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lundi 10 décembre 2018

Pete Shelley : fou de musique et libre.

Je remets ça avec Pete Shelley et lui rends un hommage paradoxal en mettant ici un morceau de son comparse guitariste au sein des Buzzcocks, Steve Diggle.
Shelley a toujours essayé de se libérer de tous les carcans, avec courage et ténacité, dans la mesure ou c'est possible. Il était de ceux qui font des efforts pour être libre et qui en témoignent aux autres, qui, à sa suite, s'en trouvent mieux et plus libres. Je crois que c'est le maximum qu on puisse faire.
Après je mets un docu anglais passionnant sur les Buzzcocks et Magazine. Car il se trouve qu'Howard Devoto, la leader de Magazine, a été le premier chanteur des Buzzcocks. Je vous parlerai de lui et de Barry Adamson, son bassiste, une autre fois.
Les Buzzcocks : "Running free"

Le docu "B'dum, B'dum" fait par la télé anglaise.




Pete Shelley : mort d'un compositeur et concertiste hors du commun.

Vous connaissez le Concerto pour clarinette de Mozart ? Non ? Dommage pour vous, c'est vraiment très beau. Écoutez un peu et vous m'en direz des nouvelles. A vrai dire je doute qu'on puisse faire mieux dans le domaine de la musique. D'accord, c'est de la musique savante, complexe, travaillée mais elle peut faire mouche dès la première écoute. Ce qui est surprenant c'est que la musique populaire puisse s'élever à de tels sommets. Prenez Ella Fitzgerald et Joe Pass reprenant "Nature boy", ça côtoie sans problème Mozart dans les sphères ardues de l'excellence musicale. M'enfin c'est du Jazz et on sait tous depuis quelques temps maintenant que le Jazz peut nous emmener très loin et très haut.
Mais le Rock ? Eh bien c'est pareil pour le Rock, il peut atteindre des degrés d'inventivité de musicalité et d'émotions égaux à ceux du Classique ou du Jazz. Je prends un exemple parmi tant d'autres : " Why can't I touch it ?" des Buzzcocks.  C'est un duo de guitares riches sur fond de section rythmique géniale avec voix déchirante déclamant des paroles singulières et émouvantes, comme de la bonne poésie. Pete Shelley, le compositeur-auteur-interprète de la chose est  mort il y a quelques jours et ça me rend infiniment triste. Il m'accompagne depuis 40 ans vers l'excellence Rock et m'envoie tutoyer le meilleur de la musique dans un sentiment d'urgence et d'abandon affectifs avec une grâce que seuls les plus grands compositeurs et instrumentistes ont atteints. Je lui rends hommage ici parce que je lui dois une fière chandelle. Il a mis des mots et des chants sur ma peine et l'a enchantée, m'a rendu meilleur et moins con.
Alors, dans l'ordre :
Le Concerto pour clarinette de Mozart,
"Nature boy" par Fitzgerald et Pass,
"Why can't Itouch it ?" des Buzzcocks.



mardi 12 juillet 2016

Fièvre d'été des Buzzcocks.

Les Punks. Il n'y a qu'un seul véritable groupe punk : les Sex Pistols, et encore, ils n'étaient pas si nihilistes que ça, juste un peu dépités. Les autres groupes de l'époque sont devenus des combos de virtuoses de haute volée aux ambitions artistiques qui égalaient celles de leurs petits camarades des sixties et seventies, et aussi des jazzeux. Les Buzzcocks, par exemple, sont un groupe dément. Pétrifiants d'intelligence, d'une pertinence sociale et psychologique acérée, ils étaient (et sont) capables de faire des albums d'une richesse contradictoire remarquable, évoquants tout et son contraire sans perdre le fil de l'Art qui charge à vif les émotions les plus rudes et les exprime au plus juste.
A les écouter, à écouter les Clash et les Jam, les Cure et Elvis Costello, après cinquante années de bouteille passées à le faire, il ressort que le plus important  dans la Vie, à part la Mort, c'est la Liberté. Puis viennent l'Amour et le Sexe.
C'est l'été, c'est la saison des "Bites qui Bourdonnent." Maintenant, excusez-moi, je vais écouter "Madame Butterfly" à la radio. C'est aussi beau que du Buzzcocks.



dimanche 13 novembre 2011

Faire des progrès. Faire la différence.

Les Police n'ont jamais été de vrais punks, ils ont joué à l'être pour faire leur trou. Ils sont aussi punk que ma grand-mère pouvait l'être. Au début, ils ont volontairement fait simple et trompé tout le monde. Mais très vite, leurs compositions sont devenues plus complexes et plus aguicheuses, non pas qu'ils progressaient,non, ils se laissaient aller à ce qu'ils étaient vraiment. Tous les trois instrumentistes de jazz hors pairs, voici ce qu'ils étaient capables de proposer à leur public en 1979. Aucun punk n'aurait eu l'idée de jouer cela, ni n'aurait pu le faire, à la base. Le pont instrumental trop long est à faire frémir de dégoût n'importe quel amateur de musique punk ; il rappelle trop les envolées surannées et au kilomètre des groupes progressifs des années 70. C'est Faux, tout est faux dans cette démonstration de force, mais est-ce si mauvais ? C'est fort possible, en tout cas ça impressionnait drôlement à l'époque, et ça n'avait rien à voir avec ce que je vais mettre plus bas.
On ne peut rêver groupe punk plus intelligent que les Buzzcocks. Ils ont commencé comme les autres, par des morceaux simples, d'une beauté mordante et quasi nihiliste. Contrairement au Police, qui ont prétendu ne pas jouer très bien, ils n'étaient pas de bons instrumentistes et ils ont appris au fur et à mesure, chaque album révélant leurs progrès, mis au profit d'une écriture de plus en plus sophistiquée mais qui resta néanmoins fidèle au crédo punk : allez vite, être nerveux, jouer fort et saboter toute forme de beauté convenue. Ils en inventaient une à chaque single, à chaque concert. La justesse de leur geste n'échappa à aucun mélomane de l'époque. Les voici en concert, avec leur premier chanteur Howard Devoto, en congé de Magazine, reprenant une scie des Troggs, leur modèle absolu.

Et voici leur dernier morceau publié à l'époque, avant que Pete Shelley ne démarre sa carrière solo, avec des machines. C'est complexe, magnifique, largement aussi difficile à jouer que les morceaux de Police, et cela garde néanmoins une fraicheur intacte, douloureuse certes, mais toujours avec ce soupçon de lucidité qui permit aux Buzzcocks de ne pas sombrer dans le piège qui avala Ian Curtis. On peut très bien ne pas survivre à ce morceau, ou alors à peine, ce qui dit toute sa force et sa pertinence. Juste, fort, encore plus fort, encore plus juste.

Et puis il y avait les Jam. Comme les Buzzocks, ils commencèrent par de simples morceaux, métamorphosés en hymnes par la grâce prolétarienne du classieux Paul Weller (derrière chaque "Rude boy" se cache une Lord, et tout Lord recelle en lui la brutalité du peuple). Aussi intelligents que les Buzzcocks, ils progressèrent rapidement, mettant à chaque fois leurs nouveaux savoir-faires au service de l'écriture de chanson tranchantes et nerveuses comme un mod sous speed, qui décrivaient amèrement, mais sans filouterie ni sentimentalisme, la réalité de l'Angleterre de Thatcher. Ils furent, avec Les Clash, les géniaux modèles et porte-étendards de toute une génération, la mienne. En Angleterre, ils connurent un succès énorme, et presque aucun en France. Les voicis à leur début, impeccables et graves comme seuls de jeunes gens peuvent l'être. " Dans la rue maintenant !"
Ce qu'il finirent par jouer relève de la meilleure soul blanche. Entre cet acmé musicale, dont je ne montrerai rien aujourd'hui et les débuts simplistes, chaque album et chaque single marquait, comme pour les Buzzcocks, une inventivité renouvelée par de solides progrès instrumentaux et un travail d'écriture qui allait devenir de plus en plus complexe. Voici ce que les Jam jouaient deux ans après la capture de la vidéo précédente. C'est toujours aussi intense, plus même, et leurs qualités de musicien n'ont fait qu'aiguiser la virulence de leur propos.
Tout le monde est enfermé dans son "Enfer privé", il faut bien le savoir, avant d'essayer d'en sortir. Comment ? Par la musique bien sur. Et quoi d'autre ?

dimanche 6 décembre 2009

Bob Dylan se révèle être un des tout meilleurs DJ radio qui soit. Sa " Theme Time Radio Hour" est a écouter respectueusement et avec le sourire. Le bon Bob y fait étalage de son humour, de sa culture, de son esprit pétillant ET SURTOUT nous propose des playlists thématiques jouissives et impeccables de tenue. Loin de moi l'idée de concurrencer ce roi Midas mais je me permets humblement de rajouter dans mon coin ce morceau de Shelley à son émission consacrée au " téléphone". Un petit post, new-wave, sans prétention. Mille mercis Bob.
au