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dimanche 25 août 2019

Vera Miles. What a nice way to turn 90 !

Vera Miles vient de fêter ses 90 ans. Happy Birthday Vera and thank you ! Elle fut, au sommet de sa carrière, l'objet d'un concurrence sévère entre les deux plus grands cinéastas classiques (avec Lang), Ford et Hitchcock. Il l'eurent tour à tour. Elle joua dans "L'homme qui tua Liberty Valance" et "The searchers", dans "The wrong man" et l'épisode remarquable nommé "Revenge" tourné par le sadique anglais pour sa propre série, "Hitchcock présente". Lui voulait la lancer comme superstar dans "Sueurs froides", elle déclina l'offre pour cause de grossesse. Où serait Kim Novak dans le Panthéon hollywoodien si Vera Miles avait choisi de tourner "Vertigo" ? Nulle part, elle n'avait aucun talent. Quand elle voulait se rassurer un peu elle demandait : " Monsieur Hitchcock, hein que j'ai du talent ?" il lui répondait
"Mais oui, Mademoiselle Novak, vous êtes même assise dessus."....enfin, c'est ce qu'on dit.
Mais revenons à Vera Miles et à John Ford. Voici ce qui constitue à mes yeux une des plus belles ouvertures de films de l'histoire du cinéma, sinon la plus belle.

D'où vient à cette femme qui sort pour voir quelque chose la préscience que cette "chose" est son amour de jeunesse, dont elle a épousé le frère, surgi de nulle part après tant d'années ? Seul Ford peut sans ridicule évoquer cela et commencer un film par cette magie. La porte (la grande porte) s'ouvre, le récit s'ouvre, la femme s'avance un peu, la caméra la suit, nous entrons dans l'épopée. En voici la scène de fin.

Là, on voit Vera Miles courir vers Jeffrey Hunter, qu'elle attend depuis presque dix ans et tout se résoud quasiment sans un mot. Elle a du jarret, la petite.
Nul doute que pour John Ford, on naît seul, on vit seul, on meurt seul. Il y a un boulot à faire, on le fait et c'est marre. Le bonheur c'est la porte à coté. Ici, à la fin de "The searchers", un de ses coups de génie c'est d'avoir fourré tout ce qui devrait suivre le retour d'Ethan Hawke avec sa nièce avant cette scène-là dans une sorte de fausse fin, qui lui a permis d'évacuer tout le factuel et tout le blabla. Ne reste que le pathos pur, sec, raide. Une porte qui se ferme.
A chaque fois que je regarde cette scène, je pleure. Pourquoi ? Parce qu'elle est faite pour ça et que ça me chagrine toujours autant que Ford ait raison sur la solitude de l'Homme.

mardi 10 novembre 2015

I need a remedy.

Apparemment Bond, James Bond est encore une fois aux prises avec la dépression. Il n'y a que comme cela qu'il est supportable. Et quel exemple pour tous les malades psychiques ! Oui, il triomphera de ses démons intérieurs et oui, il sauvera le monde et son âme ! Alors ? Alors ? On se remue maintenant les petits cocos, et on va travailler un peu sur soi avec son psy pour faire jaillir le petit Bond qui se cache au fond de chacun de nous, allez, allez !
De plus, l'heure est à l'optimisme car le "geai moqueur" ne va pas tarder à faire rendre gorge au Président Snow dans une de ses fictions libertaires ("Hunger Games") qui nous clouent à nos fauteuils plutôt que de nous faire agir et dont Hollywood nous gratifie pratiquement depuis le début. C'est de l'hypnose véritable, Fritz Lang n'a cessé de le dire. Plus on en voit, moins on en fait (de la révolution) et plus on est manipulé, plus on est content. Les esclaves sont toujours heureux pourvu qu'on leur laisse un chouia de bride sur le cou. "Django Unchained" et tout le monde est content.
"Bonjour chez vous." disait le 6 qui ne voulait pas être un numéro. Nous sommes devenu ça : une suite de chiffres, même pas cryptée, à ciel ouvert, à coeur ouvert, prête à toutes les folies, les orgies de zéros, avec un code en guise de paraphe. Heureusement que 007 (permis de tuer pour tout le monde ! eh, eh !) nous remet tout ça en place sans coup férir et sans décoiffer Léa Seydoux. Sa permanente, c'est l'équivalent du PIB du Bengladesh, non ? Plus ! Ah, je suis bien rassuré ! Le cinéma, ça requinque, ça redonne foi en l'humanité, Yippee !

mardi 29 septembre 2015

Art poétique.

Sur l'Art, je ne saurais mieux dire que Joseph Conrad dans la préface de son livre " Le nègre du Narcisse". Rien à ajouter, chaque mot est juste, l'idée lumineuse. La voici en grande partie :

"A l’instar du penseur ou du scientifique, l’artiste recherche la vérité et lance son appel. Sensible à l’apparence du monde, le penseur plonge dans les idées, le scientifique dans les faits – d’où, émergeant au bout d’un certain temps, ils nous appellent aux qualités de notre être qui nous préparent le mieux à cette entreprise hasardeuse qu’est la vie. Ils s’adressent avec autorité à notre bon sens, à notre intelligence, à notre désir de paix ou de troubles, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos craintes, souvent à notre égoïsme – mais toujours à notre crédulité.
Et c’est avec respect que l’on écoute leurs paroles, car elles portent sur des sujets graves : sur la culture de notre esprit et les soins propices à notre corps, sur la réalisation de nos ambitions, sur la perfection des moyens et la glorification de nos précieux desseins.
Il en va autrement pour l’artiste.
Confronté au même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même et, s’il a du mérite et de la chance, c’est dans cette région solitaire où règnent tensions et dissensions, qu’il trouve les termes de son appel. Un appel qui s’adresse à nos dispositions les moins évidentes, à cette part de notre nature qui, du fait des conditions belliqueuses de notre existence, se dissimule nécessairement derrière les attributs plus résistants et plus rudes – tel le corps vulnérable sous une armure d’acier.
Son appel est moins sonore, plus profond, moins net, plus émouvant – et plus vite oublié. Pourtant, son effet perdure à jamais. La sagesse changeante des générations successives balaie les idées, questionne les faits, démolit les théories.
Mais l’artiste fait appel à cette part de notre être qui ne dépend pas de la sagesse, à ce qui, en nous, est un don et non un gain – et qui, par conséquent, dure plus longtemps. Il s’adresse à notre capacité de ravissement et d’émerveillement, à l’impression de mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la douleur, au sentiment latent de notre communion avec la création tout entière – et à cette subtile mais invincible croyance en une solidarité qui tisse ensemble les solitudes de cœurs innombrables : la solidarité de rêves, de joie, de chagrin, d’aspirations, d’illusions, d’espoir, de peur, qui lie les hommes entre eux, qui lie toute l’humanité – les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui ne sont pas encore nés.
Toute oeuvre littéraire qui aspire, si humblement soit-il, à la qualité artistique doit justifier son existence à chaque ligne. Et l’art lui-même peut se définir comme la tentative d’un esprit résolu pour rendre le mieux possible justice à l’univers visible, en mettant en lumière la qualité, diverse et une, que récèle chacun de ses aspects. C’est une tentative pour découvrir dans ses formes, dans ses couleurs, dans sa lumière, dans ses ombres, dans les aspects de la matière et les faits de la vie même, ce qui leur est fondamental, ce qui est durable et essentiel - leur qualité la plus lumineuse et la plus convaincante - la vérité même de leur existence.
L’artiste donc, aussi bien que le penseur ou l’homme de science, recherche la vérité et lance son appel. Séduit par l’apparence du monde, le penseur s’enfonce dans la région des idées, l’homme de science dans le domaine des faits, dont ils émergent bientôt pour s’adresser aux qualités de notre être qui nous rendent capables d’affronter la hasardeuse entreprise qu’est notre vie. Ils parlent avec assurance à notre sens commun, à notre intelligence, à notre désir de paix ou d’inquiétude, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos appréhensions, souvent à notre égoïsme, mais toujours à notre crédulité ; Et l’on écoute leurs paroles avec respect, car elles ont trait à des graves questions, à la culture de notre esprit ou à l’entretien convenable de notre corps, à l’accomplissement de nos ambitions, à la perfection de nos moyens et à la glorification de nos précieux objectifs.
Il en va autrement pour l’artiste. En présence du même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même, et, dans cette région solitaire d’effort et de lutte, il découvre s’il a assez de mérite et de chance les termes d’un message qui s’adresse à nos qualités les moins évidentes : à cette part de notre nature qui, parce que l’existence est un combat, se dérobe nécessairement derrière de plus résistantes et de plus rudes vertus comme le corps vulnérable sous une armure d’acier. Son appel est moins bruyant, plus profond, moins précis, plus émouvant, et plus tôt oublié. Et pourtant son effet persiste à jamais. La changeante sagesse des générations successives fait délaisser les idées, met les faits en question, détruit les théories. Mais l’artiste s’adresse à cette part de notre être qui ne dépend point de la sagesse, à ce qui est en nous un don et non pas une acquisition, et qui est, par conséquent, plus constamment durable.
Il parle à notre capacité de joie et d’admiration, il s’adresse au sentiment du mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la souffrance, au sentiment latent de solidarité avec toute la création ; et à la conviction subtile mais invincible de la fraternité qui unit la solitude d’innombrables coeurs : à cette fraternité dans les rêves, dans la joie, dans la tristesse, dans les aspirations, dans les illusions, dans l’espoir et la crainte, qui relie chaque homme à son prochain et qui unit toute l’humanité, les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui sont encore à naître."
Joseph Conrad.

mercredi 15 juillet 2015

Daliologie (Dali au logis)

Salvador Dali était beaucoup de choses. Un inventeur de dispositifs foldingues et furieux, un voyant extra-lucide qui perçait à jour les portefeuilles des millionaires à travers leurs costumes en alpagua, une précieuse vieillotte très à cheval sur son hygiène corporelle et au goût très sûr en matière de femme, entre autre, un irrésistible clown qui était aussi trapèziste, équilibriste et jongleur dans un cirque où l'on ne s'ennuyait jamais et où la peur le disputait à la joie. C'était aussi un insupportable mégalomane, un branleur de génie qui savait s'amuser et faire de sa vie un spectacle monnayable en espèces sonnantes et trébuchantes. Un espagnol aussi, mystique et franquiste, de l'ancienne école, celle qui ne rigole pas avec les symboles car ils sont animés. Ce n'était sûrement pas un grand artiste, à coté de Picabia, d'Ernst, de de Chirico il est pauvre en formes. C'était lui la Forme de son art et voici deux photos de Philippe Halsman qui le mettent en scène dans une folie pas si douce, assez agressive pour tout dire, mais ça aussi était dans le champs de son être, la violence et la fantaisie.

mardi 7 juillet 2015

Pour lire les poètes.

Un appel lancé, une petite exhortation à lire les poètes, les si doux, les si violents, les si fondamentaux poètes. Pour avoir le coeur chevillé à la nuit, fut-elle atroce et même midi fut-il déporté à minuit, ceux là connaissent la lumière, les ombres, les tonalités, le partage de ce qui est l'obscur et de ce qui est la clarté et le voyage à faire de l'un à l'autre, incessamment. Leurs mots sont des chalands, leurs vers des mélopées qui accompagnent nos efforts et nos déroutes et les transportent avec nous à l'autre bout de la Terre, qu'ils font venir à nous, docile et insaissable, sauf à l'écouter dans leurs voix, tout le long, du Levant au Couchant, lors d'un eveil bref et salutaire aux signes. Ce sont les uniques défricheurs de ces signes qui marquent notre espace, notre temps et nos fondations. Témoins des mises en Histoires, des Temps d'avant même, des Temps sans poètes et puis de la marche, de l'indicible souffrance et du bonheur sans égal, des tumulus des rois morts aux points impairs de la bête à bon Dieu, de tous les tempéraments plus quelques clefs pour les comprendre. Chanteur insasiable d'un écho humain donné au pied de l'Olympe qui fait trébucher les âmes et leurs juges toujours trop prompts à ne pas entendre les singuliers qui se disent ou se taisent mais sont là, nous. Ecoutez ces chant languides ou fulgurants qui disent nos noirceurs et nos éclairs et les étayent en une maison commune où le mystère nécessaire, juste entraperçu, comme par un geste contre (somme toute une défense) ou un sourire est à l'abri de toute tentative de captation fallacieuse et d'autarcie. Un poète jamais ne donne de conseil, je n'en suis donc pas un pour donner celui de les lire. Ce ne sont pas les mauvais poètes qui manquent, c'est lire les bons qui est important. Lire Léon-Paul Fargue, gardien de notre nuit de par sa veille salutaire et des hauts feux de la ville de Paris dans les cafés qui la défient. Fargue, toujours conscient de la nuit, toujours la fouillant pour y trouver ce que l'aube n'apporte jamais et en ramenant des trésors d'esprit clairsemés de brumes et des peines de coeur coupantes comme un rasoir à main. Le travelo qui tangue, est la marque la plus sûre d'un chant transcendé et humain qui est aussi celui du veilleur de nuit qui quitte son poste à l'hotel pour répondre à une quémande, du fort-des-halles qui porte une carcasse ou du gamin qui  rêve et,  Ô malheur, entend sa mère l'appeler pour le petit-déjeuner. Immense poète lyrique et terre à terre, ras de bitume, plutôt, Fargue fut un poète "considérable", comme ils disait de ceux qu'il aimait et un chroniqueur exceptionnel du tout venant lu au prisme des plus rares Humanités. Il est là, on l'écoute. Parfois, le ton est assez pompeux dans la diction, c'est faire une erreur, lui qui avait peut-être la verve de Rabelais, en tout cas, son appétit (qui a dit que Rabelais mangeait beaucoup ?) et son regard net. Alors, le poète raconte et dit une singulière génèse.

lundi 8 juin 2015

Bonne nuit, Mr Thornhill !

Alors, reprenons les choses là où nous les avions laissées. Maman vient de me border pour la nuit. De sa bouche qui sent la cerise et qui est si douce elle dépose un baiser sur ma joue. Je ferme les yeux puis les ouvre très vite pour saisir une dernière vision du visage de ma mère dont le profil disparait dans la lumière qui jaillit de la porte de la chambre qu'elle entr'ouvre. Mon père se glisse alors sans bruit par celle-ci et dit "Alors mon bonhomme, c'est l'heure." Je frémis d'impatience. Papa s'assied dans le noir sur une chaise à coté de mon lit et commence à parler "Il était une fois..."Je n'existe plus.  Je n'ai plus conscience de moi, je vois dans mon esprtit les choses que mon père décrit et les héros dont il raconte les actions. Toujours, comme tous les soirs sans exception, il y aura de l'action, du suspens, un bref moment d'angoisse aiguë vite surmonté et un beau dénouement, et aussi, une touche d'humour qui m'arrachera un rire etouffé. Mon père se penche sur moi et m'embrasse sur le front. Il dit "Bonne nuit mon fils." - il sent le tabac - et quitte la pièce. Je ne le regarde pas partir. Dans l'obscurité qui se fait dès qu'il a fermé la porte derrière lui, les silhouettes qu'il a évoquées dans mon âme se mettent à vivre et à danser devant mes yeux en une ronde qui marche à ma guise comme si j'étais le vent soufllant sur les feuilles mortes. Il y a là deux croque-morts ridicules, un cheval qui parle et compte, des monstres tristes de n'avoir pas d'oreilles, des indiens farouches et gros fumeurs, un magicien qui disparait toujours au moment où on croit l'attraper, une créature furieuse qui s'appelle une "goule" et qui revient parfois dans le creux de la nuit noire, une jolie petite fille aux cheveux d'or et aux desseins impénétrables... Cela tourne devant moi, je regarde bien chaque détail et puis mes yeux fatiguent, ils se ferment et je m'endors. Ce qui se passe alors dans ma tête quand je dors semble appartenir à une autre vie, une vie innervée de la vraie mais une autre vie quand même, différente, inaccessible, étrange. Dans cette vie, mes deux parents sont déjà morts plusieurs fois, moi-même, j'échappe à la fin par des subterfuges sans logique ni potentialité, des miracles. Mais dans quel ordre de la réalité ou de la fiction sont vraiment les miracles ? Dans les baisers successifs de mes parents ? Dans les histoires sans fin de mon père ? Dans les songes plus ordonnés qu'il n'y paraît de la nuit et du sommeil ? Quelque chose a été inventé pour décider de cet indécidable et c'est le cinéma. Pourquoi non ? Oui, après toutes les misères de l'existence et les repentirs de la fête qui finit, pourquoi pas un petit film, cette nuit, dans le noir ?

jeudi 4 juin 2015

Chuck Blazer : Ballon d'or tous les ans depuis 20 ans !

Moi, j'aime le foot. Je trouve que c'est un beau sport qui mèle joliment exploit individuel et action collective. Il y faut du physique, de la stratégie et parfois, un peu de ce "génie" du sportif qui transcende le geste corporel et le transforme en perfection en mouvement. Par contre, tout ce qui est en dehors du cadre strict du sport football me révolte profondément : les joueurs surpayés, les supporters partisans jusqu'au meurtre, les commentateurs, l'importance que ce sport a dans la société, les clubs et leur marchandising et...les instances mondiales pétées de la thune de la corruption.
Blatter a démissionné hier de son poste de Président de la F.IF.A (Fédé du foot mondial)., justement à cause des "soupçons" de corruption qui pèse sur sa petite organisation mafieuse, et ça fait un peu plaisir quand même. Quelque part, le monde est bien fait. MAIS il était bien fait aussi AVANT que Blatter ne démissione et que le F.B.I ne mette son nez dans les vases de nuit des dirigeants du foot. Et si le dit F.B.I. a eu besoin d'une taupe pour mettre à jour un système de corruption bien rôdé, on s'aperçoit vite, en jetant un coup d'oeil sur quelques clichés et habitudes de vie de cette taupe, le faramineux Chuck Blazer, que l'argent qu'il palpait pour faire voter sa Fédération de foot (celle de la CONCACAF, la zone de l'Amérique du nord et des Antilles) pour l'attribution des différents Mondiaux aux pays hôtes (dont la France) n'a jamais été dans d'aussi bonnes mains - grassouillettes - que les siennes. Ce type sent l'argent sale a plein nez et, en même temps, respire la façon la plus odieuse et la plus naturelle de le dépenser, ce qui lui confère une effronterie qui a simplement annihilé toute idée de honte. Cet homme est le meurtrier souriant de la décence, et, franchement, avec ces 200 kilos et sa barbe de Père Noël, sans parler de son sourire Colgate universel, ça lui va comme un gant. Il a tellement la tête de l'emploi et il a si bien travaillé son rôle qu'il en devient hilarant, en crapule cynique et joviale cachée derrière un ballon de foot. Alors, quelques illustrations en couleur.  Vous allez voir, c'est à ne pas croire. Nous pénétrons maintenant dans l'univers de Chuck Blazer, attachez vos ceintures !
Et une petite photo avec Bill Clinton. Qui est le Président ?
Moi, je vote pour celui du milieu, il a l'air en forme !
Et une petite photo avec Poutine.
Y'a pas, Vladimir est sous le charme !
Et une photo avec Miss Univers 2011. Le genre de personne qu'on croise tous les jours au métro Barbes-Rochechouart.
Il sourit mais faut pas lui en raconter, il sait tout AUSSI sur les élections de Miss Univers ! Attention ma petite, helter skelter !

Mais Chuck a d'autres cordes à son arc. Ainsi il est artiste amateur à ses heures perdues, et artiste conceptuel même ! Tous les matins il photographie ce qu'il voit par la fenêtre de l'endroit où il se trouve et compose les fameuses "Séries de chambres avec vue" que les collectionneurs d'Art les plus avisés commencent à s'arracher à prix d'or.
A Miami, quand il se lève, Chuck photographie la vue qu'il a de son palace. Tout simplement.

Facétieux comme Jeff Koons il ajoute cette légende pleine d'esprit corrosif" Comment sait-on qu'il fait mauvais temps à Miami ? Il n'y a personne autour de la piscine !"
Aux Bahamas, il modifie légèrement le cadrage mais le chiade quand même. Et de mettre ça sur Facebook pour parachever la démarche artistique anti-establishement


Comme on le voit Chuck Blazer était un homme occupé qui était sans arrêt parti par monts et par vaux pour promouvoir son sport ! On l'appellait "Mr 10%" car il se sucrait de ce pourcentage sur tous les contrats ou malettes qui lui passaient entre les mains. Alors, il est pas bien fait le monde ? A-t-on déja vu une preuve vivante, plus vivante, que l'abjection est une fontaine de jouvence pour qui sait s'y baigner jusqu'aux dents (pour garder du mordant) ? J'ajoute, pour ceux qui douteraient encore du bien-fondé de la vie rêvée de Chuck et, partant, de mon humour mal placé, que cet homme louait un appartement dans l'immeuble le plus cher de New-York pour y héberger ses chats ! Oui, Monsieur, ses chats ! Ah ! Ah !
Allez une dernière pour la route. Il pose là avec deux autres mafiosi en chef de la F.IF.A., Blatter et le très rigide Beckenbauer, dont on voit bien qu'il n'est pas là pour rigoler et que son plaisir est une affaire sérieuse mené à l'allemande. Blatter à encore la force de lever le pouce.  Quelque temps plus tard, il jettera l'éponge sous l'opprobe de la foule changante massée autour de l'arène. Chuck, plus finaud, a dit "Okay" au F.B.I. Un sacré dribble pour quelqu'un qui ne voit pas le ballon si on lui met dans les pieds
Sa chanson preférée :




lundi 23 mars 2015

Visions extrèmes.

Faire de la peinture figurative c'est être cruel. C'est coucher sur la toile quelque chose qui résiste, le réel, le dompter, lui arracher un secret. La peinture c'est le "devenir image" du réel qui s'oppose par sa profusion, son énoncé indescriptible, inénarrable, son encombrement essentiel. L'ordre vient donc et le plan et le secret qui se dérobait : la vision. Tout peintre figuratif est un visionnaire, l'abstraction est seconde mais naît de ces visions, c'est une vision qu'on pourrait croire sans socle réel. C'est faux, c'est toujours au réel que les formes sont arrachées, volées, comme le feu par Prométhée. Seuls voient ceux qui ordonnent à leurs yeux de voir, qui appliquent des règles, mêmes celles du chaos. L'idiotie de l'Art conceptuel vient du fait qu'en faisant appel à l'intelligence pour agencer notre vision, il a été cru par certains qu'il valait bien mieux agencer des idées que des formes. C'est une aberration. L'Art est intelligence, il ne fait pas appelle à elle, il est chiffrement et déchiffrement, il n'a nul besoin de code, il les contient, il les excède. Car il ne faut pas oublier qu'au bout de la formule se trouve la Magie. Depuis le paléolithique l'Art est, par essence, magique. Il ne faut pas y croire pour le voir, il suffit de se rendre disponible et viendront les apparitions.
En voici deux d'un peintre peu connu car mort trop jeune, en 1870, Frédéric Bazille. C'est sauvage. Il ne prend pas de gants et pourtant c'est délicat. Paradoxe d'un peintre qui fait rendre quelque chose au réel qui se refuse parce que justement, il est une chose, et que les hommes y voient autre chose, qui les concerne, eux et les Dieux.


mardi 10 mars 2015

A man vanishes.

Me voici revenu à Bashung. Comment cela se fait-il ?  Je l'ai méprisé tant d'années... Peut-être la mort que je sens présente. Je l'avais quitté en 1986 avec "Passé le Rio Grande" et le mirobolant single "S.O.S. Amor", subtile et bavarde éclaircie d'absurde rigolo du parolier Boris Bergman et me voilà en train d'écouter "Comme un Légo", prêté au déjà malade Bashung par le grave et impitoyable Gérard Manset. On ne peut pas dire que la vie ait été légère à l'alsacien. Il avait trouvé une sorte de posture d'équilibriste du désespoir toujours élégant du temps où je l'écoutais plus jeune. Les bombes H et les SS 20 étaient désamorcés par des rires francs et terribles qu'on osait pas pousser jusqu'au bout, jusqu'aux conséquences ultimes, trop trash, trop, violentes. Bashung nous aidait à dédramatiser, chic envapé de fumées trop épaisses qui traînait sa carcasse dans les mêmes parages que nous. "Nous" ? Une bande d'artistes trop frais, trop naïfs, trop méchants, pas assez durcis, pas assez cyniques, pas assez comédiens. Des branleurs. Le temps a fait son oeuvre délétère. Et là, paf, maintenant, "Comme un Légo". Chloé Mons, la compagne de Bashung, disait un jour qu'elle s'était engueulé avec son homme parce que celui-ci avait décidé de la chanter sur scène et que, pour elle, ça voulait dire que Bashung abdiquait devant la Mort qui arrivait. C'était vrai. On ne chante pas les chansons de l'oracle Manset sans conséquence et le trouvère grave trouvait là un exorcisme final dans la litanie sépulcrale qu'il fallait sortir sans tergiverser, les yeux dans les yeux de la Mort et le poids de la Vie sur les épaules. Bashung à eu à coeur de finir comme ça, dans le sublime et calmement. La Beauté n'est plus alors une option, une conséquence, "toujours ça de pris", c'est un cadavre qu'on exhibe sur ses genoux et qu'on fait parler comme une poupée de ventriloque. C'est ce qu'il s'est astreint à faire, durement, lentement, sûrement, sans défaillir. Puis il est mort, bien sûr, libéré d'une quête aboutie, loin du Rio Grande, loin des oiseaux et des lavabos, simplement mort.


mardi 3 mars 2015

Plus haut la Pop !

La musique populaire moderne peut prendre toutes sortes d'aspects, ironique et acidulée pour les Deerhoof, fol-dingue et poétique pour le Captain Beefheart et son Magic Band, technique et imposante pour King Crimson et arriver par là ou ailleurs à des productions étonnantes de subtilité et de complexité. On frôle là l'Art avec un grand A et même on a les deux pieds dedans, comme avec le grand frère Jazz par exemple, le tout grâce à des envolées d'improvisation lyrique envoûtantes, ou des performances Poético-rigolotte au sérieux second degré, voire des démonstrations de force fantaisistes. Les ambitions de la Pop ne datent pas d'hier et l'emportent loin au-delà de ses fondamentaux (Deux minutes trente secondes, couplet-refrain-pont. Le Bonheur.) dans des territoires inexplorés de musiques nouvelles qui n'ont plus grand-chose à voir avec les ritournelles plus ou moins propres qui font shaker les booties et saliver les bouches avides de baisers.
L'Art de la chanson est complexe et nécessite des savoir-faires qu'on ne peut finalement attribuer qu'aux vrais artistes, ambitieux et complets; la musique simplement et pleinement telle qu'on peut parfois l'entendre issue du terrain fertile de la tourbe primitive est directement de leur ressort.
Voyons ici quelques artistes aux prises avec leur Art.
Déjantés et amusants, les Deerhoof en concert. Un bain de jouvence.

Vaudou et âpre, le Captain Beefheart et son Magic Band. Fou.

Je mets cette autre petite vidéo du Captain car on y voit certaines de ses belles toiles (Il peignait en sus.)

Grinçant et parfait, King Crimson augmenté d'Adrian Belew. Attention, on voit Robert Fripp sourire. Ca peut troubler.

dimanche 4 janvier 2015

Le Marcher de l'Art.

En matière d'Arts Plastiques, il y a des voyages lointains et riches à faire, de grands efforts un peu durs qui s'avèrent bientôt amplement récompensés et des choses à ne pas louper dans un périmètre géographique pas forcément géant. Tout ça c'est possible, ce ne sont pas les Musées et les Expos-rétrospectives qui manquent. Ouais. Ouais, ouais, ouais. Mais ça c'est l'Art au garde à vous, qui bombe le torse, qui fait le beau dans des écrins architecturaux et technologiques à la fréquentabilité et à la sécurité sans faille. C'est L'Art en cage, et c'est limite si ce n'est pas l'Art en panne. Il est un remède souverain pour lui redonner de la vitalité : marcher un peu dans le centre d'une grande ville et regarder autour de soi. C'est incroyable ce qu'on peut voir. Il y a des interventions artistiques partout dans la cité ! Au-delà des affiches déchirées et recomposées qui font du Villeglé à sa place, c'est à dire dans la rue, nombre d'artistes anonymes et néanmoins décidés, voire talentueux se saisissent de l'espace public pour y imprimer tout un catalogue de formes étranges qui viennent frapper l'oeil de celui qui l'a ouvert et alerte. Ce n'est pas nouveau, certes, mais ce ne sont pas non plus des graffitis au sens classique, c'est à dire "Hip-Hop" du terme. Il s'agit de formes plus abstraites ou disons, moins déterminées, on ne sait pas, peut-être dues en partie au hasard, aux explorations nocturnes, déviantes et alcoolisées de quelques artistes souterrains. C'est selon le feeling de chacun, son inspiration. Ca disparaît parce que c'est lavé, ou alors c'est sommairement recouvert d'un enduit qui fait lui-même jaillir une forme paradoxale, moins forte mais bien là aussi, et ça rejaillit un peu plus loin, à nouveau plus exubérant. Il y a peut-être là des codes indéchiffrables sauf à quelques paranoïaques qui ont bien le droit à leur pitance quotidienne, des affirmations en demi-teintes sur des poubelles à fond sempiternellement vert, printemps un peu longuet à qui aime l'automne, le jaune et le rouge. Des hiéroglyphes à usage unique ou multiple qui scandent la promenade et la chamboule au coin d'une rue pour lancer l'appel d'une émotion fugace ou tenace. Bref, il y a des tas de trucs à voir pour peu qu'on lève le nez et qu'on regarde autour de soi. Je vais mettre quelques photos que j'ai prises à Rennes, dans un périmètre très petit. Des trucs que j'ai trouvé notables, sainement disponibles pour tous. C'est fouillis, il y a un peu de tout mais en tout cas c'est riche et ça offre un salutaire coup d'air frais (il fait froid, c'est l'hiver) à la Biennale d'Art Contemporain qui vient d'avoir lieu à Rennes et qui sent déjà le renfermé.






















Attendez ! Je ne prétends pas avoir inventer la poudre, je prétends qu'elle marche et que, là, l'Art étonne, l'Art détonne et que mon petit cœur curieux fait "Boum"!

In the beginning : The Beatles

Je mets ça, c'est pour les fans des Beatles comme moi. M'enfin, ça demeure quand même accessible à nombre de personnes. Un truc charmant qu'ils (je sais pas qui c'est au juste "ils") devrait généraliser à l'ensemble de la discographie du groupe, histoire qu'on comprenne un peu mieux COMMENT ça se fait que ça "sonne" comme ça; c'est à dire incroyablement bien pour un enregistrement fait sur un magnétophone quatre pistes (de nos jours, on en est à plus de cent). Donc là, chaque piste est jouée séparément et puis on entends le mix final après. C'est à la limite de la magie, en fait c'est un travail d'orfèvre. Pour cet album, "Sergent Peper's Lonely Hearts Club Band", tout le monde s'est mis sur son 31. L'époque était aux bonnes vibrations d'amour libre et de paix, les fringues étaient VRAIMENT classe, George Martin savait ce qu'il faisait de A à Z, sous la férule de John, Paul George et Ringo, même l'énervé Lennon semblait radouci. Résultat, un truc imbattable "l'Album" avec "A" majuscule de ces années-là, un fleuve presque narratif et hallucinogène de musique idyllique d'intelligence et de beauté, ici réduit à quatre pistes pour qu'on puisse bien voir ce qui se passe au plus près de la marmite dans laquelle le ragoût a mijoté. Et c'est simplement passionnant. Allez sur Youtube et tapez "Deconstructing Beatles" il y en a pas mal des comme ça, moins l'infernal design visuel vintage au poil.

lundi 29 décembre 2014

2014 : Jazz is going down (up?) with Snarky Puppy

Et le Jazz ? Et le Jazz en 2014 ? Bof, c'est poussiéreux, ça tourne en rond, c'est vieux, c'est mort. Dans dix ans le Rock en sera au même point. Plus rien à en tirer d'actuel, de contemporain. Pourtant, des petits jeunes ou des vieux malabars continuent à en faire et du bien jeté. Évidemment ce n'est que de la resucée de untel et untel, il serait faux de dire que ça vient de sortir de l’œuf, néanmoins, ça frétille parfois suffisamment de la queue pour qu'on en fasse notre quatre heures. Zappa disait "Le Jazz n'est pas mort, il a juste l'air bizarre" ("It just smells funny"). En dehors de la fixette habituelle de Zappa pour les odeurs on peut dire, grosso modo, que c'était vrai à son époque. Là, c'est fini, on retourne juste le cadavre de temps en temps comme il se doit et on remarque que le salopard a encore de bien belles sapes, toujours les mêmes mais classe. Zappa fait justement partie de ce qu'on entend quand on écoute la bande de joyeux drilles qui s'active sous le nom de Snarky Puppy, mais aussi Weather Report et Stanley Clarke. Si Zappa est bien mort, Clarke est bien vivant. Ca ne l'empêche pas de se recycler avec plus ou moins de bonheur comme tout le monde "ad vitam aeternam" et même "ad nauseam". Mais là n'est pas le sujet. Le sujet c'est ce collectif de Texans installés à New-York, qui oscille entre 10 et 40 musiciens et qui trouve dans le corps fraîchement embaumé du Jazz matière à exprimer leur vitalité, leur énergie, leur maestria sans-gène pour les aînés. C'est assez revigorant, il faut bien le dire et ça en viendrait presque à cacher l'odeur de décomposition qui plane sur Congo Square. Et pour tout dire, pendant quelques minutes, ça fait la blague. Et on se croirait revenu 30 ans en arrière sans que le passé nous remonte trop à la gorge tant les petit gars semblent éprouver une joie vitale à jouer et tant ils nous la font partager. Comme quoi, les petits arrangement avec les morts permettent encore d'éviter que leur poids suffocant ne nous étouffe prématurément. Je dis ça, c'est valable dans tous les domaines. Dans le Jazz, c'est juste très marqué, ce qu'il faut faire pour rester en vie malgré tout. Néanmoins, si vous le faites, ça peut aussi être un élixir de longue vie. Pensez-y.
Je mets deux morceaux "What about me" et "Lingus".



En guise de post-scriptum, je voudrais juste signaler quelque chose : que parmi une flopée d'artistes vocales qui n'en finissent plus de mâchouiller leur scat en français dans le texte (Diane Reeves, Stacey Kent and Co...) se dégage, singulière et neuve, la voie puissante et rebelle de Youn Sun Nah, qui se tire haut la main de ce qui pourrait être les pires naufrages (comme la relecture de "Dark Side Of the Moon" arrangée pour Big Band électrifié par Nugyen Le ! Si, si ça existe !). La preuve par l'image Et le son dans cette reprise impeccable du casse-gueule "Avec le temps" de Léo Ferré.

vendredi 19 décembre 2014

Guided by voices : Pure magic.

Ecoutez ce petit morceau de Guided by voices, il est plein d'harmonies entre les guitares, la basse, la voix qui réjouissent l'oreille, la font frémir d'aise. C'est simple, un bon rock, un rock vivace avec un soupçon de mélancolie.
- Alors, ça va mieux mon gros loup ?
- Fous-moi la paix sale con !
- Ah la la, toujours de mauvaise humeur, hein mon bichon ?
- En tout cas c'est pas toi qui va me redonner le sourire, abruti !
- Allons, allons, fais risette ! Aie ! Mais pourquoi tu me mords, enfoiré !
- C'est ce que j'ai vu de plus marrant à faire. Voilà.
Guided by voices : "My kind of soldier". Let's go.

mercredi 19 novembre 2014

Wilson, Wilson et Wilson.

Quand Brian wilson s'est mis en tête qu'il déclenchait des incendies à l'autre bout de Los Angeles par la force de sa musique dont il ne savait plus si elle était vouée à Dieu ou au Diable, il a fallu que les autres Beach Boys se démènent pour palier à la défaillance mentale de leur compositeur en chef. En fait, cette semi-dispartion de Brian a été une aubaine pour ses frères Carl et Dennis, auxquels elle a laissé le champs libre. A vrai dire, tout le monde s'y est mis, Mike Love et Al Jardine en plus des deux frères, et des membres moins connus des Beach Boys, comme Bruce Johnston, appelé en renfort et que la défection de Brian Wilson a ramené en pleine lumière alors qu'il avait composé un des meilleurs albums de Surf-Music de l'époque quelques années plus tôt. N'empêche, il y a une veine Wilson, un filon, et une histoire de famille vécue ensemble a gravé quelques sillons communs dans la psyché des frères et leur manière de faire et de composer de la musique. Il y a chez Dennis et Carl la même félure que chez leur ainé, le même désespoir foncier et la même joie primesautière. Pas à pas, minute par minute ils ont lutté contre la Folie qui les guettait par le même moyen : la Musique. Brian ne s'en est pas dépêtré et la Musique elle-même est devenue partie de la Folie, une ennemie ; il a fallu arrêter d'en faire, un temps. C'est un vaste gâchis que le naufrage d'une des plus belles inspirations musicales du XXeme siècle, tout genre confondus, y compris les plus nobles. Mais on peut retomber sur ses pieds, peut-être sur des terrains moins aventureux mais avantageusement plus sécures, en écoutant les musiques que Dennis et Carl firent pour les Beach Boys et pour leurs carrières solos. L'inspiration commune est bien là (et là, il faudrait évoquer le Père Wilson), quelque chose de tangible, un parfum, une effluve, peut-être l'écume de l'eau du Pacifique tout proche.
Alors, trois choses. Tout d'abord, un extrait d'une émission ("Inside Pop : The Rock revolution") que fit Leonard Berstein pour démontrer à tous, et surtout aux parents récalcitrants, que la musique qu'écoutait leurs enfants n'était nullement du bruit pur et simple. "Lenny" savait tout, faisait tout, avait tout essayé, y compris des choses inavouables. Il était largement aussi hyper-actif que Karajan et largement aussi cinglé que lui. Dans cette émission, on voyait Brian Wilson chanter "Surf's up" en s'accompagnant au piano. Le son n'est pas terrible, on s'en fout, c'est effectivement bluffant.

Quatre années plus tard Carl nous pondait cette petite pépite sur l'album qui s'appelait effectivement "Surf's up", chanson qui était restée en stand-by après le naufrage de l'album qui aurait du s'appeler "Smile" et sortir en 1967 et la mise en jachère du cerveau de Brian. C'est magnifique. "Feel flows"

Dix ans plus tard, Dennis a déjà fait paraître une perle en 1977 avec l'album "Pacific Ocean Blue". Il travaille comme il peut, son mode de vie étant assez erratique et ses rapports avec les autres Beach Boys pas toujours simples, à un deuxième effort, mais il mourra malheureusement noyé avant de l'avoir achevé. Cet opus est sorti à titre posthume sous le nom de "Bambu" (The Caribou sessions). Il s'y trouve cette chanson dont je trouve les harmonies (le début me fait frissoner) remarquables et dont la deuxième partie aurait pu me faire aimer le Prog-Rock si je l'avais écoutée avant d'écouter, mettons, les Cure. Superbe "Are you real ?"

Dennis Wilson présente la particularité de jouer mal de la batterie sur ses propres compositions, ce qui n'est pas le cas de tout le monde et en particulier de Ringo Starr, qui, lors de sa carrière solo prolifique, a massacré sans vergogne des chansons écrites par d'autres dont il faisait des tubes par une sorcellerie inexpliquée à ce jour. (Avec les Beatles, il était parfait). Bravo Dennis, donc.
N.B. : 1988, Brian a retrouvé une partie de ses moyens et, sous l'égide d'un psy plutôt bizarre, sort un album solo. Il n'est pas génial a l'exception de la suite de huit minutes qui s'appelle "Rio Grande". C'est du bon, du très bon Brian Wilson, qui regarde sans loucher vers ses travaux passés les plus ambitieux et semble les raviver en cette gemme précieuse. Brian Wilson : "Rio Grande"

Coda.

mardi 4 novembre 2014

Driven to the ground.

                                  Cauchemar d'Hiver.


Reverrai-je le Printemps cette fois ?
Et le mois des Fièvres me trouvera-t-il nu dans le tourment ?
Mes forces baissent déjà à l'idée glacée de l'Hiver
Me faudra-t-il mourir contre un radiateur ?
Cherchant une chaleur qui fuit mon corps lassé
Mon âme fatiguée vacillante et prête à s'éteindre

L'Hiver arase ceux qui doivent choir
Elle fait le tri, elle ne donne pas de choix
Ne laissant pousser que des roses noires
Qui font couler aux rouges épines
Des mains tranchées un sang vénéneux saturant l'air

Je sais venir d'épais murs de pluie
Détrempant le jour en buvard tâchés d'encre
Je sais que je n'aurais qu'un recoin pour me protéger
Et mes yeux fermés
La nuit trop tôt venue émiettera la lumière
En des lambeaux de crêpe noir et ce deuil m'emportera
Jusqu'au pâle midi du lendemain, vite blanchi
Pour de nouvelles obsèques.

Et viendra comme la suie, la neige
Pour griser mon enterrement quotidien
Jusqu'au moment où je n'aurais plus la force
D'émettre ni son ni tocsin, muet à tête basse
Comme un mulet brisé sous le faix

Et je ne serai délivré de rien quand je mourrai
Mon cœur, pris de glace, gèlera avant
Que j'ai pu prier ou me préparer
Ma pensée mourra nette, isolée dans mon crâne
Inerte, sans émotion pour la porter

Alors je vais finir dans un temps de tempêtes ivres de leur force
Enfermé dans le souvenir de la douceur de jeunes feuilles
Frappe au cœur froidure et mène-moi à mon néant
Moi qui n'ai plus que l'idée unique
D'un chaud zéphyr d'abeilles et de papillons

mercredi 29 octobre 2014

"Dis-moi oui !"

L'autre jour une amie me souhaita mon anniversaire en me disant de lui écrire un petit poème pour le sien qui arrivait bientôt. En fait, il se trouve que c'est le 30 octobre, c'est à dire dans quelques heures. Cette amie et moi nous sommes quelque peu chauffés la couënne mutuellement ce qui est une belle et bonne chose mais dans la mesure ou elle ne commence à tomber amoureuse de moi qu'une fois passée une distance de deux milles kilomètres, je ne vais pas me casser pour lui pondre un truc chiadé (Je l'ai déjà fait en plus ! Elles ne sont jamais contentes !).
J'ai mieux.
En guise de "Happy Birthday", j'ai du Audiard pur jus, tiré de "Comment réussir quand on est con et pleurnichard ?" où Carmet n'arrête pas de déclamer ce texte pour faire pitié. Ca marche à fond les ballons. Je crois que c'est la chose la plus lourde de sens que j'ai entendue de toute ma vie. C'est riche, c'est impeccablement beau, soigné. De bien rares vers comme on aimerait en lire plus souvent, s'il était seulement possible de s'approcher du subtil génie créatif qui les anime....

                                   Ce matin au bord de ma croisée
                                           S'est posé un pigeon

                   Et comme je lui confiais les secrets de mon coeur
                   Il est parti vers toi le pigeon voyageur

                   Mais je sais que demain l'oiseau va revenir
                   Et suivant ta réponse me rendre le sourire

                  Oh ange de douceur, étends sur ma souffrance
                  Le charme caressant de ta douce présence
                  J'ai recueilli pour toi les sanglots de la nuit
                                                 Dis-moi oui

Voilà, c'est-y pas beau pépète, hein ? Spécial dédicace pour toi de ma part et de celle de Michel Audiard qui a vraiment tout mis.
Un petit coup doeil a Carmet le lisant à voix haute. J'ai quasiment le même look.

jeudi 16 octobre 2014

Je dis "Sayonara" à la Raison

Il y a longtemps, très longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Je suis fasciné. Complètement marabouté. Par une Star, une chanteuse de Pop électro. Je suis comme un gamin qui se couperait je ne sais quoi pour passer  un moment avec elle. Je la trouve intensément belle et sexy, je la vénère, je la b..... bien; avec délice. Je la trouve démonstrative; elle joue ses chansons, elles est dedans et je trouve ça touchant. Physiquement, elle a plein de défaut, elle est prognathe, elle a de gros bras, des pied tordus. Elle a deux tatouages à la con, mais je la trouve quand même à damner un saint (j'en suis presque un) et, à mon avis, le nombre de chance sur mille pour qu'elle soit con est infinitésimal. Dans la vidéo je suis particulièrement aimanté par son visage que je trouve d'une beauté hors du commun. Il est très expressif, très vivant. Sa peau est d'une matité que je trouve spéciale, elle appelle la caresse ou la gifle. Elle mérite cent fois la fessée. Ses lèvres sont d'un rose que l'on dirait non-feint, et peut-être leur parfum est-il d'une délicieuse guimauve ? Je délire. Ses mains sont biens aussi et bon.... je ne vais pas m'étendre sur le sujet des mains des femmes et de ce qu'elles en font quand elles ne les occupent pas à tenir des cornets de glace italienne ou des micros mais...voilà, voilà. Tout cela est enfantin. Une jeune amie me l'a fait sentir, dans le genre "A ton âge, vieux cochon !" Non, cochon sénile peut-être mais pas vieux cochon. Je ne fais pas encore la sortie de collèges. Je n'avais pas éprouvé cela pour un Star de la Pop depuis ma passion inassouvie pour Sheila E., la batteuse de Prince. Enfin, inassouvie, inassouvie, c'est vite dit, j'ai bien trippé tout de même à cette époque et la jolie garce (ô le beau mot) hispanique me fournissait de quoi fantasmer. Là, l'adorable métisse suédo-japonaise nous gratifie d'une version de "Cat Rider", tiré du dernier album, sur laquelle elle chante juste (le morceau n'est pas facile). Emouvant. En plus du reste. Le DJ, dans son petit laïus du milieu de la vidéo (on voit bien qu'il est accro aussi, le mec) nous annonce benoitement que le lendemain Little Dragon va faire un duo live avec Dam Funk, producteur en chef des derniers Snoop Dog et Maître es-claviers funky. J'aurais bien aimé voir ça. S'il y a une vidéo, je la mets, promis !

Tiens j'ai retrouvé une vidéo de mon ancienne tocade du 20eme siècle. Dire que Sheila E était sexy est un euphémisme. Pour un peu il y a un de ses nibards qui se ferait bien la malle, tellement il a envie d'éclater de jubilation à la face du monde. Il faudra, pour voir un sein en direct à la télé américaine, attendre le pénible show du Superbowl avec Justin timberlake et cette pauvre Janet Jackson. Un scandale bien ennuyant.

samedi 16 août 2014

Everytime we get together.

L'autre jour, en écoutant une vieille cassette-compilation (Oui, une cassette les jeunes, une antiquité !) je tombe sur ça. C'est une des plus belles chansons d'amour jamais écrites et elle fonctionne toujours à plein. Elle est signée Lloyd Cole et est jouée par l'auteur et ses Commotions. Manque de bol pour lui, même s'il reste un honnête song-writer il n'a pas été capable de reproduire ce coup de maître. Dommage. Reste que la chanson est frémissante d'émotion tout du long et qu'à la fin, quand les guitares arrivent, c'est une joie sans mélange, une exultation.

Llyod Cole, qui a laissé des plumes dans cette chanson, c'est le beau ténébreux en bas à droite. "Like a forest fire" : l'Amour incendiaire ne laisse jamais indemne, quand il laisse en vie.

vendredi 15 août 2014

Une petite voix m'a dit...

Purée, ça tombe comme à Stalingrad ! Little jimmy Scott est mort le 15 juin dernier et je viens de l'apprendre. Toutes les disparitions ne sont pas traitées avec la même intensité médiatique. Pourtant, lui, il était bon, incroyablement bon. Il avait une voix de haute-contre unique dans l'univers très sexuellement défini du Jazz, d'un coté les hommes, de l'autre les femmes. Lui, il chantait avec une voix de femme et n'était pas pédé. Le grand public, dont je fais partie, l'a re-découvert dans les années 1990-2000, grâce à deux album de reprises où l'on trouve en particulier ça, la plus belle version de "Nothing compares to you" composé par Prince. C'est tout simplement merveilleux et ça nous fait oublier la petite larme de Sinead O' Connor. Quand à la version originale et a celles de Prince....ah, c'est une autre histoire....
nnnn
Vous ne savez pas quoi faire après ça ? Oh, vous pouvez toujours cliquer sur la version de "Purple Rain" par Etta James, c'est plus balisé mais quand même très au-dessus de la moyenne. Miles Davis avait raison de dire que "Prince était (est) un Duke Ellington de notre temps."