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samedi 24 juin 2017

Prince, le retour. Ca baise et Stéphane Bern bande déjà (mou).

Alors que je commençais à penser que, de mes deux idoles disparues l'an dernier, Prince ne me manquait pas, contrairement à David Bowie, sort inopinément la version Deluxe, remasterisée, augmentée, je ne sais quoi..d'un de ses chefs-d'oeuvre : "Purple Rain". Et c'est encore un choc, de la même intensité que le choc initial de 1985. Ah, le bougre princier avait la main alors ! C'est bon du début à la fin et il y a 35 morceaux de musique ! C'est à ne pas croire et il faut spécialement se laisser enchanter par les inédits complets et les chansons plus ou moins connues sous la forme d'enregistrements pirates, que l'on trouve sur cette édition du disque toutes produites de pied en cape et avec un son impeccable. D'où sortent ces "Possessed", "Electric intercourse","Our destiny/Roadhouse garden" faramineux ? Aucune idée, mais c'est là, et génial. Là où ça devient énorme pour moi c'est qu'il y a une version tout fraîche d'un morceau que je connaissais et que j'ai trouvée à tomber par terre, c'est celle de "We can fuck", composition à la stature d'un hymne, maintes fois reprise et retravaillée, et qui est là proprement magnifique. C'est un des tout meilleurs morceaux de Son Altesse Princière. On retrouvera cette oeuvre dans la discographie officielle de Prince en 1989 sous le titre "We can funk", sur le maudit et riche "Graffiti Bridge", pour lequel notre héros fera appel au talent de producteur de George Clinton, de chez Funkadelic et consort. Après l'échec commercial de "Graffiti Bridge" Prince sortira un album ouvertement mauvais qui se vendra par tombereaux entiers, "Diamonds ans Pearls". Commencera alors pour lui le cycle des rédemptions et des chutes volontaires (ou non) jusqu'à ce qu'on ne sache plus de quel exercice d'autodestruction ou de création ressortissent ses efforts tardifs.
Rien de tout cela ici et c'est un pur régal, tout est fluide et génial, il file droit, vite et les gemmes de l'eau la plus pure s'enchaînent au long du disque comme des perles pêchées pendant l'apnée la plus longue et la plus jouissive. "We can funk", donc, chanson baroque, sublimissime et enfin aboutie, mais aussi une version à pleurer de "Father's song", co-composé par Prince et son père, le funky "Wonderful ass" qui évoque bien-heureusement ce qu'il doit évoquer et les autres que je vous conseille d'aller écouter toutes affaires cessantes. D'autant plus, quel régal, qu'on trouve toutes les versions longues des morceaux de l'album qui sortaient en maxi-single à l'époque et leur détonantes face B ("17 days", "God", "Erotic city" qui electrisaient les foules de fans dans des concerts auxquels j'ai participé (je dis "participer" parce que c'était vraiment la messe !)
Donc, maintenant que j'ai repris les choses princiennes en main et en pleine tête, je reviens sur mon jugement trop hâtif de la première phrase pour me dire -et vous le dire par la même- que j'ai eu du bol de vivre en même temps qu'un enchanteur pareil dont les sortilèges ont repris vie dans mon esprit où ils sommeillaient bêtement par ma faute, négligent que je suis.
Pas de vidéo, je n'en trouve pas sur Youtube, les sbires veillent. Vous devrez me croire sur parole et aller voir par vous-même.

mercredi 4 mai 2016

Prince, Bowie et un je-ne-sais-quoi en plus.

La classe, ça existe. David Bowie avait la classe. Dans son genre Prince l'avait aussi, ce truc; ce je-ne-sais-quoi qui fait qu'on remarque votre présence, qu'on la sent. C'est quoi ? Oh, un peu de tout : les fringues, la posture du corps, le regard, les gestes, deux ou trois objets comme une cigarette et une chevalière, la démarche, le timing surtout. Etre là, où il faut quand il faut, comme un bonus au monde tel qu'il va qui devient lentement évident, vital, qui impose sa marque sans brusquer les choses, à la coule. La classe fait qu'on vous distingue de la masse bourdieuesque des clodos de la vie (les fringues de Bourdieu !) et des ploucs. Aldo Maccione a très bien parodié la classe. Si on peut en faire un truc comique, c'est que ça existe bel et bien; c'est à ça qu'on reconnait l'existence d'une chose aussi évanescente que la classe.Attention ! On peut être classe en 2 CV, en punkette, en pantoufles (à talon, avec un désabillé et du parfum pour les femmes; avec une robe de chambre en cachemire et un verre de Cognac pour les hommes), tout est dans la nuance, l'appui ferme et souple d'une présence; c'est ça, le mot important, "présence", et même, plus net, "prestance". Dans ses films, Prince est opposé à sa caricature et à la caricature de la classe, Morris Day, double vulgaire et concupiscent qui drive son groupe The Time. Tout pue l'ostentation chez lui, la frime à pas cher sous des allures qui exhibent les dollars sans honte, mais sans joie, sans prestance. Nuance. Quand il rit à ses propres blagues, Morris Day, tout le monde se marre; quand un mec qui a la classe fait une plaisanterie, tout le monde est bluffé et certains osent un franc sourire. C'est là que l'on voit les dents blanches des jeunes femmes qui baissent un peu les yeux.
Il existe une chanson que personne ne sait vraiment comment prendre. Ca s'appelle :"Donald Trump, Black version" de The Time. Est-ce que Morris Day y fait vraiment l'apologie de Trump ? Est-ce qu'il se fout de sa gueule de cake ? Je vous donne la réponse. Morris Day, endossant son personnage habituel, fait l'apologie du pognon et de Donald Trump, sans aucun doute MAIS, il s'agit d'un personnage (qui existe vraiment, attention, il y a en plein !) et il ne faut pas le prendre au sérieux. Je vais la mettre en-dessous la chanson, c'est une pignolade, une bouffonerie, mais exécutée avec maestria et talent. C'est tout le paradoxe de Morris Day et de The Time, ils ont un talent fou mais ne sont pas sérieux du tout et, finalement, le "Character" (pour employer un terme dont use Day pour parler de lui sur un album solo) a détruit le bonhomme qui n'a plus rien à dire et à montrer depuis longtemps, enferré dans son image de branleur sans l'ombre d'une classe quelconque. Faire-valoir vulgaire de Prince, c'est pas une vie. Donald Trump, Black version ? Est-ce que l'on peut rêver d'un homme qui ait moins la classe que ce "personnage" ? Tarantino en met plein ses films, non ? Et les gens trouvent ça génial. Mais personne ne dit de Tarantino qu'il a la classe, pas vrai ?

jeudi 11 février 2016

Pleurer Bowie. Pleurer sans Bowie.

Il faisait bon savoir que David Bowie travaillait quelque part dans le monde sur un projet musical qui allait se révéler au minimum intéressant, voire brillant, mais jamais anodin. Maintenant qu'il n'est plus là le monde est plus inconfortable, plus pesant. Bowie n'était pas léger, non, ce n'était pas une plume, mais quand on l'écoutait on se sentait plus libre, on soufflait, on respirait. Son travail libérait de la place pour autre chose que Coca ou Peugeot dans la tête. Pour de la Vie ("V" majuscule). Bowie était en perpétuelle évolution, en perpétuel changement mais toujours il restait intelligent, alerte, à l'écoute, vif, perclus d'angoisses, apte à en faire une matière de travail, jamais véritablement en repos, affrontant le chaos, y donnant de la voix, sa voix si particulière. Sa sensibilité était si singulière. D'où venait-elle ? Souvent il faisait référence à son enfance, à son frère schizophrène, à son besoin d'incarner quelqu'un d'autre, à ses maîtres et futurs amis en bizarrerie. Il me semble que sa musique, sa création était le point d'équilibre entre ses rudes peurs de n'être rien (ou tout) et sa soif de vivre à plein tube en tant qu'homme complet. Il était un grand et véritable artiste, et toujours, il a été de bonne compagnie, de bon conseil, il nous a fait du bien, ce qui est la marque des plus grands. Il était comme nous sauf, qu'il était un peu plus affuté, un peu plus aiguë, pointu comme une lame, tranchant comme un sabre et ce qu'il nous donnait à voir et à entendre, jouant du couteau et bataillant avec lui-même, éclairaient notre nuit, parfois d'un soleil sombre, le plus grave, le plus durable.
L'effet que sa disparition me fait, en réalité, c'est celui d'avoir perdu un ami très cher qui était infiniment plus doué que moi pour dire "des choses" communes à tous et qui était en sus aussi généreux dans sa vie et sa vision qu'un artiste doive l'être, c'est à dire faisant ce qu'il sentait devoir faire, ne devant rien à personne et étant payé très cher pour ça. Ah merde, il me manque ! J'ai toujours vécu dans un monde AVEC Bowie, il n'est plus là, et moi, où suis-je ? ("Where are we now ? where are we now ?..."
Deux chansons presque au hasard, qui me touchent. "Afraid" et "I've been waiting for you", issues du même album "Heathen".
"Afraid" Ecoutez les paroles.

"I've been waiting for you" signée Neil Young. Même ses reprises sont dorées sur tranche. Pas de hasard.

samedi 24 octobre 2015

"Maureen, viens mourir dans mes bras."

Maureen O'Hara vient de mourir à 95 ans. Mémoire, mémoire, que viens-tu me chanter à l'oreille ? C'était qui Maureen O'Hara ? C'était quoi ? Quand le plus enfantin des réalisateurs (Spielberg) de cette cour de maternelle friquée qu'est devenu Hollywood rend éternelle l'enfance du héros par l'intermédiaire d'un Christ venu d'une autre planête, il tombe sur quoi ? Sur John Ford batissant sans relâche un mythe américain, donc un truc sans âge, avec John Wayne et et ...Maureen O'Hara. Maureen O'Hara c'est l'Histoire en marche en personne, avec un grand "H", d'Hollywood et des USA. Une image, un cliché, une statue, un mythe, donc. Ce ne sont pas les africains qui sont de grands enfants, ce sont les américains. Et ils ont de ces jouets !!! Hollywood, c'est leur plus beau joujou. Un truc à couler de ces bronzes, plus hauts que ceux de Staline, jusqu' à en remplir les parcs d'attractions ras la gueule. Avec ça, il passent dans le monde entier pour des gentils garçons et de gentilles filles. Et ça ne date pas d'hier ! Le pays entier est tourné vers le futur, le pays entier a la gniaque et les boules, le pays entier à 6 ans d'âge mental. Des vrais fous furieux. Font peur, ces cons. Maureen o'Hara est morte, le mythe; du vent, un miroir, un homme, l'orage, la violence, l'amour. Emballée, c'est pesé. Comme au cinéma. Moi, je tente d'oublier tout ça en mangeant des cuisses de grenouilles.

mardi 6 octobre 2015

Calypso moderne. Sans baleine.

Drapures de violons en cascade. Trompette un peu empâtée et guitare "multo gracioza". Tambours de tonnerre qui approchent, je compte jusqu'à cinq et c'est l'orage. L'évident plaisir de chanter, de lancer sa voix en avant comme un oriflamme, un perchoir où les notes se posent. Attaque de lyrisme wap doo wap. Boucle d'oreille ou pas, costard noir peut-être, la brillantine, le Pento oui, et son effet claqueur de doigt. Lissés vers l'arrière en un geste souple. Le grand Scott Walker regarde tout cela avec bienveillance du haut de sa sphère solitaire. Il y a une femme dans le clip, et donc le début d'une histoire, c'est mieux que Jojo le mérou pour le bonnet rouge (d'âne) historique. Je m'en souviens de ses émissions à Cousteau. Il est mort. Sic transit gloria mundi. Maintenant, j'attend tous les jours d'avoir un peu plus de souvenirs, sans lui, et de regrets, et de remords. Si vers le mois de Décembre 2015 ou début Janvier 2016 j'arrive à me dire": Ce jour-là a été le dernier bon jour de l'année" et que je ne pleure pas, c'est que tout ira à peu près bien.

vendredi 17 juillet 2015

La reine Lear.

La question n'est pas de savoir si Amanda Lear est baisable. Il suffit de taper "Amanda lear nue" sur Google pour se rendre compte de l'intérêt de la personne sur le plan sexuel, qu'elle soit une femme ou un homme d'ailleurs. Non, la question est de savoir si elle est aimable, oui aimable, c'est à dire de savoir si elle est autre chose qu'une ombre. On constate, à l'écouter, une certaine consistance, une colonne vertébrale, un charisme, une féminité grave et conquérante. Elle est tout sauf conne, elle peint bien, ses chansons sont dignes d'intérêt (surtout son hymne disco "Follow me"). Moi je l'aime bien pour des petits riens, des petites choses, des présences là au bon moment. C'est minuscule mais parlant. Par exemple quand elle posa pour la pochette du deuxième album de Roxy Music, le groupe le plus indéchiffrable de tout l'histoire de la Rock Musique (génial, nul ?), "For your pleasure".
Et quand Dali l'improvisa muse, ce fût un coup de maître de la part de celui de Figueras. Et les couilles ?...Et les couilles...Et la bite ?...Et la bite... Une vraie corrida. Elle collait bien dans l'imagerie de Dali. En soit, c'est une preuve de plus de consistance (de "corones"?). Il fallait, pour lui, que la façade fascine d'entrée. Ses entrées, étaient d'ailleurs ce qu'il soignait le plus. Dans le décor, Amanda était chic et choc. Elle flashait. Un petit cliché en or dur.
Un autre, moins mis en scène, à peine moins ardent, que dis-je, plus ardent !
Homme, femme, créature, muse, cocotte, mais pas ombre, avec un visage comme le sien elle avait tout pour se ballader aux limites de la royauté et de la pacotille, excéder ses formes, être dans la lumière. Elle le fit plutôt sagement au fond, avec précaution et malignité. Il restera d'elle quelques images et un tube en béton, c'est suffisant pour la deuxième moitié du XXième siècle, une époque si pauvre en beauté, si riches en images.




jeudi 4 juin 2015

Chuck Blazer : Ballon d'or tous les ans depuis 20 ans !

Moi, j'aime le foot. Je trouve que c'est un beau sport qui mèle joliment exploit individuel et action collective. Il y faut du physique, de la stratégie et parfois, un peu de ce "génie" du sportif qui transcende le geste corporel et le transforme en perfection en mouvement. Par contre, tout ce qui est en dehors du cadre strict du sport football me révolte profondément : les joueurs surpayés, les supporters partisans jusqu'au meurtre, les commentateurs, l'importance que ce sport a dans la société, les clubs et leur marchandising et...les instances mondiales pétées de la thune de la corruption.
Blatter a démissionné hier de son poste de Président de la F.IF.A (Fédé du foot mondial)., justement à cause des "soupçons" de corruption qui pèse sur sa petite organisation mafieuse, et ça fait un peu plaisir quand même. Quelque part, le monde est bien fait. MAIS il était bien fait aussi AVANT que Blatter ne démissione et que le F.B.I ne mette son nez dans les vases de nuit des dirigeants du foot. Et si le dit F.B.I. a eu besoin d'une taupe pour mettre à jour un système de corruption bien rôdé, on s'aperçoit vite, en jetant un coup d'oeil sur quelques clichés et habitudes de vie de cette taupe, le faramineux Chuck Blazer, que l'argent qu'il palpait pour faire voter sa Fédération de foot (celle de la CONCACAF, la zone de l'Amérique du nord et des Antilles) pour l'attribution des différents Mondiaux aux pays hôtes (dont la France) n'a jamais été dans d'aussi bonnes mains - grassouillettes - que les siennes. Ce type sent l'argent sale a plein nez et, en même temps, respire la façon la plus odieuse et la plus naturelle de le dépenser, ce qui lui confère une effronterie qui a simplement annihilé toute idée de honte. Cet homme est le meurtrier souriant de la décence, et, franchement, avec ces 200 kilos et sa barbe de Père Noël, sans parler de son sourire Colgate universel, ça lui va comme un gant. Il a tellement la tête de l'emploi et il a si bien travaillé son rôle qu'il en devient hilarant, en crapule cynique et joviale cachée derrière un ballon de foot. Alors, quelques illustrations en couleur.  Vous allez voir, c'est à ne pas croire. Nous pénétrons maintenant dans l'univers de Chuck Blazer, attachez vos ceintures !
Et une petite photo avec Bill Clinton. Qui est le Président ?
Moi, je vote pour celui du milieu, il a l'air en forme !
Et une petite photo avec Poutine.
Y'a pas, Vladimir est sous le charme !
Et une photo avec Miss Univers 2011. Le genre de personne qu'on croise tous les jours au métro Barbes-Rochechouart.
Il sourit mais faut pas lui en raconter, il sait tout AUSSI sur les élections de Miss Univers ! Attention ma petite, helter skelter !

Mais Chuck a d'autres cordes à son arc. Ainsi il est artiste amateur à ses heures perdues, et artiste conceptuel même ! Tous les matins il photographie ce qu'il voit par la fenêtre de l'endroit où il se trouve et compose les fameuses "Séries de chambres avec vue" que les collectionneurs d'Art les plus avisés commencent à s'arracher à prix d'or.
A Miami, quand il se lève, Chuck photographie la vue qu'il a de son palace. Tout simplement.

Facétieux comme Jeff Koons il ajoute cette légende pleine d'esprit corrosif" Comment sait-on qu'il fait mauvais temps à Miami ? Il n'y a personne autour de la piscine !"
Aux Bahamas, il modifie légèrement le cadrage mais le chiade quand même. Et de mettre ça sur Facebook pour parachever la démarche artistique anti-establishement


Comme on le voit Chuck Blazer était un homme occupé qui était sans arrêt parti par monts et par vaux pour promouvoir son sport ! On l'appellait "Mr 10%" car il se sucrait de ce pourcentage sur tous les contrats ou malettes qui lui passaient entre les mains. Alors, il est pas bien fait le monde ? A-t-on déja vu une preuve vivante, plus vivante, que l'abjection est une fontaine de jouvence pour qui sait s'y baigner jusqu'aux dents (pour garder du mordant) ? J'ajoute, pour ceux qui douteraient encore du bien-fondé de la vie rêvée de Chuck et, partant, de mon humour mal placé, que cet homme louait un appartement dans l'immeuble le plus cher de New-York pour y héberger ses chats ! Oui, Monsieur, ses chats ! Ah ! Ah !
Allez une dernière pour la route. Il pose là avec deux autres mafiosi en chef de la F.IF.A., Blatter et le très rigide Beckenbauer, dont on voit bien qu'il n'est pas là pour rigoler et que son plaisir est une affaire sérieuse mené à l'allemande. Blatter à encore la force de lever le pouce.  Quelque temps plus tard, il jettera l'éponge sous l'opprobe de la foule changante massée autour de l'arène. Chuck, plus finaud, a dit "Okay" au F.B.I. Un sacré dribble pour quelqu'un qui ne voit pas le ballon si on lui met dans les pieds
Sa chanson preférée :




vendredi 6 mars 2015

Vrillé !

Chez moi, ce sont toujours les nerfs qui ont déconné le plus. L'interface quoi. Résultat, le réel m'a toujours été insaisissable, j'ai vécu dans l'Ether et j'ai été inlassablement éjecté du monde autant qu'incapable d'y agir vraiment. Un fumiste involontaire. Alors, j'ai passé beaucoup plus de temps à rêvasser à la Pop musique, à Debbie Harry et à son minou tout blond par exemple, qu'à apprendre à jouer de la guitare, et quand je me suis mis à en jouer, je me suis montré inapte à faire autre chose que de gratouiller (mal) trois accords et très prompt à m'en satisfaire, simultanément frustré, paresseux et auto-indulgent. Les nerfs, j'vous dis ! J'avais pourtant trouvé dans le Rock une forme d'Art qui correspondait à ma complexion physique et mentale et j'en ai jouis tant et plus. Ce sera ça jusqu'à ma mort.
En 1978, Blondie et Debbie Harry.

En 1976, The Nerves avec Peter Case et Paul Collins.


mercredi 28 janvier 2015

Quelque chose de fraîs, svp ? Faites à votre idée.

Certaines choses qui marquèrent vivement à l'adolescence gardent cette fraîcheur, cette vivacité tout au long de la vie quand on se les remémore, quand on les ré-entend, les revoit. Mais d'où vient cette émerveillement initial qui frappa à un instant décisif ? Ca je ne saurais le dire. C'est pour chacun différent, c'est là, évident. Il faudrait que chacun fasse l'effort d'écrire sa "Recherche du Temps perdu" pour que nous ayons peut-être accès aux raisons profondes de nos goûts, de nos engouements, et, partant, de nos peines, de nos regrets. Voici deux chansons qui sont comme une source de jouvence pour moi et qui me tiendront frais jusqu'à la fin de ma vie ou peut-être jusqu'à une lassitude radicale qui serait presque à coup sûr injustifiée. Tout d'abord ce couple charmant et sexy qui balança quelques tubes à la fin des Fifties et au début des Sixties. Tout est frais là-dedans et on se croirait  en train de commander un Cherry Coke au glacier qui circule dans le quartier résidentiel de Coconut's Grove avec sa camionnette. Mais Ho la ! Je ne suis pas américain , moi ! Mettons qu'on dirait que je bois un PSCHIITT !!! Citron (pour mon garçon), et toi un PSCHITTT orange (pour toi cher ange), que c'est l'été et que, pour moi, l'Amour à 12 ans et s'appelle France, oui France, comme France Gall; un prénom rare que je chérie encore. Tu montes avec moi dans l'arbre ? Là-haut, je t'embrasserais....

Deuxième salve vintage : "Do you love me ? " par les Contours qui se trouvait sur la même compilation vinyle paternelle que le précédent et que mon père n'écoutait jamais. Moi, je n'en ai pas perdu une miette. C'est l'histoire d'un mec qui se fait jeter par les filles parce qu'il ne sait pas danser, il apprend et revient les taquiner sur un mode moqueur et franc du collier "Tu vois, je sais danser, alors : Est-ce que tu m'aimes (bordel à queues)?!? Il a plus qu'a se baisser. Elles, les damoiselles, sont en pâmoison.
La vidéo est terrible : la chorégraphie est top, les fringues déchirent, les mecs ont des gueules de truands et chaussent au moins du cinquante, un vrai gang de vauriens déguisés pour la télé. Ah purée le cri : "DO YOU LOOOOVVEEE ME !!!!!"

mercredi 21 janvier 2015

Steely Dan se dresse encore.

Dans ma vie - puisque parfois des événements ou des lectures vous font arriver à l'essentiel d'un coup - dans ma vie, disais-je, un de mes plus vifs plaisirs aura été d'écouter la musique des Steely Dan. C'est une musique qui ressemble au style de ces écrivains français de la fin du 19ième siècle raffinée, pleine d'esprit, de paradoxes, un rien décadente, toujours stylée, tirée à quatre épingles. Eh, c'est un plaisir d'esthète de lire du Huysmans, du de Gourmont, du Barres et de chalouper au son des Steely Dan. Ils sont seuls de leur genre, eux, sans équivalent. Voici une chanson prenante tirée d'un de leurs excellents albums des séventies : "Charlie freak". Tiens encore Charlie qui repointe le bout de son nez. Il le fera désormais de loin en loin. Il est tant et tant à mes cotés.

Les paroles, magnifiques :
"Charlie Freak had but one thing to call his own
Three weight ounce pure golden ring no precious stone
Five nights without a bite
No place to lay his head
And if nobody takes him in
He'll soon be dead

On the street he spied my face I heard him hail
In our plot of frozen space he told his tale
Poor man, he showed his hand
So righteous was his need
And me so wise I bought his prize
For chicken feed

Newfound cash soon begs to smash a state of mind
Close inspection fast revealed his favorite kind
Poor kid, he overdid
Embraced the spreading haze
And while he sighed his body died
In fifteen ways

When I heard I grabbed a cab to where he lay
'Round his arm the plastic tag read D.O.A.
Yes Jack, I gave it back
The ring I could not own
Now come my friend I'll take your hand
And lead you home"

jeudi 13 novembre 2014

Patricia Petitbon à petit bonds.

L'autre jour, j'ai assisté à un récital de mélodies françaises de Patricia Petitbon, une soprane rigolotte qui a le vent en poupe en ce moment en France. "C'était délicieux !", comme ont du s'esclamer certaines dames de la bourgeoisie rennaise un peu fantasques. C'est vrai que la rousse flamboyante, comme on dit, a un talent certain pour la comédie et presque le one-woman-show, si elle n'était accompagnée par une pianiste et un percussioniste qui d'ailleurs lui servent de camarade de jeux, jeux assez comiques tout compte fait, même si un peu courts quand même. Elle pourrait se lâcher un peu plus et bousculer les conventions du petit monde du classique. Après tout, au Chat Noir, à la belle époque, les chansons en ont vu d'autres, sous les regards de Maurice Rollinat, Alphonse Allais et autre Jean Richepin, et ces belles têtes de poètes, toutes un peu folles, ne regardaient pas à la dépense quand il s'agissait de loufoqueries. Mais ne soyons pas tatillons et prenons avec allégresse les petits moment de grâçounette que nous procure Mademoiselle Petitbon. Toutefois, quelque chose me titille, m'irrite et ce n'est pas une broutille. On ne comprend pas tout des paroles des chansons qu'elle entonne et parfois même, on ne comprend rien. C'est quand même très dommage pour une chanteuse française de chanter en français moins bien que, mettons, Barbara Hendricks, qui est américaine.  Loin de moi, l'idée de sombrer à tout prix dans le "C'était mieux avant !" mais quand on écoute Régine Crespin, pour prendre un exemple pas innocent du tout, et qu'on la compare à Patricia Petitbon, on voit toute la différence qu'il y a entre une honnète soprano et une cantatrice de génie. Est-ce le don ? Est-ce le travail ? La Grâce ?. Je ne sais pas mais Mademoiselle Petitbon(d) a encore pas mal d'enjambées longues à faire pour arriver à cette évidence-là.
Régine Crespin chante Fauré sur un texte de Raymond Bussine : "Après un rêve".

Et bing ! "Clair de lune" de Paul Verlaine, mis en musique par Fauré. Crespin toujours. Le texte est incroyablement chiadé, c'est miracle que l'on comprenne ce qu'elle chante !

mercredi 29 octobre 2014

"Dis-moi oui !"

L'autre jour une amie me souhaita mon anniversaire en me disant de lui écrire un petit poème pour le sien qui arrivait bientôt. En fait, il se trouve que c'est le 30 octobre, c'est à dire dans quelques heures. Cette amie et moi nous sommes quelque peu chauffés la couënne mutuellement ce qui est une belle et bonne chose mais dans la mesure ou elle ne commence à tomber amoureuse de moi qu'une fois passée une distance de deux milles kilomètres, je ne vais pas me casser pour lui pondre un truc chiadé (Je l'ai déjà fait en plus ! Elles ne sont jamais contentes !).
J'ai mieux.
En guise de "Happy Birthday", j'ai du Audiard pur jus, tiré de "Comment réussir quand on est con et pleurnichard ?" où Carmet n'arrête pas de déclamer ce texte pour faire pitié. Ca marche à fond les ballons. Je crois que c'est la chose la plus lourde de sens que j'ai entendue de toute ma vie. C'est riche, c'est impeccablement beau, soigné. De bien rares vers comme on aimerait en lire plus souvent, s'il était seulement possible de s'approcher du subtil génie créatif qui les anime....

                                   Ce matin au bord de ma croisée
                                           S'est posé un pigeon

                   Et comme je lui confiais les secrets de mon coeur
                   Il est parti vers toi le pigeon voyageur

                   Mais je sais que demain l'oiseau va revenir
                   Et suivant ta réponse me rendre le sourire

                  Oh ange de douceur, étends sur ma souffrance
                  Le charme caressant de ta douce présence
                  J'ai recueilli pour toi les sanglots de la nuit
                                                 Dis-moi oui

Voilà, c'est-y pas beau pépète, hein ? Spécial dédicace pour toi de ma part et de celle de Michel Audiard qui a vraiment tout mis.
Un petit coup doeil a Carmet le lisant à voix haute. J'ai quasiment le même look.

jeudi 9 octobre 2014

Yukimi battles me.

J'aimerais être un roi d'Extrême-orient cruel et vaniteux, couvert d'or, avec une belle et longue moustache en forme de toit de pagode.  J'aurais échangé cette femme sur le marché aux esclaves contre des milliers d'améthystes et de pierres de jade, une dizaine de chevaux d'Arabie et deux éléphants. Cette très belle métisse -ce sont celles qui valent le plus- serait la plus chère qui aurait jamais été vendue. Je la nommerais Yukimi, ce qui signifie "rare beauté". Je la ferais se baigner dans du lait d’ânesse, je la couvrirais de la soie de mes magnaneries et des perles de mes pêcheries et, toutes les nuits elle devrait se prêter à mes fantaisies sexuelles les plus crues. Régulièrement, je lui demanderais de me faire atteindre l'extase par une voie nouvelle et la menacerais du pal si elle n'y parvenait point. Elle étudierait alors des livres de plaisir dans ma bibliothèque et j'irais la voir travailler à ma jouissance par les deux petits yeux de singes, prévus à l'effet de voir sans être vu, percés dans une fresque d'un des murs de la salle des livres. Je serais bien sûr de jouir le soir, sa perversité et son vice égalant les miens. Toujours soumise à ma volonté, elle viendrait ravir mes yeux quand je le voudrais, nue et les mains liées, maquillée comme un être divin, son visage de cuivre rehaussé de rouge et couverte d'huile et d'onguents de la tête aux pieds. Elle serait mon esclave et je serais devenu le sien. Nous mourrions ensemble dans l'incendie de mon palais qu'elle aurait déclenché pour nous libérer de ma folie. Le peuple dirait qu'il a fait la révolution.

mardi 30 septembre 2014

Dernière levée de la Post.

J'en remets une petite couche sur la post-modernité d'avant-demain pour les enfants d'aujourd'hui, c'est à dire un passé qui colle aux mouches. Sébastien Tellier, toute bête de son propre cirque qu'il soit, a bien du talent; rebelote donc avec deux vidéos de lui, l'une extraite d'un concert à l'Olympia où le musicien finit en Lolita de la punch-line pour mieux tirer sur la bobinette qui cherra, mon enfant, et l'autre, vraiment magnifique, sur les mystères de la création et de l'Amour (rien que ça). On peut être clown et être sérieux parfois, entre deux prises.
Ensuite, un clip très chiadé de Phoenix en temps réel décompté sur les deniers sans odeurs d'une multinationale quelconque. Ça vaut quand même mieux que de regarder ce légume de Miossec ou de subir encore et encore les gamineries des (vieux) cinéastes de la dernière vague, qui fut nouvelle quand il s'est agit de piquer les fauteuils en cuir repoussé à papa.

Et pour finir une vidéo de Jazz de maintenant, c'est à dire un mélange vraiment actuel, le Jazz étant habitué depuis belle lurette à absorber toutes les influences, y compris les plus puissantes et les moins "swing" (ici, fort heureusement, ça groove!), et à se retrouver à toutes les confluences, y compris les plus limpides. C'est là que se trouve Mehliana, duo formé de Brad Mehldau et Mark Guiliana qui marie les codes-mémoire de l'Electro, du Jazz-Rock et du Rock Progressif pour le bonheur avec mélange des mélomanes tout-terrain. Du très bon Jazz post-moderne.

mercredi 13 août 2014

"The Look" a fermé les yeux.

Lauren Bacall est morte. Même question que dans le post précédent pour Robin Williams : "Etait-elle une bonne actrice ?" La réponse est non, comme hier.  Mais avec son mari Humphrey Bogart elle formait un couple évident et électrisant (4 films ensemble, quand même),et là, elle a été bonne. Pour le reste c'est une parfaite quiche que seul Minnelli a par deux fois sauvée du naufrage complet dans des films d'une beauté et d'une intelligence bien spéciales qui n'appartiennent qu'à lui :"La toile d'araignée" et "La femme modèle". Songez que le sujet de ce dernier long-métrage tient dans le couple mal assorti qu'elle forme avec l'endive Grégory Peck, elle, dans la haute couture et la comédie musicale, lui, dans le journalisme sportif. Comprenez-vous bien l'antagonisme radical masculin/féminin qui les sépare ? Avec un tel sujet en plomb massif, Minnelli fera un film en état de grâce qui emporte tout sur son passage, et déclenche des avalanches de rires. Sinon c'est "Waterloo, morne plaine". Il y a un film complètement con ou elle est en vedette avec Marilyne Monroe et Betty Grable ("Comment épouser un milliardaire ?") et elle est vraiment deux tons en-dessous des deux pin-up stars de l'époque, qui trouvent le moyen de sauver leurs atours (en clair, leurs fesses) de se scénario catastrophique et cinématoscopisé.
Enfin, tout lui est intégralement pardonné pour ses films avec son mari et en particulier pour ça :

De nos jours frappadingues un mythe tient à ça. C'est suffisant ? J'aurais tendance à dire non mais ça marche quand même, alors ?
Ah, il y a autre chose, qui a été capté par la caméra. Une certaine allure, rehaussée d'un peu d'élégance. Ce n'est pas la même chose, l'une est plus animale que l'autre.  Mais c'est un raffinement qui attire et elle l'avait.

dimanche 10 août 2014

L'aigle à deux têtes.

Farouche, indompté, notre Président a désormais chaussé une nouvelle paire de lunettes qui aiguise sa vue au-delà de toute velléité de "normalité". Pfff, en fut-il jamais question SERIEUSEMENT ? Seul, planant à des hauteurs insondées, il recouvre de son sens suraiguë une mêlée de nains qui s'affairent au sol, tandis que lui seul peut estimer la portée de ses actes qui englobent et impliquent l'Humanité toute entière !
Victor Hugo, poète incontestable, l'avait dit en son temps, prémonitoire :

L’aigle, c’est le génie ! Oiseau de la tempête,
Qui des monts les plus hauts cherche le plus haut faîte ;
Dont le cri fier, du jour chante l’ardent réveil ;
Qui ne souille jamais sa serre dans la fange,
Et dont l’œil flamboyant incessamment échange
Des éclairs avec le soleil.


Pendant ce temps-là un parodiste fou tente de ruiner l'image de notre Président par d'incessantes bouffonneries et mimiques. Il amuse le peuple farceur mais moi je dis Stop ! et clouons au pilori ce clown malfaisant que notre Guide suprême traite avec un mépris sublime. Attends voir, petit saligaud, l'Histoire est une rude maîtresse et elle saura se venger. Et déjà, je te montre du doigt, minable :
Victor Hugo, décidément oracle en son pays n'a-t-il pas appelé un de ses recueil "les Châtiments" ? Le tien sera ignoble infâme faquin !

 

samedi 9 août 2014

"Aubade" millésimé 1987.

Dans les années 80 on n'avait pas l'érotisme léger, décadent et élégant de Yukimi des Little Dragon. Bon, c'est vrai, le feutré, le délicat c'était pour David Bowie et ça marchait bien aussi. Mais le velu, la dentelle rouge, le tape-à-l'oeil, c'est pas ça qui manquait à l'époque. Songez qu'en ces temps déraisonnables Jacques Séguéla et Bernard Tapie étaient de gauche
Alors, ce qu'il y a en dessous ça râpe un peu mais c'est toujours mieux que Rihanna et Miley Cirus. D'un coté les fantasmes hauts talons de la femme à tout faire du Nain Pourpre et de l'autre les délires foutraques de Larry Blackmon, dont il faudra bien un jour reconsidérer l’œuvre à l'aune de celle d'un Prince justement, ou d'un Rick James. Ici, par exemple, le clip est très très bon.
Sheila E : "The glamourous life".

Cameo : "Candy"

jeudi 7 août 2014

Zombie Fighter

- Et Prince alors ? Qu'est ce qu'il devient ?
- Ah ben, Prince maintenant, c'est un groupe suédois.
- Sans blague ? Et c'est bien ?
- Ah très bien, très bonne qualité. "Top quality", comme on dit.
- Si on m'avait dit ça y'a dix ans...
- Que voulez-vous mon Pauv' Monsieur, tout change.
- Eh oui, c'est la vie. Enfin quand même, suédois...
- Allez, vous frappez pas, vas. Vous reprendrez bien un p'tit muscadet, c'est pour la maison !
- Volontiers, merci.
(Le clip est frappant. essayez quand même de vous concentrer sur la musique)

Une très jolie voix de tête.
Juste en dessous, pour le plaisir des yeux, Yukimi et son batteur sont lâchés dans un magasin de disques. Où l'on apprend en passant que Yukimi est branchée par le bluesman maudit Robert Johnson !

mardi 22 juillet 2014

Petit dragon devenu grand...

C'est peu dire que je trouve Yukimi Nagamo, la chanteuse et compositrice de Little Dragon, à mon goût. Elle n'est pas tendre, peut-être douce parfois, si on la fait jouir, en tout cas, c'est une dure à cuire. Ça se voit, c'est une femme accomplie qui porte en elle et sur elle les marques de plusieurs vies (antérieures?) déjà vécues et dont elle a appris. On est pas leader d'un groupe suédois quand est japonaise par hasard, il faut du cran et du vécu.
Je n'aime pas beaucoup les tatouages, sauf sur les corps des femmes du Japon, là, je les trouve érotiques et beaux. Je note que Yukimi en un a au moins un qui lui fait le tour de la cheville droite, "la marque des esclaves", dirait Serge Gainsbourg". La Liberté et la contrainte entretiennent des rapports complexes, ambiguës, c'est entre elles que se tissent les liens de l'érotisme le plus violent, le plus délicat, le plus rare. Si je te bats comme plâtre, Yukimi, me mangeras-tu tout cru ? Oh, je t'en prie, à genoux, n'écarte pas trop facilement les jambes pour d'autres que moi ! Et toi non plus, là-bas.

Le très beau et mélancolique (Aquatique ? Humide ?) Twice.

lundi 7 juillet 2014

"Cette ville est trop petite pour nous deux, chérie."

Les deux sloughis tiraient sur leurs laisses, énervés. Dounia se présenta en haut de l'escalier, attendit que la musique baisse un instant, qu'on l'annonce et entreprit de le descendre, les chiens légèrement en avant et l'esclave qu'elle tenait au bout d'une chaîne à ses cotés, un peu en retrait. Elle le fit en toisant l'assemblée qui la fixait et sans regarder une seule fois les marches. Si elle avait raté son entrée ce soir, elle n'aurait plus eu qu'à entrer au carmel. Elle sourit en y pensant, ces temps-là étaient révolus. Elle portait une toque d'astrakan et trois rangs de collier de perles naturelles, une guêpière en dentelle entrouverte sur son nombril qu'elle avait très creusé et une petit jupe de tulle qui laissait entrevoir les poils de sa fourrure soigneusement entretenue. L'homme qui était au bout de la chaîne qu'elle tenait portait un masque en cuir noir d'esclave, des menottes, un string, des bottes d'équitations et une ceinture autour de sa taille avec l'inscription "Gott mit Uns". A part ça, il était nu et sculptural. Le couple exerçait une fascination immense sur l'assemblée dont ils étaient les plus" chics et les plus décadents" membres. C'est à peu près en ses mots que Mick avait rédigé les consignes pour le déguisement sur le carton d'invitation. Elle triomphait sans ciller, impériale. La musique était trop forte, mais il y avait eu un instant de suspens et tout le monde dans la salle aurait jurer qu'il faisait silence à ce moment précis. Le choc subit et la force de l'apparition avait été très pures, projetant dans l'irréel. Arrivée au bas de l'escalier elle jeta un regard hautain et circulaire sur les visages des "beautiful people" présents qui les fit se détourner et William se précipita vers elle "Baronne, nous vous attendions éperdument. Vous ne nous avez pas déçus, vous êtes sublime." Une jeune femme habillée comme Madonna à ses débuts, avec le collant fendu autour du sexe, s'adressa à la nouvelle arrivante en s'avançant vers elle "Mais c'est la mère supérieure ou quoi celle-là?" L'esclave la poussa violemment et elle tomba par terre quelques mètres plus loin en vomissant alentour, bousculant quelques personnes. Deux videurs apparurent en un éclair noir, l’arrachèrent au sol et ils disparurent tous les trois en une seconde. Deux ou trois convives, incommodés se rajustèrent en maugréant sans élever la voix. "Oh, et qui plus est en remarquable compagnie", fit-il en effleurant du doigt un muscle pectoral de l'esclave qui ne bougea pas. "Du calme, Willy, repartit Dounia, ce n'est pas pour toi, tu es encore plus larvaire que lui. Où est ton enculé de frère ?". ""Enculé de frère", grands Dieux quand Mick saura que vous avez dit cela il éjaculera dans son pantalon !" "Tu ne lui diras rien Willy, je compte sur toi. Toi, vas me chercher à boire. Du champagne." L'esclave s'éclipsa et fendit l'assemblée vers le bar. "Votre millésime est là, j'en ai fait rentré deux caisses, fit Willy" qui,lui, ne semblait pas être spécialement déguisé "Ou est Mick ?, fit Dounia, presque en criant". Les sloughis s'assirent d'un même mouvement et se tinrent immobiles, les tétons de Dounia durcirent et brunirent sous la dentelle. Willy sourit et dit : "Il ne doit pas être bien loin maintenant..."