Je peux essayer de faire un effort : écouter un peu de Christophe Chassol, regarder un film de Quentin Dupieux ("Wrong", par exemple), lire un bouquin de Houellebecq '"Soumission"),manger de la cuisine moléculaire, je ne sais pas. Moi, je suis profondément XXie Siècle, moderne, cubiste, expressioniste, je suis foutu, mais je sais qu'il importe d'être de son temps, c'est le meilleur moyen d'accéder...à quoi ?. La postérité ? C'est fini ça aussi, c'est carrément XIXie, non ? Ca m'étonne bien un peu, mais enfin... Pourquoi pas accéder à quelque chose d'autre alors...l'actualité ? Ah ça c'est bien l'actualité, depuis Daumal et le Grand Jeu, c'est bien. Ca implique d'être dedans et décalé à la fois. Drôle de position. Intenable ? C'est la bonne en tout cas, je crois.
Donc, ici et maintenant, Chassol. "Indiamore". Exemple d'un monde ouvert, grand ouvert, où il y a la place et de grande musique.
Allez, paf, je pète le film en entier, comme ça !
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lundi 20 juin 2016
mercredi 21 janvier 2015
Les livres délivrent.
Ah, ils m'auront fait du mal les frères Kouachi ! C'est comme si je m'étais pris un peu de leurs balles de Kalachnikov dans le buffet. Je me remets petit à petit de la disparition de mes amis lointains et de toujours, Wolinski et Cabu, et je recommence à prendre du plaisir à certaines évidences dont je retrouve la trace à peine effacée. Une chose me frappe, c'est l'inanité du cinéma à mon goût et l'immense pouvoir de la littérature sur moi. J'oublie presque tous les films que je vois alors que les livres me travaillent au corps en profondeur et durablement. J'ai lu un Conrad magnifique il y a peu qui s'appelle "Au bout du rouleau" J'ai appris que je n'étais pas encore au bout du mien. En fait, je n'ai jamais rien lu de Conrad qui ne soit pas génial. J'ai lu un Kipling aussi. Tout est enseignement dans ces livres, apprentissage, expérience transmutée en or pensée pour nos cervelles endormies ou paresseuses. Grâce à eux, nous allons ailleurs, plus loin, plus haut, et surtout nous faisons un petit pas de coté pour voir des choses que nous avions sous le nez et que nous n'apercevions pas sous un éclairage vulgaire. C'est ce que nous fait faire un grand écrivain; et non pas mariner dans les miasmes d'idéologies communes toutes plus rances les unes que les autres. Si Houellebecq était vraiment un grand écrivain, comme d'aucuns le prétendent, on apprendrait dans ces livres, non pas des choses sur l'écume des raisons qui font qu'on devrait avoir peur de l'Islam dans notre pays, mais des choses sur la peur elle-même et sur les rapports intimes, ceux de la peur entre autres, qu'entretiennent l'Occident et l'Islam.
Je vais citer un petit bout de Modiano, extrait de "Dimanches d'août". Un personnage parle :".............................................................................................
- Je ne vois pas ce que vous voulez dire...Vous savez, je m'occupais surtout des chevaux de ma mère...Elle avait deux trotteurs qu'elle faisait courir à Vincennes...
Il paraissait de si bonne foi que je pas voulu le contredire.
- Vous avez vu tout à l'heure le type qui chargeait mes manteaux dans la camionnette ? Eh bien, il joue aux courses... A mon avis il ne peut y avoir qu'un malentendu entre les hommes et les chevaux..
Se moquait-il de moi ? Non. Il avait toujours été dépourvu du moindre humour. Et la lumière du néon accentuait l'expression lasse et grave de son visage.
- Entre les chevaux et les hommes, ça ne colle que très rarement... J'ai beau lui dire qu'il a tort de jouer aux courses, il continue mais il ne gagne jamais...Et vous ? Toujours photographe ?......................................"
C'est très simple, et dans l'action du roman, ça a une résonance assez mince mais qui ira crescendo, cette façon de parler de cet homme, sa distance. C'est comme ça que ça fonctionne Modiano, ça prend de l'ampleur. Mais vous voyez cette petite remarque sur les chevaux et les hommes, et bien, c'est la vérité, la vérité toute nue. Je le sais, il m'arrive de jouer aux courses et je suis déjà monté sur un bourrin. Les péripéties d'un western ou les cavalcades de John Wayne n'y changeront rien, il y a un malentendu foncier entre les hommes et les chevaux, sinon les couses seraient une science exacte. De quel ordre, ce malentendu ? Un animal n'a rien à faire sur un autre animal pour se déplacer et encore moins pour faire du sport, c'est anti-naturel, aberrant, d'où certains problèmes récurrents, dus principalement à la bêtise humaine. Il y a aussi la question du rapport taille/puissance qui fausse tout entre les hommes et les chevaux, à moins...à moins de leur murmurer des secrets à l'oreille. Voilà une des choses fondamentales, parmi mille autres, que l'on peut apprendre dans un bon roman. Mais, en général, chez Patrick Modiano, on apprend des choses plus profondes sur l'identité et la mémoire et les liens vitaux qu'elles tissent, et c'est remuant comme toute bonne littérature. Il y a des choses à apprendre sur l'Islam et au-delà chez Durell, Bowles, Cossery, Tsirkas, Lawrence d'Arabie, Galland entre autres. Sur la peur, chez Conrad, Kafka, Celine, Matheson, Vercel, Barbusse... Pas chez Houellebecq. Houellebecq, c'est les pronostics du Quinté, à peine.
Je vais citer un petit bout de Modiano, extrait de "Dimanches d'août". Un personnage parle :".............................................................................................
- Je ne vois pas ce que vous voulez dire...Vous savez, je m'occupais surtout des chevaux de ma mère...Elle avait deux trotteurs qu'elle faisait courir à Vincennes...
Il paraissait de si bonne foi que je pas voulu le contredire.
- Vous avez vu tout à l'heure le type qui chargeait mes manteaux dans la camionnette ? Eh bien, il joue aux courses... A mon avis il ne peut y avoir qu'un malentendu entre les hommes et les chevaux..
Se moquait-il de moi ? Non. Il avait toujours été dépourvu du moindre humour. Et la lumière du néon accentuait l'expression lasse et grave de son visage.
- Entre les chevaux et les hommes, ça ne colle que très rarement... J'ai beau lui dire qu'il a tort de jouer aux courses, il continue mais il ne gagne jamais...Et vous ? Toujours photographe ?......................................"
C'est très simple, et dans l'action du roman, ça a une résonance assez mince mais qui ira crescendo, cette façon de parler de cet homme, sa distance. C'est comme ça que ça fonctionne Modiano, ça prend de l'ampleur. Mais vous voyez cette petite remarque sur les chevaux et les hommes, et bien, c'est la vérité, la vérité toute nue. Je le sais, il m'arrive de jouer aux courses et je suis déjà monté sur un bourrin. Les péripéties d'un western ou les cavalcades de John Wayne n'y changeront rien, il y a un malentendu foncier entre les hommes et les chevaux, sinon les couses seraient une science exacte. De quel ordre, ce malentendu ? Un animal n'a rien à faire sur un autre animal pour se déplacer et encore moins pour faire du sport, c'est anti-naturel, aberrant, d'où certains problèmes récurrents, dus principalement à la bêtise humaine. Il y a aussi la question du rapport taille/puissance qui fausse tout entre les hommes et les chevaux, à moins...à moins de leur murmurer des secrets à l'oreille. Voilà une des choses fondamentales, parmi mille autres, que l'on peut apprendre dans un bon roman. Mais, en général, chez Patrick Modiano, on apprend des choses plus profondes sur l'identité et la mémoire et les liens vitaux qu'elles tissent, et c'est remuant comme toute bonne littérature. Il y a des choses à apprendre sur l'Islam et au-delà chez Durell, Bowles, Cossery, Tsirkas, Lawrence d'Arabie, Galland entre autres. Sur la peur, chez Conrad, Kafka, Celine, Matheson, Vercel, Barbusse... Pas chez Houellebecq. Houellebecq, c'est les pronostics du Quinté, à peine.
mercredi 3 septembre 2014
Stranger than paradise.
Michel Houellebecq est un type étrange. Il apparaît, horripilant et inoubliable, aux cotés d'une bande de fier-à-bras très bas de plafond dans l'iconoclaste "L'enlèvement de Michel Houellebecq" de Guillaume Nicloux et on le voit dans le petit film mis au point avec Jean-Louis Aubert pour l'album que ce dernier à conçu sur des textes du premier, à partir des "Parages du vide". Le dit album a l'air sérieusement inspiré et Aubert en grande forme; ça se voit, ça s'entend. Houellebecq à l'air très satisfait de l'opération, ému, tendrement. C'est une épave. Mais qu'est ce qui lui est arrivé, bon sang ? Il a une gueule a faire frémir un zombie. Je le regarde, mi-médusé, mi-attendri et je me demande d'où ce gaillard là nous parle ? "Des parages du vide", ça sûrement; plus précisément, je ne saurais le dire. Pas loin de la Mort, oui. Yep, shit happens, comme on dit. En tout cas, c'est une drôle d'aventure que la sienne, qui l'a fait osciller entre la Grâce et "la fange", comme dit Aubert. Houellebecq, "Un poète romantique à l'apogée du capitalisme", comme disait Walter Benjamin à propos de Charles Baudelaire ? Eh, ce n'est pas si bête ! Ses romans se traînent comme des limaces orgasmiques et blêmes, Ses poèmes tentent l'envolée simple, Aubert les y aide. Ils sont mieux en chansons et Houellebecq lui-même dit qu'il ne pouvait espérer mieux. Allez les mecs, refaites-nous le coup des "Fleurs du mal", version TGV, Wi-Fi appli "Closer", podcast d'une web radio de l'Enfer. Des trucs étranges, quoi.
On notera que la dernière phrase du petit film est "Je suis extraordinairement fier" et que c'est Houllebecq qui la dit à propos de la musique qu'il a inspiré à Aubert et qu'il trouve belle. Ce genre de fierté, éprouvée, recherchée peut-être, est la marque d'un être humain sensible et pas blasé. Houellebecq midinette ? Non, bien sûr que non, mais Houellebecq fier comme un pou de lui, de quelque chose venu de lui, ça fait un peu chaud au cœur (pour lui, pour nous), bien que je pense qu'il n'aimerait pas trop ce mot. Qui sait ?
On notera que la dernière phrase du petit film est "Je suis extraordinairement fier" et que c'est Houllebecq qui la dit à propos de la musique qu'il a inspiré à Aubert et qu'il trouve belle. Ce genre de fierté, éprouvée, recherchée peut-être, est la marque d'un être humain sensible et pas blasé. Houellebecq midinette ? Non, bien sûr que non, mais Houellebecq fier comme un pou de lui, de quelque chose venu de lui, ça fait un peu chaud au cœur (pour lui, pour nous), bien que je pense qu'il n'aimerait pas trop ce mot. Qui sait ?
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jeudi 27 septembre 2012
Raie-publique des Lettres.
Tout n'est pas rose à l'Académie Française. Jean d'Ormesson, qui raconte désormais des blagues scatologiques sur RTL, ressemble de plus en plus à un anus fripé hors d'âge. Moi, un trou du cul vieille France qui me fait de l’œil, ça me fait pas envie ; mais d'Ormesson a au moins le mérite d'être maintenant au niveau de son œuvre.
Chez les Goncourt, ce n'est pas tellement mieux. Bernard Pivot semble muter en serpillière usagée équipée d'un dentier ramasse-miettes. Aie, aie, aie ! Qu'est ce qu'il vont encore trouver comme vieille lune à distinguer début novembre ?
Chez les Goncourt, ce n'est pas tellement mieux. Bernard Pivot semble muter en serpillière usagée équipée d'un dentier ramasse-miettes. Aie, aie, aie ! Qu'est ce qu'il vont encore trouver comme vieille lune à distinguer début novembre ?
jeudi 12 avril 2012
Danse, fais moi plaisir !
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