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mardi 20 octobre 2015

Doliprane 10 000.

Aujourd'hui, j'ai mal au crâne, oh juste un peu plus que d'habitude. Que ça soit vraiment génant... Donc j'écoute ça avant de faire un AVC. "J'ai mal à la tête" de Georges Ulmer chanté par Gainsbourg.

Et puis ça parce que Frank Black a vraiment un talent incroyable, un bon gros bedon et une belle voix qui ne fait pas mal au crâne. : "Headache".

mercredi 25 mars 2015

Un piano, une gouellante, une fine à l'eau. Freud fait la bombe.

Qui donc se demande " pourquoi frémit-on en entendant "La Soiffarde", ou pourquoi répond-t-on oui avec tous ses sens à la question : ″dites-moi que je suis belle″ ?
C'est Sigmund Freud dans une lettre à la chanteuse qu'il admirait tant, Yvette Guilbert, reine du Caf'conç entre 1890 et les années 30.
Son répertoire était si brillamment grivois, si emprunt des choses du sexe et de la vie dans son réalisme le plus cru, il y perçait un misérabilisme toujours mêlé de l'humour le plus noir que Freud, roi de l'interprétation, donc du sous-entendu, ne pouvait qu'être fasciné par celle qui le pratiquait avec tant de maestria et endossait sur le vif avec une facilité déconcertante les habits de la coquette ou de l'alcoolique déchue. Il existe une jolie correspondance entre Freud et Guilbert dont Nathalie Joly a tiré un spectacle qui a l'air réjouissant. J'en met ici un extrait qui évoque justement la chanson préférée de Freud. Celui-ci faisait feu de tout bois, il inventait à tire-larigot des concepts tous plus intéressants les uns que les autres, menait une vie riche et passionnante, contrairement à son contradicteur récent, le petit Onfray, qui prend trop souvent le train entre Paris et Caen et passe son temps à donner des coups de saton dans les chevilles des grands hommes qui n'ont pas le bonheur de "penser" comme lui, ce qui ne fait pas avancer le schmilblick d'un centimètre. Ce faisant Freud, quand il allait au Music-Hall, invitait l'artiste du spectacle à se faire psychanalyser pour qu'ils comprennent les mécanismes de la création artistique alors que le petit Onfray, quand il va voir Guy Béart se demande pourquoi les places sont si chères dans ce monde capitaliste pourri, hi hi et où va l'argent han han.
Bon, plutôt que de m'énerver sur le nain Onfray, je mets une vidéo de "Dites-moi que je suis belle ?" chanté par Nathalie Joly et "J'suis pocharde" par Yvette Guilbert en personne, rescapée des rouleaux, des aiguilles et autres instruments de haute fidélité de l'époque. Ca colle effectivement le frisson. On voit beaucoup de portraits d'elle par Lautrec qui était aussi son ami.
"Mais quoi ça me regarde !"

dimanche 4 janvier 2015

In the beginning : The Beatles

Je mets ça, c'est pour les fans des Beatles comme moi. M'enfin, ça demeure quand même accessible à nombre de personnes. Un truc charmant qu'ils (je sais pas qui c'est au juste "ils") devrait généraliser à l'ensemble de la discographie du groupe, histoire qu'on comprenne un peu mieux COMMENT ça se fait que ça "sonne" comme ça; c'est à dire incroyablement bien pour un enregistrement fait sur un magnétophone quatre pistes (de nos jours, on en est à plus de cent). Donc là, chaque piste est jouée séparément et puis on entends le mix final après. C'est à la limite de la magie, en fait c'est un travail d'orfèvre. Pour cet album, "Sergent Peper's Lonely Hearts Club Band", tout le monde s'est mis sur son 31. L'époque était aux bonnes vibrations d'amour libre et de paix, les fringues étaient VRAIMENT classe, George Martin savait ce qu'il faisait de A à Z, sous la férule de John, Paul George et Ringo, même l'énervé Lennon semblait radouci. Résultat, un truc imbattable "l'Album" avec "A" majuscule de ces années-là, un fleuve presque narratif et hallucinogène de musique idyllique d'intelligence et de beauté, ici réduit à quatre pistes pour qu'on puisse bien voir ce qui se passe au plus près de la marmite dans laquelle le ragoût a mijoté. Et c'est simplement passionnant. Allez sur Youtube et tapez "Deconstructing Beatles" il y en a pas mal des comme ça, moins l'infernal design visuel vintage au poil.

mercredi 5 novembre 2014

Des chemins étonnants.

Elle était bien jolie, Mireille, quand Emmanuel Berl l'épousa dans les années 30. Ils étaient doués pour la vie et le bonheur tous les deux, chacun à sa manière, chacun dans son domaine. Mireille écrivit plus de six cents chansons, Berl fit une brillante carrière d'intellectuel pratiquant des routes parfois peu carrossables, des "Petits chemins". L'une finit par lancer Françoise Hardy lors de son fameux "Petit conservatoire", l'autre par être interrogé par Patrick Modiano pour un beau bouquin. Ca aurait pu se terminer encore mieux car Modiano écrivit des chansons pour Hardy, une des plus belles femmes des sixties, mais non, ils ne se marrièrent pas. C'est certainement dommage, car Dutronc est un con qui n'est qu'un épigone de son parolier Jacques Lanzman, et puis le fiston, Thomas, quelle purge ! Enfin, revenons aux brillantes années trente où Jean Sablon, impeccable crooner français créa ce petit chef d'oeuvre qu'écrivit Mireille et que je me permets de dédicacer à G.
Après, une grande sauterelle dont toutes les Rock-Stars anglaises et américaines furent amoureux. On sait qui emporta le morceau, malheureusement.

jeudi 9 octobre 2014

Les bases de l'anglais tel qu'on le parle ou apprendre en s'amusant.

Vous voulez faire plaisir à un américain moyen ? Je sais bien, ça paraît improbable maintenant, mais mettons que, par extraordinaire, vous vouliez faire plaisir à un américain moyen. Parlez-lui de base-ball. Là-bas, c'est LE sport. D'ailleurs, on ne joue au base-ball qu'aux Etats-Unis et dans les pays qui constituent leur orbite d'influence le plus restreint et le plus fort : Cuba, Japon, Mexique. Le base-ball a longtemps été et reste le sport le plus médiatisé aux States, ses stars épousaient des étoiles Hollywood, comme Joe DiMaggio l'a fait avec Marilyn Monroe et la finale du championnat américain, qui s'appelle humblement les "World Series" est toujours un événement d'envergure nationale. Elle se joue en sept manches au mieux (au pire) et, du fait de ce morcellement, réunit moins de téléspectateurs que le Superbowl. Mais en audience cumulée je suis sûr qu'il y a plus d'américains à regarder les finales de base-ball, surtout si elles opposent des équipes rivales depuis toujours comme les Red Sox de Boston et les Yankees de New-York (plus de cent ans de prises à la gorge mutuelles).
Bon, après ça, il y a un truc à savoir : le sketch comique le plus connu et le plus vu et revu au States est un délire génial d'Abbot et Costello sur le base-ball. Si vous arrivez à parler de ça à un américain, il sera plus que content, il sera aux anges. Bon, je vais le mettre. Pour le comprendre il faut connaître le base-ball et bien parler anglais; une fois que vous serez au point là-dessus (je vous fais confiance), écoutez, regardez et marrez-vous. Je vous donne des indices, Abbot a une équipe de base-ball et trouve que les joueurs ont de drôles de noms "Woo's on the first base. Watts on the second et Idontknow is on the third.... "(les "bases" sont les coins d'un carré par lesquelles il faut passer pour faire un tour et gagner) mais Costello ne l'entend pas de cette oreille ("Who's on the first base ? What's on the second ? I don't known is on the third...") il est très terre-à-terre Lou.
On essaye ?

jeudi 3 juillet 2014

La fin des Apaches : les années trente.

Quand de jeunes critiques français un peu naïfs mais braves demandaient au vieux roublard qu'était devenu John Ford (fin des années cinquante, début soixante) pourquoi les femmes étaient souvent battues dans ses films il répondait ceci : "C'est à cause de vous ; des Français, des Apaches". En effets les membres des bandes des "fortifs", puis de Pigalle et Montmartre, et tout particulièrement les maquereaux, se faisaient appelés comme ça au début du XX ième siècle : les Apaches. Les rapports entre les souteneurs et leurs gagneuses n'ont jamais passés pour être très tendres. C'est un mélange de passions diverses, de violence masculine et de masochisme féminin surtout, qui faisait frissonner le bourgeois et qui a beaucoup fait frémir de plaisir aux États-Unis dans les années 20-30. Une sorte d'amour vache un peu perdu, un peu noir, assez morbide. Ainsi dans de nombreux films de l'époque on retrouve des numéros de "danse Apache", soit disant filmés à Paris ou encore exportés sans vergogne à l'étranger. Les pas des danseurs virent souvent à l'acrobatie. En voici un parmi d'autres, extrait d'un film tiré de la fantastique série de long-métrages où apparaît le héros récurrent, le détective chinois Charlie Chan, (ici "Charlie Chan in Paris"), interprété par le génial Warner Oland.

Et c'est parti pour une croustillante enquête !
Il y a pléthore de ce genre de scènes dans le cinéma Hollywoodien de l'époque tant et si bien que c'est devenu un poncif et que le grand comique Jimmy Durante en a fait une parodie hilarante. La voici.

La partie purement chorégraphique était assurée par Armondo et Lita qui ont sévis dans la plupart des films de l'époque, avec Don et Dolores Graham.

lundi 26 mai 2014

Beauté de Judy Collins.

Le célèbre et fantastique morceau de Crosby Stills and Nash "Suite Judy-blue eyes" est dédié par le trio à la délicieuse Judy Collins. Au millieu des années 60, elle a été une des premières a chanté le "I think it's going to rain today" de Randy Newman. Elle est peu connue en France mais est une artiste très populaire aux États-Unis. Tout se beau monde s'est assez souvent croisé sur les plateaux de télé. Voici Judy Collins invitant Graham Nash a venir sur scène avec elle chanter le tube de Newman. "Absolutly" répond Nash et, naturellement, sans que rien semble contraint ou feint, ils harmonisent magnifiquement. Ça se passe tellement bien que Collins va rallonger un peu la chanson. C'était en 1990, elle vieillissait très bien. "Quand c'est sain, y'a jamais de contre-indications", dit Jean-Pierre Marielle dans le film "Calmos" de Bertrand Blier. Ouh là ! C'est pas tout jeune, ça non plus.

24 mai 2014 : un jour important.

Reviens Georges, ils sont devenus fous !

La télé EST le niveau de vie c'est bien connu, le malaise c'est " l'homme-orchestre". C'est quoi ça ? le vendeur, le présentateur du J.T., la publicité, le politicien, l'Europe ou tout simplement l'âme (soul) ?
L'âme n'a pas encore été cotée en bourse, sa valeur est donc toute symbolique, elle est pourtant d'une importance radicale. On en a ou pas, et ça change tout.

mardi 20 mai 2014

Randy Newman : Lucky !

Randy Newman est la preuve vivante que, dans le show-bizz américain (et partout ailleurs), même si on est pas très beau, pas très grand, à priori pas très sexy on peut quand même séduire les femmes grâce à un humour tendre/vachard et surtout un talent fou pour écrire des chansons magnifiques, qu'elles soient rigolotes ou tragiques. Oui, le talent permet cela, et c'est heureux. Les femmes se donnent aux vainqueurs, c'est comme ça. Seulement il y a différent types de combats, différents types de victoires, et surtout, différents types de femmes. Pour un empire je ne voudrais pas des groupies des Stones après un de leur concert enstadé au Texas mais j'aimerais bien que Linda Ronstadt et Bonnie Raitt me donnent un baiser pour avoir bien chanter pour elles. Lucky Randy.


Et puis, il y a ça. Qui que ce soit qui s'en mêle ça reste une de plus belles chansons jamais écrites. Ici, Randy lui-même la chante en Allemagne en 2006. Stuttgart, en été, 21 H 30. De toute façon, je pense que demain il pleuvra. Et aujourd'hui aussi.


lundi 31 mars 2014

Histoire drôle ?

Allez savoir pourquoi on meurt ? Pourquoi on aime ? Il n'y a pas de règles et pas de réponse facile. Pourtant il faut apprendre à aimer et mourir, sans savoir comment on fait, et faire avec ce qu'on a, comme on peut et parfois on ne peut rien du tout. Parfois on sait un ou deux trucs, qui ne tiendront pas le coup de toute manière, mais il faut y aller quand même. T'as pas choisi ? Arrête avec ça ! Évidemment que si, comme tout le monde, et on y va tous de notre petit couplet triste ou gai. S'il n'y a pas de règles ça ne veut pas dire qu'on peut faire n'importe quoi, ça veut dire qu'il faut les inventer. Il y a là ton amour et ta mort, débrouille-toi. Et chante. Surtout, chante.





mercredi 19 février 2014

And the winner is... the loser.

Lucidité sidérante des WHO, assez sûrs d'eux pour ne pas se plaindre.
(Il y a un plan  au ralenti dans cette vidéo, vers la fin quand Daltrey crie, qui est une sorte de summum de l'épique en matière de Rock n' Roll)

 We'll be fighting in the streets
With our children at our feet
And the morals that they worship will be gone
And the men who spurred us on
Sit in judgement of all wrong
They decide and the shotgun sings the song

I'll tip my hat to the new constitution
Take a bow for the new revolution
Smile and grin at the change all around
Pick up my guitar and play
Just like yesterday
Then I'll get on my knees and pray
We don't get fooled again

The change, it had to come
We knew it all along
We were liberated from the fold, that's all
And the world looks just the same
And history ain't changed
'Cause the banners, they are flown in the next war

I'll tip my hat to the new constitution
Take a bow for the new revolution
Smile and grin at the change all around
Pick up my guitar and play
Just like yesterday
Then I'll get on my knees and pray
We don't get fooled again
No, no!

I'll move myself and my family aside
If we happen to be left half alive
I'll get all my papers and smile at the sky
Though I know that the hypnotized never lie
Do ya?

There's nothing in the streets
Looks any different to me
And the slogans are replaced, by-the-bye
And the parting on the left
Are now parting on the right
And the beards have all grown longer overnight

I'll tip my hat to the new constitution
Take a bow for the new revolution
Smile and grin at the change all around
Pick up my guitar and play
Just like yesterday
Then I'll get on my knees and pray
We don't get fooled again
Don't get fooled again
No, no!

Yeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!

Meet the new boss
Same as the old boss
Une seule petite victoire ? Elle est là, c'est cette chanson de Todd Rundgren.

We've been waiting so long,
We've been waiting for the sun to rise and shine
Shining still to give us the Can you hear me, the sound of my voice?
I am here to tell you I have made my choice
I've been listening to what's been going down
There's just too much talk and gossip going 'round
You may think that I'm a fool, but I know the answer
Words become a tool, anyone can use them
Take the golden rule, as the best example
Eyes that have seen will know what I mean

The time has come to take the bull by the horns
We've been so downhearted, we've been so forlorn
We get weak and we want to give in
But we still need each other if we want to win

Hold that line, baby hold that line
Get up boys and hit 'em one more time
We may be losing now but we can't stop trying
So hold that line, baby hold that line

If you don't know what to do about a world of trouble
You can pull it through if you need to and if
You believe it's true, it will surely happen
Shining still, to give us the will
Bright as the day, to show us the way
Somehow, someday,
We need just one victory and we're on our way
Prayin' for it all day and fightin' for it all night
Give us just one victory, it will be all right
We may feel about to fall but we go down fighting
You will hear the call if you only listen
Underneath it all we are here together shining still

mercredi 12 février 2014

Les Coasters étaient-ils juifs ? Ou Leiber et Stoller noirs ? Les deux, mon Général.

L'antisémitisme est de retour. Fais chier. Ça n'a pas suffit, une fois, l'horreur, le merdier incroyable ? On va remettre ça ? Sans avoir retenu aucune leçon de notre histoire, de nos histoires ? Ce sont pourtant de belles histoires souvent, des histoires singulières, un peu biscornues peut-être mais passionnantes.
Il semblerait qu'une partie de l'antisémitisme français de notre temps ait une origine "raciale", en plus des habituelles sérénades sociales et religieuses. C'est à dire que certains antisémites seraient issus des "quartiers" comme on dit, plus exactement de l'immigration beur et black, dont une grande partie se trouve malheureusement cantonnée dans les banlieues ("ils" devraient être PARTOUT) et qu'il aurait à voir, pour les arabes, avec le conflit israëlo-paliestinien, pour les noirs avec les misères incomparables mais comparées quand même de la Shoah et de la traite des esclaves africains.
Tout cela est débile, basé sur des représentations fausses, fantasmées que nous avons (je me mets dans le paquet, avec les français "de souche", pas plus fins que les autres) de nous mêmes et des autres, de notre peur des différences et des ressemblances DANS LE MÊME TEMPS, de nos façons stupides de nous limiter et de nous délimiter de manière abusive pour nous tous. J'avais l'habitude, quand j'étais à l'école de dessiner les frontières sur les cartes avec des pointillés, pas avec des lignes Maginot, ni Siegfried, et Lampédusa était le nom de l'auteur du roman "Le guépard", pas celui d'une île-camp de réfugiés.
De l'Histoire, même de la petite, celle des chansonnettes, on peut apprendre quelque chose. Certains blacks sont antisémites et revendiquent de manière abjecte leur part du gâteau de la Mémoire, une Mémoire qui se dessèche alors qu'elle devrait travailler, faire cogiter et retravailler encore notre patrimoine et nos identités. Voici une histoire de Rock n' Roll pour eux. Il était une fois aux Etats-Unis deux jeunes juifs qui écrivaient des chansons. Ils s'appelaient Jerry Leiber et Mike Stoller et ils ont composé un nombre considérable de succès pour tout un tas d'interprètes. Les deux plus importants furent Elvis Presley en personne et le groupe de Rythm n' Blues noir appelé les Coasters. Jerry Leiber avait grandi dans une banlieue défavorisée de Baltimore, et Mike Stoller dans le même genre d'environnement à Long Island (New-York). De ce qu'ils ont écrit pour Elvis vous connaissez sûrement "Houd Dog" et "Jailhouse rock", deux incontournables du répertoire du King. Il y en a d'autres. Là où ça devient intéressant pour nous, c'est le nombre incroyable de hits qu'ils ont composés pour les Coasters. Ça va de "Yaketi Yak" à "Charlie Brown", en passant par "Little Egypt" et "Along came Jones". Les Coasters, c'étaient des noirs pur arabica, élevés à la raide dans l'Amérique ségrégationniste des années 40, il fallait pas leur en raconter et il fallait surtout par leur faire chanter n'importe quoi. Fallait que ça sonne "Noir" avec un grand "N". Et ce sont deux juifs qui leur ont pondu toutes leurs chansons ou presque. Je vais citer Jerry Leiber, le traduire et vous allez comprendre pourquoi et comment ça s'est fait.
"I was brought up in black neighborhoods in South Baltimore. And we really felt like we were very black. We acted black and we spoke black. When I was a kid growing up, where I came from, it was hip to be black. To be white was kind of square."
"J'ai grandi dans des quartiers noirs du sud de Baltimore. Et on se sentait vraiment noirs. On se comportait comme des noirs et on parlait comme des noirs. Quand j'étais môme, là où j'habitais, c'était cool d'être noir. Etre blanc s'était être un peu coincé".
" I felt black. I was as far as I was concerned. And I wanted to be black for lots of reasons. They were better musicians, they were better athletes, they were not uptight about sex, and they knew how to enjoy life better than most people."
"Je me sentais noir. Je l'étais, autant que je me rappelle. Et je voulais être noir pour de multiples raisons. Ils étaient meilleurs musiciens, meilleurs athlètes, ils n'étaient pas coincés à propos du sexe, et savaient profiter de la vie mieux que la plupart des gens".
"The early influences, in many ways, were in Baltimore. I was passing open windows where there might be a radio playing something funky. In the summertime, sometimes there'd be a man sitting on a step, playing an acoustic guitar, playing some kind of folk blues. The seed had been planted."
"Mes influences premières, de plusieurs façons, viennent de Baltimore. Je passais devant des fenêtres ouvertes d'où sortait le son d'une radio qui jouait un truc funky. Pendant l'été, parfois, on pouvait voir un homme assis sur un perron, jouant sur sa guitare acoustique une espèce de vieux blues. La graine était plantée en moi".
Voilà, la morale de ces petites (et très grandes) phrases c'est que plus noirs que les Coasters ça n'existe pas, aussi noirs oui, ce sont deux juifs : Leiber et Stoller.
Une dernière citation pour la route, définitive. C'est toujours Leiber qui parle.
"Listen to any cantor, any good hazan, sing and you can hear a little bit of Ray Charles going on."
"Ecoutez n'importe quel Cantor (Chanteur religieux juif), n'importe quel bon Hazan (Chantre de Chœur dans les synagogues) chanter et vous pourrez entendre un petit peu de Ray Charles là-dedans."
Pourquoi s'énerver ? Nous sommes si proches et si différents. Il suffit d'écouter. L'âme n'a qu'un chant, modulé de différentes manières, mais, au fond, c'est le seul et unique.
The Coasters : "Little Egypt"

The Coasters : "Poison Ivy".

Cantor Liebele Waldman : Tanyo


Cheikh Raymond Leyris. Essayez de faire abstraction d'Enrico Macias, il n'est pas toujours de bonne compagnie.

Ah oui, Leiber et Stoller ont aussi écrit une des plus belles chansons de tous les temps "Is that all there is ?", chantée à l'origine par Peggy Lee, et accessoirement "Stuck in the middle with you" des Steelers Wheel, rendue à la popularité par Tarantino et la B.O. de "Reservoir's dog", mais tout ça, ce sont encore d'autres histoires.

mardi 11 février 2014

TEMPLE OF DEATH

Shirley jouait la comédie, chantait, dansait. Elle miaulait, grimaçait, minaudait, gnangnantisait jusqu'à plus soif. Tout ça sous l’œil attendri des ménagères de moins de cinquante ans de l'époque qui essuyaient des larmes ou s'esclaffaient selon les moments du film, étalonnés, montés, minutés pour ça. Elle avait entre 6 et 12 ans. Les hommes, eux, voyaient un peu plus haut, ils visaient Dietrich, Garbo, Colbert, Harlow, vers les portes-jarretelles puis les chapeaux. Ça n'allait pas bien loin non plus, les films étaient presque aussi formatés et de toute façon c'était elle, Shirley Temple, la reine du Hollywood de l'âge d'or des années 30/40. Même John Ford y est passé, il a tourné son "Temple". Déjà ça déconnait sec le cinéma, depuis le début et jusqu'à la mort (années 70). C'était puéril, infantile, fait pour de vieux enfants sans âge bien défini par d'habiles serveurs de soupe à la Peter Pan. Il y eut de bonnes choses, parfaitement minoritaires, le reste c'était des niaiseries à la pelle, qui provoquaient l'ébahissement des foules devant la première "enfant-star" du monde, Jordy puissance X, Macauley Culkin en mieux (pire), la véritable "Divine", notre jeune amie Shirley. Elle est décédée hier. Oui, même elle a fini par mourir, comme ça, sans raison, comme tout le monde, loin des caméras. Qui s'en soucie ? Ce ne sont même pas de bons souvenirs, pour personne. C'est de la poussière qui tombe en poussière, et moi, c'est limite si ça ne me fait pas plaisir.

Regardez ça, regardez tout, jusqu'au bout. C'est "When I grow up", 1935, chanté, en couleur, l'horreur pure et simple.

mercredi 8 janvier 2014

"Somewhere over the rainbow", version poids plume.

Je ne sais pas pourquoi, en ce moment, on ré-entend un peu partout la déplorable version de "Somewhere over the rainbow" chanté par le Hawaïen obèse et décédé, Iz. Le morceau en lui-même est assez pénible, depuis le début, depuis Judy Garland, mais ce bon gros Iz la passe allègrement à la moulinette de la ritournelle indigeste et imbuvable. Évidemment, à ce régime-là...
Je vais donc mettre en ligne la seule version que je connaisse de ce truc que je trouve belle. Celle de Little Jimmy Scott, qui, contrairement à Iz, est mince et pas encore mort, mais, en fait ça n'a rien à voir avec la qualité de l'interprétation. C'est juste que l'autre m'énerve.
Little Jimmy Scott : "Somewhere over the rainbow".

(Sur la photo, on le voit entouré de fans : David Bowie, Lou Reed, Anthony, Laurie Anderson, Bette Midler. Excusez du peu.)

mercredi 25 décembre 2013

L'élan créateur est pour demain.

J'ai entendu l'autre jour à la radio un psychiatre ou un psychologue affirmer que l'état dépressif n'avait rien d'anormal et même qu'il était annonciateur de l'acte créateur. Oh la la, les amis, je vous raconte pas ce que je vais vous pondre ! Ça va être dément, les mecs, une véritable Chapelle Sixtine du blog, un Codex total digne de Léonard en 80 000 posts où j'aurais TOUT mis, vous m'entendez, TOUT, et même le reste. Une Bible, un Talmud, Le Coran, la Recherche du Temps Perdu du petit Marcel, l'équivalent de l'oeuvre entière de Jean-luc Goldman (ça commence à bien faire Jean-Jacques, hein ?), tout ça en des pages subtiles et raffinées à l'extrême. Du concentré de Génie, le vrai truc, du pur porc. Enterrés Spinoza, Homère, Cervantes et Shakespeare. Dézingués Patrick Topaloff et Jean Roucas.....J'arrête, là, je ne voudrais pas pérorer par avance sur ce qui va ADVENIR, que rien ne peut empêcher d'arriver et ce qui changera la face de notre planète. Bon, en attendant, je vais prendre mes deux Prozac, un grog et je vais me coucher, je commencerai demain, hein ?. Je vous donnerai régulièrement des nouvelles de ce Grand Oeuvre en marche. N'hésitez pas à me demander si j'oublie, je suis si négligent des fois. Bon, allez, à plus dans le bus et à bientôt en bateau. Ça va être énorme. Purée, j'ai envie de dormir, moi. Énorme. Bonne nuit.
J'avais pensé illustrer ce post par l'intégrale des quatuors a cordes de Beethoven, un truc consistant, quoi. Mais, je sais rester modeste, en dépit du destin grandiose qui m'attend. Un peu de rire de bon goût ne peut pas nuire. Allez, soyons fous : Odeurs.

mercredi 6 novembre 2013

Blondes have more fun.

J'ai parlé dans un message précédent du coté "Soul" de Lou Reed. Là, je vais mettre une vidéo de "Sweet Jane" au fond assez "funky". Enfin, au niveau musical déjà, et aussi parce que je n'ai jamais vu une pareil bande de branleurs se la jouer aussi à fond même chez les pires groupes noirs échappés des ghettos de Chicago. Le bassiste toise tout le monde d'un air infiniment supérieur (ah, ça devait donner backstage avec Lou, pour savoir qui allait enculer qui !), le guitariste tricote un méli-mélo délétère et groovy et l'organiste moustachu emballe le tout dans un flacon de Benzédrine. Seul le batteur a l'air à peu près d'équerre et, pour le coup, à l'ouest. Quant à Lou Reed, il fait plus petite frappe que jamais. Il parait que ça a été filmé à Paris. Tu parles, en Enfer, oui !

mardi 15 octobre 2013

Le Swing. Le Duke. Le Swing du Duke. Et le Pain béni.

Bon, j'ai parlé de Walt Disney dans le post précédent. C'est bien beau Disney, enfin, ça l'était, mais pour nous, les adultes aux grandes oreilles, aux grands yeux, aux grandes mains où sont le Cotton Club et la Revue Nègre, Les Nicolas Brother et Joséphine Baker ?
Je vous passe les chamailleries de gauche politiquement correctes qui tentèrent a posteriori d'esquinter Ellington à Harlem et Baker aux Folies Bergères alors que, chacun de leur coté,, chacun à leur manière,  ils chamboulaient des têtes qui s'emplissaient de Swing et de sexes de toutes les couleurs, d'Amour et de Musique.
Non, je ne vais pas ergoter, juste mettre deux petits films qui font du bien. Joséphine Baker agenouillant un public aux anges de ses deux seins vainqueurs (Cf Delacroix) et Ellington enfonçant le clou d'une vérité première à grand coup de génie sans comparaison possible.
Baker au Casino de Paris en 1931 : Voici le lien pour l'avoir. C'est muet.
http://youtu.be/86HqDSY9l9A
Ellington en 1943. Magistral.

lundi 7 octobre 2013

British Soul I heard.

Un duo, non, un trio de pure British Soul. Amy Winehouse, Paul Weller et Jools Holland. Holland profite du passage des deux premiers et de la haute tenue de leur version du classique de Marvin Gaye pour se faire valoir et faire valoir la qualité de son Big Band. Effectivement, ça donne. Mais au fait qui c'est Jools Holland ? Lui qui remplace si bien ce con de Nagui au poste d'animateur d'émission de musique haut-de-gamme à la télé ? Réponse dans le prochain post.

Bang ! Bang ! T'es mort !

La chanson française de tournure classique recèle de bien belles choses, toutes époques confondues. En voici une signée Bécaud/Amade chantée par Jean-Claude Pascal. Dans la vidéo on voit des affiches des films dans lesquels Pascal a tourné. Ils sont tous oubliés maintenant. Pourtant, il y en a des bons (relativement).

Paroles magnifique de Louis Amade, Préfet de la République Française et Poète.

Octobre.

La nuit en Octobre certains souvenirs usent encore un peu plus. Il n'y a presque plus de corde sur laquelle tirer et le peu qui reste blesse les mains et le cœur. Même sur une Rumba triste les cuivres claquent comme un vent rageur.

Un bout de Musset.

Honte à toi qui la première
M'as appris la trahison,
Et d'horreur et de colère
M'as fait perdre la raison !
Honte à toi, femme à l'oeil sombre,
Dont les funestes amours
Ont enseveli dans l'ombre
Mon printemps et mes beaux jours !
C'est ta voix, c'est ton sourire,
C'est ton regard corrupteur,
Qui m'ont appris à maudire
Jusqu'au semblant du bonheur ;
C'est ta jeunesse et tes charmes
Qui m'ont fait désespérer,
Et si je doute des larmes,
C'est que je t'ai vu pleurer.
Honte à toi, j'étais encore
Aussi simple qu'un enfant ;
Comme une fleur à l'aurore,
Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.
Certes, ce coeur sans défense
Put sans peine être abusé ;
Mais lui laisser l'innocence
Était encor plus aisé.
Honte à toi ! tu fus la mère
De mes premières douleurs,
Et tu fis de ma paupière
Jaillir la source des pleurs !
Elle coule, sois-en sûre,
Et rien ne la tarira ;
Elle sort d'une blessure
Qui jamais ne guérira ;
Mais dans cette source amère
Du moins je me laverai,
Et j'y laisserai, j'espère,
Ton souvenir abhorré !