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dimanche 8 février 2015

Ariel Pink au sommet de son Art.

Ariel Pink m'a tout l'air d'être un grand artiste. Son dernier album est très bon, riche, bien produit, réussi. En plus de ça, il a mis en ligne une série de trois vidéos illustrant ses chansons qui sont aussi bien faites qu'elles mettent sûrement mal à l'aise. Qu'importe (les tièdes), cet univers qui peut sembler anxiogène n'en demeure pas moins strictement et joliment humain. Il faut accueillir sans rechigner dans le sein de la communauté des hommes tous les "freaks" que nous présente Ariel Pink et tout d'abord Rick Wilder, punk-rocker pur jus de la Californie des années 80 et auteur du définitif "(I'm) Psychotic" et que l'on voit dans le clip que je mets ci-dessous. La vie de Rick Wilder n'a été qu'une suite ininterrompue d'excès en tout genre, de révolte, d'accélération, parfois à vide, souvent à plein tube. Il a toujours été d'un maigreur terrifiante et maintenant c'est tout son corps, des cheveux aux orteils, qui lui fait payer sa vie d'être humain hors les rails et qui renâcle pour lui, contre lui. Il semble casquer sans trop broncher, ça serait indécent. Clairement, il fait peur.  MAIS c'est néanmoins, et ô combien, mon frère et tout comme moi, il a besoin d'un ange. On a tous besoin d'un ange, surtout les plus délattés d'entre nous, les à peine viables, les surnuméraires. J'ai rencontré des anges, pas beaucoup mais j'en ai connus. J'ai l'impression qu'avec l'âge et la platitude monotone qui lui est inhérente, j'ai moins de chances d'en connaître encore un. Qui sait ? Mais tous ces mots délayeront peut-être un peu l'impact de la vidéo, ils ne sont, au fond, qu'un moyen d'en désamorcer le choc. J'aurais du la balancer comme ça, sans long discours. J'espère que vous allez quand même vous la prendre dans la gueule.

Là, je mets une vidéo d'Ariel Pink chantant avec des enfants C'est entièrement et complètement naturel, absolument raccord. Il est en phase avec eux, tout en restant à sa place de créateur de musique pop décalé et troublante. Il est fort, cet Ariel Pink !

lundi 29 décembre 2014

2014 : Jazz is going down (up?) with Snarky Puppy

Et le Jazz ? Et le Jazz en 2014 ? Bof, c'est poussiéreux, ça tourne en rond, c'est vieux, c'est mort. Dans dix ans le Rock en sera au même point. Plus rien à en tirer d'actuel, de contemporain. Pourtant, des petits jeunes ou des vieux malabars continuent à en faire et du bien jeté. Évidemment ce n'est que de la resucée de untel et untel, il serait faux de dire que ça vient de sortir de l’œuf, néanmoins, ça frétille parfois suffisamment de la queue pour qu'on en fasse notre quatre heures. Zappa disait "Le Jazz n'est pas mort, il a juste l'air bizarre" ("It just smells funny"). En dehors de la fixette habituelle de Zappa pour les odeurs on peut dire, grosso modo, que c'était vrai à son époque. Là, c'est fini, on retourne juste le cadavre de temps en temps comme il se doit et on remarque que le salopard a encore de bien belles sapes, toujours les mêmes mais classe. Zappa fait justement partie de ce qu'on entend quand on écoute la bande de joyeux drilles qui s'active sous le nom de Snarky Puppy, mais aussi Weather Report et Stanley Clarke. Si Zappa est bien mort, Clarke est bien vivant. Ca ne l'empêche pas de se recycler avec plus ou moins de bonheur comme tout le monde "ad vitam aeternam" et même "ad nauseam". Mais là n'est pas le sujet. Le sujet c'est ce collectif de Texans installés à New-York, qui oscille entre 10 et 40 musiciens et qui trouve dans le corps fraîchement embaumé du Jazz matière à exprimer leur vitalité, leur énergie, leur maestria sans-gène pour les aînés. C'est assez revigorant, il faut bien le dire et ça en viendrait presque à cacher l'odeur de décomposition qui plane sur Congo Square. Et pour tout dire, pendant quelques minutes, ça fait la blague. Et on se croirait revenu 30 ans en arrière sans que le passé nous remonte trop à la gorge tant les petit gars semblent éprouver une joie vitale à jouer et tant ils nous la font partager. Comme quoi, les petits arrangement avec les morts permettent encore d'éviter que leur poids suffocant ne nous étouffe prématurément. Je dis ça, c'est valable dans tous les domaines. Dans le Jazz, c'est juste très marqué, ce qu'il faut faire pour rester en vie malgré tout. Néanmoins, si vous le faites, ça peut aussi être un élixir de longue vie. Pensez-y.
Je mets deux morceaux "What about me" et "Lingus".



En guise de post-scriptum, je voudrais juste signaler quelque chose : que parmi une flopée d'artistes vocales qui n'en finissent plus de mâchouiller leur scat en français dans le texte (Diane Reeves, Stacey Kent and Co...) se dégage, singulière et neuve, la voie puissante et rebelle de Youn Sun Nah, qui se tire haut la main de ce qui pourrait être les pires naufrages (comme la relecture de "Dark Side Of the Moon" arrangée pour Big Band électrifié par Nugyen Le ! Si, si ça existe !). La preuve par l'image Et le son dans cette reprise impeccable du casse-gueule "Avec le temps" de Léo Ferré.

mardi 23 décembre 2014

On n'y voyait pas grand-chose, Modiano lève un voile.

Parler Littérature est chose difficile, surtout pour les écrivains. La plupart s'en tient à l'anecdote, au nombrilisme, aux citations. Il leur est pénible de se pencher sur leur Art et d'en dévoiler quelques arcanes sans se couper l'herbe sous le pied ou sombrer dans une immodestie toute mignonnette. C'est déjà plus aisé pour les critiques qui sont là pour ça et possèdent tous les codes et les grilles d'analyses possibles et imaginables, qui ne leurs sont pourtant, la plupart du temps, d'aucune utilité pour dire quelque chose de sensé sur un livre ou un écrivain. Leur seul recours sera d'écrire à leur tour, de mettre un bout de soi dans la critique pour éclaircir un peu d'eux-mêmes et en même temps un peu de ce dont ils doivent rendre compte. C'est le seul moyen. Et quand on lit le travail d'un bon critique, on lit de la Littérature.
Bref, récemment, Patrick Modiano s'est livré à l'exercice périlleux du discours de réception du Prix Nobel de Littérature qu'il venait de recevoir. C'est dire qu'il allait falloir parler d'or et soigneusement peser ses mots au poids de la postérité. Et bien, il a fait un très beau et très touchant discours. C'est émouvant de le voir faire un speech aussi limpide, humble, presque chaste sur son métier et ses œuvres, lui dont on connaît la diction stroboscopique, quasi hallucinante. Il dit tout ce qu'il peut dire de lui et de l'écriture sans sombrer dans l'impudeur, et il le dit bien, avec clarté et précision. On est loin du de la déclamation du Sysiphe-stagiaire Albert Camus, qui reste une référence indépassable en matière d'emphase (et de conduite périlleuse au volant).
Je vous incite à lire les livres de Modiano, c'est un grand écrivain. Voici son discours de remerciement pour le Nobel de Littérature. Ça commence 2 minutes 48 secondes après le début de la vidéo.

mardi 11 novembre 2014

Wilson et Wilson.

Dans les années 70 les Beach Boys stagnèrent dans une quasi médiocrité indigne d'eux. Oh, il y eut de bonnes choses, sur les albums "Holland", "Sunflower", Carl and the passions", et même par instants, de très bonnes choses, mais rien qui puisse égaler leur splendeur passée ni rivaliser avec les gaillards qui, du Glam-Rock au Punk, terrassaient les tops-ten et autres Billboards. La surprise vint alors de Dennis Wilson, le batteur du groupe et le seul vrai surfeur de la famille, qui sortit en 1977 le merveilleux "Pacific Ocean Blue". Les chansons sont celles d'un compositeur achevé qui a retenu les leçons de son grand frère Brian, la production est singulière et chatoyante, elle se démarque clairement des Beach Boys par sa profondeur, le "Soleil noir de la mélancolie" inonde le tout d'une tristesse de pierre. C'est magnifique et surprenant. Dennis eut une fin prématurée et ironique (noyé) qui nous priva certainement de nombres de chefs-d'oeuvre qu'il avait sous les doigts et sur les touches de son Steinway. Ecoutons cette prière adressé au Dieu Temps, d'une qualité de composition, d'arrangement et d'émotion qui me saisit à chaque écoute. L'album est entièrement au même niveau d'excellence. A cette époque où Brian courait dans les vastes plaines des délires après de chimériques explications à son histoire de dingue, c'est Dennis qui assurait la rôle de "Génie" chez les Wilson.

2014. Marabouté par Georges Lang et son rouleau compresseur des Nocturnes sur RTL, j'ai fini par adorer cet auteur-compositeur-interprête qu'il affectionne et qui répond aussi au patronyme de Wilson, Jonathan Wilson. Je me demande qui connait Johnathan Wilson aux Etats-Unis ? Pas grand-monde, j'ai l'impression. La nuit sur RTL, au delà de la légende nostalgique de Laurel Canyon que le très bon DJ qu'est Georges Lang parfois nous vante à longueur d'émission, on peut entendre que le doux Jonathan a su créer un style qui tient certes en partie du revival, mais aussi d'une véritable inspiration. Evidemment tout ça sent la bibliothèque universelle post-moderne, mais dans la grande resuçée de tout que pratique tout le monde il serait idiot de faire la fine bouche devant un talent aussi évident que celui de Wilson.
Prenez par exemple ce très bon titrre de l'album "Fanfare", c'est vraiment très réussi, laid-back et concentrè à la fois. Etrange, non ? Alors, la question que tout le monde se pose maintenant, c'est : est-ce qu'il a des frères ???

mercredi 5 novembre 2014

La montagne magique.

Et maintenant, une petite séquence de chanson française. Commençons par un beau titre de Michel Delpech : "Un coup de pied dans la montagne"

- Elle a pas de nom cette montagne ?
- Non, peut-être, par ici on l'appelle la montagne, c'est tout.
- C'est débile, toutes les montagnes ont un nom, un nom à elle.
- Sûrement. Pas celle-là.
- Et qu'est ce qu'elle a de special cette montagne ?
- Rien. Enfin si, elle secoue.
- Elle secoue ? Qui ? Quoi ?
- Ceux qui y vont, qui la gravissent. Elle les secoue un grand coup.
- Et alors ?
- Après, il ne sont plus pareils. Enfin, ceux qui redescendent parce qu'ils y en a qui y restent.
- Ils meurrent ?
- Pas forcément, ils restent là-haut. Il y en a qui redescendent, certains  juste pour mourir, d'autres qui remontent. Enfin, tu vois, il y a pas mal d'options.
- Non, je ne comprends pas ce que tu me dis. Tu en déjà vu de ceux qui sont revenus ?
- Peut-être. Enfin, oui, ils ne parlent pas beaucoup.
- Comme toi ?
- Oui, comme moi.
- Tu y es monté, hien ?
- Sûrement. Qu'est ce que ça peut te faire au juste ? Ce ne sont pas tes oignons.
- Parce que je suis pas du pays ? Un pays avec une montagne qui n'a pas de nom, ce n'est plus un pays, c'est autre chose.
- Quoi, petit malin ?
- C'est comme tu disais. Un truc pour se faire secouer.
- Tu veux monter, c'est ça ?
- Ca te gènerait ?
- Non, c'est tes affaires.
- C'est risqué ?
- C'est risqué d'être secoué, de toute manière. Ce qui tombe, ce qui reste, ça dépend. Tu peux chuter tout entier du haut de la montagne.
- Je n'ai pas peur.
- Ce n'est pas la peur qui compte, c'est le poids. Combien tu pèses, c'est ça qui te tuera ou te fera vivre.
- Je ne suis pas bien épais.
- Ce n'est pas ce poids là dont il s'agit. Tu ne peux pas savoir à l'avance. Tu te feras secouer, tu sauras.
- Je vais mourir ?
- Peut-être, non. Ca n'aurait guère d'importance.
- C'est comme ça que tu vois les choses ? Depuis que tu es monté là-haut ? Toi, tu es revenu et tu te fous de tout ?
- Je ne me fous pas de tout. Au contraire. Ecoute : tu veux savoir ? Tu veux savoir ce qui te manques ? Ce que tu as en trop ? Après tu verras bien, tu sauras.
- Je vois, je vais encore rester quelques temps ici, et puis je monterai me faire secouer.
- Comme tu voudras.
- Ce n'est pas la montagne qui bougera, n'est ce pas ?
- Idiot, bien sûr que non !
- Alors, je vais dormir un peu et rêver.


jeudi 31 juillet 2014

Ne regarde pas le soleil en face.

                    Orages d'été
Un orage de soirée passe
Tout l'été
Comme une feuille de
Papier froissée
L'Amour furieux
Epineux
Sans résolution
Tout au bord de la raison
Tombe et se ramasse
Cassé, furibard et impuissant
Sans élan que celui
De la rage
Les deux âmes
Du même métal
Fondues en un
Cri contre
L'histoire elle-même
De larmes de plomb
Et de soleil en sucre
Tapissent rouge
Et aluminium
Le ciel qu'elles pressent
Contre elles
Et font pleurer
D'un deuil considérable

Dans l'Infini
Des sphères
Deux vies étoilées
Comme des nuits d'été
Ont foncé l'une à l'autre
Toutes bouches ouvertes
Et dents dehors
Ce n'est pas raisonnable
Tout l'été trop chaud
Trop vif, y a passé
Qui pique, qui blesse
Et laisse se fondre
Ces amants méchants
Sans ressort et essoufflés
Absurdes et désoeuvrés
Jusqu'à la Mort
Cette histoire
Mise au rencart
Des histoires d'été
Qui n'en finissent pas
Et les amants trop orgueilleux
Ressemblent
A une rame d'Infini
Qui déraille
Un point nul et final



jeudi 5 juin 2014

Pandemonium

Certes, je n'ai pas le monopole de la Tristesse mais j'ai la rue de la Paix, les Champs Élysées avec sur chacune de ces cases quatre hôtels, autant dire que si tu tombes dessus t'es mort. T'auras à peine le temps de commencer à pleurer que tes larmes arroseront les racines des pissenlits.

Au fin fond des années 90 gît une B.O. de film effrayante, celle de "La nuit du jugement", série B sans grand intérêt. Chaque morceau voyait s'associer un groupe de métal (ici Faith no more) et des stars du rap (Boo-Yaa T.R.I.B.E.) pour des morceaux sanguinolents et hantés. Certaines nuits, je regardais, les vidéos sur M6 et ce truc-là ("Bang your head!) me foutait un peu les jetons. Je les ai vus en concert les Boo-Yaa Tribe, les mecs plaisantaient pas. Eux et moi, on avaient pas tout à fait le même vécu. Mais je ne suis pas un tiède, et malgré tout, le bassiste et le rappeur arrivaient aussi à titiller une certaine rage. Le terrain était assez propice, faut croire. Heavy Soul...

dimanche 9 mars 2014

Un peu plus loin avec le Jazz.

Je ne suis pas un mordu absolu de Jazz. Mes musiques premières sont le Rock (au sens large) et le Blues, c'est ce que j'écoute le plus. Mais j'ai fini par venir au Jazz et au Classique, comme tout mélomane qui se respecte, et je prends maintenant aux deux un plaisir sans mélange qui va en grandissant à mesure que je vieillis, je dirais plutôt, que je me bonifie. Alors, France Musique est très, très souvent ce qui passe chez moi et j'en découvre tous les jours, avec gourmandise et une facilité dont je me serais pas cru capable dans ces deux domaines musicaux il y a une seulement un lustre. Le vendredi soir, vers 22H30, le "Jazz Club" nous propose chaque semaine un concert en direct, ce qui ne manque pas de cran, je trouve, et Yvan Amar nous permet ainsi d'entendre quel Jazz on joue aujourd'hui. Et là, il y a de tout, ça peut s'avérer être très esthétisant et chiant, sans émotion et sans groove, ou bien encore être une simple resucée du passé, affadie et terne, ou encore pleinement actuel, vivant, juteux de feeling et de swing. C'était le cas, quand Amar a programmé le concert de Bad Plus et Joshua Redman lors d'un festival d'été dont je crois me souvenir que c'était celui de Marciac. Le trio plus le saxophoniste, nous avait alors sorti un set du feu de Dieu, d'une qualité digne des Maîtres de cette musique et le public leur avait fait un triomphe entièrement justifié. Je mets un morceau qui est aussi un morceau de bravoure : "Silence is the question". Non, c'est mal dit, ce n'est pas ça, il n'y a pas là que du courage et de la puissance, il y a une simplicité qui se ramifie en strates complexes, il y a une effervescence vitale qui monte jusqu'à la transe, il y a un chant qui devient souffle épique, des modulations de prières qui atteignent au plus haut degré de la Grâce humaine. Ce soir-là, Yvan Amar avait décroché le jackpot et ses auditeurs avec lui. Il me semble que le concert n'était pas disponible à la ré-écoute pour des questions de droit, comme on dit. Toujours est-il que j'ai retrouvé un concert espagnol des quatre musiciens sur Youtube et qu'il est de la même trempe que celui de France Mu. C'est de là que je tiens la version ci-dessous du titre, aussi transcendante et chamanique que celle que j'avais entendue sur les ondes radio.
Je vous encourage vivement à écouter ce morceau, c'est de la grande musique, tout simplement (comme si la grande musique c'était d'une quelconque manière "tout simplement"...). Je ne m'étendrai pas sur le fait que le silence est en effet "LA" question de la musique, ils en parlent mieux que moi pendant douze minutes.

mercredi 11 décembre 2013

Lou Reed est-il mort ?

C'est bizarre quand même, Lou Reed est mort il y a un mois et il fait encore de la pub pour un équipement Haute-Fidélité. Voyez ci-dessous.

 Je vais lui filer un coup de pieu dans le coeur à cette vieille vache, histoire qu'il vienne plus nous casser les couilles avec des sentences du genre" My life is music"
Déjà, prends ça dans ta face, Lou, ça va te calmer un peu.

Je te conseille d'écouter ça au casque, bien fort, poète de la marginalité de mes deux.

vendredi 7 juin 2013

L'équipe de Nuit.

Souvent, je ne dors pas la nuit. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas. J'aime la nuit. Assez pour m'y lover, y vivre à la préférence du jour, y veiller à l'essentiel : que ça continue...De là à me laisser aller à y dormir...Au matin d'autres prendront le relais d'une routine qui sait se rendre aimable. S'il y a quelque chose que j'apprécie ,c'est de ne pas être totalement seul dans mon bout du voyage. Il y a la radio ( là c'est Dylan qui passe, le dernier album), et la certitude que d'autres que moi font aussi le boulot, en même temps que moi : the "Nightshift" : Jackie Wilson et Marvin Gaye. Où et quand au juste ? Je ne sais pas trop. Mais je sens leurs présences. J'en suis, déjà. De l’Équipe de nuit.
Le clip est étonnamment sobre.

vendredi 26 avril 2013

Johnny Cash : même pas mort.

2013 ? On en est loin. On s'en éloigne même. 2013 ? C'est de la S.F. Vous avez vu "Planète interdite" ? Non ? Eh ben, on y est. Et c'est pas de la faute du petit Jake Bugg si l'Histoire humaine est plantée. Ni celle de johnny Cash, d'ailleurs. La faute à qui, alors ? A personne en particulier. Trop petits ou trops grands, jamais contents, personne n'a pu se satisfaire de ce que tout le monde considère comme sa prison. Et c'en est une et une, sacrément absurde et violente, en un sens.
1958 ? Pourquoi pas ? Le meilleur ? Quoi, le meilleur ? C'est le même ! Enfin, avec quelques changements dus au paradoxe temporel. Vous vous rendez bien compte que le fait que Jake Bugg soit allé dans les années 50 pour piquer des trucs et nous les refourgue maintenant à modifié le continuum Espace-Temps, mum ? C'est clair pour tout le monde ? Dans un des mondes parallèles créés par cette confusion Dominique Strauss-Kahn a été élu Président de la République française. Trippant, non ?

mardi 18 décembre 2012

Le goût d'une femme, suite.

Vous pouvez me présenter les mets les plus raffinés, les saveurs les plus complexes de toutes les cuisines du monde, le goût que je préfère avoir en bouche, c'est le goût d'une femme. Rien ne m'est plus délicieux. J'ai connu et aimé le goût de quelques femmes, mais il n'est celui que d'une à me rester sur le bout de la langue. Il me suffit de penser à elle et il me vient. Il est fort et épicé, sans suavité aucune, enivrant comme un alcool fort et c'est alors tout son corps qui me vient sous les mains, corps qui a si bon goût. C'est une madeleine de Proust. Le temps s'est arrêté là et il ne fait que revenir, toujours aussi frais, car cette odeur est fraiche, toujours fraiche. Je n'aime pas les parfums qui masquent les odeurs des corps, ou alors séparément des corps, par eux même, oui, là ils peuvent m'enchanter. Mais ma vie est déjà enchantée de ce parfum unique, singulier, d'écorce de bois doux, de café, d'ambre et d'un peu de citronnelle. Qui a cette chance ? Je ne sais pas. Lui, au moins.
Lee Hazlewood :"A taste of you"

dimanche 2 décembre 2012

So you want to be a Big Star ?

Alex Chilton, Chris Bell, les deux compositeurs et animateurs du groupe Big Star. Névrosés jusqu'à l'os, ces deux-là ont joué perdant toutes leurs vies. Du coup, ils sont en marge, résolument à coté de "là où ça se passe". Ce qu'il ont fait a beau être d'une qualité supérieure, ça restera toujours plus ou moins caché, brouillé, dans les limbes ; d'internet ou d'ailleurs. La grande lumière ne leur convenait pas et pourtant, de toutes leurs tripes, ils auraient souhaité, sans le vouloir, que tout le monde les entende. Il y a des gens comme ça.
Alex chilton. La plus belle version de "Nature Boy", dont celle de Nat King Cole avait jusqu'à celle là fait autorité

Chris Bell. Une de ses plus belles chansons. Très au-dessus de la moyenne de la majorité des auteurs-compositeurs.

Bonus track. Il y a peu, j'ai mis sur ce blog "My baby just cares for me" de Nina Simone. Voici ce qu'en faisait Alex Chilton seul à la guitare.

Sinon, vous pouvez toujours écouter ce genre d'ineptie que l'on trouve à profusion sur les sites français -arty/Bobo/Nouvelle Vague mal digérée- de performances acoustiques pseudo improvisées. C'est GENIIIIAAAALLL et surtout suffisamment cheap pour rester fréquentable dans l'esprit de ces gens-là, qui mélangent sans complexe émotion et épanchement boueux. Moi, je dis, qu'à un moment donné, la plainte, le blues si vous voulez, doit être un minimum articulée pour rester audible. Alors voilà, John T. Pearson se chiant dessus. Les français, comme d'habitude (cf. Jeff Buckley), passent le PQ.

jeudi 6 septembre 2012

La Chair-mére

Peindre la chair. Au XVIIième, j'étais jeune, je croyais que la chair en peinture c'était Rubens. C'était vrai.
Au XVIIIème, j'avais pris un peu de bouteille, et Fragonard rendait si bien la chair que ça en devenait émoustillant.
Au XIX ième, j'étais un homme fait et Degas m'a remontré la chose, avec autorité et douceur. Je l'avais presque sous la main.
Au XXième siècle, je n'étais pas blasé et j'ai encore eu des surprises. Bonnard, par exemple.

Et puis j'ai cru trouver la maître absolu de la chair, celui qui en dit plus long que les autres. Lucian Freud.
C'était faux, bien sur, c'était juste "juste", mais pas plus "juste" que Rubens, Fragonard, Degas, Bonnard. Quelque chose m'a frappé, j'ai découvert un nu que je connaissais pas, un très beau nu de femme qui ne semble pas chercher à atteindre cette couleur "chair" si impondérable par les moyens habituels. Ça date de 1910, avant Freud, donc, et même avant Bonnard.. Et je crois que le peintre emploie presque toutes les couleurs possibles pour faire naître cette fameuse teinte, cette texture de la chair, sauf celles auxquels on s'attendrait, et pourtant elle y est bien. C'est d'Anton Faistauer. C'est très beau et puissamment érotique. L'érotisme s'arrange bien des couleurs, il y est lié.

Et ça continue, je suis sans âge, mort, enterré ou presque, pas l'envie de s'attaquer à la chair. Danielle Delgrange, jeune peintre remarquable d'un vingtaine d'années.

jeudi 19 juillet 2012

Sors de ce corps, Zlatan !

Ce mec va gagner, par an, l'équivalent de ce que je gagnerais, si je me base sur mes revenus actuels, si je vivais 16 vies de 70 ans. Et je ne suis pas africain ni bengali. Tout ça pour...jouer au foot ! Mais Ibrahimhozic n'est pas tout à fait un joueur comme les autres. En plus d'être débile, comme 99,9 % des footeux, il est con et violent. Remarquez, s'il est blessé, il pourra assez facilement s'intégrer aux supporters du PSG, dont on connait la modération et le fair-play. La preuve ci-dessous. La classe, l'élégance. A noter quand même, il tape aussi bien sur ses adversaires que sur ses coéquipiers ! Et il y a des femmes que ce genre de gugusse fait fantasmer. Des tripières, quoi. C'est bien fait tout de même !

lundi 2 juillet 2012

Le Bagne du Rock

Qu'est ce que c'est que le Rock ? Une manière d'exprimer une force qui devrait s'employer autrement.
Oui, il faudrait être fort ; il faudrait se barrer de la cité ou beuglent les mobs pour aller travailler la terre et recueillir les fruits de lents efforts ; il faudrait voyager autrement qu'en touriste, aller voir, vivre comme eux, rester, revenir ; il faudrait avoir lu tous les livres et avoir le courage d'écrire encore ; il faudrait danser à deux, à quatre, en farandole, et jouer de la musique à chaque occasion possible. Il faudrait aimer de toutes ses force surtout, pas à toute vitesse, non, apprendre à aimer entièrement, pleinement, à ressentir tout l'Amour dans la durée des corps qui s'intriguent, des esprits qui se cherchent. à tâtons et se trouvent doucement  Tant d'autres choses pour exercer sa force, la connaitre, l'éprouver. mais non, nous sommes déçus par la quête sans fin de l'Or qui permet tout, qui ne permet rien, nous le savons. Mais c'est le chemin qui s'ouvre à nous, évident, usant par avance. On renacle, on se révolte, on n'en veut pas, mais il semble qu'on le veuille ou non, il faudra en passer par là. C'est faux et la force n'est pas utilisée, sauf dans des "rapports de force" qui ne rapportent pas grand-chose. Et donc, on boit, on se drogue, on s'anesthésie, on se vide de tout ce trop plein de force sans emploi. Et pour ça, le Rock est un excellent remède. Ils sont une poignée à faire hurler les guitares, battre les tambours, chanter à plein poumons, lâcher les décibels et faire passer l'électricité, tout ça à notre place. Et on se le prend dans la tête, dans le ventre, dans les membres. Par leurs bouches on vomit notre force, par leur force quasi surhumaine, on croit dire la notre, c'est le pied, on s'éclate, passés au laminoir, déglutis par la musique même qui nous fait frémir de plaisir sous ses coups de caisses claires qui sont autant de glas. On meurt. Et faute de mieux, on aime ça.
Il faudrait se faire un visage, un corps, une histoire, avoir des idées, refaire un pays, des pays, mais non, sans plus de force, fondamentalement dépaysé, j'écoute du Rock. La force d'un autre pour dire le manque de la mienne et amen, après moi le déluge. C'est peu, c'est très peu. Ce n'est pas suffisant. Ce ne m'est plus suffisant. J'ai encore un semblant de souffle. Je vais respirer, essayer de respirer avec d'autres qui ont aussi besoin de souffler et qui tentent de le faire..
Alors, Burt Bacharach, Elvis Costello, c'est pas du Rock ? Non, c'est du Blues, c'est différent.

Et ça, c'est du Rock ? Oui et le chanteur, Phil Lynott a fait une overdose de force tant il en prenait bien plus que sa part.

mercredi 19 octobre 2011

Sais-tu ce qui conditionne la possiblité de toute Magie ? Y croire.


Vas-y Stevie, chante pour nous, encore et encore....

Ce n'est pas fini....et encore, et encore...

Et là, encore, la beauté pure d'un art bâtard ( ce qu'il n'aurait jamais du cesser d'être ) : le cinéma.

ET MAINTENANT, MESDAMES ET MESSIEURS, LE BAUME ULTIME (ON Y CROYAIT PLUS) LA SOLUTION A TOUS VOS PETITS TRACAS..........

dimanche 18 septembre 2011

SOUL FOOD

Je ne suis pas un grand fan de Jeff Healey mais cet été un live du lui et son groupe datant de 1994 a été publié, et il s'y trouve une des plus belles versions de "All along the Watchtower" de Dylan. Je ne résiste pas au plaisir de la mettre sur ce blog, blag, blug. Les entrelacs de guitares sont simplement magnifiques, emplies d'âme et l'esprit soufflait fort ce soir-là au club "At Grossman's".
En dessous, encore un classique de Dylan, "Like a rolling stone", dans une excellente version West Coast de Spirit. Là encore l'esprit souffle. Catch it !

jeudi 29 juillet 2010

Frères

Pourquoi Arvo Part ? Pourquoi cette version-ci des "Fratres", celle pour violon, cordes et percussions ? Pour célébrer, plus que Dieu, la force de la croyance en Dieu. Cette "Illusion", dirait Elie Faure, créatrice qui pousse les artistes aux limites de leur Art, presque à nous faire entendre le Divin. C'est si peu de chose une prière, une liturgie presque rien. Et pourtant, nous nous soumettons à leurs appels qui excédent les conditions de leurs créations et nous transportent " là", en terre promise, dans la "Chambre" de Tarkovski où tous nos souhaits seraient exaucés mais où nous ne demandons plus rien, car la musique a appelé le Silence et il est advenu. Pour notre plus grand bonheur sensible et spirituel.
Ci-dessous des images de Tarkovski, autre grand croyant. Des images à nulle autre pareilles, excédant leur cadre et multipliant nos capacités à la sensation, tant et si bien qu'on pense y être enfin, "là". Une autre prière, une autre liturgie à laquelle même un mécréant comme moi ne peut rester "insensible". "Sensible" en Anglais ça veut dire intelligent, sensé. Et ce qu'il y a de plus sensé à faire, c'est d'éteindre l'ordinateur.

mercredi 28 juillet 2010

Qui fait l'Ange fait la Bête

Alors là, James Coburn initie Animal à la méditation transcendantale : résultat, Kermit est moins angoissé. Etrange, non ?