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samedi 10 août 2019

"Hot in the city" (Billy Idol)

L'été s'étouffe sous lui-même. Août semble se déployer à l'infini sans arriver à accoucher de l'autome. On est groggy, K.O. debout, la lumière du soleil étourdit, les soirées se prolongent jusqu'à l'épuisement. Où sont les forces motrices ? On somnole en espérant une délivrance sans y croire une seconde. Tout périclite sous une maturité pleine et obsédante. Ne viens pas m'agiter tes appâts sous le nez en plus, je pourrais très bien m'énerver et te baiser, même si ça paraît impossible. Les nerfs sont noyés de chaleur eux aussi et ne sont plus de bons conducteurs. L'alcool aide à passer le cap de la journée. Oh, pas d'ivresse ! Un petit coup de main pour se traîner jusqu'à la prochaine tomates annanas-mozarella. Le luxe c'est une seule pensée claire, une sensation fraîche qui pique au vif. La vie déborde d'attributs et tout a un avant-goût de mort lente. Il n'y a aucune raison de s'en faire, chaque saison a sa branche creusée mais quand c'est de trop-plein. Il faut savoir ne pas attendre. Et, miracle, ça vient. Toujours.

Dans le feu de l'été les Foals sortent un single incendiaire pendant que la voix de paille de King Krule revient me chatouiller....les narines.
Pour le Funk tu repasseras un autre jour, plus chaud encore.
Foals "Black bull".

King Krule a vu le potentiel du morceau de Conan Mockassin il en délivre ici une superbe version.
Kin Krule :"Forever dolphin love".

lundi 13 mai 2019

Damaged by Rock n' Roll.

Ca peut paraître peu mais, au cours de ma vie, ce genre de choses est peut-être ce que j'ai eu de meilleur. Ou pas loin.
1000 Mods : "Vidage"

Foals : "On the luna" live at Kews Garden.


lundi 10 décembre 2018

Gilets jaunes : la révolution normale.

Les gilets jaunes ? C'est la revanche des types à peu près normaux qu'on bassine depuis quarante ans avec la supériorité des différences voire des déviances sur leur pauvre normalité bêtement imposable. C'est l'héritage de mai 68, et pas mai 68, qu'ils refusent désormais de payer. Celui porté par Foucault, Barthes, Sollers, les écolos-traders, Koltes, Deleuze, Guattari, Bourdieu. A ce fatras de conneries, les gilets jaunes répondent un simple "Ben oui, je vaux bien un pédé, un immigré, un fou, un intello, un tueur en serie, un théâtreux abscons, un gaucho-sociologue qui me chie dessus, un grand patron, un bobo. Je veux ma place." Cette place est centrale, sans elle il n'y a rien de possible. Car s il est vrai que la norme est differente d une société à une autre il n en demeure pas moins vrai aussi que partout il y a une norme. De la bonne volonté, de la bonne humeur des gens "normaux" depend l intégration ou le rejet des marges. Macron a cru pouvoir enculer ces gens "normaux" cinq ans de plus, ce qui se serait ajouté à 40 ans d'avanies, mais non, ça ne passe plus. Moi, je souhaite simplement voir sa tête au bout d'une pique et assister à l'avènement d'autre chose. Quoi ? Impossible à déterminer. Le pire ? Le meilleur ? Nous verrons bien. C'est ouvert....pour une fois.
La seule et unique BONNE version de "Revolution" des Beatles, la faussement "live".

lundi 10 septembre 2018

Deux têtes folles et un week-end à la mer.

Juste un petit post pour évoquer une tradition et pour rendre un hommage.
D'abord Interpol. Ces gars-là font dans le rétro vintage d'une époque que je chéris pour l'avoir bien connue et surtout ressentie : celle de la New-Wave. Alors ils reprennent depuis maintenant une quinzaine d'années des suites d'accords et un son piqués au Cure, à Joy Division, à U2 et perpétuent dans la discothèque infinie de la post-modernité une tradition de musique angoissée, triste voire sépulcrale. C'est bien fait et assez beau. Les gars ont l'air investis. Ils ont apparemment traversé toutes sortes d'affres qui vont avec cette musique romantique et sombre, s'en sont tirés et viennent de livrer un album complètement audible même si venu directement du passé, et limite de l'obsolète (la musique actuelle, c'est autre chose). Pas étonnant que la décadente Kristen Stewart, se soit invitée dans leur première vidéo extraite de cet album pour donner une présence fantomatique à des pulsions et des visions qu'on croyait, à tort, un peu en perte de vitesse.
Le deuxième titre de l'album est très beau, très triste et dansant. Je le mets ci-dessous en espérant que le chanteur, qui a désormais la voix d' Ozzy Osbourne et ses petits amis survivent au tsunami nostalgique et délétère qu'ils provoquent et produisent d'autres albums du même tonneau.
Interpol : "The rover".

 Un petit coucou attendri maintenant à l'honorable Jason Pierce qui vient de sortir un énième album avec son groupe Spiritualized et qui sévit dans le Rock anglais depuis les années 80 (ca a commencé avec les Spacemen 3). Autrement appelé J-Spaceman (John Spaceman) il explore avec constance et résolution tous les stades de la dépression et de ses causes, amoureuses ou sociales et ses différentes et successives rédemptions possibles. L'album qui sort est impeccable. Ca ne bouge pas, un peu moins Space peut-être et c'est très beau.
N B : Je tiens la reprise du "Revolution" des Spacemen 3 par Mudhoney pour un des morceaux les plus radicaux et les plus puissants jamais sortis. Soyons juste il a été écrit par Peter Kember, l'autre petit génie du groupe et piqué au MC5 mais je prouve à tous sa radicalité bienfaisante pour les têtes malades en le mettant après. A écouter fort et jusqu'au bout.
Spiritualized : "I'm your man".
Mudhoney : "Revolution".

Mon tube de l'été à moi : The liminanas (featuring Bertrand Belin) : "Dimanche".


lundi 18 décembre 2017

Dead or alive ? Entre les deux....

On a essayé de me tuer ce week-end. Sérieux. Je suis encore là mais ça fait drôle tout de même. Une femme a essayé de me faire la peau. C'est pas passé loin. Vivant finalement ? Presque. Survivant mettons. Alors dansons. Je mettrai les assassins de tout poil en prison après. La musique sera à l'aune de la violence que j'ai subie.
Voici le truc le plus "killer" que je connaisse à mettre en soirée. C'est de la merde ? Possible...C'est génial ? Possible aussi...Monte le son à fond et tu m'diras

Après ça tu vois pas quoi mettre sur ta platine ?
Attends, j'te montre.

T'es pas mort ? Moi non plus, tu vois bien. Un peu de rock ? OKKKKAAAAYYYY. Et essaye de ne pas jouir avant la fin du clip.


mercredi 30 mars 2016

J'fatigue.

Il est comme moi Iggy Pop, il est fatigué. Plus que moi, même. Faut dire, il a tout essayé ce garçon. Il a sombré dans les pires excès, les pires dépravations et quoi ? Qu'est-ce qu'il lui en reste de toute sa vie de chien fou ? Il a été heureux peut-être, un petit peu. Il a été malheureux, beaucoup. Il a fait du rock destructeur, avec les Stooges ou en solo, d'une négativité inégalée et qui demeure une référence absolue pour tout rocker un peu digne de ce nom (en gros, rocker ça veut dire péquenot mal dégrossi/mauvais garçon mais gentil au fond). Ensuite, il a essayé de sortir de ses travers extravertis en se rachetant une conduite d'amateur de potin binaire de qualité sur quelques bons albums qui passaient bien sur les chaines Hi-Fi. Puis, pour se survivre, je suppose, il s'est mis à s'auto parodier en légende du proto-Punk-Rock indestructible et mouillant à grand coup d'albums torse-poils aussi ineptes que nombreux. Il n'est jamais parvenu à s'assagir totalement (eh, eh !). L'électricité, il a ça dans le sang. Tout mettre sur dix et foutre le bordel avec des mécaniques à bruits diverses. Il a changé, quand même, il est devenu un peu plus tristounet avec l'âge, moins enthousiaste à se flinguer, un peu pervers pépère à la sortie des classes mannequins à Manhatan à se tirer sur la nouille comme un con. Fallait bien passer le temps. Il a fait une chanson avec Françoise Hardy ("Mon amie la rose" ?), un album tiré d'un bouquin de Houellebecque qui s'appelle "Préliminaires" (le con, presque trente ans après le coup de massue qu'était "Pénétration, le voilà qui s'occupe de futilités), un autre de reprises de chansons françaises. On s'occupe, on s'occupe. Et puis son pote Asheton des Stooges est mort. Lou Reed est Mort. David Bowie est mort. Tous ses amis sont clamsés, il s'emmerde, il n'a plus rien à dire à part "Fuck" comme d'habitude mais il déprime sec et il est un chouïa moins virulent qu'avant. Un gros Chouïa. Je le comprends, je compatis même, je me sens comme lui. Et d'ailleurs, tout comme moi, c'est un véritable chien, incapable de ne pas aboyer, par prudence. Alors, il va tenter un dernier geste ou presque, en s'entourant d'une bande de bons musiciens et compositeurs et sortir l'album "Post-Pop depression" ou comment survivre un petit peu dans un monde de cons et que l'on est soi-même moribond depuis presque un demi-siècle? comment faire pour faire un pas en avant de plus, encore un, jusqu'au Paraguay, puisque c'est là qu'il dit vouloir aller mourir ? Putain, mais c'est bien ça, mais pourquoi pas le Paraguay, les mecs ? Si ça se trouve, il n'y jamais foutu les pieds et c'est un ailleurs possible pour lui. Puisque rien ne dure, puisque soi-même on change d'année en année jusqu'à une non-permanence permanente, déguisée en cerceuil, puisque la bonnasse qu'on s'est tiré à 18 balais est une rombière imbittable et que les autres bonnasses de 18 ans ne sont que des bonnasses de 18 ans de merde, puisqu'ailleurs, c'est ici et inversement ou peu s'en faut, puisque que même David B. est mort, puisque le thé vert a presque le même goût que le thé noir et que de toute façon le thé c'est un truc de fiottes angliches mais qu'il faut pas le dire, eh beh, mais pourquoi pas aller tirer sa révérence au PARAGUAY, les mecs ?Le PARAGUAY c'est le Paradis Perdu des rockers ! Si ça se trouve on se foutera enfin la paix, hein, Iggy ? Et puis vas te faire foutre pauvre débile !!! Ouarf ! Ouarf ! C'est le dernier morceau que j'écoute de toi !
Iggy Pop : "Paraguay"

Les paroles (bonnes) :
Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

(Yeah)

Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

I'm goin' where sore losers go
To hide my face and spend my dough
Though it's a dream, it's not a lie
And I won't stop to say goodbye

Paraguay
Paraguay

See I just couldn't take no more
Of whippin' fools and keepin' score
I just thought "well, fuck it man"
I'm gonna pack my soul and scram

Paraguay
Paraguay

Out of the way I'll get away
Won't have to hear the things they say
Tamales and a bank account
Are all I need, so count me out

Paraguay
Paraguay

I'll have no fear
I'll know no fear
So far from here
I'll have no fear
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la

Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

There's nothing awesome here
Not a damn thing
There's nothing new
Just a bunch of people scared
Everybody's fucking scared
Fear eats all the souls at once
I'm tired of it
And I dream about getting away
To a new life
Where there's not so much fucking knowledge
I don't want any of this information
I don't want YOU
No
Not anymore
I've had enough of you
Yeah, I'm talking to you
I'm gonna go to Paraguay
To live in a compound under the trees
With servants and bodyguards who love me
Free of criticism
Free of manners and mores
I wanna be your basic clod
Who made good
And went away while he could
To somewhere where people are still human beings
Where they have spirit
You take your motherfucking laptop
And just shove it into your goddamn foul mouth
And down your shit heel gizzard
You fucking phony two faced three timing piece of turd
And I hope you shit it out
With all the words in it
And I hope the security services read those words
And pick you up and flay you
For all your evil and poisonous intentions
Because I'm sick
And it's your fault
And I'm gonna go heal myself now
Yeah!

jeudi 17 mars 2016

Cops and robbers.

La Poste du bourg où j'habite a été braquée à main armée. Emoi bien compréhensible dans le voisinage et au bar PMU. Vous z'inquiétez pas c'est pas moi qui ai fait le coup. C'est un noir, évidemment; je déconne pas, un noir. Déjà que la commune vote FN à plus de 25 %, voilà qui ne va pas arranger les choses. La gendarmerie a mis les bouchées doubles et d'après un témoignage digne de foi, les suspects -il y avait un arabe avec le noir- ont été aperçus sortant du PMU à 14 H 34 précisément. On les aura, ces salauds.
Junior Murvin et sa voix d'or.

La même par les Clash.

dimanche 13 mars 2016

Anomalie dans le programme.

Vous savez quoi ? J'ai les boules. Ca va bientôt faire cinquante deux ans que j'ai les boules et je fatigue. Je ne chante plus, j'ânone. La preuve. 3 minutes 17 secondes de malheur.

Ne me restent que les yeux de ma mère pour pleurer. En français : "...nager dans la bouse."

samedi 27 février 2016

Pas complètement fini. Sixième round.

Le Rock a tout à voir avec la jeunesse, l'immaturité, la frustration et la frénésie sexuelles. Un bon Rock, c'est un rush massif de serotonine à la tête, une jouissance, un orgasme avec cri, à peine articulé. C'est une libération primaire, violente, d'un amour ou d'une colère latente, inexprimée, inconsciente. C'est une musique pour les hormones, pas pour l'intellect. Bien sûr, après ce cri, qui relache un peu la pression, il y a bien sûr des arrangements qui arrivent, des préparations, des ziguouiguouis, des trucs par-ci, d'autres par-là, bref des jérémiades et c'est les Beatles et les Beach Boys, Dylan et X T C, autant dire Mozart. MAIS à la base, il y a peu de place pour le travail de la pensée dans le Rock, c'est tout dans le bas du corps, les guiboles, le déhanché, le coup de rein, le cul; tout cela semblant directement relié à l'ouie et au nerf optique et c'est tout. Le Rock c'est un truc de crocodile en rut. Deux preuves :
The Trashmen : "Surfin' bird"

The Crystals : Da Doo Ron Ron

lundi 15 février 2016

Le Fils de l'Ombre.

Il était mort. Symboliquement. En effet, la crise d'inspiration qu'il traversait ne semblait jamais devoir se terminer. Même Gilles Verlant, un de ses plus grands fans, l'avait dit, avant de mourir pour de bon lui, Polnareff était à sec, cuit, finito. Et puis, il y eut ce single de Noël que rien ne laissait présager, avec force arrangements de cordes et vents grandiloquents et voix puissante qui chantonne facile dans les aiguës. C'était "L'Homme en rouge" et Polnareff nous replongeait habilement dans sa mythologie enfantine, et renouait avec elle. A coté de Mathieu qui n'a qu'un cheveu et de la Poupée qui fait non, se tient maintenant ce traitre de Pére Noël qui ne passe pas pour tout le monde. Et ça marche, c'est gamin certes mais on peut comprendre cette colère de minot terriblement seul qui semble encore habiter Polna. Ces blessures-là sont toujours vives et l'argent et la gloire n'y changent rien si l'on est un fils de l'Ombre, on reste un fils de l'Ombre et cette filiation horrible nourrit jusqu'à la mort, effective, les âmes rebelles qui en naîssent. Autrement dit, il peut y avoir d'autres bonnes surprises à venir de la part de notre ami maltraité et puni Polnareff. Car il est toujours en vie. Et il chante encore, seul et contre tous, comme tous les bluesman.

vendredi 4 décembre 2015

Tiens-toi tranquille ! par T-Model Ford

Y'a un type, un jour, il a voulu faire un paté dans le désert. Ca lui a paru pas idiot comme idée. Eh ouais, le désert c'est plein de sable. Alors il s'est attaqué à la chose avec son seau et sa pelle. Il s'est aperçu que les patés qu'il essayait de faire tenaient pas debout parce que y avait pas d'eau dans le sable. Y s'est dit : "Je vais quand même pas pisser dans le sable pour faire un chateau ! Avec ma propre pisse !". Tout ça l'a enervé et il a tout cassé : la pelle, le seau, le désert et lui. Il était vachement furax. Ce mec c'était T. Model Ford.
Tiré de l'album "You better keep still", ("T'as intérêt à te tenir tranquille.") "To the left, to the right."

mardi 28 juillet 2015

Ce qui était tombé pour ne plus se relever.

Maintenant c'est leur tour. Ils vont devenir énormes.
C'est tendu, nerveux, catchy, malsain, un rien pompeux, névrosé, attirant. La suite, c'est pour eux.

Enorme ? HENAURME !!!

jeudi 19 mars 2015

L'avortement sans même y penser.

"Les députés suppriment le délai de réflexion pour une IVG." Le Monde, édition du 19/03/2015.
Ne plus réfléchir, ne plus penser, légiférer. Partout, éliminer la part du doute, chasser la pensée, la traquer, la ramener dans l'ombre, au plus lointain de soi. Etre sûr, sûr et certain, expérimenter un acte d'achat signifiant, réussi, une récompense aprés le travail répété, rabâché, automatisé, bien fait. Courir derrière la machine, la mettre soi-même en marche, la suivre, allumer la télé, faire comme c'est indiqué. Film de cul. Film d'action. Le mode d'emploi, pas de chômage, pas de risque d'être oisif, vivre une expérience gratifiante, l'acte d'achat réussi dans la galerie commerciale. Acheter des dessous sexy comme ceux du mannequin, bouger, danser comme dans le clip, baiser comme sur Youporn, la jouissance qui vient, dormir, mourir, se réveiller la tête dans le cul. Le foetus, qu'on ne sent pas, qui grandit, trop vite, plus de règles, "les règles" ?!? Bébé encombrant, trop encombrant pour une tête normale, un beau corps normal. A la poubelle. Petite intervention chirurgicale, plus de problème, pas de problème. L'avortement, une expérience de vie réussie, un instant signifiant pour tous, hommes et femmes, banal, joyeux, évident. Moi aussi je l'ai fait, comme les copines, comme toutes les ados, devenir femme et jouir à nouveau, prendre le pénis dans la bouche, l'éjaculation sur le visage, comme ça, et parfois dans le cul. Dans le sexe, par habitude, pour commencer, et finir, achever. Pourquoi pas ? Une preuve d'amour ? Mets-là où tu voudras. Ça va aller dans les toilettes, détruit, grillé, essoré, une vie, petite vie. Ne pas remettre au lendemain ce qu'on peut faire dans l'instant, sans réfléchir, sans se prendre la tête. Le cul, l'achat, les fringues, l'alcool, grands déjà, morts déjà, vivants. Pas de morale, vas chier avec ta morale, rien ne m'arrête, rien ne peut le faire, rien ne doit le faire. C'est sans conséquence, fluide, sans importance. Libres, totalement libres de faire ce qu'on veut que je fasse. Ce qui prévient est compliqué, ce qui empêche est complexe, trop complexe et pas intéressant, pas jouissif. Boire trop vite, jouir trop vite, oublier très vite. Avortement ? Une expérience de vie réussie, REUSSIE. Je suis un animal bien dressé.

D'après la député PS qui s'occupe des droits des femmes à l'Assemblée Nationale, ce délai de huit jours entre les deux visites médicales obligatoire pour une femme souhaitant une IVG était "Infantilisant et stigmatisant". Un peu comme quand on dit avant les deux tours des Départementales qu'il faut y réfléchir à deux fois avant de voter FN, c'est ça ?

lundi 9 mars 2015

Plaidoyer pour l'exotisme.

La faillite des sociétés multi-ethniques et multi-culturelles marquera la faillite de la civilisation occidentale, tiraillée depuis la Renaissance entre l'Humanisme et l’essor d'une société marchande devenues sans limites. Le principe qui a présidé à l'émergence des civilisations et des cultures dans le monde pourrait se résumer en trois grands axes de constitution qui s'interpénètrent : territoire, langue, culture. Ce sont les trois éléments fondateurs d'un pays, d'une nation. Claude Lévi-Strauss disait qu'il fallait un certain espace géographique pour que les civilisations puissent se constituer et se différencier. De nos jours, les civilisations se mélangent au gré des migrations, des misères, des catastrophes. L'Europe et les Etats-Unis ont accueillis tant et plus de migrants des pays "pauvres" et force est de constater que l'intégration des nouveaux arrivants ne se fait pas. Et c'est normal. Ni les pays d'élections des immigrés ni les habitants des pays de destination ne veulent abdiquer leurs cultures, leurs façons de vivre, lentement construites et décantés au cours des siècles. Le patrimoine culturel d'un être humain est aussi important et aussi prégnant que son patrimoine génétique, plus peut-être, tant le sentiment d'appartenance est nécessaire à la constitution d'un homme. Résultat, les civilisations qui se côtoyaient de loin avec des plaques tournantes d'échanges, se frictionnent maintenant sur un même territoire, se touchent et se haïssent de près. Autre résultat, le FN va gagner les prochaines départementales parce que les français ne veulent plus des immigrés, pas plus que, si on inversait la situation et les pôles, les Algériens ne voudraient d'une masse de français pauvres. Les efforts contre-culturels n'y font rien et la culture revient au galop dans ce qu'elle a de plus restreint, de plus chiche, faute de lui avoir laissé un espace pour s'exprimer librement qui permette une évolution lente et progressive au contact des différences, toujours en action, toujours problématiques et régénératrices. Là, en France, maintenant, tout le monde étouffe, les français immigrés de toutes les cultures et les autres, personne ne s'y retrouve. Le FN est le seul parti à proposer un bol d'air frais, en l'occurrence, un bol d'air bien de chez nous, bien connu mais qui propose au français de se reconnaître entre eux, de se rassurer par leur appartenance à la communauté nationale, dans son sens le plus minime. Les autres partis politiques, excepté le Front de Gauche, appliquent sans sourciller le programme des multi-nationales : producteur-consommateur-argent, celui des marchands, détruisant le mode territoire-langue-culture au profit des plus-values sans frontières et sans âmes qui transforment le monde en vaste champ d'exploitation des richesses naturelles et les hommes en esclaves consentant, assis, une bière à la main, devant un match de foot quand ils ne sont pas au travail.
Offrir l'hospitalité à un étranger c'est marquer son étrangeté. L'accueillir  revient à l'intégrer et alors il y a un choix à faire, le faire sien mais au prix d'un effort de mimétisme de sa part et d'un travail sur soi ou le tolérer à la marge. La masse du travail d'intégration est telle, le temps est si court tant les migrants arrivent en nombre et rapidement qu'il est impossible de faire un travail d'intégration correct, c'est à dire de faire en sorte que l'étranger devienne plus ou moins le semblable. C'est trop demander à un pays comme la France, à des gens comme les français, et ce pays ira se perdre dans les bras consolateurs et déculpabilisants du FN.
A qui la faute ? Aux immigrés ? Sûrement pas, eux qui viennent chercher ici, au prix de sacrifices immenses le strict nécessaire qu'ils n'ont pas dans leurs pays. Aux Français ? Certainement pas, ce pays a été le moteur de l'histoire mondiale à plusieurs reprises et il refuse de mourir en tant qu'identité construite certes et non pas "éternelle", mais valide.  Je crois que les grands responsables sont les gens qui ont du commerce une idée déraisonnable, comme devant générer un profit exponentiel pour satisfaire à satiété des plaisirs et des jouissances sans cesse renouvelées et sans-fin. Les banquiers cocaïnés, les traders fous, les retraités floridiens entre deux parties de golf, deux cocktails et deux "chicas" cubaines pas regardantes, les voilà ceux à qui profitent le crime.
Manuel Valls a peur, paraît-il, que "son pays se fracasse sur le FN". Qu'il se rassure, la France est mûre pour le Front National. Voilà trente ans qu'on ne laisse pas le choix aux français que de se lepéniser faute de regarder en face quelque données anthropologique de base. Il n'y a rien d’aberrant qui arrive en France ou qui soit sur le point d'arriver. Pour que ça n'arrive pas il aurait fallu être humain, simplement, et être humain ne veut pas dire qu'il faille embrasser tous et toutes sur la bouche comme si tous et toutes étaient des frères et des soeurs, ça c'est de la démagogie. La condition humaine à des conditions (sa relativité est à quetter), si on les évite, on sombre immanquablement dans la barbarie.
Je rêve d'un Monde ou il y aurait encore des voyages à faire, où la norme touristique ne serait pas l'envahissement de masse par des mal-dégrossis et des profiteurs. Je me rappelle d'un temps ou le Roi de Siam envoyait un éléphant à Louis XIV. Je sais que les Ottomans ont été arrêtés deux fois à Vienne, mais aussi que Casanova raconte dans ses mémoires avec beaucoup de délicatesse et d’intérêt son séjour à Constantinople. Je voudrais d'un espace qui ne soit pas réduit par des ailes d'avions, d'un Monde flou où les jonques de la baie d'Along ne soient visibles que par quelques évangélisateurs européens qui retrancriveraient dans leurs récits de voyages leur émerveillement. Je rêve de sorcières éthiopiennes, de nymphes berbères....et j'achète "Playboy".

jeudi 8 janvier 2015

Je suis Scoup'

La voilà la "une" dont je rêve. Apparemment, personne ne l'a sortie. Par contre il y a pas mal de grandes phrases ronronnantes, peut-être à la hauteur de l’événement, je ne sais pas trop. Attention, j'ignore à peu près tout du logiciel avec lequel j'ai fait ça à l'arrache, alors, c'est un chouïa frustre ! M'enfin c'est un peu plus digne que les dessins (Je pense à celui de Zep en particulier dans Le Monde) qui montrent Cabu et consort arrivant au Paradis.... Allez, humour pas mort. Héneaurme. Limite. Bien dans le ton habituel, non ?

mercredi 7 janvier 2015

Le courage et la Mort, un couple épatant.

Ce soir, je suis atterré, dévasté, effrayé. Ça marche bien le terrorisme sur moi, ça me fait de l'effet, bien vu les gars. Je suis triste aussi, pour Cabu, pour Wolinski, qui m'ont élevé, fait grandir, fait rire. Et ça brûle aussi, ça fait pas que piquer, c'est plus profond. Je me souviens très bien du premier numéro de "Charlie-Hebdo" que j'ai acheté. Je devais avoir 16 ans et quelques, la ceinture de sécurité venait d'être décrétée obligatoire en voiture, la couverture signée Reiser représentait un mec assis sur des W-C essayant d'agripper le PQ, retenu par une ceinture de sécurité. Le titre était "La ceinture de sécurité obligatoire aux chiottes". C'était vraiment "bête et méchant". C'était rigolo. J'ai beaucoup lu "Charlie-Hebdo" quand j'étais jeune. C'était intelligent et jouissif. Ça peut se relire maintenant sans peine, tellement c'est bon. J'ai beaucoup lu les albums de Cabu aussi, j'étais moi aussi amoureux de "La fille du proviseur", comme le Grand Duduche. C'était gentil ça, très gentil. Comment faire la connexion avec le déferlement de violence et de haine qui vient d'avoir lieu ? Et Wolinski, il était chouette ce mec, j'aime ses dessins, ses réflexions douces-amères, son honnêteté tonique, un homme quoi. Et je pense à sa femme, Maryse, que j'aime aussi, libertine monogame qui m'a fait bander et qui me ferait certainement pleurer ce soir. Je connais moins Charb, Tignous, Honoré mais je sais que je les aurais bien aimés si je les avais un peu plus fréquentés. Je suis devenu un peu paresseux en vieillissant mais je connais quand même bien le style mordant de Charb, bien dans la lignée de ses prédécesseurs. C'était la relève, les copains virtuels de presse de mon plus jeune frère, qui m'en parlait. J'ai une pensée pour Cavanna, Reiser, Siné, Willem, ces autres pères, dont les deux derniers sont encore en vie et dont je n'aimerais pas qu'ils y passent trop vite. Une journaliste au cœur de la manifestation de la Place de la République disait tout à l'heure qu'elle ressentait "une forme de joie" autour d'elle. Je veux bien la croire et si les gens, en se serrant les uns contre les autres arrivent à faire naître de la joie, c'est tant mieux et ça me ravit, mais moi, je suis triste, très triste.
NB : Si la une de Ouest-France demain c'est vraiment "Bal tragique à Charlie Hebdo", je trouverais ça tellement génial que j'aurais toujours du respect pour ce canard. J'espère. En tout cas, moi, si j'étais patron d'un journal c'est ce que titrerais en une. L'humour est bien la politesse du désespoir, son seul ornement un peu sensé, un peu beau. Lui et quelques larmes.

mercredi 31 décembre 2014

2015 : une Bonne Année pour mourir (ou pas).

L'autre jour, j'écoutais Bertrand Blier, cinéaste fainéant, petite frappe et bourgeois, parler de la musique qu'il aime. Il racontait qu'il avait beaucoup aimé le Jazz jusqu'à l'arrivée de ceux qui, d'après lui, l'ont, je cite, "massacré", c'est à dire "Coltrane" et consort. C'est emmerdant, on dirait qu'il y a une espèce de fatalité à devenir un vieux con avec l'âge. J'en parle d'autant plus aisément concernant Bertrand Blier qu'il à toujours été réactionnaire et revendique une sorte de droit à vieillir "salement", à s'engager un peu plus à chaque fois sur la pente facile de la beauferie. Son père a eu le même parcours, il a commencé avec Jouvet et a fini avec Jean Yanne, en passant par Audiard. Jouvet faisait du Théâtre, Audiard du vélo. Une espèce de fatalité, disais-je, une fatalité aussi à rester bloqué sur les épanchements de ses 20 ans et à en finir crotté comme par de la bouse au derrière. Le tout mélangé faisant qu'on devient un vieux débris avant d'avoir eu le temps de dire "ouf", nostalgique et sénile, et, avec un peu de chance, riche et donc un pouvoir de nuisance plus ou moins grand. J'essaye de résister à tout ça et ce n'est pas facile. L'energie baisse, la pente naturelle est là... Pourtant j'écoute chaque jour des nouvelles musiques, j’élargis le spectre de ce qui m'arrive aux oreilles sans cesse et si j'écoute toujours Elvis Costello ou The Cure avec délectation, je peux désormais varier un peu les plaisirs avec du Cotrane, justement, du Don Cherry ou du Carl-Philip Emmanuel Bach et je suis loin d'avoir fait le tour de ce qu'un honnête homme peut entendre de beau dans sa vie. Suis-je une exception ? Oui et non. Oui, je suis différent de la majeure partie des hommes qui se laisse porter par une facilité infâme vers des goût formatés et une vie non-moins programmée (Il y a même une radio qui s'appelle "Nostalgie" : 25 ans d'excitation, 50 ans de purgatoire à rancir dans l'obscurité avant de sombrer dans la panne définitive). Non, gangrené par ce qui m'entoure, je finis parfois, au bout de 50 ans d'insoumission et de veille épuisante, par penser et par réagir comme un beauf assez lambda et il faut que je me surveille encore plus si je ne veux pas m'endormir dans le même dortoir pour veaux mort-vivants que les autres (on appelle ça "un salon", il y a un écran, plat ou pas).
Au-delà du résultat de cette résistance qui est bon, il existe deux façons très différentes de vivre sa révolte contre la fatalité de l'âge imbécile; l'une heureuse, l'autre malheureuse. La révolte heureuse est celle qui touche les personnes qui ne s'aperçoivent pas qu'ils sont dans une différence singulière. Pour eux, ce qu'ils sont coulent de source et ils s'arrangent très bien de ce qui les entoure immunisés par avance contre les chocs et les ennuis par une bonne nature et une complexion solide. La révolte malheureuse est plus courante, elle se caractérise par de l'acidité, du dépit, de la rancœur envers ses contemporains. Elle est Amour aussi mais sera vécue sur un mode douloureux car généralement plus absolue et consciente que la première et donc moins soluble dans le matériau volatile qu'est la Vie. Elle est plus pénible au jour le jour, nécessite plus d'effort, fatigue le corps et l'esprit et fait mourir jeune, généralement avec une pointe d'amertume. Ma révolte est de la seconde catégorie, malheureusement. Et même si j'éprouve une grande satisfaction à n'être pas aussi con que Bertrand Blier et tant d'autres qui nous envahissent, je me sens fatigué et je suis un peu aigri. Au départ, j'en voulais beaucoup, je croyais que c'était une part normale; les autres se sont ingéniés à me persuader que c'était trop, je les ai cru; au final je me suis fait gruger. M'en reste un goût amer.
Un de ses quatre, je vais faire comme "Peau de la vieille hutte" dans "Little Big Man", je vais aller m'allonger dehors et attendre que ça vienne. Ça va faire comme dans le film, ça va foirer et il va falloir que je retourne m'asseoir dans mon tipi attendre un jour plus propice. Je vois le plan arriver gros comme un calumet de la Paix.
Celui-là, jeune, il était bon, Vieux, il l'est aussi. Dans le Rock, c'est assez rare. Enfin, à ce point-là.
Neil Young. "Heart of gold".






samedi 13 décembre 2014

Guidés par des voix, une alternative Rock éssouflée mais encore en état de marche.

J'entends des voix. Elles parlent ensemble, elles se mélangent dans ma tête. L'une me dit de faire le Mal. "M" majuscule, grands chants, grandes orgues. Toccata et fugue en ré mineur. Je marche dans la rue, je veux frapper un passant, ma main est retenue. RETENUE. J'entends des injonctions qui se contredisent. J'avance plus vite "Fais le Bien", "Prosterne-toi devant Dieu", puis "Fais le Mal pour te soulager", ça tourne de plus en plus vite et je ne peux pas y échapper. Je crie "Stop", ça ne cesse pas. Bach et Motörhead mélangés "The Ace of Gode". Je sens furtivement Dieu dans mon cul. Alors j'avance dans la nuit presque éclairée comme en plein jour. Je distingue d'infimes détails sur les grains de peaux de ceux que je croise et qui se reculent en me voyant. Je veux presser leurs points noirs. Il faut les libérer de cette crasse enfoncée en eux, les laver, les purifier de leurs COMÉDONS. Je me suis griffé le visage ou je ne sais quoi, je vois du sang sur mes doigts et je n'ai touché personne. C'est un signe de l'imminence de l’empoisonnement de mon corps. Ce n'est pas moi qui ait demandé cela, Seigneur. Si, c'est moi, je saigne du nez. Je m'essuie dans ma manche de jogging. Un ordre jaillit : "Tue". Un autre : "Cache toi de la figure du Seigneur". Je rabaisse ma capuche sur mon visage comme si ça allait m'être utile pour me planquer. Il n'y a plus de pitié nulle part, je le sais. Je n'ai nulle part où aller pour échapper à la face de Dieu qui me maudit. Je commence à courir à petites foulées, je bouscule les gens. Une pute en shorty rouge me dis de monter avec elle en riant. Elle saigne par les yeux, elle tire une langue longue de vingt centimètres. C'est le Démon. Je m'éloigne. Je monte sur les voitures garées le long du trottoir et je saute de l'une à l'autre, les gens crient, m'interpellent, je crie plus fort qu'eux. Je tombe du toit d'une caisse sur le capot d'une Merco. Je vois un type au volant qui me regarde avec des yeux plein de colère. J'ai mal à un  genou. Je glisse le long du capot et tombe par terre, le mec sort de la voiture en rage et s'apprête à m'envoyer un coup de latte. J'entends : "VAS-Y". Je sors mon Smith & Wesson de ma poche de devant et je l'abats en me relevant d'un seul jet. Je jouis dans mon benne en hurlant, sans bander. Je vide le barillet. Après, c'est enfin le silence. Ça s'agite autour de moi, des gens courent. Je suis vidé, complètement vanné. Vite, je recharge le flingue. Je mets une balle, une seule, faut que je m'arrache. J'appuie sur la gâchette à toute vlingue pendant que j'ai le temps. ça fait trois pressions et "Bang".
Une très bon groupe de Rock n' Roll. Straight, no chaser.


mercredi 26 novembre 2014

Avortez en chanson, les filles !

La loi autorisant l'avortement en France à quarante ans. J'admire Mme Veil. En hommage à celle qui n'est pas un de ces êtres vacillants, éternellement mineurs, qui ne savent pas aimer et aux pieds desquelles rampent les hommes pour étriller un bout de viande, je mets cette chanson problématique des Sex Pistols car anti-avortement, "Bodies". Plus violent, tu meurs. Comme un avortement.... Ah, non, un avortement, même en douceur, tu meurs de toute façon. Cessons d'être les esclaves de ces créatures qui existent à peine. Faisons leurs des mômes à qui mieux-mieux, ça les aidera à prendre conscience de ce qu'elles sont (à de très rares exceptions près) : de prétentieuses et brutales infirmes. Pourquoi cette chanson réactionnaire de la part des Sex Pistols ? Oh, c'est assez simple. Les Punks, ce n'est pas ce qu'on croit. Ils pensent : mais pourquoi la vie est-elle si merdique alors que ce pourrait être le Paradis sur la Terre ? Ils se prennent le mur à longueur de temps, tant et si bien qu'ils finissent par déclarer le mur seule réalité possible et enviable par une inversion post-romantique desespérée. Parfois cependant, ils se laissent aller à leur inébranlable bon fond. C'est le cas ici, ou Johnny Rotten laisse éclater son dégoût d'une réalite qu'il sent pouvoir être totalement autre. Des enfants partout, lui, ça ne le gènerait pas. Les punks, les vrais, ne sont plus de ce monde depuis longtemps. Ils sont morts d'excés de capacité à vivre à fond à la fin du premier tour de circuit. Le mur. Les morts-vivants continuent de tourner dans un lent auto-avortement. C'est moi, c'est vous.

Les paroles :

She was a girl from Birmingham
She just had an abortion
She was a case of insanity
Her name was Pauline, she lived in a tree
She was a no one who killed her baby
She sent her letters from the country
She was an animal
She was a bloody disgrace
Body, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
Dragged on a table in a factory
Illegitimate place to be
In a packet in a lavatory
Die little baby, screaming
Body, screamin', fucking bloody mess
Not an animal, it's an abortion
Body, I'm not an animal
Mummy, I'm not an abortion
Throbbing squirm
Gurgling bloody mess
I'm not a discharge
I'm not a loss in protein
I'm not a throbbing squirm
Fuck this and fuck that
Fuck it all and fuck the fucking brat
She don't wanna baby that looks like that
I don't wanna baby that looks like that
Body, I'm not an animal
Body, an abortion
Body, I'm not an animal
Body, I'm not an animal
An animal, I'm not an animal
I'm not an animal, an animal
I'm not an animal, I ain't no animal
I'm not a body
I'm not an animal, an animal
I ain't no animal, I'm not an animal
I'm not an animal, Mummy

mardi 25 novembre 2014

Des nouvelles du Rock : Joujou.

L'autre jour, j'ai vu un très bon groupe de Rock à Rennes, un duo nommé Joujou. J'ai chopé l'article d'un enervé de la plume qui se laisse aller à la dithyrambe de manière exagérée mais pas si conne. Je le mets.
"
C'est le 20/11/14 au soir que le duo originaire de Bayonne, Joujou, s'est produit à l'Antre2Café, le café associatif de la rue Papu et y a déclenché l'enthousiasme d'un public certes peu nombreux mais choisi. Joujou ? C'est joli comme nom, mais qu'est ce c'est au juste ?
Et bien Joujou ce sont des mélanges ultra-toniques et super-soniques à finir de vous réveiller les morts-vivants que nous sommes tous plus ou moins et à transmuter les chagrins et les questions en vif argent. Tout d'abord, il y a cet homme et cette femme. Opérateurs en Arts sonores divers et Poésie à mach 3. Benjamin, à la fois bonhomme et nerveux, est derrière sa batterie ou bidouille des samples mélodieux et bizarres à partir d'un simple élastique trituré. Branché sur sa comparse, il assure une dynamique mordante et débridée à l'ensemble. Agnes, branchée sur son comparse, silhouette svelte enserrée de noir de pied en cap chante, hurle, danse et joue sur une petite mitraillette de bois, tout à fait «Joujou», qui se révèle être une basse à une corde qu'elle martyrise sans relâche et qui, pas chienne, le lui rend bien. A eux deux, ça pastèque, ça « groove » et ils dégagent une énergie roborative comme j'en ai rarement vue et reçue.
De ce duo bien assorti naît focément un fameux mélange, une sauce piquante qui prend d'entrée de jeu. La voix forte d'Agnes d'un coté hurle à travers la réverbération et s'envole sur le tapis de déboulés de batterie savamment libertaires venus de celui de Benjamin. Ils se regardent, se connaissent, sont en phase, et, comme on dit, «méchamment Rock, n' Roll». C'est un Joujou qui tourne et virevolte et se scratche, un Joujou pour les grands. S'en suit un concert impeccable qui alterne (et mélange) les morceaux bruitistes au format chanson, les hymnes poétiques dit/criés, les poèmes parlés doucement et des envolées free-jazz stratosphériques que je n'hésiterai pas (je ne crains personne pour les adjectifs) à qualifier d'afro-punk ! Quelqu'un dans la salle crie «Fucking Rock n Roll». Mon dieu ! Mais c'est moi qui parle en langues ! Sors de ce corps, mon Amour!
Joujou fait ainsi montre d'une énergie débordante et contrôlée pendant un temps que l'on ne voit pas passer tant est forte l'intensité des textes (magnifique injonction magique : «Prends forme!»), du son, de l'implication scénique. On finit essoufflé, un rien « destroy » mais diablement heureux, de ce bonheur paradoxal qu'éprouvent parfois les malheureux quand ils subliment leur peine. Il y a chez Joujou quelque chose de primitif et d'urgent qui fait se craqueler le vernis du sourire que l'on se met sur la bouche parfois quand on voudrait pleurer. Grâce à Joujou,«ça» sort, ça prend sens, et, en plus, ça se danse.
Il est certain que ces Joujou là nous aurons envoyés en l'air un peu plus que des maquettes Heller, même grand-format, et c'est très bien comme ça. Seuls les sales gamins méritent de vilains jouets. Les plus beaux, les plus déjantés.
  • Alors Maman, tu me le donnes ce Joujou ?
  • Uniquement si tu n'est pas sage, mon chéri, uniquement si tu n'es pas sage...."
C'est signé d'un certain G.C. Connais pas. Comme c'était vraiment bien, voici le lien du site des Joujou, pour que vous puissiez vous faire une idée vous même.
:joujoujoujou.wix.com/joujou