Deux petites perles pour nous. D'abord, Régine Crespin chantant "Shéhérazade" de Maurice Ravel sous la direction de l'indispensable Ernest Ansermet en 1963. Ravel a composé cela en 1904 sur des vers de Tristan Klingsor, membre du fameux groupe des Apaches à la Belle Epoque. L'hallucinant de la chose est que Klingsor est mort au Mans en 1966 à 92 ans alors que j'y étais né en 1964. Cela me chamboule de savoir que j'ai vécu dans la même ville (oh, si peu) que quelqu'un qui fit la claque pour défendre "Pélléas et Mélisande" de Debussy lors de sa première à Paris en 1902.
Debussy encore. Il est avec Richard Strauss une des influences majeures du compositeur italien Ottorino Respighi qui composa ce "Il tramonto" ("Le coucher de soleil") ou se mèlent les cordes d'un quator et celles, toute vocales, d'une mezzo-soprano, ici, la croate Sena Jurinac. C'est magnifique de liberté, de nonchalance et néanmoins précis, ça respire on ne peut mieux. Et pourtant une mélancolie peut nous saisir. D'où vient-elle ? C'est le soir.
Allez donc ecouter les oeuvres en entier au lieu de vous curer le nez.
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samedi 8 novembre 2014
Debussy et moi : même combat.
lundi 3 mars 2014
L'âge de ses oreilles.
J'écoutais ça, j'avais....mettons 20 ans, non, 25. Peu importe, ce qui compte c'est la jeunesse. C'est très bon. Vraiment.
,,,,
Maintenant j'écoute ça. C'est très bon aussi.
Il y a là quatre suisses majeurs qui se connaissaient et qui valent bien des français surestimés. Ernest Ansermet, chef d'orchestre et compositeur, sa version de "Pelléas et Mélisande" de Debussy reste jusqu'à aujourd'hui inégalée. Il écrivit cette chanson qui s'appelle "Complainte", sur un texte de C. F. Ramuz, son ami. Le tout est dédié à C. A. Cingria, autre écrivain suisse ami, impossible, surdoué, érudit, enfantin, sans équivalent dans la langue française, O combien plus léger -mais pas plus simple- que Gide, Valéry et autres (je n'ai pas dit Claudel, non, pas Claudel).
Les tableaux et dessins sont de René Auberjonois, un suisse aussi qui vaut bien des fauves français.
Là, je mets un charmant petit documentaire helvète sur Cingria. Son œuvre diverse et protéiforme se laisse attraper par n'importe quel bout, elle n'est pas bégueule et sait faire un oeil joyeux et vif. Ecoutez donc ce qu'en dit Jean Paulhan.
Ce qui compte, c'est la jeunesse, toujours. J'ai découvert ces suisses bien plus de deux fois plus tard que les Bloody Valentine, vers 50 ans et ça m'a fait un bien fou, comme le groupe de petits angliches. Est-ce qu'on change vraiment ? Oui et non. En fait, la jeunesse nous frappe tant et tant qu'à la fin nous ne savons plus que vieillir. Enfin, moi, c'est ce qui m'est arrivé. Il ne m'a servi à rien d'esquiver, de contre-attaquer, j'ai fini K.O. ; accompagner, tout est là, voir venir, accueillir, plier sans rompre, (é)changer (quoi ? des coups ? des cris ? entre autres oui). Alors, soi-même, on peut en rendre un peu, en faire don, transfigurée, changée, prête à l'usage, usagée, redressée qui avait fini par se coucher avec nous, inerte et tremblante. A partir d'un certain moment, ce qui compte, c'est vieillir.
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Maintenant j'écoute ça. C'est très bon aussi.
Il y a là quatre suisses majeurs qui se connaissaient et qui valent bien des français surestimés. Ernest Ansermet, chef d'orchestre et compositeur, sa version de "Pelléas et Mélisande" de Debussy reste jusqu'à aujourd'hui inégalée. Il écrivit cette chanson qui s'appelle "Complainte", sur un texte de C. F. Ramuz, son ami. Le tout est dédié à C. A. Cingria, autre écrivain suisse ami, impossible, surdoué, érudit, enfantin, sans équivalent dans la langue française, O combien plus léger -mais pas plus simple- que Gide, Valéry et autres (je n'ai pas dit Claudel, non, pas Claudel).
Les tableaux et dessins sont de René Auberjonois, un suisse aussi qui vaut bien des fauves français.
Là, je mets un charmant petit documentaire helvète sur Cingria. Son œuvre diverse et protéiforme se laisse attraper par n'importe quel bout, elle n'est pas bégueule et sait faire un oeil joyeux et vif. Ecoutez donc ce qu'en dit Jean Paulhan.
Ce qui compte, c'est la jeunesse, toujours. J'ai découvert ces suisses bien plus de deux fois plus tard que les Bloody Valentine, vers 50 ans et ça m'a fait un bien fou, comme le groupe de petits angliches. Est-ce qu'on change vraiment ? Oui et non. En fait, la jeunesse nous frappe tant et tant qu'à la fin nous ne savons plus que vieillir. Enfin, moi, c'est ce qui m'est arrivé. Il ne m'a servi à rien d'esquiver, de contre-attaquer, j'ai fini K.O. ; accompagner, tout est là, voir venir, accueillir, plier sans rompre, (é)changer (quoi ? des coups ? des cris ? entre autres oui). Alors, soi-même, on peut en rendre un peu, en faire don, transfigurée, changée, prête à l'usage, usagée, redressée qui avait fini par se coucher avec nous, inerte et tremblante. A partir d'un certain moment, ce qui compte, c'est vieillir.
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