Je pense que les Etats-Unis sont un bordel inter-ethnique et inter-culturel d'une ampleur dont on a pas idée en France et en Europe. Au bout de quelques trois siècles de brassage raté, chaque race m'a l'air d'avoir les armes aux pieds, prêtes à servir contre un "ennemi" de toujours si par hasard un "frère" venait à avoir un pépin. Les blancs, en particulier, m'ont tout l'air d'avoir la gâchette facile quand il s'agit de flinguer du "nigger" et, en retour, ceux-ci sont désormais suréquipés d'armes de guerre pour défendre leurs territoires et leurs business, le tout sous le regard d'un Etat central bienveillant qui préfère voir ses citoyens s'entre-détruirent plutôt que de se rebeller contre une dictature du marché et de la finance. De toute façon, il y a longtemps que l'alpha et l'oméga de la vie politique, et de celle de tous les jours, est le billet vert et les différents moyens de les amasser. Il n'y a plus de combat que pour la vie et rien de plus. C'est terriblement régressif comme ambiance et, dans ce pays, il vaut mieux devenir une machine à tuer qu'un être humain. Ceci étant dit, la Liberté qui règne aussi là-bas permet à la vitalité de certains, artistes entres autres, de nourrir des formes d'expression incroyablement vivantes et pleine d'énergie, qui peuvent, elles, être source de mélanges, de croisements, de rencontres. Résultat des courses, les "niggers" et les "whiteys" se retrouvent parfois autour d'une guitare ou d'un poème (rap ?) pour le ou la partager avec une force décuplée, gagnée sur tout ce qui est là pour empêcher qu'il y ait quelque chose au lieu de rien. Et là, ça devient tout de suite assez géant. Un bon exemple de ce métissage rayonnant est ce qui se passe régulièrement chez le chanteur blanc de soul Daryl Hall et qui est retransmis sur le net. J'en mets trois exemples tonitruants. D'abord, Billy Gibbons des ZZ Top vient jammer le Blues avec Daryl et ses petits amis sur son classique "La Grange". Dans l'ordre, Billy entame les hostilités par un solo de grande classe au style reconnaissable entre mille, le second guitariste est moins dedans, puis le premier clavier prend la relève un peu mollement avant que le troisième guitariste ne morde profondément dans le lard et que le second clavier ne se déchaîne comme un aliéné enfin libéré. Notre héros reprend la main et là intervient un petit laïus de Gibbons sur....B.B. King et le tirant des cordes de guitare des bluesmen. C'est un peu technique mais ça vaut le coup d'oreille et ça me permet de rendre un hommage indirect à cet être humain qui semblait délicieux et qui vient de nous quitter pour entrer dans la légende et l'Histoire, alors que le seul fait de le savoir vivant dans le même monde que moi m'aidait à vivre. Mais Gibbons est encore là et il semble avoir hérité de la gouaille et du bagout d'un nègre du bayou ce qui sent bon l'Amérique généreuse et me rassure.
Ensuite, il y a Smokey Robinson, un des rois de la Motown noire, invité à chanter sur un morceau de Hall "Sara smile", très bel exemple de Soul blanche que le papy-hibernatus sorti du freezer prend manifestement du plaisir à entonner jusqu'à ce que tous les musiciens enchaînent quasi naturellement sur le "Ooo Baby Baby" de Robinson, chanté avec le sourire par notre soulman blanc, Daryl Hall. Pour finir, je mets ici un morceau de bravoure qui voit Hall et sa bande reprendre avec panache et une âme impeccable l'inégalable "Tears of clown" de Robinson qui est, on le voit bien, complètement sonné d'entendre qu'on puisse encore jouer son tube des sixties comme ça au XXI ème siècle. Il va ramer pour recoller au peloton sans y parvenir mais son regard traduit un tel étonnement que, même si le chant est plutôt faiblard, ça reste beau.
Comme quoi, avec un peu de bonne volonté, on peut transcender sa race et ne plus se reconnaître que dans la grâce et la beauté, baumes universels mais pas sans origine. Ici strictement américaine, de ce pays jeune à l'histoire chaotique et qui nous a tant promis.
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dimanche 17 mai 2015
mardi 10 décembre 2013
God Bless Daryl Hall et ses petits gars.
Toujours en live de chez Daryl Hall, une version parfaite du tube de Gnarls Barkley " Crazy", avec le créateur Cee-Lo Green au chant en compagnie du désormais fameux Parrain de la Soul blanche en personne. Il est en sourdine, Hall, et en même temps, il prend une sacrée dimension ; c'est un paradoxe rendu possible par internet, le genre de petit miracle de coup d’œil imprenable sur la création d'artistes très divers qui n'aurait pas eu lieu sans lui. C'est aussi l'illustration parfaite que les artistes ont parfois une idée très claire de ce qu'ils peuvent montrer et de comment le faire. Tout n'est pas encore aux mains des services marketing de tous ordres. Tout n'est pas Daftpunkisé jusqu'au trognon.
Cee Lo - Daryl : "You really think you're in control..."
Daryl : "I really love that song."
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dimanche 20 mai 2012
Live from Daryl's House. Une bonne raison d'avoir internet.
Daryl Hall a eu une très bonne idée. Maintenant qu'il est un peu rangé des voitures, plutôt que de refaire "ad libidum" le coup de la reformation du duo avec Oates et de remplir les stades de nostalgiques des années 80, il a lancé sur le net le show régulier "Live from Daryl's House". Enregistré chez lui, il y invite des copains musiciens de toutes les horizons à taper le bœuf sur les chansons qu'il composa jadis et qui sont devenus, peu ou prou, des classiques. Le tout avant ou après un bon petit barbecue dans le jardin de la maison. Il est sympa Daryl.
L'émission est diffusée sur le net en direct ou en différé. Ainsi on a pu voir Smokey Robinson, Booker T.Jones, Todd Rundgren, Mayer Hawthorne passer faire un saut chez Hall et revitaliser "Sarah smile", 'Wait for me", "I can go for that" et autre "Maneater" dans une ambiance relax, cosy et boisée. C'est à dire trois générations : celle qui a inspiré Hall (Robinson, Booker T.etc, etc ...), celle avec laquelle il a travaillé (Rundgren a produit Hall and Oates), et celle des jeunes qui viennent payer leur tribut à ce petit maître de la Soul blanche ( Mayer Hawthorne, Chromeo etc, etc...). Les musiciens qui aident à l'accouchement sans douleur de ces rencontres sont tous de fringants routards quadras ou quinquas qui n'en sont pas à un petit miracle près, habitués qu'ils sont aux conditions de parturition les plus improbables. Ici, tout est parfaitement au point pour que "ça" se passe bien et résultat, "ça" à effectivement lieu. Ça, c'est quoi ? Et bien, le genre de truc que je met dans la vidéo ci-dessous. Quelque chose d'à fleur de peau et de profond qui fait dodeliner de la tête doucement et suer des mains d'un bonheur un rien suranné.
Voilà le topo : Hall, aux anges, balance une petite version californienne chaloupée de "I can go for that" en compagnie de Chromeo, jeune duo arabo/juif de musique Westcoast, dont un des deux gaillards chavire avec son vocoder-sirop, et aussi de zicos pur jus de papaye, dont un guitariste hors-d'âge au chapeau de paille façon Walter Brennan dans "Rio Bravo" qui emballe un savoureux solo de guitare électro-acoustique. Le tout est du miel conçu pour les oreilles sensibles. Il y en a des dizaines comme ça disponibles sur le net, plus ou moins bonnes, j'allais dire plus ou moins "parfaites", parce qu'on est souvent pas loin d'une sorte de perfection, et à tout le moins, la plupart du temps, on est dans l'excellence. Tout ce truc pourrait être poussif, auto-suffisant, écroulé. Une espèce de branlette de papys sur peau d'ours miteuse devant une flambée d'ennui. Et bien pas du tout, c'est tout à fait réjouissant et je me demande ce qu'attend Bob Dylan pour faire la même chose.
En dessous je met une vidéo de la grande époque d'Hall & Oates, enregistrée au Japon, où l'on voit le talentueux chanteur faire un petit numéro vocal rassérénant. C'est à la fin de la chanson, dans un silence de cathédrale (gloire aux nippons!), il faudra attendre ou faire "fast-forward". A vous de voir.
L'émission est diffusée sur le net en direct ou en différé. Ainsi on a pu voir Smokey Robinson, Booker T.Jones, Todd Rundgren, Mayer Hawthorne passer faire un saut chez Hall et revitaliser "Sarah smile", 'Wait for me", "I can go for that" et autre "Maneater" dans une ambiance relax, cosy et boisée. C'est à dire trois générations : celle qui a inspiré Hall (Robinson, Booker T.etc, etc ...), celle avec laquelle il a travaillé (Rundgren a produit Hall and Oates), et celle des jeunes qui viennent payer leur tribut à ce petit maître de la Soul blanche ( Mayer Hawthorne, Chromeo etc, etc...). Les musiciens qui aident à l'accouchement sans douleur de ces rencontres sont tous de fringants routards quadras ou quinquas qui n'en sont pas à un petit miracle près, habitués qu'ils sont aux conditions de parturition les plus improbables. Ici, tout est parfaitement au point pour que "ça" se passe bien et résultat, "ça" à effectivement lieu. Ça, c'est quoi ? Et bien, le genre de truc que je met dans la vidéo ci-dessous. Quelque chose d'à fleur de peau et de profond qui fait dodeliner de la tête doucement et suer des mains d'un bonheur un rien suranné.
Voilà le topo : Hall, aux anges, balance une petite version californienne chaloupée de "I can go for that" en compagnie de Chromeo, jeune duo arabo/juif de musique Westcoast, dont un des deux gaillards chavire avec son vocoder-sirop, et aussi de zicos pur jus de papaye, dont un guitariste hors-d'âge au chapeau de paille façon Walter Brennan dans "Rio Bravo" qui emballe un savoureux solo de guitare électro-acoustique. Le tout est du miel conçu pour les oreilles sensibles. Il y en a des dizaines comme ça disponibles sur le net, plus ou moins bonnes, j'allais dire plus ou moins "parfaites", parce qu'on est souvent pas loin d'une sorte de perfection, et à tout le moins, la plupart du temps, on est dans l'excellence. Tout ce truc pourrait être poussif, auto-suffisant, écroulé. Une espèce de branlette de papys sur peau d'ours miteuse devant une flambée d'ennui. Et bien pas du tout, c'est tout à fait réjouissant et je me demande ce qu'attend Bob Dylan pour faire la même chose.
En dessous je met une vidéo de la grande époque d'Hall & Oates, enregistrée au Japon, où l'on voit le talentueux chanteur faire un petit numéro vocal rassérénant. C'est à la fin de la chanson, dans un silence de cathédrale (gloire aux nippons!), il faudra attendre ou faire "fast-forward". A vous de voir.
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vendredi 20 janvier 2012
Le Cercle d'Amour (poème galant du 13 ième siécle).
En ces temps-là, Steve Miller, qui avait abreuvé les 70's de tubes et de hits, travaillait dur pour opposer une réponse crédible à la New Wave déferlante. Il a brûler plusieurs fois ses bandes, rendu folle sa maison de disque, harcelé ses musiciens jusqu'à lépuisement et finalement pondu "Circle of love". Voici le titre qui donne son nom à l'album. Tout les énervements punks du monde, toutes les agaceries nerveuses aux dents n'y feront rien, ce morceau est une cure de miel pour les oreilles, un carré de soie pour coucher sa tête et s'y reposer. C'est délectable. Le son est d'une qualité de chaleur, d'une suavité à faire fondre tous les piercings. Ne soyons pas toujours des bêtes brutes semble nous dire ce "Cercle d'Amour", mis au point par Miller. S'il vous plait, écoutez TOUTE la chanson, la guitare de la seconde partie a une patine de sucre roux et une brillance de jour de soleil éclatant et doux que je n'ai jamais entendues ailleurs. Il existe, bien sûr, de meilleurs morceaux dans ce genre, du "Deacon blue" des Steely Dan au "I can't go for that" de Hall and Oates (j'y reviendrai) mais celui-là est vraiment unique.
Milk and Honey donc.
(Je remercie au passage le sympathique internaute qui a retranscrit la matité et la clarté - eh oui, c'est possible ! - du son du vinyle, car c'en est un, en format digital. Vous pouvez toujours vous brosser pour entendre un son pareil de nos jours.)
Milk and Honey donc.
(Je remercie au passage le sympathique internaute qui a retranscrit la matité et la clarté - eh oui, c'est possible ! - du son du vinyle, car c'en est un, en format digital. Vous pouvez toujours vous brosser pour entendre un son pareil de nos jours.)
mercredi 9 novembre 2011
No comment ! White soul again and again !
Si la musique est une drogue, alors, c'est la meilleure. A part la création (voir Charles Baudelaire, expliqué par Michel Butor dans ses "Essais sur les Modernes"). Et bien sur, la drogue ultime, c'est......
lundi 4 avril 2011
La mort du noir et blanc
Et maintenant j'aimerais rendre justice à des petits maîtress de la soul blanche. D'abord Daryl Hall et John Oates, élevés au lait le plus pur de la soul des années 60 ils eurent des hits mérités dans les années 80. En témoigne la compo suivante qui sera reprise par les De la Soul pour ce qui reste à mes yeux un des rares très bons albums de Rap. Il n'y a pas de hasard car il faut savoir que les samples utilisés par les rappeurs noirs sont à 80% issus de disques de musiques noires à l'exception notable de celui-ci ( et de " Do it again" des Steely Dan bien évidemment. ) Les deux à suivre : "I can't go for that" de Hall & Oates "et " Say no go" des De la Soul.
Bien sur les coupes de cheveux sont rocambolesques et les costards un rien voyants mais le talent est là.
Remarquez bien que les jeunes blacks de l'époque n'avaient pas grand-chose à envier à leurs collègue blancs de la soul en matière de cheveux abracadabrantesques.
Un peu auparavant Daryl Hall avait composé ces deux très beaux morceaux.
Et devinez qui a réussi à réconcilier Davis Ruffin Et Eddie Kendricks( les Temptations devenus frères ennemis) en 1985 ? Hein ? La vidéo n'est plus disponible en partage, allez voir sur youtube à Eddie Kenricks & David Ruffin C'est grand pour des petits maîtres.
Ensuite Il y a Robert Palmer. Tout blanc, tout élégant qui fait une soul sophistiquée pleine de feeling feutré et de sons soyeux.
Bien sur les coupes de cheveux sont rocambolesques et les costards un rien voyants mais le talent est là.
Remarquez bien que les jeunes blacks de l'époque n'avaient pas grand-chose à envier à leurs collègue blancs de la soul en matière de cheveux abracadabrantesques.
Un peu auparavant Daryl Hall avait composé ces deux très beaux morceaux.
Et devinez qui a réussi à réconcilier Davis Ruffin Et Eddie Kendricks( les Temptations devenus frères ennemis) en 1985 ? Hein ? La vidéo n'est plus disponible en partage, allez voir sur youtube à Eddie Kenricks & David Ruffin C'est grand pour des petits maîtres.
Ensuite Il y a Robert Palmer. Tout blanc, tout élégant qui fait une soul sophistiquée pleine de feeling feutré et de sons soyeux.
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