Affichage des articles dont le libellé est Religion. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Religion. Afficher tous les articles

dimanche 3 juillet 2016

Wiesel, Cimino, Rocard, arrivée dans l'ordre.

Elie Wiesel et Michael Cimino sont morts. Que dire au sujet de ces disparitions, au sujet des bonhommes ? La mort d'Elie Wiesel ne me chagrine guère. Il était un de ces juifs qui ont instrumentalisé leur expérience des immondes camps de la mort nazis pour permettre la fondation d'un état juif, qu'il défendait envers et contre tout et tous. Profondément religieux, d'éducation hassidique, passionné par la Kabbale, il a participé activement à l'institutionnalisation du souvenir de la "Shoah", ce pour quoi il a eu le prix Nobel de la Paix. Quand on voit le bordel que foutent les juifs au moyen-orient, on se demande bien pourquoi ? Quand à la "Shoah", son souvenir infecte tellement les consciences de tous qu'on ne saurait plus en tirer les leçons de vie et de mort qui s'imposent à tout homme. Résultat des courses : il y aura d'autres camps de la mort. C'est déjà fait ? C'est vrai, j'oubliais...Merci à Mr Elie Wiesel donc, et à ses compères, pour nous avoir bien pourri la tête avec leurs obsessions juives, plutôt qu'humaines, au sens le plus strict et le plus commun du mot "humain". Il est temps de regarder ailleurs et autrement que là où on nous enseigne de le faire à l'école. Dans quelles directions ? Je ne suis ni juif, ni du peuple, ni prophète de malheur, démmerdez-vous. Tout ce que je sais, c'est que la Vie n'aime pas les camps, de toute sorte.
Pour Michael Cimino je suis un peu plus embêté. Parce que le cinéma, ça ne m'épate plus trop et cependant, il était un des tous derniers grands cinéastes "classiques" en vie avec deux chef-d'oeuvres absolus à son actif : "Voyage au bout de l'enfer" ("The Deerhunter") et "La Porte du Paradis" ("Heaven's gate") qui tiennent la route à coté de n'importe quelle autre grosse pointure du cinéma mondial tournée depuis que le cinéma existe. Ce n'est pas rien, et même si le cinéma est pour moi un art mineur, de cette sorte-là, il atteint des sommets qui brouillent mes cartes esthétiques et mes échelles de valeurs. Leone, par exemple, c'est plutôt bon, plaisant, jouissif même, mais de seconde zone. Je ne dirai pas la même chose du début du "Deerhunter" et de tout "Heaven's gate", qui reste un monument narratif visuel. Or, c'est quand même ça le cinéma à la base : écrire des histoires avec des images en mouvement. Le plaisir n'est pas de la même nature. On a jamais fait mieux que Bresson, certes, mais Cimino, dans un genre très différent, a sa place parmi les plus grands. Ca a du bon d'être troublé, parfois. Outre ses deux films-là, je conseille à ceux qui voudraient appronfondir leur connaissance de Cimino de regarder "Sunchaser", le dernier, de 1995, il est plutôt bon, magique même. Son premier film est un véhicule pour Clint Eastwood qui ne vaut pas grand-chose sauf pour la présence de George Kennedy. "L'année du dragon" aurait du être un grand film si Cimino n'avait pas eu les chocottes de remettre le couvert de la faillite financière de "Heaven's gate". "Le Sicilien" est plombé par la présence et le jeu d'acteur (?) de Christophe Lambert. Il y en a un autre, anodin. Mais enfin, quel metteur-en-scène peut se targuer, dans ces cinquantes dernières années d'avoir deux très grands films à son palmares ? On est plus à l'époque des Murnau, Pabst, Flaherty, L'Herbier et consort et quand on étudie d'un peu près la chose-cinéma, depuis les années 60-70, il y en a pas des masses. Il y en a, mais moins que dans les années 20-30, beaucoup moins.
Bon, je vais mettre un ou deux extraits de "The Deerhunter" ou d'"Heaven's gate". N'importe lesquels, de toute manière, c'est génial. Je compte sur les juifs d'Hollywood pour nous pondre un biopic d'Elie Wiesel comme ils savent les faire de nos jours. (En fait, je ne souhaite un pareil traitement à personne même pas à ce pauvre Wiesel).

Du shtetl à la Johnson County war, le VRAI "Il était une fois en Amérique."

Michel Rocard est mort, lui aussi. Je me souviens que la tête de ce con ornait jadis la salle des trophées de cette salope de Mitterand.

mercredi 9 décembre 2015

Tiens-toi tranquille II, le retour ! par T-Model Ford et R.L. Burnside (et ils ne sont pas contents).

Un matin - il avait fait un froid de canard depuis au moins une quinzaine de jours - un type était dans une baraque du Mississippi, il se les gelait grave et il avait faim. Il a avisé des bûches et il s'est dit : "Je vais faire un feu." Il avait pas d'outils pour casser ou scier les bûches alors il essaya de les fendre avec son front. Ca n'a pas marché et il avait du sang sur la tête. Alors il se mit a bouffer la bûche, comme ça, avec ses dents. "C'est vachement bon !" dit-il et il n'eut plus faim. Ca faisait au moins un problème de régler. Ce mec, c'était T-Model Ford. Le voici chantant : "I'm insane" ("Je suis cinglé"), le gros des paroles de la chanson consistant en une apostrophe envoyée à Dieu sait qui et qui dit : "I'm gonna put my foot in your ass." ("Je vais te foutre mon pied DANS le cul."). Gouleyant.

Sur le même label de Blues étonnant, Fat Possum : R.L. Burnside, qui racontait cette histoire à son public quand il était en forme :
"Un jour, un jeune homme a ramené chez ses parents une ravissante jeune fille et leur a annoncé qu'il avait l'intention de l'épouser. Les parents furent un peu pris de court et le père du garçon manqua d'avaler une bouchée de Cherry Pie de travers mais il fut convenu que l'on en reparlerait. La jeune fille avait apparemment fait bonne impression sur les parents mais, après le repas, pendant que la maman du gars faisait la vaisselle, son père le prit a part et lui dit très sérieusement "Tu sais, fiston, j'ai été jeune moi aussi et je n'étais pas aussi sage et discipliné que toi. J'ai folâtré à droite et à gauche et j'ai trompé ta mère - Dieu me pardonne. Petit, tu ne peux pas épouser cette fille parce que c'est ta soeur - Dieu aie pitié de moi - enfin ta demi-soeur. Tu comprends ?" Le fils avait très bien compris la situation et était sonné par la révelation que venait de lui faire son paternel. Il tirait une tête de six pieds de long et avait l'air salement déprimé. Sa mère le voyant ainsi le prit discrêtement à part et lui demanda ce qui se passait. Le fils craqua aussi sec et lui raconta ce que venait de lui dire son père, en pleurs. Sa mère pris sa tête sur son giron et lui dit : "Allons, allons, ton père ne comprend rien à ce genre de choses et, crois-moi, tu peux épouser cette jeune-fille l'esprit tranquille parce que si ce vieux singe croit qu'il est ton père, il se trompe !"
R.L. Burnside : "I wish I was in Heaven sitting down". ("J'aimerais bien être au Paradis à rien foutre.")

mercredi 25 novembre 2015

Combien il te faut ?

" J'ai 50 ans passés et je suis devenu assez laid avec l'âge. Si je veux de la jeunesse, des petits seins fermes et galbés, des lèvres fraiches à mordre, une chatte douce à la prise, il faut que je paye. Et cher. Ces instants de péché ne me laissent pas tranquille et des images, des sensations me hantent bien après l'acte tarifé; anxieux, avide de recommencer et piteux à la fois. Je ne croyais pas en arriver là mais, il faut en convenir, je suis comme un vampire d'âge mûr en manque de sang neuf, un assassin qui succombe en même temps que sa victime et je cherche dans ce contact juvénile une innocence que je flétris tout de go, ce dont je jouis comme un pervers, une âme sans repos, perdue dans d'autres âmes perdues. Toute cette licence contre-nature à laquelle la nature amène à un prix et je paye ma déviance à de jeunes dépravées, déviantes elles aussi. Ah, les petites véreuses ! Ah les acharnées du cul, au regard de coté, aux pensées déplacées, incendiaires, criminelles. Mes petites salopes ! Mes petites putains ! Lorgnant sur leurs amis de coeur quand elles dansent avec moi, recomptant mes billets, qui me laissent pantois et interdit devant tant de perversité, comme si la leur était pire que la mienne, comme si ce n'était pas moi qui d'abord piétinais de fiel leur désir neuf et déjà viellissant sous mes offrandes de coups obscènes. J'y vais, j'y jouis bien fort, je fais ça presque propre, le plus possible. Ah, la vache, on ne m'en sait pas gré ! Ah, alors, puisque c'est comme ça, j'irai au plus sale la prochaine fois ! Je pairai plus cher mais il y aura le steak en plus de la purée, crois-moi, et merci pour tout, ta peau de 20 ans et ton trou du cul ! Ah, SEIGNEUR, je deviens fou, aie pitié de moi, je t'en supplie ! Je ne suis qu'un faible dément qu'on tente et qui s'agite de remord ensuite, un cadavre debout. Ah, et merde qu'elles viennent, jeunes flétrissures de mon coeur, me branler encore la bite, car je ne me sens plus d'âme et comme tu ne me réponds pas, Ô Seigneur, ma chair hurle dans le silence d'une angoisse que seul un sacrifice peut calmer."
New Order : "Restless" (trad : sans repos, nerveux, aux abois...)

J'en mets une autre de New Order sur le coût de l'Amour. Magnifique chanson. "World (The price of love)".Très belle vidéo. La vieille peau maintenant c'est moi.
Deux choses : il y a là-dedans une suite d'accords répétée deux fois qui vaut bien une symphonie de Sibélius, et vous pouvez vous amuser à repérer les membres de New Oder qui font des "caméos" dans la vidéo...


lundi 16 novembre 2015

"Dis-moi pourquoi ?"

Ca ne matche pas, ça ne fait pas sens. Un groupe de Rock plutôt rigolo qui prône un fun un rien trash mais assez jubilatoire, vraiment pas sérieux; des jeunes gens qui prennent leur dose d'amusement et d'éclate dans un concert; un match de foot entre deux vieilles nations ennemies maintenant rabibochées à la vie à la mort; en cette fin de semaine des jeunes bobos qui prennent des pots en terrasse chauffées de bars ou le demi est à 5 euros minimum (et après, où est le mal ?) et puis ça qui tombe, qui chute comme une pierre de 10 milles tonnes, les balles qui raflent les vies, des "croyants" qui se font sauter pour une cause innommable, un Dieu qui, de toute façon s'il vient à nous juger tous, ne pourrait en aucun cas trouver ce qu'ils font dans les clous; des fous qui mettent en route une machine infernale à dérailler dans ce monde si plein d'amertume et où l'amour fait déjà cruellement défaut. Ca ne colle pas, rien ne justifie cela, cette haine, cette bêtise, cette violence aveugle, ces massacres stupides, ni la décadence de la civilisation occidentale, ni une religion défigurée et glaçée, ni le Temps qui passe sans solution évidente pour nos âmes et nos corps. Oui, c'est compliqué, oui c'est dur et souvent plus que dur, mais rien ne justifie ces attentats perpétrés par les pires des fumiers, les plus salopards des pourris. Alors, je réécoute le dernier Eagles Of Death Metal et j'attends que ça me tombe sur le coin de la gueule à mon tour. Je me dis que si je vois le coup venir j'aurais mon mot à dire mais ce n'est que de la forfanterie et du sens tronqué. Non, il reste simplement que ce morceau, un beau matin (peut-être demain) me mettra de bonne humeur.
 Ce soir c'est le soir et toi avec moi
Et tu viens me voir, tu viens ouh la la

I love you all the time

Tu me réponds pas, ah dis-moi pourquoi
Just say au revoir, again me voilà

I love you all the time

I can tell by that look in your eye
You're looking and all you see is another guy
I can tell you're gonna take your love away

I can tell by that look in your eye
You're looking and all you see is another guy
I would beg if I thought it would make you stay
I would beg if I thought it would make you stay
I would beg if I thought it would make you stay

Ah dis-moi pourquoi
Ah dis-moi pourquoi
Ah dis-moi pourquoi

samedi 14 novembre 2015

Une bonne soirée : Les Aigles du Métal de la Mort s'en tirent sans une égratignure et ça leur fait quelque chose à raconter.

Le Rock n'Roll est vraiment un fantasme de puissance mis en scène, donc satisfait et pas grand-chose d'autre. On s'attendrait à ce que "Les Aigles du Métal de la Mort" ne faiblissent devant rien sur cette terre et ils se volatilisent de la scène du Bataclan au premier coup de feu. Le retour au réel a été très difficile pour les spectateurs du concert, il est raide pour tout le monde ce matin, surtout que les médias vont vite faire de ce réel un mauvais film, un mauvais clip. Entre-temps, il se sera passé quelque chose sur lequel on aurait peut-être pu penser une sorte d'armistice de la démagogie et penser tout court. Ce sera tout le contraire. Reste l'Horreur majuscule et l'ineptie des métaphores guerrières du Rock, la bande-son bien au point des atrocités normales. Oh, je n'en veux pas au Rock d'être une fiction, les fictions sont nécéssaires pour appréhender le monde, je lui en veux d'être aussi fragile alors qu'il se prétend martial et parfois aussi pauvre (que ça, que moi).

mardi 6 octobre 2015

Le cinéma : pas la même viande pour tous.

Le cinéma, c'est une affaire de croyance. C'est ce qu'on se met dans le crâne, qui y reste et auquel on dit "Amen", parce qu'on y croit, comme aux histoires que racontaient papa le soir avant le sommeil. Vous savez, ça dansait en couleur devant les yeux ? Et puis on rêvait...Le rêve, c'est du sérieux. Cocteau disait que le Cinéma c'était "rêver dans le noir avec des inconnus". Pensez donc il a fallu mettre un peu d'ordre et de discipline là-dedans. Alors, bon, il y a des églises, des prêtres, des schismes, des apostats, des chapelles, des sectes, des Evangiles apocryphes et d'autres officiels qu'on ressase aux petits enfants de choeur qui deviennent tout pâles à force de fréquenter les salles obscures où l'on pleurniche en se...enfin bref. Voyez là, mes frères, deux icones sacrées qu'on ne saurait adorer de concert.
Deux débuts de Western, deux scènes ébouriffantes. Je préfère celle de Fuller, c'est ma croyance, parce que je préfère avoir le poil qui se dresse au passage des quarantes tueurs de Barbara Stanwyck (toujours dire du bien d'elle, elle est géniale), qu'être branlé par la main calleuse de Woody Strode (pareil). Choisis ton catéchisme, jeune catéchumène, la tempète ou le tonnerre. De toute façon, tu deviendras à moitié fou avant de trouver la sortie du désert. Alors, les portes d'un royaume absolument anecdotique où tu ne seras qu'un gueux s'ouvriront devant toi.


lundi 10 août 2015

Vie, Mort et Résurrection de Bob Murray, non, Bill Dylan, non... Ah, j'y arriverai jamais !

Je voulais mettre une vidéo de "Shelter from the storm" de Dylan mais les sbires de la toile du vieux Bob veillent et nettoient illico tout ce qui y arrive illicitement avant même que le Boss ait le temps de se connecter à Internet.
Alors, j'ai trouvé ça à la place. Bill Murray y joue son désormais fameux personnage de ronchon décalé et, après tout, ça passe assez bien. Comme la chanson vaut quand même le détour (d'ailleurs pourquoi est-ce que Bill Murray l'écouterait sinon ?) je mets les paroles en dessous. "It was in another lifetime..." Vous ne croyez pas qu'un homme (ou une femme) a plusieurs vies ? Tu parles qu'il (elle) en a ! Et vous croyez peut-être qu'un type comme Bill Murray jouerait dans un film un type qui n'a pas eu plusieurs vies ? A son âge ?


'Twas in another lifetime, one of toil and blood
When blackness was a virtue and the road was full of mud
I came in from the wilderness, a creature void of form.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

And if I pass this way again, you can rest assured
I'll always do my best for her, on that I give my word
In a world of steel-eyed death, and men who are fighting to be warm.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Not a word was spoke between us, there was little risk involved
Everything up to that point had been left unresolved.
Try imagining a place where it's always safe and warm.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

I was burned out from exhaustion, buried in the hail,
Poisoned in the bushes an' blown out on the trail,
Hunted like a crocodile, ravaged in the corn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Suddenly I turned around and she was standin' there
With silver bracelets on her wrists and flowers in her hair.
She walked up to me so gracefully and took my crown of thorns.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Now there's a wall between us, somethin' there's been lost
I took too much for granted, got my signals crossed.
Just to think that it all began on a long-forgotten morn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Well, the deputy walks on hard nails and the preacher rides a mount
But nothing really matters much, it's doom alone that counts
And the one-eyed undertaker, he blows a futile horn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

I've heard newborn babies wailin' like a mournin' dove
And old men with broken teeth stranded without love.
Do I understand your question, man, is it hopeless and forlorn?
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

In a little hilltop village, they gambled for my clothes
I bargained for salvation an' they gave me a lethal dose.
I offered up my innocence and got repaid with scorn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Well, I'm livin' in a foreign country but I'm bound to cross the line
Beauty walks a razor's edge, someday I'll make it mine.
If I could only turn back the clock to when God and her were born.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

jeudi 8 janvier 2015

Je suis Scoup'

La voilà la "une" dont je rêve. Apparemment, personne ne l'a sortie. Par contre il y a pas mal de grandes phrases ronronnantes, peut-être à la hauteur de l’événement, je ne sais pas trop. Attention, j'ignore à peu près tout du logiciel avec lequel j'ai fait ça à l'arrache, alors, c'est un chouïa frustre ! M'enfin c'est un peu plus digne que les dessins (Je pense à celui de Zep en particulier dans Le Monde) qui montrent Cabu et consort arrivant au Paradis.... Allez, humour pas mort. Héneaurme. Limite. Bien dans le ton habituel, non ?

mercredi 7 janvier 2015

Le courage et la Mort, un couple épatant.

Ce soir, je suis atterré, dévasté, effrayé. Ça marche bien le terrorisme sur moi, ça me fait de l'effet, bien vu les gars. Je suis triste aussi, pour Cabu, pour Wolinski, qui m'ont élevé, fait grandir, fait rire. Et ça brûle aussi, ça fait pas que piquer, c'est plus profond. Je me souviens très bien du premier numéro de "Charlie-Hebdo" que j'ai acheté. Je devais avoir 16 ans et quelques, la ceinture de sécurité venait d'être décrétée obligatoire en voiture, la couverture signée Reiser représentait un mec assis sur des W-C essayant d'agripper le PQ, retenu par une ceinture de sécurité. Le titre était "La ceinture de sécurité obligatoire aux chiottes". C'était vraiment "bête et méchant". C'était rigolo. J'ai beaucoup lu "Charlie-Hebdo" quand j'étais jeune. C'était intelligent et jouissif. Ça peut se relire maintenant sans peine, tellement c'est bon. J'ai beaucoup lu les albums de Cabu aussi, j'étais moi aussi amoureux de "La fille du proviseur", comme le Grand Duduche. C'était gentil ça, très gentil. Comment faire la connexion avec le déferlement de violence et de haine qui vient d'avoir lieu ? Et Wolinski, il était chouette ce mec, j'aime ses dessins, ses réflexions douces-amères, son honnêteté tonique, un homme quoi. Et je pense à sa femme, Maryse, que j'aime aussi, libertine monogame qui m'a fait bander et qui me ferait certainement pleurer ce soir. Je connais moins Charb, Tignous, Honoré mais je sais que je les aurais bien aimés si je les avais un peu plus fréquentés. Je suis devenu un peu paresseux en vieillissant mais je connais quand même bien le style mordant de Charb, bien dans la lignée de ses prédécesseurs. C'était la relève, les copains virtuels de presse de mon plus jeune frère, qui m'en parlait. J'ai une pensée pour Cavanna, Reiser, Siné, Willem, ces autres pères, dont les deux derniers sont encore en vie et dont je n'aimerais pas qu'ils y passent trop vite. Une journaliste au cœur de la manifestation de la Place de la République disait tout à l'heure qu'elle ressentait "une forme de joie" autour d'elle. Je veux bien la croire et si les gens, en se serrant les uns contre les autres arrivent à faire naître de la joie, c'est tant mieux et ça me ravit, mais moi, je suis triste, très triste.
NB : Si la une de Ouest-France demain c'est vraiment "Bal tragique à Charlie Hebdo", je trouverais ça tellement génial que j'aurais toujours du respect pour ce canard. J'espère. En tout cas, moi, si j'étais patron d'un journal c'est ce que titrerais en une. L'humour est bien la politesse du désespoir, son seul ornement un peu sensé, un peu beau. Lui et quelques larmes.

lundi 29 décembre 2014

D'Angelo, quatorze ans plus tard.

Voilà quatorze ans qu'on attendait le troisième album de D'Angelo. C'est trop long, va falloir accélérer la cadence D. N'empêche le bidule qu'il vient de sortir est tellement bon qu'il enterre toute la concurrence black, y compris son Altesse Princière. L'album est juteux à souhait, il suinte le Groove, les gimmicks de production sont brillants, les instrumentistes sont inspirés. C'est un panard complet. Je lui en veux quand même pour les quatorze ans à faire du gras et à le perdre mais bon, c'est lui le Boss qui fait shaker les bootys. Ben oui, c'est pas Yannick Noah. Noah, lui, y fait du sport.


Plus smoothy, tu meurs. Soulful.

mercredi 5 novembre 2014

La montagne magique.

Et maintenant, une petite séquence de chanson française. Commençons par un beau titre de Michel Delpech : "Un coup de pied dans la montagne"

- Elle a pas de nom cette montagne ?
- Non, peut-être, par ici on l'appelle la montagne, c'est tout.
- C'est débile, toutes les montagnes ont un nom, un nom à elle.
- Sûrement. Pas celle-là.
- Et qu'est ce qu'elle a de special cette montagne ?
- Rien. Enfin si, elle secoue.
- Elle secoue ? Qui ? Quoi ?
- Ceux qui y vont, qui la gravissent. Elle les secoue un grand coup.
- Et alors ?
- Après, il ne sont plus pareils. Enfin, ceux qui redescendent parce qu'ils y en a qui y restent.
- Ils meurrent ?
- Pas forcément, ils restent là-haut. Il y en a qui redescendent, certains  juste pour mourir, d'autres qui remontent. Enfin, tu vois, il y a pas mal d'options.
- Non, je ne comprends pas ce que tu me dis. Tu en déjà vu de ceux qui sont revenus ?
- Peut-être. Enfin, oui, ils ne parlent pas beaucoup.
- Comme toi ?
- Oui, comme moi.
- Tu y es monté, hien ?
- Sûrement. Qu'est ce que ça peut te faire au juste ? Ce ne sont pas tes oignons.
- Parce que je suis pas du pays ? Un pays avec une montagne qui n'a pas de nom, ce n'est plus un pays, c'est autre chose.
- Quoi, petit malin ?
- C'est comme tu disais. Un truc pour se faire secouer.
- Tu veux monter, c'est ça ?
- Ca te gènerait ?
- Non, c'est tes affaires.
- C'est risqué ?
- C'est risqué d'être secoué, de toute manière. Ce qui tombe, ce qui reste, ça dépend. Tu peux chuter tout entier du haut de la montagne.
- Je n'ai pas peur.
- Ce n'est pas la peur qui compte, c'est le poids. Combien tu pèses, c'est ça qui te tuera ou te fera vivre.
- Je ne suis pas bien épais.
- Ce n'est pas ce poids là dont il s'agit. Tu ne peux pas savoir à l'avance. Tu te feras secouer, tu sauras.
- Je vais mourir ?
- Peut-être, non. Ca n'aurait guère d'importance.
- C'est comme ça que tu vois les choses ? Depuis que tu es monté là-haut ? Toi, tu es revenu et tu te fous de tout ?
- Je ne me fous pas de tout. Au contraire. Ecoute : tu veux savoir ? Tu veux savoir ce qui te manques ? Ce que tu as en trop ? Après tu verras bien, tu sauras.
- Je vois, je vais encore rester quelques temps ici, et puis je monterai me faire secouer.
- Comme tu voudras.
- Ce n'est pas la montagne qui bougera, n'est ce pas ?
- Idiot, bien sûr que non !
- Alors, je vais dormir un peu et rêver.


vendredi 26 septembre 2014

Un problème très populaire : Léonard Cohen.

Alors lui, c'est pire que tout. Pire que McCartney qui a 72 ans, pire que Mick Jagger qui en a 71 (celui-là, il a des mômes partout, j'ai essayé de comprendre sa parentèle c'est du délire. Dans 500 ans la moitié de la planète aura des gènes du lippu londonien dans la moelle épinière) Lui, Léonard Cohen, il a 80 ANS ! 80 BALAIS ! 80 PRINTEMPS ! (Il faudrait que je trouve 80 façons de le dire mais je crains d'être un peu court) et il sort un nouvel album. Moi, il m'épuise, Cohen; il me subjugue, il me fait chier, il me ravit ! 80 ANS et un album bon comme la garenne ! Provocation du lobby (toujours plus puissant, avec Dylan en leader embusqué) du 4eme âge ? Délinquance sénile portée à sa plus extrême sauvagerie ? Sempiternelle classe inusable après laquelle je pourrais courir trois vies d’affilées sans en atteindre la moindre parcelle ? C'est tout simplement insupportable ! Et bon, toujours aussi bon, bon comme le bon pain, bon à pleurer ! L'album s'appelle "Popular Problems". Il parle de lui, entre autres, où quoi ? Parce que moi, les octogénaires en tournée mondiale, ça me questionne sérieusement ! S'il passe en concert par chez moi, j'irais le toucher, comme on touche un morceau de la vraie Croix ! Léonard Cohen, 80 ANS ! relique du Rock ! VIVANTE ! Il parait que son cardiologue se fait passer un ECG tous les jours pour être sûr de tenir jusqu'aux obsèques. Chez les bookmakers anglais, pour le prochain sur la liste à rejoindre notre Créateur, sa cote est à 35/1 et celle du Pape François à 4/1. Y'a pas photo ! Tout cela me colle un blues ! Un seul remède, soigner le mal par le mal, écouter le dernier (Ah, Ah, Ah ! Je vais devenir fou !) Léonard Cohen.
Léonard Cohen (après Nirvana) : Nevermind.

Un peu de Poésie :

 The war was lost
The treaty signed
I was not caught
I crossed the line

I was not caught
Though many tried
I live among you
Well disguised

I had to leave
My life behind
I dug some graves
You’ll never find

The story’s told
With facts and lies
I had a name
But never mind

Never mind
Never mind
The war was lost
The treaty signed

There’s truth that lives
And truth that dies
I don’t know which
So never mind

Your victory
Was so complete
That some among you
Thought to keep

A record of
Our little lives
The clothes we wore
Our spoons our knives

The games of luck
Our soldiers played
The stones we cut
The songs we made

Our law of peace
Which understands
A husband leads
A wife commands

And all of this
Expressions of
The Sweet Indifference
Some call Love

The High Indifference
Some call Fate
But we had Names
More intimate

Names so deep and
Names so true
They’re blood to me
They’re dust to you

There is no need
That this survive
There’s truth that lives
And truth that dies

Never mind
Never mind
I live the life
I left behind

There’s truth that lives...

I could not kill
The way you kill
I could not hate
I tried I failed

You turned me in
At least you tried
You side with them
Whom you despise

This was your heart
This swarm of flies
This was once your mouth
This bowl of lies

You serve them well
I’m not surprised
You’re of their kin
You’re of their kind

Never mind
Never mind
The story’s told
With facts and lies
You own the world
So never mind

Never mind
Never mind
I live the life
I left behind

I live it full
I live it wide
Through layers of time
You can’t divide

My woman’s here
My children too
Their graves are safe
From ghosts like you

In places deep
With roots entwined
I live the life
I left behind

mercredi 20 août 2014

Le Moral de cette Histoire est bien bas.

J'ai de plus en plus de mal à lire le journal, à prendre la peine de lire les articles. Qu'est ce qu'ils vont m'apprendre que je ne sais déjà ? Le Monde va à marche forcée vers sa destruction, les acteurs de ce désastre sont les Hommes. Il y aura des survivants, quelque chose renaîtra. En attendant, plus d'Histoire(s), plus d'ère nouvelle, de nouvelle Frontière. C'est mollasson, ressassé, violent et ça pue.
Il semble que le 20 ieme siècle ait été celui d'une grande émancipation. Ca pesait trop, ça empêchait de vivre alors ça a été lentement et vigoureusement balancé par dessus bord. Quoi ? La Morale, un ordre suranné, le Patriarcat, une hypocrisie sociale rance. Une libération, une émancipation étaient demandées, nécessaires, vitales après la guerre. Ca a commencé tout de suite, dés qu'elle a été finie, avec Saint-Germain des Près, l'Existentialisme, les Beatniks, le Be-Bop puis le Rock, la Jeunesse qui voulait sa part et qui devenait valeur en elle-même. Et puis il y eut les années 60 et là, la poussée a été immense, intense. Tout le monde, à sa manière voulait sa part de LIBERTE. Les intellectuels français s'en sont donnés à coeur joie, pour Barthes "Le langage était d'essence fasciste" et il fallait s'en méfier, pour Deleuze le ""Moi" est d'essence paranoïaque" et il fallait s'en libérer par une "schizo-analyse", pour Foucault l’oppression avait trouvé son paradis dans la prison "pan-optique", où tous les détenus sont vus de tous tout le temps. Pour contrer ce qui n'était pas encore effectif, il fallait réformer les asiles et les prisons, les faire disparaître. Sur les murs en mai 68 on écrivait qu' "il était interdit d'interdire" et "on voulait jouir sans entraves".
Vous savez quoi ? Ca a marché, et une fois toutes les formes d'ordres déboulonnés, nous sommes restés cons avec dans les mains la vis sans fin de notre jouissance à actionner. Nous avons secoué le joug de toutes les tyrannies pour nous trouver aux prises avec la pire, la tyrannie de la jouissance. Que certains, le plus possible, jouissent presque contamment et sans frein grâce à des moyens financiers conséquents, voilà ce qui fait marcher l'économie mondiale aujourd'hui, et partant, le Monde. Et si ça se répète tous les jours, c'est de pire en pire tous les jours. C'est là la seule petite histoire... Lacan disait que "le psychotique est celui qui n'accède pas au Désir", il voulait dire qu'il reste prisonnier de ses pulsions et de leur satisfaction sans élaborer un cheminement intérieur, un désir, disons une histoire et peut-être une frustration. Il n'est plus question de frustrer qui que ce soit, c'est ça qui est devenu immoral, et même impensable. Et d'ailleurs, que penser ? La Pensée ne prend toute sa mesure que quand on tente de l'arrêter, de lui mettre des obstacles dans les pattes. C'est l'inverse de la Jouissance qui ne peut qu'arriver. Mais encore faut-il que l'on accède à la Pensée, ce n'est pas gagné d'avance ; le principe de jouissance, il est là de toute manière il faut faire avec, si possible au mieux et sans tristesse.
Notre Monde est peuplé de psychotiques hyper-puissants qui le feront se pulvériser pour une dernière pipe au Moët et Chandon. Il n'y a plus que des "clashs", des coups médiatiques ou boursiers, de la "hype" pour peu et des pulsions assouvies par procuration par d'autres. Et encore, avec Vente-Privée et Groupon, le (faux) Luxe, celui qui donne l'impression quand même de VRAIMENT VIVRE est à portée de toutes les bourses. Il n'y aura pas de retour en arrière. Lyotard disait que la Post-modernité, "c'était la fin de tous les récits d'explication du monde", en effet, ce qui compte c'est ce qu'on gagnera demain, la jouissance d'aujourd'hui est déjà morte. Derrida, de son coté disait que la Post-modernité "c'était ce qui vient", "venir" comme "jouir". Cette état de fait, certains artistes en profite, d'autres la disent ; le meilleur est certainement Bret Easton Ellis, Houllebecq fait ce qu'il peut, Sollers ne peut parler qu'au passé, il est encore "raisonnable". Qu'est ce qu'on peut faire comme film un peu pertinent sur cette ordre-là, celui de la psychose, meilleur que "Crash" de Cronenberg ?
La Vie ne s'épanouit pas sans "sacré", c'est Roger Caillois qui le dit. Le Sacré revient en force, cet an-ci, problème c'est un Sacré malade, tout-puissant, sans dialectique avec la Vie. Zuckerberg finira peut-être par se tirer une balle dans la tête devant sa page Facebook. l'Etat Islamique va apparaître un peu partout dans le monde. 10, 20, 100 Zuckerberg attendent leur tour et le Levant fait le tour de la Terre si je ne m'abuse. Quelles Histoire(s) voulez-vous qui m'intéressent un peu ? Je suis d'un autre ordre, qui n'a jamais existé et n'existera jamais, sauf, comme disait Voltaire, dans "mon jardin". Eden était possible, ici-bas, pour nous; nous avons choisi l'Enfer.

jeudi 7 août 2014

Zombie Fighter

- Et Prince alors ? Qu'est ce qu'il devient ?
- Ah ben, Prince maintenant, c'est un groupe suédois.
- Sans blague ? Et c'est bien ?
- Ah très bien, très bonne qualité. "Top quality", comme on dit.
- Si on m'avait dit ça y'a dix ans...
- Que voulez-vous mon Pauv' Monsieur, tout change.
- Eh oui, c'est la vie. Enfin quand même, suédois...
- Allez, vous frappez pas, vas. Vous reprendrez bien un p'tit muscadet, c'est pour la maison !
- Volontiers, merci.
(Le clip est frappant. essayez quand même de vous concentrer sur la musique)

Une très jolie voix de tête.
Juste en dessous, pour le plaisir des yeux, Yukimi et son batteur sont lâchés dans un magasin de disques. Où l'on apprend en passant que Yukimi est branchée par le bluesman maudit Robert Johnson !

samedi 17 mai 2014

"Le quatrième est un cheval blanc, la Mort le chevauche et l'Enfer le suit de près." (un bien sombre évangile)

Ce n'est plus la peine d'essayer de sauver quoique ce soit, fous que nous sommes. Ni notre corps, ni notre âme, ni même notre pénible et chétif amour. Il est un temps pour tout achever et ce temps est arrivé. Plus de paroles inutiles, de vaines prières. Assassins, voleurs, saints hommes, c'est l'heure de juger de votre pitoyable justice et de vos chemins insensés. Tout est décidé, et ce qui est décidé s'accomplit. Maintenant, et pour l'éternité.

And I heard as it were the noise of thunder
One of the four beasts saying come and see and I saw
And behold a white horse

There's a man going around taking names
And he decides who to free and who to blame
Everybody won't be treated all the same
There'll be a golden ladder reaching down
When the Man comes around

The hairs on your arm will stand up
At the terror in each sip and in each sup
Will you partake of that last offered cup?
Or disappear into the potter's ground
When the Man comes around

Hear the trumpets, hear the pipers
One hundred million angels singing
Multitudes are marching to the big kettledrum
Voices calling, voices crying
Some are born and some are dying
It's Alpha and Omega's kingdom come

And the whirlwind is in the thorn tree
The virgins are all trimming their wicks
The whirlwind is in the thorn tree
It's hard for thee to kick against the pricks

Till Armageddon no shalam, no shalom
Then the father hen will call his chickens home
The wise man will bow down before the throne
And at His feet they'll cast their golden crowns
When the Man comes around

Whoever is unjust let him be unjust still
Whoever is righteous let him be righteous still
Whoever is filthy let him be filthy still
Listen to the words long written down
When the Man comes around

Hear the trumpets, hear the pipers
One hundred million angels singing
Multitudes are marching to the big kettledrum
Voices calling and voices crying
Some are born and some are dying
It's Alpha and Omega's kingdom come

And the whirlwind is in the thorn tree
The virgins are all trimming their wicks
The whirlwind is in the thorn tree
It's hard for thee to kick against the pricks

In measured hundred weight and penney pound
When the Man comes around.

Close (Spoken part)
And I heard a voice in the midst of the four beasts
And I looked and behold, a pale horse
And his name that sat on him was Death
And Hell followed with him.

Voilà l'effet de quatre heures d'écoute intensive de musique sur YouTube : on finit par écouter un truc définitif et on va se coucher Dieu sait pour combien de milliers d'années.

lundi 12 mai 2014

Logique élémentaire : Quand on perd la vie, la mort est un gain.

A mon avis, personne ne fera mieux que ces trois chansons. Peut-être aussi bien, c'est encore possible, mais pas mieux.
Voilà trente ans que je pourris en Enfer. Ce n'est pas ce qu'on croit ; ce n'est ni attirant ni effrayant ; c'est juste froid - glacé même - et on est seul. A pleurer ; tout le temps. Il n'y a aucune issue.
Steely Dan : "Any world (that I'm welcome to)"

If I had my way (Prends ça, connard de Sinatra. Le cynisme et la tristesse ne sont pas où on croit.)
I would move to another lifetime
I'd quit my job
Ride the train through the misty nighttime
I'll be ready when my feet touch ground
Wherever I come down
And if the folks will have me
Then they'll have me

CHORUS:
Any world that I'm welcome to
Is better than the one I come from

I can hear your words
When you speak of what you are and have seen
I can see your hand
Reaching out through a shining daydream
Where the days and nights are not the same
Captured happy in a picture frame
Honey I will be there
Yes I'll be there

CHORUS

I got this thing inside me
That's got to find a place to hide me
I only know I must obey
This feeling I can't explain away

I think I'll go to the park
Watch the children playing
Perhaps I'll find in my head
What my heart is saying
A vision of a child returning
A kingdom where the sky is burning
Honey I will be there
Yes I'll be there
Rosie & The Originals : "Angel Baby"

It's just like heaven being here with you
You're like an angel too good to be true
But after all, I love you, I do
Angel Baby, my Angel Baby

When you are near me my heart skips a beat
I can hardly stand on my own two feet
Because I love you, I love you, I do
Angel Baby, my Angel Baby

Oooh, I love you, ooooh I do
No one could love you like I do

Please never leave me blue and alone
If you ever go I'm sure you'll come back home
Because I love you, I love you, I do
Angel Baby, my Angel Baby

Oooooh, I love you, oooh I do
No one could love you like I do.

The Byrds : "You Showed me"

You showed me how to do exactly what to do
How I fell in love with you
Oh oh oh it's true
Oh oh I love you

You showed how to say exactly what to say
In that very special way
Oh oh oh it's true
You fell for me too

And when I tried it
I could see you fall
And I've decided
It's not a trick at all

You taught it to me too exactly what you do
And now you love me too
Oh oh oh it's true
We're in love we two

And when I tried it
I could see you fall
And I've decided
It's not a trick at all

You taught it to me too exactly what you do
And now you love me too
Oh oh it's true
We're in love we too

dimanche 9 mars 2014

Un peu plus loin avec le Jazz.

Je ne suis pas un mordu absolu de Jazz. Mes musiques premières sont le Rock (au sens large) et le Blues, c'est ce que j'écoute le plus. Mais j'ai fini par venir au Jazz et au Classique, comme tout mélomane qui se respecte, et je prends maintenant aux deux un plaisir sans mélange qui va en grandissant à mesure que je vieillis, je dirais plutôt, que je me bonifie. Alors, France Musique est très, très souvent ce qui passe chez moi et j'en découvre tous les jours, avec gourmandise et une facilité dont je me serais pas cru capable dans ces deux domaines musicaux il y a une seulement un lustre. Le vendredi soir, vers 22H30, le "Jazz Club" nous propose chaque semaine un concert en direct, ce qui ne manque pas de cran, je trouve, et Yvan Amar nous permet ainsi d'entendre quel Jazz on joue aujourd'hui. Et là, il y a de tout, ça peut s'avérer être très esthétisant et chiant, sans émotion et sans groove, ou bien encore être une simple resucée du passé, affadie et terne, ou encore pleinement actuel, vivant, juteux de feeling et de swing. C'était le cas, quand Amar a programmé le concert de Bad Plus et Joshua Redman lors d'un festival d'été dont je crois me souvenir que c'était celui de Marciac. Le trio plus le saxophoniste, nous avait alors sorti un set du feu de Dieu, d'une qualité digne des Maîtres de cette musique et le public leur avait fait un triomphe entièrement justifié. Je mets un morceau qui est aussi un morceau de bravoure : "Silence is the question". Non, c'est mal dit, ce n'est pas ça, il n'y a pas là que du courage et de la puissance, il y a une simplicité qui se ramifie en strates complexes, il y a une effervescence vitale qui monte jusqu'à la transe, il y a un chant qui devient souffle épique, des modulations de prières qui atteignent au plus haut degré de la Grâce humaine. Ce soir-là, Yvan Amar avait décroché le jackpot et ses auditeurs avec lui. Il me semble que le concert n'était pas disponible à la ré-écoute pour des questions de droit, comme on dit. Toujours est-il que j'ai retrouvé un concert espagnol des quatre musiciens sur Youtube et qu'il est de la même trempe que celui de France Mu. C'est de là que je tiens la version ci-dessous du titre, aussi transcendante et chamanique que celle que j'avais entendue sur les ondes radio.
Je vous encourage vivement à écouter ce morceau, c'est de la grande musique, tout simplement (comme si la grande musique c'était d'une quelconque manière "tout simplement"...). Je ne m'étendrai pas sur le fait que le silence est en effet "LA" question de la musique, ils en parlent mieux que moi pendant douze minutes.

mercredi 5 mars 2014

Resnais est VIVANT !

Rohmer a son crétin bavard en la personne de Lucchini, Resnais, lui, a le fat Arditi comme thuriféraire. Chacun sa merde, comme on dit. Enfin quand même là, c'est assez énorme, et le player ci-dessous de son interview pour France Info après le décès du réalisateur vaut son pesant de cacahuètes. "D'une certaine manière Alain Resnais n'est pas mort, il vit à travers moi", c'est en gros ce que l'idiot vieillissant finit par lâcher. Nous voilà rassurés donc. Voir des films de Resnais ? Oui, "Muriel" peut-être, certains vieux documentaires, sûrement...A la fin, ça se gâte nettement, il faut dire qu'avec Azéma, Arditi, Dussolier (enfin lui, il est plutôt bon) et Wilson comme acteurs fétiches, ça ne pouvait que ramer sévère.
Je vais donner deux ou trois tuyaux à notre bon vieux clébard Arditi pour qu'il apprenne à vivre sans Resnais. Primo : dédramatiser. Ce n'est pas tout à fait comme si c'était Shakespeare qui était mort, ni même Guitry. Il faut savoir raison garder. Ouaf, Ouaf. Deuxio : Arditi est devenu un tel rentier du théâtre et du cinéma français qu'il ne va pas se retrouver du jour au lendemain à la rue. Il lui reste Lelouch et les rôles de vieux cons, qui sont pléthore et dans lesquels il excelle, c'est le moins qu'on puisse dire. Tercio, c'est mon truc le plus radical mais ça marche : s'en foutre.

mercredi 12 février 2014

Les Coasters étaient-ils juifs ? Ou Leiber et Stoller noirs ? Les deux, mon Général.

L'antisémitisme est de retour. Fais chier. Ça n'a pas suffit, une fois, l'horreur, le merdier incroyable ? On va remettre ça ? Sans avoir retenu aucune leçon de notre histoire, de nos histoires ? Ce sont pourtant de belles histoires souvent, des histoires singulières, un peu biscornues peut-être mais passionnantes.
Il semblerait qu'une partie de l'antisémitisme français de notre temps ait une origine "raciale", en plus des habituelles sérénades sociales et religieuses. C'est à dire que certains antisémites seraient issus des "quartiers" comme on dit, plus exactement de l'immigration beur et black, dont une grande partie se trouve malheureusement cantonnée dans les banlieues ("ils" devraient être PARTOUT) et qu'il aurait à voir, pour les arabes, avec le conflit israëlo-paliestinien, pour les noirs avec les misères incomparables mais comparées quand même de la Shoah et de la traite des esclaves africains.
Tout cela est débile, basé sur des représentations fausses, fantasmées que nous avons (je me mets dans le paquet, avec les français "de souche", pas plus fins que les autres) de nous mêmes et des autres, de notre peur des différences et des ressemblances DANS LE MÊME TEMPS, de nos façons stupides de nous limiter et de nous délimiter de manière abusive pour nous tous. J'avais l'habitude, quand j'étais à l'école de dessiner les frontières sur les cartes avec des pointillés, pas avec des lignes Maginot, ni Siegfried, et Lampédusa était le nom de l'auteur du roman "Le guépard", pas celui d'une île-camp de réfugiés.
De l'Histoire, même de la petite, celle des chansonnettes, on peut apprendre quelque chose. Certains blacks sont antisémites et revendiquent de manière abjecte leur part du gâteau de la Mémoire, une Mémoire qui se dessèche alors qu'elle devrait travailler, faire cogiter et retravailler encore notre patrimoine et nos identités. Voici une histoire de Rock n' Roll pour eux. Il était une fois aux Etats-Unis deux jeunes juifs qui écrivaient des chansons. Ils s'appelaient Jerry Leiber et Mike Stoller et ils ont composé un nombre considérable de succès pour tout un tas d'interprètes. Les deux plus importants furent Elvis Presley en personne et le groupe de Rythm n' Blues noir appelé les Coasters. Jerry Leiber avait grandi dans une banlieue défavorisée de Baltimore, et Mike Stoller dans le même genre d'environnement à Long Island (New-York). De ce qu'ils ont écrit pour Elvis vous connaissez sûrement "Houd Dog" et "Jailhouse rock", deux incontournables du répertoire du King. Il y en a d'autres. Là où ça devient intéressant pour nous, c'est le nombre incroyable de hits qu'ils ont composés pour les Coasters. Ça va de "Yaketi Yak" à "Charlie Brown", en passant par "Little Egypt" et "Along came Jones". Les Coasters, c'étaient des noirs pur arabica, élevés à la raide dans l'Amérique ségrégationniste des années 40, il fallait pas leur en raconter et il fallait surtout par leur faire chanter n'importe quoi. Fallait que ça sonne "Noir" avec un grand "N". Et ce sont deux juifs qui leur ont pondu toutes leurs chansons ou presque. Je vais citer Jerry Leiber, le traduire et vous allez comprendre pourquoi et comment ça s'est fait.
"I was brought up in black neighborhoods in South Baltimore. And we really felt like we were very black. We acted black and we spoke black. When I was a kid growing up, where I came from, it was hip to be black. To be white was kind of square."
"J'ai grandi dans des quartiers noirs du sud de Baltimore. Et on se sentait vraiment noirs. On se comportait comme des noirs et on parlait comme des noirs. Quand j'étais môme, là où j'habitais, c'était cool d'être noir. Etre blanc s'était être un peu coincé".
" I felt black. I was as far as I was concerned. And I wanted to be black for lots of reasons. They were better musicians, they were better athletes, they were not uptight about sex, and they knew how to enjoy life better than most people."
"Je me sentais noir. Je l'étais, autant que je me rappelle. Et je voulais être noir pour de multiples raisons. Ils étaient meilleurs musiciens, meilleurs athlètes, ils n'étaient pas coincés à propos du sexe, et savaient profiter de la vie mieux que la plupart des gens".
"The early influences, in many ways, were in Baltimore. I was passing open windows where there might be a radio playing something funky. In the summertime, sometimes there'd be a man sitting on a step, playing an acoustic guitar, playing some kind of folk blues. The seed had been planted."
"Mes influences premières, de plusieurs façons, viennent de Baltimore. Je passais devant des fenêtres ouvertes d'où sortait le son d'une radio qui jouait un truc funky. Pendant l'été, parfois, on pouvait voir un homme assis sur un perron, jouant sur sa guitare acoustique une espèce de vieux blues. La graine était plantée en moi".
Voilà, la morale de ces petites (et très grandes) phrases c'est que plus noirs que les Coasters ça n'existe pas, aussi noirs oui, ce sont deux juifs : Leiber et Stoller.
Une dernière citation pour la route, définitive. C'est toujours Leiber qui parle.
"Listen to any cantor, any good hazan, sing and you can hear a little bit of Ray Charles going on."
"Ecoutez n'importe quel Cantor (Chanteur religieux juif), n'importe quel bon Hazan (Chantre de Chœur dans les synagogues) chanter et vous pourrez entendre un petit peu de Ray Charles là-dedans."
Pourquoi s'énerver ? Nous sommes si proches et si différents. Il suffit d'écouter. L'âme n'a qu'un chant, modulé de différentes manières, mais, au fond, c'est le seul et unique.
The Coasters : "Little Egypt"

The Coasters : "Poison Ivy".

Cantor Liebele Waldman : Tanyo


Cheikh Raymond Leyris. Essayez de faire abstraction d'Enrico Macias, il n'est pas toujours de bonne compagnie.

Ah oui, Leiber et Stoller ont aussi écrit une des plus belles chansons de tous les temps "Is that all there is ?", chantée à l'origine par Peggy Lee, et accessoirement "Stuck in the middle with you" des Steelers Wheel, rendue à la popularité par Tarantino et la B.O. de "Reservoir's dog", mais tout ça, ce sont encore d'autres histoires.

mercredi 11 décembre 2013

"Foulquier ? Qu'est ce qu'il a pu me faire chier !" Dédé, du Bar des Sports.

Pour certain, c'était Jean-Louis. Pour nous, au "Bar des Sports", c'était tout simplement Jeannot. Au poste dès huit heures pour un premier gorgeon, y débandait pas jusqu'à la fermeture. C'est sûr, il était pas toujours facile. Des fois il avait le vin mauvais. Il saquait pas les étrangers. Son truc à lui, c'était la casquette, pas le voile, la casquette. Quand il pouvait un choper un sans casquette, qu'est ce qu'il prenait le mec ! (Généralement un côte, comme tout le monde.) La fois suivante, le gars avait sa gapette. Il avait compris. Ah, on peut dire qu'il a beaucoup fait pour l'assimimilation, Jeannot. Évidemment, on a dit des choses, comme tout le temps dans les p'tits patelins, qu'il avait travaillé sur une radio d'Etat y'a longtemps, m'enfin, avec nous il écoutait Coach Courbis et Riolo sur R.M.C., comme tout un chacun. Je l'entends encore qui me disait "Y-z-iront pas au Brésil, ces branques, y-zont pas la casquette." Bon, là, il avait faux, mais souvent ça tombait juste. Rien qu'avant-hier, y disait à qui voulait bien l'entendre "Dans quinze jours c'est Noël.". Il était casse-couilles mais y'avait du vrai là-dedans.
Allez, je mets deux photos de Jeannot en ligne. Votez pour celle que vous aimez le plus et je la fais encadrer. Elle fera bien juste à coté du Muscadet, derrière le bar. Allez, à ta santé, l'artiste !