On dirait que je suis parti en vacances et que j'ai survécu. La Grèce. On dirait que j'ai vu "The Last Waltz" de Scorsese sur le Band, avec Bob Dylan, que c'est bien et pas bien à la fois. On dirait que je suis content que Dylan soit encore en vie. On dirait que je sens le vent de l'idiotie me frôler l'occiput, comme Charles Baudelaire. On dirait que Tom Petty est mort. Et Jean Rochefort. On dirait que c'est douloureux. On dirait que les frères Maël viennent de sortir un album somptueux. On dirait que c'est encore plus douloureux. Qu'ils n'ont pas la tête à rire. Enfin, plus. On dirait que je me souviens les avoir vus tout gosse dans le film "Rollercoaster", un navet des seventies qui enterre n'importe quel film américain actuel. On dirait que j'en ai marre et que je sens que je lasse les gens autour de moi. Encore une fois. On dirait que je ne vois pas d'autre chose à faire que de continuer ce blog étrange... On dirait "Stop". On dirait "Encore". En même temps, ou presque. On dirait que je m'apprête à partir. Ou à repartir... On dirait que je ne sais pas si c'est le début ou la fin. On dirait que je suis paumé. Et puis on se tairait parce que ça vaut peut-être pas le coup d'insister.
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lundi 9 octobre 2017
lundi 5 janvier 2015
Il se fait tard, trop tard. Adieu patate !
Y'a pas, un jour t'as plus la pèche et c'est fini. Par exemple, t'imprimes plus. Le truc que tu écoutais avant une fois, une seule, te rentrait dans le corps, dans le cœur, partout, tu entendais le nom une fois, il était imprimé. Connu, su, avalé digéré. Maintenant la secousse est quand même notable, tu ressens le bidule, ça transporte un peu, tu veux bien retenir le nom, tu écoutes, attentif; une nuit par la-dessus et c'est oublié. Fort heureusement il y a la réécoute sur le net et tu peux farfouiller dans les données plutôt que dans ta mémoire H.S. pour retrouver le nom. Deux jours plus tard, tu l'auras oublié encore une fois, et avec un petit effort le morceau de musique aussi, jusqu'à l'existence de la chose. Deux ans après tu entends ça chez quelqu'un qui t'avait demandé si tu connaissais "Bidule" par "Machin-chose", tu avais répondu "Non", tu dis "Mais oui, je ne connais que ça" et tu rajoutes, "Ah la la, c'est vachement bien ce truc, si, si je connais", tu t'enterres, tu creuses ta tombe, "C'est...Merde, c'est qui déjà.. ?" tu viens d'oublier ce qu'on vient de te dire et là tu vois que t'es déjà à moitié mort. Tu peux plus rebondir sauf à vouloir écouter un disque de tes quinze ans. C'est pas rigolo, tout le monde se marre, t'es fini, pépère. Next.
C'est comme la danse. La danse, c'est fini aussi, un beau jour. Juillet, août, dans la boîte pour quarantenaire; t'es déjà un peu déplacé, gros, et là il, le putain de DJ que tu hais depuis toujours, depuis que tu vas en boîte, il passe un truc que tu ADORES et qui te fait chavirer. Tu vas sur la piste rejoindre Josiane qui se trémousse, tu commences à bouger et c'est l'enfer. C'est du "slow-motion" tes pas de danse, t'es au ralenti, vieille queue, manque plus que les commentaires de Patrick Montel (ou plutôt Léon Zitrone). Même Josiane, tu t'aperçois qu'elle se traîne; avec sa robe longue fendue et ses pompes lacets argentées, elle est cuite, elle s'agite à peine et il va falloir lui bourrer le cul cette nuit histoire de faire reluire vos viandes qui menacent de s'effondrer sur elles-mêmes. Alors, là, tu t'aperçois dans la glace de la piste de danse et c'est le pactole. Tu cires le parquet avec tes pompes pauvre croulant, tu ramasses la poussière; dans une minute tu seras un gros mouton de crasse balayé par le vent pour aller fumer une clope dans le froid dehors. Tu respires la fatigue, la fausse- envie, fallacieusement entretenue, alors qu'il faudrait te laisser couler gentiment dans un bain de somnifères, de mauvais alcool (t'en as jamais bu du bon, pauv' cloche, t'aurais pas cette tronche !) et de daube en sauce bien grasse. Apéro à 18 heures et au dodo après "Questions pour un champion". Évidemment, c'est l'horreur et tu ferais tout pour échapper à ça mais, tu as beau bomber le torse, te faire couper les cheveux courts et regarder Arte, ça s'approche irrésistiblement et tu sens que tu ne pourras pas y couper. Tu n'auras pas la force de dire "Stop" avant le trop tard. Ça va mal finir, c'est mal barré, tu déclines tous les jours, et la pèche, elle est où ? Bon sang, elle est où ?
C'est comme la danse. La danse, c'est fini aussi, un beau jour. Juillet, août, dans la boîte pour quarantenaire; t'es déjà un peu déplacé, gros, et là il, le putain de DJ que tu hais depuis toujours, depuis que tu vas en boîte, il passe un truc que tu ADORES et qui te fait chavirer. Tu vas sur la piste rejoindre Josiane qui se trémousse, tu commences à bouger et c'est l'enfer. C'est du "slow-motion" tes pas de danse, t'es au ralenti, vieille queue, manque plus que les commentaires de Patrick Montel (ou plutôt Léon Zitrone). Même Josiane, tu t'aperçois qu'elle se traîne; avec sa robe longue fendue et ses pompes lacets argentées, elle est cuite, elle s'agite à peine et il va falloir lui bourrer le cul cette nuit histoire de faire reluire vos viandes qui menacent de s'effondrer sur elles-mêmes. Alors, là, tu t'aperçois dans la glace de la piste de danse et c'est le pactole. Tu cires le parquet avec tes pompes pauvre croulant, tu ramasses la poussière; dans une minute tu seras un gros mouton de crasse balayé par le vent pour aller fumer une clope dans le froid dehors. Tu respires la fatigue, la fausse- envie, fallacieusement entretenue, alors qu'il faudrait te laisser couler gentiment dans un bain de somnifères, de mauvais alcool (t'en as jamais bu du bon, pauv' cloche, t'aurais pas cette tronche !) et de daube en sauce bien grasse. Apéro à 18 heures et au dodo après "Questions pour un champion". Évidemment, c'est l'horreur et tu ferais tout pour échapper à ça mais, tu as beau bomber le torse, te faire couper les cheveux courts et regarder Arte, ça s'approche irrésistiblement et tu sens que tu ne pourras pas y couper. Tu n'auras pas la force de dire "Stop" avant le trop tard. Ça va mal finir, c'est mal barré, tu déclines tous les jours, et la pèche, elle est où ? Bon sang, elle est où ?
lundi 30 avril 2012
Tenir le bon bout jusqu'au bout.
Levon Helm est décédé. Il était le batteur/chanteur de ce qui fut, pendant un temps, un des tout meilleurs groupes de rock au monde : The Band. La qualité de leurs compositions, la maturité de leur jeu et de leurs instrumentations en font un modèle de ce qu'on pourrait appeler le rock "adulte". En tout cas, c'est bigrement bon et souvent très, très émouvant. Bob Dylan lui-même fit avec eux d'interminables sessions d'enregistrements, près de Woodstock, dans les sous-sols d'une maison qu'ils avaient baptisée "The big Pink". De ces heures de travail et d'enregistrement naitront de nombreux classiques comme " I shall be released", "Tears of rage" et autre "This Wheel's on fire". On peut avoir une idée de tout ce qui s'est fait à cet endroit, à ce moment-là en écoutant les "Basement Tapes" de Dylan et "Music from the big Pink" du Band.
Voici un extrait d'un concert du Festival Express en 1970, qui regroupait des artistes comme The Grateful Dead, Janis Joplin, Montain, Buddy Guy, Sha Na Na, en plus du Band. Le concept de base, assez fumeux, étant de balader tout ce petit monde en train à travers tout le Canada et de jouer dans les grandes villes visitées par ce train vraiment "pas comme les autres". C'était apparemment un délire collectif assez gratiné.
Plus bas, je mets une vidéo de Levon Helm jouant en 2011 avec son groupe et Wilco. Jeff Tweedy à l'air aux anges. Tout le monde d'ailleurs. C'est un truc que j'ai noté avec ces vieux rockers américains, ils répandent autour d'eux une aura de joie et de bonheur tranquille. Privilège de ceux qui ont vécu leur vie sans regarder à la dépense et, la fin venue, n'ont pas à faire les comptes, l'esprit libre. Levon n'a presque plus de voix, ce n'est pas grave, ça ne l'empêche pas de chanter.
Levon Helm était aussi acteur. Le voici dans un court extrait d'un film intriguant de Philip Kaufman "L'Etoffe des héros" ("The Right Stuff" en anglais). Je dis intriguant car il semble démontrer que ce qu'il suffit d'avoir pour être un "héros" est l'envie pusillanime de prouver à ses petits copains qu'on peut pisser plus loin qu'eux. Du moins c'est la conclusion à laquelle je suis arrivée après presque trois heures d'un film emphatique ou épique, au choix. Sam Sheppard, autre artiste américain important, est ici aux cotés de Helm.
Voici un extrait d'un concert du Festival Express en 1970, qui regroupait des artistes comme The Grateful Dead, Janis Joplin, Montain, Buddy Guy, Sha Na Na, en plus du Band. Le concept de base, assez fumeux, étant de balader tout ce petit monde en train à travers tout le Canada et de jouer dans les grandes villes visitées par ce train vraiment "pas comme les autres". C'était apparemment un délire collectif assez gratiné.
Plus bas, je mets une vidéo de Levon Helm jouant en 2011 avec son groupe et Wilco. Jeff Tweedy à l'air aux anges. Tout le monde d'ailleurs. C'est un truc que j'ai noté avec ces vieux rockers américains, ils répandent autour d'eux une aura de joie et de bonheur tranquille. Privilège de ceux qui ont vécu leur vie sans regarder à la dépense et, la fin venue, n'ont pas à faire les comptes, l'esprit libre. Levon n'a presque plus de voix, ce n'est pas grave, ça ne l'empêche pas de chanter.
Levon Helm était aussi acteur. Le voici dans un court extrait d'un film intriguant de Philip Kaufman "L'Etoffe des héros" ("The Right Stuff" en anglais). Je dis intriguant car il semble démontrer que ce qu'il suffit d'avoir pour être un "héros" est l'envie pusillanime de prouver à ses petits copains qu'on peut pisser plus loin qu'eux. Du moins c'est la conclusion à laquelle je suis arrivée après presque trois heures d'un film emphatique ou épique, au choix. Sam Sheppard, autre artiste américain important, est ici aux cotés de Helm.
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