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dimanche 8 septembre 2019

"Je ne veux pas entendre parler du Mal." John Martyn.

Ne me parlez pas de Zahia égérie de la jutte des classes, de son Q.I de 30, de sa cambrure malade, des pénaltys poteau rentrant que lui mettait Ribéry
Ne me parlez pas de Yann Moix et de sa Star Académie Française pour fiotte repentie.
Ne me parlez pas de Houellebecq et de Depardieu qui sont tellement nuls que même les français s'en aperçoivent et ne vont pas voir leur film.
Ne me parlez de l'autiste que tout le monde aime et qui est l'image rêvée du handicap supportable par tout un chacun.("Il fait de l'oseil, le salaud").

Je veux entendre parler de Jeanne la Pucelle, de la musique de Christophe, de la Cathédrale Notre Dame d'Amiens où Bruno Dumont a tourné son film.
Je veux entendre parler de Louis Skoreci, le meilleur critique de cinéma vivant (désolé Luc Moullet) et de ses films, dont "Le juif de Lascaux", qui ne peut être qu'un authentique chef d'oeuvre (le nom laisse tous les autres titres de film loin derrière). Je veux entendre parler de et lire son blog qui est cent fois meilleur que le mien..
Je veux entendre parler de Betty Lavette qui a sorti un album juteux de feeling et de beauté de reprises de classiques de Bob Dylan. Je veux revoir "Eat the document" de Dylan. Le seul et unique bon documentaire sur lui, en l'occurence sur sa tournée anglaise de 1966
Ok, je me tais. Voilà ce que je veux :
"Oh a storm is threatening..."live Miami 30 août 2019, sous l'ouragan Dorian. Vous savez quoi ? Les Stones sont devenus des Dieux.

mercredi 24 avril 2019

Time to celebrate. Sing with me.

Il y a un beau mot en anglais "to célébrate". Voici deux célébrations. Sentimentales, l'une et l'autre.
L'une de Paul Weller pour célébrer le retour des grues migratrices en Angleterre (Paul avait du voir un doc sur National Géographic) et ça mérite allègrement un gospel.
L'autre de Bob Dylan chantée par Rod Stewart qui pensent à leurs mères. Je pense à la mienne et ça vaut bien un gospel.
Paul Weller : "The cranes are back"

Rod Stewart : "Mama, You've been on my mind".

lundi 9 octobre 2017

Tom Petty's heart breaks.

Tom Petty est mort. C'est con, il vieillissait plutôt bien. Il a fait une crise cardiaque et son groupe s'appelait les "Heartbreakers"... George Lang n'en a pas parlé dans les Nocturnes cette semaine, ce qui prouve que RTL passe des émissions pré-enregistrées. Qu'est-ce que tu fous Georges ? J'espère que tu vas bien. Je mets quatre chansons de l'immense songwriter qu'était Petty, qui n'a rien à envier à Springsteen ou Randy Newman et qui avait toute l'amitié et le respect de Dylan (ils ont travaillé ensemble au sein des Travelling Wilburys).




Jeune et moribond à la fois. A jamais.

On dirait que je suis parti en vacances et que j'ai survécu. La Grèce. On dirait que j'ai vu "The Last Waltz" de Scorsese sur le Band, avec Bob Dylan, que c'est bien et pas bien à la fois. On dirait que je suis content que Dylan soit encore en vie. On dirait que je sens le vent de l'idiotie me frôler l'occiput, comme Charles Baudelaire. On dirait que Tom Petty est mort. Et Jean Rochefort. On dirait que c'est douloureux. On dirait que les frères Maël viennent de sortir un album somptueux. On dirait que c'est encore plus douloureux. Qu'ils n'ont pas la tête à rire. Enfin, plus. On dirait que je me souviens les avoir vus tout gosse dans le film "Rollercoaster", un navet des seventies qui enterre n'importe quel film américain actuel. On dirait que j'en ai marre et que je sens que je lasse les gens autour de moi. Encore une fois. On dirait que je ne vois pas d'autre chose à faire que de continuer ce blog étrange... On dirait "Stop". On dirait "Encore". En même temps, ou presque. On dirait que je m'apprête à partir. Ou à repartir... On dirait que je ne sais pas si c'est le début ou la fin. On dirait que je suis paumé. Et puis on se tairait parce que ça vaut peut-être pas le coup d'insister.



mercredi 19 octobre 2016

Le VRAI patron, c'est lui !

Je vais arrêter d'embêter le monde avec mes histoires d'Elliott Murphy et de Bruce Springsteen...Mais, quand même une petite vidéo surprise avant de les quitter momentanément. Elliott chantant un des hymnes de Springsteen qu'il n'a pas écrits, et surtout vendus.

Et puis Dylan reçut le Nobel de Littérature. C'est mérité, indécent, post-moderne, incendiaire, drôle... et plus encore.
Voici le Maître avec les Rolling Stones chantant "Like a rolling stone" (comme ça se trouve) au Brésil. Pourquoi pas ? Jagger surveille Papy comme le lait sur le feu pour savoir où il pourrait placer ses choeurs vu que le vieux chante comme il veut, quand il veut; Keith, toujours aussi cool, s'en bat l'oeil et suit tout ça en se disant qu'avec le Boss aux commandes il ne peut pas arriver grand-chose de mauvais; Ron et Charlie abattent le gros du boulot et le tout est étonnamment bon.
Je reviendrai sur l'irruption de Dylan parmi les Nobel.

vendredi 3 juin 2016

Excuse-moi, partenaire II.

Pendant ce temps-là, Bob Dylan se mesure à l'un des plus grands chanteurs de l'Histoire moderne, Frank Sinatra, et croone, croone jusqu'au bout de la nuit et de ses ombres bénéfiques. Rappelez-vous ce vieil extrait de docu sur Dylan dans les années 60 où le poète déclarait à un journaleux anglais jaloux qui l'attaquait sur sa voix "Vous me comparez à Caruso et dites que je suis un piètre chanteur. Vous avez écouté Caruso ? Vous m'avez bien écouté ? Eh, eh, à votre place, je ferais gaffe à ce que je dis parce que je suis un putain de bon chanteur !" Il disait vrai, c'est un chanteur exceptionnel.
L'album s'appelle "Fallen angels" Est-ce le regard que le vieux prophète porte sur les Hommes ? Peut-être, peut-être...

jeudi 26 mai 2016

Fin de la lutte continue dans le triomphe d'un matin.

Mes larmes ont ce goût-là. Le même goût depuis l'enfance.
Donné par l'apreté du combat, l'acharnement à faire mal, l'envie de vivre, l'envie de mourir, le sentiment de perte qui serre la gorge dès le commencement, la déchirure intérieure, le manque de repos, la fatigue guerrière, les insomnies d'effroi, l'usure prématurée, l'impression de suivre un ordre précis qui n'est pas le mien, les contraintes contraires, l'oblique à redresser sans fin, le charivari constant, toutes ces choses et bien d'autres qui ont laissé mon coeur blessé à jamais.
Ennio Morricone, génial.

samedi 27 février 2016

Pas complètement fini. Sixième round.

Le Rock a tout à voir avec la jeunesse, l'immaturité, la frustration et la frénésie sexuelles. Un bon Rock, c'est un rush massif de serotonine à la tête, une jouissance, un orgasme avec cri, à peine articulé. C'est une libération primaire, violente, d'un amour ou d'une colère latente, inexprimée, inconsciente. C'est une musique pour les hormones, pas pour l'intellect. Bien sûr, après ce cri, qui relache un peu la pression, il y a bien sûr des arrangements qui arrivent, des préparations, des ziguouiguouis, des trucs par-ci, d'autres par-là, bref des jérémiades et c'est les Beatles et les Beach Boys, Dylan et X T C, autant dire Mozart. MAIS à la base, il y a peu de place pour le travail de la pensée dans le Rock, c'est tout dans le bas du corps, les guiboles, le déhanché, le coup de rein, le cul; tout cela semblant directement relié à l'ouie et au nerf optique et c'est tout. Le Rock c'est un truc de crocodile en rut. Deux preuves :
The Trashmen : "Surfin' bird"

The Crystals : Da Doo Ron Ron

mardi 10 novembre 2015

Lost in music.

Je me souviens d'une musique
Rappelle-toi, mon amie
Ses accents tristes et toniques
Je les chantais pour toi
Dis-moi, t'en souviens-tu ?
Le couplet faisait
"Nous nous marierons bientôt
Et nous aurons des enfants..."
Et à la fin... nous mourrions
Simplement
Tout était rires et fêtes
Nous étions comme deux enfants
Nous étions deux amants
Chante-la pour moi
Mon amie
Tu ne t'en souviens pas ?
C'est bien comme tu as oublié
Tant de chansons furent oubliées
Quand sont morts, douce amie,
Ceux qui les chantaient
Ne t'en fais, tiens-toi calme
J'arrive et je vais mourir aussi



dimanche 6 septembre 2015

Podium

Comme les choses vont étrangemment parfois. Il a fallu que George Lang invite Yann Moix dans son émission Les Nocturnes, sur R.T.L., pour que je découvre Karen Dalton. A cinquante ans passés. Moix propose une sélection de ce qu'il aime et en parle chez Lang et là, paf, le choc. Dire que j'ai failli mourir sans avoir entendu la voix de cette chanteuse qui, maintenant que je la connais bien, est une des toutes meilleures au monde tous styles confondus. Je la place à l'égal de Kathleen Ferrier et d'Ella Fitzgerald, ce qui n'est pas rien, avouez-le, et constitue un trio de choc de l'émotion pure à la disposition de tous. Comment se fait-il que j'ai du attendre aussi longtemps pour connaître Karen Dalton ? Ca déconne sec sur les autoroutes de l'information, les mecs. La transmission passe mal ! Et voilà que je me trouve redevable envers ce clown tristoune de Yann Moix ! Panade ! Non, semi-panade, je ne t'oublierai pas Yann quand il s'agira de descendre ce qui fait ton pain littéraire quotidien et qui est au moins aussi bon que celui de Houellebecq ou d'Angot (encore un trio de choc !), je serai magnamime.
Alors maintenant il faut écouter Karen Dalton, parce qu'on est pas pareil avant qu'après et que c'est supérieur à 95% de la musique que je connais, que sa voix est un bain de jouvence, une cure d'éternité retrouvée en chansons de trois minutes. Etonnant, non ? Non, renversant, stupéfiant, incroyable, en un mot ( qu'aimait beaucoup employer un de mes amis mélomane) : "inouï !" C'est là, tout l'amour du monde, ça chaloupe, ça swingue, ça vient nous apaiser le coeur et nous coller des frissons. Elle a d'excellents musiciens avec elle. Elle en était une aussi, très douée à la guitare et au banjo. Dylan dit d'elle que c'est la meilleure chanteuse avec laquelle il est duétisé. Ecouter, réécouter, ç'est un baume pour l'esprit et le corps, ça ne cesse pas, jamais, d'être bon, inlassablement, une panacée à ne pas croire. Moi, je sais que ça prend de la place dans ma vie maintenant. Une bonne et belle place. A vous de voir. Je colle un album en entier (il y en a trois en tout), il faut au moins ça.


lundi 10 août 2015

Vie, Mort et Résurrection de Bob Murray, non, Bill Dylan, non... Ah, j'y arriverai jamais !

Je voulais mettre une vidéo de "Shelter from the storm" de Dylan mais les sbires de la toile du vieux Bob veillent et nettoient illico tout ce qui y arrive illicitement avant même que le Boss ait le temps de se connecter à Internet.
Alors, j'ai trouvé ça à la place. Bill Murray y joue son désormais fameux personnage de ronchon décalé et, après tout, ça passe assez bien. Comme la chanson vaut quand même le détour (d'ailleurs pourquoi est-ce que Bill Murray l'écouterait sinon ?) je mets les paroles en dessous. "It was in another lifetime..." Vous ne croyez pas qu'un homme (ou une femme) a plusieurs vies ? Tu parles qu'il (elle) en a ! Et vous croyez peut-être qu'un type comme Bill Murray jouerait dans un film un type qui n'a pas eu plusieurs vies ? A son âge ?


'Twas in another lifetime, one of toil and blood
When blackness was a virtue and the road was full of mud
I came in from the wilderness, a creature void of form.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

And if I pass this way again, you can rest assured
I'll always do my best for her, on that I give my word
In a world of steel-eyed death, and men who are fighting to be warm.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Not a word was spoke between us, there was little risk involved
Everything up to that point had been left unresolved.
Try imagining a place where it's always safe and warm.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

I was burned out from exhaustion, buried in the hail,
Poisoned in the bushes an' blown out on the trail,
Hunted like a crocodile, ravaged in the corn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Suddenly I turned around and she was standin' there
With silver bracelets on her wrists and flowers in her hair.
She walked up to me so gracefully and took my crown of thorns.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Now there's a wall between us, somethin' there's been lost
I took too much for granted, got my signals crossed.
Just to think that it all began on a long-forgotten morn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Well, the deputy walks on hard nails and the preacher rides a mount
But nothing really matters much, it's doom alone that counts
And the one-eyed undertaker, he blows a futile horn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

I've heard newborn babies wailin' like a mournin' dove
And old men with broken teeth stranded without love.
Do I understand your question, man, is it hopeless and forlorn?
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

In a little hilltop village, they gambled for my clothes
I bargained for salvation an' they gave me a lethal dose.
I offered up my innocence and got repaid with scorn.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

Well, I'm livin' in a foreign country but I'm bound to cross the line
Beauty walks a razor's edge, someday I'll make it mine.
If I could only turn back the clock to when God and her were born.
"Come in," she said,
"I'll give you shelter from the storm."

mardi 3 mars 2015

Joue de ta guitare triste.

Elle est veinarde Diana Krall, elle est mariée à Elvis Costello. Ah non, c'est lui qui a de la chance ? Mettons qu'ils vont assez bien ensemble. Je ne sais quelle mouche l'a piquée mais elle vient de sortir un album de reprises de chansons des années 60-70 complètement plat. Je l'ai écoutée en concert sur RTL l'autre soir et tout va bien avec son Jazz qu'elle emballe avec toujours autant d'allant, mais, bon Dieu, qu'est-elle allée faire dans la galère des reprises de Dylan et des Mamas & Papas? Autant se passer l'original Dylanesque (Comme dit Bryan Ferry) mais il est introuvable sur Youtube, alors tant pis. Je ne mets pas la version dégradante de "California Dreamin" de Krall et je lui préfère une bonne cover de la scie des M & P par Eddie Hazel, longtemps première gâchette chez les Funkadelic. Je servirai néanmoins ici ce soir la soupe Pop de la mère Costello pour montrer à quel point elle est fadasse. Elle arrive sans peine à ternir le désespoir le plus poignant, avec "Superstar" des Carpenters, qu'elle reprend dans la même veine inepte et à laquelle les Sonic Youth avait naguère conféré une sorte de crédibilité Rock pour andouille.

Quelle horreur !

Mieux.

Parfait.

mercredi 4 février 2015

Bob Dylan : passé le pont, les Ombres vinrent à sa rencontre.

En hommage à Bob Dylan, magicien en chef qui insuffle la beauté à tout ce qu'il touche, je vais faire un truc que je ne fais jamais : mettre une vidéo POUR la vidéo. Bien sûr, le morceau est excellent, au moins aussi bon que le "Things have changed" de 2000, nous sommes maintenant en 2009 et les choses ont continué de changer. C'est ce que je ressens en regardant la vidéo de ce "Beyond here lies nothing", l'amour, c'est différent maintenant, ça n'a plus la même saveur, c'est autre chose. Ca a toujours été comme ça ? Ah bon, ben alors c'est moi qui retarde. Il est vrai que je suis assez vieux jeu, des fois.


Bob Dylan : une ombre dans la nuit.

Comme le dit justement Sylvain Vanot -musicien et Docteur es Dylanologie- "Il faut bien que Bob Dylan se trouve des raisons de se lever tous les matins", et je rajouterais, et d'échapper à la nuit. Oui, Dylan n'a plus rien à prouver à personne, il sort de temps en temps un album de très bonne facture et continue son "Never Ending Tour" (N.E.T.), arpentant le globe au fil des saisons et à son gré. En fait, il se contente de faire ce qu'il sait faire, il fait de la Musique (de la bonne) et il en fera jusqu'au bout. C'est ce que tout artiste véritable expérimente dans son domaine particulier d'excellence, il en a toujours été ainsi et, avec un peu de bol, ça continuera.
Seulement voilà, Bob Dylan est un artiste d'exception et toute forme de train-train lui déplaît, ça ne colle pas avec ce qu'il est, un aventurier du Mid-West émigré à New-York, U.S.A., Monde. Donc, n'écoutant que son coeur, son envie, son courage, et peut-être autre chose, il a décidé de sortir un album composé de classiques de la chanson américaine, s'attaquant ainsi à quelques perles de "l'American Songbook" qui ont connu des interprétations mémorables et multiples. Et voilà que Dylan arrive haut la main à s'insérer dans le catalogue et a se hisser à son niveau. C'est tout bonnement et directement émouvant. Ce n'était pas évident car qui dit "chanson" dit avant tout "Voix", performance vocale et, sur ses derniers albums de Rock, Dylan ne nous avait pas fait l'effet d'un crooner mais bien d'un charretier à l'organe éraillé. Preuve que ce type maîtrise parfaitement ce qu'il fait, il s'est mis pour cet album-ci sur son 31 et chante. Bien. Le tapis musical country-jazz (?!?) qu'il a concocté avec ses musiciens est génial et propice à l'écoute de la voix du vieux chanteur, mélomane sage et amateur digne; il est d'une grande unité formelle et d'une grande douceur. Là-dessus se détache les interprétations, douces aussi, de Dylan, toutes en retenue et feeling, qui du coup ne sombre à aucun moment dans un lyrisme facile (comme cela peut arriver à Bryan Ferry, par exemple, par excès de vibrato). Bref, tout cela est d'une grande tenue et, à une époque où la tenue a tendance à se faire la malle au profit d'un n'importe quoi débraillé (mentalement, parce que les fringues sont plutôt au poil) et criard, ça tranche et ça fait du bien.
Mais il y a peut-être une explication plus profonde à cet essai réussi de Dylan sur ce terrain des chansons, et même à ceux qui l'ont précédé, sur un mode strictement Rock ? Ce n'est pas tant une question de train-train que d'usure et de mort. Peut-être que Bob Dylan tente, classe ultime, un fondu-enchaîné dans la nuit qui arrive pour lui ? Peut-être est-ce cette ambition démesurée qui est belle, et plus belle encore la mise en oeuvre délicate du projet ? Lui seul le sait maintenant, et comme devant toutes les grandes oeuvres de grands artistes, un jour nous nous retrouverons nous aussi seuls face à la sienne. Seuls mais pas abandonnés. C'est même ça l'Art : un acte solitaire contre l'abandon.
Je signale deux chansons en particulier : "I'm a fool to want you", dont la version définitive a été gravée par Billie Holyday, garde ici un potentiel émotionnel vibrant, et "Automn Leaves", adaptation américaine de Johnny Mercer des "Feuilles Mortes" de Prévert et Kosma. C'est pour moi une collision temporelle heureuse qui mêle le poète populaire français que je lisais au collège, le musicien migrant d'exception et le poète "beat" qui m'accompagne depuis que j'ai 16 ans et, d'une certaine façon et en souriant un peu, moqueur et content, je ne vois pas ce que je pourrais demander de plus que ça : Dylan chantant du Prévert et Kosma.
Cora Vaucaire, la créatrice des feuilles mortes.

Pour celle-là Dylan a reçu un Oscar en 2000 pour la B.O. du film "Wonder boys", d'où elle est extraite. La vidéo de Curtis Hanson (réalisateur du film) mélange habilement extraits du film et plans de Dylan. Oui, beaucoup de choses ont changé. Pas la nuit. Je peux en témoigner.

J'ai discuté un peu avec Bob, en priant le Dieu YouTube, et il est d'accord pour que je mette cette chanson issue de son dernier album, à la base une scie de Frankie "Blue-eyed" Sinatra, "Full moon and empty arms". Eh oui, en ce moment c'est la pleine lune.

lundi 5 janvier 2015

Il se fait tard, trop tard. Adieu patate !

Y'a pas, un jour t'as plus la pèche et c'est fini. Par exemple, t'imprimes plus. Le truc que tu écoutais avant une fois, une seule, te rentrait dans le corps, dans le cœur, partout, tu entendais le nom une fois, il était imprimé. Connu, su, avalé digéré. Maintenant la secousse est quand même notable, tu ressens le bidule, ça transporte un peu, tu veux bien retenir le nom, tu écoutes, attentif;  une nuit par la-dessus et c'est oublié. Fort heureusement il y a la réécoute sur le net et tu peux farfouiller dans les données plutôt que dans ta mémoire H.S. pour retrouver le nom. Deux jours plus tard, tu l'auras oublié encore une fois, et avec un petit effort le morceau de musique aussi, jusqu'à l'existence de la chose. Deux ans après tu entends ça chez quelqu'un qui t'avait demandé si tu connaissais "Bidule" par "Machin-chose", tu avais répondu "Non", tu dis "Mais oui, je ne connais que ça" et tu rajoutes, "Ah la la, c'est vachement bien ce truc, si, si je connais", tu t'enterres, tu creuses ta tombe, "C'est...Merde, c'est qui déjà.. ?" tu viens d'oublier ce qu'on vient de te dire et là tu vois que t'es déjà à moitié mort. Tu peux plus rebondir sauf à vouloir écouter un disque de tes quinze ans. C'est pas rigolo, tout le monde se marre, t'es fini, pépère. Next.
C'est comme la danse. La danse, c'est fini aussi, un beau jour. Juillet, août, dans la boîte pour quarantenaire;  t'es déjà un peu déplacé, gros, et là il, le putain de DJ que tu hais depuis toujours, depuis que tu vas en boîte, il passe un truc que tu ADORES et qui te fait chavirer. Tu vas sur la piste rejoindre Josiane qui se trémousse, tu commences à bouger et c'est l'enfer. C'est du "slow-motion" tes pas de danse, t'es au ralenti, vieille queue, manque plus que les commentaires de Patrick Montel (ou plutôt Léon Zitrone). Même Josiane, tu t'aperçois qu'elle se traîne; avec sa robe longue fendue et ses pompes lacets argentées, elle est cuite, elle s'agite à peine et il va falloir lui bourrer le cul cette nuit histoire de faire reluire vos viandes qui menacent de s'effondrer sur elles-mêmes. Alors, là, tu t'aperçois dans la glace de la piste de danse et c'est le pactole. Tu cires le parquet avec tes pompes pauvre croulant, tu ramasses la poussière;  dans une minute tu seras un gros mouton de crasse balayé par le vent pour aller fumer une clope dans le froid dehors. Tu respires la fatigue, la fausse- envie, fallacieusement entretenue, alors qu'il faudrait te laisser couler gentiment dans un bain de somnifères, de mauvais alcool (t'en as jamais bu du bon, pauv' cloche, t'aurais pas cette tronche !) et de daube en sauce bien grasse. Apéro à 18 heures et au dodo après "Questions pour un champion". Évidemment, c'est l'horreur et tu ferais tout pour échapper à ça mais, tu as beau bomber le torse, te faire couper les cheveux courts et regarder Arte, ça s'approche irrésistiblement et tu sens que tu ne pourras pas y couper. Tu n'auras pas la force de dire "Stop" avant le trop tard. Ça va mal finir, c'est mal barré, tu déclines tous les jours, et la pèche, elle est où ? Bon sang, elle est où ?



mardi 21 octobre 2014

De Margerie. "Make my day, punk !"

Monsieur Christophe de Marjerie est mort cette nuit et je viens de l'apprendre. Cette journée s'annonce donc sous les meilleurs auspices. Avec les émoluments de ce gros porc ont aurait pu nourrir tout un tas de pays africains pendant des années, résorber des dettes nationales abyssales, y compris celle de la France. En fait la France, c'était lui, bien plus que François Hollande ou Nicolas Sarkozy, et cette France-là, ultra-libérale et promotrice du modèle anglo-saxon de la lutte de chacun contre tous, je l'emmerde. Il parait qu'il était truculent, Mr de Margerie, moi, c'est maintenant que je commence à rire, à l'heure où il va se diriger vers la matrice première et que son brozouf ne lui sera d'aucune utilité. Nous sommes tous égaux devant le mort. Apparemment, en 1789-92, ils ont laissé passer quelques aristos entre les mailles du filet, mais finalement un ivrogne russe au volant d'un chasse-neige aura fait office de guillotine. Il n' y a pas, au fond, de bonne ou de mauvaise façon de mourir. Là, c'est juste bon  parce que c'est de Margerie qui est mort et que, d'où je suis, d'où je vis, d'où je crie, ça fait du bien, ça soulage. Je me sens mieux, je me sens taquin et guilleret. Je sais bien qu'il ne faut pas se réjouir de la mort des gens mais là...je ne peux pas m'empêcher de jubiler. Il m'emmerdait de Margerie. C'est fini. Comme dit Tuco dans "Le bon, la brute et le truand", je cite, "J'aime bien les gros lards, quand ça tombe ça fait plus de bruit".
NB, j'ai un ami qui bosse chez Total, je vais l'appeler à 14 h 30 pile, pendant la minute de silence prévue pour cet enfoiré dans son entreprise. On verra bien. En attendant. De Boss, je n'en connais qu'un, celui qui a écrit la chanson ci-dessous. Le géant Bob Dylan, ici repris par les petits énervés de Rage against the machine. "I aint gonna work for Maggie's farm no more". Je suis persuadé que les gens vivent leur vie de la façon dont on la vit par chez nous par ennui. L'essentiel, il est passé à l'as. Et puis, je mets ça, parce que c'est trop bon, gros ! Jimmy Reed "Big Boss Man. Même Elvis n'avait pas réussi à le dénaturer. Pourtant le salaud a essayé avec constance. Finalement ce sont les Pretty Things, des anglais, qui en firent leur choux gras.

mercredi 2 avril 2014

Rock n' Roll family.

La voix du taulier ressemble de plus en plus à du verre pillé qu'on frotterait sur du béton. La bibine qu'il nous sert rendrait aveugle les plus durs équarrisseurs de bétail. Quant à ses clopes, la marque française qu'il fume est interdite à la vente depuis longtemps par ici.
La taulière rigole plus vraiment non plus. Son organe vocal est dans le même état que celui de son partenaire et son corps compte désormais pas mal de pièces en plastique pur. Elle, elle déteste l'alcool. Elle va à l'église tous les jours et elle a enterré huit pasteurs (qui buvaient pour la plupart).
Le fils unique tente maintenant de faire tourner la boutique. Il tient de ses parents le goût des belles sapes et un sale caractère. Il aime bien se battre. Dans sa tête, il y a des petits vélos et il dit qu'il veut sauver le Rock n' Roll. Merde, pour qui il se prend ce petit con.



mardi 26 novembre 2013

Histoire d'un soir, histoire d'une vie.

Hier soir dans l'émission " Label Pop" de Vincent Théval sur France Musique, excellente intervention de Syvain Vanot sur un sujet qu'il connaît par cœur - à l'occasion d'un coffret-anthologie- Bob Dylan. Vraiment très pro, sans être pontifiant. Il sait à peu près tout et raconte simplement, il donne sa version des faits en s'appuyant sur eux, on écoute, c'est des histoires et presque une petite musique. Comme il devient impossible de trouver quelque chose du Maïtre sur YouTube, j'ai décidé de mettre un de ces classques par Van Morrison et ses Them et un autre par les Walker Brothers.


dimanche 28 juillet 2013

Perdus dans la musique. Acte II

Enfonçons-nous un peu dans le terreau fertile de l'Americana, un peu plus profondément que là où se situent Dylan et J.J. Cale ; dans le substrat, voire la bouse. Où l'on voit que toute cette musique de péquenots recèle des perles incroyables et que les Américains, pour peu qu'ils s'en donnent la peine sont d'impénitents créateurs de beautés louches et borgnes qui tournent au classicisme, par la bande, bien sur.
Ainsi, au Texas, Il y a beaucoup plus "roots" que J.J. Cale et son "Tulsa sound" de Okie. Terry allen par exemple, un maverick absolu, pas assez rock pour percer au niveau international et trop intelligent et ironique pour vraiment trouver une audience aux U.S.A. N'empêche, il a pondu quelques-unes des plus grandes réussites country des années 70-80 et continue à délivrer d'enchanteresses performances et de fort beaux albums.


Plus loin dans le temps plane l'ombre du très bon et très mort Gram Parsons que, heureusement, personne n'oublie. Il inventa le country-rock au sein des Byrds sur l'album "Sweetheart of the rodeo" et enfila ensuite les perles de ce style comme il respirait, seul ou avec les Flying Burrito Brothers. Il mourut de ce dont son ami Keith Richards aurait du mourir il y a longtemps : overdose ; non sans avoir laisser derrière lui un corpus important de désormais classiques. En voici un avec les Burrito Brothers (et Chris Hillman, s'il vous plaît) et un avec l'International Submarine Band, le groupe qu'il anima pendant un an, après avoir été viré des Byrds par Mc Guinn et  avant de fonder les Burrito. Quant à sa carrière solo, sa compagne de l'époque, Emmylou Harris, en entretient la flamme sans défaillir.


Et pour finir, ce petit chef d'oeuvre de Kriss Kristofferson, à la fois acteur et musicien dont les talents dans les deux disciplines ne sont plus à démontrer.