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vendredi 20 mai 2016

Les Paradis se perdent toujours.

Laissons le chanteur Slimane à ses forfaitures incongrues, Amir à ses paroles en anglais (pendant que les Autrichiens, les migrants au cul, chantent en français), Christophe Maè à sa recherche d'une idée désormais vieille en Europe, Keren Ann à ses plaisanteries hipster yiddish et faisons ensemble un tour dans les grandes allées de la ballade française de qualité, on y respire un air toujours pur aux qualités régénérantes indubitables.
C'est parti. Christophe : "Les Paradis perdus".

Alain Bashung : "L'apiculteur" (live)

Arno : "Les filles du bord de mer".

Nino Ferrer : "l'Arbre noir". (Le guitariste me laisse à genoux).

Léo Ferré : "Ton style". Je ne vois de plus beaux mots d'amour à dire à une femme. Brigitte Fontaine est d'accord avec moi.



mardi 10 mars 2015

A man vanishes.

Me voici revenu à Bashung. Comment cela se fait-il ?  Je l'ai méprisé tant d'années... Peut-être la mort que je sens présente. Je l'avais quitté en 1986 avec "Passé le Rio Grande" et le mirobolant single "S.O.S. Amor", subtile et bavarde éclaircie d'absurde rigolo du parolier Boris Bergman et me voilà en train d'écouter "Comme un Légo", prêté au déjà malade Bashung par le grave et impitoyable Gérard Manset. On ne peut pas dire que la vie ait été légère à l'alsacien. Il avait trouvé une sorte de posture d'équilibriste du désespoir toujours élégant du temps où je l'écoutais plus jeune. Les bombes H et les SS 20 étaient désamorcés par des rires francs et terribles qu'on osait pas pousser jusqu'au bout, jusqu'aux conséquences ultimes, trop trash, trop, violentes. Bashung nous aidait à dédramatiser, chic envapé de fumées trop épaisses qui traînait sa carcasse dans les mêmes parages que nous. "Nous" ? Une bande d'artistes trop frais, trop naïfs, trop méchants, pas assez durcis, pas assez cyniques, pas assez comédiens. Des branleurs. Le temps a fait son oeuvre délétère. Et là, paf, maintenant, "Comme un Légo". Chloé Mons, la compagne de Bashung, disait un jour qu'elle s'était engueulé avec son homme parce que celui-ci avait décidé de la chanter sur scène et que, pour elle, ça voulait dire que Bashung abdiquait devant la Mort qui arrivait. C'était vrai. On ne chante pas les chansons de l'oracle Manset sans conséquence et le trouvère grave trouvait là un exorcisme final dans la litanie sépulcrale qu'il fallait sortir sans tergiverser, les yeux dans les yeux de la Mort et le poids de la Vie sur les épaules. Bashung à eu à coeur de finir comme ça, dans le sublime et calmement. La Beauté n'est plus alors une option, une conséquence, "toujours ça de pris", c'est un cadavre qu'on exhibe sur ses genoux et qu'on fait parler comme une poupée de ventriloque. C'est ce qu'il s'est astreint à faire, durement, lentement, sûrement, sans défaillir. Puis il est mort, bien sûr, libéré d'une quête aboutie, loin du Rio Grande, loin des oiseaux et des lavabos, simplement mort.


lundi 31 mars 2014

Histoire drôle ?

Allez savoir pourquoi on meurt ? Pourquoi on aime ? Il n'y a pas de règles et pas de réponse facile. Pourtant il faut apprendre à aimer et mourir, sans savoir comment on fait, et faire avec ce qu'on a, comme on peut et parfois on ne peut rien du tout. Parfois on sait un ou deux trucs, qui ne tiendront pas le coup de toute manière, mais il faut y aller quand même. T'as pas choisi ? Arrête avec ça ! Évidemment que si, comme tout le monde, et on y va tous de notre petit couplet triste ou gai. S'il n'y a pas de règles ça ne veut pas dire qu'on peut faire n'importe quoi, ça veut dire qu'il faut les inventer. Il y a là ton amour et ta mort, débrouille-toi. Et chante. Surtout, chante.





mardi 26 novembre 2013

Daho ? Il est à chiure !

L'autre jour, les relents du dernier titre de Daho m'arrivent aux oreilles. J'entends les rimes en "ure" : "déchirure", "blessure", "usure", bref elles y sont toutes sauf "peinture à l'huile" et "peinture à l'eau". Lamentable sentiment de vide. Et je me mets à penser à Daho, à sa carrière, à ses chansons. Affligeant constat, à part "Week-end à Rome", son premier tube, je n'en connais aucune. Je n'aimais pas particulièrement Alain Bashung mais quand même il me reste plein de choses de lui, et tout spécialement des chansons, matériau fragile s'il en est. Gérard Manset est Dieu, Jacques Dutronc le Diable, et ils chantent, mais quid de Daho ? Une vanité, une étoile morte, un souffle tari (taré) à la racine. Alors pourquoi tout ce tintamarre ? Il est presque aussi nul que Johnny Hallyday !
Les chansons, les Français savent, ou du moins, ils ont su. C'était rive gauche, jazzy, "Jeff", les trucs de moustachus avec du sens ; mais  pas la Pop, le Fun, l'éclate sans le cynisme ou la mièvrerie, bref tout le fond de commerce des Anglais, ça, non, ça leur a toujours échappé. Et ce pauvre Daho qui se la joue amateur éclairé de musique anglo-saxonne, Velvet et compagnie ! C'est qu'il est en deviendrait vulgaire, l'indécent !
Le truc, voyez-vous, c'est que ça fascine, ça hypnotise, ça shamanise un homme qui chante, c'est de la Magie. "Obscure Littérature" dirait notre Etienne, maintenant mûr, mature, nature....Stop, stop, stop voici un petit gars qui dure dure, dure, enfin qui est encore là pour quelques temps : Grant Hart, ancien co-leader d'Hüsker Dü, live avec sa seule guitare, enregistré au Brésil. Pourtant, il va mal, ça se voit, à défaut de s'entendre. N'importe, à coté de ce brillant diamant millénaire, Daho n'existe tout simplement pas. Fluctuat nec Mergitur.