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lundi 15 octobre 2018

Dernières nouvelles du front de l'Esthétique

Philippe Sollers appelle ça "La guerre du goût". C'est en effet un sport de combat que l'Esthétique quand on s'y met un peu sérieusement. Gaël Coupé au rapport en cette fin d'après-midi du lundi 15 septembre 2018.
Vu "Avé Cesar" des frères Cohen. Nullissime; Un véritable glaviot sur l'histoire d'Hollywood revue et corrigée façon Cohen. Résultat des courses : "there's no business like show business", les communistes, en plus d'être des traitres, sont des crétins, c'était mieux avant (années 40/50) et Jésus serait la solution à tous nos problèmes si seulement on avait la foi. On dirait que tout est pour le mieux au royaume de Donald Trump.
Vu "A dangerous method" de Davis Cronenberg. Film lumineux et clair sur un sujet scabreux : les relations sado-maso de Jung, alors fougueux disciple de Freud, avec une de ces patientes gravement malade. Il est malin Cronenberg. Pour sortir ce qui devrait être un film d'auteur confidentiel, il met la star hollywoodienne Keira Knightley ,que tout spectateur moyen a envie de voir se faire battre, dans le rôle la malade, Viggo Mortensen, star hollywoodienne aussi, dans le rôle d'un Freud matois et roué plus retors qu'un psychopathe et allons-y pour refourguer "ça" au bon peuple en grandes pompes avec le tampon made in ...Hollywood. Fumant !
Lu "Couleurs de l'incendie" de Pierre Lemaître. Fatiguant et mauvais, m'enfin, j'ai envie de connaitre la fin. Pas étonnant que le mec vienne du polar, genre assommant ou la fin est très importante. (Vengeance, rédemption, mariage etc, etc, etc...)
Lu "Guignol's band" de Louis Ferdinand Céline. Fatiguant et génial. Usant tant l'art et la manière sont déprimants mais pas un mot à jeter. Ca c'est inestimable et ça booste le lecteur qui fonce dans le noir célinien bien connu jusqu'au bout, à bout de souffle et heureux.
Ecouté "Face to face" des Kinks, album miraculeux parmi tant d'autres miracles des Kinks. J'en tire cet extrait qui m'a naturellement conduit à un excellent morceau d'un des disciples les plus intelligents et doués de Ray Davies, je veux parler de Damon Albarn de Blur. "Brit pop" forever.


dimanche 9 juillet 2017

l'été détruit.

Impossible de parler du Rock n' Roll sans parler de folie. Avec le Rock comme expression nous voilà aux confins de la volonté de toute-puissance et de son mirage infantile, de l'auto-sanctification par la destruction subite et jouissive de soi. Le "moi" est autant l'ennemi que ce qui est Grâcié, ce qui compte c'est d'en exploser les limites, et celles du réel dans une fusion régressive.
L'autre jour, j'entendais Henri Dutilleux parler à la radio du Rock comme d'un "phénomène de société" plutôt que comme d'une musique. Il n'a pas tort Riton et le Rock combine plusieurs facteurs sociaux et psychologiques de notre époque autant qu'il en est la quintessence inégalable. Le Rock est en partie le spectacle que la jeunesse conçue comme seul âge vivable de la vie se donne à elle-même dans un culte sacrificiel dont les plus malins tirent fortune et bien-être sans toucher à la camelote qu'ils vendent. C'est aussi parfois une célébration réelle de cette jeunesse, sincère et joyeuse. C'est un suicide que s'inflige, génération après génération, les jeunes qui deviennent vieux de la civilisation occidentale maintenant canonique au niveau mondial. En cela il est moderne et actuel, réactualisé plutôt, sans fin, jusqu'au soubresaut final de bidoche cramée au soleil d'une plage nucléarisée à mort. Le Rock, c'est l'orgasme final répété à l'infini tant que le corps et le coeur peuvent le supporter. les muscles bandés qu'on exhibe dans un abandon et une rage qui trouve à s'exprimer, finalement, puissance impuissante à autre chose qu'à se nier, sublimée en crânerie d'Empire Romain et de Chevalerie héroïque.
Je suis peu de chose mais je me sens un peu plus quand j'écoute ce qui suit. J'y gagne du plaisir, j'y perd la vie, j'en jouis terriblement. Dans le capharnaüm titanesque d'un monde qui finit et hurle, je joue ma partition psychotique contre un peu de monnaie et la promesse que je ne dérangerai pas vraiment un ordre si bien établi. Le revers de la jeunesse éternelle est de mourir à petit feu sans connaître la maturité. Je suis d'accord avec ça, je m'en fais sauté la gueule tous les jours et tout est fait pour que je reste un mineur jusqu'à ma mort. Le Rock c'est bien fait et ce n'est rien d'autre qu'une fierté mal placée qui se fait sous elle dans une explosion éhontée d'exhibitionnisme, et ça, quand la seule issue est, de toute façon, l'ennui, la décrépitude et la mort lente, ça peut être beau. C'est une question d'humeur, selon la médecine grecque s'entend, rien de plus, mais je pense que c'est tout ce qu'on peut demander à l'Art en général : sublimer une humeur. Donc, Riton, tu n'avais raison qu'en partie. Le Rock c'est aussi de l'Art, de masse, brutal, con mais de l'Art.


mardi 26 mai 2015

Les héritiers.

D'abord il y a eu l'album de Noel Gallagher et de ses High Flying Birds, pas mal fichu, avec une ou deux compos fortes. Puis celui de Damon Albarn sous l'incarnation Blur, très chouette mais vite oublié quand même. On leur sait gré (aux Blur) d'être allés voir à l'Est et même à l'Extrème-Orient. C'est là que ça se passe maintenant et enregistrer un album là-bas, dans les vibes de ce nouveau centre du monde est une foutrement bonne idée. En Pop contemporaine, celui qui a un temps d'avance gagne. Enfin est arrivé l'album du "père", le "Modfather" en personne, Paul Weller et sa "Voie de Saturne". Dire le "père" est un peu excessif il n'à que dix ans de plus que Gallagher et Albarn mais il a commencé les Jam si jeune qu'il a toujours été dans l'oreille de ses deux disciples - enfin deux parmi tant d'autres, tous ceux de la Brit Pop lui doivent quelque chose. Et voilà que son disque est meilleur que ceux qu'il pond d'habitude et meilleur que ceux de ces petits frères. A vrai dire, il est largement meilleur que ceux qu'ont sortis ses idoles à lui à peu près au même âge : Paul McCartney, Pete Townshend, Curtis mayfield, Dr John et (c'est nouveau dans le Panthéon de Weller) Brian Wilson ne sont redevenus bons que la soixantaine bien tassée (c'est faux pour Mayfield cependant) et Weller n'a "que" 57 ans. Et voilà qu'il arrive à cumuler la puissance des morceaux les plus aboutis de gallagher et l'originalité des très bons titres de Blur. Mystère et boule de gomme.
On va dire que je délire, que je vaticine, pire, que je dis ça à chaque album de Weller, bref, que je me répète et que je deviens sénile. Doucement les basses. Je ne crois pas avoir été touché si facilement, si évidemment par un disque de Weller depuis longtemps et celui là ne me fatigue pas ni ne me laisse sur ma faim. Je prends un plaisir simple, sans mélange, renouvelé à l'écouter et je vous conseille d'y jeter une oreille, vous allez voir, c'est catchy en diable. Moderne et ancien à la fois, juvénile et mature en même temps. Une sorte de quadrature du cercle Pop pour "vieux" rocker comme moi, toujours pas calmé mais plus serein de fait et avec un peu mal aux genoux. Peut-être faut-il, pour en arriver là, avoir arpenté et arpenter encore la "Voie de Saturne", planète à l'influence trouble, vénéneuse et enivrante.
Paul Weller : "Saturns Pattern." En dessous une interview de Weller à Télérama où il parle sans trop serrer les dents et où il n'est pas insultant avec ses anciens partenaires
des Jam.


lundi 12 mai 2014

80 % du temps, quand on parle, on parle de ce que font les autres tant ce qu'on fait est insignifiant.

Sinon, pour tous les bipolaires de la planète, les cyclothymiques patentés, ou simplement les déprimés définitivement bloqués sur "moins", j'ai ça en stock. Trois belles chansons aussi. Vous me direz : ça rend presque heureux les chansons, non ? Et le chant des oiseaux, hein, c'est pas mal ? Ouais, ouais, d'accord, mais faut pas pousser non plus, tout le monde ne s'appelle pas Saint-François d'Assises ou Marcel Amont.
Traffic et son bizarrement titré "Feelin' allright".

Seems I've got to have a change of scene
Cause every night I have the strangest dream
Imprisoned by the way it couldn't be
Left here on my own or so it seems
I've got to leave before I start to scream
But someone's locked the door and took the key

Ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself
Well, ya feelin' Alright?
I'm not feelin' too good myself

Well boy you sure took me for one big ride
And even now I sit and wonder why
That when I think of you I start to cry
I just can't waste my time I must keep dry
Got to stop believin' in all your lies
Cause there's too much to do before I die

Ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself
Well, ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself

Don't get too lost in all I say
Like the time I really felt that way
But that was then and now it's today
Can't get off yet and so I'm here to stay
Till' someone comes along and takes my place
With a different name, yes, and a different face

Ya Feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself
Well, ya feelin' alright?
I'm not feelin' too good myself

Paul Weller et son "Changing man"


Is happiness real?
Or am I so jaded
I can't see or feel - like a man been tainted
Numbed by the effect - aware of the muse
Too in touch with myself - I light the fuse

I'm the changingman - built on shifting sands
I'm the changingman - waiting for the bang-
As I light a bitter fuse

Time is on loan - only ours to borrow
What I can't be today - I can be tomorrow

And the more I see - the more I know
The more I know - the less I understand.

I'm the changingman - built on shifting sands
I'm the changingman - waiting for the bang-
To light a bitter fuse

It's a bigger part -
When our instincts act
A shot in the dark -
A movement in black

And the more I see - the more I know
The more I know - the less I understand.

I'm the changingman - built on shifting sands
(I don't have a plan)
I'm the changingman - waiting for the bang-
To light a bitter fuse

Blur : "This is a low" ou comment vivre avec une dépression avoisinant les 950 hectopascals ?

And into the sea goes pretty England and me
Around the Bay of Biscay and back for tea
Hit traffic on the dogger bank
Up the Thames to find a taxi rank
Sail on by with the tide and go asleep
And the radio says

[Chorus]
THIS IS A LOW
BUT IT WON'T HURT YOU
WHEN YOU ARE ALONE IT WILL BE THERE WITH YOU
FINDING WAYS TO STAY SOLO

On the Tyne forth and Cramity
There's a low in the high forties
And Saturday's locked away on the pier
Not fast enough dear
On the Malin head, Blackpool looks blue and red
And the Queen, she's gone round the bend
Jumped off Land's End
And the radio says

[Chorus x 3]

lundi 3 mars 2014

Brit Pop Connexion.

Peut-être y-a-t-il deux ou trois abrutis de quinze ans d'âge mental (quelque soit l'époque à laquelle on a effectivement eu ces 15 balais) à qui cela fera plaisir, comme cela m'a fait plaisir à moi de le voir et de l'entendre ? Le titre du morceau c'est "Tender". Ça se fait rare, d'être "tendre".