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lundi 10 décembre 2018

Gilets jaunes : la révolution normale.

Les gilets jaunes ? C'est la revanche des types à peu près normaux qu'on bassine depuis quarante ans avec la supériorité des différences voire des déviances sur leur pauvre normalité bêtement imposable. C'est l'héritage de mai 68, et pas mai 68, qu'ils refusent désormais de payer. Celui porté par Foucault, Barthes, Sollers, les écolos-traders, Koltes, Deleuze, Guattari, Bourdieu. A ce fatras de conneries, les gilets jaunes répondent un simple "Ben oui, je vaux bien un pédé, un immigré, un fou, un intello, un tueur en serie, un théâtreux abscons, un gaucho-sociologue qui me chie dessus, un grand patron, un bobo. Je veux ma place." Cette place est centrale, sans elle il n'y a rien de possible. Car s il est vrai que la norme est differente d une société à une autre il n en demeure pas moins vrai aussi que partout il y a une norme. De la bonne volonté, de la bonne humeur des gens "normaux" depend l intégration ou le rejet des marges. Macron a cru pouvoir enculer ces gens "normaux" cinq ans de plus, ce qui se serait ajouté à 40 ans d'avanies, mais non, ça ne passe plus. Moi, je souhaite simplement voir sa tête au bout d'une pique et assister à l'avènement d'autre chose. Quoi ? Impossible à déterminer. Le pire ? Le meilleur ? Nous verrons bien. C'est ouvert....pour une fois.
La seule et unique BONNE version de "Revolution" des Beatles, la faussement "live".

lundi 12 novembre 2018

Les Beatles jusqu'à la mort et après.

Les Esher demos viennent de sortir officiellement à l'occasion de la parution d'un coffret célébrant le cinquantième anniversaire du "White album" des Beatles, sorti en 1968. Elles tendraient à battre en brèche l'idée que le "Blanc"a été enregistré par des musiciens qui ne se parlaient quasiment plus, tous à couteaux tirés les uns avec les autres. Elles ont été faites à la coule chez George Harrison, à Esher, et les Beatles ont l'air tranquilles, sereins. C'est pareils pour les inédits studio, en particulier les jam-sessions captés à Abbey Road et qui les montrent riants, détendus et géniaux. Le travail de remixage effectués par Gilles Martin, le fils de George Martin qui enregistra l'album à l'époque est tout simplement remarquable et on peut enfin écouter les titres avec une bonne stéréo, qui se rapproche de celle du vinyle. Le mix inédit des deux guitares de "Révolution" et de la batterie primaire de Ringo est formidable, je l'ai écouté les yeux fermés, quasi en transe. Purée! Tout est d'un niveau exceptionnel, et vaut l'achat ou l'abonnement.
Et pourtant alors que tout semble baigner dans l'huile, quelques années plus tard, John Lennon enregistrera ce titre magnifique et acerbe destiné à Paul Mc Cartney où il se demandait comment son ex-complice dormait la nuit. Dans la chanson, il le traite carrément de "con". Harrison est là, Klaus Voorman aussi, fidèle depuis la période allemande, et Nicky Hopkin,s qui assure le clavier avant de se retrouver à Nellcot, en France à enregistrer "Exile on main street" avec les Stones.
Lennon dira plus tard qu'il peut très bien avoir eu cette colère contre Paul et que ça ne signifiait rien de profond.
Quand Lennon fut tué et que Yoko en avertit Mc Cartney, celui-ci lui demanda ce que John disait à son propos. Yoko lui répondit que John ne cessait de dire qu'il était son frère. Rasséréné, Paul raccrocha et alla affronter les caméras. A la télé, il apparut froid. Qu'importaient les médias, il savait ce qu'il voulait savoir.
Moi, je ne sais pas à quel point ces deux-là se sont aimés et haïs. Je sais qu'ils étaient géniaux ensemble (que celui qui reste l'est encore). Alors, je suppute, je m'interroge et mes questions n'auront jamais de réponses, des bribes peut-être, le reste est dans les limbes. Qu'importe au fond, je chicane; la musique est là, intacte, merveilleuse, profonde à l’extrême.
Je vomis tous les jours l'assassin de Lennon et je me demande pourquoi personne ne veut tirer sur Pascal Dusapin ou Philippe Sollers ? Pourquoi ? Le Star-système est bien fait et ils n'en valent tout simplement pas la peine. C'est pas "pas assez connus", ils sont ultra-connus, c'est simplement pas assez bons pour qu'on prenne le temps de délirer sur eux. Pas assez vitaux pour personne.
Du vital, donc : John Lennon ; "How do you sleep ? "

mercredi 1 août 2018

La preuve par la femme.

Normalement il ne faudrait pas parler des nanas comme ça, m'enfin comme elles se considèrent pour la plupart elles-mêmes comme des trophées à remporter (aux "meilleurs" celles qui "valent" le plus c'est à dire les plus belles, et si elles ont deux ou trois neurones en sus, on ne dira pas non), donc,
pour parler (encore) des Stones et des Beatles et de la supériorité incroyable des seconds sur les premiers, il suffit de regarder leurs nanas et de les comparer. Comme ça, à vue de nez, les sex-symbols, c'est les Stones avec leur aura méphitique et leurs manières vicieuses, donc ils vont avoir les plus belles et les plus bandantes bandantes.
C'est faux, d'abord les numéro uno des Stars des pisseuses déchainées qui crachent leur poumons pendant les concerts c'est les Beatles. Les autres ont raccroché les wagons et embrayé mais les cris et les hurlements des filles ont cessé pour les Beatles simplement parce qu'ils ont arrêté de donner des concerts. Les Beatles étaient des sex-symbols aussi vifs que les Stones.
Ensuite si on compare leurs gonzesses dans les sixties, période où les deux groupes turbinaient à fond au même moment, et bien les femmes des Beatles sont infiniment plus sexy, plus intelligentes, plus belles, et pour moi plus attirantes que celles des Stones. Pendant que Richards se farcissait la satanique et ennuyeuse Anita Pallenberg, une petite arriviste de la fesse qui sucera à peu près tout le monde dans le business (une salope, quoi), et que Jagger jouait à délater la poupée candide Marianne Faithfull en bon pervers narcissique qu'il est, Paul McCartney passait des années vertes, amères et tumultueuses avec Jane Asher, actrice, modèle et véritable icône britannique sixties (avec Twiggy, Jean Shrimpton et quelques autres dont Patti Boyd)  mondialement connue pour être une émanation excitante du Swinging London, et George Harrison sortait avec un des trois ou quatre mannequins les mieux payés d'Angleterre, la délicieuse Patti Boyd; quant à lui John Lennon sortait tout simplement avec une des artistes conceptuelles les plus reconnues du monde, Yoko Ono, qu'il faut réhabiliter tant elle a rendu John heureux et a fait avec lui un boulot important.
Toutes ces femmes ont été des muses pour ces artistes et on pourrait comparer les chansons inspirées à nos rockers au coeur lourd que l'on arriverait à la même conclusion : celles des Beatles sont meilleures que celles des Stones.
Tout ça est subjectif me direz-vous ? Oui, en grande partie. N'empêche, quand on considère l'héritage laissé par ces femmes il y a une sévère différence et les stoniennes ne tiennent pas la route face aux beatlesiennes. Exemples :
Patti Boyd, magnétique et magnifique, qui est devenue plus tard photographe et muse de Clapton (on pourrait écouter "Wonderful tonight"de celui-ci, qui est déchirante). Et bien c'est un rêve sur patte Patti Boyd et elle incite aussi bien au coït qu'à l'amour et à la rêverie délicate. Un petit clip pour s'en convaincre. Je la trouve plus belle et plus inspirante que Pallenberg et Faithfull. Cent fois.

Jane Asher dans un extrait de "Deep end" de l'exilé Jerzy Skolimoswki (C'est lui le bon cinéaste polonais passé à l'ouest et pas Polansky). Elle est juste. C'est pas évident pour une aussi jeune femme.

Un petit clip avec des images de Jane Asher.

lundi 15 février 2016

Quatrième round.

Top 14, quatrième journée.
Le Twist ? Quel rapport avec le Rock n' Roll me demanderez-vous ? Et bien, les vrais Rockers, les durs, les allumés du rythme et du son qui rendent bizarre peuvent prendre n'importe quelle invention marketing créée pour faire acheter du vinyl aux petits jeunes, en l'occurence le Twist, danse proprette sur elle effectuée sous le regard approbateur des parents, et la transformer en bombe à faire péter la sono et déchainer les hormones des mêmes petits jeunes, dont on n'avait pas assez remarqués qu'ils étaient maintenant en âge de se reproduire et, pour se faire, qu'ils ressentaient un grand besoin de fornication qui ne demandait qu'à s'exprimer loin du regard désapprobateur de ces mêmes putain de parents ! Le Rock, on l'a dans le sang ou pas, qu'on appelle ça Rythm and Blues, Boogaloo, Mambo, Soul, Madison, Funk et même, Twist. Ca fait frémir les poils du dos et dresser les cheveux sur la tête, bander les mecs et mouiller les gonzesses. C'est un truc pas très futé, archaïque, un appel à la danse et à la baise mais pour faire ce truc idiot convenablement, il faut des génies. En voici cinq. D'un coté, l'immense chanteur noir politiquement douteux (pour les blancs) et sex-symbol, Sam Cooke, et de l'autre, quatre gaziers blancs frustrés à mort et ne le supportant plus du tout, les Beatles. Sam Cooke est mort buté on ne sait par qui et pourquoi avant de tout faire sauter, comme par hasard. Les Beatles le feront et changeront le cours de l'Histoire à jamais. "Comment?  quoi ? disent les petits sociologistes et les petits philosophistes,"Changer le cours de l'Histoire ?" c'est n'importe quoi !" C'est vous qui êtes de navrants impuissants les gars, je persiste et je signe, et accessoirement, je bande. "Bander, tout est là !", disait Gustave Flaubert. Un vrai Rocker, lui. Punk devant l'Eternel, Eternel transformé en perroquet (lire "Un coeur simple").

vendredi 12 février 2016

Troisième round.

Pour ce troisième envoi de mon Top 13 + ou -, je vais laisser tomber les fous furieux et convoquer les raffinés, les sensibles, les émotifs. Attention ! Faiblards s'abstenir ! Dans le monde impitoyable du Rock, on pleure peut-être mais jusqu'au single suivant, pas plus. Alors... : "Coco, vas pas t'emberlificoter les pieds dans le mélo maudit, moi, faut que je paye ma Rolls et mes impôts ! - Oui, Boss. - Ah, brave garçon !."
C'est le petit jeu du Rock, n' Roll, chacun veut sa part du gâteau et, si possible, une plus grosse que celle du voisin qui croque néanmoins dans le même cake, et bien souvent ce ne sont pas les créateurs qui bénéficient des fruits sonnants et trébuchants de leur talent. Prenons Smokey Robinson, par exemple. Il était interprète et compositeur mais ce n'est pas lui qui décrochait la timbale quand il faisait un hit comme "Tears of a clown", non, c'était son boss à la Tamla Motown (sa maison de disque), Berry Gordy. Les larmes sont amères, Smokey avait toutes sortes de raisons de le savoir, y compris pécuniaires. Ce qui me laisse pantois là-dedans, en dehors du morceau lui même qui est d'une musicalité extrème c'est la référence à la culture classique et, en particulier à Verdi. Je cite : "Juste like Pagliasse did, I kept my sadness hid...". Je me demande quel était le pourcentage d'auditeurs capable de comprendre cette phrase à l'époque. Et maintenant ?
Bon, oubliez ce que je viens de dire pour les Beatles. Oh, ils se sont faits entuber comme tout le monde ! Mais ils sont devenus tellement énormes et rapportaient tellement de pognon que lorsqu'ils ont dit "On veut jusqu'au dernier pence de ce que vous nous devez légalement, sinon... !", personne n'a mouffeté chez EMI et ils ont aligné la monnaie. Ca été le début des emmerdes pour les maisons de disques et, à un moment donné, même Berry Gordy a du refiler du flouze honnête à Smokey. Il vaut mieux avoir un boulet au pied que plus de jambes du tout... Après ça, les artistes ont commencé à fonder leurs boites de disques. Ca aurait pu être la fin des haricots pour EMI, Tamla, Polydor et compagnie, l'émancipation, la liberté totale de création pour les artistes mais c'est tellement compliqué à gérer, une boite, que nos braves rockers sont retournés d'eux-mêmes dans le giron des grands argentiers du show-business. Free and easy !
Des Beatles, j'en met une (presque) au hasard. Tout est génial.
Smokey Robinson and the Miracles : "Tears of a clown" (ah, les voix de velours des mastards en costard...)

Une version a cappella de "And your bird can sing". On ne trouve presque rien des versions originales des morceaux des Beatles à partager sur Youtube. Les gardes-chiourmes de la poule aux oeufs d'or veillent. Alors, débrouillez-vous, allez-voir par vous-mêmes.

samedi 2 mai 2015

"Il y a une rose dans Spanish Harlem..." Ben E. King.

Ben E. King est mort et c'est triste. Avec ses Drifters ou en solo il fut l'un des créateurs des meilleures chansons de cet âge "mort" du Rock qui se situe entre 1958 et 1963 (entre Elvis à Hollywood et l'arrivée des Beatles). Ce fut un âge de ballades sirupeuses pour teenagers et de rocks mollassons pour leurs parents, le tout issu de la ruche du Brill-building de New-York où des escouades de compositeurs un peu plus âgés et pas plus matures que leur public s'évertuaient à leur piquer leurs sous en leur faisant acheter des 45 tours. Tout ça sent le préfabriqué et les tubes à la chaîne, c'est exact MAIS, dans tout ce fourbis, entre les Fabian et Bobby Darin on pouvait trouver de vrais perles de Grâce dorées sur tranche, composées et produites, par exemple, par Phil Spector ou Ahmet Ertegun. Les chansons de Ben E. King., qu'il les ait enregistrées avec ou sans les Drifters, étaient de celles-là. Je ne vais pas mettre "Stand by me" qui est pourtant sa plus belle réussite, si agréable à jouer - la perfection même quand à la mélodie, aux paroles, aux arrangements - mais une autre très, très belle composition au son et à la mélancolie chaudes : "Spanish Harlem". Cet âge "mort" fut aussi un âge d'or (on le retrouve dépeint dans le (mauvais) film de Lucas "American Graffiti"). Je n'ai rien de spécial à ajouter à propos de Ben E. King, si ce n'est qu'il me manque déjà et que j'ai aimé vivre dans un monde où il fut un des pourvoyeurs de beauté en façon de chanson populaire et aussi, une aide absolument consciente à la création de dizaines de milliers de bébés.
Ben E king : "Spanish Harlem"

Il arrive un moment où il devient difficile de juger encore et encore, d'émettre un avis critique de plus sur des musiciens avec lesquelles vous vous balader depuis presque 40 ans. C'est ce qui m'arrive avec les Stones. Entre eux et moi, il y a eu des hauts et des bas, je les ai vomis ou adorés, ça n'a plus d'importance. Mystère de ma psychologie, de mon oreille instinctive, je les écoute toujours et avec un plaisir qui, finalement, s'il est pondéré parfois, ne se dément pas, alors...après nous le déluge. Je vais donc mettre la reprise d'un morceau des Drifters, sans Ben E King, par les Rolling Stones : "Under the Boardwalk". Ca sonne très bien, c'est très frais, comme disent les djeunes. En même temps, ça a été enregistré là-bas, aux Etats-Unis, quelque part entre Los Angeles et Chicago.

dimanche 4 janvier 2015

In the beginning : The Beatles

Je mets ça, c'est pour les fans des Beatles comme moi. M'enfin, ça demeure quand même accessible à nombre de personnes. Un truc charmant qu'ils (je sais pas qui c'est au juste "ils") devrait généraliser à l'ensemble de la discographie du groupe, histoire qu'on comprenne un peu mieux COMMENT ça se fait que ça "sonne" comme ça; c'est à dire incroyablement bien pour un enregistrement fait sur un magnétophone quatre pistes (de nos jours, on en est à plus de cent). Donc là, chaque piste est jouée séparément et puis on entends le mix final après. C'est à la limite de la magie, en fait c'est un travail d'orfèvre. Pour cet album, "Sergent Peper's Lonely Hearts Club Band", tout le monde s'est mis sur son 31. L'époque était aux bonnes vibrations d'amour libre et de paix, les fringues étaient VRAIMENT classe, George Martin savait ce qu'il faisait de A à Z, sous la férule de John, Paul George et Ringo, même l'énervé Lennon semblait radouci. Résultat, un truc imbattable "l'Album" avec "A" majuscule de ces années-là, un fleuve presque narratif et hallucinogène de musique idyllique d'intelligence et de beauté, ici réduit à quatre pistes pour qu'on puisse bien voir ce qui se passe au plus près de la marmite dans laquelle le ragoût a mijoté. Et c'est simplement passionnant. Allez sur Youtube et tapez "Deconstructing Beatles" il y en a pas mal des comme ça, moins l'infernal design visuel vintage au poil.

mercredi 19 novembre 2014

Wilson, Wilson et Wilson.

Quand Brian wilson s'est mis en tête qu'il déclenchait des incendies à l'autre bout de Los Angeles par la force de sa musique dont il ne savait plus si elle était vouée à Dieu ou au Diable, il a fallu que les autres Beach Boys se démènent pour palier à la défaillance mentale de leur compositeur en chef. En fait, cette semi-dispartion de Brian a été une aubaine pour ses frères Carl et Dennis, auxquels elle a laissé le champs libre. A vrai dire, tout le monde s'y est mis, Mike Love et Al Jardine en plus des deux frères, et des membres moins connus des Beach Boys, comme Bruce Johnston, appelé en renfort et que la défection de Brian Wilson a ramené en pleine lumière alors qu'il avait composé un des meilleurs albums de Surf-Music de l'époque quelques années plus tôt. N'empêche, il y a une veine Wilson, un filon, et une histoire de famille vécue ensemble a gravé quelques sillons communs dans la psyché des frères et leur manière de faire et de composer de la musique. Il y a chez Dennis et Carl la même félure que chez leur ainé, le même désespoir foncier et la même joie primesautière. Pas à pas, minute par minute ils ont lutté contre la Folie qui les guettait par le même moyen : la Musique. Brian ne s'en est pas dépêtré et la Musique elle-même est devenue partie de la Folie, une ennemie ; il a fallu arrêter d'en faire, un temps. C'est un vaste gâchis que le naufrage d'une des plus belles inspirations musicales du XXeme siècle, tout genre confondus, y compris les plus nobles. Mais on peut retomber sur ses pieds, peut-être sur des terrains moins aventureux mais avantageusement plus sécures, en écoutant les musiques que Dennis et Carl firent pour les Beach Boys et pour leurs carrières solos. L'inspiration commune est bien là (et là, il faudrait évoquer le Père Wilson), quelque chose de tangible, un parfum, une effluve, peut-être l'écume de l'eau du Pacifique tout proche.
Alors, trois choses. Tout d'abord, un extrait d'une émission ("Inside Pop : The Rock revolution") que fit Leonard Berstein pour démontrer à tous, et surtout aux parents récalcitrants, que la musique qu'écoutait leurs enfants n'était nullement du bruit pur et simple. "Lenny" savait tout, faisait tout, avait tout essayé, y compris des choses inavouables. Il était largement aussi hyper-actif que Karajan et largement aussi cinglé que lui. Dans cette émission, on voyait Brian Wilson chanter "Surf's up" en s'accompagnant au piano. Le son n'est pas terrible, on s'en fout, c'est effectivement bluffant.

Quatre années plus tard Carl nous pondait cette petite pépite sur l'album qui s'appelait effectivement "Surf's up", chanson qui était restée en stand-by après le naufrage de l'album qui aurait du s'appeler "Smile" et sortir en 1967 et la mise en jachère du cerveau de Brian. C'est magnifique. "Feel flows"

Dix ans plus tard, Dennis a déjà fait paraître une perle en 1977 avec l'album "Pacific Ocean Blue". Il travaille comme il peut, son mode de vie étant assez erratique et ses rapports avec les autres Beach Boys pas toujours simples, à un deuxième effort, mais il mourra malheureusement noyé avant de l'avoir achevé. Cet opus est sorti à titre posthume sous le nom de "Bambu" (The Caribou sessions). Il s'y trouve cette chanson dont je trouve les harmonies (le début me fait frissoner) remarquables et dont la deuxième partie aurait pu me faire aimer le Prog-Rock si je l'avais écoutée avant d'écouter, mettons, les Cure. Superbe "Are you real ?"

Dennis Wilson présente la particularité de jouer mal de la batterie sur ses propres compositions, ce qui n'est pas le cas de tout le monde et en particulier de Ringo Starr, qui, lors de sa carrière solo prolifique, a massacré sans vergogne des chansons écrites par d'autres dont il faisait des tubes par une sorcellerie inexpliquée à ce jour. (Avec les Beatles, il était parfait). Bravo Dennis, donc.
N.B. : 1988, Brian a retrouvé une partie de ses moyens et, sous l'égide d'un psy plutôt bizarre, sort un album solo. Il n'est pas génial a l'exception de la suite de huit minutes qui s'appelle "Rio Grande". C'est du bon, du très bon Brian Wilson, qui regarde sans loucher vers ses travaux passés les plus ambitieux et semble les raviver en cette gemme précieuse. Brian Wilson : "Rio Grande"

Coda.

mardi 15 juillet 2014

Paul McCartney : Les premiers jours, dernières nouvelles.

Ca tombe sec ces jours-ci et on ne sait plus qui honorer ? Charlie Haden pour avoir "libéré", c'est à dire ré-inventé, toute une partie de sa musique, le Jazz ? Pour son talent protéiforme et infini, pour ses parties de contrebasse de haute-voltige ou plus simplement son élégance (et il n'est jamais simple d'être élégant) ? Tommy Ramone pour avoir amené la connerie au rang d'un Art frustre et brut mais efficace, aussi bien musicalement que politiquement ? Pour avoir, à sa sauce et à celle de ses faux-frères, refait prendre la mayonnaise Dadaïste et l'avoir mise en tube teen-ager impeccable emballé par un certain Phil Spector ? Lorin Maazel pour avoir dirigé tout le répertoire classique et moderne partout dans le monde ? Pour avoir fait souffler sur Chicago le blizzard chaud de sa phalange dans la frigorifiée Windy-city ? Il y en a d'autres qui sont passés à l'as récemment, je les oublie sans les oublier (Boby Womack revient à l'instant me frapper l'esprit d'un peu de Soul et de Funk) mais je constate que je n'ai pleuré, au sens physique, sur la mort d'aucun d'entre eux.
Alors, je vais vous parler du dernier artiste qui m'ait fait pleurer, Sir Paul Mc Cartney. Et d'abord, je voulais signaler que j'ai dit une connerie à propos du dernier album de Macca. J'ai dit qu'on attendait de lui des classiques instantanés ou rien, que les chansons moyennes, c'était pas la peine de les écouter. Si, c'est la peine. Il y a en plein la carrière de Mac Cartney de "Silly love songs" à "Wonderful Christmas time" et elles réjouissent toute âme un peu sensible, un peu charitable, un rien aimante, et le dernier album en est plein et ça vaut le coup, largement. Et puis, pour vraiment vous dire que j'ai déconné, il y a en un, de ces airs classiques pop millimétrés par un orfèvre en émotion pure sur le dernier album. C'est un bijou de nostalgie assumée, complète, complexe. Il y parle de ses "Early days", c'est "Premiers Jours" à lui et John Lennon, son frère de musique, son double. Au soir de sa vie, ils lui reviennent de manière plus forte à la gorge, aux coins des yeux, ces souvenirs inoubliables dont nous avons été les témoins indirects et béats d'admiration. Il mets bien les points sur les "i", histoire qu'on comprenne bien ce qu'il veut dire : "ces "Early Days n'appartiennent qu'à moi et à John, personne n'y a accés. Je vais mourir avec ça en moi et c'est une richesse unique". Mettons nous à sa place deux secondes, nous aussi on a eu des "Premiers jours" terribles avec des potes dont on pensait qu'ils allaient le rester toute la vie, avec des frères et sœurs adorés ou des doubles dégotés dans la rue, en un regard. Pas vous ? Moi, j'ai eu ça et ça me vivifie encore et toujours, comme ce premier amour qui m'a allumé pour que je me consume en beauté jusqu'à la Mort. Oui, je comprends Macca et je l'aime et il me fait pleurer, et j'aime sa chanson pour ces deux raisons : elle me ramène à ma juste position d'auditeur et pas de fan transi. Les Beatles c'est eux quatre, pas moi et si d'aventure j'écris un jour quelque chose de conséquent sur les Beatles, ça sera mon histoire à moi avec eux dedans, mais pas la leur. Je suis très touché d'entendre ça dans la voix superbe de falsetto chevrotant de Paul. Et puis, seconde raison, elle me fait me remémorer mes "jours premiers", mes jours d'exception à moi qui ont façonnés toute ma vie par leur force brute et la parcourent encore en sous-main tant que je serais debout sur cette terre, à pleurer peut-être. Vous vous rappeler de"When I'm 64" sur "Sergent Pepper" ? Et bien à plus de 70 ans Macca s'est répondu à lui-même : "I live through these early days"....
Je vais vous dire une bonne chose : tant que c'est les vivants qui vous font pleurer, c'est que ça va encore pas trop mal. A vos larmes.

jeudi 16 janvier 2014

Histoires de familles.

Moi, je suis comme mes frères, un mordu, un fan des Beatles. Alors ça, ça me rend heureux. Voilà ; dans la vidéo ci-dessous, George Martin, son fils Gilles et Dhani Harrison, le fils de George Harrison, exhument un solo perdu de celui-ci, enregistré à l'époque pour "Here comes the sun", morceau tiré d'"Abbey Road". C'est émoustillant ce son de gratte du guitariste pastoral qui sort tout droit du passé et renaît à nos oreilles avides du moindre chuchotis vintage des Beatles, et c'est émouvant aussi. C'est émouvant de voir Gilles Martin, aussi classe que son père, le guider à travers les sons qu'il entend désormais à peine. C'est émouvant de voir Dhani Harrison excité comme une puce, qui découvre un petit mot, une petite notule oublié de son père et qui le prend à cœur, pour lui, et qui en est si reconnaissant aux Martin père et fils. Et puis Georges Martin compare délicatement Dhani à son père George et, au fond, complimente les deux. Exit toute forme de pathos, tout cela est fin, distingué, positif, comme les Beatles eux-mêmes et tout ce qui semble les toucher de près ou de loin. Beau.
George Martin : " You're like your father."

dimanche 10 juin 2012

En juin, fais ce que la pluie te demande.

Ray Davis des Kinks avait tout. Tout pour que son groupe deviennent aussi énorme que les Beatles. Comme eux, un fort ancrage rock d'ascendances noire et blanche mélangées. Autant qu'eux, et c'est le seul, la capacité à ciseler des morceaux pop d'une grâce stupéfiante qui les fait s'inscrire immédiatement dans l'esprit. Plus qu'eux, des qualités d'écriture exprimant toute une gamme de sentiments partagés par des vignettes sensibles et ironiques. Un talent fou. Le seul problème - et c'est vraiment le seul - c'est que les autorités américaines ont refusé l'entrée du territoire des USA à son groupe, après une première tournée houleuse, et ce pour 3 ou 4 ans. Contrairement aux Stones ou aux Who, les Kinks n'ont pas pu sillonner le pays du Rock et le conquérir à coup de concerts. C'est là-bas, sur ce terrain du public en chair et en os, que TOUS les groupes anglais ou irlandais ont forgé leur destin, éprouvé leur qualité. Les Kinks étaient impeccables sur scène, ça n'aurait posé aucun problème, mais ils n'eurent pas l'occasion de le prouver au moment idoine. Dés qu'il le purent ils se ruèrent aux States et, bien sur, remplirent immédiatement les stades. Alors ? Alors, les Kinks sont le plus grand groupe de Rock n'Roll "bis" du monde, quand bien même ils sont sans égal, sauf les Beatles. Un sacré gâchis dont je ne sais trop comment Ray Davis le vit ? Pas trop mal apparemment puisqu'il est un des rares survivants de cette saga de la pop britannique des sixties à sortir régulièrement des albums aussi tranchants et vifs que ceux des premier jours, et bien plus encore que Paul Mac Cartney. Il y a peu de sujets de la vie ordinaire, de tous les jours, que Davis n'ait abordés. On trouve toujours dans son catalogue de chansons celle qui parlera avec vous de l'air du temps. Il fait mauvais en ce mois de juin, et l'humeur est maussade et un rien tristoune ? Pas de soucis : "Rainy day in june".1965. Une merveille.

samedi 19 mai 2012

John Lennon is God (The comeback)

John Lennon encore. Un jour où il était énervé Lennon a pondu cette chose radicale, subversive, définitive.
Il n'y a rien a ajouter, jusque dans l’ambiguïté assumée. ".. But you're still fucking peasants as far I can see.. "

Un autre jour, il était aussi assez énervé et il compose ça, en soutien aux familles des émeutiers de la prison d'Attica, aux USA. Il joue avec des gars qui ne vont pas tarder à l'accompagner sur scène sous le nom d'Elephant's Mémory. C'est radical (encore !), beau et ça commence à faire apprécier les couinements de Yoko. Il faut s'y habituer. On met du temps. C'est ça l'Art contemporain.

En dessous, les gars d'Elephant's Memory et leur single ravagé et ravageur "Mongoose". Mangouste....

vendredi 18 mai 2012

John Lennon is God

Et maintenant John Lennon dans ses œuvres. Le sevrage à froid est une méthode radicale et barbare mais on a pas trouvé mieux pour se sauver de cette chose encore beaucoup plus barbare et violente qu'est l'Amour qui brûle à mort jusqu'à consumation intégrale.
Je vomis Chapman, le type qui a tué Lennon. Celui-ci avait probablement encore beaucoup à dire, à chanter et le fait que Tom Jones, par exemple, soit toujours en vie, alors que Lennon s'est fait descendre par un sombre crétin, est un argument probant envers la non-existence de Dieu. Et effectivement, je m'en passe très bien. De Dieu. D'héroïne aussi d'ailleurs. Moins de John Lennon.

samedi 28 janvier 2012

It runs in the family !

Deux petites choses des cousins de la famille Newman. Rien à voir avec Paul, mais avec Alfred Newman, un des plus prolixes pourvoyeurs de B.O. du cinéma classique américain.
D'abord une des plus belles chansons de Randy Newman (neveu d'Alfred) dans sa plus belle version, celle de Cilla Black, la copine des Beatles. "Je me suis déjà trompée avant" dit-elle. Le goût amer de la déception amoureuse, en pleine remontée d'amour. Une tristesse, quoi. Ca trouble et c'est splendide.

Ensuite la musique de "Road to perdition" de Thomas Newman (le fils d'Afred), qui a fait nombre de beaux scores pour le cinéma américain récent. "Américan beauty" par exemple, c'est lui. Laissez vous emporter par le lyrisme de la la mélodie du piano et celui des cordes. Ca donne envie de pleurer. Des larmes de crocodiles, peut-être, mais des larmes. Et ça, on ne peut pas cracher dessus. Personne. " Les violons ont toujours raison" : Louis Skorecki.

Bonus track. Voix magnifique, son parfait, montage empesé de plans longs et inhabituels ; génial.

vendredi 28 octobre 2011

Faire simple.

Alors voilà, les deux plus grands groupes de rock ( exceptés 150 autres ) du monde, main dans la main, pour un joyeux anniversaire.

dimanche 2 octobre 2011

QUELLE ALLURE ! LENNON vs JAGGER.

J'ai trouvé ça sur le net, c'est assez marrant. On y voit un John Lennon, malicieux et mal commode comme souvent, humilier ce pauvre Jagger en trente secondes. Celui-ci finit en sex-toy abruti et lubrifié, prêt à l'emploi, annonant sous la férule de Lennon une chanson des...... Beatles. Lamentable. Décidément, entre les deux groupes, les deux hommes, il n'y a pas photo, comme on dit sur les champs de course.

A part ça, j'ai chez moi un album des Stones, où se trouve une version de ce qui suit, qui a un son tellement pourri que ça en devient extraordinaire. Deja que ce morceau doit beaucoup au producteur (l'auteur, je n'en parle même pas, c'est Otis Reding...), alors quand le pressage s'y met.....on est peu de chose.

samedi 23 avril 2011

Remué ( mais pas par la Nuit)

Mais je me rends compte que j'ai un mois de retard sur le Printemps, que Mallarmé qualifiait de "maladif" et dont j'ai dit qu'il était " l'ignoble saison des pontes ".
Basta !
Il est grand temps d'arrêter de ratiociner et de ruminer de pénibles plantes toxiques. J'ouvre grand les bras pour accueillir le vent, le soleil, les champs, les pierres,les animaux,les maisons, les voitures, les poubelles vertes et jaunes, les radios, les travaux sur la route, les chants de vacances, les hommes, les femmes, les enfants, bref Le Monde. AH ! Ca fait du bien.
Et Boum !