Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Politique. Afficher tous les articles

samedi 31 août 2019

Put yourself together, England !

- D'accord pour Rod Stewart, Oncle Rock, mais Mick Jagger...quand même...
- Oh, Jagger est un fin politique, il est finaud à l'extrème le Stone. Laissons le parler de son pays en ces heures orageuses, l'Angleterre, il connait.

Got some Rod stewart.

- Ouh, Oncle Rock il aime Rod Stewart ! Eh, la Honte !
- Bien sûr que j'aime Rod Stewart bande de merdeux post-modernes de mes neveux.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai de la mémoire, pas du vintage frelaté plein la tête, de la mémoire. Et de l'allant pour les siècles à venir
- Laisse tomber ça, Oncle Rock, les siècles à venir c'est pour nous.
- D'accord, Roro, Fafa et Lilou, mais prenez de l'élan. Un peu. "Some". Avec Rod.

Et cette saloperie nationaliste, c'est pas de la bonne camelote... C'est EUX qui ont terrassé Hitler pas nous !

Vous savez où elle est votre maison, vous ? Moi, oui.

lundi 10 décembre 2018

Gilets jaunes : la révolution normale.

Les gilets jaunes ? C'est la revanche des types à peu près normaux qu'on bassine depuis quarante ans avec la supériorité des différences voire des déviances sur leur pauvre normalité bêtement imposable. C'est l'héritage de mai 68, et pas mai 68, qu'ils refusent désormais de payer. Celui porté par Foucault, Barthes, Sollers, les écolos-traders, Koltes, Deleuze, Guattari, Bourdieu. A ce fatras de conneries, les gilets jaunes répondent un simple "Ben oui, je vaux bien un pédé, un immigré, un fou, un intello, un tueur en serie, un théâtreux abscons, un gaucho-sociologue qui me chie dessus, un grand patron, un bobo. Je veux ma place." Cette place est centrale, sans elle il n'y a rien de possible. Car s il est vrai que la norme est differente d une société à une autre il n en demeure pas moins vrai aussi que partout il y a une norme. De la bonne volonté, de la bonne humeur des gens "normaux" depend l intégration ou le rejet des marges. Macron a cru pouvoir enculer ces gens "normaux" cinq ans de plus, ce qui se serait ajouté à 40 ans d'avanies, mais non, ça ne passe plus. Moi, je souhaite simplement voir sa tête au bout d'une pique et assister à l'avènement d'autre chose. Quoi ? Impossible à déterminer. Le pire ? Le meilleur ? Nous verrons bien. C'est ouvert....pour une fois.
La seule et unique BONNE version de "Revolution" des Beatles, la faussement "live".

lundi 16 avril 2018

Milos Forman ? Il a fait un peu de cinéma avant de mourir, c'est déjà pas mal.

Il a raison Skorecki, les spectateurs de cinéma de nos jours sont nuls et comme de juste les films sont nuls. Prenez Milos Forman, qui vient de mourir, il a commencé très fort, avec des films qui venaient d'ailleurs, de loin, de l'autre coté du mur, des hommes et des femmes de là-bas, de nous par là-bas, rendus à nous même par le regard du même/autre gentiment, tragiquement tordu. C'était possible, pour lui, ailleurs, pour nous ici. Ses films de l'époque tchèque subjuguent toujours par leur fraîcheur, leur actualité, dés qu'il va tourner aux Etats-Unis ça va se gâter et virer à l'épate avec numéros d'acteur et biopics plus gros que l'écran. Son tour va passer. Sa magie s'éroder.  Encore un peu de bon dans "Valmont"; "Amadeus" tient sur les acteurs et la musique; il m'est venu l'envie de lire "Fly over a cuckoo's nest" de Kesey qui inspira "Vol au-dessus d'un nid de coucou" et par induction "Once a great notion" (qui inspira "Le clan des irréductibles" de Paul Newman), et voilà, c'est tout. C'est peu ? Regardez les images que je vais mettre ci-dessous, elles sont remarquables, radicalement autres, proches à la racine, mystérieuses, en un mot c'est du cinéma. Il faut certaines conditions pour faire du cinéma. Godard n'a fait qu'un seul film parce que les conditions, toutes les conditions n'ont été réunies pour lui que pour un film, son premier, "A bout de souffle". Ford, Guitry, Iosseliani, Rosselini ont eu plus de chance, leur fenêtre de tir a duré plus longtemps, ou est revenue plusieurs fois.
Où sommes-nous et avec qui ? Ce sont les questions que posent le cinéma, c'est à dire celles de l'Amour. Dans "Les amours d'une blonde" Milos Forman répondait à la question d'une manière incroyablement juste. Voici quelques images de nous ailleurs, là-bas, loin, tout proches, à bout touchant. Comme tout bon cinéma, c'est à la racine : ra-di-cal. Comme Murnau, Pabst, Flaherty et compagnie...



lundi 29 janvier 2018

Laissez Mark E Smith entrer au Paradis des mécréants, le seul qui vaille.

Décès de Mark E. Smith fondateur et leader du groupe de rock indé "The Fall". C'était une sorte de contestataire comique et mal-luné qui était capable d'à peu près tout pour déformer le moule universel dans lequel on essaye de nous fondre. Une sorte d'Alphonse Allais du rock, impayable, imbuvable, irrécupérable. Alcoolique notoire, dézingué sans sur-moi paranoïaque inhibant, il avait une propension pas possible a épouser de jolies et intelligentes femmes et à rameuter autour de lui des musiciens de qualité qu'ils faisaient marner à élaborer derrière ces élucubrations imbitables un fond sonore de première bourre. Je crois qu'il adorait par dessus tout mal se tenir, dire des conneries qui touchaient juste en étant chantées faux, être toujours là où on l'attendait pas, dynamitant par avance toute espèce d'attitude et de pose et je l'appréciais (beaucoup) pour ça. L'incongruité était son mantra, la hargne son carburant. Grâce à lui le rock se tenait droit tout en ayant la gueule de traviole. Des preuves ? Pas de lézard...là je crois qu'il se pisse dessus. Les chiottes c'est pas pour lui, les chiottes, pour lui; c'est partout en fait...

Et cette reprise de Sister Sledge, composée par Nile Rodger et Bernard Edwards, c'est à dire Chic, avec la bande audio en français outrageante qui la traverse, c'est-y pas beau ?

dimanche 3 juillet 2016

Wiesel, Cimino, Rocard, arrivée dans l'ordre.

Elie Wiesel et Michael Cimino sont morts. Que dire au sujet de ces disparitions, au sujet des bonhommes ? La mort d'Elie Wiesel ne me chagrine guère. Il était un de ces juifs qui ont instrumentalisé leur expérience des immondes camps de la mort nazis pour permettre la fondation d'un état juif, qu'il défendait envers et contre tout et tous. Profondément religieux, d'éducation hassidique, passionné par la Kabbale, il a participé activement à l'institutionnalisation du souvenir de la "Shoah", ce pour quoi il a eu le prix Nobel de la Paix. Quand on voit le bordel que foutent les juifs au moyen-orient, on se demande bien pourquoi ? Quand à la "Shoah", son souvenir infecte tellement les consciences de tous qu'on ne saurait plus en tirer les leçons de vie et de mort qui s'imposent à tout homme. Résultat des courses : il y aura d'autres camps de la mort. C'est déjà fait ? C'est vrai, j'oubliais...Merci à Mr Elie Wiesel donc, et à ses compères, pour nous avoir bien pourri la tête avec leurs obsessions juives, plutôt qu'humaines, au sens le plus strict et le plus commun du mot "humain". Il est temps de regarder ailleurs et autrement que là où on nous enseigne de le faire à l'école. Dans quelles directions ? Je ne suis ni juif, ni du peuple, ni prophète de malheur, démmerdez-vous. Tout ce que je sais, c'est que la Vie n'aime pas les camps, de toute sorte.
Pour Michael Cimino je suis un peu plus embêté. Parce que le cinéma, ça ne m'épate plus trop et cependant, il était un des tous derniers grands cinéastes "classiques" en vie avec deux chef-d'oeuvres absolus à son actif : "Voyage au bout de l'enfer" ("The Deerhunter") et "La Porte du Paradis" ("Heaven's gate") qui tiennent la route à coté de n'importe quelle autre grosse pointure du cinéma mondial tournée depuis que le cinéma existe. Ce n'est pas rien, et même si le cinéma est pour moi un art mineur, de cette sorte-là, il atteint des sommets qui brouillent mes cartes esthétiques et mes échelles de valeurs. Leone, par exemple, c'est plutôt bon, plaisant, jouissif même, mais de seconde zone. Je ne dirai pas la même chose du début du "Deerhunter" et de tout "Heaven's gate", qui reste un monument narratif visuel. Or, c'est quand même ça le cinéma à la base : écrire des histoires avec des images en mouvement. Le plaisir n'est pas de la même nature. On a jamais fait mieux que Bresson, certes, mais Cimino, dans un genre très différent, a sa place parmi les plus grands. Ca a du bon d'être troublé, parfois. Outre ses deux films-là, je conseille à ceux qui voudraient appronfondir leur connaissance de Cimino de regarder "Sunchaser", le dernier, de 1995, il est plutôt bon, magique même. Son premier film est un véhicule pour Clint Eastwood qui ne vaut pas grand-chose sauf pour la présence de George Kennedy. "L'année du dragon" aurait du être un grand film si Cimino n'avait pas eu les chocottes de remettre le couvert de la faillite financière de "Heaven's gate". "Le Sicilien" est plombé par la présence et le jeu d'acteur (?) de Christophe Lambert. Il y en a un autre, anodin. Mais enfin, quel metteur-en-scène peut se targuer, dans ces cinquantes dernières années d'avoir deux très grands films à son palmares ? On est plus à l'époque des Murnau, Pabst, Flaherty, L'Herbier et consort et quand on étudie d'un peu près la chose-cinéma, depuis les années 60-70, il y en a pas des masses. Il y en a, mais moins que dans les années 20-30, beaucoup moins.
Bon, je vais mettre un ou deux extraits de "The Deerhunter" ou d'"Heaven's gate". N'importe lesquels, de toute manière, c'est génial. Je compte sur les juifs d'Hollywood pour nous pondre un biopic d'Elie Wiesel comme ils savent les faire de nos jours. (En fait, je ne souhaite un pareil traitement à personne même pas à ce pauvre Wiesel).

Du shtetl à la Johnson County war, le VRAI "Il était une fois en Amérique."

Michel Rocard est mort, lui aussi. Je me souviens que la tête de ce con ornait jadis la salle des trophées de cette salope de Mitterand.

jeudi 26 mai 2016

Fin de la lutte continue dans le triomphe d'un matin.

Mes larmes ont ce goût-là. Le même goût depuis l'enfance.
Donné par l'apreté du combat, l'acharnement à faire mal, l'envie de vivre, l'envie de mourir, le sentiment de perte qui serre la gorge dès le commencement, la déchirure intérieure, le manque de repos, la fatigue guerrière, les insomnies d'effroi, l'usure prématurée, l'impression de suivre un ordre précis qui n'est pas le mien, les contraintes contraires, l'oblique à redresser sans fin, le charivari constant, toutes ces choses et bien d'autres qui ont laissé mon coeur blessé à jamais.
Ennio Morricone, génial.

mercredi 4 mai 2016

Prince, Bowie et un je-ne-sais-quoi en plus.

La classe, ça existe. David Bowie avait la classe. Dans son genre Prince l'avait aussi, ce truc; ce je-ne-sais-quoi qui fait qu'on remarque votre présence, qu'on la sent. C'est quoi ? Oh, un peu de tout : les fringues, la posture du corps, le regard, les gestes, deux ou trois objets comme une cigarette et une chevalière, la démarche, le timing surtout. Etre là, où il faut quand il faut, comme un bonus au monde tel qu'il va qui devient lentement évident, vital, qui impose sa marque sans brusquer les choses, à la coule. La classe fait qu'on vous distingue de la masse bourdieuesque des clodos de la vie (les fringues de Bourdieu !) et des ploucs. Aldo Maccione a très bien parodié la classe. Si on peut en faire un truc comique, c'est que ça existe bel et bien; c'est à ça qu'on reconnait l'existence d'une chose aussi évanescente que la classe.Attention ! On peut être classe en 2 CV, en punkette, en pantoufles (à talon, avec un désabillé et du parfum pour les femmes; avec une robe de chambre en cachemire et un verre de Cognac pour les hommes), tout est dans la nuance, l'appui ferme et souple d'une présence; c'est ça, le mot important, "présence", et même, plus net, "prestance". Dans ses films, Prince est opposé à sa caricature et à la caricature de la classe, Morris Day, double vulgaire et concupiscent qui drive son groupe The Time. Tout pue l'ostentation chez lui, la frime à pas cher sous des allures qui exhibent les dollars sans honte, mais sans joie, sans prestance. Nuance. Quand il rit à ses propres blagues, Morris Day, tout le monde se marre; quand un mec qui a la classe fait une plaisanterie, tout le monde est bluffé et certains osent un franc sourire. C'est là que l'on voit les dents blanches des jeunes femmes qui baissent un peu les yeux.
Il existe une chanson que personne ne sait vraiment comment prendre. Ca s'appelle :"Donald Trump, Black version" de The Time. Est-ce que Morris Day y fait vraiment l'apologie de Trump ? Est-ce qu'il se fout de sa gueule de cake ? Je vous donne la réponse. Morris Day, endossant son personnage habituel, fait l'apologie du pognon et de Donald Trump, sans aucun doute MAIS, il s'agit d'un personnage (qui existe vraiment, attention, il y a en plein !) et il ne faut pas le prendre au sérieux. Je vais la mettre en-dessous la chanson, c'est une pignolade, une bouffonerie, mais exécutée avec maestria et talent. C'est tout le paradoxe de Morris Day et de The Time, ils ont un talent fou mais ne sont pas sérieux du tout et, finalement, le "Character" (pour employer un terme dont use Day pour parler de lui sur un album solo) a détruit le bonhomme qui n'a plus rien à dire et à montrer depuis longtemps, enferré dans son image de branleur sans l'ombre d'une classe quelconque. Faire-valoir vulgaire de Prince, c'est pas une vie. Donald Trump, Black version ? Est-ce que l'on peut rêver d'un homme qui ait moins la classe que ce "personnage" ? Tarantino en met plein ses films, non ? Et les gens trouvent ça génial. Mais personne ne dit de Tarantino qu'il a la classe, pas vrai ?

mercredi 20 avril 2016

Kaos final.

2000 ans et plus d'Histoire d'une civilisation en Occident pour en arriver à ça, cette infamie :
Ah, les barbares ! Conseil aux migrants : barrez-vous, repartez là d'où vous venez, essayez de construire quelque chose de digne de votre merdier. Je sais, c'est dur mais par ici, c'est mort, mort de chez mort. Voir et écouter ça, c'est pas pire que d'être brûlé vif. Voici cinquante ans que les élites se battent pour que ce genre de gugusse prenne les rènes du pays. Ils ont déjà gagné à Nuit Debout. Vivre en Occident n'est plus possible, à moins d'être un de ces dégénérés. Je le sais, j'habite avec eux. Circulez, y'a plus rien à voir, ni de moderne, ni d'ancien, ici c'est Kaos par Kalash, c'est à dire l'Enfer.

lundi 4 avril 2016

Je chie de la tête. C'est l'étron lumineux !

J'me suis préoccupé, j'me suis fait du mauvais sang. Cétait un raout de questions dans ma tête. Depuis que je suis tout petit, à n'en plus finir. Est-ce que je fais bien de faire telle ou telle chose ? Est-ce que je fais du mal, sans m'en rendre compte ? Est-ce que je respire pas l'air d'un autre ? D'une autruche, d'un caneton qui vaudraient dix fois plus que moi ? Où elle est ma place ? Dans quel sens j'avance ? Et est-ce que je dois avancer ? Les femmes, le travail, l'argent, dans quel ordre et pourquoi ? J'me suis retourné le chou, comak. Ma cervelle devenait du mou pour les chats. J'vaticinais, j'déroulais du cable de neurones usés, j'perdais le Nord, l'Ouest, les autres et la boussole. Mais bon, à force d'avoir mal, j'ai atteint le bout. J'me suis dis que j'm'y prenais pas de la bonne façon, sûrement. Alors, j'ai pensé plus petit, plus ramassé, moins dans les grandes eaux. Moins tour Effeil. Et petit à petit j'ai construit quelque chose, avec un peu de nerf et de sang pour un peu de sens. Oh la la, ça a été long ! Je marche pas bien vite mais je tiens debout tout seul (ou presque). Y'a des journées, j'ai un peu de mal à les traverser mais la nuit j'étouffe pas trop. J'suis seul mais moins. Y'a des options n'est-ce pas, alors j'écoute aussi, les différentes options qu'on me propose. Y'en a que je trouve sensées, d'autres pas. J'suis presque calme, presque et v'là la cinquantaine qui arrive, paf !, de nouveau des questions et l'ultime pirouette qu'on ne pourra pas rattrapper. Ah, j'men re-pose des questions, ça revient en force le délirium sémantique. Je deviens escargot, limite limace. J'ai l'oeil glauque et je cherche la lumière. J'en ai jamais assez. Parce qu'un peu partout autour de moi, c'est les ténèbres et des choses que j'avais crues mettre à distance de sécurité qui se rapprochent. La société, par exemple. Elle tourne pas rond, elle à son poids sur mon dos, sur le dos de tout le monde. On y joue son rôle, on y cherche sa place, hyper-contraignante, les règles du jeu sont dures à avalées. Si t'es pas d'accord, on t'envoie les C.R.S. Des vicelards qui cognent pour tant pas mois et qui y trouvent leur compte. Le travail est dur, suivre les règles ne paye pas mais la Loi t'y oblige alors je/tu serres les dents, comme tout un chacun et je/tu fonce(s) dans un brouillard bien opaque Et puis, y'a un éclair blanc. Aujourd'hui c'est les "Panama Papers" et je comprends. (et toi ?) Le système réel fonctionne, y'a pas de doute, ceux qui sont dedans en vivent, voire y croient mais en fait ce système est ponctionné par un gros parasite, une sorte de cancer qui lui sert aussi de cerveau. C'est juste quelques milliers de personnes qui en tirent réellement profit, qui en tirent une jouissance quasi-divine et les moyens d'en jouir toujours plus. Des gens qui tirent vraiment les ficelles, des vrais Maîtres des Poupées que nous sommes. Des hommes politiques, des hommes d'affaires, des sportifs, des artistes, qui pour la plupart ont un rôle "officiel" dans le monde réel, mais dont la véritable raison d'être et la vraie vie est dans le parasite, dans le cancer, en douce, en fureur et horreur. Si t'es un peu réglo, si tu t'estimes lèsé, ça prend le chou ce truc-là, parfois jusqu'à devenir complotiste ou djihadiste...
Je n'en suis pas là mais ça y est, me voilà définitivement déniaisé. Je n'irai plus voter, ça ne sert à rien, l'ordre règne toujours qui nourrit à foison toujours les mêmes et les goinfre quand le quidam de base trime pour bouffer un minimum. Et il n'est pas question d'influer sur la société. La société est comme ça depuis l'avènement du capitalisme libéral, c'est à dire le début du 19eme siècle et elle mourra sans avoir évolué, et nous avec. Toutes les tentatives pour la réformer ont échoué, car elle marche bien avec ce qu'est profondément l'homme. Le cancer est sorti de chaque crise plus fort. Je ne veux pas qu'il me bouffe trop la tête, je veux garder d'équerre le peu de cerveau qui me reste alors il faut que je chasse vite fait tout ce poids social de mon horizon et que je vive dans un périmètre restreint mais sur lequel j'aurai un minimum de pouvoir d'action qui ne soit pas un vain trucage. En fait, c'est les mêmes questions qu'au début, les même torsades sauce neurones. Simplement, je ne suis pas un génie, alors, je m'endords des fois, j'me perds dans la grande forêt et je peine à chaque fois pour en retrouver la lisière. Là où l'insatisfaction prend formes au lieu de les détruire. Là où la lumière commence.

lundi 15 février 2016

Quatrième round.

Top 14, quatrième journée.
Le Twist ? Quel rapport avec le Rock n' Roll me demanderez-vous ? Et bien, les vrais Rockers, les durs, les allumés du rythme et du son qui rendent bizarre peuvent prendre n'importe quelle invention marketing créée pour faire acheter du vinyl aux petits jeunes, en l'occurence le Twist, danse proprette sur elle effectuée sous le regard approbateur des parents, et la transformer en bombe à faire péter la sono et déchainer les hormones des mêmes petits jeunes, dont on n'avait pas assez remarqués qu'ils étaient maintenant en âge de se reproduire et, pour se faire, qu'ils ressentaient un grand besoin de fornication qui ne demandait qu'à s'exprimer loin du regard désapprobateur de ces mêmes putain de parents ! Le Rock, on l'a dans le sang ou pas, qu'on appelle ça Rythm and Blues, Boogaloo, Mambo, Soul, Madison, Funk et même, Twist. Ca fait frémir les poils du dos et dresser les cheveux sur la tête, bander les mecs et mouiller les gonzesses. C'est un truc pas très futé, archaïque, un appel à la danse et à la baise mais pour faire ce truc idiot convenablement, il faut des génies. En voici cinq. D'un coté, l'immense chanteur noir politiquement douteux (pour les blancs) et sex-symbol, Sam Cooke, et de l'autre, quatre gaziers blancs frustrés à mort et ne le supportant plus du tout, les Beatles. Sam Cooke est mort buté on ne sait par qui et pourquoi avant de tout faire sauter, comme par hasard. Les Beatles le feront et changeront le cours de l'Histoire à jamais. "Comment?  quoi ? disent les petits sociologistes et les petits philosophistes,"Changer le cours de l'Histoire ?" c'est n'importe quoi !" C'est vous qui êtes de navrants impuissants les gars, je persiste et je signe, et accessoirement, je bande. "Bander, tout est là !", disait Gustave Flaubert. Un vrai Rocker, lui. Punk devant l'Eternel, Eternel transformé en perroquet (lire "Un coeur simple").

jeudi 10 décembre 2015

Qui est Bertrand Tavernier ?

Qui est Bertrand Tavernier ? Quelqu'un qui arrive à faire une comédie plombée d'une bonne B.D., grinçante et savoureuse : "Quai d'Orsay" . Quelqu'un qui a réussi à pondre un dictionnaire du cinéma américain absurde, verbeux et plein de componction alors que le sujet est pour le moins passionant. (Le bouquin marche tellement sur la tête qu'il en devient comique.) Quelqu'un qui a réussi a foiré un film sur une époque incroyable, la Régence, avec de bons acteurs, par un excès outrancier de moralisme. (La morale n'est jamais un bon angle d'attaque pour un film, les sentiments si). Quelqu'un qui, en général, fait des films barbants, remplis de mièvreries et de revendications sociales assumées comme si le cinéma était une manif. (Oh la la, c'est bien moins que ça, juste un truc de voyeur un peu esthète, un miroir aux allouettes où seuls les producteurs sont gagnants, et encore, à peine). Quelqu'un qui dit aimer le Jazz et qui nous sert dès qu'il le peut une musique passéiste, académique, figée, dont tout esprit aventureux (Jazz, quoi !) a été balancé aux orties. Quelqu'un qui se permet de dire que la B.O. de Dylan pour le film "Pat Garret and Billy the Kid" de S. Peckinpah est "inepte" alors que l'album qui la restitue est une pure pépite. Quelqu'un qui confond Tommy Lee Jones ("Men in black", "US Marshals") et Spencer Tracy ("Adam's rib", "La dernière Fanfare").  Quelqu'un qui n'a pas tourné "Serpico" mais "L627", qui n'a pas tourné "L'Appât" mais "L'Appât", qui n'a pas tourné "Les Trois Mousquetaires" mais "La Fille de d'Artagnan" (moins bon que le Zidi avec Les Charlots sur le même sujet). Quelqu'un qui a dénaturé le beau livre de Roger Vercel "Capitaine Conan", toujours par moralisme et sentimentalisme mièvre (cf la purge ci-dessous).
Bref, on peut dire que c'est un sale type.
M Bertrand Tavernier est un mauvais cinéaste, un piètre cinéphile, un amateur de Jazz sclérosé qui n'a pas les moyens de ses prétentions, d'ailleurs déplacées, et qui n'est ni Jean-Daniel Pollet ni Maurice Pialat, même pas Claude Sautet ou Alain Corneau. C'est dommage pour sa gueule mais le problème c'est qu'il nous faut le subir, nous aussi, ce con, et ça c'est dur.
Ecoutez-moi cet abruti, c'est faussement bon en diable, mais, encore une fois, écoutez bien, essayez de déceler l'imposture, elle est assez finement tissée mais on voit quand même la ficelle si on fait gaffe. En fait, c'est presque le cinéaste officiel de la Vieme République de gauche ! 

vendredi 4 décembre 2015

Tiens-toi tranquille ! par T-Model Ford

Y'a un type, un jour, il a voulu faire un paté dans le désert. Ca lui a paru pas idiot comme idée. Eh ouais, le désert c'est plein de sable. Alors il s'est attaqué à la chose avec son seau et sa pelle. Il s'est aperçu que les patés qu'il essayait de faire tenaient pas debout parce que y avait pas d'eau dans le sable. Y s'est dit : "Je vais quand même pas pisser dans le sable pour faire un chateau ! Avec ma propre pisse !". Tout ça l'a enervé et il a tout cassé : la pelle, le seau, le désert et lui. Il était vachement furax. Ce mec c'était T. Model Ford.
Tiré de l'album "You better keep still", ("T'as intérêt à te tenir tranquille.") "To the left, to the right."

lundi 16 novembre 2015

"Dis-moi pourquoi ?"

Ca ne matche pas, ça ne fait pas sens. Un groupe de Rock plutôt rigolo qui prône un fun un rien trash mais assez jubilatoire, vraiment pas sérieux; des jeunes gens qui prennent leur dose d'amusement et d'éclate dans un concert; un match de foot entre deux vieilles nations ennemies maintenant rabibochées à la vie à la mort; en cette fin de semaine des jeunes bobos qui prennent des pots en terrasse chauffées de bars ou le demi est à 5 euros minimum (et après, où est le mal ?) et puis ça qui tombe, qui chute comme une pierre de 10 milles tonnes, les balles qui raflent les vies, des "croyants" qui se font sauter pour une cause innommable, un Dieu qui, de toute façon s'il vient à nous juger tous, ne pourrait en aucun cas trouver ce qu'ils font dans les clous; des fous qui mettent en route une machine infernale à dérailler dans ce monde si plein d'amertume et où l'amour fait déjà cruellement défaut. Ca ne colle pas, rien ne justifie cela, cette haine, cette bêtise, cette violence aveugle, ces massacres stupides, ni la décadence de la civilisation occidentale, ni une religion défigurée et glaçée, ni le Temps qui passe sans solution évidente pour nos âmes et nos corps. Oui, c'est compliqué, oui c'est dur et souvent plus que dur, mais rien ne justifie ces attentats perpétrés par les pires des fumiers, les plus salopards des pourris. Alors, je réécoute le dernier Eagles Of Death Metal et j'attends que ça me tombe sur le coin de la gueule à mon tour. Je me dis que si je vois le coup venir j'aurais mon mot à dire mais ce n'est que de la forfanterie et du sens tronqué. Non, il reste simplement que ce morceau, un beau matin (peut-être demain) me mettra de bonne humeur.
 Ce soir c'est le soir et toi avec moi
Et tu viens me voir, tu viens ouh la la

I love you all the time

Tu me réponds pas, ah dis-moi pourquoi
Just say au revoir, again me voilà

I love you all the time

I can tell by that look in your eye
You're looking and all you see is another guy
I can tell you're gonna take your love away

I can tell by that look in your eye
You're looking and all you see is another guy
I would beg if I thought it would make you stay
I would beg if I thought it would make you stay
I would beg if I thought it would make you stay

Ah dis-moi pourquoi
Ah dis-moi pourquoi
Ah dis-moi pourquoi

samedi 14 novembre 2015

Une bonne soirée : Les Aigles du Métal de la Mort s'en tirent sans une égratignure et ça leur fait quelque chose à raconter.

Le Rock n'Roll est vraiment un fantasme de puissance mis en scène, donc satisfait et pas grand-chose d'autre. On s'attendrait à ce que "Les Aigles du Métal de la Mort" ne faiblissent devant rien sur cette terre et ils se volatilisent de la scène du Bataclan au premier coup de feu. Le retour au réel a été très difficile pour les spectateurs du concert, il est raide pour tout le monde ce matin, surtout que les médias vont vite faire de ce réel un mauvais film, un mauvais clip. Entre-temps, il se sera passé quelque chose sur lequel on aurait peut-être pu penser une sorte d'armistice de la démagogie et penser tout court. Ce sera tout le contraire. Reste l'Horreur majuscule et l'ineptie des métaphores guerrières du Rock, la bande-son bien au point des atrocités normales. Oh, je n'en veux pas au Rock d'être une fiction, les fictions sont nécéssaires pour appréhender le monde, je lui en veux d'être aussi fragile alors qu'il se prétend martial et parfois aussi pauvre (que ça, que moi).

mardi 10 novembre 2015

I need a remedy.

Apparemment Bond, James Bond est encore une fois aux prises avec la dépression. Il n'y a que comme cela qu'il est supportable. Et quel exemple pour tous les malades psychiques ! Oui, il triomphera de ses démons intérieurs et oui, il sauvera le monde et son âme ! Alors ? Alors ? On se remue maintenant les petits cocos, et on va travailler un peu sur soi avec son psy pour faire jaillir le petit Bond qui se cache au fond de chacun de nous, allez, allez !
De plus, l'heure est à l'optimisme car le "geai moqueur" ne va pas tarder à faire rendre gorge au Président Snow dans une de ses fictions libertaires ("Hunger Games") qui nous clouent à nos fauteuils plutôt que de nous faire agir et dont Hollywood nous gratifie pratiquement depuis le début. C'est de l'hypnose véritable, Fritz Lang n'a cessé de le dire. Plus on en voit, moins on en fait (de la révolution) et plus on est manipulé, plus on est content. Les esclaves sont toujours heureux pourvu qu'on leur laisse un chouia de bride sur le cou. "Django Unchained" et tout le monde est content.
"Bonjour chez vous." disait le 6 qui ne voulait pas être un numéro. Nous sommes devenu ça : une suite de chiffres, même pas cryptée, à ciel ouvert, à coeur ouvert, prête à toutes les folies, les orgies de zéros, avec un code en guise de paraphe. Heureusement que 007 (permis de tuer pour tout le monde ! eh, eh !) nous remet tout ça en place sans coup férir et sans décoiffer Léa Seydoux. Sa permanente, c'est l'équivalent du PIB du Bengladesh, non ? Plus ! Ah, je suis bien rassuré ! Le cinéma, ça requinque, ça redonne foi en l'humanité, Yippee !

lundi 2 novembre 2015

Une nez, de la coke : Blair-Cocaine.

Exfiltrés de la déplorable République Dominicaine (pas si souveraine que ça) par des gentils-méchants de l'extrème-droite, qui apparemment sont déjà en partie au pouvoir en France, les pilotes de Falcon de l'affaire Air-Cocaine sont mis en prison par leur mère-Patrie, qui, ingrate, ne reconnait plus ses fils. Me Dupont-Moretti s'insurge, vitupère : " M'enfin pourquoi aller chercher mes clients chez eux, ils allaient y aller d'eux mêmes, en prison ! Quel scandale !" C'est vrai ça, à peine le temps de se laver un peu, de tirer un petit coup avec sa légitime, de se repoudrer le nez et hop !, au cachot ! Vivement que les gentils-méchants de l'extrème-droite arrivent totalement au pouvoir que ce genre de désagréments n'arrive plus et qu'on lance des mandats d'arrêts internationaux aux culs des juges dominicains. La France est un beau et grand pays. Dans les années 70, les avions reniflaient le pétrole enfoui à des kilomètres sous le sol grâce à un appendice nasal très sophistiqué. Auhourd'hui les pilotes français privés embarquent 650 de cocaine comme ça, à la-va-comme-j'te-pousse, ni vu ni connu, j'tembrouille et sans en renifler un chouia ? Allons, allons, nous ne somme que des hommes, même les pilotes de chez Blair-cocaine.

vendredi 11 septembre 2015

Latinos songs from the Sixties.

On a tous entendu parler du "melting pot" américain, ce creuset matriciel dans lequel toutes les différences d'origine et de statut se fondent pour donner naissance à cette créature bizarre : un américain, un américain du nord, un des U.S.A. C'est étrange parce que cette créature est essentiellement un fantasme mais qu'en certaines occasions les habitants des States mettent de coté leurs antagonismes lourds, se mettent en rang, le petit doigt sur la couture du pantalon, la main sur le coeur, prêtent allégeance au drapeau, anxieux d'en découdre avec quiconque menacerait leur mode de vie délirant et deviennnent bel et bien des amerloques.
En fait, les communautés ne se mélangent pas et, si effectivement tous les américains se retrouvent pour adorer le veau d'or dollar, ils le font de manière absolument compartimentée, les blancs d'un coté, les noirs d'un autre, ailleurs les latinos et par là les asiatiques. Même à une époque de l'histoire récente où l'amour et la paix universelle était le rêve d'une génération et pas seulement le rêve, la motivation de ses actes et sa revendication "in vivo", à travers son mode de vie, et bien les différentes communautés y sont allées en ordre dispersé. D'un coté les Black Panthers, de l'autre les Weather Underground. D'un coté Woodstock, où Sly Stone a mis le feu a une foule presque entièrement composée de blancs, et de l'autre le show Wattstax à Los Angeles, avec Issac Hayes exhibant fièrement ses chaines en or à un public noir. Néanmoins certaines femmes blanches ont fait le lien entre les blancs et les noirs et Angela Davis était une icône au-delà de la communauté noire, jusqu'en Europe. N'empêche chacun sa lutte, chacun ses armes, chacun ses chansons. "Eve of destruction" de Barry McGuire pour les blancs, "Ball of confusion" des Temptations pour les noirs. Et les latinos, qu'est ce qu'ils foutaient les latinos ? Les latinos occupaient des quartiers misérables, les "barrios", restaient entre eux, faisaient du business louche, des gangs de voyous, allaient combattre au Vietnam et écoutaient Joe Bataan chanter son Boogaloo. Parce que il ne faut pas l'oublier, Joe Bataan, ni oublier le Boogaloo. L'Amérique est peut-être un bout de Paradis ou un bout d'Enfer, en tout cas c'est une terre bénie pour la musique et dans les années soixante les latinos y allèrent de leurs coups de génie musicaux à eux, et elles les virent enflammer les dancefloors des quartiers, voire les hit-parades du pays comme le firent los blancos y los negros. Le Boogaloo, ça a duré trois, quatre ans grand max, la Salsa a vite débarqué et tout emporté mais c'était chaud, brûlant même, ça ne se traitait qu'à coup de pas de deux ou de Mojitos bien glaçée et même avec un zeste de sous-entendu contestataire, oh, très leger, hein, faut pas pousser les danseurs dans les orties. Et si les latinos étaient assez effacés politiquement, leur musique était un fracas de cuivres et de percussions apte à mettre en sueur et branle toutes sortes de foules plus ou moins bigarrées. Je vais mettre trois exemples. D'abord le pré-cité Joe Bataan dans des morceaux à la limite du controlé (tu parles, c'est au cordeau ! C'est la Furia, le "Swing" qui donne cette impression là.) : d'abord le survolté "Subway Joe" puis le plus mélancolique (mode mineur) "Magic Rose".


Pete "Conde" Rodriguez avec le très dansant "I like it like that".

Pour finir momentanément et non pas achever (la nuit ne fait que commencer) la délirante Lupe dans une version paroxystique de "Fever". Imbattable.

En fait, le "Melting pot" il est là, dans cette lave en fusion qui se déverse en provenance des States sur le monde depuis presque cent ans et les débuts du Jazz.

dimanche 6 septembre 2015

Ris donc, Caliban !

Je suis en train de lire un truc que j'aurais du lire depuis longtemps : "Rigodon" de Louis-Ferdinand Céline. Le problème avec Céline, c'est qu'il a beau être infréquentable du fait de son action collabo avec les Allemands en 39-45, au vingtième siècle et même là, après la guerre, juste avant de calancher, c'est un des tous meilleurs, un styliste hors-pair. En fait, il n'est mauvais que pendant la guerre, là où il a vraiment eu les coudées franches pour dire tout ce qu'il voulait. Là, il a éructé, il a craché sa bile dans tous les sens, sur tous le monde et ça ne tenait plus la route, ça débordait, ça bavait, ce n'était plus bon. Donc, exit "L'école des cadavres", "Les beaux draps" et dans une moindre mesure " Bagatelle pour un massacre" (je dis dans une moindre mesure parce que dans ce livre-là il n'est pas encore complètement "déchainé" et que, donc, c'est parfois bon).
Mais avant la guerre et après, il est tenu, retenu par une sorte de "réserve" que lui impose la société française comme elle va et là, il mesure, oh que oui, et c'est au cordeau;  du ciselè pur-jus, de l'Art grande cuvée, toujours sur la très pure corde du contre-ut casse-gueule mais tenu.
Alors donc, dans "Rigodon", il raconte la fin de son périple en Allemagne pendant la défaite des Nazis qui le conduira au Danemark où il se terrera avant que Jean Paulhan ne puisse le faire revenir en France sans qu'il soit fusillé, et franchement, c'est tordant, en plus d'être bien écrit comme jamais. A un moment il raconte un peu son présent à Meudon et il explique que Roger Nimier vient le voir pour trouver avec lui un truc de gauche qu'il a bien du faire dans sa vie, même sans s'en rendre compte, parce que Céline, il est bon, mais il est pas défendable. Céline cherche, cherche, c'est dur mais il trouve : c'est Elsa Triolet, impeccable communiste et compagne du "povoite" (Aragon), qui a traduit le "Voyage au bout de la nuit" en russe d'U.R.S.S. Bon, ça tombera à l'eau aussi, ce truc-là. Mais la façon dont il raconte son espèce d'épopée branquignolle de train en train dans une Allemagne en ruines, accompagné de son chat Bébert, de sa femme, de l'acteur Le Vigan et d'une bande de gogols locaux croustillants est tout simplement hilarante. Et je le répète, tout est écrit au cordeau. Il y a une phrase là-dedans qui m'a marqué, preuve qu'il est encore bien leste intellectuellement : "La première fois est tragique, la seconde fois est grotesque". Ca se tient plutôt bien comme citation "définitive", comme aurait dit Sacha Guitry.
Je mets cette vidéo pour illustrer mon article. Céline y est interviewé par Pierre Dumayet en 1957, avant "Rigodon", pour ce qui constitue un autre livre de souvenirs (lui, il dit qu'il est "chroniqueur", pas acteur) : "D'un chateau l'autre". Céline s'y montre tour à tour hilarant (quand il se compare à une "fine chienne de traineau") émouvant (quand il parle de son enfance au Passage Choisel à Paris) et très très roué et malin (quand il parle de "l'affaire Pétain"). La fin, les tous derniers mots, sont incroyables

mercredi 15 juillet 2015

Immobile


Pour celui qui reste
Plutôt que de partir
Pour celui qui garde sous ses pieds
Un peu de la terre ancienne dans sa famille
Entre ses doigts, il la sent s'émietter
Il pleuvra, il fera beau, il restera
Pour celui qui connaît par cœur
Pour l'avoir en tout état arpenté,
Un bout de route, un chemin creux
Pour celui qui, sur son aire,
Connaît les nids de ramier
Les nichées de chiots, les vaches bréhaignes
Pour celui qui a des mots pour les femmes
Qui donnent naissance et les jeunes veuves
Qui ont perdu la moitié de leur vie, la moitié de leur lit
Pour celui qui veille
Et qui s'inquiète et surveille
Qui se fait du mauvais sang
Se creuse l'estomac
Tout est si fragile
Et il y a des voleurs.
Pour celui qui accueille
Qui donne un bout de terrain
Pour l'Eternel et pour des gitans
Pour celui qui sème et qui plante
Qui ne sait que cela
Quelques gestes banals
Mais justes, perspicaces, et honnêtes
Pour celui qui récoltera
Dans une noria d'appareils
Toute la nuit car il a pensé au pain
Comme ceux avant lui y ont pensé
Pour celui qui goûte le sel
Venu de loin et qui coûte cher
Trop cher, comme l'étoffe mais c'est tout naturel
Il n'est pas commerçant
Pour celui qui se lave les yeux
En marchant dans la rosée du matin
Qui mise tout sans savoir qu'il a parié
Qui naît, se marie et meurt
Dans le même recoin du Monde
A la même saison qui était la sienne
Et qui rêve benoîtement à demain
Pour celui que la mer n'appelle pas
Ni les mélodies charmantes
Pour celui qui ne voit pas si loin
Qui croit en un destin tiré d'un sillon
Et s'en trouve content malgré les tentations
Et les légendes qui un jour viennent
Ravagent tout et le laisse idiot
Mais toujours certain 
Pour celui qui prend femme du cru
Et s'installe dans une masure
Et couche ses petits là où d'autres lits
Furent mis par d'autres que lui, les mêmes que lui
Pour celui qui est le même que moi
Et dans lequel je ne me noie pas
Car une ride au coin de son œil est une rive
Pour celui qui serre les mêmes mains
Tous les jours et qui parle avec un accent
Celui-ci d'où il est et dont on le chahute
Maintenant, mais qui ne s'éteint pas
Car, mystère, les volets fermés du café,
C'est l'accent qui vient aux lèvres de tous
Pour celui qui dira du mal de moi
De mon travail inutile
Et de ma vie de nabab à crever
Pour celui, qui, quand même, me dit « bonjour »
Car il est bien élevé et un peu sournois
Pour celui qui est poli, qui est aimable
Qui vient à mon devant et me parle
D'aventures minimes, de changements ingrats
Mais dont la parole est une carte de tarot fixe
Et dont l'allégresse ne se tarit point
D'avoir le pas leste par terre
Et tout en même temps solide
Pour celui qui fait avec ses mains
Du sur-place ou du sur-mesure
Et qui la perd dans l'ivresse un soir et se bat
Et fait amende honorable le lendemain
Pour celui qui reste et qui garde
Qui met ses mains dans ses poches
Qui reste debout sans bouger
Pour celui qui veille tellement inquiet
Qu'il en vient à surveiller, la tête penché sur un feu
A celui-ci un bonjour amical, moi
Qui suis juste un pas à coté et qui le vois vivre
Malade, courageux, insensé, industrieux
Et Là, fier maladroitement, lui de n'avoir
Pas eu cette question à se poser