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mardi 6 août 2019

On est grave quand on a 17 ans. Et même après.

A l'heure de l'offensive surréaliste des hystériques de Metoo. A l'heure où le bon peuple bien pensant va se précipiter dans les salles voir le dernier Tarentino sous se soucier que c'est Harvey Weinstein qui l'a crée. A l'heure où des morceaux de viande en vitrine offerts à tous les regards disent qu'elles sont bien autre chose que des morceaux de viande en vitrine offerts à tous les regards et que l'on se demande bien pourquoi ces femmes mentent et si elles le font à dessein et, dans ce cas, quel est-il? A cette heure débilitante de l'égalitarisme ratonnel poussé jusqu'au délire, je vous propose d'écouter une des plus belles choses entendues récemment, la chanson rageuse et quasi sacrée de Sharon Van Etten sur l'adolescence, "Seventeen", ici live à Glastonbury.

J'a lu des livres. Dans certains de ces livres les hommes tiennent aux femmes comme à la prunelle de leurs yeux et les femmes tiennent aux hommes comme à la prunelle de leurs yeux. C'est le cas le plus courant, la normalité. Et puis il y a les dévoiements, les perversions, les calculs, les peurs. Nous vivons dans une époque de calculs et de peurs. Les femmes veulent être des putes libérées (alors que la prostitustion crée des obligations) et les hommes veulent abuser d'un pouvoir pervers qu'ils sentent chancelant. Le cinéma, très souvent porno même quand il est classique ne nous a pas aidé. C'est même une grosse connerie, au même titre que la mauvaise littérature dénoncée par Cervantes et Flaubert. Qui peut écouter les deux chansons ci-dessous sans hystérie ou goguenardise ? Naturellement, j'allais dire. Plus personne.
On a tout simplement régressé.




mardi 22 janvier 2019

Zappatiste tendance Frank

Nous autres modernes, on avait Brian Wilson, Frank Zappa ou encore Pete Shelley. Les post-modernes ont aussi des héros, ils s'appellent Steven Ellison, Archy Marshall ou Stephen Bruner. Le monde n'a pas arrêté de tourner mais il a changé. Moi qui suis de l'ancien monde je serre de près les petits génies du nouveau et je trouve qu'il n'ont rien à envier aux immenses talents d'hier, c'est moins évident pour moi, c'est tout. Question d'âge, de degrés, de part angélique. Ce n'est pas que je vieillis mal, je vieillis, c'est tout. Mais restons dans le vif, ou ce qu'il en advient. Prenons le dernier nommé, Stephen Bruner, et bien il se situe quelque part à mi-chemin entre Wilson et Zappa mais dans une autre dimension, la sienne, la vôtre, Ô mes plus jeunes amis lecteurs, une dimension ou George Clinton n'est pas encore mort et ou Suicidal Tendancies est une comète importante, c'est à dire la réalité. Je vais mettre un truc de lui qui est une gâterie qui se laisse écouter sans fin. Il y avait l'"Endless summer", le crépuscule des hommes semblent lui aussi infini. Ecoutons l'un de ses chantres.
Stephen Bruner AKA  Thundercat "Them changes". En dessous, je mets son Tiny Desk Concert.

lundi 17 septembre 2018

David Bowie, Glen Campbell : deux gentils fantômes

Il était temps qu'un artiste majeur s'y colle. C'est Weller qui l'a fait sur son dernier album, très beau, très épuré "True meanings". Faire quoi ? Rendre Hommage à David Bowie Voici la chanson. C'est bien que ça soit Weller et pas Elton John. Elton John il est bon pour Lady Di et George Michael, pas Bowie, même si.... Vous comprenez ? Non ? Alors révisez.
Après, une petite interview du Modfather sur ce qui l'influence et le motive.
Paul Weller : "Bowie"


Ci-après l'hommage d'un artiste moins important mais néanmoins très bon.
Bertrand Burgalat : "Tombeau pour David Bowie". Les Tombeaux....une bien belle tradition.

L'autre jour quelqu'un me parle de Glen Campbell, le créateur du très grand morceau "Wichita line man", composé par Jimmy Web. En France sa mort est passée quasiment inaperçue l'an dernier. Lang en a parlé sur RTL, il y a eu une page dans le numéro récap de l'année des Inrocks et c'est à peu près tout. C'est peu pour un mec qui a travaillé avec Elvis, Johnny Cash, les Beach Boys etc, etc...
Ce n'est pas très grave, un type qui chante ses dernières chansons entouré de ses petits enfants ne doit pas se soucier outre-mesure des hommages, de toute manière il a réussi sa vie. Il est mort des suites de la maladie d'Alzheimer alors, effectivement, il y avait des "fantômes dans le canevas". Qu'importe? Moi, je me souviens aussi de Glen Campbell.
Pour combien de temps ? Pas très grave. L'ami qui m'a parlé de Campbell est jeune, lui.

dimanche 19 mars 2017

Le Rock c'est lui, c'est Chuck Berry.

Chuck Berry est mort. Il fallait bien que ça arrive un jour et c'est un jour triste pour les rockers et les poètes. Keith Richards dit de lui que "c'est William Shakespeare" et c'est vrai. Les textes de ses ritournelles sont simples et splendides. Vous avez déjà écouté attentivement "Menphis, Tennessee" ou "No particular place to go" ? C'est malicieux, grivois, bien jeté, senti, imparable. Comme "Johnny B. Goode" ou "Around and around". La musique quant à elle est une sorte de parangon du Rock primitif dans ce qu'il a de meilleur, de plus inventif et sauvage, de plus mélodieux et accrocheur.
Je n'ai pas de théorie ou d'idée neuve à proposer sur Chuck. Je l'ai principalement écouté en voiture pour rouler ou en soirée pour danser. Dans les deux cas il faisait merveille avec une égale facillité. Tout est d'une évidence lumineuse avec lui sans être jamais mièvre et même sa part d'ombre (immense) a servi son oeuvre de manière solaire. Il est de la trempe des Ellington, Hank Williams, Louis Armstrong, Nat King Cole, un des plus grands du XX eme siècle.
Nous avons un peu de chance dans notre malheur (c'est un "nous" de majesté) puisque il reste un album de Berry enregistré récemment à paraître. Qu'est ce que ça peut bien donner ? Et qu'est ce qu'il lui avait pris de faire un nouvel album quarante ans après le dernier et alors qu'il était déjà un mythe vivant ? Ca va certainement être interessant.
Le Printemps semble précoce cette année. Il est endeuillé par la mort de cet artiste immense qui n'a cessé de chanter la jeunesse triomphante, ses joies, ses peines et d'en faire, avec tous les autres, cet âge béni que nous cherchons tous à revivre incessament. Grâce à Chuck Berry, le Printemps semble éternel, pour une durée moyenne de deux minutes vingt secondes.
" I stole a kiss of the turn of her smile
  My curiosity was running wild
  Can you imagine the way I felt ?
  I could'nt pass on the safety belt..."

vendredi 30 septembre 2016

Quand Springsteen bossait.

Bruce Springsteen sort son autobiographie. Je vais attendre la critique dans Rolling Stone (Edition US) pour savoir quoi en penser et je vous dirai.... Nan, en fait je m'en fous de l'autobio de Bruce, j'ai même pas lu celle de Neil Young, c'est dire... (J'ai lu celle de Pete Townshend par contre) MAIS il y a un CD qui va avec le bouquin et on y trouve des inédits, des morceaux de jeunesse du Boss et là, c'est plutôt intéressant, en particulier ce titre : "He's Guilty (the Judge song)". Les débuts de Springsteen étaient très prometteurs. Il a fait de bonnes choses mais n'est pas devenu le nouveau Dylan (qu'est ce que ça veut dire cette phrase ?), enfin, il est resté un ton en-dessous de ce qu'on avait cru qu'il allait donner. SOOOOOOL au lieu de LAAAAAAAAA. Bon, c'est une image. Alors sur ce CD il y a donc, entre autre, cet inédit qui date de Mathusalem et que je trouve excellent, aussi bon que du Big Star, que j'admire profondément. Voyons cela
Bruce Springsteen : "He's guity (the Judge song)"
Le son est crade, ce n'en est que meilleur !

dimanche 31 juillet 2016

A day whitout pouring shit.

Dans les années 80, j'étais drôle, enragé et triste. Il y en avait pour tous les goûts.
Sadness :

Rage :

Laughing :

mardi 7 juin 2016

Maman, Mom, Mutty, Mama....

L'autre soir, j'étais seul dans la pénombre du jour qui s'enfuyait lentement, allongé dans mon canapé, la porte-fenêtre ouverte. Quelques oiseaux chantaient leur mélodies vespérales, et soudain j'ai eu envie d'appeler ma mére, disparue il y a plus de vingt ans. J'ai prononcé plusieurs fois le mot "Maman" à voix basse et à ma grande surprise ce mot n'a pas résonné dans le vide; il a dessiné les contours d'une présence, diffuse mais concrète, sereine somme toute. J'ai répété "Maman, jolie Maman.", et toujours sans néant ni angoisse. J'avais cru trop longtemps que je ne pourrais plus prononcer ce mot, la rupture avait été trop brutale. C'est comme si ma mère m'était revenue, dans le coeur, à sa place, ma belle Maman. Ce mot-là "Maman", pour moi, c'est le plus beau mot de la langue française, et sa traduction dans toutes les langues du monde est le plus beau mot de toutes les langues du monde.
Je me souviens d'un autre homme qui appelait sa mère. C'est dans un film d'Alain Cavalier, "Un étrange voyage", avec Jean Rochefort et la sublime Camille de Casabianca que je l'ai vu, à la toute fin du film. Je le mets ci-dessous. Cavalier est un des rares metteurs en scène vivants digne de respect et qui respecte lui-même son Art, si trivial, devenu ordurier. Rochefort, lui, appelle sa mère dans le vide. Il est seul et perdu. Si triste. Ami lecteur, regarde ce beau film et demande-toi "Où est-ma mère ? " Selon la réponse que tu feras à cette question -est-elle partie ? Est-elle revenue ?- tu pourras savoir comment va ton coeur.

lundi 21 mars 2016

Assumer.

Le Printemps, gna, gna, gna, gna, gna. Les jeunes filles, gna, gna, gna, gna, gna. L'innocence, gna, gna, gna, gna, gna. Le sexe qui gonfle on se sait trop pourquoi, gna, gna, gna, gna, gna. Le soleil, gna, gna, gna, gna, gna. Ca pique, gna, gna, gna, gna, gna. Résultat, je tombe par hasard sur Alizée sur Youtube (hasard, mon cul !) et je décolle plus de ça :

Mon dieu, ayez pitié de moi, je débande plus !

lundi 7 mars 2016

Rock n' Roll : Outro.

Vous AIMEZ le Rock n' Roll. Ca vous plaît, vous en écoutez tout le temps, ça vous distrait, ça vous emballe. Le temps passe et Le Rock fait en sorte que vous devenez vieux sans vieillir. Vous vous retrouvez à 60 balais passés sans les avoir vus arriver, vous n'êtes pas prêts à ça, vous n'y croyez pas. L' AMOUR du Rock vous a maintenu en suspension dans une adolescence, une minorité qui ne semblaient pas finir. Et pourtant un jour c'est le début de la fin; c'est La MORT qui approche. Il vous reste deux ou trois phrases entendues dans le bouche de votre mère ou lues dans des livres, des bribes de chansons (en français), des images de votre passé d'une précision incroyable qui vous obsèdent : un cerf-volant, une vague qui se brise sur la jetée, une robe à pois. Quelqu'un passe un linge humide sur votre front, c'est l'orage et vous avez peur, et vous souriez. Vous tombez dans le silence. Il ne reste rien du Rock que vous AIMIEZ tant. Pas une note, pas un son, pourtant il vous aura guidé comme un aveugle guide un autre aveugle, ton sur ton, rien sur rien. Un ouragan et c'est fini, ne restent que la peau sur les os. Le Rock n Roll, lui, ne vous AIMAIT pas.


lundi 15 février 2016

Le Fils de l'Ombre.

Il était mort. Symboliquement. En effet, la crise d'inspiration qu'il traversait ne semblait jamais devoir se terminer. Même Gilles Verlant, un de ses plus grands fans, l'avait dit, avant de mourir pour de bon lui, Polnareff était à sec, cuit, finito. Et puis, il y eut ce single de Noël que rien ne laissait présager, avec force arrangements de cordes et vents grandiloquents et voix puissante qui chantonne facile dans les aiguës. C'était "L'Homme en rouge" et Polnareff nous replongeait habilement dans sa mythologie enfantine, et renouait avec elle. A coté de Mathieu qui n'a qu'un cheveu et de la Poupée qui fait non, se tient maintenant ce traitre de Pére Noël qui ne passe pas pour tout le monde. Et ça marche, c'est gamin certes mais on peut comprendre cette colère de minot terriblement seul qui semble encore habiter Polna. Ces blessures-là sont toujours vives et l'argent et la gloire n'y changent rien si l'on est un fils de l'Ombre, on reste un fils de l'Ombre et cette filiation horrible nourrit jusqu'à la mort, effective, les âmes rebelles qui en naîssent. Autrement dit, il peut y avoir d'autres bonnes surprises à venir de la part de notre ami maltraité et puni Polnareff. Car il est toujours en vie. Et il chante encore, seul et contre tous, comme tous les bluesman.

dimanche 31 janvier 2016

Deuxième round.

Dans mon Top Ten de merde, j'aurais pu mettre plusieurs chansons différentes de Little Richard, mais sans lui ça n'aurait pas eu la même saveur épicée. Finalement, je vais mettre "Keep a Knockin'" parce qu'il me semble que c'est la plus folle (c'est la cas de la dire), la plus déjantée. A danser là-dessus on peut échapper à tout controle et tout casser autour de soi. C'est du furieux, du "out of sight", du "no way out", punk avant la lettre, pas du tout bon esprit mais vivifiant pourvu qu'on en réchappe.
Avec ça, je vais servir un petit truc de blancs super-enervés : "My generation" des Who. C'est un hymne, une folie, une gaminerie de très belle eau dont je ne me remettrais jamais. Purée, ça commence sur deux accords à fond et ça n'arrête pas, jusqu'à démolition complête des instruments. Les Who ont peut-être jouer à Woodstock (Townsend a toujours déclaré haïr ce concert), c'étaient des Huns, à la base, speeds, pas propres, colèriques, mal élevés et toujours avec l'idée que personne ne leur arrivait à la cheville. Il n'y a pas de place pour le doute dans le Rock n Roll ni pour la bienséance. Et le respect se gagne parce qu'à un moment donné, vous êtes un des tous meilleurs et que votre nom luit en tête d'affiche, ne serait-ce que dans votre lycée.

samedi 30 janvier 2016

Premier round.

Je vais jouer à un petit jeu à la con, un peu comme Begbeider l'a fait avec la Littérature dans son "Premier bilan avant l'apocalypse", je vous faire une sorte de top Ten non exhaustif (top onze, douze ???) des morceaux rock les meilleurs. Je vais commencer par ces deux-là. L'un est sur le podium des deux ou trois morceaux les plus dingues de l'histoire du Rock, peut-être le meilleur, l'autre est pas loin derrière. D'abord "Hound dog" d'Elvis Presley, puisqu'il s'agit de cela. Toute l'attitude Rock est là. Un défi permanent à tous, sauf ceux de la bande. Le messages est simple : "Vous avez beau dire et beau faire, le plus marrant, le plus sexy, le plus intelligent, celui avec lequel les filles ont le plus de fun, c'est moi, et vous n'êtes que des demi-sels qui sentez les parents et la naphtaline, ce qui est une honte sans nom." La musique va vite et fort, c'est ça le Rock. C'est pas très malin ni très constructif mais, s'adressant à des jeunes qui poussent à la vitesse de la lumière et qui veulent exprimer leur rage et leur soif de vivre, c'est exactement ce qu'il faut. "You ain't no friend of mine...", moi je suis trop "cooooool" pour toi. Après il y a des métamorphoses, des chantournures, des manières, l'amour de la Mama, c'est bien normal, n'empêche, la base c'est ça.
Ensuite Ray Charles, "Mess around". Littéralement "Foutre le bordel" ou "En vrac". Ahmet Ertegun, futur grand ponte et directeur en chef d'Atlantic avait tellement honte d'avoir composé ce truc-là qu'il la signé sous un pseudo. Ray, lui, le chante avec brio.


jeudi 14 janvier 2016

Living in the Eighties with our friend David B.

Dans les années 80 (celles de ma jeunesse) ce n'était même pas la peine de se pencher sur le passé de Bavid B. (nous le fîmes quand même), il était une force créatrice tous azimut en parfait état de marche. Il y avait bien des rabat-joies de la période berlinoise un peu chagrins qui prétendaient qu'il était sur le déclin mais il fournissait tube sur tube de grande qualité et il n'y avait qu'à se laisser porter par "Under Pressure" avec Queen, "This is not America" avec Pat Metheny et plein de titres en solo. "Dancing in the streets" avec Jagger est peut-être assez faible mais le "Tonight" avec Tina Turner est joliment tourné. A l'époque, pour faire un peu de fric à son ami, il enregistrait pas mal de titres qu'Iggy Pop avait écrits dans les seventies comme ce tonique et frappé "Neighborood threat"et ça sonnait diablement rock. Je ne vous parle même pas du cinéma, il était partout : "Furyo", "Moi, Christiane F....", "La dernière tentation du Christ", "Les prédateurs". David B; a traversé les eighties frais comme une rose et semant à tout vent; il s'est ensuite un peu cherché avec son groupe Tin Machine pour mieux attaquer les nineties complètement neuf. "Jump they say." C'est ainsi que David B. est grand.

Version an 2000

mardi 12 janvier 2016

David Bowie after hours.

Une nuit, je sortais du bar à l'heure de la fermeture avec mes potes et des nanas. Ca n'allait pas, j'étais de mauvais poil, éméché, je me sentais assez dégoûtant et dépenaillé, je sais pas pourquoi. L'alcool pas très bon ? Les filles pas baisantes (baisables) ? Mes copains plus cons que moi ou l'inverse ? Tout ça aurait pu mal se terminer mais David B. m'a sauvé la mise. J'avais un walk-man à l'époque, que je portais à la ceinture. Je l'ai mis en marche et c'est "Modern love" de David Bowie qui a démarré. Alors je me suis mis à courir le plus vite que je pouvais à travers les rues désertes du Mans. J'ai couru comme un dératé, comme un mort de faim, transcendé par la musique de forcenè qui m'arrivait aux oreilles. J'étais propulsé en avant. Le morceau est long, à la fin j'arrivais pas loin du bout de mes capacités cardiaques et respiratoires. On s'est arrêtés, la musique et moi;  j'étais haletant, dégrisé, heureux et j'ai vomi. Puis, lentement, j'ai repris mon souffle, mes esprits, je me suis ensuite réajusté et, tout sourire, je suis parti retrouver mes amis en écoutant la fin de l'album de Bowie et en chantonnant avec lui. C'était une belle nuit, tout compte fait. Plus tard j'ai vu la scène dans un film de Léos Carax. Pourquoi non ? "She said : SSSSHHHH...."
Rock n Roll, David Bowie : "Modern love".

Plus cool, une composition de Duncan Brown : "Criminal world"

L'Etoile Noire de David Bowie s'est éteinte.

J'ai toujours connu le monde avec David Bowie, MON monde. Voilà qu'il est mort et ce monde sera moins beau, moins classe, moins passionnant. Il est génial, Bowie, chaque album était attendu et souvent surprenant, bon la plupart du temps. Bowie avait une puissance créatrice tous azimuts qui semblait inextinguible et qui s'est tue cependant, comme de juste.
J'avais 15 ans et j'allais dans un bar avec des amis plus vieux que moi. Je n'avais pas l'âge de boire de l'alcool mais je m'en foutais un peu, j'étais là pour être en compagnie de mes potes en buvant un diabolo et les écouter. Mais j'avais un plaisir à moi, pas secret puisque tout le monde s'en rendait compte mais bien personnel. J'avais repéré un morceau que j'aimais bien dans le jukebox. Il était passé une fois et j'avais demandé à quelqu'un qui c'était et quelle chanson c'était. Depuis ce moment, régulièrement, je prenais une piécette, allait à la machine et mettait "Rebel, Rebel" de David Bowie. "Rebel, rebel, put on your dress...Rebel, rebel, you're face is a mess..."Qu'est ce que cela voulait dire ? Et puis le riff de guitare ! C'était génial. Des anecdotes comme ça avec Bowie j'en ai cent.
Je mets une chanson de lui. "Cat people". Voix ductile, puissante. Nile Rodgers à la production, Steve Ray Vaughan à la guitare.

mardi 5 janvier 2016

100 pour 1.

Vous avez oublié quelque chose de 2015......hein.... Non, ce n'est pas une question, vous avez oublié quelque chose de 2015. En musique, en tout cas. Donc, voici de quoi vous rattrapez un peu. Oh, juste un peu : 100 morceaux, dont, pour la plupart, vous n'avez pas entendu parler. Moi, non plus, avant que je ne tombe sur cette faramineuse compilation. Mais où avais-je la tête ? Elle était embrumée dans quelques maëlstrom de larmes et de cris. Ah, la la ! (Soupir)

jeudi 17 décembre 2015

Lettres classiques.

Les lettres. J'en parlais dans mon dernier billet. J'en ai relues quelques unes qui ont plus de 30 ans. De vieux papiers..., oui mais... On s'y adresse à moi en ces termes :"Mon petit boy scout" ou "Galou" ou "Vieux brigand".  Quand l'intention de dire fermement une chose est là, de faire passer un message, un sentiment, une impression; quand ce n'est pas juste de la politesse ou du verbiage du à l'ennui; quelque chose passe de la personne qui écrivit la lettre et de l'amitié qu'elle me portait, et c'est incroyablement touchant. Je pourrais presque sentir une présence, une forme, un parfum, surtout quand il y a un effort de style qui revient. Je sens une existence qui fut liée à la mienne et qui, grâce aux lettres et à ma mémoire, l'est encore, même si elle est loin de moi, physiquement ou par la pensée.
La lettre d'un ami décédé, comme une voix venue d'outre-tombe, m'a laissé sur le flanc. Je ne l'avais jamais relue. Et ceux que j'ai perdu de vue mais dont je sais qu'ils sont en vie, comme je les sens proches à travers leurs anciennes missives. Combien d'amour il y avait-il là qui a disparu ? laissant une ombre joyeuse sur un papier de hasard, choisi, envoyé, reçu. Et reçu encore toutes ces années plus tard.
Mais toutes ces jolies choses si douces où je me fais parfois cajoler avec une tendresse sans égale et d'autres fois redresser les bretelles par des remontrances justifiées et vives, je les brûlerais sans un seul état d'âme pour quelques mots mal orthographiés qui ne disent rien ou presque de lettres écrites d'une écriture vacillante par la personne capitale dont je perçois le déclin et la souffrance à travers les années de son courrier; oui, je les déchirerais toutes pour les quelques lettres qui me restent de celle qui compta et compte le plus pour moi, bien qu'elle fut néfaste, tragique, folle à lier, pire encore : ma mère.
Mais je dois me taire.
Salut Todd.

Salut Alex.

mercredi 9 décembre 2015

Tiens-toi tranquille II, le retour ! par T-Model Ford et R.L. Burnside (et ils ne sont pas contents).

Un matin - il avait fait un froid de canard depuis au moins une quinzaine de jours - un type était dans une baraque du Mississippi, il se les gelait grave et il avait faim. Il a avisé des bûches et il s'est dit : "Je vais faire un feu." Il avait pas d'outils pour casser ou scier les bûches alors il essaya de les fendre avec son front. Ca n'a pas marché et il avait du sang sur la tête. Alors il se mit a bouffer la bûche, comme ça, avec ses dents. "C'est vachement bon !" dit-il et il n'eut plus faim. Ca faisait au moins un problème de régler. Ce mec, c'était T-Model Ford. Le voici chantant : "I'm insane" ("Je suis cinglé"), le gros des paroles de la chanson consistant en une apostrophe envoyée à Dieu sait qui et qui dit : "I'm gonna put my foot in your ass." ("Je vais te foutre mon pied DANS le cul."). Gouleyant.

Sur le même label de Blues étonnant, Fat Possum : R.L. Burnside, qui racontait cette histoire à son public quand il était en forme :
"Un jour, un jeune homme a ramené chez ses parents une ravissante jeune fille et leur a annoncé qu'il avait l'intention de l'épouser. Les parents furent un peu pris de court et le père du garçon manqua d'avaler une bouchée de Cherry Pie de travers mais il fut convenu que l'on en reparlerait. La jeune fille avait apparemment fait bonne impression sur les parents mais, après le repas, pendant que la maman du gars faisait la vaisselle, son père le prit a part et lui dit très sérieusement "Tu sais, fiston, j'ai été jeune moi aussi et je n'étais pas aussi sage et discipliné que toi. J'ai folâtré à droite et à gauche et j'ai trompé ta mère - Dieu me pardonne. Petit, tu ne peux pas épouser cette fille parce que c'est ta soeur - Dieu aie pitié de moi - enfin ta demi-soeur. Tu comprends ?" Le fils avait très bien compris la situation et était sonné par la révelation que venait de lui faire son paternel. Il tirait une tête de six pieds de long et avait l'air salement déprimé. Sa mère le voyant ainsi le prit discrêtement à part et lui demanda ce qui se passait. Le fils craqua aussi sec et lui raconta ce que venait de lui dire son père, en pleurs. Sa mère pris sa tête sur son giron et lui dit : "Allons, allons, ton père ne comprend rien à ce genre de choses et, crois-moi, tu peux épouser cette jeune-fille l'esprit tranquille parce que si ce vieux singe croit qu'il est ton père, il se trompe !"
R.L. Burnside : "I wish I was in Heaven sitting down". ("J'aimerais bien être au Paradis à rien foutre.")

samedi 28 novembre 2015

Deux bavettes bien tendres pour la 9 !

C'est vrai, je m'inquiète pour toi. Je me soucie. Je me tords un peu les mains. Tu vas te demander si c'est bien de toi dont je parle et pas d'une autre ou d'un autre...Bah, à toi de te faire un peu de mauvais sang. En général, tu ne te préoccupes pas tant que ça de moi... C'est moi l'intranquille. Je t'embrasse tendrement.
Les Stones ont de ces petites pépites peu connues, quelques unes encore, sans compter les inédits.
The Rolling Stones : "Worried about you".

mercredi 25 novembre 2015

Combien il te faut ?

" J'ai 50 ans passés et je suis devenu assez laid avec l'âge. Si je veux de la jeunesse, des petits seins fermes et galbés, des lèvres fraiches à mordre, une chatte douce à la prise, il faut que je paye. Et cher. Ces instants de péché ne me laissent pas tranquille et des images, des sensations me hantent bien après l'acte tarifé; anxieux, avide de recommencer et piteux à la fois. Je ne croyais pas en arriver là mais, il faut en convenir, je suis comme un vampire d'âge mûr en manque de sang neuf, un assassin qui succombe en même temps que sa victime et je cherche dans ce contact juvénile une innocence que je flétris tout de go, ce dont je jouis comme un pervers, une âme sans repos, perdue dans d'autres âmes perdues. Toute cette licence contre-nature à laquelle la nature amène à un prix et je paye ma déviance à de jeunes dépravées, déviantes elles aussi. Ah, les petites véreuses ! Ah les acharnées du cul, au regard de coté, aux pensées déplacées, incendiaires, criminelles. Mes petites salopes ! Mes petites putains ! Lorgnant sur leurs amis de coeur quand elles dansent avec moi, recomptant mes billets, qui me laissent pantois et interdit devant tant de perversité, comme si la leur était pire que la mienne, comme si ce n'était pas moi qui d'abord piétinais de fiel leur désir neuf et déjà viellissant sous mes offrandes de coups obscènes. J'y vais, j'y jouis bien fort, je fais ça presque propre, le plus possible. Ah, la vache, on ne m'en sait pas gré ! Ah, alors, puisque c'est comme ça, j'irai au plus sale la prochaine fois ! Je pairai plus cher mais il y aura le steak en plus de la purée, crois-moi, et merci pour tout, ta peau de 20 ans et ton trou du cul ! Ah, SEIGNEUR, je deviens fou, aie pitié de moi, je t'en supplie ! Je ne suis qu'un faible dément qu'on tente et qui s'agite de remord ensuite, un cadavre debout. Ah, et merde qu'elles viennent, jeunes flétrissures de mon coeur, me branler encore la bite, car je ne me sens plus d'âme et comme tu ne me réponds pas, Ô Seigneur, ma chair hurle dans le silence d'une angoisse que seul un sacrifice peut calmer."
New Order : "Restless" (trad : sans repos, nerveux, aux abois...)

J'en mets une autre de New Order sur le coût de l'Amour. Magnifique chanson. "World (The price of love)".Très belle vidéo. La vieille peau maintenant c'est moi.
Deux choses : il y a là-dedans une suite d'accords répétée deux fois qui vaut bien une symphonie de Sibélius, et vous pouvez vous amuser à repérer les membres de New Oder qui font des "caméos" dans la vidéo...