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mercredi 24 avril 2019

Retour à la normale après l'orage.

Un effort avec Ry Cooder. Un bel effort qui sera récompensé par une embellie musicale et morale. Et encore un gospel, encore pour célébrer.
Ry Cooder "Straight street."

Parce qu'en fait on vient de là et c'est dur, très dur, le traviole.
Jack Kittel : "Psycho".

lundi 18 décembre 2017

And now, Ladies and Gentlemen....

Et maintenant, un peu de bonne musique pour toutes sortes de temps et de gens.


Vous connaissez Justin Bieber, Milus Cirey, Nicki Minaj ? Et bien il existe la même chose pour adultes. Je le sais, je sors d'en prendre.
 

dimanche 2 juillet 2017

Country brothers and sisters.

La plouquerie, je connais bien. J'en viens, j'y vis. Les ploucs, y percutent, faut pas croire, comme tout le monde. Sont juste un plus à vif dans leurs passions, un peu plus saignants. Non, sanguinolents. Alors, les ploucs américains, s'pas, y sont sharp, très sharp. En plus, y carburent au gros calibre.
Ce n'est pas ma faute. J'aurais passé ma vie à me bercer avec ce mantra débile.

Marty Stuart il a été gendre de Johnny Cash. Y f'sait comme le beau-père, il abusait des pilules. Z'avez vu les fringues, il est balèze. Ce type revient de l'Enfer et il n'ira nulle part ailleurs. Comme John Wayne. Des vrais martiens ? Des vrais ploucs. La Terre, ça rend fou.

vendredi 3 juin 2016

Excuse-moi, partenaire.

L'autre nuit, Benjamin Biolay, impeccable programmateur d'un soir des Nocturnes de Georges Lang, déclarait tout à trac être un fan de Willie Nelson. Putain, c'est bien vu, ça, parce qu'il est vraiment bon Willie Nelson ! Il est sympa Biolay quand il veut, et il a bon goût mais je ne suis pas près d'écouter ses albums. M'enfin il a l'admiration qui se tient, c'est déjà ça. Je vais mettre un morceau récent dans la discographie pléthorique de Willie Nelson,une reprise en duo avec Sheryl Crow du standard de Jazz "Embraceable you", tiré de l'album "Willie Nelson sings Gershwin". Parfait. Il s'amuse Willie, il n'a vraiment plus rien à prouver à personne, juste du plaisir à prendre et à distribuer.
(Eh, vous savez quoi ? Sheryl Crow, elle chante bien. Et elle est bonne.)
Voilà, Willie, plus de 80 ans, et Sheryl, bonne.

dimanche 20 mars 2016

Tout le monde à terre, c'est un casse, bande d'enfoirés !

L'autre jour, je parlais de Dick Dale avec un ami. Nous sommes bien peu à écouter du Dick Dale aujourd'hui... Ah si, parfois quelqu'un passe la B.O. de "Pulp Fiction", du clown Tarantino, et "Misrilou" de Dick Dale jaillit dans une paire d'enceintes ou un casque, sans que la personne qui écoute sache vraiment qui joue de cette manière unique de la guitare électrique. Ce n'est pas si grave et toutes les routes mènent au Rock même les plus improbables. Voici une impayable version "exotique" de "Misrilou" par le plus improbable des chanteurs "exotiques" français, le juif turc Dario Moreno, successivement intronisé brésilien, égyptien, italien, mexicain, arabe et même... turc ! Vous avez du mal à l'imaginer en redneck ? C'est que vous manquez d'imagination. Ne vous inquiétez pas, les arrangeurs de Moréno en avaient pour vous !

Mon Youtube me propose d'enchainer avec ce qui suit. Pourquoi pas ? Moi, je ne m'en lasse pas. Quelle classe, ces ploucs !

Pas bégueule, j'enchaine avec une scie métallique imparable d'une autre fratrie qui, bizaremment viens du même pays que celle qui précède, Une terre de contrastes, assurément !

En fait les Ramones sont des émigrés juifs turcs déguisés en rockers punks américains pour distraire les grincheux qui écoutent les Stanley Brothers, en leurs fournissant des cibles vivantes crédibles à dézinguer dans la joie et la bonne humeur (américaines).

lundi 23 novembre 2015

Pain killer.

Là, on frôle l'os.
Ca ne va pas ? Tout est gris et morbide ? La malfaisance règne en maîtresse. Je suis d'accord. Alors, harmonisons en coeur avec Roscoe Holcomb pour chauffer la peu de sang qui nous reste dans les artères. Tristeza, Saudade, Blues, Bourdon, c'est la même chose. Qui chante sa peine l'enchante. C'est en faisant cela avec une certaine constance que l'on devient chanteur de métier.
Roscoe Holcomb : "A man of constant sorrow".

Roscoe Holcomb : "Graveyard blues".

mardi 10 novembre 2015

Lost in music.

Je me souviens d'une musique
Rappelle-toi, mon amie
Ses accents tristes et toniques
Je les chantais pour toi
Dis-moi, t'en souviens-tu ?
Le couplet faisait
"Nous nous marierons bientôt
Et nous aurons des enfants..."
Et à la fin... nous mourrions
Simplement
Tout était rires et fêtes
Nous étions comme deux enfants
Nous étions deux amants
Chante-la pour moi
Mon amie
Tu ne t'en souviens pas ?
C'est bien comme tu as oublié
Tant de chansons furent oubliées
Quand sont morts, douce amie,
Ceux qui les chantaient
Ne t'en fais, tiens-toi calme
J'arrive et je vais mourir aussi



dimanche 6 septembre 2015

Podium

Comme les choses vont étrangemment parfois. Il a fallu que George Lang invite Yann Moix dans son émission Les Nocturnes, sur R.T.L., pour que je découvre Karen Dalton. A cinquante ans passés. Moix propose une sélection de ce qu'il aime et en parle chez Lang et là, paf, le choc. Dire que j'ai failli mourir sans avoir entendu la voix de cette chanteuse qui, maintenant que je la connais bien, est une des toutes meilleures au monde tous styles confondus. Je la place à l'égal de Kathleen Ferrier et d'Ella Fitzgerald, ce qui n'est pas rien, avouez-le, et constitue un trio de choc de l'émotion pure à la disposition de tous. Comment se fait-il que j'ai du attendre aussi longtemps pour connaître Karen Dalton ? Ca déconne sec sur les autoroutes de l'information, les mecs. La transmission passe mal ! Et voilà que je me trouve redevable envers ce clown tristoune de Yann Moix ! Panade ! Non, semi-panade, je ne t'oublierai pas Yann quand il s'agira de descendre ce qui fait ton pain littéraire quotidien et qui est au moins aussi bon que celui de Houellebecq ou d'Angot (encore un trio de choc !), je serai magnamime.
Alors maintenant il faut écouter Karen Dalton, parce qu'on est pas pareil avant qu'après et que c'est supérieur à 95% de la musique que je connais, que sa voix est un bain de jouvence, une cure d'éternité retrouvée en chansons de trois minutes. Etonnant, non ? Non, renversant, stupéfiant, incroyable, en un mot ( qu'aimait beaucoup employer un de mes amis mélomane) : "inouï !" C'est là, tout l'amour du monde, ça chaloupe, ça swingue, ça vient nous apaiser le coeur et nous coller des frissons. Elle a d'excellents musiciens avec elle. Elle en était une aussi, très douée à la guitare et au banjo. Dylan dit d'elle que c'est la meilleure chanteuse avec laquelle il est duétisé. Ecouter, réécouter, ç'est un baume pour l'esprit et le corps, ça ne cesse pas, jamais, d'être bon, inlassablement, une panacée à ne pas croire. Moi, je sais que ça prend de la place dans ma vie maintenant. Une bonne et belle place. A vous de voir. Je colle un album en entier (il y en a trois en tout), il faut au moins ça.


mardi 28 avril 2015

Voix nue.

Chant cassé


Brisure de tessiture
Zéro hertz pointé
Petite voix
Petit souffle
Qui ne trouve jamais à sortir
Qui encombre plutôt
Qui n'a ni issue
Ni solfège
Innocuité colorature
Inapte, basse, médium, aiguë
A toute forme
A tout répertoire
Échoue à dire l'âme
La joie, la souffrance
La poésie de peine
Ou de risque
Cassée en deux
Un coté pour la nuit
L'autre pour la Mort
Et traîne par terre
Foulée aux pieds
Arrachée comme une dent
Par une multitude
Tapageuse
Où tous les cris se bousculent
Et jouent la puissance à tout-va
Quand un sanglot
Ou un soupir
Saurait emplir l'espace
Et satisfaire l'oreille
Voix refusée
Du salon ambitieux
Et des hurlements
Voix muette
Sans onde à la ronde
Ni tour de chant
A la rue
Juste le repli au nombril
Qui n’ânnone même pas
Le silence prévisible
Tendant la main
Ne mendiant rien
Car n'étant rien
Sans fréquence ni modulation
Sans rythme ni séquence
Le canon impossible
Le silence insigne
Partition corrigée
Au blanco total
Petite voix supprimée
Avant même
Que d'avoir sonné à la porte
De la chorale
Loin de la terre
Et loin du ciel
Murmure oblitéré
Chant mutique
« Au secours "
Qui, comme tant d'autres,
N'aura pas d'écho.

Je cherchais un truc bien à mettre en vidéo avec le texte et je tombe sur ce clip de Hank Snow que les Stones reprenait (Hank Snow) déjà au début des années 60. Ah, l'enfoiré ! Sur ce coup je lui mets 1/10 parce que 11/10 ça existe pas, et encore moins 12/10 !

Non, mais Hank, c'est quoi ce costard ???

mardi 10 mars 2015

A man vanishes.

Me voici revenu à Bashung. Comment cela se fait-il ?  Je l'ai méprisé tant d'années... Peut-être la mort que je sens présente. Je l'avais quitté en 1986 avec "Passé le Rio Grande" et le mirobolant single "S.O.S. Amor", subtile et bavarde éclaircie d'absurde rigolo du parolier Boris Bergman et me voilà en train d'écouter "Comme un Légo", prêté au déjà malade Bashung par le grave et impitoyable Gérard Manset. On ne peut pas dire que la vie ait été légère à l'alsacien. Il avait trouvé une sorte de posture d'équilibriste du désespoir toujours élégant du temps où je l'écoutais plus jeune. Les bombes H et les SS 20 étaient désamorcés par des rires francs et terribles qu'on osait pas pousser jusqu'au bout, jusqu'aux conséquences ultimes, trop trash, trop, violentes. Bashung nous aidait à dédramatiser, chic envapé de fumées trop épaisses qui traînait sa carcasse dans les mêmes parages que nous. "Nous" ? Une bande d'artistes trop frais, trop naïfs, trop méchants, pas assez durcis, pas assez cyniques, pas assez comédiens. Des branleurs. Le temps a fait son oeuvre délétère. Et là, paf, maintenant, "Comme un Légo". Chloé Mons, la compagne de Bashung, disait un jour qu'elle s'était engueulé avec son homme parce que celui-ci avait décidé de la chanter sur scène et que, pour elle, ça voulait dire que Bashung abdiquait devant la Mort qui arrivait. C'était vrai. On ne chante pas les chansons de l'oracle Manset sans conséquence et le trouvère grave trouvait là un exorcisme final dans la litanie sépulcrale qu'il fallait sortir sans tergiverser, les yeux dans les yeux de la Mort et le poids de la Vie sur les épaules. Bashung à eu à coeur de finir comme ça, dans le sublime et calmement. La Beauté n'est plus alors une option, une conséquence, "toujours ça de pris", c'est un cadavre qu'on exhibe sur ses genoux et qu'on fait parler comme une poupée de ventriloque. C'est ce qu'il s'est astreint à faire, durement, lentement, sûrement, sans défaillir. Puis il est mort, bien sûr, libéré d'une quête aboutie, loin du Rio Grande, loin des oiseaux et des lavabos, simplement mort.


mercredi 4 février 2015

Bob Dylan : passé le pont, les Ombres vinrent à sa rencontre.

En hommage à Bob Dylan, magicien en chef qui insuffle la beauté à tout ce qu'il touche, je vais faire un truc que je ne fais jamais : mettre une vidéo POUR la vidéo. Bien sûr, le morceau est excellent, au moins aussi bon que le "Things have changed" de 2000, nous sommes maintenant en 2009 et les choses ont continué de changer. C'est ce que je ressens en regardant la vidéo de ce "Beyond here lies nothing", l'amour, c'est différent maintenant, ça n'a plus la même saveur, c'est autre chose. Ca a toujours été comme ça ? Ah bon, ben alors c'est moi qui retarde. Il est vrai que je suis assez vieux jeu, des fois.


Bob Dylan : une ombre dans la nuit.

Comme le dit justement Sylvain Vanot -musicien et Docteur es Dylanologie- "Il faut bien que Bob Dylan se trouve des raisons de se lever tous les matins", et je rajouterais, et d'échapper à la nuit. Oui, Dylan n'a plus rien à prouver à personne, il sort de temps en temps un album de très bonne facture et continue son "Never Ending Tour" (N.E.T.), arpentant le globe au fil des saisons et à son gré. En fait, il se contente de faire ce qu'il sait faire, il fait de la Musique (de la bonne) et il en fera jusqu'au bout. C'est ce que tout artiste véritable expérimente dans son domaine particulier d'excellence, il en a toujours été ainsi et, avec un peu de bol, ça continuera.
Seulement voilà, Bob Dylan est un artiste d'exception et toute forme de train-train lui déplaît, ça ne colle pas avec ce qu'il est, un aventurier du Mid-West émigré à New-York, U.S.A., Monde. Donc, n'écoutant que son coeur, son envie, son courage, et peut-être autre chose, il a décidé de sortir un album composé de classiques de la chanson américaine, s'attaquant ainsi à quelques perles de "l'American Songbook" qui ont connu des interprétations mémorables et multiples. Et voilà que Dylan arrive haut la main à s'insérer dans le catalogue et a se hisser à son niveau. C'est tout bonnement et directement émouvant. Ce n'était pas évident car qui dit "chanson" dit avant tout "Voix", performance vocale et, sur ses derniers albums de Rock, Dylan ne nous avait pas fait l'effet d'un crooner mais bien d'un charretier à l'organe éraillé. Preuve que ce type maîtrise parfaitement ce qu'il fait, il s'est mis pour cet album-ci sur son 31 et chante. Bien. Le tapis musical country-jazz (?!?) qu'il a concocté avec ses musiciens est génial et propice à l'écoute de la voix du vieux chanteur, mélomane sage et amateur digne; il est d'une grande unité formelle et d'une grande douceur. Là-dessus se détache les interprétations, douces aussi, de Dylan, toutes en retenue et feeling, qui du coup ne sombre à aucun moment dans un lyrisme facile (comme cela peut arriver à Bryan Ferry, par exemple, par excès de vibrato). Bref, tout cela est d'une grande tenue et, à une époque où la tenue a tendance à se faire la malle au profit d'un n'importe quoi débraillé (mentalement, parce que les fringues sont plutôt au poil) et criard, ça tranche et ça fait du bien.
Mais il y a peut-être une explication plus profonde à cet essai réussi de Dylan sur ce terrain des chansons, et même à ceux qui l'ont précédé, sur un mode strictement Rock ? Ce n'est pas tant une question de train-train que d'usure et de mort. Peut-être que Bob Dylan tente, classe ultime, un fondu-enchaîné dans la nuit qui arrive pour lui ? Peut-être est-ce cette ambition démesurée qui est belle, et plus belle encore la mise en oeuvre délicate du projet ? Lui seul le sait maintenant, et comme devant toutes les grandes oeuvres de grands artistes, un jour nous nous retrouverons nous aussi seuls face à la sienne. Seuls mais pas abandonnés. C'est même ça l'Art : un acte solitaire contre l'abandon.
Je signale deux chansons en particulier : "I'm a fool to want you", dont la version définitive a été gravée par Billie Holyday, garde ici un potentiel émotionnel vibrant, et "Automn Leaves", adaptation américaine de Johnny Mercer des "Feuilles Mortes" de Prévert et Kosma. C'est pour moi une collision temporelle heureuse qui mêle le poète populaire français que je lisais au collège, le musicien migrant d'exception et le poète "beat" qui m'accompagne depuis que j'ai 16 ans et, d'une certaine façon et en souriant un peu, moqueur et content, je ne vois pas ce que je pourrais demander de plus que ça : Dylan chantant du Prévert et Kosma.
Cora Vaucaire, la créatrice des feuilles mortes.

Pour celle-là Dylan a reçu un Oscar en 2000 pour la B.O. du film "Wonder boys", d'où elle est extraite. La vidéo de Curtis Hanson (réalisateur du film) mélange habilement extraits du film et plans de Dylan. Oui, beaucoup de choses ont changé. Pas la nuit. Je peux en témoigner.

J'ai discuté un peu avec Bob, en priant le Dieu YouTube, et il est d'accord pour que je mette cette chanson issue de son dernier album, à la base une scie de Frankie "Blue-eyed" Sinatra, "Full moon and empty arms". Eh oui, en ce moment c'est la pleine lune.

jeudi 25 décembre 2014

Objectif : Survivre à Noël.

J'ai assisté tout à l'heure à un spectacle émouvant. Un papy de 70 ans et quelques tenait sur ses genoux son dernier petit-fils en date, un poupon de 4 mois. Tudieu, quelle vision ! C'était infernal et paradisiaque en même temps. Indécidable. Moi, je n'ai pas de famille ou si peu et je n'ai surtout pas de descendance, forcément tarée. Parfois je le regrette mais les malédictions sont très, très bien faites dans ce monde de fou, alors, ceinture, pas de mômes ! Je vais finir de mourir seul. Mais pas ce soir, je ne pense pas. Néanmoins, la Veillée de Noël peut vous tuer. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est marqué dans le manuel. En caractère gras comme une oie gavée avec des trucs pas clairs. Là, ce sont les Everly Brothers qui le chantent. Je dis à la prochaine à ceux qui vont survivre. Pour les autres, c'est pareil, je leur dis à bientôt, ça sera pas en même temps, c'est tout. Eh oui ! Je suis déjà à moitié mort. Pas vous ? Mais bande de cons, minables avortons, Zombie, c'est du dernier chic, très tendance. Seulement, je vous préviens, c'est pas rigolo du tout.

jeudi 6 novembre 2014

Une partie de campagne dans les seventies.

Pierre Vassiliu est mort en août dernier. Sa disparition n'a pas ému grand-monde. Il était temps de lui rendre hommage car s'il y a un auteur-compositeur-interprète qui représente quelque chose de ces fameuses 70's, de cette "parenthèse enchantée" dont on ne peut se rendre compte de la douceur si on ne l'a pas goûté, c'est bien ce grand déconneur et ce grand sentimental qu'il était tout à la fois. Il est passé dans les années 60, comme tant d'autres, au "Petit conservatoire" de Mireille que j'évoquais dans le post précédent, il s'y est fait les dents, puis il a mordu goulument dans les années soixante-dix. Il y composa la plupart de ses tubes et surtout l'inénarrable "Qui c'est celui-là ?", hymne rigolard au décalage et à l'abus de bonne humeur salvateur. Il fallait au moins ça pour décoincer les pécores qui voyaient débarquer des hordes de Baba-cools prêts à vivre dans des conditions que le Crédit Agricole leurs avait dit être indignes d'êtres humains "civilisés". Sur le plateau du Larzac, ça éclusait sec de tous les cotés et, pour finir, personne n'y voyant plus goutte, ça s'affalait dans les fossés, comme de tout temps, mais il y avait des "DIFFERENCES" ! Ah, la "Différence" ! Quel drôle d'histoire ! Vassiliu en fit une histoire drôle "Hénaurme" dans sa fameuse chanson. " Et pis sa bagnole, les gars..." (He, He, vous verriez la mienne !)
Enfin, là je vais vous mettre deux trucs aux petits oignons ou ses textes décalés, voire dadaïstes sont soutenus, dans l'un, pas une (ou des) choriste(s) enamourée(s) (seventies obligent !), dans l'autre par de sérieux guitaristes fermement agrippés à leurs manches pour ne pas tomber le nez dans le foin.
D'abord : "Le pied". Le titre est suffisamment clair.

Vous avez entendu ce petit solo de gratte à la fin ? Pas sale, hein ? Eh bien, il y a encore mieux dans le "Il était tard" qui suit, jubilatoire déconnade garanti 100% colombienne se terminant par une petite démonstration de savoir-faire à l'acoustique.

lundi 13 octobre 2014

Des chansons meilleures que leurs compositeurs. (???)

Au delà de la fortune et de la gloire, y'en a qui ne se rendent pas tout à fait compte de leur chance et qui, s'ils s'en rendaient compte, seraient à genoux à remercier Dieu (ou qui vous voudrez) plus souvent qu'à leur tour. Les Stones, par exemple, ont une chance de pendu. Ils composent des chansons, certes bonnes, mais qui sont reprises par des mecs et des nanas qui sont très largement meilleurs qu'eux ! Ca paraît invraisemblable et pourtant c'est vrai. Un jour ils ont fait une espèce de parodie de chanson country, genre qui fascine Mick Jagger et Keith Richard; et bien cette chanson est tellement bien faite, dans les règles de l'Art country, que la parodie s'est effacée et qu'un des plus grand chanteurs de country de tous les temps, l'immense Townes Van Zandt, l'a faite sienne et l'a faite acceptée au pays des ploucs sudistes heureux (ou presque), elle qui venait des rives de la Tamise. Voyons cela.
Les Stones live au Texas en 1972. (C'était vraiment l'endroit où enregistrer cette chanson.)


 Townes van Zandt live aussi, chez lui, à la campagne. Austin ? Nashville ?

Même histoire pour "Miss you", scie discoïde, que Jagger avait ramenée aux studios parisiens où les Stones enregistraient. Cet impeccable et salace petit riff de pédé sera repris, sorti du ruisseau où il était si bien et porté au pinacle de la classe urbaine soyeuse par la reprise qu'en fera en 2000 Etta James sur l'album "Matriarch of the blues". C'est un honneur incroyable et je crois que Keith Richard en est conscient. Mais le truc le plus incroyable là-dedans, c'est que la version des Stones (en particulier la version du maxi 45t) demeure MEILLEURE que celle d'Etta James...! Les Stones. Le clip est génial. Petite frappe c'est tout un style, toute une histoire. Jagger, dans son petit pantalon moule-burnes chante en direct et affole les ados. "Laisseriez-vous votre fille épouser un Rolling Stones ?" titrait la presse anglaise en 1965. Euh, 15 ans après, vaut toujours mieux pas ...
Etta James. "Hum, hum, laisseriez-vous votre fils conduire la limousine d'Etta James ? Risqué...La Mama a de l'appétit pour deux.
Mais, vous allez peut-être me dire "Qu'est ce qui nous prouve qu'Etta James et Townes Van Zandt sont meilleurs que les Stones ?". Puisqu'il faut bien VOIR (comme Saint Thomas) et régler cette question, voici des preuves indiscutables. Etta James "I'd rather be blind" en 1975, à Montreux. A coté d'elle Jagger est juste amusant.
 Townes van Zandt.  Keith Richard tuerais pour avoir un dixième de l'intensité de ce mec.
 



mercredi 6 août 2014

Je braie dans le noir donc je suis.

Quentin Tarantino fait des films idiots pour des idiots et bien sûr il soigne terriblement ses B.O, ses bandes-sons, devrais-je dire. Cinéaste du paroxysme sensationalisme (c'est le revers très amer du "suspens" d'Hitchcock et l'effet jouissif des images animées si on n'y met pas un peu de distance, de pensée), il soigne minutieusement tous ses effets sonores, comme les visuels, de manière à scotcher un spectateur sadisé et consentant (cf-oncle Hitch') au fond de son fauteuil. Il connaît ses ressources le bougre et on retrouve des petits trésors oubliés sur les dites B.O., propres à faire fantasmer et tripper tout un chacun. Ça va des Delfonics à Nancy Sinatra, en passant par Bobby Womack. Assez récemment, il a décidé de mettre des bouts de B.O. qui ont déjà fait leurs preuves dans d'autres films, histoire de faire cinéphile-en-chef et croque-mort en même temps. Sur celle du nullissime "Django" (Unchained), il a ainsi pompé un bout d'une musique d'Ennio Morricone pour un film de Don Siegel "Sierra torride", avec Eastwood et Shirley McLaine (un western essoufflé auto-parodique) qui s'appelle "The braying mule" (La mule qui braie). Ça, il fallait y penser, c'est très, très vicieux, mais bon, ça va bien avec le film (lequel ?) et le metteur en scène (lequel ?), et voilà, j't'embrouille (les deux !). A part ça, c'est du grand Morricone, son corpus d’œuvres pour le cinéma restant un des plus riches jamais composés.

dimanche 18 mai 2014

L'étranger.

Je mets ces chansons parce qu'elles sont belles, qu'elles se ressemblent diablement et qu'elles s'adressent directement à l'âme. Je mets la version de Rod Stewart car je n'ai jamais pu voir Shane Macgowan (des Pogues) en peinture, même de très loin. Johnny Cash s'impose comme un interprète évidemment remarquable. Quant à Bill Monroe, il est....enfin, vous verrez, moi ça me fait frissonner à chaque fois.
Mais où est passé le folklore français que nos aïeux bouseux chantaient à la veillée ? Il a été remplacé par ce con de Jacques Brel ? ("Non, JeFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF, t'es pas tout sEEEEEEEEEUUUUUULLLLLLL....... " et merde).



samedi 17 mai 2014

"Le quatrième est un cheval blanc, la Mort le chevauche et l'Enfer le suit de près." (un bien sombre évangile)

Ce n'est plus la peine d'essayer de sauver quoique ce soit, fous que nous sommes. Ni notre corps, ni notre âme, ni même notre pénible et chétif amour. Il est un temps pour tout achever et ce temps est arrivé. Plus de paroles inutiles, de vaines prières. Assassins, voleurs, saints hommes, c'est l'heure de juger de votre pitoyable justice et de vos chemins insensés. Tout est décidé, et ce qui est décidé s'accomplit. Maintenant, et pour l'éternité.

And I heard as it were the noise of thunder
One of the four beasts saying come and see and I saw
And behold a white horse

There's a man going around taking names
And he decides who to free and who to blame
Everybody won't be treated all the same
There'll be a golden ladder reaching down
When the Man comes around

The hairs on your arm will stand up
At the terror in each sip and in each sup
Will you partake of that last offered cup?
Or disappear into the potter's ground
When the Man comes around

Hear the trumpets, hear the pipers
One hundred million angels singing
Multitudes are marching to the big kettledrum
Voices calling, voices crying
Some are born and some are dying
It's Alpha and Omega's kingdom come

And the whirlwind is in the thorn tree
The virgins are all trimming their wicks
The whirlwind is in the thorn tree
It's hard for thee to kick against the pricks

Till Armageddon no shalam, no shalom
Then the father hen will call his chickens home
The wise man will bow down before the throne
And at His feet they'll cast their golden crowns
When the Man comes around

Whoever is unjust let him be unjust still
Whoever is righteous let him be righteous still
Whoever is filthy let him be filthy still
Listen to the words long written down
When the Man comes around

Hear the trumpets, hear the pipers
One hundred million angels singing
Multitudes are marching to the big kettledrum
Voices calling and voices crying
Some are born and some are dying
It's Alpha and Omega's kingdom come

And the whirlwind is in the thorn tree
The virgins are all trimming their wicks
The whirlwind is in the thorn tree
It's hard for thee to kick against the pricks

In measured hundred weight and penney pound
When the Man comes around.

Close (Spoken part)
And I heard a voice in the midst of the four beasts
And I looked and behold, a pale horse
And his name that sat on him was Death
And Hell followed with him.

Voilà l'effet de quatre heures d'écoute intensive de musique sur YouTube : on finit par écouter un truc définitif et on va se coucher Dieu sait pour combien de milliers d'années.

mercredi 11 décembre 2013

"Foulquier ? Qu'est ce qu'il a pu me faire chier !" Dédé, du Bar des Sports.

Pour certain, c'était Jean-Louis. Pour nous, au "Bar des Sports", c'était tout simplement Jeannot. Au poste dès huit heures pour un premier gorgeon, y débandait pas jusqu'à la fermeture. C'est sûr, il était pas toujours facile. Des fois il avait le vin mauvais. Il saquait pas les étrangers. Son truc à lui, c'était la casquette, pas le voile, la casquette. Quand il pouvait un choper un sans casquette, qu'est ce qu'il prenait le mec ! (Généralement un côte, comme tout le monde.) La fois suivante, le gars avait sa gapette. Il avait compris. Ah, on peut dire qu'il a beaucoup fait pour l'assimimilation, Jeannot. Évidemment, on a dit des choses, comme tout le temps dans les p'tits patelins, qu'il avait travaillé sur une radio d'Etat y'a longtemps, m'enfin, avec nous il écoutait Coach Courbis et Riolo sur R.M.C., comme tout un chacun. Je l'entends encore qui me disait "Y-z-iront pas au Brésil, ces branques, y-zont pas la casquette." Bon, là, il avait faux, mais souvent ça tombait juste. Rien qu'avant-hier, y disait à qui voulait bien l'entendre "Dans quinze jours c'est Noël.". Il était casse-couilles mais y'avait du vrai là-dedans.
Allez, je mets deux photos de Jeannot en ligne. Votez pour celle que vous aimez le plus et je la fais encadrer. Elle fera bien juste à coté du Muscadet, derrière le bar. Allez, à ta santé, l'artiste !