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samedi 31 août 2019

Got some Rod stewart.

- Ouh, Oncle Rock il aime Rod Stewart ! Eh, la Honte !
- Bien sûr que j'aime Rod Stewart bande de merdeux post-modernes de mes neveux.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai de la mémoire, pas du vintage frelaté plein la tête, de la mémoire. Et de l'allant pour les siècles à venir
- Laisse tomber ça, Oncle Rock, les siècles à venir c'est pour nous.
- D'accord, Roro, Fafa et Lilou, mais prenez de l'élan. Un peu. "Some". Avec Rod.

Et cette saloperie nationaliste, c'est pas de la bonne camelote... C'est EUX qui ont terrassé Hitler pas nous !

Vous savez où elle est votre maison, vous ? Moi, oui.

vendredi 30 août 2019

Northern soul. R.E.S.P.E.C.T.

Qu'est-ce que c'est que la "Northern Soul" ? De la musique ? De la danse ? Américaine ? Anglaise ? Aye, aye Sir, un peu tout ça à la fois.
La Northern soul est le nom donné par un journaliste grand-breton à la musique noire américaine des sixties que les prolos anglais écoutaient lors de soirées dansantes interminables dans les années 60 et 70. Ils ne sont même pas passé au Disco les gars de Wigam, Manchester et Stoke-on-trent. Ils voulaient inventer leurs pas singuliers sur le son de la Tamla et équivalent et rien d'autre. Danser toute la nuit sur des morçeaux connus d'eux seuls et des DJ spécialisés dans le genre qui animaient ces soirées et les abreuvaient en 45 tours d'origine U.S. certifée. La Northern Soul c'est donc plein de chansons noires plutôt obscures qu'écoutaient des petits gars britishs qui se bourraient la gueule à la stout et dansaient pour épater les "gals" qui frôlaient les murs des salles enfumées et de mauvaises réputation prêtes à se jeter sur la piste. Et bien, c'est dingue mais ces trucs là, ça existe encore, Cette tradition moderne a survécu à la post-tout et même à la Techno. Et ça danse, ça danse, ça danse, d'une façon unique, au nord de l'Angleterre. C'est ouvrier, c'est crade, c'est classe, c'est identitaire, c'est d'extrème droite (ou gauche) et, vu d'où je suis, c'est beau. Mais je ne prétends pas y comprendre grand-chose, c'est surtout anglais et il faut l'être pour goûter la chose pleinement. Moi, je suis français et le truc fait pour moi c'est le musette et là, le bas blesse. Ca fait même carrément mal.
Voyons de l'extérieur ce que ça donne en situation, là-bas, au nord.
Musique : Frank Wilson: "Do I love you (indeed I do).

Dobie Gray : "Out on the floor".

Là, c'est un peu différent. Un truc de Northern Soul, mais d'un blanc, à la Tamla, et un clip de Fred Astaire et Rita  Hayworth. En noir et blanc, bien sûr.
Musique : R. Dean Taylor, "There's a ghost in my house".
Film: "You'll never get rich".... Ca c'est sûr.

Et tiens les mêmes "allnighters", prêts à débouler chez toi.
Jackie Wilson "Higher and higher"

lundi 21 janvier 2019

La vérité sur le "Blue monday".

Je viens de lire un article du journal "Le Monde" qui prétend démonter quasi-scientifiquement le phénomène du "Blue monday", aussi quasi-scientifiquement que son existence avait été démontrée auparavant, c'est à dire nullement. Quand des psychologues et des sociologues me disent ce que je dois penser je me méfie aussitôt. Ils ont toujours des intérêts cachés à ce qu'on les écoute, ces charlatans. Peut-être qu'il n'y a pas de "Blue Monday" le troisième lundi du mois de janvier. Sûrement même. Mais le blues du lundi est un phénomène bien connu, comme celui de la mélancolie des dimanches soirs. Sinon, de quoi parleraient des artistes aussi émérites et fins connaisseurs de l'âme humaine que sont Fats Domino, Curtis Mayfield ou le groupe New Oder ? De foutaises ? Allons, allons, ils touchent au coeur et je leur fais mille fois plus confiance qu'à ces scientifiques mirliflores des sciences dites humaines qui sont surtout spécialistes en brassage de vide.
La vérité nue, donc, dite au cordeau de la poésie la plus stricte par Fats Domino, Curtis Mayfield et New Order. Le morceau de ces derniers étant un chef d'oeuvre incontournable de la musique moderne tous genres confondus, y compris la musique dite "savante".
Fats Domino : "Blue monday", danser pied-nu c'est presque être noir en 1957.

Curtis Mayfield : "Blue monday people". Noirs aussi ces gens du lundi bleu, quelque soit leur couleur de peau.

New Order : "Blue monday".  Musique en couleur pour des gens en couleur. L'avenir de l'époque.

lundi 20 août 2018

Lady Saoûle donne soif d'autre chose.

Pour qu'il y ait un pareil consensus mou, des dithyrambes qui tombent serrés de tous cotés c'est que ça doit être assez merdique pour satisfaire tout le monde, de Francis Marmande à Georges Lang, de Barack Obama à Willie Nelson. Je veux parler d'Aretha Franklin. Pour ma part je la trouve moyenne, assez fade, incolore et inodore. D'ailleurs, qu'elle ait donné à un abruti du calibre de Jean-Jacques Goldman le goût de chanter donne une idée assez précise de sa pointure. Une bonne reprise d'Otis Redding, une bonne reprise de Dionne Warwick, une maestria vocale qui aveugle au lieu d'émouvoir et le tour est joué. Pour ma part je lui ai toujours préféré sa soeur Erma dont je vais mettre deux chansons ci-dessous. Salut Lady Soul et surtout Adieu (ouf, il était temps, son ultime album étant une "pain in the ass" peu commune).

lundi 22 février 2016

Top Ten ? Cinquième round.

Pour ce cinquième round de mon Top 8 marrant/ pas marrant, en tout cas idiot/idiot-savant, je vais mettre la même chanson par ses créateurs, les Temptations, et sa reprise par les Rolling Stones.
A la Motown, la boite de production des Temptations, on se demande parfois qui fait quoi. Eddie Kendricks chante là-dessus, ça c'est sûr mais qui joue ? Qui, exactement, fait les choeurs ? Quel est le nom du batteur qui frappe de manière si douce le bord de sa caisse claire ? Quel est l'ingénieur du son qui lui a donné cette patine de promenade d'automne (?) ? Qui a pondu les phénoménaux arrangements ? On ne sait pas. C'était l'usine à la Tamla Motown; un système directement inspiré des chaines de production de voitures de la ville qui était la capitale américaine de la bagnole : Detroit ou Motor city, et où s'épanouissait l'entreprise de Berry Gordy, la Tamla Motown donc, qui avait commencé par chanter lui-même "Money", avant de filer des salaires dérisoires aux artistes engagés chez lui et qui faisait Hit sur Hit pour son plus grand avantage sonnant et trébuchant. Mais ça c'est de l'Histoire économique et sociale, c'est nibe. Parce que les petits gars et les petites filles qu'il exploitait honteusement avant qu'ils ne prennent conscience de leur statut de superstar et demandent du pognon à l'avenant, pondirent à la chaîne des miracles sonores sous forme de chansons à faire frissonner un chauffeur de bulldozer atrabilaire et ça, ça compte vraiment. Dans le cas qui nous intéresse les paroles sont tout sauf connes, on peut même dire qu'elles sont chiadées "Just my imagination, running away with me..." Pour dire vrai, un peu brusquement, cette chanson parle de moi, parmi d'autres, des sensitifs, des mélancoliques, des mous du genou qui rêvent éveillés et rêvent encore, préférant le rêve à la trop impure réalité. Moi, cette chanson, c'est ma vie et elle ne vaut rien (ma vie). Si j'avais un conseil à donner à n'importe quel auditeur emballé ou pas par cette belle ritournelle, ça serait le suivant : cessez de rêver, agissez; faites preuve de volonté, soyez décisif pour vous et parfois les autres, ne vous laissez pas embarquer dans des rêveries aussi grandioses que stériles et faites quelque chose, quoique ce soit, pour vous, parce que c'est la règle et que cette règle est bonne.
Pour moi, il est trop tard, je suis déjà un Zombie. Je l'ai toujours été. Foutez-moi la paix et laissez-moi perdre conscience et errez comme un mort-vivant dans la musique des Temptations. "Music is your only friend..." disait Jim Morrison qui en connaissait un bout sur cette folie. Cette jolie chanson m'a lessivé dans la joie, c'est l'Enfer sur ouate tout confort. Pourquoi croyez-vous que ces bâtards d'enfants gâtés sans passé ni avenir de Rolling Stones l'aient reprise ? Allez, entre deux amourettes ratées ou réussies ayez un peu de sympathie pour les pauvres diables comme moi, même pas méchants, juste cons, même pas cons, simplement foireux à la base. Punk.
Shit happens, c'est tout.


lundi 15 février 2016

Beyoncé : Formation : Black+400

Il semblerait que le dernier single de Beyoncé fasse grand bruit aux Etats-Unis. Celle qui, d'habitude, est si consensuelle et prompte à dégainer la Bannière Etoilée, y revendiquerait haut et fort son appartenance à la communauté afro-américaine, assumant ses références, ses différences et son histoire. Il est vrai qu'être noir aux States, c'est un truc à part, d'une violence inouie, un truc à risquer sa peau noire tous les jours. Encore à notre époque, les Noirs sont des citoyens de seconde zone, des dangers à maitriser, des humains presque animaux à même de fournir de bons sportifs et de bons musiciens mais qui doivent surtout se contenter de ces biais-là, le sport et la musique, s'ils veulent atteindre "Le Rêve américain", celui de la richesse et du bonheur. Il fut un temps ou le régime de vie commun des Noirs et des Blancs était la ségrégation, autrement dit l'apartheid, avec esclaves sous-humains d'un coté et hommes libres de l'autre. Pour changer cela, il y eut une guerre, des combats justes, d'autres plus douteux, des luttes meurtrières et finalement l'échec. Le président des U.S.A est peut-être noir, sa communauté d'origine est toujours aussi maltraitée par les blancs, dont la police peut apparemment faire des cartons en toute impunité sur les jeunes. Les blancs ont la volonté farouche de maintenir les noirs hors-circuit, quitte à refiler une partie de leur pouvoir aux autre minorités, les hispaniques, les asiatiques. La peur les tient au ventre, ils tremblent pour leurs femmes et leurs filles devant ses bêtes de sexe et leurs musiques du Diable. Ils ne peuvent les voir que comme ça et les noirs, à leur tour, se revendiquent comme tels, par bêtise ou provocation et sombrent dans une sous-culture assez désespérée, majoritairement plébiscitée à son tour par un public de jeunes blancs avides de sensations fortes. Bref c'est un affrontement et un engrenage sans fin sur une question qui n'est jamais clairement posée : celle du patriarcat blanc, ce qui veut dire que les blancs n'acceptent pas que les noirs bandent et aient leur part des femmes, y compris les blanches. Ca, c'est "l'impensé", enfin, au moins le non-dit, sur lequel vit la société américaine depuis le début de la traite des noirs et jusqu'à nos jours. Alors, oui, évidemment quand Beyoncé se revendique fille d'esclave, superstar black friquée et fière de l'être, ça passe mal. Je mets la chanson, en hommage à ce pays de fous furieux qui nous travaille tous les jours au corps : les Etat-Unis.

1927. Premier film parlant. "Le chanteur de Jazz". Le rôle du chanteur en question est tenu par l'excellent Al Jolson, un blanc qui se déguise en noir pour chanter. N'allez pas croire que cétait là un subterfuge Hollywoodien pour faire "passer" la sauce piquante du Jazz. Aux Etats-Unis, à l'époque et depuis longtemps, de nombreux artistes de cabaret et revue blancs sillonaient les routes et se déguisaient en noirs ("Blackface") pour faire leur show. On les appelait les Minstrels. C'était un moyen d'approcher la culture noire, si attirante et effrayante sans trop se mouiller, en se moquant pas mal, en enviant beaucoup. De leur coté, les artistes noirs avaient leurs propres shows de "vrais" noirs sensés montrer une certaine "authenticité" des noirs, par exemple quand ils suppliaient leurs maîtres blancs de rester leurs maîtres et eux des esclaves heureux !!!!! Ce n'est pas simple les races, la culture, les différences, le bonheur.

Je mets maintenant une chanson "simple" qui contient une revendication qui est une évidence mais qui ne passe toujours pas. "This is my country" par The Impressions, le groupe de Curtis Mayfield, chanteur et compositeur toujours à la pointe du combat pour rester humain et toujours talentueux. Un des champions de la Soul noire des années 70.

Quatrième round.

Top 14, quatrième journée.
Le Twist ? Quel rapport avec le Rock n' Roll me demanderez-vous ? Et bien, les vrais Rockers, les durs, les allumés du rythme et du son qui rendent bizarre peuvent prendre n'importe quelle invention marketing créée pour faire acheter du vinyl aux petits jeunes, en l'occurence le Twist, danse proprette sur elle effectuée sous le regard approbateur des parents, et la transformer en bombe à faire péter la sono et déchainer les hormones des mêmes petits jeunes, dont on n'avait pas assez remarqués qu'ils étaient maintenant en âge de se reproduire et, pour se faire, qu'ils ressentaient un grand besoin de fornication qui ne demandait qu'à s'exprimer loin du regard désapprobateur de ces mêmes putain de parents ! Le Rock, on l'a dans le sang ou pas, qu'on appelle ça Rythm and Blues, Boogaloo, Mambo, Soul, Madison, Funk et même, Twist. Ca fait frémir les poils du dos et dresser les cheveux sur la tête, bander les mecs et mouiller les gonzesses. C'est un truc pas très futé, archaïque, un appel à la danse et à la baise mais pour faire ce truc idiot convenablement, il faut des génies. En voici cinq. D'un coté, l'immense chanteur noir politiquement douteux (pour les blancs) et sex-symbol, Sam Cooke, et de l'autre, quatre gaziers blancs frustrés à mort et ne le supportant plus du tout, les Beatles. Sam Cooke est mort buté on ne sait par qui et pourquoi avant de tout faire sauter, comme par hasard. Les Beatles le feront et changeront le cours de l'Histoire à jamais. "Comment?  quoi ? disent les petits sociologistes et les petits philosophistes,"Changer le cours de l'Histoire ?" c'est n'importe quoi !" C'est vous qui êtes de navrants impuissants les gars, je persiste et je signe, et accessoirement, je bande. "Bander, tout est là !", disait Gustave Flaubert. Un vrai Rocker, lui. Punk devant l'Eternel, Eternel transformé en perroquet (lire "Un coeur simple").

vendredi 12 février 2016

Troisième round.

Pour ce troisième envoi de mon Top 13 + ou -, je vais laisser tomber les fous furieux et convoquer les raffinés, les sensibles, les émotifs. Attention ! Faiblards s'abstenir ! Dans le monde impitoyable du Rock, on pleure peut-être mais jusqu'au single suivant, pas plus. Alors... : "Coco, vas pas t'emberlificoter les pieds dans le mélo maudit, moi, faut que je paye ma Rolls et mes impôts ! - Oui, Boss. - Ah, brave garçon !."
C'est le petit jeu du Rock, n' Roll, chacun veut sa part du gâteau et, si possible, une plus grosse que celle du voisin qui croque néanmoins dans le même cake, et bien souvent ce ne sont pas les créateurs qui bénéficient des fruits sonnants et trébuchants de leur talent. Prenons Smokey Robinson, par exemple. Il était interprète et compositeur mais ce n'est pas lui qui décrochait la timbale quand il faisait un hit comme "Tears of a clown", non, c'était son boss à la Tamla Motown (sa maison de disque), Berry Gordy. Les larmes sont amères, Smokey avait toutes sortes de raisons de le savoir, y compris pécuniaires. Ce qui me laisse pantois là-dedans, en dehors du morceau lui même qui est d'une musicalité extrème c'est la référence à la culture classique et, en particulier à Verdi. Je cite : "Juste like Pagliasse did, I kept my sadness hid...". Je me demande quel était le pourcentage d'auditeurs capable de comprendre cette phrase à l'époque. Et maintenant ?
Bon, oubliez ce que je viens de dire pour les Beatles. Oh, ils se sont faits entuber comme tout le monde ! Mais ils sont devenus tellement énormes et rapportaient tellement de pognon que lorsqu'ils ont dit "On veut jusqu'au dernier pence de ce que vous nous devez légalement, sinon... !", personne n'a mouffeté chez EMI et ils ont aligné la monnaie. Ca été le début des emmerdes pour les maisons de disques et, à un moment donné, même Berry Gordy a du refiler du flouze honnête à Smokey. Il vaut mieux avoir un boulet au pied que plus de jambes du tout... Après ça, les artistes ont commencé à fonder leurs boites de disques. Ca aurait pu être la fin des haricots pour EMI, Tamla, Polydor et compagnie, l'émancipation, la liberté totale de création pour les artistes mais c'est tellement compliqué à gérer, une boite, que nos braves rockers sont retournés d'eux-mêmes dans le giron des grands argentiers du show-business. Free and easy !
Des Beatles, j'en met une (presque) au hasard. Tout est génial.
Smokey Robinson and the Miracles : "Tears of a clown" (ah, les voix de velours des mastards en costard...)

Une version a cappella de "And your bird can sing". On ne trouve presque rien des versions originales des morceaux des Beatles à partager sur Youtube. Les gardes-chiourmes de la poule aux oeufs d'or veillent. Alors, débrouillez-vous, allez-voir par vous-mêmes.

mardi 29 septembre 2015

Art poétique.

Sur l'Art, je ne saurais mieux dire que Joseph Conrad dans la préface de son livre " Le nègre du Narcisse". Rien à ajouter, chaque mot est juste, l'idée lumineuse. La voici en grande partie :

"A l’instar du penseur ou du scientifique, l’artiste recherche la vérité et lance son appel. Sensible à l’apparence du monde, le penseur plonge dans les idées, le scientifique dans les faits – d’où, émergeant au bout d’un certain temps, ils nous appellent aux qualités de notre être qui nous préparent le mieux à cette entreprise hasardeuse qu’est la vie. Ils s’adressent avec autorité à notre bon sens, à notre intelligence, à notre désir de paix ou de troubles, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos craintes, souvent à notre égoïsme – mais toujours à notre crédulité.
Et c’est avec respect que l’on écoute leurs paroles, car elles portent sur des sujets graves : sur la culture de notre esprit et les soins propices à notre corps, sur la réalisation de nos ambitions, sur la perfection des moyens et la glorification de nos précieux desseins.
Il en va autrement pour l’artiste.
Confronté au même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même et, s’il a du mérite et de la chance, c’est dans cette région solitaire où règnent tensions et dissensions, qu’il trouve les termes de son appel. Un appel qui s’adresse à nos dispositions les moins évidentes, à cette part de notre nature qui, du fait des conditions belliqueuses de notre existence, se dissimule nécessairement derrière les attributs plus résistants et plus rudes – tel le corps vulnérable sous une armure d’acier.
Son appel est moins sonore, plus profond, moins net, plus émouvant – et plus vite oublié. Pourtant, son effet perdure à jamais. La sagesse changeante des générations successives balaie les idées, questionne les faits, démolit les théories.
Mais l’artiste fait appel à cette part de notre être qui ne dépend pas de la sagesse, à ce qui, en nous, est un don et non un gain – et qui, par conséquent, dure plus longtemps. Il s’adresse à notre capacité de ravissement et d’émerveillement, à l’impression de mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la douleur, au sentiment latent de notre communion avec la création tout entière – et à cette subtile mais invincible croyance en une solidarité qui tisse ensemble les solitudes de cœurs innombrables : la solidarité de rêves, de joie, de chagrin, d’aspirations, d’illusions, d’espoir, de peur, qui lie les hommes entre eux, qui lie toute l’humanité – les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui ne sont pas encore nés.
Toute oeuvre littéraire qui aspire, si humblement soit-il, à la qualité artistique doit justifier son existence à chaque ligne. Et l’art lui-même peut se définir comme la tentative d’un esprit résolu pour rendre le mieux possible justice à l’univers visible, en mettant en lumière la qualité, diverse et une, que récèle chacun de ses aspects. C’est une tentative pour découvrir dans ses formes, dans ses couleurs, dans sa lumière, dans ses ombres, dans les aspects de la matière et les faits de la vie même, ce qui leur est fondamental, ce qui est durable et essentiel - leur qualité la plus lumineuse et la plus convaincante - la vérité même de leur existence.
L’artiste donc, aussi bien que le penseur ou l’homme de science, recherche la vérité et lance son appel. Séduit par l’apparence du monde, le penseur s’enfonce dans la région des idées, l’homme de science dans le domaine des faits, dont ils émergent bientôt pour s’adresser aux qualités de notre être qui nous rendent capables d’affronter la hasardeuse entreprise qu’est notre vie. Ils parlent avec assurance à notre sens commun, à notre intelligence, à notre désir de paix ou d’inquiétude, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos appréhensions, souvent à notre égoïsme, mais toujours à notre crédulité ; Et l’on écoute leurs paroles avec respect, car elles ont trait à des graves questions, à la culture de notre esprit ou à l’entretien convenable de notre corps, à l’accomplissement de nos ambitions, à la perfection de nos moyens et à la glorification de nos précieux objectifs.
Il en va autrement pour l’artiste. En présence du même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même, et, dans cette région solitaire d’effort et de lutte, il découvre s’il a assez de mérite et de chance les termes d’un message qui s’adresse à nos qualités les moins évidentes : à cette part de notre nature qui, parce que l’existence est un combat, se dérobe nécessairement derrière de plus résistantes et de plus rudes vertus comme le corps vulnérable sous une armure d’acier. Son appel est moins bruyant, plus profond, moins précis, plus émouvant, et plus tôt oublié. Et pourtant son effet persiste à jamais. La changeante sagesse des générations successives fait délaisser les idées, met les faits en question, détruit les théories. Mais l’artiste s’adresse à cette part de notre être qui ne dépend point de la sagesse, à ce qui est en nous un don et non pas une acquisition, et qui est, par conséquent, plus constamment durable.
Il parle à notre capacité de joie et d’admiration, il s’adresse au sentiment du mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la souffrance, au sentiment latent de solidarité avec toute la création ; et à la conviction subtile mais invincible de la fraternité qui unit la solitude d’innombrables coeurs : à cette fraternité dans les rêves, dans la joie, dans la tristesse, dans les aspirations, dans les illusions, dans l’espoir et la crainte, qui relie chaque homme à son prochain et qui unit toute l’humanité, les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui sont encore à naître."
Joseph Conrad.

dimanche 17 mai 2015

Black & White mic-mac.

Je pense que les Etats-Unis sont un bordel inter-ethnique et inter-culturel d'une ampleur dont on a pas idée en France et en Europe. Au bout de quelques trois siècles de brassage raté, chaque race m'a l'air d'avoir les armes aux pieds, prêtes à servir contre un "ennemi" de toujours si par hasard un "frère" venait à avoir un pépin. Les blancs, en particulier, m'ont tout l'air d'avoir la gâchette facile quand il s'agit de flinguer du "nigger" et, en retour, ceux-ci sont désormais suréquipés d'armes de guerre pour défendre leurs territoires et leurs business, le tout sous le regard d'un Etat central bienveillant qui préfère voir ses citoyens s'entre-détruirent plutôt que de se rebeller contre une dictature du marché et de la finance. De toute façon, il y a longtemps que l'alpha et l'oméga de la vie politique, et de celle de tous les jours, est le billet vert et les différents moyens de les amasser. Il n'y a plus de combat que pour la vie et rien de plus. C'est terriblement régressif comme ambiance et, dans ce pays, il vaut mieux devenir une machine à tuer qu'un être humain. Ceci étant dit, la Liberté qui règne aussi là-bas permet à la vitalité de certains, artistes entres autres, de nourrir des formes d'expression incroyablement vivantes et pleine d'énergie, qui peuvent, elles, être source de mélanges, de croisements, de rencontres. Résultat des courses, les "niggers" et les "whiteys" se retrouvent parfois autour d'une guitare ou d'un poème (rap ?) pour le ou la partager avec une force décuplée, gagnée sur tout ce qui est là pour empêcher qu'il y ait quelque chose au lieu de rien. Et là, ça devient tout de suite assez géant. Un bon exemple de ce métissage rayonnant est ce qui se passe régulièrement chez le chanteur blanc de soul Daryl Hall et qui est retransmis sur le net. J'en mets trois exemples tonitruants. D'abord, Billy Gibbons des ZZ Top vient jammer le Blues avec Daryl et ses petits amis sur son classique "La Grange". Dans l'ordre, Billy entame les hostilités par un solo de grande classe au style reconnaissable entre mille, le second guitariste est moins dedans, puis le premier clavier prend la relève un peu mollement avant que le troisième guitariste ne morde profondément dans le lard et que le second clavier ne se déchaîne comme un aliéné enfin libéré. Notre héros reprend la main et là intervient un petit laïus de Gibbons sur....B.B. King et le tirant des cordes de guitare des bluesmen. C'est un peu technique mais ça vaut le coup d'oreille et ça me permet de rendre un hommage indirect à cet être humain qui semblait délicieux et qui vient de nous quitter pour entrer dans la légende et l'Histoire, alors que le seul fait de le savoir vivant dans le même monde que moi m'aidait à vivre. Mais Gibbons est encore là et il semble avoir hérité de la gouaille et du bagout d'un nègre du bayou ce qui sent bon l'Amérique généreuse et me rassure.
Ensuite, il y a Smokey Robinson, un des rois de la Motown noire, invité à chanter sur un morceau de Hall "Sara smile", très bel exemple de Soul blanche que le papy-hibernatus sorti du freezer prend manifestement du plaisir à entonner jusqu'à ce que tous les musiciens enchaînent quasi naturellement sur le "Ooo Baby Baby" de Robinson, chanté avec le sourire par notre soulman blanc, Daryl Hall.  Pour finir, je mets ici un morceau de bravoure qui voit Hall et sa bande reprendre avec panache et une âme impeccable l'inégalable "Tears of clown" de Robinson qui est, on le voit bien, complètement sonné d'entendre qu'on puisse encore jouer son tube des sixties comme ça au XXI ème siècle. Il va ramer pour recoller au peloton sans y parvenir mais son regard traduit un tel étonnement que, même si le chant est plutôt faiblard, ça reste beau.
Comme quoi, avec un peu de bonne volonté, on peut transcender sa race et ne plus se reconnaître que dans la grâce et la beauté, baumes universels mais pas sans origine. Ici strictement américaine, de ce pays jeune à l'histoire chaotique et qui nous a tant promis.

jeudi 7 mai 2015

Alabama Shakes. Deuxième.

- Bonjour Monsieur ! C'est pour la deuxième couche !
- La deuxième couche de quoi, manant ?
- Pardon Monsieur, excusez-moi, je fais mon travail, hein ! La deuxième couche de Rock n' Roll !
- Sortez immédiatement, faquin, je n'écoute plus que de l'Electro d'avant garde depuis belle lurette !
- Justement M'sieur, faut qu'on rafraîchisse tout ça. Pardon. Je vais opérer quelques modifications. Vous inquiétez pas, c'est gratuit. Il y a quelque temps encore, vous fonctionniez normalement, la tête bien aérée et tout. Là, vous sentez le rance...Je vais vous embarquer les deux platines Technics là, pour commencer...
- Mais sûrement pas, trou du cul, laissez mes chouchoutes où elles sont ! Et puis le rance...Merci, mais je me parfume aux effluves les plus "in" des clubs à la pointe de toute la planète, alors, pour le rance, vous repasserez !
- Eh ben non, justement. Tout ça sent l'égout mondial à plein nez. Vous ne savez même plus de quel pays vient la merde dans laquelle vous pataugez mon pauvre Monsieur. Je vous installe une petite Dual des familles et un bon Akai vintage, avec de bonnes basses, et surtout, de bons aiguës. Vous allez revivre !
- Et ma table de mixage pour faire mes petits enchaînements ?
- Confisquer, petit canaillou ! Allez ouste !
- Ouin ! Ma Techno, mes Breakbeat, mon scratch ! C'est injuste ! Qui vous envoie, d'abord?
- Top secret ! Mais sachez que vous êtes un petit veinard !
- Ah bon ? Une sorte d'"Elu", quoi ?
- Faut pas pousser !
- Et je vais écouter quoi ? J'ai perdu l'habitude, moi...
- J'ai là une petite dizaine de vinyls pur jus de 180 grammes chacun, 100 % Rock n' Roll qui vont vous redresser les oreilles.... et peut-être autre chose.... Vous pouvez tout faire avec, même les manger. C'est multi-fonctionnel !
- Les vinyls, moi j'aime ça.
- On sait, vous n'êtes pas le mauvais bougre au fond, juste un peu égaré. Tenez, essayez ça, c'est souverain. Alabama Shakes.
- Ah oui, c'est marrant ! Du Rock ? Pourquoi pas, au fond ? Des hits, du feeling, de la puissance...
- Oui, la puissance des rêves ...
- Vous me laissez mes enceintes JBL ?
- On est pas des tortionnaires, Monsieur. Allez je repasse dans une semaine avec d'autres potions magiques
- Vous partez déjà, vous ne voulez pas un thé vert à la menthe bio ?
- Non merci, jamais pendant le service. Et je ne vous demande pas si vous avez du cognac Rémy Martin, je connais la réponse....
- J'en achèterai !
- Faites ça aussi, et allez chez le coiffeur, vous avez passé l'âge des fantaisies capillaires de djeunes.
- Et le skate ?
- Je ne suis pas votre conscience mon petit père. Allez, bonne bourre !


samedi 2 mai 2015

"Il y a une rose dans Spanish Harlem..." Ben E. King.

Ben E. King est mort et c'est triste. Avec ses Drifters ou en solo il fut l'un des créateurs des meilleures chansons de cet âge "mort" du Rock qui se situe entre 1958 et 1963 (entre Elvis à Hollywood et l'arrivée des Beatles). Ce fut un âge de ballades sirupeuses pour teenagers et de rocks mollassons pour leurs parents, le tout issu de la ruche du Brill-building de New-York où des escouades de compositeurs un peu plus âgés et pas plus matures que leur public s'évertuaient à leur piquer leurs sous en leur faisant acheter des 45 tours. Tout ça sent le préfabriqué et les tubes à la chaîne, c'est exact MAIS, dans tout ce fourbis, entre les Fabian et Bobby Darin on pouvait trouver de vrais perles de Grâce dorées sur tranche, composées et produites, par exemple, par Phil Spector ou Ahmet Ertegun. Les chansons de Ben E. King., qu'il les ait enregistrées avec ou sans les Drifters, étaient de celles-là. Je ne vais pas mettre "Stand by me" qui est pourtant sa plus belle réussite, si agréable à jouer - la perfection même quand à la mélodie, aux paroles, aux arrangements - mais une autre très, très belle composition au son et à la mélancolie chaudes : "Spanish Harlem". Cet âge "mort" fut aussi un âge d'or (on le retrouve dépeint dans le (mauvais) film de Lucas "American Graffiti"). Je n'ai rien de spécial à ajouter à propos de Ben E. King, si ce n'est qu'il me manque déjà et que j'ai aimé vivre dans un monde où il fut un des pourvoyeurs de beauté en façon de chanson populaire et aussi, une aide absolument consciente à la création de dizaines de milliers de bébés.
Ben E king : "Spanish Harlem"

Il arrive un moment où il devient difficile de juger encore et encore, d'émettre un avis critique de plus sur des musiciens avec lesquelles vous vous balader depuis presque 40 ans. C'est ce qui m'arrive avec les Stones. Entre eux et moi, il y a eu des hauts et des bas, je les ai vomis ou adorés, ça n'a plus d'importance. Mystère de ma psychologie, de mon oreille instinctive, je les écoute toujours et avec un plaisir qui, finalement, s'il est pondéré parfois, ne se dément pas, alors...après nous le déluge. Je vais donc mettre la reprise d'un morceau des Drifters, sans Ben E King, par les Rolling Stones : "Under the Boardwalk". Ca sonne très bien, c'est très frais, comme disent les djeunes. En même temps, ça a été enregistré là-bas, aux Etats-Unis, quelque part entre Los Angeles et Chicago.

mardi 28 avril 2015

Voix tombée des nues.

Dans le top 10 des meilleures chansons Pop de tous les temps, sûrement ça. Voix sublime, mélodie irréprochable, arrangements gracieux, rime riches ( "...don't let my show convince you / that I've been happy since you "!) "The Tears of Clown" de Smokey Robinson and the Miracles. C'était justement le genre de petit miracle qui sortait de la machine à tube qu'était la Motown de Berry Gordy. Aussi bon je connais, meilleur, non. Alors, pour la bonne bouche, le même titre deux fois, la première en live, la deuxième en playback, histoire de bien se rendre compte du boulot différent dans les deux cas. Notons, de toute manière, la bonne tête de notre héros, les décors et les costumes de bon goût et la présence rassurante des Miracles, véritables assurances tout-risque des choeurs.


Et puis, cette petite/grande reprise de ce morceau par un chanteur et un groupe français qui finissaient leurs concert par ce titre et cette version endiablée.
Bertrand Burgalat meets A. S. Dragon.



mercredi 15 avril 2015

Désespérant. Même Percy Sledge casse sa pipe.

Il était bon, Percy, bon comme la romaine, oui mais voilà, ça ne l'a pas empêché de mourir hier. Ce que c'est que de nous tout de même... Certes, son feeling "soul" était indéniable mais il fut malheureusement l'homme d'une seule chanson, "When a man loves a woman", qui fut un hit inter-galactique, un tube mondial qui prêtait assez bien le flanc aux reprises les plus aseptisées, aux envolées lyriques les plus propres sur elles, bref à la moulinette de l'easy-listening made in Germany. Tout ça ne manqua pas d'arriver (Michael Bolton, Helmut Lotti etc, etc...). Elle figure aussi en bonne place sur toutes les compilations des "indispensables" à faire écouter aux assemblées réjouies et sentimentales des fêtes de mariage. En France, Percy avait fait un duo un peu gênant de sa scie increvable avec Dorothée en 1993 sur TFone...
Bon, ce n'est pas dramatique (contrairement aux multiples films hollywoodiens qui utilisèrent le tire, dont certains sont gratinés) et, pour célébrer Sledge et, par la même occasion, le centenaire de la naissance de Billie Hollyday, je vais mettre ci-dessous la chanson de cette dernière "When a woman loves a man", histoire d'aller voir de l'autre coté du genre humain ce qui se passe quand ce satané Amour aveuglé opère. Bah, de toute façon, c'est Johnny Mercer qui a écrit les paroles parce que les femmes ne comprennent rien à l'Amour. Pour elles, enfin la plupart d'entre elles, l'Amour c'est écarter les cuisses en disant "Chéri, je suis fécondable." C'est là que Pépère devrait dire à Mémère d'aller se faire trombiner ailleurs plutôt que de s'embarquer dans des histoires de chiarres qui vont finir par coûter la peau des fesses, surtout au moment du divorce, inéluctable puisque possible.
Billie Hollyday : When a woman loves a man".

lundi 29 décembre 2014

D'Angelo, quatorze ans plus tard.

Voilà quatorze ans qu'on attendait le troisième album de D'Angelo. C'est trop long, va falloir accélérer la cadence D. N'empêche le bidule qu'il vient de sortir est tellement bon qu'il enterre toute la concurrence black, y compris son Altesse Princière. L'album est juteux à souhait, il suinte le Groove, les gimmicks de production sont brillants, les instrumentistes sont inspirés. C'est un panard complet. Je lui en veux quand même pour les quatorze ans à faire du gras et à le perdre mais bon, c'est lui le Boss qui fait shaker les bootys. Ben oui, c'est pas Yannick Noah. Noah, lui, y fait du sport.


Plus smoothy, tu meurs. Soulful.

lundi 22 décembre 2014

Joe Cocker : apprenez lui le caniveau.

Joe Cocker est décédé et ça ne me touche absolument pas. Je déteste sa voix de clodo aviné. Il ne ressemblait à rien, il suffit de voir le film "Woodstock" pour s'en rendre compte, où on le voit errer sur la scène comme un idiot sous LSD en s'époumonant sous le regard avide de Léon Russel, qui entend par avance les dollars tomber. On le compare à Johnny Hallyday et ce n'est pas idiot. Le même cerveau minéral, la même voix de caniveau, le même public beauf.
Je vais donc mettre la version originale rigolote et pleine d'esprit d'une chanson qu'il avait réussie à rendre grasse et vineuse comme il savait bien le faire (Purée, la bouillie "Unchain my heart"). Il y a des nuances tellement énormes qu'on se demande comment il n'est pas possible de les percevoir. D'où certaines guerres.
"You can leave your hat on" du génial Randy Newman.

jeudi 10 avril 2014

A feel good song.

Dans le genre "on s'éclate tous à fond les ballons dans une ambiance cool, détendue et joyeuse, submergés par un flot de good vibes", on ne peut pas faire mieux. ENJOY.

mardi 10 décembre 2013

God Bless Daryl Hall et ses petits gars.

Toujours en live de chez Daryl Hall, une version parfaite du tube de Gnarls Barkley " Crazy", avec le créateur Cee-Lo Green au chant en compagnie du désormais fameux Parrain de la Soul blanche en personne. Il est en sourdine, Hall, et en même temps, il prend une sacrée dimension ; c'est un paradoxe rendu possible par internet, le genre de petit miracle de coup d’œil imprenable sur la création d'artistes très divers qui n'aurait pas eu lieu sans lui. C'est aussi l'illustration parfaite que les artistes ont parfois une idée très claire de ce qu'ils peuvent montrer et de comment le faire. Tout n'est pas encore aux mains des services marketing de tous ordres. Tout n'est pas Daftpunkisé jusqu'au trognon.
Cee Lo - Daryl : "You really think you're in control..."
Daryl : "I really love that song."

mardi 5 novembre 2013

"Walk on the wild side."

Il y a un coté "noir" de Lou Reed. Non, pas un coté obscur, son coté "wild side", ça tout le monde le connaît, c'était son fond de commerce ; non, mais un coté "black", "Soul train", "funky". Un des ultimes bons trucs qu'il ait fait est d'ailleurs une apparition sur le dernier album en date de Booker T., le clavier d'Otis Redding, qu'il accompagnait à l'époque avec ses MG's : "The Bronx". C'est encore une fois "Walk on the wild side",  I mean on the Bronx side of the street, this time.

Et puis, au mitan des années 80, il y eut cette reprise de "Soulman" avec le créateur de la chanson en compagnie d'Issac Hayes, Dave Porter en personne. La chanson originale a du sortir l'année où sortait le premier album du Velvet ou alors un an avant, et Booker T. Jones jouait déjà dessus. Comme il doit jouer sur celle-là. Petite récompense : à la fin, Lou Reed enlève ses lunettes de Rock-Star.

dimanche 25 novembre 2012

New World Order (Curtis Mayfield)

Le 11 septembre 1990, devant le Congrès des Etats-Unis, le président George Bush senior appelait de ses vœux un "nouvel ordre mondial" (New World Order), ce qui ne manqua pas d'arriver. En effet, après la chute de l'autre moitié du Monde (les pays communistes) allaient pouvoir prospérer le mercantilisme et le modèle humain indépassable de la passion ravageuse du profit. Ce terrorisme du Capitalisme tout-puissant est notre réalité. Cette réalité est brutale, impitoyable, débilitante, en un mot, invivable.
1993. Curtis Mayfield, qui se relevait d'un AVC, sortait une magnifique chanson intitulée "New world order". C'est à un autre Monde qu'il pense, bien sur. Un monde où l'esprit souffle, où les esprits s'apaisent. Le combat se mène sur plusieurs fronts et de plusieurs manières. Une chanson comme celle de Mayfield est aussi insupportable au pouvoirs PHinanciers qu'un acte militant, bien plus même, car elle aère la tête, la prend avec elle, la berce doucement, alors que tout un chacun ne devrait penser qu'à la lutte, qu'à se situer dans cette lutte. Il ne s'agit pas d'un moment pris aux dépends du combat, ni d'un supplément d'âme petit-bourgeois, il s'agit bien d'un plaisir inacceptable volé à tous les pourvoyeurs de plaisirs obligés, un temps pour vivre volé à tous les calendriers de temps contraints. C'est simplement vivre. C'est ça qui devenu insupportable à nos élites PHinancières et politiques, que l'on puisse vivre sans elles, sans leur férule. Vivre, sentir, aimer, sans obligation d’achat, sans temps à gagner dans une course inepte, sans arrière-pensées consuméristes, sans sortir la carte bancaire. Vivre, d'une autre façon. 5 minutes 41secondes d'un Autre Ordre Mondial. Une éternité. Une éternité à soi, rien que pour soi, et qui finira, Dieu merci.