eu la même saveur épicée. Finalement, je vais mettre "Keep a Knockin'" parce qu'il me semble que c'est la plus folle (c'est la cas de la dire), la plus déjantée. A danser là-dessus on peut échapper à tout controle et tout casser autour de soi. C'est du furieux, du "out of sight", du "no way out", punk avant la lettre, pas du tout bon esprit mais vivifiant pourvu qu'on en réchappe.
Avec ça, je vais servir un petit truc de blancs super-enervés : "My generation" des Who. C'est un hymne, une folie, une gaminerie de très belle eau dont je ne me remettrais jamais. Purée, ça commence sur deux accords à fond et ça n'arrête pas, jusqu'à démolition complête des instruments. Les Who ont peut-être jouer à Woodstock (Townsend a toujours déclaré haïr ce concert), c'étaient des Huns, à la base, speeds, pas propres, colèriques, mal élevés et toujours avec l'idée que personne ne leur arrivait à la cheville. Il n'y a pas de place pour le doute dans le Rock n Roll ni pour la bienséance. Et le respect se gagne parce qu'à un moment donné, vous êtes un des tous meilleurs et que votre nom luit en tête d'affiche, ne serait-ce que dans votre lycée.

samedi 30 janvier 2016

Premier round.

Je vais jouer à un petit jeu à la con, un peu comme Begbeider l'a fait avec la Littérature dans son "Premier bilan avant l'apocalypse", je vous faire une sorte de top Ten non exhaustif (top onze, douze ???) des morceaux rock les meilleurs. Je vais commencer par ces deux-là. L'un est sur le podium des deux ou trois morceaux les plus dingues de l'histoire du Rock, peut-être le meilleur, l'autre est pas loin derrière. D'abord "Hound dog" d'Elvis Presley, puisqu'il s'agit de cela. Toute l'attitude Rock est là. Un défi permanent à tous, sauf ceux de la bande. Le messages est simple : "Vous avez beau dire et beau faire, le plus marrant, le plus sexy, le plus intelligent, celui avec lequel les filles ont le plus de fun, c'est moi, et vous n'êtes que des demi-sels qui sentez les parents et la naphtaline, ce qui est une honte sans nom." La musique va vite et fort, c'est ça le Rock. C'est pas très malin ni très constructif mais, s'adressant à des jeunes qui poussent à la vitesse de la lumière et qui veulent exprimer leur rage et leur soif de vivre, c'est exactement ce qu'il faut. "You ain't no friend of mine...", moi je suis trop "cooooool" pour toi. Après il y a des métamorphoses, des chantournures, des manières, l'amour de la Mama, c'est bien normal, n'empêche, la base c'est ça.
Ensuite Ray Charles, "Mess around". Littéralement "Foutre le bordel" ou "En vrac". Ahmet Ertegun, futur grand ponte et directeur en chef d'Atlantic avait tellement honte d'avoir composé ce truc-là qu'il la signé sous un pseudo. Ray, lui, le chante avec brio.


jeudi 10 décembre 2015

Qui est Bertrand Tavernier ?

Qui est Bertrand Tavernier ? Quelqu'un qui arrive à faire une comédie plombée d'une bonne B.D., grinçante et savoureuse : "Quai d'Orsay" . Quelqu'un qui a réussi à pondre un dictionnaire du cinéma américain absurde, verbeux et plein de componction alors que le sujet est pour le moins passionant. (Le bouquin marche tellement sur la tête qu'il en devient comique.) Quelqu'un qui a réussi a foiré un film sur une époque incroyable, la Régence, avec de bons acteurs, par un excès outrancier de moralisme. (La morale n'est jamais un bon angle d'attaque pour un film, les sentiments si). Quelqu'un qui, en général, fait des films barbants, remplis de mièvreries et de revendications sociales assumées comme si le cinéma était une manif. (Oh la la, c'est bien moins que ça, juste un truc de voyeur un peu esthète, un miroir aux allouettes où seuls les producteurs sont gagnants, et encore, à peine). Quelqu'un qui dit aimer le Jazz et qui nous sert dès qu'il le peut une musique passéiste, académique, figée, dont tout esprit aventureux (Jazz, quoi !) a été balancé aux orties. Quelqu'un qui se permet de dire que la B.O. de Dylan pour le film "Pat Garret and Billy the Kid" de S. Peckinpah est "inepte" alors que l'album qui la restitue est une pure pépite. Quelqu'un qui confond Tommy Lee Jones ("Men in black", "US Marshals") et Spencer Tracy ("Adam's rib", "La dernière Fanfare").  Quelqu'un qui n'a pas tourné "Serpico" mais "L627", qui n'a pas tourné "L'Appât" mais "L'Appât", qui n'a pas tourné "Les Trois Mousquetaires" mais "La Fille de d'Artagnan" (moins bon que le Zidi avec Les Charlots sur le même sujet). Quelqu'un qui a dénaturé le beau livre de Roger Vercel "Capitaine Conan", toujours par moralisme et sentimentalisme mièvre (cf la purge ci-dessous).
Bref, on peut dire que c'est un sale type.
M Bertrand Tavernier est un mauvais cinéaste, un piètre cinéphile, un amateur de Jazz sclérosé qui n'a pas les moyens de ses prétentions, d'ailleurs déplacées, et qui n'est ni Jean-Daniel Pollet ni Maurice Pialat, même pas Claude Sautet ou Alain Corneau. C'est dommage pour sa gueule mais le problème c'est qu'il nous faut le subir, nous aussi, ce con, et ça c'est dur.
Ecoutez-moi cet abruti, c'est faussement bon en diable, mais, encore une fois, écoutez bien, essayez de déceler l'imposture, elle est assez finement tissée mais on voit quand même la ficelle si on fait gaffe. En fait, c'est presque le cinéaste officiel de la Vieme République de gauche ! 

samedi 24 octobre 2015

"Maureen, viens mourir dans mes bras."

Maureen O'Hara vient de mourir à 95 ans. Mémoire, mémoire, que viens-tu me chanter à l'oreille ? C'était qui Maureen O'Hara ? C'était quoi ? Quand le plus enfantin des réalisateurs (Spielberg) de cette cour de maternelle friquée qu'est devenu Hollywood rend éternelle l'enfance du héros par l'intermédiaire d'un Christ venu d'une autre planête, il tombe sur quoi ? Sur John Ford batissant sans relâche un mythe américain, donc un truc sans âge, avec John Wayne et et ...Maureen O'Hara. Maureen O'Hara c'est l'Histoire en marche en personne, avec un grand "H", d'Hollywood et des USA. Une image, un cliché, une statue, un mythe, donc. Ce ne sont pas les africains qui sont de grands enfants, ce sont les américains. Et ils ont de ces jouets !!! Hollywood, c'est leur plus beau joujou. Un truc à couler de ces bronzes, plus hauts que ceux de Staline, jusqu' à en remplir les parcs d'attractions ras la gueule. Avec ça, il passent dans le monde entier pour des gentils garçons et de gentilles filles. Et ça ne date pas d'hier ! Le pays entier est tourné vers le futur, le pays entier a la gniaque et les boules, le pays entier à 6 ans d'âge mental. Des vrais fous furieux. Font peur, ces cons. Maureen o'Hara est morte, le mythe; du vent, un miroir, un homme, l'orage, la violence, l'amour. Emballée, c'est pesé. Comme au cinéma. Moi, je tente d'oublier tout ça en mangeant des cuisses de grenouilles.

mardi 20 octobre 2015

Doliprane 10 000.

Aujourd'hui, j'ai mal au crâne, oh juste un peu plus que d'habitude. Que ça soit vraiment génant... Donc j'écoute ça avant de faire un AVC. "J'ai mal à la tête" de Georges Ulmer chanté par Gainsbourg.

Et puis ça parce que Frank Black a vraiment un talent incroyable, un bon gros bedon et une belle voix qui ne fait pas mal au crâne. : "Headache".

jeudi 7 mai 2015

Alabama Shakes. Deuxième.

- Bonjour Monsieur ! C'est pour la deuxième couche !
- La deuxième couche de quoi, manant ?
- Pardon Monsieur, excusez-moi, je fais mon travail, hein ! La deuxième couche de Rock n' Roll !
- Sortez immédiatement, faquin, je n'écoute plus que de l'Electro d'avant garde depuis belle lurette !
- Justement M'sieur, faut qu'on rafraîchisse tout ça. Pardon. Je vais opérer quelques modifications. Vous inquiétez pas, c'est gratuit. Il y a quelque temps encore, vous fonctionniez normalement, la tête bien aérée et tout. Là, vous sentez le rance...Je vais vous embarquer les deux platines Technics là, pour commencer...
- Mais sûrement pas, trou du cul, laissez mes chouchoutes où elles sont ! Et puis le rance...Merci, mais je me parfume aux effluves les plus "in" des clubs à la pointe de toute la planète, alors, pour le rance, vous repasserez !
- Eh ben non, justement. Tout ça sent l'égout mondial à plein nez. Vous ne savez même plus de quel pays vient la merde dans laquelle vous pataugez mon pauvre Monsieur. Je vous installe une petite Dual des familles et un bon Akai vintage, avec de bonnes basses, et surtout, de bons aiguës. Vous allez revivre !
- Et ma table de mixage pour faire mes petits enchaînements ?
- Confisquer, petit canaillou ! Allez ouste !
- Ouin ! Ma Techno, mes Breakbeat, mon scratch ! C'est injuste ! Qui vous envoie, d'abord?
- Top secret ! Mais sachez que vous êtes un petit veinard !
- Ah bon ? Une sorte d'"Elu", quoi ?
- Faut pas pousser !
- Et je vais écouter quoi ? J'ai perdu l'habitude, moi...
- J'ai là une petite dizaine de vinyls pur jus de 180 grammes chacun, 100 % Rock n' Roll qui vont vous redresser les oreilles.... et peut-être autre chose.... Vous pouvez tout faire avec, même les manger. C'est multi-fonctionnel !
- Les vinyls, moi j'aime ça.
- On sait, vous n'êtes pas le mauvais bougre au fond, juste un peu égaré. Tenez, essayez ça, c'est souverain. Alabama Shakes.
- Ah oui, c'est marrant ! Du Rock ? Pourquoi pas, au fond ? Des hits, du feeling, de la puissance...
- Oui, la puissance des rêves ...
- Vous me laissez mes enceintes JBL ?
- On est pas des tortionnaires, Monsieur. Allez je repasse dans une semaine avec d'autres potions magiques
- Vous partez déjà, vous ne voulez pas un thé vert à la menthe bio ?
- Non merci, jamais pendant le service. Et je ne vous demande pas si vous avez du cognac Rémy Martin, je connais la réponse....
- J'en achèterai !
- Faites ça aussi, et allez chez le coiffeur, vous avez passé l'âge des fantaisies capillaires de djeunes.
- Et le skate ?
- Je ne suis pas votre conscience mon petit père. Allez, bonne bourre !


mercredi 4 février 2015

Bob Dylan : passé le pont, les Ombres vinrent à sa rencontre.

En hommage à Bob Dylan, magicien en chef qui insuffle la beauté à tout ce qu'il touche, je vais faire un truc que je ne fais jamais : mettre une vidéo POUR la vidéo. Bien sûr, le morceau est excellent, au moins aussi bon que le "Things have changed" de 2000, nous sommes maintenant en 2009 et les choses ont continué de changer. C'est ce que je ressens en regardant la vidéo de ce "Beyond here lies nothing", l'amour, c'est différent maintenant, ça n'a plus la même saveur, c'est autre chose. Ca a toujours été comme ça ? Ah bon, ben alors c'est moi qui retarde. Il est vrai que je suis assez vieux jeu, des fois.


mardi 25 novembre 2014

Des nouvelles du Rock : Joujou.

L'autre jour, j'ai vu un très bon groupe de Rock à Rennes, un duo nommé Joujou. J'ai chopé l'article d'un enervé de la plume qui se laisse aller à la dithyrambe de manière exagérée mais pas si conne. Je le mets.
"
C'est le 20/11/14 au soir que le duo originaire de Bayonne, Joujou, s'est produit à l'Antre2Café, le café associatif de la rue Papu et y a déclenché l'enthousiasme d'un public certes peu nombreux mais choisi. Joujou ? C'est joli comme nom, mais qu'est ce c'est au juste ?
Et bien Joujou ce sont des mélanges ultra-toniques et super-soniques à finir de vous réveiller les morts-vivants que nous sommes tous plus ou moins et à transmuter les chagrins et les questions en vif argent. Tout d'abord, il y a cet homme et cette femme. Opérateurs en Arts sonores divers et Poésie à mach 3. Benjamin, à la fois bonhomme et nerveux, est derrière sa batterie ou bidouille des samples mélodieux et bizarres à partir d'un simple élastique trituré. Branché sur sa comparse, il assure une dynamique mordante et débridée à l'ensemble. Agnes, branchée sur son comparse, silhouette svelte enserrée de noir de pied en cap chante, hurle, danse et joue sur une petite mitraillette de bois, tout à fait «Joujou», qui se révèle être une basse à une corde qu'elle martyrise sans relâche et qui, pas chienne, le lui rend bien. A eux deux, ça pastèque, ça « groove » et ils dégagent une énergie roborative comme j'en ai rarement vue et reçue.
De ce duo bien assorti naît focément un fameux mélange, une sauce piquante qui prend d'entrée de jeu. La voix forte d'Agnes d'un coté hurle à travers la réverbération et s'envole sur le tapis de déboulés de batterie savamment libertaires venus de celui de Benjamin. Ils se regardent, se connaissent, sont en phase, et, comme on dit, «méchamment Rock, n' Roll». C'est un Joujou qui tourne et virevolte et se scratche, un Joujou pour les grands. S'en suit un concert impeccable qui alterne (et mélange) les morceaux bruitistes au format chanson, les hymnes poétiques dit/criés, les poèmes parlés doucement et des envolées free-jazz stratosphériques que je n'hésiterai pas (je ne crains personne pour les adjectifs) à qualifier d'afro-punk ! Quelqu'un dans la salle crie «Fucking Rock n Roll». Mon dieu ! Mais c'est moi qui parle en langues ! Sors de ce corps, mon Amour!
Joujou fait ainsi montre d'une énergie débordante et contrôlée pendant un temps que l'on ne voit pas passer tant est forte l'intensité des textes (magnifique injonction magique : «Prends forme!»), du son, de l'implication scénique. On finit essoufflé, un rien « destroy » mais diablement heureux, de ce bonheur paradoxal qu'éprouvent parfois les malheureux quand ils subliment leur peine. Il y a chez Joujou quelque chose de primitif et d'urgent qui fait se craqueler le vernis du sourire que l'on se met sur la bouche parfois quand on voudrait pleurer. Grâce à Joujou,«ça» sort, ça prend sens, et, en plus, ça se danse.
Il est certain que ces Joujou là nous aurons envoyés en l'air un peu plus que des maquettes Heller, même grand-format, et c'est très bien comme ça. Seuls les sales gamins méritent de vilains jouets. Les plus beaux, les plus déjantés.
  • Alors Maman, tu me le donnes ce Joujou ?
  • Uniquement si tu n'est pas sage, mon chéri, uniquement si tu n'es pas sage...."
C'est signé d'un certain G.C. Connais pas. Comme c'était vraiment bien, voici le lien du site des Joujou, pour que vous puissiez vous faire une idée vous même.
:joujoujoujou.wix.com/joujou

jeudi 14 août 2014

L'amour rend aveugle.

Par chez moi, on ne se fait pas de cadeau. Un homme de 79 ans qui avait peur que ça femme de 77 balais le quitte l'a tuée à coups de hache.
Entendu le lendemain dans un bar :
- La dame était atteinte de cécité, je crois ?
- Non, elle avait des problèmes aux yeux.

mercredi 16 juillet 2014

Golden State Folklore.

Tom regardait d'un oeil vague une vidéo scato sur le site pOO.com. Il avait du mal à se concentrer et les jeunes asiatiques se couvrant de leurs excréments ne l'excitaient guère bien qu'il se tirât sur la nouille, la main dans son futal de jogging. Il n'était que 16 heures, il n'était pas opérationnel aussi tôt, pas encore. Il allait lui falloir se rouler son deuxième joint de skunk pure ; boire un jus de fruit fait maison (mélange de bananes, poires, fraises et d'un peu de Jim Beam) ; commander des nuggets de poulets au KFC du coin de la rue et là, il allait commencer à y voir un peu plus clair. Quelques souvenirs de la soirée d'hier revenaient à sa mémoire, ce qui était bon signe. Un prénom surtout. Kelly.
Tom vivait dans un bordel repoussant. Il était entouré de déchets, d'emballages de chez KFC ou Domino's, de reliefs de pizzas ou de poulets dans lesquels étaient plantés des mégots de joints et des capsules de bières, dont les canettes et les bouteilles jonchaient le sol qui fut jadis une moquette beige devenue invisible et bleuâtre par endroit, là où on avait vomi du Curaçao et du valium. Mais ça, seul Tom le savait, car il était le seul à savoir exactement ce qu'il y avait dans son appartement et à le contrôler. Car il contrôlait tout ce qu'il y avait autour de lui et il n'était pas question que "le reste" s'insinue dans son chez lui, pas plus que dans son esprit. Le "reste". Le soleil de la Californie, la circulation de Los Angeles, les femmes et les hommes qui travaillaient ici, l'Océan Pacifique, tout proche, une brise marine dans les cheveux de filles qui faisaient de la musculation sur la plage. Non, lui, il avait refusé cela, sans même le vouloir consciemment. C'était en lui depuis le début. Les volets étaient soigneusement fermés 24 heures sur 24, il se faisait livrer tout ce dont il avait besoin et des gens passaient la nuit fumer de la beuh ou lui en acheter. John la lui amenait. C'était le problème de John. Lui il la vendait, c'était son problème. Le reste n'avait pas d'importance. A part la police, ça n'existait simplement pas.
On sonna à la porte de la porte avec insistance, sans enlever le doigt de la sonnette. C'était foutrement anxiogène comme façon de sonner. Tom bascula le moniteur sur un vieil épisode de "Game Of Throne" qui était toujours prêt à partir au cas ou et se dirigea vers la porte d'entrée qui donnait accès à la cuisine.
- Qui est-ce? fit-il
Ca a continué de sonner un petit peu et puis ça a répondu sur un ton ironique :
- Ton vieux pote Avril, Tommy !
Tom étouffa un "Merde, fais chier", il se passa la main dans les cheveux et ouvrit.
Avril entra vivement en le bousculant. "Salut, salut, frère zombie, c'est l'heure de payer ces impôts. Qui paye ses dettes s'enrichit, dit le dicton !"
La tête de Tom était lardée de coups de sonde qui lui faisaient mal et le rendirent atrocement nerveux en quelques secondes. Il savait pourquoi Avril était là mais il avait du mal à se figurer clairement ce qu'il pouvait y faire. L'énergie de l'autre le molestait et le paniquait.
- Tu dis quoi ?
- Fais pas l'idiot, Tommy. Je passe prendre mon du, c'est tout.
Oui, il savait ça mais maintenant qu'il avait refermé la porte, à l'éclairage artificiel de la lampe il voyait bien mieux ce con avec sa gueule de beau gosse californien et ses cheveux blonds frisés, et il eut l'envie de se révolter contre cette agression en bonne et due forme.
-J'lai pas. Enfin si, les intérêts. V'là 50 dollars, repasse jeudi pour le reste.
-On EST jeudi, coco.
-Jeudi prochain alors, je te re-filerai des intérêts. 50, ça te va ?
Avril se campa sur ses deux jambes croisa les bras et considéra Tom.
-"Non, mais tu t'es regardé pauvre débile, tu te défonces à longueur de temps, t'as pas vu le jour depuis une éternité, tu pues, t'aurais besoin d'une bonne douche et d'aller chez le coiffeur, tu vis dans des chiottes et tu me demandes de t'accorder une semaine de plus, pour que je me repointe dans une semaine dans tes mêmes chiottes pourries et que tu me repasses le même baratin !"
-J'les ai pas, j'te dis. Sois cool. Repasse dans une semaine.
Avril sourit
-T'auras fait le ménage et tu seras allé chez le coupe-tif ?
-Oh charrie pas !
Avril posa ces deux bras au milieu de la table de la cuisine et les écarta lentement jusqu'à ce que tous les objets qui se trouvaient dessus eurent dégringoler par terre. Puis il saisit le gros robot mixer qui se trouvait près de l'évier. Il le leva au-dessus de sa tête comme s'il allait le balancer à travers le mur.
-Non! fit Tom complètement paniqué par l'appréhension de ce qui pouvait arrivé à son blender allemand. Je te le donne, je l'ai là, attends !"
Il fila dans sa chambre mit sa main dans son oreiller et en sortit plusieurs billets de différentes valeurs. Il en pris deux de cent dollars et revint dans la cuisine hors d'haleine.
-Voilà. Pose ça maintenant, s'il te plaît. Je te remercie. je sais pas ce qui m'a pris de te faire ce plan, je voulais déconner, juste déconner. M'en veux pas.
Avril posa le blender Krups au milieu de la table de la cuisine et arracha les deux billets de la main de Tom.
-Tommy, c'est très vilain de faire des blagues à quelqu'un qui vous a rendu service. Tu connaissais toutes les conditions en m'emprumtant ce pognon, alors pourquoi jouer au con ?
-J'sais pas, je voulais rire, déconner un peu avec toi. T'es trop sérieux peut-être..
-Moi, sérieux ? J'suis réglo mais sérieux...Faut pas pousser. Tiens tu veux que j'te raconte une bonne blague bien salace ?
-Ouais, fit Tom en souriant
Avril lui décocha une énorme droite et tom s'effondra, le nez pissant le sang.
-T'as pigé la chute ? Il lui décocha un coup de pied dans les côtes, se dirigea vers la porte et sortit sans dire un mot de plus.
Tom resta allongé contre le mur quelque temps puis le sang cessa de couler et il se releva pour aller dans la salle de bain.
Il ouvrit le robinet d'eau froide et entreprit de se laver jusqu'à ce qu'il n'y ait plus trace de sang sur son visage. Son nez n'était pas cassé. Il aurait une marque sous l'oeil gauche et c'est tout. Il s'apercut qu'il se regardait dans un miroir avec une certaine attention pour la première fois depuis un sacré bout de temps.
Il se considéra attentivement puis dit à voix haute.
-Ce con a raison, j'ai besoin d'aller chez le coiffeur.


lundi 26 mai 2014

24 mai 2014 : un jour important.

Reviens Georges, ils sont devenus fous !

La télé EST le niveau de vie c'est bien connu, le malaise c'est " l'homme-orchestre". C'est quoi ça ? le vendeur, le présentateur du J.T., la publicité, le politicien, l'Europe ou tout simplement l'âme (soul) ?
L'âme n'a pas encore été cotée en bourse, sa valeur est donc toute symbolique, elle est pourtant d'une importance radicale. On en a ou pas, et ça change tout.

lundi 5 mai 2014

La France raciste, comme tout le monde.

Ah, ça va cartonner "Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?", ça c'est sûr et certain. MAIS, moi, dans un film, je me demande quel est le ressort narratif, le "conflit", comme disent les américains ? Ce qui fonde le drame ou ce qui provoque le rire. Ici, je ne le vois pas. Un couple de bourgeois d'Indre et Loire     (Clavier et Lauby) a quatre filles, la première est mariée à un juif, la seconde à un arabe, la troisième à un chinois et la petite dernière va épouser un noir. Il est où le problème ? Il est où, ce truc qui peut justifier de faire de ce pitch banal à pleurer, un film ? Je vois pas. A moins....à moins de supposer que les parents sont racistes et qu'ils n'en peuvent mais de ces mariages métissés....Ce qui est tout simplement le cas. D'où le titre "Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu" ? (pour mériter une pareille punition, qui ne peut être qu'un châtiment divin). Il ne s'agit plus de se payer de mots et de droite "décomplexé", de patriotisme bon teint de droite ou de gauche, ce qui fait que ce film marche (et va marcher) c'est qu'il est raciste. Raciste comme la grande majorité des Français qui, semble-t-il, n'ont aucun mal à comprendre ce qui m'échappe totalement. Ce n'est cependant pas la peine que j'aille voir le film, je sais déjà, au vu des présupposés, comment il va finir : les "étrangers" vont tous devenir plus blancs que blancs et tout sera pour le mieux dans le plus raciste des mondes racistes. Bonne chance aux immigrés qui vont arriver en France après le film, ils vont carrément se prendre tout le monde sur le râble ; juifs, arabes, chinois, noirs, tous au fond plus bleus/blancs/rouges/ les uns que les autres. Mais que se passe-t-il donc dans mon pays ? Depuis quand la France est-elle majoritairement un pays de fachos ? Moi, je ne suis pas d'accord avec la connerie ambiante. Ça me débecquette. C'est un putain de conflit là, non ? Qui veut filmer ce truc-là ? Personne ?... Comment ?... Trop tard...pas vendeur....je suis moins drôle que Clavier....Vous voulez rire ? Je peux faire de l'humour sans me moquer des pauvres, des pédés, des femmes, des lesbiennes, des bariolés, des profs. Incroyable mais vrai ! De qui je me moque ? De ces putain de petits français à la con qui vont se précipiter pour se soulager l'âme chiasseuse au cinéma. En France, maintenant, un peu partout, un peu tout le temps, ça pue. Se boucher le nez ne suffira bientôt plus, va falloir laver...
Est-ce que Christian Clavier se serait foutu de la gueule de Jim Kelly ? Pas sûr...

mercredi 11 décembre 2013

"Foulquier ? Qu'est ce qu'il a pu me faire chier !" Dédé, du Bar des Sports.

Pour certain, c'était Jean-Louis. Pour nous, au "Bar des Sports", c'était tout simplement Jeannot. Au poste dès huit heures pour un premier gorgeon, y débandait pas jusqu'à la fermeture. C'est sûr, il était pas toujours facile. Des fois il avait le vin mauvais. Il saquait pas les étrangers. Son truc à lui, c'était la casquette, pas le voile, la casquette. Quand il pouvait un choper un sans casquette, qu'est ce qu'il prenait le mec ! (Généralement un côte, comme tout le monde.) La fois suivante, le gars avait sa gapette. Il avait compris. Ah, on peut dire qu'il a beaucoup fait pour l'assimimilation, Jeannot. Évidemment, on a dit des choses, comme tout le temps dans les p'tits patelins, qu'il avait travaillé sur une radio d'Etat y'a longtemps, m'enfin, avec nous il écoutait Coach Courbis et Riolo sur R.M.C., comme tout un chacun. Je l'entends encore qui me disait "Y-z-iront pas au Brésil, ces branques, y-zont pas la casquette." Bon, là, il avait faux, mais souvent ça tombait juste. Rien qu'avant-hier, y disait à qui voulait bien l'entendre "Dans quinze jours c'est Noël.". Il était casse-couilles mais y'avait du vrai là-dedans.
Allez, je mets deux photos de Jeannot en ligne. Votez pour celle que vous aimez le plus et je la fais encadrer. Elle fera bien juste à coté du Muscadet, derrière le bar. Allez, à ta santé, l'artiste !

lundi 17 décembre 2012

Le Progrès progresse. Dans nos têtes.

L'autre jour, quelqu'un me parlait des progrès effectués par l'Humanité. Un type un peu louche, une sorte de crypto-Marxiste encore un peu vert, mais 80 ans ne sont pas de trop pour déciller ce genre de personnes. Il est jeune, il a donc du temps devant lui. Parcourons en deux images, ou plutôt deux images de sculptures de sportifs, le progrès de l'Humanité. Ça saute aux yeux. Et tellement même, que ça les pique un peu.
Le discobole de Myron, Ve siècle avant J-C
Zidane et Materazzi, Adel Abdessemed, 21e siècle.
C'est beau le progrès, non ?

samedi 8 décembre 2012

Nanard et Bébert.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Et eux ne sont pas encore en bout de course, donc,
je paye mes dettes. Avec beaucoup, beaucoup d'intérêt. Sans "s"

La nostalgie, le combat, la nostalgie du combat, se battre quand même, ceux de ma génération qui sont nés révoltés (car ça semble venir depuis le tout début) en sont là, ceux qui s'écorchent encore parfois l'âme ou les genoux aux dangers et aux douceurs. "Les dingues et les paumés", tu dis ? Les deux, si j'ai le choix, les deux, Hubert.

mercredi 28 novembre 2012

Que reste-t-il de nos amours ? Cette photo, vieille photo...

Un homme et une femme admirables : Françoise Fabian, Guy Marchand. Je ne sais pas d'où vient la photo. Elle est très belle.
Françoise Fabian. Plutôt que de poster un extrait de l'excellent "la Bonne Année" de Lelouch, je mets un extrait du très bon et plus profond "Vertiges" où elle fait face à un psychiatre fou-furieux campé par Marcello Mastroiani. Elle est splendide. Vous ne l'avez pas vu ? Le film ? Allez-y, c'est Bolognini, c'est garanti !
Je vous donne un truc technique. Dans ce film, Bolognini va systématiquement resserré le cadre sur Mastroiani (et sur lui seul de tous les personnages) par de légers zooms pour marquer l'enfermement qui l'aliène de plus en plus. Mais ça va un peu plus loin, ça devient le signe obsessionnel de sa folie d'accord, mais maladif par lui-même, un marqueur visuel qui lui est attaché, certes, mais qui finit par exister séparement, signe de la folie, et qui nous la communique jusqu'au malaise. Ce parti-pris de mise en scène devient donc signe à part entière, ce qui donne l'impression que le film lui-même est malsain. A la fin, le psychiatre devient complétement fou et les zooms cessent. Le film, et nous avec, sortons de la folie. Heureusement.
Bon, je ne retrouve plus "Vertiges" sur Youtube qui l'a fait sauté, comme vous pouvez le constatez. Il y a, sinon. C'est pas mal aussi. Françoise Fabian : "Faut pas me prendre".!!! Bonus spécial : la Bande Annonce de "Ma nuit chez Maud" de Rohmer. Voilà un très grand film. Un film qui engage. Engageant. Comme la lecture des "Pensées" de Pascal, dont il est beaucoup question. Une remarque en passant sur le terme "engageant" que j'ai employé. Celle de la déperdition incroyable qui s'est opérée au fil des ans dans tous les compartiments du cinéma. Rohmer n'a pas cessé, lui, de concevoir de bons films, mais il faut bien se rendre compte qu'il s'est rabattu, et peut-être volontairement (et là, c'est une erreur ou de la pathologie), sur Lucchini, Dombasle, Ogier, Poupault, Gregory et consort pour les interpréter. Imaginons un instant "Ma nuit chez Maud" avec ce genre d'acteurs, et non pas avec les instruments de haute précision que sont Trintignant, Fabian, Barrault. Vous voyez le tableau ? Beaucoup moins engageant.
Guy Marchand. Impossible de trouver un extrait de "L'acrobate" de Pollet où il incarne une sorte de gentil génie du rare Claude Melki, impossible de trouver un extrait du beau "Loulou" de Pialat où il est simplement parfait, alors je me rabats sur le rigolo "Pt'it con" de Lauzier. 'J'vous opprime, moi, merde !"
Le type qu'il incarne s'appelle Bob Choupon. C'est bien, Lauzier, quand même.
Bonus spécial : Un extrait de "Dans Paris" de Christophe Honoré où Marchand donne la réplique à Louis
Garrel. Bien filmé
.

lundi 27 août 2012

Voyelles qu'on sonne à tort et à travers

Arthur Rimbaud a fait beaucoup de tort à la Poésie. Ce qu'il écrivait étant très jeune était plutôt bon, et puis est venu ce qu'il appelait lui-même "le dérèglement raisonné de tous les sens", et là, comme de juste, il est devenu dingue. Comme sa Poésie, qui a tenté d'ériger l'hermétisme et la puissance supposée de l'"Image choc" au rang d'Art. Ses textes n'ont plus rien signifié du tout et ont cependant marqué nombre d'esprits forts qui y ont vu là le comble de la Poétivité (ne riez pas, en Stylistique moderne, ça existe) qui ont mis dès lors un point d'honneur a pratiqué la Poésie à grands coups d'obscurité et de non-sens validé par l'incompréhension suscitée chez le lecteur. Ça a donné les Surréalistes (il a parfois fait bon y passer et en sortir), Le Grand Jeu, René Char et tant d'autres. Bousculer la Rhétorique n'est pas un mal si on trouve son propre rythme, mais la Poésie reste un Chant, et un Chant pour tous, même s'il demande quelques préparations et un peu de pratique d'écoute. Voici un sonnet très connu de Rimbaud " Voyelles". Je vais mettre en gras tout ce qui n'a aucun sens, ni pour nous ni pour Rimbaud lui-même. Ca détonnait, ça faisait du boucan, c'est tout. Lire à ce sujet "Les Fleurs de Tarbes ou la Terreur dans les Lettres" de Jean Paulhan. Il ne fait aucun doute que Rimbaud était un "terroriste", le premier à ce point, paroxystique déjà, et qui sonna la fin de l'intérêt d'un public vaste pour la Poésie et sa captation par les Avant-gardes et leurs élites suivistes et fanatiques.
 Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
C'est sur, ça fait du bruit. C'est chic et choc. Mais ça chante peu et mal et au final c'est n'importe quoi. Ce n'importe quoi qui tient lieu de Poésie dans l'esprit de beaucoup de gens, avertis ou pas..