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jeudi 8 janvier 2015

Je suis Scoup'

La voilà la "une" dont je rêve. Apparemment, personne ne l'a sortie. Par contre il y a pas mal de grandes phrases ronronnantes, peut-être à la hauteur de l’événement, je ne sais pas trop. Attention, j'ignore à peu près tout du logiciel avec lequel j'ai fait ça à l'arrache, alors, c'est un chouïa frustre ! M'enfin c'est un peu plus digne que les dessins (Je pense à celui de Zep en particulier dans Le Monde) qui montrent Cabu et consort arrivant au Paradis.... Allez, humour pas mort. Héneaurme. Limite. Bien dans le ton habituel, non ?

mercredi 7 janvier 2015

Le courage et la Mort, un couple épatant.

Ce soir, je suis atterré, dévasté, effrayé. Ça marche bien le terrorisme sur moi, ça me fait de l'effet, bien vu les gars. Je suis triste aussi, pour Cabu, pour Wolinski, qui m'ont élevé, fait grandir, fait rire. Et ça brûle aussi, ça fait pas que piquer, c'est plus profond. Je me souviens très bien du premier numéro de "Charlie-Hebdo" que j'ai acheté. Je devais avoir 16 ans et quelques, la ceinture de sécurité venait d'être décrétée obligatoire en voiture, la couverture signée Reiser représentait un mec assis sur des W-C essayant d'agripper le PQ, retenu par une ceinture de sécurité. Le titre était "La ceinture de sécurité obligatoire aux chiottes". C'était vraiment "bête et méchant". C'était rigolo. J'ai beaucoup lu "Charlie-Hebdo" quand j'étais jeune. C'était intelligent et jouissif. Ça peut se relire maintenant sans peine, tellement c'est bon. J'ai beaucoup lu les albums de Cabu aussi, j'étais moi aussi amoureux de "La fille du proviseur", comme le Grand Duduche. C'était gentil ça, très gentil. Comment faire la connexion avec le déferlement de violence et de haine qui vient d'avoir lieu ? Et Wolinski, il était chouette ce mec, j'aime ses dessins, ses réflexions douces-amères, son honnêteté tonique, un homme quoi. Et je pense à sa femme, Maryse, que j'aime aussi, libertine monogame qui m'a fait bander et qui me ferait certainement pleurer ce soir. Je connais moins Charb, Tignous, Honoré mais je sais que je les aurais bien aimés si je les avais un peu plus fréquentés. Je suis devenu un peu paresseux en vieillissant mais je connais quand même bien le style mordant de Charb, bien dans la lignée de ses prédécesseurs. C'était la relève, les copains virtuels de presse de mon plus jeune frère, qui m'en parlait. J'ai une pensée pour Cavanna, Reiser, Siné, Willem, ces autres pères, dont les deux derniers sont encore en vie et dont je n'aimerais pas qu'ils y passent trop vite. Une journaliste au cœur de la manifestation de la Place de la République disait tout à l'heure qu'elle ressentait "une forme de joie" autour d'elle. Je veux bien la croire et si les gens, en se serrant les uns contre les autres arrivent à faire naître de la joie, c'est tant mieux et ça me ravit, mais moi, je suis triste, très triste.
NB : Si la une de Ouest-France demain c'est vraiment "Bal tragique à Charlie Hebdo", je trouverais ça tellement génial que j'aurais toujours du respect pour ce canard. J'espère. En tout cas, moi, si j'étais patron d'un journal c'est ce que titrerais en une. L'humour est bien la politesse du désespoir, son seul ornement un peu sensé, un peu beau. Lui et quelques larmes.

vendredi 31 janvier 2014

Cavanna, une écriture de maçon, ou "Merde, qui est-ce qui a encore mis des cannellonis dans le cassoulet ?"

Il faut se méfier des écrivains qu'apprécie Bernard Pivot et qu'il invita souvent dans ses émissions, ils sont épouvantables. On peut citer Grainville, Vincenot, d'Ormesson, Soljenitsine et ...Cavanna. Pourtant, j'ai rarement lu des textes plus drôles que ceux qu'il écrivait dans Charlie-Hebo et Hara-Kiri. On en trouve quelques-uns rassemblés dans la collection de poche 10/18, d'autres dans des volumes tels que "La grande Encyclopédie bête et méchante". Je me souviens d'un de ses aphorismes qui m'avait fait hurler de rire" Quand les poules auront des dents, les renards auront des tenailles". Eh, eh, implacable, ça... Intelligent, finement déduit, tout à l'inverse du slogan délirant du canard "Bête et méchant". Je me souviens de ses articles sur l'invention de l'Art par le débile de la tribu préhistorique et de sa biographie de Léonard de Vinci qui, peu après le début, dit cela : " Les plus sceptiques durent convenir qu'ils n'avaient pas à faire à n'importe qui lorsqu'on le vit sortir du ventre de sa mère dans un léger esquif de sa fabrication mû par une petite machine à vapeur agissant sur deux roues à aubes et sur un sifflet accordé en La majeur qui salua joyeusement la jeune accouchée, la sage-femme et le noyeur d'enfants assermenté..." et enfin d'une Vie de Staline dont le sous-titre est "Mauvaise tête mais bon cœur". Dans ces années-là seuls Desproges et Dac eurent une telle qualité d'écriture humoristique. Et puis Cavanna s'est piqué d'écrire des livres de littérature et là, ça a été une autre paire de manche (de tenailles bien sûr). Cavanna, quand il Écrit, ça se voit, ça s'entend, c'est marqué en gros dessus "Attention travail d'écriture". C'est comme sur les chantiers qu'il fréquenta jadis, il y a un panneau qui disait "Attention travaux". Ce ne serait pas si grave si le style était effectivement mirobolant, monumental, mais non, tous ces effets se réduise à un but précis et un plâtre assez vulgaire : faire naître une sorte de faux naturel pépère, mi-rigolard mi--amer avec lequel Cavanna fait gober la vie rude mais digne de bons prolos, bons parce que prolos, bons parce qu'appartenant au populo. Et puis il y a une sorte de connivence, de familiarité artificielle qu'il s'efforce de créer avec eux. Le problème, c'est que tous ces efforts pour faire naître cette illusion de décence foncière et de force du peuple dans l'adversité sentent très fort la sueur, le travail et même le rance. Oh, on le voit qui s'applique, le petit Cavanna, Le petit Larousse n'est pas loin, prèt à l'emploi, il mouille son doigt quand il tourne une page de son cahier où il écrit, il essuie sa plume sur le papier buvard. Oh, il tartine des pages et des pages. C'est bien tout ça, ça fait des bonnes notes en Français à l'école et..... de mauvais livres. Céline avait réussi a éliminer l'odeur de sueur en exhaussant celle de graillon. Ce n'était pas une mince affaire. Elle finit mal, la sauce colla irrémédiablement au fond de la casserole et son écriture finit par sentir un brûlé dégueulasse. Personne n'osait lui dire et personne n'osa jeter l'ustensile à la poubelle, même pas Jean Paulhan car il ne prenait pas Céline au sérieux, ce en quoi il avait tort. De même personne n'osa faire la parodie destructrice que les bouquins de Cavanna appelaient. Tout ceux qui auraient pu le faire avec talent étaient ses admirateurs et collaborateurs. En fait, le problème de Cavanna, c'est qu'il n'était pas assez désespéré, qu'il a reçu toute sa vie trop d'amour et qu'il en avait trop à donner, et ça, je ne lui en ferais jamais le reproche, parce que c'est beaucoup plus important que les bouquins. Ciao Francesco.