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lundi 29 janvier 2018

Laissez Mark E Smith entrer au Paradis des mécréants, le seul qui vaille.

Décès de Mark E. Smith fondateur et leader du groupe de rock indé "The Fall". C'était une sorte de contestataire comique et mal-luné qui était capable d'à peu près tout pour déformer le moule universel dans lequel on essaye de nous fondre. Une sorte d'Alphonse Allais du rock, impayable, imbuvable, irrécupérable. Alcoolique notoire, dézingué sans sur-moi paranoïaque inhibant, il avait une propension pas possible a épouser de jolies et intelligentes femmes et à rameuter autour de lui des musiciens de qualité qu'ils faisaient marner à élaborer derrière ces élucubrations imbitables un fond sonore de première bourre. Je crois qu'il adorait par dessus tout mal se tenir, dire des conneries qui touchaient juste en étant chantées faux, être toujours là où on l'attendait pas, dynamitant par avance toute espèce d'attitude et de pose et je l'appréciais (beaucoup) pour ça. L'incongruité était son mantra, la hargne son carburant. Grâce à lui le rock se tenait droit tout en ayant la gueule de traviole. Des preuves ? Pas de lézard...là je crois qu'il se pisse dessus. Les chiottes c'est pas pour lui, les chiottes, pour lui; c'est partout en fait...

Et cette reprise de Sister Sledge, composée par Nile Rodger et Bernard Edwards, c'est à dire Chic, avec la bande audio en français outrageante qui la traverse, c'est-y pas beau ?

lundi 22 février 2016

Lartigue : Elégance années 30 et plus

L'élégance, c'est le sujet du photographe Jacques-Henri Lartigue. C'est évanescent l'élégance, indéfinissable mais pas insaisissable. Pour ce faire il a fallu que Lartigue mette en scène ce qu'il y avait autour de lui d'élégance pour le capter en un instant bref où ce qui se sent, se voit, se dévoile à tous. Il lui a fallu de la patience et de la délicatesse; une moue, un pli d'étoffe, une mèche de cheveux sont choses si faciles à détruire d'un regard un peu inquisiteur. Alors, disons que Lartigue a accompagné certains mouvements, certains instants qu'il savait être précieux, comme des gemmes, depuis l'enfance. Cela veut dire qu'il lui fallait du courage pour avancer et ne pas sombrer dans la contemplation des bijoux qu'il possédait, car il les possédait. Cela veut dire qu'il était au moins autant en vie que ses modèles et plus encore, en tout cas aussi élégant mais comme peut l'être un photographe. C'est pour cela qu'il n'hésite pas à se montrer dans ses photos. Il ne crée pas, ce n'est pas un démiurge, il re-crée, il s'amuse et son plaisir est une chose sérieuse. Ces clichés sont de vrais photos, c'est à dire qu'elle montrent quelque chose qui s'abime au moment de la prise. On pourrait dire que cette élégance c'est du "chic" et ça serait déjà pas mal; je préfère dire que c'est, sur un mode mineur, parfois, de la grâce.

mardi 12 janvier 2016

L'Etoile Noire de David Bowie s'est éteinte.

J'ai toujours connu le monde avec David Bowie, MON monde. Voilà qu'il est mort et ce monde sera moins beau, moins classe, moins passionnant. Il est génial, Bowie, chaque album était attendu et souvent surprenant, bon la plupart du temps. Bowie avait une puissance créatrice tous azimuts qui semblait inextinguible et qui s'est tue cependant, comme de juste.
J'avais 15 ans et j'allais dans un bar avec des amis plus vieux que moi. Je n'avais pas l'âge de boire de l'alcool mais je m'en foutais un peu, j'étais là pour être en compagnie de mes potes en buvant un diabolo et les écouter. Mais j'avais un plaisir à moi, pas secret puisque tout le monde s'en rendait compte mais bien personnel. J'avais repéré un morceau que j'aimais bien dans le jukebox. Il était passé une fois et j'avais demandé à quelqu'un qui c'était et quelle chanson c'était. Depuis ce moment, régulièrement, je prenais une piécette, allait à la machine et mettait "Rebel, Rebel" de David Bowie. "Rebel, rebel, put on your dress...Rebel, rebel, you're face is a mess..."Qu'est ce que cela voulait dire ? Et puis le riff de guitare ! C'était génial. Des anecdotes comme ça avec Bowie j'en ai cent.
Je mets une chanson de lui. "Cat people". Voix ductile, puissante. Nile Rodgers à la production, Steve Ray Vaughan à la guitare.

mercredi 13 août 2014

"The Look" a fermé les yeux.

Lauren Bacall est morte. Même question que dans le post précédent pour Robin Williams : "Etait-elle une bonne actrice ?" La réponse est non, comme hier.  Mais avec son mari Humphrey Bogart elle formait un couple évident et électrisant (4 films ensemble, quand même),et là, elle a été bonne. Pour le reste c'est une parfaite quiche que seul Minnelli a par deux fois sauvée du naufrage complet dans des films d'une beauté et d'une intelligence bien spéciales qui n'appartiennent qu'à lui :"La toile d'araignée" et "La femme modèle". Songez que le sujet de ce dernier long-métrage tient dans le couple mal assorti qu'elle forme avec l'endive Grégory Peck, elle, dans la haute couture et la comédie musicale, lui, dans le journalisme sportif. Comprenez-vous bien l'antagonisme radical masculin/féminin qui les sépare ? Avec un tel sujet en plomb massif, Minnelli fera un film en état de grâce qui emporte tout sur son passage, et déclenche des avalanches de rires. Sinon c'est "Waterloo, morne plaine". Il y a un film complètement con ou elle est en vedette avec Marilyne Monroe et Betty Grable ("Comment épouser un milliardaire ?") et elle est vraiment deux tons en-dessous des deux pin-up stars de l'époque, qui trouvent le moyen de sauver leurs atours (en clair, leurs fesses) de se scénario catastrophique et cinématoscopisé.
Enfin, tout lui est intégralement pardonné pour ses films avec son mari et en particulier pour ça :

De nos jours frappadingues un mythe tient à ça. C'est suffisant ? J'aurais tendance à dire non mais ça marche quand même, alors ?
Ah, il y a autre chose, qui a été capté par la caméra. Une certaine allure, rehaussée d'un peu d'élégance. Ce n'est pas la même chose, l'une est plus animale que l'autre.  Mais c'est un raffinement qui attire et elle l'avait.

mardi 22 juillet 2014

Petit dragon devenu grand...

C'est peu dire que je trouve Yukimi Nagamo, la chanteuse et compositrice de Little Dragon, à mon goût. Elle n'est pas tendre, peut-être douce parfois, si on la fait jouir, en tout cas, c'est une dure à cuire. Ça se voit, c'est une femme accomplie qui porte en elle et sur elle les marques de plusieurs vies (antérieures?) déjà vécues et dont elle a appris. On est pas leader d'un groupe suédois quand est japonaise par hasard, il faut du cran et du vécu.
Je n'aime pas beaucoup les tatouages, sauf sur les corps des femmes du Japon, là, je les trouve érotiques et beaux. Je note que Yukimi en un a au moins un qui lui fait le tour de la cheville droite, "la marque des esclaves", dirait Serge Gainsbourg". La Liberté et la contrainte entretiennent des rapports complexes, ambiguës, c'est entre elles que se tissent les liens de l'érotisme le plus violent, le plus délicat, le plus rare. Si je te bats comme plâtre, Yukimi, me mangeras-tu tout cru ? Oh, je t'en prie, à genoux, n'écarte pas trop facilement les jambes pour d'autres que moi ! Et toi non plus, là-bas.

Le très beau et mélancolique (Aquatique ? Humide ?) Twice.

mercredi 14 août 2013

Perdus dans la musique. Acte IV

Tout se mélange. En 1996, Chic se reforme pour un concert unique au Budokan de Tokyo. Ca chauffe méchamment ; les chanteuses sont torrides ; Slash, échappé des Guns & Roses  déboule sur scène pendant "Le Freak" et envoie un drôle de solo tout rutilant ; pour la bonne bouche (et la légende), le bassiste historique du groupe, Bernard Edwards, rongé jusqu'à la moelle par un cancer s'éteindra dans sa chambre d'hôtel quelques heures après la fin du show ! Allons-y ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA FREAK DOWN !

Ca ne s'arrange pas. Voici un morceau génial de Terry Allen qui expédie "ad patres" tous les petits cul-terreux de la "new-country" que l'on peut écouter chez ce cinglé à moitié cryogénisé de Georges Lang le vendredi soir sur RTL Pas l'ombre d'un noir à l'horizon. Allons-o ! Ca s'appelle :  "Oui (une chanson française)". Au point où on en est, Ravel et Fauré ne feront peut-être pas trop la gueule.

Mais qui est VRAIMENT Terry Allen ? Un chanteur de country ou un artiste contemporain qui a commis les petites choses ci-dessous ?



Il est les deux, et aussi un animateur radio, un poète, un dramaturge....Le tout les pieds dans la bouse et sous l'égide d'Arthaud le Momo.

lundi 29 juillet 2013

Perdus dans la musique. Acte III

Les Isley Brothers sont des forces de la Nature et un des groupes en activité à la plus grande longévité. Songez un peu que "Twist and shout" en 1962, c'était eux. S'en sont suivis une bonne quarantaine d'albums très variés. Et en 2001, Ronnie Isley et son frère Ernie, le guitariste surdoué, sortent un CD intitulé "Eternal". L'alter-ego de Ronnie Isley, "Mister Biggs", une sorte de Godfather noir, y fait sa première apparition notable. On le reverra chez R. Kelly dans une scie géniale et imbitable dont l'idée du clip est piquée à "Pulp fiction" : "No one has to knows", "Personne n'a à le savoir"...devinez quoi !!!
L'album est torride, il sent la sueur et les fluides corporels en tous genres disséminés un peu partout. Pour peu que la nuit soit vraiment chaude, si on est seul, ça devient intenable. Et paf ! voilà t'y pas qu'ils reprennent sans se démonter (pas le genre) une très belle chanson des Chic, c'est à dire du duo Rodgers/Erwards qui nous occupait il y a peu : "Warm summer night". Le truc est simplement dégoulinant. Les paroles rajoutées par Mister Biggs sont obscènes (In a minute/ I'll be in it...) qu'importe, on dirait que le disque propage des phéromones dans tous les sens. Ça fait couiner, râler, hurler. Sur internet, je ne sais pas si ça marche. Je pense que oui.
Donc "Warm summer night" deux fois. Chauffé à blanc (si je puis dire) par Ronnie et Ernie Isley.
Puis plus classieux par les créateurs du morceau : Chic et leurs choristes-walkyries du disco.
Le clip est fourni par un sympathique érotomane aux goûts plus que douteux. Grâce lui soit rendue.


Petit plaisir perso en bonus.

mardi 23 juillet 2013

Perdus dans la musique. Acte I

En ce moment il est de bon ton de s'extasier sur Nile Rodgers et Bernard Edwards les patrons du groupe de disco Chic. Très bien. Ca fait un bout de temps que je dis à qui veut bien m'entendre que ce tamdem de musiciens-compositeurs à pondu les hits de boites de nuit les plus imparables et les plus tristement dansant. En son temps Robert Wyatt a payer son tribut au disco de Chic en reprenant le superbe "At last, I am free". Les Daft Punk ont récemment remis Nile Rodgers au goût du jour en le faisant participer à leur super-production post-moderne  "Randon Access Memories". Très bien encore. Mais il ne faut pas oublier les emmerdeurs, les empêcheurs de se taper sur le bide en rond, les ironiques, les casse-couilles.
Voici donc une reprise de "Lost in Music", tube des Sister Sledge composé par Rodgers-Edwards, par The fall et son croustillant leader Mark E. Smith.
"...Inutile de regarder en arrière - Perdu dans la musique - Crétin, va te faire foutre...." dit une voix en français au début du morceau. Est ce méchant ou simplement rigolo ? Est-ce un hommage ou une déclaration de guerre ? Comme d'habitude avec Mark E. Smith, c'est indécidable. C'est le genre de mecs brillants qui arrive à rendre la Vie aussi scandaleusement insupportable que la Mort à force d'humour noir absolu et d'esprit de dérision généralisé. Et, fin du fin, on peut toujours danser là-dessus. Encore plus tristement.

Leçon première de lamentation avec l'original. Sister Sledge.

lundi 6 mai 2013

THRILLER !

Le guitariste de Slayer est mort. ON S'EN FOUT. NOUS, CE QU'ON VEUT C'EST DU BAD ASS, DU DANGEROUS, DU KILLER !!!!!!!!
C'est parti M'sieurs, 'Dames.
Souris, danse ou meurs.

vendredi 19 avril 2013

Néant 1979 : le tube de l'été 2013 par Daft Punk

Cet été, ça sera le retour de l'année 1979. Ou 1980, ou 1981. Dans ces eaux là quoi. 2013 ? Personne n'a jamais atteint cette année là, ou alors dans les années 70, dans les films de S.F. Ça s'appelle un paradoxe temporel. Vous avez vu" Mondwest" ? En tout cas, nous voilà maintenant sans cesse condamnés à revivre les mêmes choses, les mêmes années d'Histoire, d'avant que l'Histoire cesse.
Bon voyage à tous.

lundi 8 avril 2013

David Bowie : même pas mort.

David Bowie vit son énième métamorphose, la dernière. Il devient un mort. Il le sent, il a presque cessé de vivre un moment, il sait ce que ça fait et il nous le dit. Ce n'est pas très drôle mais il faut bien se coltiner cette chose-là un jour ou l'autre et comme Bowie est un artiste dans l'âme, il va nous faire sentir de quoi il en retourne vraiment. Ca peut être bigrement utile. L'album qui parle de ça, de sa mort, de la Mort est beau et passionnant. Il s'appelle "The next Day". La pochette représente la photo de l'album "Heroes" presque complètement barrée du titre écrit en gros caractères noirs sur fond blanc. Sobre ? Si on veux...Plus question d'être un héros, "Just for one day" ; ou, plutôt si, mais le lendemain ? Qu'est ce qui se passe le lendemain ? Et bien, si on l'atteint c'est un putain de miracle. Oh, il a vu, David : les zébrures électriques des douleurs, l’aiguë qui saisit l'âme et la mortifie, les sens qui s'effondrent un par un, l'incapacité à lutter qui va tout emporter, la fièvre et la glace, les protocoles appliqués qui iront au choix vers le mieux ou le pire au grès d'on ne sait quelle puissances adverses ou amies, il en a vu tant et plus ; l'Horreur, en un mot.
Alors voilà un des titres de l'album "Love is lost" : "L'Amour est perdu", ou, comme il le dit "La perte, c'est l'Amour". L'Horreur, vous dis-je.  It's the darkest hour, you're 22
The voice of youth, the hour of dread
It's the darkest hour, and your voice is new
Love is lost, and lost is love

Your country's new, your friends are new
Your house, and even your eyes are new
Your maid is new, and your accent, too
But your fear is as old as the world

Say goodbye to the thrills of life
When love was good, when love was bad
Wave goodbye to the life without pain
Say hello, your beautiful girl

Say hello to the greater men
Tell them your secrets they're like the grave
Oh what you have done, oh what you have done
Love is lost, lost is love

You know so much, it's making me cry
You refuse to talk, but you think like mad
You've cut out your zone and the things have fold
Oh what have you done, oh what have you done
Oh what have you done, oh what have you done

mardi 12 mars 2013

mercredi 28 novembre 2012

Que reste-t-il de nos amours ? Cette photo, vieille photo...

Un homme et une femme admirables : Françoise Fabian, Guy Marchand. Je ne sais pas d'où vient la photo. Elle est très belle.
Françoise Fabian. Plutôt que de poster un extrait de l'excellent "la Bonne Année" de Lelouch, je mets un extrait du très bon et plus profond "Vertiges" où elle fait face à un psychiatre fou-furieux campé par Marcello Mastroiani. Elle est splendide. Vous ne l'avez pas vu ? Le film ? Allez-y, c'est Bolognini, c'est garanti !
Je vous donne un truc technique. Dans ce film, Bolognini va systématiquement resserré le cadre sur Mastroiani (et sur lui seul de tous les personnages) par de légers zooms pour marquer l'enfermement qui l'aliène de plus en plus. Mais ça va un peu plus loin, ça devient le signe obsessionnel de sa folie d'accord, mais maladif par lui-même, un marqueur visuel qui lui est attaché, certes, mais qui finit par exister séparement, signe de la folie, et qui nous la communique jusqu'au malaise. Ce parti-pris de mise en scène devient donc signe à part entière, ce qui donne l'impression que le film lui-même est malsain. A la fin, le psychiatre devient complétement fou et les zooms cessent. Le film, et nous avec, sortons de la folie. Heureusement.
Bon, je ne retrouve plus "Vertiges" sur Youtube qui l'a fait sauté, comme vous pouvez le constatez. Il y a, sinon. C'est pas mal aussi. Françoise Fabian : "Faut pas me prendre".!!! Bonus spécial : la Bande Annonce de "Ma nuit chez Maud" de Rohmer. Voilà un très grand film. Un film qui engage. Engageant. Comme la lecture des "Pensées" de Pascal, dont il est beaucoup question. Une remarque en passant sur le terme "engageant" que j'ai employé. Celle de la déperdition incroyable qui s'est opérée au fil des ans dans tous les compartiments du cinéma. Rohmer n'a pas cessé, lui, de concevoir de bons films, mais il faut bien se rendre compte qu'il s'est rabattu, et peut-être volontairement (et là, c'est une erreur ou de la pathologie), sur Lucchini, Dombasle, Ogier, Poupault, Gregory et consort pour les interpréter. Imaginons un instant "Ma nuit chez Maud" avec ce genre d'acteurs, et non pas avec les instruments de haute précision que sont Trintignant, Fabian, Barrault. Vous voyez le tableau ? Beaucoup moins engageant.
Guy Marchand. Impossible de trouver un extrait de "L'acrobate" de Pollet où il incarne une sorte de gentil génie du rare Claude Melki, impossible de trouver un extrait du beau "Loulou" de Pialat où il est simplement parfait, alors je me rabats sur le rigolo "Pt'it con" de Lauzier. 'J'vous opprime, moi, merde !"
Le type qu'il incarne s'appelle Bob Choupon. C'est bien, Lauzier, quand même.
Bonus spécial : Un extrait de "Dans Paris" de Christophe Honoré où Marchand donne la réplique à Louis
Garrel. Bien filmé
.

lundi 22 octobre 2012

Ariel Pink ne respecte pas les couleurs, même à haute température !

Je sens qu'il va falloir s'adapter (si ce n'est déjà fait) aux changements de look et sautes d'humeur de notre ami Ariel Pink. Et plutôt deux fois qu'une. Voir ci-dessous où il en était en septembre dernier...
A noter : une fantastique mièvrerie empruntée aux Beatles et ré-arrangée à la sauce....ce que vous voudrez.

Chez 4AD, ils ont mis le paquet pour lui faire enregistrer un album avec un son décent. Ça a donné "Mature Themes", son dernier opus. Mais le gaillard leur a donné du fil à retordre pour son premier essai chez eux, "Before Today", tant et si bien que les mecs qui dirigent ce respectable pourvoyeur de talents lui ont fait faire une session live un peu "sérieuse", afin de montrer à ceux que ça intéressait qu'il pouvait "sonner" correctement. Et ça a donné ce petit bijou.
"Menopause man". (Bon sang, quand même, quel titre génial !)

jeudi 27 septembre 2012

Ca commence à tomber en septembre.

C'est septembre, il pleut. Il est temps d'écouter "September in the rain" par Dinah Washinton et " Automn in New York" par Sarah Vaughan.
Bonus track : il parait qu'on entend ce morceau d'Earth, Wind & Fire dans "Intouchables", le film aux 27 millions d'entrées. Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu. Ce film me semble néanmoins remettre les pendules à leurs places pour pas mal de français de souche à propos de l'image qu'ils ont d'eux-mêmes et des immigrants. Les français sont bons et riches, les immigrants pauvres et gentils et tout va pour le mieux dans la meilleure des France possible. D'ailleurs, tout va tellement bien qu'il m'est presque impossible de trouver sur YouTube une version studio à intégrer sur mon blog, sauf à mettre ce genre de saloperie mal foutue. Droits d'auteurs, droit du sol, droit du sang ? Intouchables ?

Bonus Track : Earth, Wind & Fire. Enfin, presque...

samedi 30 juin 2012

Style ? Chic (ou presque...)

Pendant un temps, les mecs de Chic ont eu la main. Tout ce qu'ils composaient et produisaient se transformait en tube planétaire. Sister Sledge, Cary Simon, et même cette salope en bois d'acajou de Diana Ross. Un peu plus tard c'est Michael Jackson qui s'est occupé de faire reluire la Ross. C'est une autre histoire, une histoire de muscles que Michael n'avait pas. Lui aussi a eu la main quelques temps.
Dans l'ordre, Carly Simon et Diana Ross interprétant Chic ; la même Diana Ross interprétant Jackson. "...that's allright for her..but it ain't enough for me..." Tu parles !
Carly Simon : la ligne de basse est démente.

Diana Ross cul par dessus tête.

Ross et son lubrifiant préféré. : les muscles.

Dancing the pain away.

En 1983, le groupe Chic a sorti un immense album de musique noire : "Believer". Funk ? Disco ? En fait, Bernard Edwards et Nile Rogers ont concocté un son, une façon de jouer et de composer uniques, mêlant enthousiasme à paillette et glamour désespéré. En quoi est ce que je crois ? A la beauté douce-amère des chansons de Chic, qui m'ont sauvé la mise plus d'une fois, quand je voulais fondre doucement en regardant mes pieds bouger. Je crois en ta beauté aussi. Et de souffler sur les braises roses qui sont dans ta poitrine.
NB : A un moment de la chanson, ils sont embringués dans une série de breaks qui pourrait s'avérer mortelle. Mais non, ils s'en tirent avec une suite d'accords d'une maestria renversante. 

Un jour, quelques années plus tôt, un type de chez Carrère (maison de disque hexagonale) a eu l'idée saugrenue d'appeler les membres de Chic pour qu'ils fassent un tube pour Sheila," la petite fiancée de la France". Et bing, ça n'a pas loupé, le temps d'une chanson, elle est passée en première division mondiale. Ah, toujours ces accords mineurs ; et ce shuffle qui noue la gorge et fait s'agiter sur la piste de la discothèque en une adorable tristesse.


dimanche 20 mai 2012

Live from Daryl's House. Une bonne raison d'avoir internet.

Daryl Hall a eu une très bonne idée. Maintenant qu'il est un peu rangé des voitures, plutôt que de refaire "ad libidum" le coup de la reformation du duo avec Oates et de remplir les stades de nostalgiques des années 80, il a lancé sur le net le show régulier "Live from Daryl's House". Enregistré chez lui, il y invite des copains musiciens de toutes les horizons à taper le bœuf sur les chansons qu'il composa jadis et qui sont devenus, peu ou prou, des classiques. Le tout avant ou après un bon petit barbecue dans le jardin de la maison. Il est sympa Daryl.
L'émission est diffusée sur le net en direct ou en différé. Ainsi on a pu voir Smokey Robinson, Booker T.Jones, Todd Rundgren, Mayer Hawthorne passer faire un saut chez Hall et revitaliser "Sarah smile", 'Wait for me", "I can go for that" et autre "Maneater" dans une ambiance relax, cosy et boisée. C'est à dire trois générations : celle qui a inspiré Hall (Robinson, Booker T.etc, etc ...), celle avec laquelle il a travaillé (Rundgren a produit Hall and Oates), et celle des jeunes qui viennent payer leur tribut à ce petit maître de la Soul blanche ( Mayer Hawthorne, Chromeo etc, etc...). Les musiciens qui aident à l'accouchement sans douleur de ces rencontres sont tous de fringants routards quadras ou quinquas qui n'en sont pas à un petit miracle près, habitués qu'ils sont aux conditions de parturition les plus improbables. Ici, tout est parfaitement au point pour que "ça" se passe bien et résultat, "ça" à effectivement lieu. Ça, c'est quoi ? Et bien, le genre de truc que je met dans la vidéo ci-dessous. Quelque chose d'à fleur de peau et de profond qui fait dodeliner de la tête doucement et suer des mains d'un bonheur un rien suranné.
Voilà le topo : Hall, aux anges, balance une petite version californienne chaloupée de "I can go for that" en compagnie de Chromeo, jeune duo arabo/juif de musique Westcoast, dont un des deux gaillards chavire avec son vocoder-sirop, et aussi de zicos pur jus de papaye, dont un guitariste hors-d'âge au chapeau de paille façon Walter Brennan dans "Rio Bravo" qui emballe un savoureux solo de guitare électro-acoustique. Le tout est du miel conçu pour les oreilles sensibles. Il y en a des dizaines comme ça disponibles sur le net, plus ou moins bonnes, j'allais dire plus ou moins "parfaites", parce qu'on est souvent pas loin d'une sorte de perfection, et à tout le moins, la plupart du temps, on est dans l'excellence. Tout ce truc pourrait être poussif, auto-suffisant, écroulé. Une espèce de branlette de papys sur peau d'ours miteuse devant une flambée d'ennui. Et bien pas du tout, c'est tout à fait réjouissant et je me demande ce qu'attend Bob Dylan pour faire la même chose.
En dessous je met une vidéo de la grande époque d'Hall & Oates, enregistrée au Japon, où l'on voit le talentueux chanteur faire un petit numéro vocal rassérénant. C'est à la fin de la chanson, dans un silence de cathédrale (gloire aux nippons!), il faudra attendre ou faire "fast-forward". A vous de voir.

samedi 21 avril 2012

Aux larmes citoyens....

Robert Wyatt est un grand chanteur. L'un des meilleurs, des plus émouvants, toutes catégories confondues, à l'égal de Townes Van Zandt et Marvin Gaye par exemple. Quand il reprend un morceau de Chic (Nile Rodgers est un immense compositeur) ça donne cette petite vignette irrésistible de beauté, de chagrin doux. Parfois on pleure d'amour.
At last I am free
I can hardly see in front of me
I can hardly see in front of me

At last I am free
I can hardly see in front of me
I can hardly see in front of me

I'm lonely, please listen to what I say
I can't go on livin' life this way
I've tried and I've tried to make you see
You call this love, all this lyin'
My friend, it just can't be

At last I am free
I can hardly see in front of me
I can hardly see in front of me

At last I am free
I can hardly see in front of me
I can hardly see in front of me

I'm lonely, please hold me
Come closer, my dear
It feels so good just havin' you near
But who am I foolin'
When I know it's not real
I can't hide all this hurt and pain
Inside I feel

At last I am free
I can hardly see in front of me
I can hardly see in front of me

 Nile Rodgers et ces acolytes interprétant la même chanson à Montreux en 2004. Comment résister à cette beauté noire ? Moi, je ne sais pas. "Everobody hug somebody, come on !" A vos ordres, Miss !

samedi 25 février 2012

L'artiste muet nous parle plus qu'un autre. Pourquoi ? Parce qu'on ne l'entend pas. On est bien obligé de faire des efforts !

"The Artist" ? Bof, une vague connerie sur la seule chose que les gens d'aujourd'hui savent sur le cinéma muet : ça a été une catastrophe pour certains acteurs quand on est passé au parlant. Voilà. C'est chiche. Évacué l'art sublime du film muet ; oublié l'art du film muet ET en noir et blanc, ces deux contraintes hyper-productives en inventions, en images stupéfiantes ; lessivées en couleur les gravures millimétrées du premier âge dignes de Dürer et de Callot.
Reste un objet kitsch, alors que tout le cinéma de l'époque évoquée était et reste la modernité même ; un jeu de référence, de passages obligés pour un metteur en scène besogneux et peu scrupuleux du travail de ses ainés ; des clins d'oeil en veux-tu en voilà qui tiennent éveiller le pauvre spectateur hébété par tant de "restrictions", tant et si bien que même les popcorns finissent par avoir un gout poivre et sel. Aie, aie, aie ! Vivement qu'ils remettent le son THX en marche ; pour un peu, on s'entendrait penser !!!
Voici un artiste, un vrai : Marcel l'herbier. Par deux fois. Je vous laisse juges, pour peu que vous surmontiez les obstacles que constituent la beauté au couteau de ces films et l'absence de Jean Dujardin. Ah oui, le premier, "l'Argent", est d'une actualité brûlante !
"La Banque Universelle" !

Enfin, pour un ami : un standard, un must. Un document/documentaire à tomber. La belle époque. Déjà du beau cinéma. Ca va durer 50 ans à plein régime. Après ? Ben, après..."The Artist"... ou bien "remasterisé 16/9".