Le 6 Mars 1869, Gustave Flaubert écrivait ces quelques lignes dans une lettre adressée à la Princesse Mathilde, cousine de Napoléon III et salonnière chez qui il était de bon ton de se montrer et de causer : "Quant aux déceptions que le monde peut vous faire éprouver, je trouve que c'est lui faire trop d'honneur, il ne mérite pas cette importance. Pour moi, voici le principe : on a toujours affaire à des canailles -- On est toujours trompé, dupé, calomnié, bafoué. Mais il faut s'y attendre. Et quand l'exception se présente, remercier le ciel.
C'est pour cela que je n'oublie rien des plus petits bonheurs qui m'arrivent, pas une poignée de main cordiale, pas un sourire ! Tout est trésor pour les pauvres...."
Cet homme suprêmement intelligent a raison. Malheureusement. Et cependant, dans le même temps, je lui préfère Stendhal, qui s'était forgé une "philosophie" (qu'il appellait le "Beylisme") moins radicale, moins brutale et, pour ainsi dire moins désespérée donc, à mon avis, un peu moins "bête". J'emploie ce mot à dessein car tous les "principes" de vie toutes les "philosophies" appliquées à l'existence sont plus ou moins nunuches et carabinnées. Celle que j'aime le mieux est celle de Casanova, (cet homme est souple, il acceuille toutes les opportunités et les coups de griffes de la vie, il s'adapte et reste pourtant toujours fidèle à lui-même et à son envie de jouir) mais elle est trop éloignée de ce que je suis profondément. Je me rabats donc sur celle de Stendhal, qui se soucie avant tout de l'Amour et de lui. N'empêche, Flaubert avaient quelques idées bien arrêtées qu'il vaut le coup de méditer profondément. Et parfois, quand il parle de lui au passé, de son adolescence et de sa jeunesse, il parle carrément pour moi.
Ses livres, qu'on les trouve géniaux ou besogneux, sont des efforts littéraires quasi sans équivalents, sauf à convoquer, en comparaison, les plus grands littérateurs mondiaux, de Rabelais à Pound en passant par Joyce et Céline.
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mardi 28 juin 2016
samedi 30 janvier 2016
Jacques Rivette et le Lapin Blanc.
Jacques Rivette est mort et on en fait tout un battage qui n'a aucune justification possible. Nouvelle Vague ? Et alors ? C'étaient des petits branleurs, plus qu'un à enterrer et on tire l'échelle. Politique des auteurs ? L'idée, si j'ai bien compris, c'était de dire que Hitchcock et Hawks sont aussi importants que Balzac, c'est ça... C'est pas faux. Vous avez déjà lu du Balzac ? Moi, je l'ai fait lire à une copine qui aime bien la revue "Voici" et elle a trouvé ça vachement bien. C'est vrai qu'avec lui on en a pour son argent, la moindre virgule pèse son poids de signification, sans doute parce qu'il était payé à la page. Enfin, tout y passe, les gueules qui font sens, les maisons qui font sens, les vétements qui signifient plus sûrement encore que les gueules, d'où les interminables descriptions qui jalonnent une intrigue dont les femmes de son époque (et de la nôtre) étaient friandes car si pleine de sens et d'enseignement (après que le rouge vous soit monté aux joues) qu'on pouvait même en tirer une petite morale bien utile et rêver. La morale, voilà bien une des préoccupations premières de Jacques Rivette mais la morale moi, je m'en tape. Je veux simplement y voir plus clair, même au prix de l'injustice et de la décadence. Je préfère les films qui ont "le" moral à ceux qui nous font" la" morale, pareils pour les livres, vous tirerez toujours plus de profit d'un bon livre mal-pensant que d'un pensum, généralement de gauche (Camus, Sartre, Tournier, Halter, Picouly, Semprun et compagnie),. Vous avez déjà lu du Stendhal ? Très mal-appris Stendhal, oh la la, amoral au possible, il ne s'épanouissait que dans la passion contrariée et adultèrine ainsi que dans un esthétisme nostalgique à tendance jouisseuse. Il pensait qu'il serait lu en l'an 2000. Il avait raison. Balzac avait cependant bien aimé "Le Rouge et le Noir", l'avait écrit et ça avait beaucoup fait rire notre homme Stendhal. Moi, je me fendrais bien la gueule à propos de la mort de Jacques Rivette ou plutôt, c'est si peu important à mes yeux que je m'en polirais bien le chinois s'il n'y avait tout ce barouf énervant autour du divinisé trépassé un peu partout dans les médias.
Bon, Paul Kantner, guitariste, chanteur et compositeur du Jefferson Airplaine est mort. Ca, c'est déjà plus emmerdant car le gaillard avait pondu quelques uns des plus grands hymnes psychédéliques de la fin des sixties, aux alentours de la baie de San-Franscisco. "White Rabbit", chantée par sa compagne, la magnétique Grace Slick, est même une des toutes meilleures chansons Rock de tous les temps (préhistoire et le pléistocène compris). Les chansons, c'est moins fort que les livres, bien sûr, mais c'est surpuissant à coté du cinéma; ça accompagne les gens tout au long de leur existence, ça peut aider à la libération d'un être, même partielle, ne serait-ce qu'à la disparition d'un chagrin, d'un malheur, d'une pesanteur et, inversement, ça peut marquer le début d'une histoire d'amour, d'une amitié, d'une chaleur. Les chansons, c'est vital, les films, c'est mortel. Il n'y a pas de morale ou d'impératifs qui tiennent, j'écoute "White Rabbit", je suis un autre, je suis enfin moi-même, sorti de mon merdier intime, dans la lumière. Vous me direz, peut-être que Jacques Rivette était clair, lui ? Tu parles, il était aux fraises et il aurait mieux fait d'écouter du Rock et de lire Stendhal. A son crédit cependant, un film foudroyant, le bien nommé "L'amour fou". Il fallait au moins ça pour qu'il sorte un peu de ses gonds et fendille l'armure et ne serait-ce que pour ce film-là, carrément rock, il lui sera pardonné pas mal de choses ampoulées et ennuyeuses.
Allez, "White Rabbit", inspiré d'un grand déviant pas moral du tout qui avait un faible pour les petites filles, Lewis Carroll himself. (Eh oui, et ce n'est pas un problème, le problème c'est comment faire pour ne pas avoir un faible pour les petites filles !)
Bon, Paul Kantner, guitariste, chanteur et compositeur du Jefferson Airplaine est mort. Ca, c'est déjà plus emmerdant car le gaillard avait pondu quelques uns des plus grands hymnes psychédéliques de la fin des sixties, aux alentours de la baie de San-Franscisco. "White Rabbit", chantée par sa compagne, la magnétique Grace Slick, est même une des toutes meilleures chansons Rock de tous les temps (préhistoire et le pléistocène compris). Les chansons, c'est moins fort que les livres, bien sûr, mais c'est surpuissant à coté du cinéma; ça accompagne les gens tout au long de leur existence, ça peut aider à la libération d'un être, même partielle, ne serait-ce qu'à la disparition d'un chagrin, d'un malheur, d'une pesanteur et, inversement, ça peut marquer le début d'une histoire d'amour, d'une amitié, d'une chaleur. Les chansons, c'est vital, les films, c'est mortel. Il n'y a pas de morale ou d'impératifs qui tiennent, j'écoute "White Rabbit", je suis un autre, je suis enfin moi-même, sorti de mon merdier intime, dans la lumière. Vous me direz, peut-être que Jacques Rivette était clair, lui ? Tu parles, il était aux fraises et il aurait mieux fait d'écouter du Rock et de lire Stendhal. A son crédit cependant, un film foudroyant, le bien nommé "L'amour fou". Il fallait au moins ça pour qu'il sorte un peu de ses gonds et fendille l'armure et ne serait-ce que pour ce film-là, carrément rock, il lui sera pardonné pas mal de choses ampoulées et ennuyeuses.
Allez, "White Rabbit", inspiré d'un grand déviant pas moral du tout qui avait un faible pour les petites filles, Lewis Carroll himself. (Eh oui, et ce n'est pas un problème, le problème c'est comment faire pour ne pas avoir un faible pour les petites filles !)
mercredi 10 septembre 2014
Une halte avec Stendhal.
Dans ses "Mémoires d'un touriste", Stendhal, suite à un concours de circonstances, se voit obligé de laisser sa calèche privée et de continuer son voyage à travers la France en malles-poste et diligences avec le commun des mortels comme acolyte. Ce n'est pas pour lui déplaire, voici ce qu'il dit :
" J'ai été élevé à voyager comme un simple commis du commerce dans les malles-poste et en diligence, et j'éprouve un sentiment dont je soupçonnais l'existence; c'est que, parmi les agréments de la vie, ceux-là seulement dont on jouissait à vingt-cinq ans sont en possession de plaire toujours"
Il insiste sur le plaisir qu'il a eu à finir le voyage de cette manière puis se réjouit des rencontres qu'il a faites et évoque comment il a pu contrer l'ennui qui parfois a pu naître dans certaines haltes par une attention redoublée à son travail d'écriture du soir.
Il ajoute ceci sur sa "solitude" :
"Mais, au total, je le répète, je me suis fort bien trouvé de cette solitude absolue d'un mois; sous prétexte de convenances et par la vanité que les gens communs mettent à les bien observer, la société se fait tous les jours plus hypocrite, qu'il est permis de trouver que ses gênes l'emportent sur ses agréments. Heurter les convenances ne serait rien sans le remords qui suit le crime, mais je suis peiné de voir la douleur de vanité que j'inflige à l'homme poli qui causait sans défiance avec moi, et qui reçoit tout à coup une réponse imprévue. Il entrevoit la possibilité de rester court"
On a reproché à Stendhal sa volonté molle voire sa sensiblerie "féminine". On voit ici qu'il était plutôt un homme qui rebutait à faire mal et préférait ne pas choquer, bien qu'il aimât plus que tout les passions fortes (et, pour lui, leurs pays de prédilection : l'Italie). Il préférait la prévenance aux convenances.
Plus loin il note cette phrase, courte et émouvante : "La diligence de La Charité s'est arrêtée un instant à Rousselan ; c'est un poste qui consiste en une seule maison au milieu d'un champ, environné de grands bois. Peu de sites m'ont donné davantage le sentiment de l'isolement complet, j'ai passé là un quart d'heure à me promener le long du bois, à cent pas de la ferme; j'étais heureux, je voyais à mes pied tous les chagrins du monde"
Et voilà bien le véritable scandale Stendhalien. Là, perdu au milieu du désert, dans "l'isolement complet", il trouve en lui sans peine les ressources pour être heureux, centre du monde tranquille à lui-même qu'il ménage et n'épuise jamais. Cette faculté-là, d'être souvent heureux, paradoxalement heureux quand le reste du monde à son vague à l'âme habituel, peu de gens lui pardonne. Il n'est pas raccord, il détonne. Hubert Juin, très bon critique oublié, avait défendu l'auteur en son temps et à sa manière, Philippe Sollers en a fait récemment l'éloge. Je reste, pour ma part un admirateur de l'homme et un amoureux de son style si particulier (notez qu'il emploie souvent les"...et,..."ça, normalement ça ne se fait pas) qui nous communique honnêtement des émotions fortes et des sensations rares. Ce n'est pas le bonheur de l'expression juste qui manque chez Stendhal, ni le bonheur tout court d'ailleurs.
PS : j'ai respecté les italiques du texte original. J'ai mis en gras ce qui me semble être la phrase la plus belle, la plus définitive.
" J'ai été élevé à voyager comme un simple commis du commerce dans les malles-poste et en diligence, et j'éprouve un sentiment dont je soupçonnais l'existence; c'est que, parmi les agréments de la vie, ceux-là seulement dont on jouissait à vingt-cinq ans sont en possession de plaire toujours"
Il insiste sur le plaisir qu'il a eu à finir le voyage de cette manière puis se réjouit des rencontres qu'il a faites et évoque comment il a pu contrer l'ennui qui parfois a pu naître dans certaines haltes par une attention redoublée à son travail d'écriture du soir.
Il ajoute ceci sur sa "solitude" :
"Mais, au total, je le répète, je me suis fort bien trouvé de cette solitude absolue d'un mois; sous prétexte de convenances et par la vanité que les gens communs mettent à les bien observer, la société se fait tous les jours plus hypocrite, qu'il est permis de trouver que ses gênes l'emportent sur ses agréments. Heurter les convenances ne serait rien sans le remords qui suit le crime, mais je suis peiné de voir la douleur de vanité que j'inflige à l'homme poli qui causait sans défiance avec moi, et qui reçoit tout à coup une réponse imprévue. Il entrevoit la possibilité de rester court"
On a reproché à Stendhal sa volonté molle voire sa sensiblerie "féminine". On voit ici qu'il était plutôt un homme qui rebutait à faire mal et préférait ne pas choquer, bien qu'il aimât plus que tout les passions fortes (et, pour lui, leurs pays de prédilection : l'Italie). Il préférait la prévenance aux convenances.
Plus loin il note cette phrase, courte et émouvante : "La diligence de La Charité s'est arrêtée un instant à Rousselan ; c'est un poste qui consiste en une seule maison au milieu d'un champ, environné de grands bois. Peu de sites m'ont donné davantage le sentiment de l'isolement complet, j'ai passé là un quart d'heure à me promener le long du bois, à cent pas de la ferme; j'étais heureux, je voyais à mes pied tous les chagrins du monde"
Et voilà bien le véritable scandale Stendhalien. Là, perdu au milieu du désert, dans "l'isolement complet", il trouve en lui sans peine les ressources pour être heureux, centre du monde tranquille à lui-même qu'il ménage et n'épuise jamais. Cette faculté-là, d'être souvent heureux, paradoxalement heureux quand le reste du monde à son vague à l'âme habituel, peu de gens lui pardonne. Il n'est pas raccord, il détonne. Hubert Juin, très bon critique oublié, avait défendu l'auteur en son temps et à sa manière, Philippe Sollers en a fait récemment l'éloge. Je reste, pour ma part un admirateur de l'homme et un amoureux de son style si particulier (notez qu'il emploie souvent les"...et,..."ça, normalement ça ne se fait pas) qui nous communique honnêtement des émotions fortes et des sensations rares. Ce n'est pas le bonheur de l'expression juste qui manque chez Stendhal, ni le bonheur tout court d'ailleurs.
PS : j'ai respecté les italiques du texte original. J'ai mis en gras ce qui me semble être la phrase la plus belle, la plus définitive.
mercredi 6 août 2014
Profession : "Artiste en émotions."
Dans "Mémoires d'un tourisme", Stendhal, très à son aise dans ce genre libre du livre de Voyage, écrit ceci à propos d'un fait divers qu'on a fait raconter à un des convives de la soirée à laquelle il était convié et dont il sort : " Et moi, en rentrant dans ma chambre, je me donne la peine d'écrire cette histoire. Elle est rigoureusement vraie dans tous ses détails, mais a-t-elle un autre mérite ? Dans ces moments de philosophie rêveuse où l'esprit, non troublé par aucune passion, jouit avec une sorte de plaisir de sa tranquilité, et réfléchit aux bizarreries du coeur humain, il peut prendre pour base de ses calculs des histoires telles que celles-ci.
Telle est leur unique supériorité sur les romans, qui, arrangés par un artiste en émotions, sont bien autrement intéressants, mais en général ne peuvent servir de base à aucun calcul"
Ici, "l'artiste en émotions", c'est lui, bien entendu, qui s'est inspiré d'un fait divers pour écrire "Le rouge et le noir". Il dit la grande supériorité de la Littérature sur la Philosophie. Là où le philosophe "calcule" sur la condition humaine et ratiocine, l'artiste en rend compte par des émotions, tous ses calculs à lui déjà faits et digérés en un Art, c'est-à-dire une magie qui transmet, ce qui fait que la Philosophie fait ronronner comme un gros chat auprès du feu et que la Littérature éveille l'étincelle de l'intérêt. Toute une vision du Monde passe en un roman, un songe calculateur fait un livre de Philosophie. D'un coté, l'on est ému, de l'autre on jouit : d'un coté on tombe sur des calculs, de l'autre sur des romans. Je choisis mon camp ; je suis à jamais aux cotés de Stendhal contre, mettons, Sartre : du coté de ce qui vous laisse pantois et vibrant, contre celui de l’assujettissement de l'Art à la laideur d'un "message" idéologique, à jamais contre Flaubert, que je laisse mariner avec celui qui a le mieux parler de lui, le père Sartre justement. Ce n'est pas parce qu'on fait une crise de neurasthénie à 17 ans (Flaubert) et qu'on en ressort blindé de cynisme que l'on fait un grand écrivain et Stendhal est un bien meilleur artiste que lui car il a épousé quelques courbes même de la Vie et qu'il nous les "rend" sans pareil,
auteur précieux s'il en est !
Gérard Philippe et Danielle Darrieux, sans doute un des plus beaux couples formés par le cinéma, Art, vaille que vaille.
Telle est leur unique supériorité sur les romans, qui, arrangés par un artiste en émotions, sont bien autrement intéressants, mais en général ne peuvent servir de base à aucun calcul"
Ici, "l'artiste en émotions", c'est lui, bien entendu, qui s'est inspiré d'un fait divers pour écrire "Le rouge et le noir". Il dit la grande supériorité de la Littérature sur la Philosophie. Là où le philosophe "calcule" sur la condition humaine et ratiocine, l'artiste en rend compte par des émotions, tous ses calculs à lui déjà faits et digérés en un Art, c'est-à-dire une magie qui transmet, ce qui fait que la Philosophie fait ronronner comme un gros chat auprès du feu et que la Littérature éveille l'étincelle de l'intérêt. Toute une vision du Monde passe en un roman, un songe calculateur fait un livre de Philosophie. D'un coté, l'on est ému, de l'autre on jouit : d'un coté on tombe sur des calculs, de l'autre sur des romans. Je choisis mon camp ; je suis à jamais aux cotés de Stendhal contre, mettons, Sartre : du coté de ce qui vous laisse pantois et vibrant, contre celui de l’assujettissement de l'Art à la laideur d'un "message" idéologique, à jamais contre Flaubert, que je laisse mariner avec celui qui a le mieux parler de lui, le père Sartre justement. Ce n'est pas parce qu'on fait une crise de neurasthénie à 17 ans (Flaubert) et qu'on en ressort blindé de cynisme que l'on fait un grand écrivain et Stendhal est un bien meilleur artiste que lui car il a épousé quelques courbes même de la Vie et qu'il nous les "rend" sans pareil,
auteur précieux s'il en est !
Gérard Philippe et Danielle Darrieux, sans doute un des plus beaux couples formés par le cinéma, Art, vaille que vaille.
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