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mardi 6 août 2019

Subir. Tenir. Pas le choix.

Il y a ces deux chansons de The war on drugs, très belles, lyriques. Il n'ont rien perdu à laisser partir le slacker Kurt Vile.
Alors je fais comme il est dit dans la première, je m'accroche, je tiens bon. C'est dur. Le clip est superbe.
The war on drugs :"Holding on".

Et il y a la souffrance, omniprésente. Mais ce n'est rien à coté de la connerie qui triomphe partout comme un souverain absolu, même en moi. C'est encore ça le plus exténuant.
The war on drugs : "Pain". Quelque part Paul Weller parle de "the next generation of emotionally crippled." Depuis un temps que je ne saurais mesurer c'est comme ça, on produit ça, on va d'echec en échec. On a rien réussi de bon au vingtième siècle à part les trois jours de paix, d'amour et de musique de Woodstock. C'est chiche

dimanche 10 avril 2016

Et la Mort ! Et la Mort...

Ainsi on me prédit le "pire" pour une bête de meute :" mourir seul". Bah, je suis né tout seul vers douze ou treize ans, j'aurais vécu solitaire et je ne vois pas comment faire pour mourir autrement que seul, comme tout un chacun, dans un instant de verité définitif. On est toujours seul et on a beau s'entourer d'amis et de femmes, de mots et de gemmes, tout est passe-temps plus ou moins agréable, états plus ou moins sympathiques. De toute façon, ça coule, ça passe, ça nous dépasse et bing ! c'est le grand saut dans l'éternité Un cri, un souffle, et voilà tout. A propos des "amis", Louis-Ferdinand Céline écrivait ça : "« Il ne faut pas imaginer que tous ces gens sont des potes ou le furent … peut-être sans doute qu’ils me détestent … je ne tiens pas du tout à les voir, ni à leur plaire, au contraire. Ce sont les coiffeurs de la vie qui tiennent beaucoup à plaire, les putains. Plus on est haï, je trouve, plus on est tranquille … Ça simplifie les choses, c’est plus la peine d’être poli, je ne tiens pas du tout à être aimé …je n’ai pas besoin de tendresse … c’est toujours les pires saloperies de l’existence que j’ai entendu soupirer après les tendresses.»
C'est tirer de "Bagatelle pour un massacre", un bouquin très peu lu de nos jours et qui est meilleur que ceux des auteurs contemporains à la noix (moix), qu'ils viennent de Mars ou de Vénus, qu'ils s'opposent à la nuit ou s'aiment au delà de la mort du petit jour. Chez Céline, il y a des trucs douteux, d'autres qui laissent baba d'admiration et enfin des choses qui donnent à penser, comme les phrases que j'ai citées. C'est un bon auteur et, au fond, il vaut mieux le fréquenter via ses livres que cotoyer beaucoup de personnes du monde réel qui sont aussi sales que ce dernier est dégeulasse comme une fosse à purin. La merde, y'en a qui aime.
Pour revenir à ma naissance, elle résulte, d'une décision prise un jour du début de mon adolescence. Je n'étais pas content du tout. Ca n'a pas beaucoup changé depuis mais je ne rends de compte à personne, car je sais ce que je dois comme saloperies et bienfaits et à qui.
Ca me fait penser à cette chanson tirée du dernier album des Foo Fighters. Je vais la mettre en-dessous. Il y a Rick Nielsen de Cheap Trick qui joue dans ce morceau. Je parlerai de Cheap Trick, ce groupe américain bien nommé une prochaine fois.
Les Foo Fighters "Something from nothing".

dimanche 13 mars 2016

Blues de chambre.

Heureux encore
Celui dont le blues
Vient sécher les larmes
Et prendre le coeur
Qui sent encore la tristesse, au fond
De n'être plus aimé
De l'amour dont on ne pensait
Pas pouvoir se passer
Celui qui frissonne encore
Sans plus chanter lui-même
Au chant du sang qui coule
Laissant sa trace rouge
De vie et de passion
Comme dans l'arène
Rougit le plastron du toréro
C'est un chant plaintif et cruel
Qui fait mal et qui guérit
C'est un chant maternel
Crève-coeur ma mère
Crève-coeur mon père
Que ce sang roule et coule
Doucement comme les larmes coulent
Après qu'on a entendu
Délicat et rustre
Le blues venant à la tête
Encore


samedi 28 novembre 2015

Deux bavettes bien tendres pour la 9 !

C'est vrai, je m'inquiète pour toi. Je me soucie. Je me tords un peu les mains. Tu vas te demander si c'est bien de toi dont je parle et pas d'une autre ou d'un autre...Bah, à toi de te faire un peu de mauvais sang. En général, tu ne te préoccupes pas tant que ça de moi... C'est moi l'intranquille. Je t'embrasse tendrement.
Les Stones ont de ces petites pépites peu connues, quelques unes encore, sans compter les inédits.
The Rolling Stones : "Worried about you".

mercredi 22 avril 2015

Plaidoyer pour la folie.

Les meilleurs d'entre nous deviennent fous ou artistes. Ce dernier terme pour éviter de dire benoîtement poètes, ce qui peut paraître un peu restrictif. Mais enfin, par rapport à la poésie, tous les autres Arts me semblent seconds. A tous les Arts il faut de la poésie alors qu'on peut très bien imaginer la poésie sans peinture, sans danse etc, etc. Sans musique, c'est impossible mais il s'agit d'une musique bien spéciale, le Chant vocal. Ce besoin essentiel de Chant chez l'humain se traduit par une musique savante ou populaire toujours très importante en quantité de production et en diffusion et des hits pour tout le monde, du gueux au noble. Il y a aussi "Paysan !", comme disait Rimbaud, c'est honorable. Beaucoup de bonne littérature vient de ces auteurs qu'on dit "régionalistes", qui parlent des paysans d'un coin précis et du rapport qu'ils ont à "leur terre", alors qu'elle touche potentiellement le monde entier, bien au-delà de son ère d'origine. Nous sommes tous de glaise crottés, ne l'oublions pas. Juste derrière artiste, où plutôt à coté, il y a les artisans qui intègrent l'utile comme contrainte à la production de la beauté. J'admire leurs travaux au plus haut point, sauf ceux de cette catégorie qu'on appelle "Artisants d'Art", qui font, pour la plupart, dans le "joli", et donc le passager et le laid. Si j'essaye de penser à d'autre professions que je pourrais trouver honorables, je me dis que tomber sur un bon commerçant est quelque chose de rare mais très agréable. Faire la cuisine, jardiner ne devraient pas être des métiers mais faire partie de ce que tout un chacun doit savoir faire, comme faire du vélo, ou savoir nager. Pour le reste, c'est un marasme qui commence avec professeur et instit et finit avec avocat et flic.
Ce classement est abracadabrantesque mais pas grotesque et je réitère ce que j'ai dit au début, les meilleurs deviennent fous. Je ne crois pas que la folie mène systématiquement à des êtres humains forcément meilleurs que les autres. Je connais plein de fous, il y en a un paquet qui ne sont pas passionnants, à peine respectables. Mais la folie donne naissance à des complexions, des tournures d'esprit si l'on veut qui sont d'une rare beauté et intelligence, intrigantes, fascinantes et souvent créatrices. Un grain de folie plus ou moins grand et prégnant est un ingrédient nécessaire à une belle personnalité, mais pas suffisant, ça serait un peu trop simple. N'empêche, les gens que je connais qui ne sont pas fous peuvent êtres éminemment sympathiques ou franchement intelligents, à mes yeux il n'ont qu'un intérêt maigre comparés à ceux que j'aime le plus et qui sont des psychotiques à peu près stabilisés, en quête d'une meilleure santé. La santé, quand elle est donnée, quand on l'a d'avance est un avantage immense, c'est aussi un grande aide sur le chemin de la crétinerie et de la beauferie. Je n'ai jamais vu un beauf autrement qu'en pleine forme, prêt à s'enquiller ses 30 pastis et ses deux paquets de brunes. Après ça, il baisera comme un porc la première venue qui s'en trouvera tout à fait satisfaite. Pour certains, assez nombreux, la vie est comme ça. Je ne les envie guère. Pas plus que je n'envie les profs, les animateurs et éducateurs de tout poils qui passent leur temps à racheter leur petite conscience coupable d'exister au prix de la vie des autres, qu'ils sont sensés rendre meilleure sur une échelle de valeur indiscutablement faussée par un égotisme mal assumé, sans noblesse, délétère car égalitaire. C'est dommage l'altérité, la pédagogie méritent mieux que des névropathes pour être vraiment constructives. J'ai néanmoins connu des profs et des éducs remarquables. La "science du lien" était chez eux une sorte de seconde nature. Comme chez certains médecins, très rares.
Mais je n'ai pas parlé des métiers les plus courants dans notre système économique : ouvriers, employés, cadres du tertiaire, fonctionnaires plus ou moins planqués. A mon avis, ceux-là font marcher la machine à merde et s'en trouvent bien. Ils aiment ça, l'étron. Ou l'argent si vous préférez, confondant pouvoir et puissance, force et agitation. Le problème avec ces gens, c'est qu'ils sont très bruyants, à défaut d'être majoritaires et occupent une place incroyablement disproportionnée dans l'espace public. On entend qu'eux. Ils aboient comme des chiens de garde devant une propriété privée convoitée par des migrants en provenance de Libye.
Quelque part, un fou crie et s'agite, il est mis sous camisole chimique. Quand il ira mieux il fera peut-être bon discuter avec lui, de tout et de rien. Ailleurs, le poète chante, nous sommes peu à l'entendre mais cette minorité, celle qui esquisse le Chant comme celle qui tente de l'entendre est certainement essentielle à la survie et à la perpétuation de l'espèce tout entière. Pourquoi ? S'il y a un sens à la vie, c'est là qu'il se dit. Dans les chants d'amour, de guerre, d'alliance avec la nature, dans la simple poésie de l'instant qui passe. Peut-être simplement dans le fait même de chanter.

C'est un mélange de deux vieux poètes éternellement jeunes. L'un, Burroughs récitant l'autre, Morrison. Voici le texte de ce qu'il dit. En fait Burroughs rend
 hommage à Morrison en citant des extraits de son poème "Celebration of the King Lizard", un truc zarbi à souhait.
Lions in the street
Lions in the street
And roaming dogs in heat, rabid, foaming
A beast caged in the heart of a city

Is everybody in?
Is everybody in?
The ceremony is about to begin

The body of his mother
Rotting in the summer ground
He fled the town
He went down south and crossed the border
Left the chaos and disorder
Back there over his shoulder

Is everybody in?
Is everybody in?
The ceremony is about to begin

One morning he awoke in a green hotel
With a strange creature groaning beside him
Sweat oozed from its shiny skin

Is everybody in?
The ceremony is about to begin

Oh how to thank history
Jim morrison
Jim morrison
Who drown in a bathtub in paris
Seems like a god damn odd thing to happen to me


Lions in the street
Lions in the street
And roaming dogs in heat, rabid, foaming
A beast caged in the heart of a city

Is everybody in?
Is everybody in?
The ceremony is about to begin

Jim morrison
A magnificient influence and grand fellow
Grand fellow
Jim morrison
A magnificient influence and grand fellow
Grand fellow

Is everybody in?
Is everybody in?
Is everybody in?
Is everybody in?

jeudi 26 mars 2015

Primus Tempus.



Portrait de fleurs

Les armées de jonquilles éclatent
En pétales dorés
Les frêles coquelicots sous l'averse
Flétrissent et meurent
Les lys blancs penchent
Doucement dans la brise
Les pensées à nos pieds
Soudain montent à la tête
Les glycines neigeuses promènent
Leurs abeilles le long du mur

Et le regard perdu de Narcisse
Fleur absentée parmi les fleurs
Manque à tous les coeurs


mardi 10 mars 2015

Comment les chats miaulent-ils en japonais ?

L'île d'Aoshima au Japon. Plus que 20 habitants et 120 chats. Un vrai petit paradis pour les amis des petits félins dont je suis. Les chats, c'est spécial. Ce n'est pas attaché comme un chien à son maître mais c'est intelligent et câlin. Un chat peut très bien s'escrimer à vous remonter le moral. Il flaire la mélancolie à l'oeuvre et se love sur vous comme s'il sentait votre coeur battre et l'écoutait, et comme s'il voulait l'apaiser. Un chat se vexe si on se moque de lui après un raté. Il va secouer un peu la tête de droite à gauche, se lécher les babines en faisant comme si on était pas là, regarder les moqueurs, penaud, et tourner le dos ostensiblement devant aussi peu de mansuétude. Les chats aiment les boites, passionnément. Ils veulent les explorer, les percer à jour, aller au bout de ces tunnels bouchés bêtement. Un chat va venir à vous, se frotter à votre jambe, il a sûrement besoin de quelque chose, et peut-être ne veut-il en fait qu'une caresse, jouisseur jusqu'à la moelle. Un chat a mauvais ou bon caractère, il est brave ou peureux. Les chattes sont maternelles, et agressives si des matous s'approchent de leurs petits, elles connaissent les ruses de ces vieux infanticides. Et là, sur cette photo prise à Aoshima, ils sont quand même assez effrayants à bicher tous au même moment, faussement sages, petits démons prêts à bondir.
Une petite anecdote : un chat m'a un jour apporté la preuve que l'Amour existe. Voilà le topo. J'étais parti une semaine en vacances et j'avais laissé mon chat roux à la garde de ma voisine. Ce chat était un bagarreur, un branleur, il me toisait souvent du regard, il se roulait de plaisir sur les charognes de souris qu'il amenait sur ma terrasse (j'habitais au rez-de-chaussée). C'était un dur. Une vieille dame de ma connaissance m'a dit un jour que les chats roux étaient plus "patrons" que les autres. Ma voisine avait pour consigne d'ouvrir un peu le volet de la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin de la résidence le matin, et de le refermer le soir, laissant le chat dehors. Cela ne devait pas le gêner tellement puisqu'il passait toutes les nuits dehors en ma présence. Le jour où je suis revenu de vacances le chat était à la maison, il m'a vu rentrer dans l'appartement du bout du long couloir d'entrée et s'est dirigé vers la cuisine. Je l'ai appelé, j'ai posé mes sacs et je l'ai suivi. Il a fait semblant de renifler un peu sa pâtée, m'a évité alors que j'entrais dans la cuisine et s'est dirigé vers le salon et le volet ouvert. J'ai cru qu'il allait sortir. Et, là, tout à coup, il s'est allongé sur le flanc et m'a donné son corps entier à caresser. Je ne l'avais jamais vu faire ça, et je ne l'ai jamais vu le refaire après. Je lui ai labouré le flanc longuement à pleines mains, je l'ai caressé tout entier, des moustaches à la queue et je voyais dans ses yeux qui s'ouvraient et se refermaient lentement qu'il s'abandonnait entièrement au plaisir des retrouvailles, qu'il chassait ses angoisses de perte et d'abandon sous mon étreinte douce. Il semblait se dire : "Il est revenu, Dieu que c'est bon d'avoir cet humain dans le coin". Soudain, il s'est redressé, s'est ébroué et a quitté la pièce en passant sous le volet, rasséréné, rassuré, insouciant. Je l'ai regardé se faufiler et j'ai pensé que j'étais content de le revoir aussi, et surtout surpris de ce comportement si tendre. J'y repense souvent à ce moment avec un des chats qui ont peuplé ma vie. Un moment unique. Une preuve, oui.
Un chat heureux à Aoshima :

mercredi 4 février 2015

Bob Dylan : passé le pont, les Ombres vinrent à sa rencontre.

En hommage à Bob Dylan, magicien en chef qui insuffle la beauté à tout ce qu'il touche, je vais faire un truc que je ne fais jamais : mettre une vidéo POUR la vidéo. Bien sûr, le morceau est excellent, au moins aussi bon que le "Things have changed" de 2000, nous sommes maintenant en 2009 et les choses ont continué de changer. C'est ce que je ressens en regardant la vidéo de ce "Beyond here lies nothing", l'amour, c'est différent maintenant, ça n'a plus la même saveur, c'est autre chose. Ca a toujours été comme ça ? Ah bon, ben alors c'est moi qui retarde. Il est vrai que je suis assez vieux jeu, des fois.


mercredi 31 décembre 2014

2015 : une Bonne Année pour mourir (ou pas).

L'autre jour, j'écoutais Bertrand Blier, cinéaste fainéant, petite frappe et bourgeois, parler de la musique qu'il aime. Il racontait qu'il avait beaucoup aimé le Jazz jusqu'à l'arrivée de ceux qui, d'après lui, l'ont, je cite, "massacré", c'est à dire "Coltrane" et consort. C'est emmerdant, on dirait qu'il y a une espèce de fatalité à devenir un vieux con avec l'âge. J'en parle d'autant plus aisément concernant Bertrand Blier qu'il à toujours été réactionnaire et revendique une sorte de droit à vieillir "salement", à s'engager un peu plus à chaque fois sur la pente facile de la beauferie. Son père a eu le même parcours, il a commencé avec Jouvet et a fini avec Jean Yanne, en passant par Audiard. Jouvet faisait du Théâtre, Audiard du vélo. Une espèce de fatalité, disais-je, une fatalité aussi à rester bloqué sur les épanchements de ses 20 ans et à en finir crotté comme par de la bouse au derrière. Le tout mélangé faisant qu'on devient un vieux débris avant d'avoir eu le temps de dire "ouf", nostalgique et sénile, et, avec un peu de chance, riche et donc un pouvoir de nuisance plus ou moins grand. J'essaye de résister à tout ça et ce n'est pas facile. L'energie baisse, la pente naturelle est là... Pourtant j'écoute chaque jour des nouvelles musiques, j’élargis le spectre de ce qui m'arrive aux oreilles sans cesse et si j'écoute toujours Elvis Costello ou The Cure avec délectation, je peux désormais varier un peu les plaisirs avec du Cotrane, justement, du Don Cherry ou du Carl-Philip Emmanuel Bach et je suis loin d'avoir fait le tour de ce qu'un honnête homme peut entendre de beau dans sa vie. Suis-je une exception ? Oui et non. Oui, je suis différent de la majeure partie des hommes qui se laisse porter par une facilité infâme vers des goût formatés et une vie non-moins programmée (Il y a même une radio qui s'appelle "Nostalgie" : 25 ans d'excitation, 50 ans de purgatoire à rancir dans l'obscurité avant de sombrer dans la panne définitive). Non, gangrené par ce qui m'entoure, je finis parfois, au bout de 50 ans d'insoumission et de veille épuisante, par penser et par réagir comme un beauf assez lambda et il faut que je me surveille encore plus si je ne veux pas m'endormir dans le même dortoir pour veaux mort-vivants que les autres (on appelle ça "un salon", il y a un écran, plat ou pas).
Au-delà du résultat de cette résistance qui est bon, il existe deux façons très différentes de vivre sa révolte contre la fatalité de l'âge imbécile; l'une heureuse, l'autre malheureuse. La révolte heureuse est celle qui touche les personnes qui ne s'aperçoivent pas qu'ils sont dans une différence singulière. Pour eux, ce qu'ils sont coulent de source et ils s'arrangent très bien de ce qui les entoure immunisés par avance contre les chocs et les ennuis par une bonne nature et une complexion solide. La révolte malheureuse est plus courante, elle se caractérise par de l'acidité, du dépit, de la rancœur envers ses contemporains. Elle est Amour aussi mais sera vécue sur un mode douloureux car généralement plus absolue et consciente que la première et donc moins soluble dans le matériau volatile qu'est la Vie. Elle est plus pénible au jour le jour, nécessite plus d'effort, fatigue le corps et l'esprit et fait mourir jeune, généralement avec une pointe d'amertume. Ma révolte est de la seconde catégorie, malheureusement. Et même si j'éprouve une grande satisfaction à n'être pas aussi con que Bertrand Blier et tant d'autres qui nous envahissent, je me sens fatigué et je suis un peu aigri. Au départ, j'en voulais beaucoup, je croyais que c'était une part normale; les autres se sont ingéniés à me persuader que c'était trop, je les ai cru; au final je me suis fait gruger. M'en reste un goût amer.
Un de ses quatre, je vais faire comme "Peau de la vieille hutte" dans "Little Big Man", je vais aller m'allonger dehors et attendre que ça vienne. Ça va faire comme dans le film, ça va foirer et il va falloir que je retourne m'asseoir dans mon tipi attendre un jour plus propice. Je vois le plan arriver gros comme un calumet de la Paix.
Celui-là, jeune, il était bon, Vieux, il l'est aussi. Dans le Rock, c'est assez rare. Enfin, à ce point-là.
Neil Young. "Heart of gold".






mercredi 19 novembre 2014

Wilson, Wilson et Wilson.

Quand Brian wilson s'est mis en tête qu'il déclenchait des incendies à l'autre bout de Los Angeles par la force de sa musique dont il ne savait plus si elle était vouée à Dieu ou au Diable, il a fallu que les autres Beach Boys se démènent pour palier à la défaillance mentale de leur compositeur en chef. En fait, cette semi-dispartion de Brian a été une aubaine pour ses frères Carl et Dennis, auxquels elle a laissé le champs libre. A vrai dire, tout le monde s'y est mis, Mike Love et Al Jardine en plus des deux frères, et des membres moins connus des Beach Boys, comme Bruce Johnston, appelé en renfort et que la défection de Brian Wilson a ramené en pleine lumière alors qu'il avait composé un des meilleurs albums de Surf-Music de l'époque quelques années plus tôt. N'empêche, il y a une veine Wilson, un filon, et une histoire de famille vécue ensemble a gravé quelques sillons communs dans la psyché des frères et leur manière de faire et de composer de la musique. Il y a chez Dennis et Carl la même félure que chez leur ainé, le même désespoir foncier et la même joie primesautière. Pas à pas, minute par minute ils ont lutté contre la Folie qui les guettait par le même moyen : la Musique. Brian ne s'en est pas dépêtré et la Musique elle-même est devenue partie de la Folie, une ennemie ; il a fallu arrêter d'en faire, un temps. C'est un vaste gâchis que le naufrage d'une des plus belles inspirations musicales du XXeme siècle, tout genre confondus, y compris les plus nobles. Mais on peut retomber sur ses pieds, peut-être sur des terrains moins aventureux mais avantageusement plus sécures, en écoutant les musiques que Dennis et Carl firent pour les Beach Boys et pour leurs carrières solos. L'inspiration commune est bien là (et là, il faudrait évoquer le Père Wilson), quelque chose de tangible, un parfum, une effluve, peut-être l'écume de l'eau du Pacifique tout proche.
Alors, trois choses. Tout d'abord, un extrait d'une émission ("Inside Pop : The Rock revolution") que fit Leonard Berstein pour démontrer à tous, et surtout aux parents récalcitrants, que la musique qu'écoutait leurs enfants n'était nullement du bruit pur et simple. "Lenny" savait tout, faisait tout, avait tout essayé, y compris des choses inavouables. Il était largement aussi hyper-actif que Karajan et largement aussi cinglé que lui. Dans cette émission, on voyait Brian Wilson chanter "Surf's up" en s'accompagnant au piano. Le son n'est pas terrible, on s'en fout, c'est effectivement bluffant.

Quatre années plus tard Carl nous pondait cette petite pépite sur l'album qui s'appelait effectivement "Surf's up", chanson qui était restée en stand-by après le naufrage de l'album qui aurait du s'appeler "Smile" et sortir en 1967 et la mise en jachère du cerveau de Brian. C'est magnifique. "Feel flows"

Dix ans plus tard, Dennis a déjà fait paraître une perle en 1977 avec l'album "Pacific Ocean Blue". Il travaille comme il peut, son mode de vie étant assez erratique et ses rapports avec les autres Beach Boys pas toujours simples, à un deuxième effort, mais il mourra malheureusement noyé avant de l'avoir achevé. Cet opus est sorti à titre posthume sous le nom de "Bambu" (The Caribou sessions). Il s'y trouve cette chanson dont je trouve les harmonies (le début me fait frissoner) remarquables et dont la deuxième partie aurait pu me faire aimer le Prog-Rock si je l'avais écoutée avant d'écouter, mettons, les Cure. Superbe "Are you real ?"

Dennis Wilson présente la particularité de jouer mal de la batterie sur ses propres compositions, ce qui n'est pas le cas de tout le monde et en particulier de Ringo Starr, qui, lors de sa carrière solo prolifique, a massacré sans vergogne des chansons écrites par d'autres dont il faisait des tubes par une sorcellerie inexpliquée à ce jour. (Avec les Beatles, il était parfait). Bravo Dennis, donc.
N.B. : 1988, Brian a retrouvé une partie de ses moyens et, sous l'égide d'un psy plutôt bizarre, sort un album solo. Il n'est pas génial a l'exception de la suite de huit minutes qui s'appelle "Rio Grande". C'est du bon, du très bon Brian Wilson, qui regarde sans loucher vers ses travaux passés les plus ambitieux et semble les raviver en cette gemme précieuse. Brian Wilson : "Rio Grande"

Coda.

jeudi 13 novembre 2014

Patricia Petitbon à petit bonds.

L'autre jour, j'ai assisté à un récital de mélodies françaises de Patricia Petitbon, une soprane rigolotte qui a le vent en poupe en ce moment en France. "C'était délicieux !", comme ont du s'esclamer certaines dames de la bourgeoisie rennaise un peu fantasques. C'est vrai que la rousse flamboyante, comme on dit, a un talent certain pour la comédie et presque le one-woman-show, si elle n'était accompagnée par une pianiste et un percussioniste qui d'ailleurs lui servent de camarade de jeux, jeux assez comiques tout compte fait, même si un peu courts quand même. Elle pourrait se lâcher un peu plus et bousculer les conventions du petit monde du classique. Après tout, au Chat Noir, à la belle époque, les chansons en ont vu d'autres, sous les regards de Maurice Rollinat, Alphonse Allais et autre Jean Richepin, et ces belles têtes de poètes, toutes un peu folles, ne regardaient pas à la dépense quand il s'agissait de loufoqueries. Mais ne soyons pas tatillons et prenons avec allégresse les petits moment de grâçounette que nous procure Mademoiselle Petitbon. Toutefois, quelque chose me titille, m'irrite et ce n'est pas une broutille. On ne comprend pas tout des paroles des chansons qu'elle entonne et parfois même, on ne comprend rien. C'est quand même très dommage pour une chanteuse française de chanter en français moins bien que, mettons, Barbara Hendricks, qui est américaine.  Loin de moi, l'idée de sombrer à tout prix dans le "C'était mieux avant !" mais quand on écoute Régine Crespin, pour prendre un exemple pas innocent du tout, et qu'on la compare à Patricia Petitbon, on voit toute la différence qu'il y a entre une honnète soprano et une cantatrice de génie. Est-ce le don ? Est-ce le travail ? La Grâce ?. Je ne sais pas mais Mademoiselle Petitbon(d) a encore pas mal d'enjambées longues à faire pour arriver à cette évidence-là.
Régine Crespin chante Fauré sur un texte de Raymond Bussine : "Après un rêve".

Et bing ! "Clair de lune" de Paul Verlaine, mis en musique par Fauré. Crespin toujours. Le texte est incroyablement chiadé, c'est miracle que l'on comprenne ce qu'elle chante !

jeudi 6 novembre 2014

Une partie de campagne dans les seventies.

Pierre Vassiliu est mort en août dernier. Sa disparition n'a pas ému grand-monde. Il était temps de lui rendre hommage car s'il y a un auteur-compositeur-interprète qui représente quelque chose de ces fameuses 70's, de cette "parenthèse enchantée" dont on ne peut se rendre compte de la douceur si on ne l'a pas goûté, c'est bien ce grand déconneur et ce grand sentimental qu'il était tout à la fois. Il est passé dans les années 60, comme tant d'autres, au "Petit conservatoire" de Mireille que j'évoquais dans le post précédent, il s'y est fait les dents, puis il a mordu goulument dans les années soixante-dix. Il y composa la plupart de ses tubes et surtout l'inénarrable "Qui c'est celui-là ?", hymne rigolard au décalage et à l'abus de bonne humeur salvateur. Il fallait au moins ça pour décoincer les pécores qui voyaient débarquer des hordes de Baba-cools prêts à vivre dans des conditions que le Crédit Agricole leurs avait dit être indignes d'êtres humains "civilisés". Sur le plateau du Larzac, ça éclusait sec de tous les cotés et, pour finir, personne n'y voyant plus goutte, ça s'affalait dans les fossés, comme de tout temps, mais il y avait des "DIFFERENCES" ! Ah, la "Différence" ! Quel drôle d'histoire ! Vassiliu en fit une histoire drôle "Hénaurme" dans sa fameuse chanson. " Et pis sa bagnole, les gars..." (He, He, vous verriez la mienne !)
Enfin, là je vais vous mettre deux trucs aux petits oignons ou ses textes décalés, voire dadaïstes sont soutenus, dans l'un, pas une (ou des) choriste(s) enamourée(s) (seventies obligent !), dans l'autre par de sérieux guitaristes fermement agrippés à leurs manches pour ne pas tomber le nez dans le foin.
D'abord : "Le pied". Le titre est suffisamment clair.

Vous avez entendu ce petit solo de gratte à la fin ? Pas sale, hein ? Eh bien, il y a encore mieux dans le "Il était tard" qui suit, jubilatoire déconnade garanti 100% colombienne se terminant par une petite démonstration de savoir-faire à l'acoustique.

mercredi 29 octobre 2014

"Dis-moi oui !"

L'autre jour une amie me souhaita mon anniversaire en me disant de lui écrire un petit poème pour le sien qui arrivait bientôt. En fait, il se trouve que c'est le 30 octobre, c'est à dire dans quelques heures. Cette amie et moi nous sommes quelque peu chauffés la couënne mutuellement ce qui est une belle et bonne chose mais dans la mesure ou elle ne commence à tomber amoureuse de moi qu'une fois passée une distance de deux milles kilomètres, je ne vais pas me casser pour lui pondre un truc chiadé (Je l'ai déjà fait en plus ! Elles ne sont jamais contentes !).
J'ai mieux.
En guise de "Happy Birthday", j'ai du Audiard pur jus, tiré de "Comment réussir quand on est con et pleurnichard ?" où Carmet n'arrête pas de déclamer ce texte pour faire pitié. Ca marche à fond les ballons. Je crois que c'est la chose la plus lourde de sens que j'ai entendue de toute ma vie. C'est riche, c'est impeccablement beau, soigné. De bien rares vers comme on aimerait en lire plus souvent, s'il était seulement possible de s'approcher du subtil génie créatif qui les anime....

                                   Ce matin au bord de ma croisée
                                           S'est posé un pigeon

                   Et comme je lui confiais les secrets de mon coeur
                   Il est parti vers toi le pigeon voyageur

                   Mais je sais que demain l'oiseau va revenir
                   Et suivant ta réponse me rendre le sourire

                  Oh ange de douceur, étends sur ma souffrance
                  Le charme caressant de ta douce présence
                  J'ai recueilli pour toi les sanglots de la nuit
                                                 Dis-moi oui

Voilà, c'est-y pas beau pépète, hein ? Spécial dédicace pour toi de ma part et de celle de Michel Audiard qui a vraiment tout mis.
Un petit coup doeil a Carmet le lisant à voix haute. J'ai quasiment le même look.

lundi 13 octobre 2014

Des chansons meilleures que leurs compositeurs. (???)

Au delà de la fortune et de la gloire, y'en a qui ne se rendent pas tout à fait compte de leur chance et qui, s'ils s'en rendaient compte, seraient à genoux à remercier Dieu (ou qui vous voudrez) plus souvent qu'à leur tour. Les Stones, par exemple, ont une chance de pendu. Ils composent des chansons, certes bonnes, mais qui sont reprises par des mecs et des nanas qui sont très largement meilleurs qu'eux ! Ca paraît invraisemblable et pourtant c'est vrai. Un jour ils ont fait une espèce de parodie de chanson country, genre qui fascine Mick Jagger et Keith Richard; et bien cette chanson est tellement bien faite, dans les règles de l'Art country, que la parodie s'est effacée et qu'un des plus grand chanteurs de country de tous les temps, l'immense Townes Van Zandt, l'a faite sienne et l'a faite acceptée au pays des ploucs sudistes heureux (ou presque), elle qui venait des rives de la Tamise. Voyons cela.
Les Stones live au Texas en 1972. (C'était vraiment l'endroit où enregistrer cette chanson.)


 Townes van Zandt live aussi, chez lui, à la campagne. Austin ? Nashville ?

Même histoire pour "Miss you", scie discoïde, que Jagger avait ramenée aux studios parisiens où les Stones enregistraient. Cet impeccable et salace petit riff de pédé sera repris, sorti du ruisseau où il était si bien et porté au pinacle de la classe urbaine soyeuse par la reprise qu'en fera en 2000 Etta James sur l'album "Matriarch of the blues". C'est un honneur incroyable et je crois que Keith Richard en est conscient. Mais le truc le plus incroyable là-dedans, c'est que la version des Stones (en particulier la version du maxi 45t) demeure MEILLEURE que celle d'Etta James...! Les Stones. Le clip est génial. Petite frappe c'est tout un style, toute une histoire. Jagger, dans son petit pantalon moule-burnes chante en direct et affole les ados. "Laisseriez-vous votre fille épouser un Rolling Stones ?" titrait la presse anglaise en 1965. Euh, 15 ans après, vaut toujours mieux pas ...
Etta James. "Hum, hum, laisseriez-vous votre fils conduire la limousine d'Etta James ? Risqué...La Mama a de l'appétit pour deux.
Mais, vous allez peut-être me dire "Qu'est ce qui nous prouve qu'Etta James et Townes Van Zandt sont meilleurs que les Stones ?". Puisqu'il faut bien VOIR (comme Saint Thomas) et régler cette question, voici des preuves indiscutables. Etta James "I'd rather be blind" en 1975, à Montreux. A coté d'elle Jagger est juste amusant.
 Townes van Zandt.  Keith Richard tuerais pour avoir un dixième de l'intensité de ce mec.
 



La liste de Coupé

On peut jouer à des jeux idiots. Faire des listes, par exemple. Avec un numéro un, un numéro deux... Les Anglais sont très forts pour ça. Régulièrement, dans leur presse spécialisée, ils font des listes des meilleurs albums Rock de tous les temps, et régulièrement, par bêtise ou masochisme, ils couronnent le "Pet Sounds" des Beach Boys, alors qu'ils ont mieux sous la main. S'il fallait que j'en fasse une de liste (par esprit moutonnier, par anglomanie, par dépit), je mettrais des titres, pas des albums. Un titre, c'est volatile, on change avec, on en change tous les jours, il n'y a pas de dommage. On a l'air moins con au classement suivant. Evidemment ça se jouerait entre les deux monstres de Liverpool avec Dylan en arbitre. Il y aurait ça :

Et ça :

Et enfin, dans la dernière ligne droite, l'"underdog" frenchie coifferait tout le monde au poteau avec une ritournelle si mineure qu'elle en retournerait l'âme de tous les fans des deux cadors cités ci-dessus.
"Que ce soit les Beatles ou Donovan
Un beau jour quelqu'un t'aurait pris ta femme
C'est arrivé le premier jour
T'auras pas trop de bobos coté amour..."

vendredi 10 octobre 2014

Old man, take a look at my life...

Aujourd'hui je suis allé à l'enterrement du père d'un ami. Je l'aimais bien cet homme. Je n'étais pas le seul et il y avait un monde fou. Ca a été assez pénible pour moi. Evidemment on s'est retrouvé au bar pour parler de lui et d'autres choses. D'autres choses ? Je suis rentré chez moi, et, comme j'écoute Hüsker Dü en ce moment, je me suis rappelé de cette chanson de Bob Mould que Grant Hart déteste et qui s'appelle "Hardly getting over it" qu'on peut traduire par "J'arrive à peine à faire avec".
Il y a ces vers dans la chanson :
"My parents
They just wonder
When they both are gonna die
And what'll I do when they die?"

"Mes parents
Ils se demandent juste
Quand ils mourront tous les deux
Et (qu'est ce) ce que je vais faire quand ils seront mort ?"
Ensuite il y a le refrain.

" Well, I'm hardly getting over it
Hardly getting used to getting by
Hardly getting over it
Hardly getting used to getting by, by"

"Et bien, j'arrive à peine à faire avec
J'arrive à peine à m'habituer à faire avec
A peine à faire avec
A peine à m'habituer à faire avec"

Je me suis toujours demandé si Bob Mould avait voulu dire que ses parents, pensants à leurs morts prochaines, s'inquiétaient de ce que leur fils allait devenir après elles, ou s'il se demandait à lui-même comment il s'en tirerait sans ses parents
Pour moi, c'est la deuxième option. Car pour le pire, et rien que pour le pire, une malédiction, une déroute pèse sur moi et ma lignée, et je me demande ce que je fous là, sans mes parents. Avec la rage et l'amertume qu'ils m'ont instillé, à regarder mes mains inemployées, pleines de mal et de violence, qui ne me servent à rien même pas à me tuer. Et l'absence, je ne m'y fais pas, je ne m'y ferais jamais. Penser à d'autres choses ?


Magnifique chanson. La réplique de Grant Hart sur le même album, "Candy Apple Grey", leur premier sur une Major Company de disques (Warner) est du même tonneau. "Je ne veux pas savoir si tu es seul(e)"

mercredi 3 septembre 2014

Stranger than paradise.

Michel Houellebecq est un type étrange. Il apparaît, horripilant et inoubliable, aux cotés d'une bande de fier-à-bras très bas de plafond dans l'iconoclaste "L'enlèvement de Michel Houellebecq" de Guillaume Nicloux et on le voit dans le petit film mis au point avec Jean-Louis Aubert pour l'album que ce dernier à conçu sur des textes du premier, à partir des "Parages du vide". Le dit album a l'air sérieusement inspiré et Aubert en grande forme; ça se voit, ça s'entend. Houellebecq à l'air très satisfait de l'opération, ému, tendrement. C'est une épave. Mais qu'est ce qui lui est arrivé, bon sang ? Il a une gueule a faire frémir un zombie. Je le regarde, mi-médusé, mi-attendri et je me demande d'où ce gaillard là nous parle ? "Des parages du vide", ça sûrement; plus précisément, je ne saurais le dire. Pas loin de la Mort, oui. Yep, shit happens, comme on dit. En tout cas, c'est une drôle d'aventure que la sienne, qui l'a fait osciller entre la Grâce et "la fange", comme dit Aubert. Houellebecq, "Un poète romantique à l'apogée du capitalisme", comme disait Walter Benjamin à propos de Charles Baudelaire ? Eh, ce n'est pas si bête ! Ses romans se traînent comme des limaces orgasmiques et blêmes, Ses poèmes tentent l'envolée simple, Aubert les y aide. Ils sont mieux en chansons et Houellebecq lui-même dit qu'il ne pouvait espérer mieux. Allez les mecs, refaites-nous le coup des "Fleurs du mal", version TGV, Wi-Fi appli "Closer", podcast d'une web radio de l'Enfer. Des trucs étranges, quoi.

On notera que la dernière phrase du petit film est "Je suis extraordinairement fier" et que c'est Houllebecq qui la dit à propos de la musique qu'il a inspiré à Aubert et qu'il trouve belle. Ce genre de fierté, éprouvée, recherchée peut-être, est la marque d'un être humain sensible et pas blasé. Houellebecq midinette ? Non, bien sûr que non, mais Houellebecq fier comme un pou de lui, de quelque chose venu de lui, ça fait un peu chaud au cœur (pour lui, pour nous), bien que je pense qu'il n'aimerait pas trop ce mot. Qui sait ?

lundi 7 juillet 2014

De quoi tenir le coup.

Toujours en ces années cruciales situées entre la "mort" d'Elvis et la "naissance" des Beatles, un gentil gendre imparfait vint seriner les oreilles adolescentes d'une chanson tonique. C'était Del Shannon et sa "Runaway", fugueuse. Eh, eh, pas si blanche colombe que ça la demoiselle, alors ? Tout ça est assez lestement enlevé. 1961

En une autre période d'hibernation pour le Rock n' Roll canonique, c'est à dire ado et bruyant autant que lyrique et sale, je veux parler du début des seventies, Alex Chilton et son groupe Big Star maintinrent haut la flamme de la Pop à guitares face au déferlement des synthétiseurs, tout spécialement allemands, qui bousculaient un peu tout pour le meilleur et pour le pire. Ça date donc de 1974. Autant dire, en plein merdier. "O, my soul".

jeudi 19 juin 2014

Just that type of girl.

Si on me demandait quel type de femmes j'aime, je répondrais que c'est ce genre là : Sophie Daumier. Quand j'étais gamin, j'étais raide dingue d'elle, entre autres, parce que je travaillais beaucoup du fantasme devant la télé quand j'étais gamin, une horreur quoi. Enfin, toujours est-il que Sophie Daumier arrive tout en haut de l'échelle de mes sidérations sexuelles mal digérées.
Je vais mettre trois vidéos. La première est un sketch de l'époque où elle formait un duo comique avec Guy Bedos, qu'on ne voit pas. C'est drôle. Malheureusement les autres sketchs sont indisponibles à cause de l'INA qui ne veut pas que la quidam en dispose librement. Il y a des perles et dans celui intitulé "Gloria Romano" elle est vraiment craquante. Si le cœur vous en dit, suivez les liens proposés par YouTube
La seconde est tiré d'un film de Joël Séria, petit Maître de la série B graveleuse et drôle, made in France profonde. C'est un extrait de "Comme la lune" (1977) avec Jean-Pierre Marielle qui sait parler aux femmes, comme vous pourrez vous en rendre compte. Plus Seventies, tu meurs. Plus rigolo et plus limite, c'est dur.
La troisième est une interview de Sophie Daumier par le collabo-repenti spécialisé dans le cinéma pour dire des conneries, François Chalais (1964). Ne vous inquiétez pas, au début Sophie Daumier joue la cruche pour une pseudo pochade télévisuelle dont Chalais avait le secret malheureux (ça ressemblait un peu à des trucs de ce con de Bouvard), elle le fait très bien d'ailleurs, ce qui est une qualité des filles intelligentes qui connaissent les ficelles du métier d'aimer et de plaire.



En dessous, un chef d'oeuvre.