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vendredi 3 juin 2016

Excuse-moi, partenaire.

L'autre nuit, Benjamin Biolay, impeccable programmateur d'un soir des Nocturnes de Georges Lang, déclarait tout à trac être un fan de Willie Nelson. Putain, c'est bien vu, ça, parce qu'il est vraiment bon Willie Nelson ! Il est sympa Biolay quand il veut, et il a bon goût mais je ne suis pas près d'écouter ses albums. M'enfin il a l'admiration qui se tient, c'est déjà ça. Je vais mettre un morceau récent dans la discographie pléthorique de Willie Nelson,une reprise en duo avec Sheryl Crow du standard de Jazz "Embraceable you", tiré de l'album "Willie Nelson sings Gershwin". Parfait. Il s'amuse Willie, il n'a vraiment plus rien à prouver à personne, juste du plaisir à prendre et à distribuer.
(Eh, vous savez quoi ? Sheryl Crow, elle chante bien. Et elle est bonne.)
Voilà, Willie, plus de 80 ans, et Sheryl, bonne.

mardi 12 janvier 2016

David Bowie after hours.

Une nuit, je sortais du bar à l'heure de la fermeture avec mes potes et des nanas. Ca n'allait pas, j'étais de mauvais poil, éméché, je me sentais assez dégoûtant et dépenaillé, je sais pas pourquoi. L'alcool pas très bon ? Les filles pas baisantes (baisables) ? Mes copains plus cons que moi ou l'inverse ? Tout ça aurait pu mal se terminer mais David B. m'a sauvé la mise. J'avais un walk-man à l'époque, que je portais à la ceinture. Je l'ai mis en marche et c'est "Modern love" de David Bowie qui a démarré. Alors je me suis mis à courir le plus vite que je pouvais à travers les rues désertes du Mans. J'ai couru comme un dératé, comme un mort de faim, transcendé par la musique de forcenè qui m'arrivait aux oreilles. J'étais propulsé en avant. Le morceau est long, à la fin j'arrivais pas loin du bout de mes capacités cardiaques et respiratoires. On s'est arrêtés, la musique et moi;  j'étais haletant, dégrisé, heureux et j'ai vomi. Puis, lentement, j'ai repris mon souffle, mes esprits, je me suis ensuite réajusté et, tout sourire, je suis parti retrouver mes amis en écoutant la fin de l'album de Bowie et en chantonnant avec lui. C'était une belle nuit, tout compte fait. Plus tard j'ai vu la scène dans un film de Léos Carax. Pourquoi non ? "She said : SSSSHHHH...."
Rock n Roll, David Bowie : "Modern love".

Plus cool, une composition de Duncan Brown : "Criminal world"

mercredi 28 janvier 2015

Quelque chose de fraîs, svp ? Faites à votre idée.

Certaines choses qui marquèrent vivement à l'adolescence gardent cette fraîcheur, cette vivacité tout au long de la vie quand on se les remémore, quand on les ré-entend, les revoit. Mais d'où vient cette émerveillement initial qui frappa à un instant décisif ? Ca je ne saurais le dire. C'est pour chacun différent, c'est là, évident. Il faudrait que chacun fasse l'effort d'écrire sa "Recherche du Temps perdu" pour que nous ayons peut-être accès aux raisons profondes de nos goûts, de nos engouements, et, partant, de nos peines, de nos regrets. Voici deux chansons qui sont comme une source de jouvence pour moi et qui me tiendront frais jusqu'à la fin de ma vie ou peut-être jusqu'à une lassitude radicale qui serait presque à coup sûr injustifiée. Tout d'abord ce couple charmant et sexy qui balança quelques tubes à la fin des Fifties et au début des Sixties. Tout est frais là-dedans et on se croirait  en train de commander un Cherry Coke au glacier qui circule dans le quartier résidentiel de Coconut's Grove avec sa camionnette. Mais Ho la ! Je ne suis pas américain , moi ! Mettons qu'on dirait que je bois un PSCHIITT !!! Citron (pour mon garçon), et toi un PSCHITTT orange (pour toi cher ange), que c'est l'été et que, pour moi, l'Amour à 12 ans et s'appelle France, oui France, comme France Gall; un prénom rare que je chérie encore. Tu montes avec moi dans l'arbre ? Là-haut, je t'embrasserais....

Deuxième salve vintage : "Do you love me ? " par les Contours qui se trouvait sur la même compilation vinyle paternelle que le précédent et que mon père n'écoutait jamais. Moi, je n'en ai pas perdu une miette. C'est l'histoire d'un mec qui se fait jeter par les filles parce qu'il ne sait pas danser, il apprend et revient les taquiner sur un mode moqueur et franc du collier "Tu vois, je sais danser, alors : Est-ce que tu m'aimes (bordel à queues)?!? Il a plus qu'a se baisser. Elles, les damoiselles, sont en pâmoison.
La vidéo est terrible : la chorégraphie est top, les fringues déchirent, les mecs ont des gueules de truands et chaussent au moins du cinquante, un vrai gang de vauriens déguisés pour la télé. Ah purée le cri : "DO YOU LOOOOVVEEE ME !!!!!"

dimanche 4 janvier 2015

In the beginning : The Beatles

Je mets ça, c'est pour les fans des Beatles comme moi. M'enfin, ça demeure quand même accessible à nombre de personnes. Un truc charmant qu'ils (je sais pas qui c'est au juste "ils") devrait généraliser à l'ensemble de la discographie du groupe, histoire qu'on comprenne un peu mieux COMMENT ça se fait que ça "sonne" comme ça; c'est à dire incroyablement bien pour un enregistrement fait sur un magnétophone quatre pistes (de nos jours, on en est à plus de cent). Donc là, chaque piste est jouée séparément et puis on entends le mix final après. C'est à la limite de la magie, en fait c'est un travail d'orfèvre. Pour cet album, "Sergent Peper's Lonely Hearts Club Band", tout le monde s'est mis sur son 31. L'époque était aux bonnes vibrations d'amour libre et de paix, les fringues étaient VRAIMENT classe, George Martin savait ce qu'il faisait de A à Z, sous la férule de John, Paul George et Ringo, même l'énervé Lennon semblait radouci. Résultat, un truc imbattable "l'Album" avec "A" majuscule de ces années-là, un fleuve presque narratif et hallucinogène de musique idyllique d'intelligence et de beauté, ici réduit à quatre pistes pour qu'on puisse bien voir ce qui se passe au plus près de la marmite dans laquelle le ragoût a mijoté. Et c'est simplement passionnant. Allez sur Youtube et tapez "Deconstructing Beatles" il y en a pas mal des comme ça, moins l'infernal design visuel vintage au poil.

jeudi 4 décembre 2014

Ian Mclagan cesse les triolets pour cause de mort.

Après Bobby Keys c'est Ian Mclagan, autre collaborateur des Rolling Stones qui vient de décéder. On gueule sur ces vieilles gloires du rock parce qu'ils ne seraient plus légitime à occuper le terrain comme ils l'ont toujours fait, mais n'empêche que quand il viennent à mourir c'est un crève-cœur. Peut -être pas pour les plus jeunes, qui n'ont pas eu le temps de prendre un peu du poids de l'Histoire et du Temps sur les épaules, mais pour quelqu'un de mon âge, avec ma passion pour le Rock anglais, c'est un peu dur. Ian Mclagan a fait partie d'une de mes formations préférées de la vague british des sixties : les Small Faces. L'originalité de leur son et de leurs compositions tient évidemment en grande parie à la présence de l'orgue de Mclagan. Avec la voix d'écorché vif de Steve Marriot, c'était les deux marqueurs des Small Faces. Je ne résiste pas au plaisir de mettre un morceau des Small Faces. C'est tellement vigoureux et prolétaire, un vrai plaisir de classe de petits gars qui essayaient et qui y arrivaient. Ça fait plaisir.
The Small Faces : Son of a baker. C'est le bassiste Ronnie Lane (surdoué lui aussi) qui chante. Marriot se contente de martyriser en douceur sa guitare

Non mais, vous avez entendu ce son ! Purée, ça pète de partout ! De l'énergie bien pure.
Plus tard, avec Ronnie Lane et Kenny Jones il a scindé les Small Faces en deux et créé les Faces en s'adjoignant les services de Rod Stewart et Ron Wood. Dans la première moitié des Seventies, les Faces étaient tout simplement candidat au titre de meilleur groupe de Rock du monde, comme les Stones, les Who, Led Zeppelin et quelques autres cinglés. Même furia contagieuse, même dévotion à la musique noire, même consommation effrénée d'alcool (Pour les Faces, c'était le cognac Rémy Martin) et de groupies, même envie féroce de faire ses preuves comme compositeur et musicien et de jouer ce fucking Rock n'Roll comme étant la seule chose à faire au monde dans une urgence sans cesse renouvelée.
Les Faces étaient moins connus, plus en Angleterre qu'en Amérique cependant, plus prolos, plus braillards, plus "roots". De sales gosses, princes de la ville, rois de la gouaille.
Mclagan avait concocté il y a une dizaines d'années un coffret 4 CDs regroupant ce qu'il pensait être le meilleur des Faces. Il y avait beaucoup d'enregistrement live, de chutes de studio, d'émissions de radio ou de télé. C'était un travail en tout point remarquable et on sentait qu'il avait l'oreille toujours aussi alerte pour nous faire partager ce qu'il pensait être bon et qui n'était, à priori, pas ce qu'on aurait pu trouver sur une "compilation" de ce genre. Allez je mets deux titres des Faces qui, à leurs manières, le mettent en valeur. L'un est une reprise de McCartney, l'autre une reprise des Temptations.


Vous voulez de l'original ? Très bien. Tata Youtube va m'aider. Ca, c'est d'eux.

Vous avez vu ? L'album s'appelle "Good boys when they're asleep..." Chut, Ian Mclagan s'est endormi... Est-ce que ça fait de lui un meilleur garçon ? J'en doute. Et c'est tant mieux.

mercredi 26 novembre 2014

Avortez en chanson, les filles !

La loi autorisant l'avortement en France à quarante ans. J'admire Mme Veil. En hommage à celle qui n'est pas un de ces êtres vacillants, éternellement mineurs, qui ne savent pas aimer et aux pieds desquelles rampent les hommes pour étriller un bout de viande, je mets cette chanson problématique des Sex Pistols car anti-avortement, "Bodies". Plus violent, tu meurs. Comme un avortement.... Ah, non, un avortement, même en douceur, tu meurs de toute façon. Cessons d'être les esclaves de ces créatures qui existent à peine. Faisons leurs des mômes à qui mieux-mieux, ça les aidera à prendre conscience de ce qu'elles sont (à de très rares exceptions près) : de prétentieuses et brutales infirmes. Pourquoi cette chanson réactionnaire de la part des Sex Pistols ? Oh, c'est assez simple. Les Punks, ce n'est pas ce qu'on croit. Ils pensent : mais pourquoi la vie est-elle si merdique alors que ce pourrait être le Paradis sur la Terre ? Ils se prennent le mur à longueur de temps, tant et si bien qu'ils finissent par déclarer le mur seule réalité possible et enviable par une inversion post-romantique desespérée. Parfois cependant, ils se laissent aller à leur inébranlable bon fond. C'est le cas ici, ou Johnny Rotten laisse éclater son dégoût d'une réalite qu'il sent pouvoir être totalement autre. Des enfants partout, lui, ça ne le gènerait pas. Les punks, les vrais, ne sont plus de ce monde depuis longtemps. Ils sont morts d'excés de capacité à vivre à fond à la fin du premier tour de circuit. Le mur. Les morts-vivants continuent de tourner dans un lent auto-avortement. C'est moi, c'est vous.

Les paroles :

She was a girl from Birmingham
She just had an abortion
She was a case of insanity
Her name was Pauline, she lived in a tree
She was a no one who killed her baby
She sent her letters from the country
She was an animal
She was a bloody disgrace
Body, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
Dragged on a table in a factory
Illegitimate place to be
In a packet in a lavatory
Die little baby, screaming
Body, screamin', fucking bloody mess
Not an animal, it's an abortion
Body, I'm not an animal
Mummy, I'm not an abortion
Throbbing squirm
Gurgling bloody mess
I'm not a discharge
I'm not a loss in protein
I'm not a throbbing squirm
Fuck this and fuck that
Fuck it all and fuck the fucking brat
She don't wanna baby that looks like that
I don't wanna baby that looks like that
Body, I'm not an animal
Body, an abortion
Body, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
An animal, I'm not an animal
I'm not an animal, an animal
I'm not an animal, I ain't no animal
I'm not a body
I'm not an animal, an animal
I ain't no animal, I'm not an animal
I'm not an animal, Mummy

lundi 6 octobre 2014

Toutes les années sont importantes.

Pour donner une suite un tant soit intelligente au post précédent je vais mettre plusieurs vidéos. Tout d'abord, je vais rendre un hommage simultané et appuyé à Bob Mould et Grant Hart en mettant deux morceaux de leurs faramineux premiers albums solos. Si vous êtes un peu mélomane, je pense que vous allez ressentir la qualité des deux extraits.
Bob mould : "Whishing Well", précédé du très mélodieux "Sunspots".

Grant Hart : "All of my senses" Du grand (H)Art. Ça me fait frissonner à chaque fois.

Et puis j'ai dit que la reprise de "Wonderwall" par Ryan Adams était bonne Je la mets donc.

dimanche 31 août 2014

It's been a long time a comin'

Il y a un proverbe anglais qui dit "Wait and see" ; Attendre et voir. C"est ce que je fais.
A la base c'est un morceau du génial Antoine "Fats" Domino, de la Nouvelle Orléans.

samedi 9 août 2014

"Aubade" millésimé 1987.

Dans les années 80 on n'avait pas l'érotisme léger, décadent et élégant de Yukimi des Little Dragon. Bon, c'est vrai, le feutré, le délicat c'était pour David Bowie et ça marchait bien aussi. Mais le velu, la dentelle rouge, le tape-à-l'oeil, c'est pas ça qui manquait à l'époque. Songez qu'en ces temps déraisonnables Jacques Séguéla et Bernard Tapie étaient de gauche
Alors, ce qu'il y a en dessous ça râpe un peu mais c'est toujours mieux que Rihanna et Miley Cirus. D'un coté les fantasmes hauts talons de la femme à tout faire du Nain Pourpre et de l'autre les délires foutraques de Larry Blackmon, dont il faudra bien un jour reconsidérer l’œuvre à l'aune de celle d'un Prince justement, ou d'un Rick James. Ici, par exemple, le clip est très très bon.
Sheila E : "The glamourous life".

Cameo : "Candy"

lundi 12 mai 2014

80 % du temps, quand on parle, on parle de ce que font les autres tant ce qu'on fait est insignifiant.

Sinon, pour tous les bipolaires de la planète, les cyclothymiques patentés, ou simplement les déprimés définitivement bloqués sur "moins", j'ai ça en stock. Trois belles chansons aussi. Vous me direz : ça rend presque heureux les chansons, non ? Et le chant des oiseaux, hein, c'est pas mal ? Ouais, ouais, d'accord, mais faut pas pousser non plus, tout le monde ne s'appelle pas Saint-François d'Assises ou Marcel Amont.
Traffic et son bizarrement titré "Feelin' allright".

Seems I've got to have a change of scene
Cause every night I have the strangest dream
Imprisoned by the way it couldn't be
Left here on my own or so it seems
I've got to leave before I start to scream
But someone's locked the door and took the key

Ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself
Well, ya feelin' Alright?
I'm not feelin' too good myself

Well boy you sure took me for one big ride
And even now I sit and wonder why
That when I think of you I start to cry
I just can't waste my time I must keep dry
Got to stop believin' in all your lies
Cause there's too much to do before I die

Ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself
Well, ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself

Don't get too lost in all I say
Like the time I really felt that way
But that was then and now it's today
Can't get off yet and so I'm here to stay
Till' someone comes along and takes my place
With a different name, yes, and a different face

Ya Feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself
Well, ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself

Paul Weller et son "Changing man"


Is happiness real?
Or am I so jaded
I can't see or feel - like a man been tainted
Numbed by the effect - aware of the muse
Too in touch with myself - I light the fuse

I'm the changingman - built on shifting sands
I'm the changingman - waiting for the bang-
As I light a bitter fuse

Time is on loan - only ours to borrow
What I can't be today - I can be tomorrow

And the more I see - the more I know
The more I know - the less I understand.

I'm the changingman - built on shifting sands
I'm the changingman - waiting for the bang-
To light a bitter fuse

It's a bigger part -
When our instincts act
A shot in the dark -
A movement in black

And the more I see - the more I know
The more I know - the less I understand.

I'm the changingman - built on shifting sands
(I don't have a plan)
I'm the changingman - waiting for the bang-
To light a bitter fuse

Blur : "This is a low" ou comment vivre avec une dépression avoisinant les 950 hectopascals ?

And into the sea goes pretty England and me
Around the Bay of Biscay and back for tea
Hit traffic on the dogger bank
Up the Thames to find a taxi rank
Sail on by with the tide and go asleep
And the radio says

[Chorus]
THIS IS A LOW
BUT IT WON'T HURT YOU
WHEN YOU ARE ALONE IT WILL BE THERE WITH YOU
FINDING WAYS TO STAY SOLO

On the Tyne forth and Cramity
There's a low in the high forties
And Saturday's locked away on the pier
Not fast enough dear
On the Malin head, Blackpool looks blue and red
And the Queen, she's gone round the bend
Jumped off Land's End
And the radio says

[Chorus x 3]

jeudi 10 avril 2014

A feel good song.

Dans le genre "on s'éclate tous à fond les ballons dans une ambiance cool, détendue et joyeuse, submergés par un flot de good vibes", on ne peut pas faire mieux. ENJOY.

mercredi 25 décembre 2013

Holy Night.

A cette heure là, les oiseaux commencent à chanter. C'est chiant, je ne suis plus seul, seul à dessaouler devant l'écran de mon PC, bien neutre, servile à souhait, qui se prête sans broncher à toutes mes folies solitaires. Je vais perdre un  peu de mes moyens. J'aime les oiseaux, comme Saint François d'Assise, comme Olivier Messiaen. Mais pas maintenant, pas là. Là, c'est ma nuit, ma douceur, ma tendresse et toutes les violences possibles. C'est un tableau de marche vierge pour mon ciel charbonneux. Une protestation muette, enfouie dans le noir, révélée par l'ampoule (que personne ne voit). C'est là que je suis. Que je fais des signes incompréhensibles, de loin, bien content de mon tour de vache. Eh, eh, je ne vous parle pas, même si je désespère d'être aussi une cause. J'ai l'imagination fertile pour ça et tout ce qui vous arrivera sera pourtant sans raison, sauf le salut de la mienne, déjà chavirée. S.O.S. S.O.S. Ne venez pas troubler ma quiétude inquiète, si vous me tendez la main, je me couperais le bras. Dans cette nuit que je possède comme on possède une femme, rien ne peut m'atteindre, rien ne changera jamais. Il faut que je veille au grain, chaque nuit que Dieu fait, que je fais, c'est ma seule et invisible hardiesse, c'est ma grande faiblesse, ma torpeur qui vient et dont j'attends qu'elle me cueille au matin, quand les yeux des autres s'ouvrent sur des miracles qui me tueraient au premier effet. Ah, Je me démène, je fais tout mon possible et j'y arrive ! Je suis rattaché au reste du monde comme une presqu'île à la terre. Une lande vierge, juste quelques genêts, le regard en dedans, à l'abri des rades et la côte sauvage plus dangereuse que tous les pilleurs d'épaves. Je m'attache encore, à l'ordinateur, blême si obéissant, idiot. Je suis odieusement conforté dans ma lutte. J'ai fais taire les oiseaux, par un tour mystérieux. Un jour, je dis bien, un jour, ils triompheront de moi, d'une pichenette sonore. D'ici-là, la nuit, je me moque d'eux, de vous, de toi et j'attends qu'il soit trop tard pour chanter. Chanter mon bonheur.

mardi 15 octobre 2013

Le Swing. Le Duke. Le Swing du Duke. Et le Pain béni.

Bon, j'ai parlé de Walt Disney dans le post précédent. C'est bien beau Disney, enfin, ça l'était, mais pour nous, les adultes aux grandes oreilles, aux grands yeux, aux grandes mains où sont le Cotton Club et la Revue Nègre, Les Nicolas Brother et Joséphine Baker ?
Je vous passe les chamailleries de gauche politiquement correctes qui tentèrent a posteriori d'esquinter Ellington à Harlem et Baker aux Folies Bergères alors que, chacun de leur coté,, chacun à leur manière,  ils chamboulaient des têtes qui s'emplissaient de Swing et de sexes de toutes les couleurs, d'Amour et de Musique.
Non, je ne vais pas ergoter, juste mettre deux petits films qui font du bien. Joséphine Baker agenouillant un public aux anges de ses deux seins vainqueurs (Cf Delacroix) et Ellington enfonçant le clou d'une vérité première à grand coup de génie sans comparaison possible.
Baker au Casino de Paris en 1931 : Voici le lien pour l'avoir. C'est muet.
http://youtu.be/86HqDSY9l9A
Ellington en 1943. Magistral.

Le Livre. La jungle. Le Livre de La Jungle.

On m'a dit l'autre jour que Walt Disney s'était attiré les foudres de certaines bonnes âmes concernant le supposé "racisme" de son film "Le livre de la jungle" car les singes y seraient la transposition des noirs américains.
Évidemment, tout le monde se souvient de la scène merveilleuse où le Roi Louis danse un swing du feu de Dieu en implorant Mowgli de lui donner le secret des Hommes : comment faire le feu ? En fait, tout part de là. Et tout s'arrête là. "Le livre de la jungle" est un film assez complexe. Il est tiré d'un grand livre de Rudyard Kipling, auteur remarquable et l'adaptation est plutôt réussie. Il va de soi que, ni Kipling, ni les studios Disney ne pouvaient faire des singes des personnages simples. Vous avez déjà vu des grands singes de près ? Ca questionne tout de suite. Oui, cette question là, cette question de la limite entre eux et nous, de ce qui nous fonde nous autres, hommes. Il n'est pas de réponses simples, sauf pour les cons. En tout cas, si vous demandez à des mômes qui ont vu "Le livre de la jungle" ce qu'ils pensent des singes, ils vous répondront qu'ils sont drôles, rigolos, malins, un peu trop, qu'ils dansent bien et écoutent une musique encore meilleure que leur danse. Voilà jusqu'où voient les mômes avant qu'on ne leur remplisse la tête de merdes soit-disant "adultes" qui "élargissent" leurs horizons.
Je vais donc mettre "La chanson du roi Louis" ("I want to be like you" en anglais), en hommage à Walt Disney, à sa bande d'animateurs de génie, à Rudyard Kipling, à Baloo (qui craque, comme de juste "Im gone, man, solid gone.") et à Louis Prima qui chante, et qui était blanc.

samedi 31 août 2013

Perdus dans la musique. Acte V

2013. Enfin, c'est l'année indiquée sur les calendriers mais les calendriers mentent. Preuve en est la calendrier Maya qui ne daignera pas aller jusqu'à la fin du Monde. Pas très sérieux tout ça, messieurs les Mayas. Donc ça se gâte encore avant le "boum final". Un jeune anglais de 19 ans, issu de Nottingham, réinvente la Country américaine, issue de la bouse.  Au passage, il pond une des meilleures chansons des Everly Brothers que les Everly Brothers avaient oubliée de composer.

1959. Dans son film de cette année-là Howard Hawks fait chanter un des Jake Bugg originaux de l'époque, Ricky Nelson, en duo avec Dean Martin, soutenu par le vieux Walter Brennan, sous l’œil goguenard de John Wayne. C'est une pause dans le film, mais aussi dans l'Histoire, dans le Temps, un rêve de cinéphile, un rêve d'homme. Hawks présente ça avec son professionnalisme habituel, sans emphase, sans falbalas et il donnera l'impression de passer à la scène suivante sans plus sourciller
Sauf qu'il n'y a pas de scène suivante. En tout cas, pas comme ça, plus comme ça. Il n'y aura plus que des remakes, des revivals, du rétro-futurisme jusqu'à ce que tout ait lieu partout, en même temps, comme si le Temps et l'Histoire n'avait plus début ni fin. C'est toujours un rêve d'homme, un rêve de cinéphile. Les films ont changé.

"Lost in tranlation"
Une jeune femme  américaine voit passer le Temps et l'Histoire devant elle au Japon. Elle n'en fait pas partie, elle n'a pas envie d'en faire partie. Enfin si, un peu. Elle fait juste un vœu, au cas où. Peu avant, dans le train, elle écoutait la musique d'un groupe français. Elle sourit en voyant passer ce vieux couple. Elle a très peu d'ambition. C'est mieux. Les cinéphiles passent finalement. Les hommes aussi. Les films meurent.

BOUM !

lundi 29 juillet 2013

Perdus dans la musique. Acte III

Les Isley Brothers sont des forces de la Nature et un des groupes en activité à la plus grande longévité. Songez un peu que "Twist and shout" en 1962, c'était eux. S'en sont suivis une bonne quarantaine d'albums très variés. Et en 2001, Ronnie Isley et son frère Ernie, le guitariste surdoué, sortent un CD intitulé "Eternal". L'alter-ego de Ronnie Isley, "Mister Biggs", une sorte de Godfather noir, y fait sa première apparition notable. On le reverra chez R. Kelly dans une scie géniale et imbitable dont l'idée du clip est piquée à "Pulp fiction" : "No one has to knows", "Personne n'a à le savoir"...devinez quoi !!!
L'album est torride, il sent la sueur et les fluides corporels en tous genres disséminés un peu partout. Pour peu que la nuit soit vraiment chaude, si on est seul, ça devient intenable. Et paf ! voilà t'y pas qu'ils reprennent sans se démonter (pas le genre) une très belle chanson des Chic, c'est à dire du duo Rodgers/Erwards qui nous occupait il y a peu : "Warm summer night". Le truc est simplement dégoulinant. Les paroles rajoutées par Mister Biggs sont obscènes (In a minute/ I'll be in it...) qu'importe, on dirait que le disque propage des phéromones dans tous les sens. Ça fait couiner, râler, hurler. Sur internet, je ne sais pas si ça marche. Je pense que oui.
Donc "Warm summer night" deux fois. Chauffé à blanc (si je puis dire) par Ronnie et Ernie Isley.
Puis plus classieux par les créateurs du morceau : Chic et leurs choristes-walkyries du disco.
Le clip est fourni par un sympathique érotomane aux goûts plus que douteux. Grâce lui soit rendue.


Petit plaisir perso en bonus.

vendredi 7 juin 2013

L'équipe de Nuit.

Souvent, je ne dors pas la nuit. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas. J'aime la nuit. Assez pour m'y lover, y vivre à la préférence du jour, y veiller à l'essentiel : que ça continue...De là à me laisser aller à y dormir...Au matin d'autres prendront le relais d'une routine qui sait se rendre aimable. S'il y a quelque chose que j'apprécie ,c'est de ne pas être totalement seul dans mon bout du voyage. Il y a la radio ( là c'est Dylan qui passe, le dernier album), et la certitude que d'autres que moi font aussi le boulot, en même temps que moi : the "Nightshift" : Jackie Wilson et Marvin Gaye. Où et quand au juste ? Je ne sais pas trop. Mais je sens leurs présences. J'en suis, déjà. De l’Équipe de nuit.
Le clip est étonnamment sobre.

dimanche 25 novembre 2012

Le disque dur, mon vieux, le disque dur.

Des gemmes oubliées par le Temps, pas par la mémoire.
50's - Nina Simone : "My baby just cares for me"

60's - Billie Joe Royal : "Hush"

70's - Mott the Hopple " Sea diver"

80's - The Style Council :" Paris Match"

90's - Jason Falkner : "I live"
00's Blur " Battery in your leg"

Une bonne nostalgie à venir se prépare sans attendre.
10's - Wild Beasts : "Smother""