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mercredi 25 avril 2018

Rock n' Roll will seriously damage your health.

Le Rock ? Des dingues j'vous dis. "Insane in the brain", comme dit l'autre rappeux.
Nutrocker. Une joyeuseuté qui rend barjot avec Kim Fowley aux commandes.

Frank Zappa dans ses bonnes oeuvres. L'aurait jamais du exister ce fou. Ou alors on n'écoute plus que lui, au choix.

dimanche 7 août 2016

Missin' Mister D.B.

David Bowie. Aucun rocker ne m'avait manqué à ce point-là depuis John Lennon. C'est dire à quelle place je mets le fantasque auteur/compositeur/interprète anglais qui savait se réinventer dans l'excellence pratiquement à chaque album. Il me manque grave. Alors, j'écoute des vieux trucs. Tenez, en v'là un, pas de la meilleure période, mais tellement supérieur à la production courante. C'est comme les Beatles, au-dessus du lot. Heureusement, Bob Mould et Paul Weller sont toujours de ce monde, sinon ça deviendrait très dur. L'énoncé au début de la chanson est du très beau surréalisme moderne (je veux donc dire classique), un truc à la Prévert disent les mortels morts.
David Bowie : "Telling lies".

Un truc pour lui d'un bon petit groupe.

jeudi 28 juillet 2016

Où est Chassol ?

Christophe Chassol vient de sortir un album, "Ultrascores II". Ecoutez-le, achetez-le, nom de Dieu ! N'écoutez pas la merde qu'on vous fourre entre les oreilles ! En général, ne vous contentez pas de ce qu'on vous donne, c'est à peine une aumone ! Le VRAI truc, c'est ailleurs. Cherchez, il y a en même sur le net !
Et au fait, c'est qui, c'est quoi Chassol ? C'est un musicien de talent qui se planque un peu, pas trop repéré, et c'est tant mieux comme ça. L'époque étant ce qu'elle est, il vaut mieux se tenir un peu de coté. Ce gars-là est bourré de talent, il fourmille d'idées. Allez sur sa chaine Youtube; tapez CHASSOL sur Youtube, c'est tout, vous verrez.
Je mets un teaser remixé au dessous.

vendredi 3 juin 2016

Excuse-moi, partenaire II.

Pendant ce temps-là, Bob Dylan se mesure à l'un des plus grands chanteurs de l'Histoire moderne, Frank Sinatra, et croone, croone jusqu'au bout de la nuit et de ses ombres bénéfiques. Rappelez-vous ce vieil extrait de docu sur Dylan dans les années 60 où le poète déclarait à un journaleux anglais jaloux qui l'attaquait sur sa voix "Vous me comparez à Caruso et dites que je suis un piètre chanteur. Vous avez écouté Caruso ? Vous m'avez bien écouté ? Eh, eh, à votre place, je ferais gaffe à ce que je dis parce que je suis un putain de bon chanteur !" Il disait vrai, c'est un chanteur exceptionnel.
L'album s'appelle "Fallen angels" Est-ce le regard que le vieux prophète porte sur les Hommes ? Peut-être, peut-être...

dimanche 28 février 2016

Mad Max : du Post-cinéma à l'ancienne comme on l'aime chez nous.

Je viens de voir "Mad Max : Fury Road" et je suis assez content. Je suis content pour George Miller qui nous livre là un film de post-cinéma en pleine possession de ses moyens et qui donne une petite leçon d'esthétique à tout les petits branleurs qui font des films sans queue ni tête avec di Caprio ou Kurt Russel en vedette. Parlons-en de l'esthétique. C'est simple, elle est parfaite. La tonalité des couleurs (bleu et jaune, presque pas de rouge, juste en contre-point), le montage cohérent à l'extrème qui fait qu'on suit parfaitement des poursuites de bagnoles assez compliquées, l'image accélérée, des trouvailles circassiennes employées en manière de cascades, des décors et des véhicules aux formes à la fois pré-historiques et extra-terrestres, des "flashs" mémoriels effrayants tout cela est juste au possible et se tient, j'allais dire, à l'ancienne. L'histoire se tient aussi et Miller ne perd pas de temps à nous expliquer une situation complexe, il fait le pari que le spectateur connait parfaitement les codes de ce genre de film, ce en quoi il a parfaitement raison, et nous y plonge à toute blinde avec quelques points forts notables, comme les guerriers blafards scandant "What a day, what a lovely day..." en pleine horreur, ou les top-models hallucinantes en robe de mariée dans le même camboui que les vieilles gouines. Et le tout se déroule sous nos yeux sans surcharge horrifique ou pathétique dans une intensité soutenue, et somme toute, plutôt intelligente (pas beaucoup de mots mais pas une seule insulte non plus !). Donc, je suis aussi content pour moi car j'ai pu voir un film de post-cinéma qui fait honneur à cette putréfaction vivace d'un art jadis plutôt noble (enfin, il y a lontemps, hein). Miller aurait pu tomber dans une exploitation de la nostalgie que d'anciens lecteurs du magazine Métal Hurlant auraient pu avoir à l'évocation du héros jadis interprèté par Mel Gibson pour trois films encensés par de jeunes gens nerveux fans de SF. Il n'en est est rien. Il a foncé dans le tas, éclaici le passage à la machette et livré une oeuvre flamboyante et mortifère raccro avec son époque.
J'ai aussi regardé "Les Beaux Gosses". Comme je n'avais toujours pas ri une seule fois au bout de trois quarts d'heure, j'ai arrêté le lecteur DVD. C'est quoi le plan, au juste ? L'arabe du futur aurait-il oublié d'être drôle ? Même Riad Sattouf ? C'est possible. Le futur, on y est. Je vais demander à des spectateurs plus jeunes et plus experts en humour actuel ce qu'il en est...En attendant "What a day, what a lovely day!" Eh, eh, "Lovely", c'est chic comme mot !

lundi 15 février 2016

Le Fils de l'Ombre.

Il était mort. Symboliquement. En effet, la crise d'inspiration qu'il traversait ne semblait jamais devoir se terminer. Même Gilles Verlant, un de ses plus grands fans, l'avait dit, avant de mourir pour de bon lui, Polnareff était à sec, cuit, finito. Et puis, il y eut ce single de Noël que rien ne laissait présager, avec force arrangements de cordes et vents grandiloquents et voix puissante qui chantonne facile dans les aiguës. C'était "L'Homme en rouge" et Polnareff nous replongeait habilement dans sa mythologie enfantine, et renouait avec elle. A coté de Mathieu qui n'a qu'un cheveu et de la Poupée qui fait non, se tient maintenant ce traitre de Pére Noël qui ne passe pas pour tout le monde. Et ça marche, c'est gamin certes mais on peut comprendre cette colère de minot terriblement seul qui semble encore habiter Polna. Ces blessures-là sont toujours vives et l'argent et la gloire n'y changent rien si l'on est un fils de l'Ombre, on reste un fils de l'Ombre et cette filiation horrible nourrit jusqu'à la mort, effective, les âmes rebelles qui en naîssent. Autrement dit, il peut y avoir d'autres bonnes surprises à venir de la part de notre ami maltraité et puni Polnareff. Car il est toujours en vie. Et il chante encore, seul et contre tous, comme tous les bluesman.

dimanche 6 septembre 2015

Podium

Comme les choses vont étrangemment parfois. Il a fallu que George Lang invite Yann Moix dans son émission Les Nocturnes, sur R.T.L., pour que je découvre Karen Dalton. A cinquante ans passés. Moix propose une sélection de ce qu'il aime et en parle chez Lang et là, paf, le choc. Dire que j'ai failli mourir sans avoir entendu la voix de cette chanteuse qui, maintenant que je la connais bien, est une des toutes meilleures au monde tous styles confondus. Je la place à l'égal de Kathleen Ferrier et d'Ella Fitzgerald, ce qui n'est pas rien, avouez-le, et constitue un trio de choc de l'émotion pure à la disposition de tous. Comment se fait-il que j'ai du attendre aussi longtemps pour connaître Karen Dalton ? Ca déconne sec sur les autoroutes de l'information, les mecs. La transmission passe mal ! Et voilà que je me trouve redevable envers ce clown tristoune de Yann Moix ! Panade ! Non, semi-panade, je ne t'oublierai pas Yann quand il s'agira de descendre ce qui fait ton pain littéraire quotidien et qui est au moins aussi bon que celui de Houellebecq ou d'Angot (encore un trio de choc !), je serai magnamime.
Alors maintenant il faut écouter Karen Dalton, parce qu'on est pas pareil avant qu'après et que c'est supérieur à 95% de la musique que je connais, que sa voix est un bain de jouvence, une cure d'éternité retrouvée en chansons de trois minutes. Etonnant, non ? Non, renversant, stupéfiant, incroyable, en un mot ( qu'aimait beaucoup employer un de mes amis mélomane) : "inouï !" C'est là, tout l'amour du monde, ça chaloupe, ça swingue, ça vient nous apaiser le coeur et nous coller des frissons. Elle a d'excellents musiciens avec elle. Elle en était une aussi, très douée à la guitare et au banjo. Dylan dit d'elle que c'est la meilleure chanteuse avec laquelle il est duétisé. Ecouter, réécouter, ç'est un baume pour l'esprit et le corps, ça ne cesse pas, jamais, d'être bon, inlassablement, une panacée à ne pas croire. Moi, je sais que ça prend de la place dans ma vie maintenant. Une bonne et belle place. A vous de voir. Je colle un album en entier (il y en a trois en tout), il faut au moins ça.


mardi 30 juin 2015

Les Beach Boys et moi : Good Vibrations ?

Est-ce que je peux encore écouter "Good vibrations" des Beach Boys ? Rien n'est moins sûr. Quand je l'entends, je réagis sec et je saute mettre un autre morceau; quand je le sens qui arrive, je passe à la chanson suivante des Garçons de la plage. Ce n'est pas que je ne l'aime plus, non, en fait cette chanson a été tellement formatrice pour moi, que je ne l'entends plus, que je suis incapable de prendre du plaisir à l'écouter.
Je l'ai découverte quand j'étais pré-ado sur une cassette audio de mon père. Comme tout dans ma vie, ce fut sans introduction, sans explication et je me la suis prise pleine face sans pouvoir dire "ouf". Je me demande s'il est possible de dire avec des mots le bouleversement intérieur auquel elle donna lieu. Ma sensibilité fut heurtée, chamboulée, meurtrie, guérie, exaltée, exhaussée en trois minutes et quelques. J'ai joui de toutes ces parties différentes, dissemblables et cependant parfaitement enchainées. J'ai eu peur aussi de ce grand charivari qui me menait Dieu sait où ? Vers la Mort, peut-être, un fin atroce, infini de souffrance ? Heureusement tout se terminait par le rythme allègre de la ligne de violoncelle et quelques notes de thérémin céleste. Ce morceau spatial finit terrien et ça me rassurait.
Mais cette chanson a fait plus encore que de m'impressionner, elle m'a structuré en profondeur. Chaque son a sculpté en moi un pan de ma sensibilité musicale et est passé pour cela par les plus infimes fibres de mon corps, de mon corps tout entier. J'ai été travaillé, secoué, réparé, couché, redressé. Il n'y a qu'avec les Beatles et les Stones, à peu près à la même époque, que j'ai vécu quelque chose de similaire. Si j'aime certains sons, certaines harmonies, je le dois à l'effet PHYSIQUE, en même temps qu'EMOTIONNEL qu'ont déclenché en moi tel son de "Good vibrations" pris en plein corps, ou telle dérive harmonique de l'esprit fou de Brian Wilson vécue bel et bien comme telle. Cette chanson à des sommets, des abysses, j'ai tout encaissé et à la fin le violoncelle (Dieu que j'aime le son du violoncelle depuis !) me ramenait toujours à bon port, mais ces creux et ces bosses sont celles de mon âme maintenant, à tel point qu'il m'est difficile de dire que cette ritournelle m'a juste "structuré", c'est encore trop "extérieur" car ça va un peu plus loin : je suis elle, elle est moi. Tout ce que j'ai entendu après a été entendu par moi et "Good vibrations" des Beach Boys ensemble, c'est à dire un entrelac de force, de recul et d'abandon, un frémissement, une révélation de soi à soi-même. La basse hyper-aiguë, c'est moi, la voix aérienne, le rythme à peine prononcé c'est moi, la façon dont les mecs disent "Ba-Ba" pour "Vi-Vi", c'est moi, le pont flippant c'est toujours moi, l'orgue d'église et la prière c'est encore moi. Et la flûte perdue dans l'espace interstellaire, haussée encore par des choeurs d'anges au rang de musique pour les Dieux, qui croyez-vous que ce soit ? Après ce truc, vous pensez vraiment que je peux écouter sereinement "Good vibrations"?  Je n'ai plus assez de distance. N'importe quelle chanson des Beach Boys, oui, et avec grand plaisir, mais pas celle-là
Alors, les Beach Boys : "Good Vibrations", version canonique. Celle qui m'a formé et s'est incrusté en moi.

Il y a un truc avec les groupes ou les artistes géniaux, ils ne sombrent jamais vraiment dans le le pathétique ou le nullissime. En 1980, je ne savais même pas que les Beach Boys existaient encore, moi j'écoutais de la New-Wawe.... et eux triomphaient en Angleterre, au festival de Knebworth. A cette époque, ils sont encore tous vivants et ils sont ici réunis mais, après toutes les engueulades, les bagarres, les luttes intestines c'est un véritable miracle. Encore plus improbable, le concert est bon. Le métier, sûrement. L'amour du métier, aussi.
The Beach Boys : "Cotton Field", "Heroes and vilains" "Keepin the summer alive".

mercredi 18 février 2015

Du Gore, du Gore, du Lesley Gore !

Je comptais écrire un petit article sur Louis Jourdan, incarnation du "French lover" à Hollywood, acteur dont l'élégance et le regard sombre et brillant m'ont toujours touché et voilà que c'est la mort de Lesley Gore qui requiert ma plume.
C'est assez difficile d'écrire quelque chose qui soit un tant soit peu intelligent sur le Rock n' Roll et qui ne soit pas une pâle imitation scribouillarde et parodique de l'énergie de cette musique. Je vais néanmoins essayer et essayer de dire pourquoi.
N'importe quel mélomane un peu averti vous dira que, dans la plupart des cas, c'est une musique d'une pauvreté sans nom. Les poètes se prennent la tête à deux mains et se mordent au sang devant tant d'inanité quand ils entendent les paroles des chansons qui font le pain quotidien de l'amateur de musique Pop. Paroles et musique, est-ce donc si nul ? C'est faire peu de cas de l'immensité du territoire vierge jusqu'alors arpenté et défriché par le Rock, DU DEDANS, je veux parler des énormes et surpuissantes passions adolescentes, terreau conscient/inconscient de notre vie future auquel celle-ci restera toujours indéfectiblement liée. L'adolescence, ce sont les américains qui l'ont inventé, comme période, comme force, comme évidence. Ils disent "Teen-age". Toutes l'astuce des Rockers, un peu plus vieux mais immatures jusqu'à l'os, a consisté à vendre les tourments et les rages de l'adolescence dans toute leur violence aux adolescents récemment dotés d'argent de poche et donc de pouvoir d’achat, afin de leur renvoyer une image à la fois solitaire et regroupée de ce qu'ils sont, des être roulants à toute bombe dans toutes les directions sur une autoroute dix fois trop large pour eux. (Ils pensent : trop petite). Sur cette lancée, on peut vivre toute sa vie et passer à coté de l'âge adulte sans perte ni fracas, sans plus se poser de questions. Avec l'allongement de la durée de la vie la jeunesse est devenue plus consistante, il s'agit d'en jouir sans s'en rendre trop compte, sans se rendre compte qu'il y a autre chose... Que quoi ? Que l'amour, le sexe, l'alcool, la vitesse, l'insolence, la vulgarité, la noblesse, la baston, les fringues, la frime, la drogue ? Parce que il y a autre chose, vraiment ?
Tout ce que je peux faire d'un peu sensé dans ma vie me vient de là, alors je peux aussi bien penser dessus et écrire dessus, ce n'est pas si bête, car ce qu'on appelle "l'âge bête" a été pour moi comme pour tant d'autre un âge déterminant dont je ne suis pas sorti et dont je refuse de sortir. Cela revient à me donner un point de vue assez original sur la vie, l'amour et les vaches et me permet de dire que toute cette musique adolescente à une une force et une émotion intrinsèques que même les plus ronchons des sociologues du C.N.R.S devront bien reconnaître un jour. Mais, moi, je ne suis pas chercheur au C.N.R.S., j'ai un blog que tout le monde peut lire et je refuse de parler sérieusement du Rock. Gravement, comme si ma vie en dépendait, à mi chemin entre le rire furieux et le torrent de larmes oui, sérieusement, non. Parce que je suis en partie encore un "Teenager" et que je continue de roulez vite sur une autoroute encore trop petite pour moi et qui ne me mène nulle part aussi sûrement que le plus heideggerien des chemins. De là, je peux donner à ce qui me liront un point de vue sur le Rock et sa "sous-culture" (et le reste) qui ne soit ni tronqué ni condescendant, et qui soit, j'espère, un tantinet pertinent.
Alors, voilà, Lesley Gore est morte, elle avait chanté "It's my party" où elle disait "C'est la fête de mon anniversaire, la fête de mon anniversaire et je pleurerais si j'en ai envie, je pleurerais si j'en ai envie...Et tu pleurerais aussi, si ça t'arrivait..." Pouvez-faire mieux, vous ? Pas moi. Baudelaire a fait mieux ? Et Schubert ? Bof.

mercredi 4 février 2015

Bob Dylan : une ombre dans la nuit.

Comme le dit justement Sylvain Vanot -musicien et Docteur es Dylanologie- "Il faut bien que Bob Dylan se trouve des raisons de se lever tous les matins", et je rajouterais, et d'échapper à la nuit. Oui, Dylan n'a plus rien à prouver à personne, il sort de temps en temps un album de très bonne facture et continue son "Never Ending Tour" (N.E.T.), arpentant le globe au fil des saisons et à son gré. En fait, il se contente de faire ce qu'il sait faire, il fait de la Musique (de la bonne) et il en fera jusqu'au bout. C'est ce que tout artiste véritable expérimente dans son domaine particulier d'excellence, il en a toujours été ainsi et, avec un peu de bol, ça continuera.
Seulement voilà, Bob Dylan est un artiste d'exception et toute forme de train-train lui déplaît, ça ne colle pas avec ce qu'il est, un aventurier du Mid-West émigré à New-York, U.S.A., Monde. Donc, n'écoutant que son coeur, son envie, son courage, et peut-être autre chose, il a décidé de sortir un album composé de classiques de la chanson américaine, s'attaquant ainsi à quelques perles de "l'American Songbook" qui ont connu des interprétations mémorables et multiples. Et voilà que Dylan arrive haut la main à s'insérer dans le catalogue et a se hisser à son niveau. C'est tout bonnement et directement émouvant. Ce n'était pas évident car qui dit "chanson" dit avant tout "Voix", performance vocale et, sur ses derniers albums de Rock, Dylan ne nous avait pas fait l'effet d'un crooner mais bien d'un charretier à l'organe éraillé. Preuve que ce type maîtrise parfaitement ce qu'il fait, il s'est mis pour cet album-ci sur son 31 et chante. Bien. Le tapis musical country-jazz (?!?) qu'il a concocté avec ses musiciens est génial et propice à l'écoute de la voix du vieux chanteur, mélomane sage et amateur digne; il est d'une grande unité formelle et d'une grande douceur. Là-dessus se détache les interprétations, douces aussi, de Dylan, toutes en retenue et feeling, qui du coup ne sombre à aucun moment dans un lyrisme facile (comme cela peut arriver à Bryan Ferry, par exemple, par excès de vibrato). Bref, tout cela est d'une grande tenue et, à une époque où la tenue a tendance à se faire la malle au profit d'un n'importe quoi débraillé (mentalement, parce que les fringues sont plutôt au poil) et criard, ça tranche et ça fait du bien.
Mais il y a peut-être une explication plus profonde à cet essai réussi de Dylan sur ce terrain des chansons, et même à ceux qui l'ont précédé, sur un mode strictement Rock ? Ce n'est pas tant une question de train-train que d'usure et de mort. Peut-être que Bob Dylan tente, classe ultime, un fondu-enchaîné dans la nuit qui arrive pour lui ? Peut-être est-ce cette ambition démesurée qui est belle, et plus belle encore la mise en oeuvre délicate du projet ? Lui seul le sait maintenant, et comme devant toutes les grandes oeuvres de grands artistes, un jour nous nous retrouverons nous aussi seuls face à la sienne. Seuls mais pas abandonnés. C'est même ça l'Art : un acte solitaire contre l'abandon.
Je signale deux chansons en particulier : "I'm a fool to want you", dont la version définitive a été gravée par Billie Holyday, garde ici un potentiel émotionnel vibrant, et "Automn Leaves", adaptation américaine de Johnny Mercer des "Feuilles Mortes" de Prévert et Kosma. C'est pour moi une collision temporelle heureuse qui mêle le poète populaire français que je lisais au collège, le musicien migrant d'exception et le poète "beat" qui m'accompagne depuis que j'ai 16 ans et, d'une certaine façon et en souriant un peu, moqueur et content, je ne vois pas ce que je pourrais demander de plus que ça : Dylan chantant du Prévert et Kosma.
Cora Vaucaire, la créatrice des feuilles mortes.

Pour celle-là Dylan a reçu un Oscar en 2000 pour la B.O. du film "Wonder boys", d'où elle est extraite. La vidéo de Curtis Hanson (réalisateur du film) mélange habilement extraits du film et plans de Dylan. Oui, beaucoup de choses ont changé. Pas la nuit. Je peux en témoigner.

J'ai discuté un peu avec Bob, en priant le Dieu YouTube, et il est d'accord pour que je mette cette chanson issue de son dernier album, à la base une scie de Frankie "Blue-eyed" Sinatra, "Full moon and empty arms". Eh oui, en ce moment c'est la pleine lune.

lundi 17 novembre 2014

Affreux, propre et méchant.

La presse écrite va mal, et c'est peu que de le dire. Il faut cependant constater que les éditeurs de presse font preuve d'un manque d'imagination et d'audace consternant. Il est nécessaire de s'adapter à ces temps de crise et de tourment et il est tout à fait possible de faire d'une certaine réponse à la morosité ambiante un véritable Art de vivre, "a way of life" comme disent les anglo-saxons. Je ne manque pas d'idées réjouissantes pour tout honnète homme, donnez-moi les moyens financiers et je vous ponds des succès de presse à la pelle. Ce qu'il faut c'est innover, ça veut dire recycler des trucs qui marchaient et les mettre au goût du jour. Ainsi je propose de créer un mensuel pour le public masculin qui s'appellerait "Bien-être et Calomnie" qui serait un croisement entre un magazine de charme à la "Playboy", un magazine de fitness et qui proposerait aussi des témoignages sur les bienfaits de la dénonciation de ses contemporains aux autorités compétentes ainsi que des aides efficaces pour franchir aisément le cap de la "mauvaise conscience" et s'épanouir ainsi pleinement dans cette société sans pitié de guerre de chacun contre tous. Carton assuré. Le complément idéal de ce canard serait un autre journal, toujours destiné au public masculin, dont j'ai l'idée au chaud et qui s'appellerait "Cuisine et Armes à feu". Ce serait un savant mélange de recettes de cuisine du terroir, de pages consacrées à la possession et à l'usage d'armes de tir plus ou moins puissantes et de l'agrément que l'on peut en retirer à tout âge de la vie et, bien sûr, d'un magazine de charme type "Playboy". Rien que de penser aux couvertures que l'on peut mitonner pour ces deux titres, entre des femmes aux multiples talents et des photos de descentes de police ou de tableaux de chasse dans un relais perdu en forêt, je me prends à saliver. Je ne suis pas plus bête qu'un autre et si ça marche sur moi, ça marchera sur d'autres, et plutôt deux fois qu'une. Et encore, ce ne sont là que deux idées parmi des dizaines, si cela vous intéresse et que vous avez quelques argent à investir dans des entreprises aussi jouissives que de salubrité publique, faites-moi signe, je suis ouvert à toutes sortes de propositions plus ou moins malhonnêtes.
Déja, dans les années Trente aux Etats-Unis, des films tentaient de décomplexer le citoyen moyen. "Scarface". Howard Hawks. Si vous aimez ces images, vous aimerez "ma" presse. Critique du film dans la section "Belettes et mitraillettes" du numéro 1 de "Cuisine et Armes à feu", bientôt dans les kiosques.

jeudi 13 novembre 2014

Patricia Petitbon à petit bonds.

L'autre jour, j'ai assisté à un récital de mélodies françaises de Patricia Petitbon, une soprane rigolotte qui a le vent en poupe en ce moment en France. "C'était délicieux !", comme ont du s'esclamer certaines dames de la bourgeoisie rennaise un peu fantasques. C'est vrai que la rousse flamboyante, comme on dit, a un talent certain pour la comédie et presque le one-woman-show, si elle n'était accompagnée par une pianiste et un percussioniste qui d'ailleurs lui servent de camarade de jeux, jeux assez comiques tout compte fait, même si un peu courts quand même. Elle pourrait se lâcher un peu plus et bousculer les conventions du petit monde du classique. Après tout, au Chat Noir, à la belle époque, les chansons en ont vu d'autres, sous les regards de Maurice Rollinat, Alphonse Allais et autre Jean Richepin, et ces belles têtes de poètes, toutes un peu folles, ne regardaient pas à la dépense quand il s'agissait de loufoqueries. Mais ne soyons pas tatillons et prenons avec allégresse les petits moment de grâçounette que nous procure Mademoiselle Petitbon. Toutefois, quelque chose me titille, m'irrite et ce n'est pas une broutille. On ne comprend pas tout des paroles des chansons qu'elle entonne et parfois même, on ne comprend rien. C'est quand même très dommage pour une chanteuse française de chanter en français moins bien que, mettons, Barbara Hendricks, qui est américaine.  Loin de moi, l'idée de sombrer à tout prix dans le "C'était mieux avant !" mais quand on écoute Régine Crespin, pour prendre un exemple pas innocent du tout, et qu'on la compare à Patricia Petitbon, on voit toute la différence qu'il y a entre une honnète soprano et une cantatrice de génie. Est-ce le don ? Est-ce le travail ? La Grâce ?. Je ne sais pas mais Mademoiselle Petitbon(d) a encore pas mal d'enjambées longues à faire pour arriver à cette évidence-là.
Régine Crespin chante Fauré sur un texte de Raymond Bussine : "Après un rêve".

Et bing ! "Clair de lune" de Paul Verlaine, mis en musique par Fauré. Crespin toujours. Le texte est incroyablement chiadé, c'est miracle que l'on comprenne ce qu'elle chante !

samedi 8 novembre 2014

Debussy et moi : même combat.

Deux petites perles pour nous. D'abord, Régine Crespin chantant "Shéhérazade" de Maurice Ravel sous la direction de l'indispensable Ernest Ansermet en 1963. Ravel a composé cela en 1904 sur des vers de Tristan Klingsor, membre du fameux groupe des Apaches à la Belle Epoque. L'hallucinant de la chose est que Klingsor est mort au Mans en 1966 à 92 ans alors que j'y étais né en 1964. Cela me chamboule de savoir que j'ai vécu dans la même ville (oh, si peu) que quelqu'un qui fit la claque pour défendre "Pélléas et Mélisande" de Debussy lors de sa première à Paris en 1902.

Debussy encore. Il est avec Richard Strauss une des influences majeures du compositeur italien Ottorino Respighi qui composa ce "Il tramonto" ("Le coucher de soleil") ou se mèlent les cordes d'un quator et celles, toute vocales, d'une mezzo-soprano, ici, la croate Sena Jurinac. C'est magnifique de liberté, de nonchalance et néanmoins précis, ça respire on ne peut mieux. Et pourtant une mélancolie peut nous saisir. D'où vient-elle ? C'est le soir.

Allez donc ecouter les oeuvres en entier au lieu de vous curer le nez.

mercredi 13 novembre 2013

Jour de Colère

Malicieusement, George-Bernard Shaw disait du "Requiem" de Verdi que c'était "son meilleur opéra". Verdi lui disait ne pas être quelqu'un d'"instruit" et ne pas être capable de faire de la "musique savante". Karajan, quand on lui demandait "- Et dieu, dans tout ça ?" répondait "- Je vais bien merci". Ouais, ouais, ouais, on demande à voir, quoi ! Voici. C'est du lourd. Mise en scène Eisensteinienne parfaite.

samedi 10 août 2013

Histoire et cinéma d'action : un duo ravageur.

Évidemment, les films de Tarentino sont des merdes sans noms. Evidemment. Mais avant que ce singe savant ne passe derrière la caméra pour nous épuiser de ces idioties, il avait pondu le scénario de "True Romance". Ce film a été réalisé par le pire salopard des faiseurs de nanards survitaminés d'Hollywood : Tony Scott. Ce mec, un des plus gros consommateurs de coke de tout Beverly Hills, avait un but dans la vie : faire "l'action-movie" le plus surboosté à la testostérone, au montage le plus speed fast-forwardisé, le plus bourré d'effets spéciaux jusqu'au bout de la file d'attente devant le Gaumont et nous le coller dans le cul pour qu'on se fasse jouir avec - tout en restant dans les canons d'une grosse production américaine, avec ces quelques contraintes et dérives assumées. Généralement, et c'est un des seuls dans ce cas-là parmi ces congénères metteurs en scène US, ça marchait plutôt pas mal. On peut citer parmi ces réussites remarquables "U.S.S Alabama", "Le dernier Samaritain", "Man on fire", "Déjà vu". Liste non exhaustive.
Je vais mettre un extrait plutôt sobre de "True Romance". C'est violent, bien sûr, mais ça c'est normal pour Tarentino comme pour Scott. Néanmoins le vice du scénario, son astuce nous permet de voir une magnifique composition d'acteur. Je ne parle pas de celle de Walken, il fait le boulot sans trop se forcer, non, je veux parler de Denis Hopper. Tout le travail de cet acteur assagi va consister à ciseler l'évolution très rapide de son personnage vers une force tragique Et comique assumée, à partir de la peur la plus banale et la plus sourde.
Je pose la situation : Walken est un parrain de la mafia et est à la recherche d'un jeune prostituée jouée par Patricia Arquette et de son micheton préféré Christian Slater car ils lui ont volé beaucoup d'argent (ou de came, je ne sais plus). Pour les retrouver, il a la bonne idée de faire un saut chez le père de Slater, incarné ici par Denis Hopper, chez qui le couple est effectivement passé quelques heures plus tôt. Walken menace le père de tortures pour lui faire dire ou est passé son rejeton et met ces menaces à exécution. C'est là que le scénario est bon et Hopper grand. Je vous laisse découvrir ça. Sans m'avancer trop, je dirais que c'est la seul bonne idée de scénario de Tarentino, "Pulp Fiction" ne contenant que des fausses bonnes idées qui rendent le film cul-cul la praline (ou culte, c'est pareil).
Messieurs Walken et Hopper.

A noter : l'utilisation particulièrement révoltante (donc réussie. Il faut tout renverser avec Tony Scott, et sans snobisme. Être spectateur de cinéma c'est d'abord ça, du sado-masochisme, d'accord ?.) du Duo des Fleurs de Delibes, compositeur français aujourd'hui un peu passé à la trappe.

mercredi 5 décembre 2012

Le temps qui court (Dans quel sens ?)

Je me disais : "Bon sang, mais pourquoi cette ritournelle d'Alain Chamfort me plait-elle autant ? Les paroles sont biens (elles sont signées Jean Michel Rivat, une valeur sûre), mais c'est surtout la musique qui est bonne, effrontément bonne pour la période minet de Chamfort ? Et puis, à la base, elle est de Barry Manilow cette chanson, que je sache, et Barry Manilow, c'est pas Chopin !"
Ben si. Evidemment. C'est Chopin. Je comprends mieux.

" Le temps qui court" par FrédéricChopin. Presque aussi bon que du Chamfort.

Toute cette histoire a du plaire à  Serge Gainsbourg, autre grand pilleur de tombeaux classiques. C'est peut-être pour ça, entre autre, qu'il s'est acoquiné avec Chamfort pour  l'excellent album "Rock n' Rose".

mardi 4 décembre 2012

De l'hypocrisie.

"L'hypocrisie est une vertu si essentielle à toute société qu'il est inutile d'en faire l'éloge à voix haute."
Jonhatan Swift.

dimanche 25 novembre 2012

Le disque dur, mon vieux, le disque dur.

Des gemmes oubliées par le Temps, pas par la mémoire.
50's - Nina Simone : "My baby just cares for me"

60's - Billie Joe Royal : "Hush"

70's - Mott the Hopple " Sea diver"

80's - The Style Council :" Paris Match"

90's - Jason Falkner : "I live"
00's Blur " Battery in your leg"

Une bonne nostalgie à venir se prépare sans attendre.
10's - Wild Beasts : "Smother""

dimanche 21 octobre 2012

Vacances Romaines pour tout le monde.

2012. David Byrne et sa comparse Annie Clarke (Alias Saint-Vincent) sillonnent les Etats-Unis après leur effort discographique commun de haute tenue, et semblent réjouir les amateurs du fringuant sexagénaire fondateur des Talking Heads, comme ceux de la brillante et bellissime jeune femme par de revigorantes performances.
" - Maintenant,  passe moi les clés de la De Lorean, s'il te plait Marty, j'ai à faire dans les Eighties.
  - Ok, Doc."
1980. les petits blanc-becs des Talking Heads sortent un album merveilleux, plein de groove, de jus, d'intelligence, produit par le Maître Brian Eno en personne : "Remain in light". Il partent ensuite défendre leur Funk Sauce-blanche en tournée mondiale avec un line-up de tous les diables : Busta Jones, Adrian Belew, et même Bernie Worell, échappé de Funkadelic, une des influences majeures de David Byrne et de ses acolytes. Fort heureusement la RAI Uno a enregistré leur concert Romain. Il faut oublier les contorsions "arty" du New-Yorkais Johnatan Demme et de son "Stop making sense" - froid, raide, conceptuel - et se féliciter du savoir-faire des réalisateurs italiens. Car, effectivement, ils l'ont fait et bien fait : capter toute l'énergie de la phalange à son maximum. Voici un extrait du concert, le turbulent et hypnotique "Crosseyed and painless". Tout le début est un arrangement chaloupé du thème du morceau du à la maestria de Worell, magicien synthétique. A noter quand même que c'est toute suite assez relevé : Jones à un son de basse énorme. Et puis, Bing !, la course démarre et tout le monde sprinte. Weymouth, Frantz, Harrison, Byrne et surtout Belew (sans oublier la choriste Dolette Mc Donald et le percussionniste Steve Scales) se lancent dans une fantaisie Funk de longue haleine sans jamais laisser faiblir le Groove (j'ai envie de dire Swing, tellement ça me fait penser à certains Jazzmen à leur meilleur ; Coltrane, Coleman, Kirk...). Au bout de 6 minutes 44 secondes, on est essoufflé et content ; l'adrénaline coulant à flots dans le cerveau. Un concert, c'est ça, du corps à corps, du physique, de la danse, de la sueur. Et quand ce genre de courant passe entre un groupe et son public, c'est une magie, un petit miracle, la Fée électricité pour tout le monde ; pas gratuite, mais presque ; en tout cas ça valait le prix du billet. Que soient bénis encore une fois les programmateurs et les ingénieurs de la télé italienne pour avoir été là, au bon moment et avoir su nous restituer un peu de la ferveur évanescente de ce moment de grâce Funk and Roll. C'est à croire que le "Voyage en Italie", passage obligé de tout artiste du XVe au XIXe siècles, en inspire encore certains. Penchez-vous sur le concert dans son intégralité (il est sur YouTube), c'est bluffant.

Pour bien mesurer l'assurance prise par les Talking Heads en quelques années et l'aisance à laquelle ils étaient parvenus en 1980, je mets une vidéo de leur "tube" "Psycho Killer", enregistrée en 1976 au CBGB (à moins que ce ne soit le Max's Kansas, peu importe) à New-York. Le morceau est très bon, le potentiel est là mais je doute que les spectateurs aient été emballés jusqu'à l'extase...