Remarquez bien qu'il y a encore pire que Tuymans. Ecoutez donc Alex Katz délirer sur tout et n'importe quoi, l'art entre autre, avec le plus grand sérieux. C'est confondant. Enfin y'a des gens pour acheter ses croûtes faut croire. Quant aux Nympheas de Monet, elles supportent tout avec équanimité (plus que moi). C'est une oeuvre insensée qui n'a que très peu d'équivalents
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dimanche 18 août 2019
"J'espère juste que les gens ne vont pas trouver ça beau". Luc Tuymans
Cette citation tirée d'une interview de l'un des artistes les plus cotés sur le marché actuellement vaut quand même son pesant d'or. C'est assez clair. Plus c'est laid, mieux c'est et plus cher ça vaut. En ce qui me concerne (je fais partie des gens, M Pinault non, mais moi si), M Tuymans, aucun risque.
Je mets des trucs, à vous de juger
Beurk.
Je mets des trucs, à vous de juger
Beurk.
dimanche 6 janvier 2019
Pour Lucebert. La vie dicte sa loi de sang, d amour et de mort et j'ai foi en elle.
L'autre jour je suis tombé par hasard sur la vidéo ci-dessous. Elle évoque le travail et la mémoire d'un peintre hollandais du groupe COBRA que je connaissais pas : Lucebert. Je l'ai trouvee belle, comme la peinture de Lucebert et donc je la mets ici. J'aime beaucoup les peintres de ce mouvement du nord de l'Europe (COpenhague -BRuxelles- Amsterdam) qui voulait dépasser l'opposition abstrait/figuratif et rendre le courant même de la vie. On voit Lucebert peindre (c'est génial), on voit ses ateliers, ses maisons, même l'ultime, après sa mort, remplie d'enfants. C'est vraiment très touchant.
ATTENTION. Je préviens les personnes un peu trop sensibles et les défenseurs de la cause animale, dans ce documentaire on voit une biche ou un daim se faire saigner. Pour les autres, ceux qui sont au fait, entre autres de la manière dont la viande arrive dans leur assiette ça ne devrait pas poser de problème.
Ca a été filmé en trois fois, en 1962, 1966, 1994, après la mort du peintre et ça s'appelle " Temps et adieu" et la musique est de Willem Breuker.
ATTENTION. Je préviens les personnes un peu trop sensibles et les défenseurs de la cause animale, dans ce documentaire on voit une biche ou un daim se faire saigner. Pour les autres, ceux qui sont au fait, entre autres de la manière dont la viande arrive dans leur assiette ça ne devrait pas poser de problème.
Ca a été filmé en trois fois, en 1962, 1966, 1994, après la mort du peintre et ça s'appelle " Temps et adieu" et la musique est de Willem Breuker.
lundi 19 novembre 2018
Contemporary Art is alive and well in Rennes.
Le week-end dernier je suis allé au FRAC Bretagne afin d'y voir certaines des oeuvres présentées dans le cadre de la Biennale d'art contemporain 2018 de Rennes. J'ai été surpris par la qualité générale des oeuves, leur inventivité, leur pertinence et, tout simplement, leur beauté. C'est à dire que la plupart rentrait sans forcer et sans dommage dans mon champs esthétique propre, que je prends soin de développer consciemment maintenant depuis une quarantaine d'années. Il y avait des shamaneries afro-américaines très étonnantes et vibrantes, de l'art de récup' français émouvant et précis, des sédimentations de couches d'une identité indienne d'Amérique à la fois voilée et montrée (n'est-elle pas comme cela, maintenant ?) dans un double mouvement prenant, un film expérimental sur l'Homme la Nature et leurs liens variés d'une sombre et triste poésie, etc, etc, etc...
Bref, pour moi, c'est une réussite à deux ou trois foirages près ce qui est très peu pour de l'art contemporain. Nous avons eu droit à une petite intro faite par un guide sur Edouard Glissant, qui s'attache à penser le monde post-moderne selon des modalités auxquelles je n'adhère que moyennement mais qui a le mérite de n'être ni nihiliste, ni simpliste. Au final, le but qu'il se propose - sortir de l'aliénation- est celui que je poursuis à ma manière avec des compagnons de route un peu moins"créolisés" mais tout aussi ouverts, et tout aussi barrés. Et effectivement, sa pensée peut aider à appréhender certaines oeuvres qui, par ailleurs se défendent très bien sans lui.
Seul "hic", la présentation graphique de l'expo pour l'annoncer au public était parfaitement absconse et brouillonne. Avec de pareils podagres à la com', on est pas près de sortir l'Art contemporain du ghetto ou il languit parfois.
Mais j'ai quand même passé un très bon moment en riche compagnie, qu'il s'agisse de mes amis ou des artistes présents à travers leurs oeuvres, si diverses, si belles.
A la façon "sensible". Car le temps débilitant de l'art conceptuel semble être révolu et c'est tant mieux pour nous tous.
Je mets un teaser des cette expo, étendue à d'autres lieux rennais, que j'irai visiter aussi.
Bref, pour moi, c'est une réussite à deux ou trois foirages près ce qui est très peu pour de l'art contemporain. Nous avons eu droit à une petite intro faite par un guide sur Edouard Glissant, qui s'attache à penser le monde post-moderne selon des modalités auxquelles je n'adhère que moyennement mais qui a le mérite de n'être ni nihiliste, ni simpliste. Au final, le but qu'il se propose - sortir de l'aliénation- est celui que je poursuis à ma manière avec des compagnons de route un peu moins"créolisés" mais tout aussi ouverts, et tout aussi barrés. Et effectivement, sa pensée peut aider à appréhender certaines oeuvres qui, par ailleurs se défendent très bien sans lui.
Seul "hic", la présentation graphique de l'expo pour l'annoncer au public était parfaitement absconse et brouillonne. Avec de pareils podagres à la com', on est pas près de sortir l'Art contemporain du ghetto ou il languit parfois.
Mais j'ai quand même passé un très bon moment en riche compagnie, qu'il s'agisse de mes amis ou des artistes présents à travers leurs oeuvres, si diverses, si belles.
A la façon "sensible". Car le temps débilitant de l'art conceptuel semble être révolu et c'est tant mieux pour nous tous.
Je mets un teaser des cette expo, étendue à d'autres lieux rennais, que j'irai visiter aussi.
mercredi 20 janvier 2016
Des morts pour l'amour de quoi ? De l'Art ? Allons, allons...
Ettore Scola est mort. Qu'est ce que ça peut foutre ? Le cinéma est un art très surestimé. C'est beaucoup moins bien que le cirque ou la télévision la plupart du temps. 99 % de la production n'est qu'un brouet infantile qui aide à faire digérer une réalité pas glorieuse, voire insupportable. Et bien le cinéma est un anti-vomitif très efficace. Quand à Scola aucun de ses films n'arrive à la cheville des meilleurs titres de comédie italienne de Risi ou Monicelli (pour ne citer qu'eux), ça le place dans la bouillie des faiseurs appliqués et suranés. Personne n'en parlera plus dans dix ans, si tout va bien.
Reste la Littérature pour nous enrichir la tête et le coeur. Et là, Paf, c'est Michel Tournier qui casse ça pipe. Comme si ça avait la moindre importance. Il n'écrivait pas, il illustrait des thèses avec des histoires et quelques mots savants. Ce n'est rien ces bidules, ça n'existe pas. Si vous avez des idées, faites de la Philo et laissez tomber l'écriture, cette partie sensible et chantante de l'Humanité qui parle et tente de dire ce qui s'impose à elle, contrainte ou liberté. Le chant monte du plus profond d'un auteur, de son intimité, qui est son rapport à la langue. pas les raisonnements, les démonstrations, qui viennent de l'intellect. Dans 20 ans, si tout va bien, Tournier sera aux oubliettes, sauf dans les facs de psycho et de socio.
Tournier, Scola...de qui se moque-t-on ? L'Art c'est autre chose que ces trucs pour midinette de l'Esprit. M David B., par exemple, ici reprenant M Jonathan Richman. "Pablo Picasso"
Ca dit, en gros : "Personne n'a jamais traité Pablo Picasso de trou du cul, contrairement à toi....". Hé, Hé, ça c'est bien vu et diablement cooooooooool !
Reste la Littérature pour nous enrichir la tête et le coeur. Et là, Paf, c'est Michel Tournier qui casse ça pipe. Comme si ça avait la moindre importance. Il n'écrivait pas, il illustrait des thèses avec des histoires et quelques mots savants. Ce n'est rien ces bidules, ça n'existe pas. Si vous avez des idées, faites de la Philo et laissez tomber l'écriture, cette partie sensible et chantante de l'Humanité qui parle et tente de dire ce qui s'impose à elle, contrainte ou liberté. Le chant monte du plus profond d'un auteur, de son intimité, qui est son rapport à la langue. pas les raisonnements, les démonstrations, qui viennent de l'intellect. Dans 20 ans, si tout va bien, Tournier sera aux oubliettes, sauf dans les facs de psycho et de socio.
Tournier, Scola...de qui se moque-t-on ? L'Art c'est autre chose que ces trucs pour midinette de l'Esprit. M David B., par exemple, ici reprenant M Jonathan Richman. "Pablo Picasso"
Ca dit, en gros : "Personne n'a jamais traité Pablo Picasso de trou du cul, contrairement à toi....". Hé, Hé, ça c'est bien vu et diablement cooooooooool !
mardi 11 août 2015
Il est vraiment, il est vraiment phénoménal, la la la la la....!
Une question me taraude depuis deux jours et une seule : en quittant l'Olympique de Marseille, Marcello Bielsa va-t-il emporter la glacière ????????????????????
Ah, peuchère, à Dada prout prout cadet...!
Ah, peuchère, à Dada prout prout cadet...!
vendredi 17 juillet 2015
La reine Lear.
La question n'est pas de savoir si Amanda Lear est baisable. Il suffit de taper "Amanda lear nue" sur Google pour se rendre compte de l'intérêt de la personne sur le plan sexuel, qu'elle soit une femme ou un homme d'ailleurs. Non, la question est de savoir si elle est aimable, oui aimable, c'est à dire de savoir si elle est autre chose qu'une ombre. On constate, à l'écouter, une certaine consistance, une colonne vertébrale, un charisme, une féminité grave et conquérante. Elle est tout sauf conne, elle peint bien, ses chansons sont dignes d'intérêt (surtout son hymne disco "Follow me"). Moi je l'aime bien pour des petits riens, des petites choses, des présences là au bon moment. C'est minuscule mais parlant. Par exemple quand elle posa pour la pochette du deuxième album de Roxy Music, le groupe le plus indéchiffrable de tout l'histoire de la Rock Musique (génial, nul ?), "For your pleasure".
Et quand Dali l'improvisa muse, ce fût un coup de maître de la part de celui de Figueras. Et les couilles ?...Et les couilles...Et la bite ?...Et la bite... Une vraie corrida. Elle collait bien dans l'imagerie de Dali. En soit, c'est une preuve de plus de consistance (de "corones"?). Il fallait, pour lui, que la façade fascine d'entrée. Ses entrées, étaient d'ailleurs ce qu'il soignait le plus. Dans le décor, Amanda était chic et choc. Elle flashait. Un petit cliché en or dur.
Un autre, moins mis en scène, à peine moins ardent, que dis-je, plus ardent !
Homme, femme, créature, muse, cocotte, mais pas ombre, avec un visage comme le sien elle avait tout pour se ballader aux limites de la royauté et de la pacotille, excéder ses formes, être dans la lumière. Elle le fit plutôt sagement au fond, avec précaution et malignité. Il restera d'elle quelques images et un tube en béton, c'est suffisant pour la deuxième moitié du XXième siècle, une époque si pauvre en beauté, si riches en images.
Et quand Dali l'improvisa muse, ce fût un coup de maître de la part de celui de Figueras. Et les couilles ?...Et les couilles...Et la bite ?...Et la bite... Une vraie corrida. Elle collait bien dans l'imagerie de Dali. En soit, c'est une preuve de plus de consistance (de "corones"?). Il fallait, pour lui, que la façade fascine d'entrée. Ses entrées, étaient d'ailleurs ce qu'il soignait le plus. Dans le décor, Amanda était chic et choc. Elle flashait. Un petit cliché en or dur.
Un autre, moins mis en scène, à peine moins ardent, que dis-je, plus ardent !
Homme, femme, créature, muse, cocotte, mais pas ombre, avec un visage comme le sien elle avait tout pour se ballader aux limites de la royauté et de la pacotille, excéder ses formes, être dans la lumière. Elle le fit plutôt sagement au fond, avec précaution et malignité. Il restera d'elle quelques images et un tube en béton, c'est suffisant pour la deuxième moitié du XXième siècle, une époque si pauvre en beauté, si riches en images.
mercredi 15 juillet 2015
Daliologie (Dali au logis)
Salvador Dali était beaucoup de choses. Un inventeur de dispositifs foldingues et furieux, un voyant extra-lucide qui perçait à jour les portefeuilles des millionaires à travers leurs costumes en alpagua, une précieuse vieillotte très à cheval sur son hygiène corporelle et au goût très sûr en matière de femme, entre autre, un irrésistible clown qui était aussi trapèziste, équilibriste et jongleur dans un cirque où l'on ne s'ennuyait jamais et où la peur le disputait à la joie. C'était aussi un insupportable mégalomane, un branleur de génie qui savait s'amuser et faire de sa vie un spectacle monnayable en espèces sonnantes et trébuchantes. Un espagnol aussi, mystique et franquiste, de l'ancienne école, celle qui ne rigole pas avec les symboles car ils sont animés. Ce n'était sûrement pas un grand artiste, à coté de Picabia, d'Ernst, de de Chirico il est pauvre en formes. C'était lui la Forme de son art et voici deux photos de Philippe Halsman qui le mettent en scène dans une folie pas si douce, assez agressive pour tout dire, mais ça aussi était dans le champs de son être, la violence et la fantaisie.
lundi 18 mai 2015
Gilles Aillaud : Animal, on est mal !
Cet après-midi, je suis allé voir une exposition consacrée à l'oeuvre du peintre Gilles Aillaud. On dit qu'il appartient au courant né en France dans les années 60 et qui s'appelle la Figuration Narrative mais voilà ses toiles sont muettes et ne racontent aucune histoire, contrairement à celles de Monory, Rancillac, Schlosser. Elles représentent toutes, du moins pendant une bonne partie de sa carrière, des animaux dans des zoos : des otaries dans des bassins, un orang-outan suspendu à des anneaux, une fosse aux lions morbide. C'est étonnant et énigmatique car la sensibilité du spectateur est bridée, voire annulée. Les animaux ont un violent pouvoir expressif chez les humains, qu'on les prenne comme symboles ou simplement pour ce qu'ils sont, une manifestation de la vie si proche de la notre. Cousins dont la proximité est évidente, ils ne laissent personne indifférent. Gilles Aillaud sait parfaitement "rendre" des animaux dans des attitudes vivantes, "parlantes", comme en témoigne les magnifiques dessins de ce qu'il a appelé "Encyclopédie de tous les animaux, y compris les minéraux", oeuvre colossale et splendide de son âge mûr, mais dans ses toiles c'est autre chose qui se met en place, il y la mise en oeuvre d'une négation de la sensation et de sa naissance dans l'histoire que le tableau met toujours en branle dans son jeu de forme. Ici, les barreaux des cages des animaux; les animaux eux-mêmes ni heureux ni malheureux, neutralisés: les couleurs mates, cliniques; les angles, ouverts sur rien empêchent les sens d'être touchés, sollicités, l'émotion d'arriver et le seul sens produit est celui du silence angoissé et d'une impossibilité du discours de la peinture. Plus loin, des aquarelles légères comme des plumes montrent le talent incroyable de Aillaud pour susciter des émotions simples face à des horizons marins plus ouverts même si peut-être aussi problématiques quand ils semblent parfois clôturer le dessin, ce qui, au passage, en dit long sur la maîtrise de l'artiste, qui ne se laissera aller aux grands espaces qu'à la toute fin de sa vie. Enfin, voilà une peinture bien problématique pour la sensibilité et qui en appelle à l'intelligence pour, non pas sortir de, mais comprendre l'aporie, l'impasse qu'elle désigne, qu'elle dessine. Les oeuvres ont toujours quelque chose à dire, elles questionnent souvent les conditions de leur propre discours, là elles nient sa possibilité même, ce n'est tout de même pas banal. Et n'est-ce pas inquiétant ? Fort heureusement, Gilles Aillaud est aussi un homme qui traite d'autres sujets et sur un autre mode. Moi, ça me fait du bien mais il est vrai qu'un rien m'angoisse.
mercredi 25 mars 2015
Bonnard VS Vuillard, match aller.
En ce moment c'est Bonnard par-ci, Bonnard par là et vas-y que je te bonnardise à tout-va et sur tous les tons. Bon. Le vrai verbe c'est bonnarder, qui vient de l'habitude qu'avait prise le peintre d'aller fignoler ses toiles dans les musées à l'insu des services de sécurité. Les gardiens des musées devaient tirer une drôle de tronche quand ils s'apercevaient que le Maître en personne était venu barbouiller sous leur moustache. Alors, je vais mettre une photo de Bonnard. Juste pour faire chier. On verra qu'il ressemble à un Vuillard dernière période, peintre que je trouve infiniment meilleur et dont il faudra bien, un jour revisiter l'oeuvre entière pour, justement, réhabiliter ce qu'il peignait à la fin de sa vie, 10 ou 15 ans avant de mourir, assez peu de temps avant Bonnard d'ailleurs.
Vuillard, c'était ce genre de petites choses sur la fin. Pas sale. Nette. Ce n'est pas le cas de Bonnard et je ne parle pas de la précision du regard mais bien de celle du pinceau, mettons du scalpel. Vivement le match retour.
lundi 23 mars 2015
Visions extrèmes.
Faire de la peinture figurative c'est être cruel. C'est coucher sur la toile quelque chose qui résiste, le réel, le dompter, lui arracher un secret. La peinture c'est le "devenir image" du réel qui s'oppose par sa profusion, son énoncé indescriptible, inénarrable, son encombrement essentiel. L'ordre vient donc et le plan et le secret qui se dérobait : la vision. Tout peintre figuratif est un visionnaire, l'abstraction est seconde mais naît de ces visions, c'est une vision qu'on pourrait croire sans socle réel. C'est faux, c'est toujours au réel que les formes sont arrachées, volées, comme le feu par Prométhée. Seuls voient ceux qui ordonnent à leurs yeux de voir, qui appliquent des règles, mêmes celles du chaos. L'idiotie de l'Art conceptuel vient du fait qu'en faisant appel à l'intelligence pour agencer notre vision, il a été cru par certains qu'il valait bien mieux agencer des idées que des formes. C'est une aberration. L'Art est intelligence, il ne fait pas appelle à elle, il est chiffrement et déchiffrement, il n'a nul besoin de code, il les contient, il les excède. Car il ne faut pas oublier qu'au bout de la formule se trouve la Magie. Depuis le paléolithique l'Art est, par essence, magique. Il ne faut pas y croire pour le voir, il suffit de se rendre disponible et viendront les apparitions.
En voici deux d'un peintre peu connu car mort trop jeune, en 1870, Frédéric Bazille. C'est sauvage. Il ne prend pas de gants et pourtant c'est délicat. Paradoxe d'un peintre qui fait rendre quelque chose au réel qui se refuse parce que justement, il est une chose, et que les hommes y voient autre chose, qui les concerne, eux et les Dieux.
En voici deux d'un peintre peu connu car mort trop jeune, en 1870, Frédéric Bazille. C'est sauvage. Il ne prend pas de gants et pourtant c'est délicat. Paradoxe d'un peintre qui fait rendre quelque chose au réel qui se refuse parce que justement, il est une chose, et que les hommes y voient autre chose, qui les concerne, eux et les Dieux.
mardi 3 mars 2015
Plus haut la Pop !
La musique populaire moderne peut prendre toutes sortes d'aspects, ironique et acidulée pour les Deerhoof, fol-dingue et poétique pour le Captain Beefheart et son Magic Band, technique et imposante pour King Crimson et arriver par là ou ailleurs à des productions étonnantes de subtilité et de complexité. On frôle là l'Art avec un grand A et même on a les deux pieds dedans, comme avec le grand frère Jazz par exemple, le tout grâce à des envolées d'improvisation lyrique envoûtantes, ou des performances Poético-rigolotte au sérieux second degré, voire des démonstrations de force fantaisistes. Les ambitions de la Pop ne datent pas d'hier et l'emportent loin au-delà de ses fondamentaux (Deux minutes trente secondes, couplet-refrain-pont. Le Bonheur.) dans des territoires inexplorés de musiques nouvelles qui n'ont plus grand-chose à voir avec les ritournelles plus ou moins propres qui font shaker les booties et saliver les bouches avides de baisers.
L'Art de la chanson est complexe et nécessite des savoir-faires qu'on ne peut finalement attribuer qu'aux vrais artistes, ambitieux et complets; la musique simplement et pleinement telle qu'on peut parfois l'entendre issue du terrain fertile de la tourbe primitive est directement de leur ressort.
Voyons ici quelques artistes aux prises avec leur Art.
Déjantés et amusants, les Deerhoof en concert. Un bain de jouvence.
Vaudou et âpre, le Captain Beefheart et son Magic Band. Fou.
Je mets cette autre petite vidéo du Captain car on y voit certaines de ses belles toiles (Il peignait en sus.)
Grinçant et parfait, King Crimson augmenté d'Adrian Belew. Attention, on voit Robert Fripp sourire. Ca peut troubler.
L'Art de la chanson est complexe et nécessite des savoir-faires qu'on ne peut finalement attribuer qu'aux vrais artistes, ambitieux et complets; la musique simplement et pleinement telle qu'on peut parfois l'entendre issue du terrain fertile de la tourbe primitive est directement de leur ressort.
Voyons ici quelques artistes aux prises avec leur Art.
Déjantés et amusants, les Deerhoof en concert. Un bain de jouvence.
Vaudou et âpre, le Captain Beefheart et son Magic Band. Fou.
Je mets cette autre petite vidéo du Captain car on y voit certaines de ses belles toiles (Il peignait en sus.)
Grinçant et parfait, King Crimson augmenté d'Adrian Belew. Attention, on voit Robert Fripp sourire. Ca peut troubler.
dimanche 4 janvier 2015
Le Marcher de l'Art.
En matière d'Arts Plastiques, il y a des voyages lointains et riches à faire, de grands efforts un peu durs qui s'avèrent bientôt amplement récompensés et des choses à ne pas louper dans un périmètre géographique pas forcément géant. Tout ça c'est possible, ce ne sont pas les Musées et les Expos-rétrospectives qui manquent. Ouais. Ouais, ouais, ouais. Mais ça c'est l'Art au garde à vous, qui bombe le torse, qui fait le beau dans des écrins architecturaux et technologiques à la fréquentabilité et à la sécurité sans faille. C'est L'Art en cage, et c'est limite si ce n'est pas l'Art en panne. Il est un remède souverain pour lui redonner de la vitalité : marcher un peu dans le centre d'une grande ville et regarder autour de soi. C'est incroyable ce qu'on peut voir. Il y a des interventions artistiques partout dans la cité ! Au-delà des affiches déchirées et recomposées qui font du Villeglé à sa place, c'est à dire dans la rue, nombre d'artistes anonymes et néanmoins décidés, voire talentueux se saisissent de l'espace public pour y imprimer tout un catalogue de formes étranges qui viennent frapper l'oeil de celui qui l'a ouvert et alerte. Ce n'est pas nouveau, certes, mais ce ne sont pas non plus des graffitis au sens classique, c'est à dire "Hip-Hop" du terme. Il s'agit de formes plus abstraites ou disons, moins déterminées, on ne sait pas, peut-être dues en partie au hasard, aux explorations nocturnes, déviantes et alcoolisées de quelques artistes souterrains. C'est selon le feeling de chacun, son inspiration. Ca disparaît parce que c'est lavé, ou alors c'est sommairement recouvert d'un enduit qui fait lui-même jaillir une forme paradoxale, moins forte mais bien là aussi, et ça rejaillit un peu plus loin, à nouveau plus exubérant. Il y a peut-être là des codes indéchiffrables sauf à quelques paranoïaques qui ont bien le droit à leur pitance quotidienne, des affirmations en demi-teintes sur des poubelles à fond sempiternellement vert, printemps un peu longuet à qui aime l'automne, le jaune et le rouge. Des hiéroglyphes à usage unique ou multiple qui scandent la promenade et la chamboule au coin d'une rue pour lancer l'appel d'une émotion fugace ou tenace. Bref, il y a des tas de trucs à voir pour peu qu'on lève le nez et qu'on regarde autour de soi. Je vais mettre quelques photos que j'ai prises à Rennes, dans un périmètre très petit. Des trucs que j'ai trouvé notables, sainement disponibles pour tous. C'est fouillis, il y a un peu de tout mais en tout cas c'est riche et ça offre un salutaire coup d'air frais (il fait froid, c'est l'hiver) à la Biennale d'Art Contemporain qui vient d'avoir lieu à Rennes et qui sent déjà le renfermé.

Attendez ! Je ne prétends pas avoir inventer la poudre, je prétends qu'elle marche et que, là, l'Art étonne, l'Art détonne et que mon petit cœur curieux fait "Boum"!

Attendez ! Je ne prétends pas avoir inventer la poudre, je prétends qu'elle marche et que, là, l'Art étonne, l'Art détonne et que mon petit cœur curieux fait "Boum"!
samedi 8 novembre 2014
Debussy et moi : même combat.
Deux petites perles pour nous. D'abord, Régine Crespin chantant "Shéhérazade" de Maurice Ravel sous la direction de l'indispensable Ernest Ansermet en 1963. Ravel a composé cela en 1904 sur des vers de Tristan Klingsor, membre du fameux groupe des Apaches à la Belle Epoque. L'hallucinant de la chose est que Klingsor est mort au Mans en 1966 à 92 ans alors que j'y étais né en 1964. Cela me chamboule de savoir que j'ai vécu dans la même ville (oh, si peu) que quelqu'un qui fit la claque pour défendre "Pélléas et Mélisande" de Debussy lors de sa première à Paris en 1902.
Debussy encore. Il est avec Richard Strauss une des influences majeures du compositeur italien Ottorino Respighi qui composa ce "Il tramonto" ("Le coucher de soleil") ou se mèlent les cordes d'un quator et celles, toute vocales, d'une mezzo-soprano, ici, la croate Sena Jurinac. C'est magnifique de liberté, de nonchalance et néanmoins précis, ça respire on ne peut mieux. Et pourtant une mélancolie peut nous saisir. D'où vient-elle ? C'est le soir.
Allez donc ecouter les oeuvres en entier au lieu de vous curer le nez.
Debussy encore. Il est avec Richard Strauss une des influences majeures du compositeur italien Ottorino Respighi qui composa ce "Il tramonto" ("Le coucher de soleil") ou se mèlent les cordes d'un quator et celles, toute vocales, d'une mezzo-soprano, ici, la croate Sena Jurinac. C'est magnifique de liberté, de nonchalance et néanmoins précis, ça respire on ne peut mieux. Et pourtant une mélancolie peut nous saisir. D'où vient-elle ? C'est le soir.
Allez donc ecouter les oeuvres en entier au lieu de vous curer le nez.
vendredi 10 octobre 2014
Contre Duchamp
L'autre jour dans la version web du journal Le Monde, je lis ces mots sur Marcel Duchamp :
"Soucieux à chaque instant de sa vie et de sa carrière de réinventer la peinture, il confiera : « Je voulais m'éloigner de l'acte physique de la peinture. J'étais nettement plus intéressé à recréer des idées dans la peinture [...]. Je voulais remettre la peinture au service de l'esprit. »"
Une toile de Duchamp accompagnait cette petite citation, celle-ci.
On ne peut rêver tableau illustrant plus précisément un propos. Voilà des formes coupées de leurs racines sensibles, désincarnées. Une peinture qui va à l'encontre même de ce qu'est la peinture : un acte du corps qui engage toute la personne, y compris l'esprit. Une peinture qu'on dira mentale. Voilà le contre-sens de Duchamp, un contre-sens qui va alimenter tout le 20eme siècle, celui de la déconstruction. Il n' y a pas là "l'Esprit des Formes", cher à Elie Faure, mais un esprit qui cherche, sur la toile, à ne pas faire forme, à attaquer la peinture dans ce qu'elle a de plus vivant et de plus émouvant. L'émotion, voilà l'ennemie de Duchamp, il n'y en a pas beaucoup dans les parties d'échec qu'il affectionnait, pas plus dans sa peinture. Reste sa cohérence, indéniable, une rationalité folle qu'il mènera à terme, sa dernière oeuvre s'intitulant du nom d'un des chaînons d'un raisonnement logique "Etant donné". Quoi ?. Pour Duchamp, il n'y a pas de réponse et l'oeuvre reste à jamais close sur elle-même, énigmatique. Quand il est mort, Picasso a eu ces mots : "Il avait tort". Et effectivement, il faut choisir, on est du coté de Duchamp ou de celui de Picasso. On ne peut pas bouffer à ces deux râteliers diamétralement opposés. Je suis du coté du Grand Maître espagnol des formes du siècle passé et des autres mordus de la toile émouvante, qui joue avec l'ouverture sensible et module des infinités de formes pour nous tous, pour notre plaisir et notre gouverne. Le geste d'insensibilisation de Duchanp a eu beaucoup d'héritiers, qui le font (de commerce) et le refont sur un cadavre qui n'arrête pas de bouger car indéfectiblement vivant. Laissons ces charognards remplir leurs comptes en banque et festoyer à ce qu'il croient être un enterrement. Toujours, partout, sous mille formes, la peinture renaît. Nous renaissons.
jeudi 7 août 2014
Gerhard Richter ou l'agonie de la peinture
J'ai le sentiment qu'il existe une très grosse arnaque aujourd'hui sur le peintre allemand Gerhard Richter. Je lis un peu partout qu'il montre par ses toiles que "la peinture n'est pas morte" et à moi il me semble que c'est tout le contraire, qu'il a réussi la gageure de détruire la peinture tout en en vendant, dans sa définition canonique, à des prix défiants toute concurrence. Il n'a fait que reprendre le geste de Duchamp et l'a appliqué avec toiles, pinceaux et huiles. C'est définitivement malin et même un sacré programme, mais c'est stérile. Allons-y. Prenons sa première période, celle des photos peintes, qu'il rend floues. Il nous faut partir d'un constat amer : rares sont les photos, d'où qu'elles viennent, où on voit quelque chose ; la plupart du temps, 99 % du temps, on ne voit rien et on s'en fout, on regarde et on oublie : par son floutée il renvoie la photo à son néant mais fait entrer la Peinture dans le sien puisqu'elle n'arrive plus à exprimer sa vertu première qui est de "faire voir". Ainsi dans les toiles de Richter de cette époque il n'y a "rien" à voir sinon la mort de la peinture, d'ailleurs il aime à reprendre cette phrase de John Cage : "Je n'ai "rien" à dire et je le dis". Le flou, c'est la corbeille de l'ineptie dans laquelle passe la peinture, un échec à dire quelque chose, sinon "rien". Pourtant, lui-même parle d'effets positifs de la peinture, de la création. Il ne peut que mentir. Je suis sûr qu'il pense le contraire. Pour lui l'Art ne fait pas "sens", pas plus que pour Duchamp ou Warhol, et les effets "positifs" de la création sont ceux qu'il peut mesurer sur son compte en banque ou sa santé (peindre comme "chier"). Prenons maintenant ces toiles abstraites. On aurait envie de dire "compositions", sauf que non, c'est tout sauf des compositions. D'après ce qu'il dit il semble qu'il se laisse aller à peindre (gribouiller?) jusqu'à ce qu'il lui semble bon de s'arrêter. Où est la nécessité de la forme ? Ou sont les lignes de force ? La vision ? Quand un peintre abstrait pose la première touche de peinture sur sa toile elle est DEJA finie, ça n'a plus qu'à couler de source dans la joie de l'effort. La peinture abstraite serait donc une sorte de vide-tête, vide-poche ou l'on met tout et rien, en tout cas rien de sensé, rien de senti ? Ce serait trop simple, c'est tout simplement faux et il faut regarder les toiles abstraites de Richter pour se rendre compte que ça engendre de la laideur. Mais ça complète sa démarche et dynamite les us de la peinture abstraite dans ce qu'elle produit de meilleur. Ça tue ce pan-là de la création picturale avec les armes mêmes de la peinture. Il n'y a nulle surprise alors à ce que Richter peigne "le nu descendant l'escalier" de Duchamp, tableau impossible car "non" définitif à la peinture. Ce paradoxe n'en est pas un, c'est Richter qui est malhonnête avec qui ne sait pas voir en évoquant un "positif" de la peinture car ce positif, s'il existe bien, n'est absolument pas de son coté. Lui, il détruit, il nuit, il annihile, sans rendre à la Vie ce que lui doit l'Homme, créature né pour la représentation, et peut-être, de la représentation.
Le seul intérêt positif que je voie à la chose c'est sa morbidité. D'ailleurs propre aux portraits photographiques.
Ca, je sais pas ce que ça veut dire.
Et une vanité avec un crane à l'envers. Ben tiens, mon cochon !
Bon, au-dessous, j'ai mis un grand maître de l'Art Abstrait pour bien faire la différence.
Le seul intérêt positif que je voie à la chose c'est sa morbidité. D'ailleurs propre aux portraits photographiques.
Ca, je sais pas ce que ça veut dire.
Et une vanité avec un crane à l'envers. Ben tiens, mon cochon !
Bon, au-dessous, j'ai mis un grand maître de l'Art Abstrait pour bien faire la différence.
mardi 22 juillet 2014
F.R.A.C. Bretagne, les abâts sinon rien !
A Rennes, depuis quelques années maintenant, nous avons un Fonds Régional d'Art Contemporain (F.R.A.C.) et à chaque fois que j'y vais je trouve le moyen de m'esbaudir devant quelques œuvres d'artistes d'aujourd'hui ou d'un passé très récent de très bonne facture. Ce n'est pas rien de tenter de réunir une collection d’œuvres d'artistes très différents et néanmoins tous passionnants (enfin supposés l'être), c'est même un sacré boulot. Et je dois bien avouer que, malgré toutes mes appréhensions sur l'Art Contemporain, ça marche plutôt bien. En ce moment au F.R.A.C. de Bretagne, qui est un splendide bâtiment aux partis pris architecturaux très tranchés et assumés, autour du travail de Raymond Hains, parfaitement inepte, sont réunis une palanqué d'artistes de talent venus d'horizons absolument divers. Il y a des affiches lacérés de Villeglé, des collages et des montages ébouriffants de poésie de Dufrêne, une belle sculpture de Klingelhöller en pierre noire et carton, le génial cinéma en 4D de Catherine Sullivan, la patte poétique à l'économie de Gil J. Wolman et d'autres, que j'oublie. Il y a aussi trois vidéos hilarantes et flippantes de la jeune artiste clermontoise Anne-Marie Rognon. J'en ai retrouvé deux sur youtube, j'en met une qui vaut son pesant de cacahuètes. Est-ce de l'Art ? Oui, je crois, en tout cas ça fonctionne et à plusieurs degrés de lecture. Il y a là quelque chose d'unique, qui tient à son ton, son physique, son humour, sa façon de manier le caméscope. Si je la croise un jour, elle aura du mal à me faire avaler qu'elle n'est pas une artiste ! (En tout cas, elle a déjà des lunettes de soleil, c'est déjà une Star!)
Et donc Dufrêne
Klingelhöller
Wolman
Sullivan
Etc,etc...
Et donc Dufrêne
Klingelhöller
Wolman
Sullivan
Etc,etc...
vendredi 4 juillet 2014
Le Voyage à Nantes.
Cette année se déroule à Nantes une manifestation culturelle qui s'appelle le "Voyage à Nantes" et qui consiste, d'après ce que j'ai saisi, à inviter les amateurs d'Art à un périple à travers la ville afin qu'ils découvrent des œuvres d'artistes contemporains qui ont investi différents lieux choisis. Ça a l'air d'être une belle balade et les Nantais sont veinards, leur ville, dont le centre est grand et qui comprend de multiples pôles d'attraction et de vie, se prête volontiers à cet exercice déambulatoire.
Moi, j'habite Rennes, le centre est ramassé sur lui-même, ce qu'il y a de notable au niveau architectural tient dans un carré de quatre cent mètres de coté et englobe la Mairie, L'Opéra, La place du Parlement (quatre façades grand-siècle et rien au milieu) et la place Hoche (une dalle de béton). La ville est complètement minérale, la municipalité ne se préoccupe que du bâti, renouvelant une gare qui a à peine 15 ans, perforant une seconde ligne de métro, sans parler d'autres projets pharaoniques que l'on doit à la mégalomanie de nos maires successifs qui n'ont de cesse de vouloir acquérir le statut de "Métropole Européenne", ce qui fait bien sur la carte de visite et, accessoirement, fait tomber les subventions. Bref, à Nantes, ils ont quelques coups d'avance et une politique différente qui a vraiment modifier la ville ces 10 dernières années. Mais, à Rennes, on aura bientôt un immeuble signé Jean Nouvel qui va tout changer ! Sur la grande bâche publicitaire qui recouvre une partie du bâtiment presque terminé, on peut lire : "Plus que quelques semaines pour vivre l'exceptionnel"... Signalons au passage qu'il coûte une fortune, qu'il dépasse en longueur sa conception sur plan de plus 1,80 mètre mais que je pense qu'il aura de la gueule, contrairement au blockhaus culturel que Portzamparc nous à pondu pour la bibliothèque des Champs Libres, pour le moins granitique.... (Bretagne, Bretagne...)
Rennes a des avantages néanmoins, aller d'un bout du centre à un autre prend 10 minutes, l'offre culturelle y est riche (les acteurs culturels vieillissent néanmoins), le tissu associatif y est vif mais un "Voyage à Rennes" est proprement impensable dans la capitale bretonne, minuscule téton de pierre entouré d'une aréole de béton. C'est regrettable que tout passe par l’intellectualisation, le spectacle enclos, l'Art au dedans des musées, des salles et rien par l'Espace, le grand-air. C'est étouffant à la longue.
Nous irons donc à Nantes marcher dans une ville grande-ouverte où l'Art se pose un peu partout et investit des lieux divers et variés de manière apparemment pertinente. Voyons un peu cela.
Moi, j'habite Rennes, le centre est ramassé sur lui-même, ce qu'il y a de notable au niveau architectural tient dans un carré de quatre cent mètres de coté et englobe la Mairie, L'Opéra, La place du Parlement (quatre façades grand-siècle et rien au milieu) et la place Hoche (une dalle de béton). La ville est complètement minérale, la municipalité ne se préoccupe que du bâti, renouvelant une gare qui a à peine 15 ans, perforant une seconde ligne de métro, sans parler d'autres projets pharaoniques que l'on doit à la mégalomanie de nos maires successifs qui n'ont de cesse de vouloir acquérir le statut de "Métropole Européenne", ce qui fait bien sur la carte de visite et, accessoirement, fait tomber les subventions. Bref, à Nantes, ils ont quelques coups d'avance et une politique différente qui a vraiment modifier la ville ces 10 dernières années. Mais, à Rennes, on aura bientôt un immeuble signé Jean Nouvel qui va tout changer ! Sur la grande bâche publicitaire qui recouvre une partie du bâtiment presque terminé, on peut lire : "Plus que quelques semaines pour vivre l'exceptionnel"... Signalons au passage qu'il coûte une fortune, qu'il dépasse en longueur sa conception sur plan de plus 1,80 mètre mais que je pense qu'il aura de la gueule, contrairement au blockhaus culturel que Portzamparc nous à pondu pour la bibliothèque des Champs Libres, pour le moins granitique.... (Bretagne, Bretagne...)
Rennes a des avantages néanmoins, aller d'un bout du centre à un autre prend 10 minutes, l'offre culturelle y est riche (les acteurs culturels vieillissent néanmoins), le tissu associatif y est vif mais un "Voyage à Rennes" est proprement impensable dans la capitale bretonne, minuscule téton de pierre entouré d'une aréole de béton. C'est regrettable que tout passe par l’intellectualisation, le spectacle enclos, l'Art au dedans des musées, des salles et rien par l'Espace, le grand-air. C'est étouffant à la longue.
Nous irons donc à Nantes marcher dans une ville grande-ouverte où l'Art se pose un peu partout et investit des lieux divers et variés de manière apparemment pertinente. Voyons un peu cela.
jeudi 12 juin 2014
La chanson : En mineur ou en majeur, "Elle n'en finit pas de mourir..."
Courteline disait ceci : "Il n'est pas de genres inférieurs ; il n'est que des productions ratées, et le bouffon qui divertit prime le tragique qui n'émeut pas". Il ajoutait :"Exiger simplement et strictement des choses les qualités qu'elles ont la prétention d'avoir : tout le sens critique tient là-dedans".
Je n'ai jamais rien lu d'aussi net sur le travail critique, ni d'aussi vrai sur les genres.
Mr Serge Gainsbourg avait un soir agressé son petit camarade de jeu Guy Béart au prétexte que "la chanson est un art mineur, car elle ne demande aucune initiation" (contrairement à la musique savante). C'est vrai, on aura du mal à être au niveau d'un Messiaen ou d'un Dutilleux, si on ne sait jouer que "Frère Jacques" sur un carillon de gosse. Mais dans le même temps, si une chanson bien troussée ne demande pas autant de savoir et de virtuosité que le "Quatuor pour la fin des temps", ou bien "Métaboles", il faut y déployer néanmoins, pour qu'elle "marche", un talent infini et bien particulier qui n'appartient qu'à certains, qui ont aussi, comme tout bon artiste, un "style". Gainsbourg avait ce talent des chansons, à l'extrême. Tout et n'importe quoi, passé à sa moulinette devenait imparablement bon : aussi a-t-il fourni les chanteurs les plus divers en mélopées et paroles dignes de ses plus grands pairs, de Fabre d'Eglantine à Prévert et Kosma, justement cités dans une fameuse "chanson".
Le voici décalant complètement Dario Moreno de son registre "Mambo-Rigolo" habituel pour lui faire entonner une anachronique et mexicaine complainte révolutionnaire. Certains ricaneront peut-être, insensibles à la poésie et à l'imaginaire populaire, au tragique que cachait sous la gomina et la fine moustache l'histrion des îles de pacotille, moi, je pleure souvent en écoutant ce blues qui sent la sueur des péones et la fureur de Bizet, qui est aussi la mienne.
Et quand même, les révolutions russes et mexicaines n'ont-elles pas secoué idem ces pays de rage et de spasmes pendant des décennies rouges-sang sur neige ou sur chaux ? Gainsbourg le savait.
En dessous, je mets les paroles, elles sont tellement bonnes qu'elles tiennent presque toutes seules, comme la poésie. Ca, c'est très, très fort. Le seul truc qui soit en mineur là-dedans, c'est le mode. Elle est effectivement en La mineur.
Les étoiles sont des éclats de grenade
Qu'un jour en embuscade
Un desesperado
Desesperado
D'un geste de détresse
Vers la voûte céleste
Jeta au ciel là-haut
Serrant dans ses dents l'anneau de sa grenade
Voici que par bravade
Le desesperado
Desesperado
Prenant la nuit pour cible
Le ciel entier se crible
Du geste du héros
Les étoiles sont des éclats de grenade
Qu'un jour en embuscade
Un desesperado
Dans un geste sublime
Rejeta vers les cimes
Comme un oiseau de feu
Desesperado ta mauvaise étoile
Brille au firmament dans la nuit des temps
Desesperado parfois les nuages
Ont l'odeur de poudre la couleur du sang
Je n'ai jamais rien lu d'aussi net sur le travail critique, ni d'aussi vrai sur les genres.
Mr Serge Gainsbourg avait un soir agressé son petit camarade de jeu Guy Béart au prétexte que "la chanson est un art mineur, car elle ne demande aucune initiation" (contrairement à la musique savante). C'est vrai, on aura du mal à être au niveau d'un Messiaen ou d'un Dutilleux, si on ne sait jouer que "Frère Jacques" sur un carillon de gosse. Mais dans le même temps, si une chanson bien troussée ne demande pas autant de savoir et de virtuosité que le "Quatuor pour la fin des temps", ou bien "Métaboles", il faut y déployer néanmoins, pour qu'elle "marche", un talent infini et bien particulier qui n'appartient qu'à certains, qui ont aussi, comme tout bon artiste, un "style". Gainsbourg avait ce talent des chansons, à l'extrême. Tout et n'importe quoi, passé à sa moulinette devenait imparablement bon : aussi a-t-il fourni les chanteurs les plus divers en mélopées et paroles dignes de ses plus grands pairs, de Fabre d'Eglantine à Prévert et Kosma, justement cités dans une fameuse "chanson".
Le voici décalant complètement Dario Moreno de son registre "Mambo-Rigolo" habituel pour lui faire entonner une anachronique et mexicaine complainte révolutionnaire. Certains ricaneront peut-être, insensibles à la poésie et à l'imaginaire populaire, au tragique que cachait sous la gomina et la fine moustache l'histrion des îles de pacotille, moi, je pleure souvent en écoutant ce blues qui sent la sueur des péones et la fureur de Bizet, qui est aussi la mienne.
Et quand même, les révolutions russes et mexicaines n'ont-elles pas secoué idem ces pays de rage et de spasmes pendant des décennies rouges-sang sur neige ou sur chaux ? Gainsbourg le savait.
En dessous, je mets les paroles, elles sont tellement bonnes qu'elles tiennent presque toutes seules, comme la poésie. Ca, c'est très, très fort. Le seul truc qui soit en mineur là-dedans, c'est le mode. Elle est effectivement en La mineur.
Les étoiles sont des éclats de grenade
Qu'un jour en embuscade
Un desesperado
Desesperado
D'un geste de détresse
Vers la voûte céleste
Jeta au ciel là-haut
Serrant dans ses dents l'anneau de sa grenade
Voici que par bravade
Le desesperado
Desesperado
Prenant la nuit pour cible
Le ciel entier se crible
Du geste du héros
Les étoiles sont des éclats de grenade
Qu'un jour en embuscade
Un desesperado
Dans un geste sublime
Rejeta vers les cimes
Comme un oiseau de feu
Desesperado ta mauvaise étoile
Brille au firmament dans la nuit des temps
Desesperado parfois les nuages
Ont l'odeur de poudre la couleur du sang
lundi 3 mars 2014
L'âge de ses oreilles.
J'écoutais ça, j'avais....mettons 20 ans, non, 25. Peu importe, ce qui compte c'est la jeunesse. C'est très bon. Vraiment.
,,,,
Maintenant j'écoute ça. C'est très bon aussi.
Il y a là quatre suisses majeurs qui se connaissaient et qui valent bien des français surestimés. Ernest Ansermet, chef d'orchestre et compositeur, sa version de "Pelléas et Mélisande" de Debussy reste jusqu'à aujourd'hui inégalée. Il écrivit cette chanson qui s'appelle "Complainte", sur un texte de C. F. Ramuz, son ami. Le tout est dédié à C. A. Cingria, autre écrivain suisse ami, impossible, surdoué, érudit, enfantin, sans équivalent dans la langue française, O combien plus léger -mais pas plus simple- que Gide, Valéry et autres (je n'ai pas dit Claudel, non, pas Claudel).
Les tableaux et dessins sont de René Auberjonois, un suisse aussi qui vaut bien des fauves français.
Là, je mets un charmant petit documentaire helvète sur Cingria. Son œuvre diverse et protéiforme se laisse attraper par n'importe quel bout, elle n'est pas bégueule et sait faire un oeil joyeux et vif. Ecoutez donc ce qu'en dit Jean Paulhan.
Ce qui compte, c'est la jeunesse, toujours. J'ai découvert ces suisses bien plus de deux fois plus tard que les Bloody Valentine, vers 50 ans et ça m'a fait un bien fou, comme le groupe de petits angliches. Est-ce qu'on change vraiment ? Oui et non. En fait, la jeunesse nous frappe tant et tant qu'à la fin nous ne savons plus que vieillir. Enfin, moi, c'est ce qui m'est arrivé. Il ne m'a servi à rien d'esquiver, de contre-attaquer, j'ai fini K.O. ; accompagner, tout est là, voir venir, accueillir, plier sans rompre, (é)changer (quoi ? des coups ? des cris ? entre autres oui). Alors, soi-même, on peut en rendre un peu, en faire don, transfigurée, changée, prête à l'usage, usagée, redressée qui avait fini par se coucher avec nous, inerte et tremblante. A partir d'un certain moment, ce qui compte, c'est vieillir.
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Maintenant j'écoute ça. C'est très bon aussi.
Il y a là quatre suisses majeurs qui se connaissaient et qui valent bien des français surestimés. Ernest Ansermet, chef d'orchestre et compositeur, sa version de "Pelléas et Mélisande" de Debussy reste jusqu'à aujourd'hui inégalée. Il écrivit cette chanson qui s'appelle "Complainte", sur un texte de C. F. Ramuz, son ami. Le tout est dédié à C. A. Cingria, autre écrivain suisse ami, impossible, surdoué, érudit, enfantin, sans équivalent dans la langue française, O combien plus léger -mais pas plus simple- que Gide, Valéry et autres (je n'ai pas dit Claudel, non, pas Claudel).
Les tableaux et dessins sont de René Auberjonois, un suisse aussi qui vaut bien des fauves français.
Là, je mets un charmant petit documentaire helvète sur Cingria. Son œuvre diverse et protéiforme se laisse attraper par n'importe quel bout, elle n'est pas bégueule et sait faire un oeil joyeux et vif. Ecoutez donc ce qu'en dit Jean Paulhan.
Ce qui compte, c'est la jeunesse, toujours. J'ai découvert ces suisses bien plus de deux fois plus tard que les Bloody Valentine, vers 50 ans et ça m'a fait un bien fou, comme le groupe de petits angliches. Est-ce qu'on change vraiment ? Oui et non. En fait, la jeunesse nous frappe tant et tant qu'à la fin nous ne savons plus que vieillir. Enfin, moi, c'est ce qui m'est arrivé. Il ne m'a servi à rien d'esquiver, de contre-attaquer, j'ai fini K.O. ; accompagner, tout est là, voir venir, accueillir, plier sans rompre, (é)changer (quoi ? des coups ? des cris ? entre autres oui). Alors, soi-même, on peut en rendre un peu, en faire don, transfigurée, changée, prête à l'usage, usagée, redressée qui avait fini par se coucher avec nous, inerte et tremblante. A partir d'un certain moment, ce qui compte, c'est vieillir.
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