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lundi 3 juin 2019

Pour en finir avec la philosophie, son fossoyeur colèrique: Iggy Pop.

En matière de Rock il est quelques phares qui balisent de loin en loin le destin de cette musique tripale et enthousiasmante, malsaine et vivante. Iggy Pop en est un et un maousse. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans l'influence déterminante de Pop et des Stooges. Je serais probablement mort en implorant un quelconque pardon d'un Dieu hypothétique. La matérialité brute du Rock et son esprit explosif et vivifiant m'ont sauvé d'une fin insensée. Aucune philosophie ne tient la route face à cet hymne rageur tiré du dernier album de Pop. Dieu lui-même se casse en catimini. Comme il le dit lui-même dans ce disque : "I'm nothing but my name." James Newell Osterberg Jr, dit Iggy Pop. Moi je ne veux pas de pierre tombale avec mon nom dessus. Rien. Je veux disparaître. Le monde à venir sans moi est une autre histoire, qui ne m'intéresse pas, qui ne me concerne pas. J'ai trop à faire avec l'actuel. Je veux juste qu'il y ait des fleurs, des coquelicots, des marguerites à l'endroit où je serai enterré et où les vers feront leur travail. J'espère que j'aurais fait le mien. Du mieux possible.
En attendant j'envoie chier tous les minables qui font leurs comptes avec Iggy dans cette déclaration de haine fraternelle :"Paraguay"

Un philosophe, un vrai : Tom Petty.

Michel Serres est mort et j'en n'ai rien à secouer. Au contraire ça me réjouirait plutôt. Comme tous les philosophes ce singe savant a bâti des théories à partir de ses traits de caractère en les généralisant. C'est idiot. Le caractère c'est qui reste quand on a oublié tout le reste. Ca arrive à la fin et il est impossible d'en tirer une "philosophie". D'ailleurs la "philosophie" ne sert à rien, sauf à faire mousser quelques intelligences fumeuses, et fumistes. Des idées claires (une ou deux suffisent), de l'élan, des sentiments, des sensations, quelques obsessions, un corps qui fonctionne voilà ce qu'il est nécessaire d'avoir pour vivre, penser et créer. Et des Maîtres d'où tirer les premières et ultimes leçons. En ce qui me concerne, Tom Petty était de ceux-là et son absence se fait chaque jour sentir un peu plus. Celle de Michel Serres ne risque pas de m'affecter (Le Monde titrait il y a deux jours : "Michel Serres, une forme d'universalité à la française"...de quoi vous donner envie d'écouter du Rap de Seine Saint-Denis en fumant de l'héro et d'essayer de fuir le monde ). Quand je pense que ce crétin tintinophile haïssait Astérix et Obélix parce qu'on y fait, je cite "L'apologie du dopage et de la violence". C'est dire le niveau intellectuel de ce mou du bulbe. Qu'il pourrisse en enfer avec Platon et Heidegger. Pendant ce temps-là, je ne le perdrai pas en écoutant quelques pépites de Petty. J'en mets ci-dessous. Ce mec à une voix unique et son groupe tourne comme un moteur de Dodge Charger. (Ca ne vous dit rien ? Tant pis pour vous.)
Tom Petty et les Heartbreakers :"Running down the dream"

Tom Petty et les Heartbreakers : "Southern accents" qui sera repris par Johnny Cash (avec Petty)

Tom Petty et les Heartbreakers en mode psyché-eighties : "Don't come around here no more"

Tom Petty et les Heartbreakers avec la Belle (Stevie Nicks) : "Stop draggin' my heart around"

samedi 2 juillet 2016

Bonnefoy est vivant !

Yves Bonnefoy est mort. Bon. Que dire à son sujet, au sujet de sa poésie ? Depuis que Mallarmé a envoyé l'Art de la Poésie sur la voix de garage de la Métaphysique, bien aidé par Heidegger, on trouve à la pelle des "poètes" de son acabit qui ont balancé le sensible dans les orties avec Mémé pour mieux dire l'impossibilité du sens. C'est chiant, c'est faux, ce n'est pas de la bonne Poésie. Ca fait mal au crâne, ça n'enchante pas, ça ne chante pas et on est pas plus avancé après avoir lu les textes qu'avant. Aucune vision, aucune sensation, aucune idée. Bref, c'est de la merde. Il existe encore des bons poètes mais ils n'ont plus la main. Quand je pense que Bonnefoy était Professeur au Collège de France... il y a de quoi se fendre la gueule quand même, la Poésie, merde, c'est autre chose que les élucubrations de philosophes un peu débiles, ça a de la tenue, du "duende", de l'intensité (à tous les degrés possibles et imaginables). Je vais mettre un poème de Bonnefoy. un Art Poétique. Faites-vous votre idée. Ca s'appelle :" Art de la Poésie."

Dragué fut le regard hors de cette nuit.

Immobilisées et séchées les mains.

On a réconcilié la fièvre.
On a dit au coeur

D'être le cceur.
Il y avait un démon dans ces veines

Qui s'est enfui en criant.

II y avait dans la bouche une voix morne sanglante

Qui a été lavée et rappelée.

Vous trouvez ça bien ? Vous n'êtes pas tout seul, croyez-moi. Moi je dis qu'il n'y a pas de quoi en faire un fromage. Surtout ne pas dire "je", surtout ne pas dire "chant", surtout que ça sonne bien propre. Ca pourrait s'appeler "Savon" ou "Plus blanc que blanc". Putain, c'est vraiment pas bon. Ci-dessous, un remède, une panacée universelle contre la connerie.

mardi 29 septembre 2015

Art poétique.

Sur l'Art, je ne saurais mieux dire que Joseph Conrad dans la préface de son livre " Le nègre du Narcisse". Rien à ajouter, chaque mot est juste, l'idée lumineuse. La voici en grande partie :

"A l’instar du penseur ou du scientifique, l’artiste recherche la vérité et lance son appel. Sensible à l’apparence du monde, le penseur plonge dans les idées, le scientifique dans les faits – d’où, émergeant au bout d’un certain temps, ils nous appellent aux qualités de notre être qui nous préparent le mieux à cette entreprise hasardeuse qu’est la vie. Ils s’adressent avec autorité à notre bon sens, à notre intelligence, à notre désir de paix ou de troubles, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos craintes, souvent à notre égoïsme – mais toujours à notre crédulité.
Et c’est avec respect que l’on écoute leurs paroles, car elles portent sur des sujets graves : sur la culture de notre esprit et les soins propices à notre corps, sur la réalisation de nos ambitions, sur la perfection des moyens et la glorification de nos précieux desseins.
Il en va autrement pour l’artiste.
Confronté au même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même et, s’il a du mérite et de la chance, c’est dans cette région solitaire où règnent tensions et dissensions, qu’il trouve les termes de son appel. Un appel qui s’adresse à nos dispositions les moins évidentes, à cette part de notre nature qui, du fait des conditions belliqueuses de notre existence, se dissimule nécessairement derrière les attributs plus résistants et plus rudes – tel le corps vulnérable sous une armure d’acier.
Son appel est moins sonore, plus profond, moins net, plus émouvant – et plus vite oublié. Pourtant, son effet perdure à jamais. La sagesse changeante des générations successives balaie les idées, questionne les faits, démolit les théories.
Mais l’artiste fait appel à cette part de notre être qui ne dépend pas de la sagesse, à ce qui, en nous, est un don et non un gain – et qui, par conséquent, dure plus longtemps. Il s’adresse à notre capacité de ravissement et d’émerveillement, à l’impression de mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la douleur, au sentiment latent de notre communion avec la création tout entière – et à cette subtile mais invincible croyance en une solidarité qui tisse ensemble les solitudes de cœurs innombrables : la solidarité de rêves, de joie, de chagrin, d’aspirations, d’illusions, d’espoir, de peur, qui lie les hommes entre eux, qui lie toute l’humanité – les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui ne sont pas encore nés.
Toute oeuvre littéraire qui aspire, si humblement soit-il, à la qualité artistique doit justifier son existence à chaque ligne. Et l’art lui-même peut se définir comme la tentative d’un esprit résolu pour rendre le mieux possible justice à l’univers visible, en mettant en lumière la qualité, diverse et une, que récèle chacun de ses aspects. C’est une tentative pour découvrir dans ses formes, dans ses couleurs, dans sa lumière, dans ses ombres, dans les aspects de la matière et les faits de la vie même, ce qui leur est fondamental, ce qui est durable et essentiel - leur qualité la plus lumineuse et la plus convaincante - la vérité même de leur existence.
L’artiste donc, aussi bien que le penseur ou l’homme de science, recherche la vérité et lance son appel. Séduit par l’apparence du monde, le penseur s’enfonce dans la région des idées, l’homme de science dans le domaine des faits, dont ils émergent bientôt pour s’adresser aux qualités de notre être qui nous rendent capables d’affronter la hasardeuse entreprise qu’est notre vie. Ils parlent avec assurance à notre sens commun, à notre intelligence, à notre désir de paix ou d’inquiétude, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos appréhensions, souvent à notre égoïsme, mais toujours à notre crédulité ; Et l’on écoute leurs paroles avec respect, car elles ont trait à des graves questions, à la culture de notre esprit ou à l’entretien convenable de notre corps, à l’accomplissement de nos ambitions, à la perfection de nos moyens et à la glorification de nos précieux objectifs.
Il en va autrement pour l’artiste. En présence du même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même, et, dans cette région solitaire d’effort et de lutte, il découvre s’il a assez de mérite et de chance les termes d’un message qui s’adresse à nos qualités les moins évidentes : à cette part de notre nature qui, parce que l’existence est un combat, se dérobe nécessairement derrière de plus résistantes et de plus rudes vertus comme le corps vulnérable sous une armure d’acier. Son appel est moins bruyant, plus profond, moins précis, plus émouvant, et plus tôt oublié. Et pourtant son effet persiste à jamais. La changeante sagesse des générations successives fait délaisser les idées, met les faits en question, détruit les théories. Mais l’artiste s’adresse à cette part de notre être qui ne dépend point de la sagesse, à ce qui est en nous un don et non pas une acquisition, et qui est, par conséquent, plus constamment durable.
Il parle à notre capacité de joie et d’admiration, il s’adresse au sentiment du mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la souffrance, au sentiment latent de solidarité avec toute la création ; et à la conviction subtile mais invincible de la fraternité qui unit la solitude d’innombrables coeurs : à cette fraternité dans les rêves, dans la joie, dans la tristesse, dans les aspirations, dans les illusions, dans l’espoir et la crainte, qui relie chaque homme à son prochain et qui unit toute l’humanité, les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui sont encore à naître."
Joseph Conrad.

jeudi 11 juin 2015

Votez Scritti Politti !

Avant que je ne m'engage fermement dans le chemin du Rock dit "alternatif", grâce à Hüsker Dü (Bob Mould et Grant Hart), j'ai connu des errements de dandy, j'ai eu des préciosités coupables, je me suis un peu perdu de vue parfois dans la jungle du bon goût en matière de musique moderne pour jeune, bref, j'ai vécu, avec des hauts et des bas. Tout, dans cette vie, n'a pas été de soi et si j'ai évité des pièges (Adam & the Ants, Lords of the New Church...) j'ai mordu à l'amer hameçon de pêcheurs en eaux troublées plus souvent qu'à mon tour (Joboxers, Spandau Ballet...) MAIS je ne regrette pas, mais alors pas du tout d'avoir été fan de Scritti Politti. Tout est improbable dans ce groupe, à commencer par son nom, emprunté à un recueil en langue originale d'écrits politiques d'Antonio Gramci leader communiste italien des années 30, et sa qualité n'avait rien d'acquis. Résultat des courses, quelques décénnies plus tard, je n'ai aucune difficulté à écouter les vieux titres du groupe de Green Gartside tant ils sont bons et je ne suis pas le seul puisque une bande d'afficionados guette les apparitions du héros romantique et structuraliste. Oui, Green Gartside n'était pas seulement habillé comme une poupée eighties de petite fille cruche et à la mode, il ne se contentait pas d'arborer des coupes de cheveux titanesques qui demandaient des heures de travail à des coiffeurs énervés, ni de fredonner d'une voix fluette et maniérée ces tubes imparables, il était structuraliste. Et de nous pondre une chanson d'amour (géniale) sur "le mot fille", dans une optique qui devait beaucoup à Ferdinand de Saussure et Roland Barthes. Tout cela était tordu, ambitieux, efficace et le riddim de basse de reggae est l'un des plus profondément noir qu'un blanc ait jamais pondu. Je mets le morçeau en deuxième, vous allez voir, en plus il y a un beau clip. Mais je vais commencer par une pièce du boucher, un plan caché pour ceux qui savent où se cachent la bonne came : "Oh Patti (don't feel sorry for loverboy)". Le morceau est suave, c'est un euphémisme, la richesse de la mélodie affiche bien les velléités musicales du bonhomme, c'est vraiment très beau. Le son est une sorte de perfection rêvée Beach Boysienne des années 80; notez le toucher soyeux du batteur, la hardiesse du certains changement d'accords. ET PUIS, paf, la trompette de Miles Davis vient faire basculer le tout dans le sublime, le ouaté pour gentleman farmer. Oui, mesdames, messieurs, MILES DAVIS en personne joue sur ce morceau de musique pop, donc triviale. Pour moi, à l'époque, Davis, c'est Dieu. Il possède la maison mère, le Jazz, je ne l'entends ni ne le vois souvent mais enfin, c'est LE musicien par excellence et j'en ai beaucoup entendu parler. Je l'ai même un peu écouté en screud sur des disques de mon père. Le fait qu'il s'invite sur ce morceau de Scritti Politti est certes un peu mystérieux, mais c'est à coup sûr un gage de qualité sans équivalent.
Bien des années plus tard, j'ai beaucoup écouté Miles Davis, élargissant ma définition du Rock alternatif à des styles variés voire des compositeurs classiques mais je n'ai jamais cessé d'écouter et d'aimer Scritti Pollitti et je peux vous jurer, la main droite posée sur l'Ancien et le Nouveau testament, que je connais maintenant parfaitement, que j'ai eu entièrement raison et que les gemmes qui ornent la petite couronne de ce roitelet de la Pop qu'est Gartside sont d'une eau pure comme l'étaient certains sons de trompette dans la nuit animée des clubs de la 52ième rue.
Alors, Scritti Politti : "Oh Patti (don't feel sorry for loverboy)"
Scritti Politti, deuxième : "The world girl" "..how your flesh and blood became a word.."

dimanche 28 septembre 2014

Il n'était pas utile que Pauvert publie les livres de B.B.

Ce 28 septembre 2014 est un jour bien triste. Brigitte Bardot vient d'avoir 80 ans et non, ce n'est pas ça qui est triste, ça c'est plutôt sympa. Ce qu'il l'est, c'est que cette femme, que Michel Piccoli qualifiait il y a peu encore de "charmante" (et je suis certain qu'elle l'est), soit devenue un porte-drapeau d'un parti d'extrême-droite nauséeux et dangereux. Je n'aime plus beaucoup le cinéma mais, comme le disait Serge Daney, une de ses fonctions était d'assurer la différenciation des sexes à travers les acteurs-icônes imparables, modèles absolus, inaccessibles et pénétrants et structurants toutes les psychés. Ceci nous a permis de voir sur les écrans de très beaux spécimens mâles et femelles de l'espèce humaine. Bardot fut l'incarnation de la féminité par excellence pendant une dizaine d'années où chacune de ses apparitions sur les écrans suscitait immanquablement le désir de TOUS les hommes. Pour elle, ça a été dur à porter, pour nous, même 50 ans plus tard, c'est un pur délice. Bardot, c'est le sucre-d'orge que TOUS les hommes ont envie d'avoir entre leurs mains, entre leurs lèvres, sur le bout de la langue et ça m'ennuie que ce doux "candy" sente aussi mauvais aujourd'hui. Ça me gâche sa vieillesse, qui m'appartient de droit, comme le reste. C'est aussi ça, le cinéma.
Et puis l'éditeur Jean Jacques Pauvert est mort aujourd'hui a-t-on appris. Je ne sais pas où il en était avec la littérature et l'édition. Assez loin apparemment, reclus au Lavandou après ces trois A.V.C. En tout cas, il a redéfini les contours d'une profession passionnante, celle d'éditeur. Tout le monde lui doit d'avoir rendu l’œuvre de Sade accessible, après un procès au long cours avec la censure dont il sortit vainqueur; moi, je lui dois en particulier d'avoir ré-éditer les œuvres complètes d'Elie Faure, véritable baume esthétique, le Littré, dictionnaire invraisemblable et indispensable, et la collection "Libertés", reconnaissable entre mille avec son format allongé et sa couverture papier Kraft. Là, avec l'aide de Jean-François Revel, il a donné asile a toutes les pensées qui échappaient, qui s'échappaient, qui faisaient rudement du bien. En général, il a secoué le cocotier et en a fait tomber des dattes, ce qui n'est pas mince, convenons-en, et ce qui en fait un des éditeurs les plus brillants du XXeme siècle. Dans le Monde daté d'aujourd'hui, on peut lire ces mots, écrits par lui à 19 ans dans un manifeste, qui définissent à merveille le métier d'éditeur et aussi, en creux, celui de son partenaire dans le crime, l'écrivain :« Nous n'avons pas envie de nous engager. Nous n'avons pas l'esprit de sacrifice. Nous n'avons pas le sentiment du devoir. Nous n'avons pas le respect des cadavres. Nous voulons vivre. Est-ce si difficile ? Le monde sera bientôt aux mains des polices secrètes et des directeurs de conscience. Tout sera engagé. Tout servira. Mais nous ? nous ne voulons servir  à rien"
Quand on est éditeur ou écrivain il est vital d'être libre et "dégagé". Ne servir à rien, c'est être utile à tous. Tout lecteur un tant soit peu de bonne volonté trouvera matière à lire et à s'aérer la tête, en se la prenant parfois, dans les livres édités par Jean-Jacques Pauvert. Sinon, il y a "The Voice Kid", sur TF1. Ça, ça engage plus que tout.
La collection "Libertés" :

mercredi 20 août 2014

Le Moral de cette Histoire est bien bas.

J'ai de plus en plus de mal à lire le journal, à prendre la peine de lire les articles. Qu'est ce qu'ils vont m'apprendre que je ne sais déjà ? Le Monde va à marche forcée vers sa destruction, les acteurs de ce désastre sont les Hommes. Il y aura des survivants, quelque chose renaîtra. En attendant, plus d'Histoire(s), plus d'ère nouvelle, de nouvelle Frontière. C'est mollasson, ressassé, violent et ça pue.
Il semble que le 20 ieme siècle ait été celui d'une grande émancipation. Ca pesait trop, ça empêchait de vivre alors ça a été lentement et vigoureusement balancé par dessus bord. Quoi ? La Morale, un ordre suranné, le Patriarcat, une hypocrisie sociale rance. Une libération, une émancipation étaient demandées, nécessaires, vitales après la guerre. Ca a commencé tout de suite, dés qu'elle a été finie, avec Saint-Germain des Près, l'Existentialisme, les Beatniks, le Be-Bop puis le Rock, la Jeunesse qui voulait sa part et qui devenait valeur en elle-même. Et puis il y eut les années 60 et là, la poussée a été immense, intense. Tout le monde, à sa manière voulait sa part de LIBERTE. Les intellectuels français s'en sont donnés à coeur joie, pour Barthes "Le langage était d'essence fasciste" et il fallait s'en méfier, pour Deleuze le ""Moi" est d'essence paranoïaque" et il fallait s'en libérer par une "schizo-analyse", pour Foucault l’oppression avait trouvé son paradis dans la prison "pan-optique", où tous les détenus sont vus de tous tout le temps. Pour contrer ce qui n'était pas encore effectif, il fallait réformer les asiles et les prisons, les faire disparaître. Sur les murs en mai 68 on écrivait qu' "il était interdit d'interdire" et "on voulait jouir sans entraves".
Vous savez quoi ? Ca a marché, et une fois toutes les formes d'ordres déboulonnés, nous sommes restés cons avec dans les mains la vis sans fin de notre jouissance à actionner. Nous avons secoué le joug de toutes les tyrannies pour nous trouver aux prises avec la pire, la tyrannie de la jouissance. Que certains, le plus possible, jouissent presque contamment et sans frein grâce à des moyens financiers conséquents, voilà ce qui fait marcher l'économie mondiale aujourd'hui, et partant, le Monde. Et si ça se répète tous les jours, c'est de pire en pire tous les jours. C'est là la seule petite histoire... Lacan disait que "le psychotique est celui qui n'accède pas au Désir", il voulait dire qu'il reste prisonnier de ses pulsions et de leur satisfaction sans élaborer un cheminement intérieur, un désir, disons une histoire et peut-être une frustration. Il n'est plus question de frustrer qui que ce soit, c'est ça qui est devenu immoral, et même impensable. Et d'ailleurs, que penser ? La Pensée ne prend toute sa mesure que quand on tente de l'arrêter, de lui mettre des obstacles dans les pattes. C'est l'inverse de la Jouissance qui ne peut qu'arriver. Mais encore faut-il que l'on accède à la Pensée, ce n'est pas gagné d'avance ; le principe de jouissance, il est là de toute manière il faut faire avec, si possible au mieux et sans tristesse.
Notre Monde est peuplé de psychotiques hyper-puissants qui le feront se pulvériser pour une dernière pipe au Moët et Chandon. Il n'y a plus que des "clashs", des coups médiatiques ou boursiers, de la "hype" pour peu et des pulsions assouvies par procuration par d'autres. Et encore, avec Vente-Privée et Groupon, le (faux) Luxe, celui qui donne l'impression quand même de VRAIMENT VIVRE est à portée de toutes les bourses. Il n'y aura pas de retour en arrière. Lyotard disait que la Post-modernité, "c'était la fin de tous les récits d'explication du monde", en effet, ce qui compte c'est ce qu'on gagnera demain, la jouissance d'aujourd'hui est déjà morte. Derrida, de son coté disait que la Post-modernité "c'était ce qui vient", "venir" comme "jouir". Cette état de fait, certains artistes en profite, d'autres la disent ; le meilleur est certainement Bret Easton Ellis, Houllebecq fait ce qu'il peut, Sollers ne peut parler qu'au passé, il est encore "raisonnable". Qu'est ce qu'on peut faire comme film un peu pertinent sur cette ordre-là, celui de la psychose, meilleur que "Crash" de Cronenberg ?
La Vie ne s'épanouit pas sans "sacré", c'est Roger Caillois qui le dit. Le Sacré revient en force, cet an-ci, problème c'est un Sacré malade, tout-puissant, sans dialectique avec la Vie. Zuckerberg finira peut-être par se tirer une balle dans la tête devant sa page Facebook. l'Etat Islamique va apparaître un peu partout dans le monde. 10, 20, 100 Zuckerberg attendent leur tour et le Levant fait le tour de la Terre si je ne m'abuse. Quelles Histoire(s) voulez-vous qui m'intéressent un peu ? Je suis d'un autre ordre, qui n'a jamais existé et n'existera jamais, sauf, comme disait Voltaire, dans "mon jardin". Eden était possible, ici-bas, pour nous; nous avons choisi l'Enfer.

mercredi 6 août 2014

Profession : "Artiste en émotions."

Dans "Mémoires d'un tourisme", Stendhal, très à son aise dans ce genre libre du livre de Voyage, écrit ceci à propos d'un fait divers qu'on a fait raconter à un des convives de la soirée à laquelle il était convié et dont il sort : " Et moi, en rentrant dans ma chambre, je me donne la peine d'écrire cette histoire. Elle est rigoureusement vraie dans tous ses détails, mais a-t-elle un autre mérite ? Dans ces moments de philosophie rêveuse où l'esprit, non troublé par aucune passion, jouit avec une sorte de plaisir de sa tranquilité, et réfléchit aux bizarreries du coeur humain, il peut prendre pour base de ses calculs des histoires telles que celles-ci.
Telle est leur unique supériorité sur les romans, qui, arrangés par un artiste en émotions, sont bien autrement intéressants, mais en général ne peuvent servir de base à aucun calcul"
Ici, "l'artiste en émotions", c'est lui, bien entendu, qui s'est inspiré d'un fait divers pour écrire "Le rouge et le noir". Il dit la grande supériorité de la Littérature sur la Philosophie. Là où le philosophe "calcule" sur la condition humaine et ratiocine, l'artiste en rend compte par des émotions, tous ses calculs à lui déjà faits et digérés en un Art, c'est-à-dire une magie qui transmet, ce qui fait que la Philosophie fait ronronner comme un gros chat auprès du feu et que la Littérature éveille l'étincelle de l'intérêt. Toute une vision du Monde passe en un roman, un songe calculateur fait un livre de Philosophie. D'un coté, l'on est ému, de l'autre on jouit : d'un coté on tombe sur des calculs, de l'autre sur des romans. Je choisis mon camp ; je suis à jamais aux cotés de Stendhal contre, mettons, Sartre : du coté de ce qui vous laisse pantois et vibrant, contre celui de l’assujettissement de l'Art à la laideur d'un "message" idéologique, à jamais contre Flaubert, que je laisse mariner avec celui qui a le mieux parler de lui, le père Sartre justement. Ce n'est pas parce qu'on fait une crise de neurasthénie à 17 ans (Flaubert) et qu'on en ressort blindé de cynisme que l'on fait un grand écrivain et Stendhal est un bien meilleur artiste que lui car il a épousé quelques courbes même de la Vie et qu'il nous les "rend" sans pareil,
auteur précieux s'il en est !

Gérard Philippe et Danielle Darrieux, sans doute un des plus beaux couples formés par le cinéma, Art, vaille que vaille.

jeudi 31 juillet 2014

Ne regarde pas le soleil en face.

                    Orages d'été
Un orage de soirée passe
Tout l'été
Comme une feuille de
Papier froissée
L'Amour furieux
Epineux
Sans résolution
Tout au bord de la raison
Tombe et se ramasse
Cassé, furibard et impuissant
Sans élan que celui
De la rage
Les deux âmes
Du même métal
Fondues en un
Cri contre
L'histoire elle-même
De larmes de plomb
Et de soleil en sucre
Tapissent rouge
Et aluminium
Le ciel qu'elles pressent
Contre elles
Et font pleurer
D'un deuil considérable

Dans l'Infini
Des sphères
Deux vies étoilées
Comme des nuits d'été
Ont foncé l'une à l'autre
Toutes bouches ouvertes
Et dents dehors
Ce n'est pas raisonnable
Tout l'été trop chaud
Trop vif, y a passé
Qui pique, qui blesse
Et laisse se fondre
Ces amants méchants
Sans ressort et essoufflés
Absurdes et désoeuvrés
Jusqu'à la Mort
Cette histoire
Mise au rencart
Des histoires d'été
Qui n'en finissent pas
Et les amants trop orgueilleux
Ressemblent
A une rame d'Infini
Qui déraille
Un point nul et final



mercredi 12 février 2014

Les Coasters étaient-ils juifs ? Ou Leiber et Stoller noirs ? Les deux, mon Général.

L'antisémitisme est de retour. Fais chier. Ça n'a pas suffit, une fois, l'horreur, le merdier incroyable ? On va remettre ça ? Sans avoir retenu aucune leçon de notre histoire, de nos histoires ? Ce sont pourtant de belles histoires souvent, des histoires singulières, un peu biscornues peut-être mais passionnantes.
Il semblerait qu'une partie de l'antisémitisme français de notre temps ait une origine "raciale", en plus des habituelles sérénades sociales et religieuses. C'est à dire que certains antisémites seraient issus des "quartiers" comme on dit, plus exactement de l'immigration beur et black, dont une grande partie se trouve malheureusement cantonnée dans les banlieues ("ils" devraient être PARTOUT) et qu'il aurait à voir, pour les arabes, avec le conflit israëlo-paliestinien, pour les noirs avec les misères incomparables mais comparées quand même de la Shoah et de la traite des esclaves africains.
Tout cela est débile, basé sur des représentations fausses, fantasmées que nous avons (je me mets dans le paquet, avec les français "de souche", pas plus fins que les autres) de nous mêmes et des autres, de notre peur des différences et des ressemblances DANS LE MÊME TEMPS, de nos façons stupides de nous limiter et de nous délimiter de manière abusive pour nous tous. J'avais l'habitude, quand j'étais à l'école de dessiner les frontières sur les cartes avec des pointillés, pas avec des lignes Maginot, ni Siegfried, et Lampédusa était le nom de l'auteur du roman "Le guépard", pas celui d'une île-camp de réfugiés.
De l'Histoire, même de la petite, celle des chansonnettes, on peut apprendre quelque chose. Certains blacks sont antisémites et revendiquent de manière abjecte leur part du gâteau de la Mémoire, une Mémoire qui se dessèche alors qu'elle devrait travailler, faire cogiter et retravailler encore notre patrimoine et nos identités. Voici une histoire de Rock n' Roll pour eux. Il était une fois aux Etats-Unis deux jeunes juifs qui écrivaient des chansons. Ils s'appelaient Jerry Leiber et Mike Stoller et ils ont composé un nombre considérable de succès pour tout un tas d'interprètes. Les deux plus importants furent Elvis Presley en personne et le groupe de Rythm n' Blues noir appelé les Coasters. Jerry Leiber avait grandi dans une banlieue défavorisée de Baltimore, et Mike Stoller dans le même genre d'environnement à Long Island (New-York). De ce qu'ils ont écrit pour Elvis vous connaissez sûrement "Houd Dog" et "Jailhouse rock", deux incontournables du répertoire du King. Il y en a d'autres. Là où ça devient intéressant pour nous, c'est le nombre incroyable de hits qu'ils ont composés pour les Coasters. Ça va de "Yaketi Yak" à "Charlie Brown", en passant par "Little Egypt" et "Along came Jones". Les Coasters, c'étaient des noirs pur arabica, élevés à la raide dans l'Amérique ségrégationniste des années 40, il fallait pas leur en raconter et il fallait surtout par leur faire chanter n'importe quoi. Fallait que ça sonne "Noir" avec un grand "N". Et ce sont deux juifs qui leur ont pondu toutes leurs chansons ou presque. Je vais citer Jerry Leiber, le traduire et vous allez comprendre pourquoi et comment ça s'est fait.
"I was brought up in black neighborhoods in South Baltimore. And we really felt like we were very black. We acted black and we spoke black. When I was a kid growing up, where I came from, it was hip to be black. To be white was kind of square."
"J'ai grandi dans des quartiers noirs du sud de Baltimore. Et on se sentait vraiment noirs. On se comportait comme des noirs et on parlait comme des noirs. Quand j'étais môme, là où j'habitais, c'était cool d'être noir. Etre blanc s'était être un peu coincé".
" I felt black. I was as far as I was concerned. And I wanted to be black for lots of reasons. They were better musicians, they were better athletes, they were not uptight about sex, and they knew how to enjoy life better than most people."
"Je me sentais noir. Je l'étais, autant que je me rappelle. Et je voulais être noir pour de multiples raisons. Ils étaient meilleurs musiciens, meilleurs athlètes, ils n'étaient pas coincés à propos du sexe, et savaient profiter de la vie mieux que la plupart des gens".
"The early influences, in many ways, were in Baltimore. I was passing open windows where there might be a radio playing something funky. In the summertime, sometimes there'd be a man sitting on a step, playing an acoustic guitar, playing some kind of folk blues. The seed had been planted."
"Mes influences premières, de plusieurs façons, viennent de Baltimore. Je passais devant des fenêtres ouvertes d'où sortait le son d'une radio qui jouait un truc funky. Pendant l'été, parfois, on pouvait voir un homme assis sur un perron, jouant sur sa guitare acoustique une espèce de vieux blues. La graine était plantée en moi".
Voilà, la morale de ces petites (et très grandes) phrases c'est que plus noirs que les Coasters ça n'existe pas, aussi noirs oui, ce sont deux juifs : Leiber et Stoller.
Une dernière citation pour la route, définitive. C'est toujours Leiber qui parle.
"Listen to any cantor, any good hazan, sing and you can hear a little bit of Ray Charles going on."
"Ecoutez n'importe quel Cantor (Chanteur religieux juif), n'importe quel bon Hazan (Chantre de Chœur dans les synagogues) chanter et vous pourrez entendre un petit peu de Ray Charles là-dedans."
Pourquoi s'énerver ? Nous sommes si proches et si différents. Il suffit d'écouter. L'âme n'a qu'un chant, modulé de différentes manières, mais, au fond, c'est le seul et unique.
The Coasters : "Little Egypt"

The Coasters : "Poison Ivy".

Cantor Liebele Waldman : Tanyo


Cheikh Raymond Leyris. Essayez de faire abstraction d'Enrico Macias, il n'est pas toujours de bonne compagnie.

Ah oui, Leiber et Stoller ont aussi écrit une des plus belles chansons de tous les temps "Is that all there is ?", chantée à l'origine par Peggy Lee, et accessoirement "Stuck in the middle with you" des Steelers Wheel, rendue à la popularité par Tarantino et la B.O. de "Reservoir's dog", mais tout ça, ce sont encore d'autres histoires.

mercredi 22 janvier 2014

Comment échapper aux paradis fiscaux ?

Où se cacher ? Comment échapper à cette société de plus en plus mortifère ? Philippe Sollers a choisi Venise et on le comprend. S'il y a une ville ou la liberté, le génie, la fantaisie des hommes se sont exprimés c'est bien celle-là. Quignard vis en reclus sur les bords de l'Yonne entre deux voyages en Italie, lui aussi, pas la même que celle de Sollers cependant, plus sèche, plus rêche. Pour eux, c'est un moyen de retourner boire à une source première, originelle. Très bien, mais ce besoin de racines, tout le monde l'a, il est essentiellement humain, du en grande partie à notre morphologie et n'en déplaise à Deleuze et Guattari, les rhizomes, ça ne marche pas. Comment faire pour se retrouver chez soi dans un monde qui ne nous appartient plus mais est le lieu d'échanges incessants et insensés de marchandises sans provenances définies, avec nous autres, qui que nous soyons, comme destination ultime et néanmoins transitoire, car une fois l'acte de consommation consumé, tout ce qui restera de l'explosion sera ré-injecté dans le circuit ? La plupart des humains sont en quête de leur identité, de leur racines profondes, d'un refuge d'espace-temps défini qui tienne le coup, et surtout celui de l'Histoire et d'une forme, je dirais, de décence, face au Monde dévorant de toutes les directions offertes et de tous les impossibles désormais à portée de main, si le prix y est mis. Ce n'est pas bon. C'est une fatalité débile. Quand, sur fond de carte commerciale généralisée illustrant la circulation infinie des capitaux et des marchandises, chacun aura investi son pré carré de territoire inaliénable, la seule issue pour rappeler à l'existence des frontières qui manqueront à traverser sera la guerre de chacun contre tous.
Nous sommes perdus, non, envahis par des envies et des besoins contradictoires. Si nous voulons posséder toujours plus au meilleur coût, cela implique que nous soyons dépossédés d'une partie de nous-mêmes, qui cependant refuse de céder, celle qui demande du sens à nos actes et à nos paroles, un sens proche, presque manuel, celle qui demande que nous prenions le temps, que nous traversions le temps comme dit un ami, celle qui nous lie d'Amour avec nos parents, nos frères, nos semblables. La solution est en marche, contradictoire, elle aussi. Le marché imposera sa tyrannie, la source la sienne. Le mélange sera amer.
En attendant ces déflagrations, il faut vivre au sein de ces injonctions fétides, bientôt totalement encadrées par le Droit, seule ressource "stable". Et alors, que faire ? Ne pas faire ce que demande la société, le social, c'est le premier point. Refuser de se conformer. Ensuite, être là où personne ne nous attend plus, cachés dans une intimité protégée qui déjoue les performers de mauvaises pièces de boulevard classée"x", et planqués plus avant encore dans une intériorité cultivée, mûrie, chérie, ne nous déplaçant que précautionneusement par des chemins dont nous serons redevables qu'ils nous emmènent. Et, au bon moment, s'ouvrir. Se tenir prêt à l'échange, au don, à la réception, au commerce aussi, c'est à dire à établir des valeurs, oui des valeurs, qui ne soient pas définies qu'à l'aune de l'utilité immédiate.
Moi, je me tiens de coté, et qu'importe, au fond, puisque je suis presque mort mais je suis aussi planqué un peu au cœur de la Bête, avec ce blog. C'est un choix stratégique clair. Je peux me le permettre car, fort heureusement, il n'est lu que par quelques personnes. Pour moi, il est aussi clair que s'il avait mille lecteurs, je l'arrêterais sur le champs.
En attendant ce jour improbable, Je vais, comme d'habitude, mettre une petite vidéo, non tiens, deux. D'abord celle, intégrale, du film d'Elio Petri "Enquète sur un citoyen au dessus de tout soupçon" (il y a des sous-titres). Ce film dit quelque chose de très clair sur une société à une époque donnée. Qui serait aujourd'hui capable de tenir un propos aussi cohérent sur notre société dans un film ? Personne. Nessuno. Nobody.
Il ne s'agit pas de regarder et de regretter, il s'agit de regarder et d'apprendre.
En dessous, vous aurez droit à une petite vidéo d'un groupe de nanas que j'aime bien, les Warpaint. Plus trendy, tu meurs. Il y a de très beaux plans de coupe sur la foule de veaux qui assiste au concert. C'est très touchant ou horrible, au choix.

dimanche 5 janvier 2014

Et les Shadoks pompaient. Funèbrement.

Depuis quelques temps, ça tombe plutôt dru. Et ça ne va plus s'arrêter. Je ne parle pas de la pluie, mais bien des décès de gens connus. Fin des années cinquante et début des années soixante, avec le début de la société d'information de masse et de celle du spectacle généralisé (vue par Guy Debord à l'époque), le nombre de personnes connues de tous a cru à une vitesse exponentielle. Il y eut des "Stars"  un peu partout, Il y en a maintenant à tous les coins de rue de la réalité filmée et truquée. D'ailleurs, de nos jours, sur n'importe quel site d'info, on a des nouvelles des "Stars", nom générique qui regroupe tous ceux qui, quel qu’en soit la raison, sont un peu célèbre, et ça fait beaucoup, beaucoup de monde, étant donné que la machine à offrir des vies de merde qui vous ont l'air moins merdique que votre vie de merde tourne maintenant à plein régime, et que tout le monde veut en croquer, d'une manière ou d'une autre. Or, pour les premiers à avoir émergés au cours de l'Histoire, en gros ceux des Sixties, et bien ceux-là arrivent maintenant en fin de vie. Tous les jours, nous aurons donc une "Star" à nous mettre sous la dent (aujourd'hui c'est Eusebio), et même des "Superstars". Ce sera exactement comme lire les avis de décès dans Ouest-France. Simplement notre bourg, c'est le monde. Tenez, moi, par exemple, je suis né en banlieue des Etats-Unis, dans un petit patelin appelée la France, et ben, avec les plans quinquennaux, le remembrement, et tout le toutim de l'OMC, y nous ont tout foutu en l'air et je mourrai en banlieue de la Chine !
Avant que le rock chinois ne déferle sur la planète (je dis ça sans aucune prévention, ni ironie) voici un petit hommage à Phil Everly, plouc Etatsunien, trépassé avant-hier, qui, avec son frère Don, formaient le duo des Everly Brothers. Rien de spécial à dire, il faisait partie des tout meilleurs. Il a influencé presque tout ceux qui l'ont suivi. Norah Jones et Billie Joe de Greenday venaient de sortir un album de tribute aux Everly Brothers, signe que l'empreinte de sa musique était encore très vive. En 1968, les Everly Brothers sortaient un disque qui connut un très bon accueil critique mais ne retrouva pas les faveurs d'un public qui les avait laissés sur le bord de la route quelques années auparavant. Ça s'appelle "Roots". Déjà, le besoin de retrouver ses racines se faisait sentir. Avec le temps ce besoin est devenu tyrannique tant le réel est invivable, encombré de choses, de réseaux factices, de simulacres d'existence, sans plus de place pour les êtres. Phil Everly était né à Chicago. Illinois, donc. Écrit par Randy Newman.

mercredi 25 décembre 2013

L'élan créateur est pour demain.

J'ai entendu l'autre jour à la radio un psychiatre ou un psychologue affirmer que l'état dépressif n'avait rien d'anormal et même qu'il était annonciateur de l'acte créateur. Oh la la, les amis, je vous raconte pas ce que je vais vous pondre ! Ça va être dément, les mecs, une véritable Chapelle Sixtine du blog, un Codex total digne de Léonard en 80 000 posts où j'aurais TOUT mis, vous m'entendez, TOUT, et même le reste. Une Bible, un Talmud, Le Coran, la Recherche du Temps Perdu du petit Marcel, l'équivalent de l'oeuvre entière de Jean-luc Goldman (ça commence à bien faire Jean-Jacques, hein ?), tout ça en des pages subtiles et raffinées à l'extrême. Du concentré de Génie, le vrai truc, du pur porc. Enterrés Spinoza, Homère, Cervantes et Shakespeare. Dézingués Patrick Topaloff et Jean Roucas.....J'arrête, là, je ne voudrais pas pérorer par avance sur ce qui va ADVENIR, que rien ne peut empêcher d'arriver et ce qui changera la face de notre planète. Bon, en attendant, je vais prendre mes deux Prozac, un grog et je vais me coucher, je commencerai demain, hein ?. Je vous donnerai régulièrement des nouvelles de ce Grand Oeuvre en marche. N'hésitez pas à me demander si j'oublie, je suis si négligent des fois. Bon, allez, à plus dans le bus et à bientôt en bateau. Ça va être énorme. Purée, j'ai envie de dormir, moi. Énorme. Bonne nuit.
J'avais pensé illustrer ce post par l'intégrale des quatuors a cordes de Beethoven, un truc consistant, quoi. Mais, je sais rester modeste, en dépit du destin grandiose qui m'attend. Un peu de rire de bon goût ne peut pas nuire. Allez, soyons fous : Odeurs.

mercredi 30 octobre 2013

Moi, mes parties et ma Patrie, en partie.

Ce soir, j'ai essayé. J'ai essayé de me faire une idée sur "L'identité malheureuse", le dernier bouquin de Finkielkraut, et plus largement, sur ce qu'on appelle "le débat sur l'identité nationale" en France. J'ai lu, j'ai regardé des trucs sur YouTube. Je n'ai entendu que des paroles de haines éructées par des fous ou des pensums d'universitaires trop sages prêchant pour d'autres de sanglantes révoltes. Bref, j'ai échoué sauf...Sauf à tenter de penser par moi-même, et parmi ces stridences j'ai réussi à émettre un son bien particulier, une note assez claire, et qui surtout me laisse la possibilité de penser encore et encore, d'évoluer sur une sorte de vague porteuse, d'affirmer sans m’arque-bouter, de me tenir sans main-courante. Oh, je n'ai rien inventé, je n'ai rien trouvé de neuf sous le soleil qui chauffe de plus en plus, mais au moins je n'aboie pas, je ne hurle pas et aucune grimace de carnassier délirant ne défigure mon visage d'homme. Alors, je suis plutôt content de moi. Et puis soudain, une idée me vient, me frappe. Tout ça c'est bien beau, cette réflexion, ces idées, mais comment se fait-il que je sois capable de "sentir" en moins d'un quart de seconde que tel ou tel individu, quelle que soit sa couleur de peau ou son appartenance sociale ou politique est un type bien ou une crapule ? C'est infaillible, ça ne loupe pas mais pourquoi et comment ça me vient, ça, c'est mystérieux ? Et ça peut sembler très prétentieux, en plus. On pourrait dire que je fais dans une pensée magique, organique ou essentialiste. Je crois plutôt que c'est le fruit d'une éducation très inquiète, et du poids d'une menace permanente à évaluer sans arrêt. Le Bien et le Mal sont pour moi des catégories concrètes qui s'incarnent dans le "Méchant" et le "Gentil" Le "Méchant" étant celui qui fait du mal (à l'autre) et qui en jouit, le "Gentil" celui qui ne fera pas de mal, peut-être du bien (toujours à l'autre) sans en jouir. C'est infantile, je m'en rends bien compte, mais, pour moi toujours, c'est bien plus opératoire que le concept sartrien de "salaud" ou les principes assertoriquement pratiques kantiens. Sur le sujet qui m'a intéressé ce soir, je dirais, sans que ça engage personne d'autre que moi et mes lubies, que Finkielkraut est plutôt gentil, que Christian Baudelot l'est aussi et que Renaud Camus et Alain Soral sont des types infects et très clairement "méchants". Je note qu'à mon avis, ils se trompent tous dans leurs prises de position par rapport à l'identité nationale et qu'ils feraient tous très bien de relire, non pas Lévi-Strauss (ça commence à bien faire ça), mais Fernand Braudel. Enfin, ça c'est la Raison qui parle, reste l'impression forte que deux des sus-cités sont potentiellement dangereux (Soral, Camus) et les deux autres non (Baudelot, Finkielkraut). Néanmoins, je dois préciser un truc, nuancer un peu.
Sur Finkielkraut. Son bouquin est intitulé "l'Identité malheureuse" à juste titre. Il est malheureux Finkielkraut, très malheureux, et comme tous les types malheureux qui ne comprennent pas pourquoi, il peut devenir dangereux. Vous savez pourquoi il est malheureux ? Il a reçu un beau cadeau, du moins un cadeau qu'il a trouvé beau : la France, et il ne comprend pas que d'autres trouvent le même cadeau dégueulasse.
"Tout un nuancier..." J.P. Nataf, autre juif un peu neurasthénique mais super gentil et pas con du tout. Tiens, je le mets deux fois.

C'est un peu mieux que Bertrand Cantat, non ?

vendredi 18 octobre 2013

Clap de fin pour le Cinéma des frères Lumières à Lyon en 2013.

Bon, là, c'est vraiment fini de chez fini. A l'heure où l'institut Lumière de Lyon nous propose dans le même mouvement de célébrer Henri Verneuil ("Cinéaste capable du meilleur comme du pire", dixit Bertrand Tavernier) et donc de refermer définitivement sur lui-même le grand livre de l'aventure fantastique et fantasmatique que fut le Cinéma, que faire ? si ce n'est une toute petite proposition d'un ajout minuscule, d'une dernière critique, humble et sensée du grand exégète de ce Livre flamboyant que fut Serge Daney ?
Que dit-il ? Oh c'est un petit codicille, des choses modestes et vraies que personne ou presque ne peut plus entendre, "l'énergie de faire quelques réflexions" comme il disait lui-même avec lassitude. Daney nous  a appris plein de choses sur le Cinéma. Il le dit dans la vidéo, c'était son boulot de critique. Il nous a aussi appris à lui dire adieu, un peu comme lui l'a tristement fait à la fin de sa vie. C'est très appréciable. Ca aide à faire son deuil.
Essayez de faire abstraction du bastringue alentour, de Melvil Poupaud, de la Cinémathèque, du cérémonial dévot des quelques fêlés qui sont là, bof, ça n'a guère d'importance, et concentrez vous sur la parole de Daney. Ça jaillit, c'est limpide, vif ; une source intarissable. C'est pas un bel enterrement, ça ? Imaginez-vous que vous auriez pu mourir juste après avoir vu "Django Unchained" (Tarantino étant une sorte de Verneuil américain) sans avoir écouté ça ! Ça dure huit minutes.

jeudi 19 septembre 2013

Le dernier punk - suite

"Les membres de la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac ont découvert avec surprise, mardi 17 septembre, l'une des demandes de l'ancien ministre du budget, rapporte le site Internet de France Inter.

Jérôme Cahuzac aurait en effet demandé à se faire rembourser ses frais se déplacement pour se rendre à Paris afin d'être auditionné en juin et en juillet et notamment un plein d'essence pour rallier Paris depuis Villeneuve-sur-Lot en voiture.
De quoi rendre "furieux" et "estomaqués" certains députés, qui ont unanimement refusé de lui accorder."
Lemonde.fr, le 18/09/2013

Vas-y Jéröme, te démonte pas, tu les auras à l'usure tous ces salopards méritocrates qui font profession d’honnêteté et qui se gobergent aux frais du peeeeeeeuuuuuuple (beurk) à longueur de vie ! Ah, les fumiers ! La tienne est sans tâche. Pas un soupçon de morale. Bravo, mille fois Bravo, Jérôme ! Si jamais tu as besoin d'un peu d'essence pour ta caisse, pense à moi, je connais des gens biens chez Total.
Nous, on ne nous fera pas ramper !

samedi 31 août 2013

Perdus dans la musique. Acte V

2013. Enfin, c'est l'année indiquée sur les calendriers mais les calendriers mentent. Preuve en est la calendrier Maya qui ne daignera pas aller jusqu'à la fin du Monde. Pas très sérieux tout ça, messieurs les Mayas. Donc ça se gâte encore avant le "boum final". Un jeune anglais de 19 ans, issu de Nottingham, réinvente la Country américaine, issue de la bouse.  Au passage, il pond une des meilleures chansons des Everly Brothers que les Everly Brothers avaient oubliée de composer.

1959. Dans son film de cette année-là Howard Hawks fait chanter un des Jake Bugg originaux de l'époque, Ricky Nelson, en duo avec Dean Martin, soutenu par le vieux Walter Brennan, sous l’œil goguenard de John Wayne. C'est une pause dans le film, mais aussi dans l'Histoire, dans le Temps, un rêve de cinéphile, un rêve d'homme. Hawks présente ça avec son professionnalisme habituel, sans emphase, sans falbalas et il donnera l'impression de passer à la scène suivante sans plus sourciller
Sauf qu'il n'y a pas de scène suivante. En tout cas, pas comme ça, plus comme ça. Il n'y aura plus que des remakes, des revivals, du rétro-futurisme jusqu'à ce que tout ait lieu partout, en même temps, comme si le Temps et l'Histoire n'avait plus début ni fin. C'est toujours un rêve d'homme, un rêve de cinéphile. Les films ont changé.

"Lost in tranlation"
Une jeune femme  américaine voit passer le Temps et l'Histoire devant elle au Japon. Elle n'en fait pas partie, elle n'a pas envie d'en faire partie. Enfin si, un peu. Elle fait juste un vœu, au cas où. Peu avant, dans le train, elle écoutait la musique d'un groupe français. Elle sourit en voyant passer ce vieux couple. Elle a très peu d'ambition. C'est mieux. Les cinéphiles passent finalement. Les hommes aussi. Les films meurent.

BOUM !

dimanche 21 juillet 2013

Fariboles de gauche.


Jetez un oeil et une oreille là-dessus.
 http://youtu.be/xPYH7g0-bLs
Lors de ce débat, Fernand Braudel déploie une pensée complexe avec une simplicité et une force peu commune, et son opposé absolu, Pierre Bourdieu,  jabote, jargote, délire, et finit par être d'un ridicule achevé. Pourtant, c'est lui qui a gagné et ses idées aussi fantasmatiques qu'ineptes parcourent aujourd'hui une jeunesse confortablement installée dans un gauchisme qu'ils ont suffisamment de chance pour pratiquer sans risque et trop peu de force d'esprit pour dépasser.
Ca, ça serait faire l'effort de "libération" dont parle Quignard. Pour la plupart des jeunes de gauche ça consiste à prendre cuites sur cuites et des drogues dures. Passons.
"Psychanalyse sociale", dit Bourdieu, on croit rêver. A un moment donné, Pivot coince Bourdieu avec une question précise sur le déterminisme social dont il se réclame. Il devrait répondre qu'il est implacable et que personne n'y échappe. Et bien même pas, il n'ose pas affirmer son fantasme, que Braudel  démontera en deux ou trois phrases précises avant de finalement "sauver" Bourdieu" par pure charité. Brave, trop brave Braudel, déjà paumé dans ces années 70 et leur pensée rigide et folle alors qu'il était rigoureux et libre. Libre ? Allez jusqu'au bout pour rire à sa remarque sur les poètes.

lundi 15 juillet 2013

Des nouvelles d'Ariel Pink. Même pas mort apparemment.

Pas la moindre idée de qui est Jorge Elbrecht mais Ariel Pink et lui viennent de sortir un morceau, on dirait presque un 45 tours, non ?, qui est tellement joli que je ne résiste pas à le mettre sur ce blog qui, du coup, y trouve un grand avantage. "Hang on to life".  Quelle meilleur slogan ? Y'en a pas. C'est mon tube de l'été.

vendredi 14 juin 2013

C'est quoi Post-moderne ? C'est puer des pieds après se les être lavés et avoir mis des chaussettes propres.

L'Histoire hoquette, à défaut d'avancer. Elle a des remugles et elle va finir par tout vomir dans un flux-reflux qui fera plaisir à voir. En attendant, ne vous faites pas avoir bêtement par le calendrier. Ainsi, il parait que le dernier Daft Punk est sorti en 2013 et qu'il cartonne un peu partout dans le monde. C'est faux. En fait le désormais fameux,"Random Access Memories" est sorti une bonne centaine de fois entre 1978 et 1985. Inversement pas mal de choses sorties à cette époque se retrouvent compilées par Daft Punk en 2013 avec l'étiquette fallacieuse de "nouveautés" alors qu'elles sont vieillles comme Hérode et commencent un peu à sentir.
Des preuves ?
Voilà quatres morceaux venus tout droit du passé (enfin, ce qu'on appelait "passé" avant qu'il n'y ait plus que ça à se mettre sous la dent en guise de "présent". Le "futur", je vous en parle même pas, c'est la science-fiction du milieu du siècle dernier. Très, très vieux) qui ferait bonne figure sur "R.A.M.". Pour rétablir le continuum espace-temps on pourrait envoyer quatres titres du dit album faire des hits aux alentours de 1980. Un vrai tour de magie, ni vu ni connu j't'embrouille.




Alors, toujours sûr d'être en 2013 ?