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lundi 8 octobre 2018

L'Hard du Rock.

Mais où se cache le Hard-Rock ? Oh ! il n'est pas bien loin. Tapi dans l'ombre il attend l'heure de ressortir ses griffes et de repartir à l'assaut des mortels consentants pour fissurer les esgourdes et réduire à néant des montagnes de neurones imbéciles à coup de décibels; hurlant, ravageant, semant alentour les orgasmes sonores et la tristesse qui va avec.
Bon, même si on est pas près de me voir au festival de Clisson (Le Hellfest), rassemblement de bisounours cloutés et percés, j'ai toujours eu un faible coupable pour cette musique détonante. Ce qui me sidère, entre autre, dans les groupes de Hard-Rock c'est le savoir-faire musical hallucinant des musiciens, qui, quand il ne tombent pas dans une technicité vaine, sont capables d'envoyer leur sauce piquante avec une maestria plutôt réjouissante et, somme toute, emballante. Je mets ci-dessous trois exemples de ces chatoiements rudes qui titillent l'oreille agréablement et permettre de se perdre dans la musique à fond les gamelles (comme on disait de mon temps) avec un brio qui emporte aussitôt l'adhésion.
Deep Purple : "No, no, no." en répète avec un très bon son. Incroyablement virtuose et swinguant.

Kyuss : "Space cadet". Dans la grande tradition des morceaux lents et acoustiques (ou presque) des groupe de Hard-Rock, Ici, Kyuss à la manoeuvre, le premier groupe de Josh Homme des Queens of the Stone Age, inventeur du Rock stoner

Deux titres du groupe plus récent 1000mods, cryptés, hypnotiques, jouissifs. Ces gars font du travail au noir, souterrain, plein d'humus et de groove salingue : "Vidage" et "Electric carve".


lundi 4 juin 2018

Give the people what they want.

Il y a ce qui est bon; il y a ce qui est mauvais; et il y a ce qui est génial. Ces derniers trucs se situent au-delà du goût -du bon ou du mauvais goût- dans ce qui tombe pile-poil, ce qui vient coller serré à toute une société qui n'attendait que ça pour adhérer et qui trouve là l'expression de ce qu'elle est, de ce qu'elle devient, en profondeur et en surface.
Le dernier single (et surement l'album) de Christine and the Queens est de cet ordre, de ce calibre. Il colle à ce début de XXI siècle complètement, totalement, il en montre la nouveauté absolue, quelque chose de l'ordre du changement définitif, d'une évolution sans-retour. Un parfum nouveau qui trainait dans l'air se cristallise en une fragrance forte, là, maintenant, et à jamais. Ce n'est pas pour moi, moi, je suis un homme du XXe siècle. Mais ça ne m'empêche pas de sentir l'effluve de la nouveauté, de l'actualité, les ruptures qui s'opèrent dans l'histoire des hommes et des femmes et d'en être bouleversé. "Chris", ce petit bout de nom, ce petit bout de femme est le tocsin bigrement sonore et puissant d'une (r)évolution, d'un basculement. Tout a changé, tout va changer. Weinstein est un dinosaure. Il y a maintenant la possibilité pour tous d'un épanouissement trans-genre, sexuellement et humainement, d'une multiplicité assumée de postures et de palettes d'émotions, démultipliées par X; d'un hédonisme omni-directionnel qui ne se laissera pas enfermé dans une dégradation spirituelle; le corps libéré et pas repris par une tête coupable; un sentiment de la faute qui s'exercera ailleurs, mais plus là où moi, homme du XXe, je n'allais qu'avec précaution et appréhension.
Voici quelque chose de génial. Et ce n'est pas étonnant que Dam Funk, émanation eighties remixée drogué, porn-junkie, soit de la partie. Le clip étant meilleur (je dis bien le clip, pas la chanson. Mais la clip est meilleur parce que la chanson en anglais est meilleure) je met celui-là.

J'ai vu l'autre jour au supermarché un couple et ses trois garçons. La femme ressemblait à une star du X, tatouages et rouge à lèvres brique, jupe courte et jambes musclée; elle était totalement sexy et avait l'air complètement libérée des questions de "qui encule qui et quoi". Son compagnon, tatoué ras du cou et coiffé racaille semblait absolument zen, pas du tout concerné par la fait que tous les hommes qui croisent sa femme fantasment méchamment sur elle. Elle est avec lui et elle fait ce qu'elle veut de toute façon. Les mômes, dont les âges s'étageaient de 6 à 10 ans éprouvaient leur puissance dans des joutes fraternelles et bruyante en inventant des danses, reprenant les pas qu'ils ont vu dans le clip ci-dessus, dans l'indifférence totale et la confiance absolue de leurs parents. Ils étaient drôlement à la cool et  exhibaient un bien-être sans faille. Un couple du XXI siècle bien dans sa peau.
A part ça, je rêve maintenant que j'encule Blanche Gardin et qu'elle me rend la pareille et ça me semble normal ? Non ? Ben si.

mardi 13 septembre 2016

"Papa, raconte-moi l'Histoire !"

Je ne dis pas "C'était mieux avant". C'était différent et comme je viens de là, je suis plus habitué à un fonctionnement un peu obsolète. J'ai fait des efforts, hein, sans trop me forcer. J'ai tous les singles essentiels Electro des années 90. J'aime bien ça mais mon truc c'est le Rock, un truc historique, je veux dire de l'époque où l'Histoire existait et où l'on croyait qu'elle avait un sens. L'Electro c'est post-historique. Historique, post-historique, c'est quoi la différence ? L'Histoire s'est achevée au tournant des années 80 et 90. L'Histoire c'est le Temps des Hommes et l'idée que le Temps a un sens qui nous amène quelque part, vers quelque chose qui va advenir. Et bien cette idée a été battu en brèche par l'évolution de la technologie et du commerce qui ont donné naissance à un hédonisme potentiellement sans-fin, qui ne peut que tourner sur lui-même, dans lequel les habitants de la planète baignent, pour la moitié, ou souhaitent baigner, pour l'autre moitié. Triomphe des drogues, de la fête, du sport, de la beauté physique, des régimes, des excès, de la famille, de la solitude.... C'est déja arrivé par le passé. L'Empire romain s'est écroulé sous son propre poids de manque d'avenir. Les barbares et les chrétiens ont tout renouvelé et remis l'Histoire en marche. Le messie a fait un sacré boulot, d'autres suivirent. Bon, donc, on ne va plus nulle part, tout est là sous notre nez, à disposition, il n'y a que se servir. Je reste historique, un peu nostalgique, moderne, j'ai envie d'un ailleurs radical. C'est ma manière de vivre, de sentir les choses. Il y en a une autre (et même d'autreS, cf l'E.I.), je la regarde, un peu étonné, séduit parfois, déçu souvent du manque d'allant, de souffle de tout ça. On se goinfre et on vomit pour remmettre ça faisaient les romains. Là on calcule à la protéine près. Est-ce qu'on va mieux ? J'en doute. Les protéines, c'est pas glamour, les Rock-Stars si, et les Rock-Stars c'était avant, dans toute leur splendeur, maintenant, c'est juste une option quand on fait de la musique ou du cinéma. "Cliquez sur "Star" ou pas !" C'est pas "The Voice", c'est "The Life". What a wonderful life ! (Attention, le clip est immonde. Celui de Black, le chanteur original était beau.)

vendredi 5 août 2016

Années 80, la musique changeait tout le temps.

Dans les années 80, des types bien habillés faisaient de la bonne musique triste et convulsive. On appelait de ça de la New-Wave. A cette époque, la plupart des gens que je fréquentais étaient des gauchistes ou des nihilstes-hédonistes. On piccolait pas mal, on se marrait bien. Il y avait le communisme de l'autre coté du mur et des missiles sol/sol dirigés sur les villes de France. Il semblait que ça allait durer comme ça jusqu'à perpet' et qu'il n'y avait qu'à s'habituer à l"équilibre de la terreur" et continuer à boire et à déconner. Je suis allé dans les pays de l'Est avant la chute du mur. J'en suis revenu capitaliste pur et dur. La Liberté, et tout ce qui va avec, l'économie et le reste, si on l'a pas, c'est trop dur. Plutôt devenir fou et végeter dans le monde de l'argent-roi. C'est ce que j'ai fait quand ce monde est arrivé. N'empêche dans les années 80, pré-post-historiques, des types bien habillés faisaient de la bonne musique.




dimanche 31 juillet 2016

A day whitout pouring shit.

Dans les années 80, j'étais drôle, enragé et triste. Il y en avait pour tous les goûts.
Sadness :

Rage :

Laughing :

samedi 30 juillet 2016

Nineties bloc-party

Dans les années 90, il y avait du bon Rock n' Roll. Essentiellement fait par des mecs qui avaient commencé dans les eighties et qui arrivaient à maturité. Il y avait aussi du bon Post-Rock.
Rock n'Roll


Post-Rock :

dimanche 3 juillet 2016

Wiesel, Cimino, Rocard, arrivée dans l'ordre.

Elie Wiesel et Michael Cimino sont morts. Que dire au sujet de ces disparitions, au sujet des bonhommes ? La mort d'Elie Wiesel ne me chagrine guère. Il était un de ces juifs qui ont instrumentalisé leur expérience des immondes camps de la mort nazis pour permettre la fondation d'un état juif, qu'il défendait envers et contre tout et tous. Profondément religieux, d'éducation hassidique, passionné par la Kabbale, il a participé activement à l'institutionnalisation du souvenir de la "Shoah", ce pour quoi il a eu le prix Nobel de la Paix. Quand on voit le bordel que foutent les juifs au moyen-orient, on se demande bien pourquoi ? Quand à la "Shoah", son souvenir infecte tellement les consciences de tous qu'on ne saurait plus en tirer les leçons de vie et de mort qui s'imposent à tout homme. Résultat des courses : il y aura d'autres camps de la mort. C'est déjà fait ? C'est vrai, j'oubliais...Merci à Mr Elie Wiesel donc, et à ses compères, pour nous avoir bien pourri la tête avec leurs obsessions juives, plutôt qu'humaines, au sens le plus strict et le plus commun du mot "humain". Il est temps de regarder ailleurs et autrement que là où on nous enseigne de le faire à l'école. Dans quelles directions ? Je ne suis ni juif, ni du peuple, ni prophète de malheur, démmerdez-vous. Tout ce que je sais, c'est que la Vie n'aime pas les camps, de toute sorte.
Pour Michael Cimino je suis un peu plus embêté. Parce que le cinéma, ça ne m'épate plus trop et cependant, il était un des tous derniers grands cinéastes "classiques" en vie avec deux chef-d'oeuvres absolus à son actif : "Voyage au bout de l'enfer" ("The Deerhunter") et "La Porte du Paradis" ("Heaven's gate") qui tiennent la route à coté de n'importe quelle autre grosse pointure du cinéma mondial tournée depuis que le cinéma existe. Ce n'est pas rien, et même si le cinéma est pour moi un art mineur, de cette sorte-là, il atteint des sommets qui brouillent mes cartes esthétiques et mes échelles de valeurs. Leone, par exemple, c'est plutôt bon, plaisant, jouissif même, mais de seconde zone. Je ne dirai pas la même chose du début du "Deerhunter" et de tout "Heaven's gate", qui reste un monument narratif visuel. Or, c'est quand même ça le cinéma à la base : écrire des histoires avec des images en mouvement. Le plaisir n'est pas de la même nature. On a jamais fait mieux que Bresson, certes, mais Cimino, dans un genre très différent, a sa place parmi les plus grands. Ca a du bon d'être troublé, parfois. Outre ses deux films-là, je conseille à ceux qui voudraient appronfondir leur connaissance de Cimino de regarder "Sunchaser", le dernier, de 1995, il est plutôt bon, magique même. Son premier film est un véhicule pour Clint Eastwood qui ne vaut pas grand-chose sauf pour la présence de George Kennedy. "L'année du dragon" aurait du être un grand film si Cimino n'avait pas eu les chocottes de remettre le couvert de la faillite financière de "Heaven's gate". "Le Sicilien" est plombé par la présence et le jeu d'acteur (?) de Christophe Lambert. Il y en a un autre, anodin. Mais enfin, quel metteur-en-scène peut se targuer, dans ces cinquantes dernières années d'avoir deux très grands films à son palmares ? On est plus à l'époque des Murnau, Pabst, Flaherty, L'Herbier et consort et quand on étudie d'un peu près la chose-cinéma, depuis les années 60-70, il y en a pas des masses. Il y en a, mais moins que dans les années 20-30, beaucoup moins.
Bon, je vais mettre un ou deux extraits de "The Deerhunter" ou d'"Heaven's gate". N'importe lesquels, de toute manière, c'est génial. Je compte sur les juifs d'Hollywood pour nous pondre un biopic d'Elie Wiesel comme ils savent les faire de nos jours. (En fait, je ne souhaite un pareil traitement à personne même pas à ce pauvre Wiesel).

Du shtetl à la Johnson County war, le VRAI "Il était une fois en Amérique."

Michel Rocard est mort, lui aussi. Je me souviens que la tête de ce con ornait jadis la salle des trophées de cette salope de Mitterand.

mercredi 20 avril 2016

Kaos final.

2000 ans et plus d'Histoire d'une civilisation en Occident pour en arriver à ça, cette infamie :
Ah, les barbares ! Conseil aux migrants : barrez-vous, repartez là d'où vous venez, essayez de construire quelque chose de digne de votre merdier. Je sais, c'est dur mais par ici, c'est mort, mort de chez mort. Voir et écouter ça, c'est pas pire que d'être brûlé vif. Voici cinquante ans que les élites se battent pour que ce genre de gugusse prenne les rènes du pays. Ils ont déjà gagné à Nuit Debout. Vivre en Occident n'est plus possible, à moins d'être un de ces dégénérés. Je le sais, j'habite avec eux. Circulez, y'a plus rien à voir, ni de moderne, ni d'ancien, ici c'est Kaos par Kalash, c'est à dire l'Enfer.

lundi 22 février 2016

Lartigue : Elégance années 30 et plus

L'élégance, c'est le sujet du photographe Jacques-Henri Lartigue. C'est évanescent l'élégance, indéfinissable mais pas insaisissable. Pour ce faire il a fallu que Lartigue mette en scène ce qu'il y avait autour de lui d'élégance pour le capter en un instant bref où ce qui se sent, se voit, se dévoile à tous. Il lui a fallu de la patience et de la délicatesse; une moue, un pli d'étoffe, une mèche de cheveux sont choses si faciles à détruire d'un regard un peu inquisiteur. Alors, disons que Lartigue a accompagné certains mouvements, certains instants qu'il savait être précieux, comme des gemmes, depuis l'enfance. Cela veut dire qu'il lui fallait du courage pour avancer et ne pas sombrer dans la contemplation des bijoux qu'il possédait, car il les possédait. Cela veut dire qu'il était au moins autant en vie que ses modèles et plus encore, en tout cas aussi élégant mais comme peut l'être un photographe. C'est pour cela qu'il n'hésite pas à se montrer dans ses photos. Il ne crée pas, ce n'est pas un démiurge, il re-crée, il s'amuse et son plaisir est une chose sérieuse. Ces clichés sont de vrais photos, c'est à dire qu'elle montrent quelque chose qui s'abime au moment de la prise. On pourrait dire que cette élégance c'est du "chic" et ça serait déjà pas mal; je préfère dire que c'est, sur un mode mineur, parfois, de la grâce.

samedi 30 janvier 2016

Premier round.

Je vais jouer à un petit jeu à la con, un peu comme Begbeider l'a fait avec la Littérature dans son "Premier bilan avant l'apocalypse", je vous faire une sorte de top Ten non exhaustif (top onze, douze ???) des morceaux rock les meilleurs. Je vais commencer par ces deux-là. L'un est sur le podium des deux ou trois morceaux les plus dingues de l'histoire du Rock, peut-être le meilleur, l'autre est pas loin derrière. D'abord "Hound dog" d'Elvis Presley, puisqu'il s'agit de cela. Toute l'attitude Rock est là. Un défi permanent à tous, sauf ceux de la bande. Le messages est simple : "Vous avez beau dire et beau faire, le plus marrant, le plus sexy, le plus intelligent, celui avec lequel les filles ont le plus de fun, c'est moi, et vous n'êtes que des demi-sels qui sentez les parents et la naphtaline, ce qui est une honte sans nom." La musique va vite et fort, c'est ça le Rock. C'est pas très malin ni très constructif mais, s'adressant à des jeunes qui poussent à la vitesse de la lumière et qui veulent exprimer leur rage et leur soif de vivre, c'est exactement ce qu'il faut. "You ain't no friend of mine...", moi je suis trop "cooooool" pour toi. Après il y a des métamorphoses, des chantournures, des manières, l'amour de la Mama, c'est bien normal, n'empêche, la base c'est ça.
Ensuite Ray Charles, "Mess around". Littéralement "Foutre le bordel" ou "En vrac". Ahmet Ertegun, futur grand ponte et directeur en chef d'Atlantic avait tellement honte d'avoir composé ce truc-là qu'il la signé sous un pseudo. Ray, lui, le chante avec brio.


mardi 5 janvier 2016

100 pour 1.

Vous avez oublié quelque chose de 2015......hein.... Non, ce n'est pas une question, vous avez oublié quelque chose de 2015. En musique, en tout cas. Donc, voici de quoi vous rattrapez un peu. Oh, juste un peu : 100 morceaux, dont, pour la plupart, vous n'avez pas entendu parler. Moi, non plus, avant que je ne tombe sur cette faramineuse compilation. Mais où avais-je la tête ? Elle était embrumée dans quelques maëlstrom de larmes et de cris. Ah, la la ! (Soupir)

jeudi 10 décembre 2015

Qui est Bertrand Tavernier ?

Qui est Bertrand Tavernier ? Quelqu'un qui arrive à faire une comédie plombée d'une bonne B.D., grinçante et savoureuse : "Quai d'Orsay" . Quelqu'un qui a réussi à pondre un dictionnaire du cinéma américain absurde, verbeux et plein de componction alors que le sujet est pour le moins passionant. (Le bouquin marche tellement sur la tête qu'il en devient comique.) Quelqu'un qui a réussi a foiré un film sur une époque incroyable, la Régence, avec de bons acteurs, par un excès outrancier de moralisme. (La morale n'est jamais un bon angle d'attaque pour un film, les sentiments si). Quelqu'un qui, en général, fait des films barbants, remplis de mièvreries et de revendications sociales assumées comme si le cinéma était une manif. (Oh la la, c'est bien moins que ça, juste un truc de voyeur un peu esthète, un miroir aux allouettes où seuls les producteurs sont gagnants, et encore, à peine). Quelqu'un qui dit aimer le Jazz et qui nous sert dès qu'il le peut une musique passéiste, académique, figée, dont tout esprit aventureux (Jazz, quoi !) a été balancé aux orties. Quelqu'un qui se permet de dire que la B.O. de Dylan pour le film "Pat Garret and Billy the Kid" de S. Peckinpah est "inepte" alors que l'album qui la restitue est une pure pépite. Quelqu'un qui confond Tommy Lee Jones ("Men in black", "US Marshals") et Spencer Tracy ("Adam's rib", "La dernière Fanfare").  Quelqu'un qui n'a pas tourné "Serpico" mais "L627", qui n'a pas tourné "L'Appât" mais "L'Appât", qui n'a pas tourné "Les Trois Mousquetaires" mais "La Fille de d'Artagnan" (moins bon que le Zidi avec Les Charlots sur le même sujet). Quelqu'un qui a dénaturé le beau livre de Roger Vercel "Capitaine Conan", toujours par moralisme et sentimentalisme mièvre (cf la purge ci-dessous).
Bref, on peut dire que c'est un sale type.
M Bertrand Tavernier est un mauvais cinéaste, un piètre cinéphile, un amateur de Jazz sclérosé qui n'a pas les moyens de ses prétentions, d'ailleurs déplacées, et qui n'est ni Jean-Daniel Pollet ni Maurice Pialat, même pas Claude Sautet ou Alain Corneau. C'est dommage pour sa gueule mais le problème c'est qu'il nous faut le subir, nous aussi, ce con, et ça c'est dur.
Ecoutez-moi cet abruti, c'est faussement bon en diable, mais, encore une fois, écoutez bien, essayez de déceler l'imposture, elle est assez finement tissée mais on voit quand même la ficelle si on fait gaffe. En fait, c'est presque le cinéaste officiel de la Vieme République de gauche ! 

mardi 29 septembre 2015

"No sport." Winston Churchill

Faire du sport ? Vous m'avez regardé ? J'en suis à la Gym douce et au medecine ball, les amis. Si jamais je me remets à titiller  les records du monde, je veux que ça ressemble à ça. "Un esprit sain dans un corps sain ?" J't'emmerde. Moi , mon truc, c'est la sainteté pas la santé, et si y'a pas un peu de souffrance dans la sainteté, ça vaut nibe.

dimanche 6 septembre 2015

Ris donc, Caliban !

Je suis en train de lire un truc que j'aurais du lire depuis longtemps : "Rigodon" de Louis-Ferdinand Céline. Le problème avec Céline, c'est qu'il a beau être infréquentable du fait de son action collabo avec les Allemands en 39-45, au vingtième siècle et même là, après la guerre, juste avant de calancher, c'est un des tous meilleurs, un styliste hors-pair. En fait, il n'est mauvais que pendant la guerre, là où il a vraiment eu les coudées franches pour dire tout ce qu'il voulait. Là, il a éructé, il a craché sa bile dans tous les sens, sur tous le monde et ça ne tenait plus la route, ça débordait, ça bavait, ce n'était plus bon. Donc, exit "L'école des cadavres", "Les beaux draps" et dans une moindre mesure " Bagatelle pour un massacre" (je dis dans une moindre mesure parce que dans ce livre-là il n'est pas encore complètement "déchainé" et que, donc, c'est parfois bon).
Mais avant la guerre et après, il est tenu, retenu par une sorte de "réserve" que lui impose la société française comme elle va et là, il mesure, oh que oui, et c'est au cordeau;  du ciselè pur-jus, de l'Art grande cuvée, toujours sur la très pure corde du contre-ut casse-gueule mais tenu.
Alors donc, dans "Rigodon", il raconte la fin de son périple en Allemagne pendant la défaite des Nazis qui le conduira au Danemark où il se terrera avant que Jean Paulhan ne puisse le faire revenir en France sans qu'il soit fusillé, et franchement, c'est tordant, en plus d'être bien écrit comme jamais. A un moment il raconte un peu son présent à Meudon et il explique que Roger Nimier vient le voir pour trouver avec lui un truc de gauche qu'il a bien du faire dans sa vie, même sans s'en rendre compte, parce que Céline, il est bon, mais il est pas défendable. Céline cherche, cherche, c'est dur mais il trouve : c'est Elsa Triolet, impeccable communiste et compagne du "povoite" (Aragon), qui a traduit le "Voyage au bout de la nuit" en russe d'U.R.S.S. Bon, ça tombera à l'eau aussi, ce truc-là. Mais la façon dont il raconte son espèce d'épopée branquignolle de train en train dans une Allemagne en ruines, accompagné de son chat Bébert, de sa femme, de l'acteur Le Vigan et d'une bande de gogols locaux croustillants est tout simplement hilarante. Et je le répète, tout est écrit au cordeau. Il y a une phrase là-dedans qui m'a marqué, preuve qu'il est encore bien leste intellectuellement : "La première fois est tragique, la seconde fois est grotesque". Ca se tient plutôt bien comme citation "définitive", comme aurait dit Sacha Guitry.
Je mets cette vidéo pour illustrer mon article. Céline y est interviewé par Pierre Dumayet en 1957, avant "Rigodon", pour ce qui constitue un autre livre de souvenirs (lui, il dit qu'il est "chroniqueur", pas acteur) : "D'un chateau l'autre". Céline s'y montre tour à tour hilarant (quand il se compare à une "fine chienne de traineau") émouvant (quand il parle de son enfance au Passage Choisel à Paris) et très très roué et malin (quand il parle de "l'affaire Pétain"). La fin, les tous derniers mots, sont incroyables

mardi 18 août 2015

Tiens, hume-moi cet air bien pur ! Comment ça, acide ?

Je n'ai jamais tellement aimé les Hippies, encore moins les Baba-cools. Je leurs préfère les Beatniks. Mais il faut bien avouer que Woodstock est un des évènements les plus beaux qui ait jamais eu lieu sur cette satané planète, et foutrement Rock en plus, alors que les Beats sont plus branchés Jazz. Les hippies sont limite mièvres, enfin pas les vrais, pas ceux du début, de Haight Ashbury à San-Fransisco; eux c'était de vrais aventuriers de l'espace et de la conscience humaine, des cow-boys sous acide, sûrs d'eux, au regard bleu azur, aux muscles fins. Des jeunes gens impatients, assoiffées d'amour, de sexe, de drogue et d'air pur. Quoi ? Comment ça "d'air pur" allez vous me dire ? Mais oui, mais oui et je le prouve avec ce très bon morceau d'un groupe aujourd'hui complètement oublié et sur lequel il fait pourtant bon jeter une oreille (attendrie?) : Quicksilver Messenger Service, avec le très bon John Cipollina à la guitare. "(Have another hit of) Fresh air". L'air pur, les gars, un bon trip.

Tiens, pour la peine je vais mettre un morceau d'un autre groupe Hippie de San-Fransisco, le plus connu peut-être, toujours enregistré au Fillmore West : The Grateful Dead : "Casey Jones".

mardi 4 août 2015

Miami Vice.

Sur la plage de Miami des jeunes gens au coeur et au corps parfaits, sans âmes, bronzent au soleil brûlant sous des crèmes écran total indice 20. Personne ne s'aventure dans la mer qui rabât incessament sur la côte des cadavres de poulets et de chiens, des galettes de pétrole brut puantes, des débris en matière plastique d'objets désormais inidentifiables, bref, le roulement habituel sur lequel des petits drones balancent des seaux entiers de Chanel N°5. Les hauts-parleurs, entre deux conseils de prudence aux parents pour les prévenir de surveiller leurs enfants, toujours attirés, les monstres, par les déchets, les préférant à leurs jouets, petits bulldozers excavateurs télécommandés ou pelles intelligentes à faire des créneaux aux chateaux forts d'un style fort peu moyennâgeux, entre deux conseils de prudence, donc, les haut-parleurs balancent une musique d'un âge actuel, indiscernable, sans datation véritablement possible - d'époque ? Rétro-vintage ? - et inondent la plage de décibels réparateurs car si familiers. C'est souvent Miami Horror qui passe. Ils ont pondus suffisamment de tubes dansants pour être connus de tous et ne pas prendre le chou aux gens, tout en leur permettant de battre du pied ou de dodeliner de la tête "comme au bon vieux temps", comme maintenant. Miami horror est un groupe qui fait de la musique des années 1980-90 mais actuelle. Toute les règles de l'Art, toutes les formes ayant étés honorées puis épuisées puis transgressées, il n'y a plus qu'à en reservir les restes plus ou moins réchauffés avec plus ou moins d'entrain. Les Miami Horror s'y emploient, c'est idéal pour la plage en ce mois d'octobre, la fin de l'été. Tout le monde s'y retrouve, jeunes et vieux. L'an dernier, ils sont venus jouer en semi-playback sur la plage, au soir tombant, il y a avait eu 14 morts.

mardi 30 juin 2015

Rock n' Roll ? Who else ?

Les Who ont toujours été un de mes groupes preférés. C'était quatre fous qui jouaient à fond leurs chansons à l'énergie inégalée inspirées par leurs émotions et sentiments paroxystiques. Et quant le leader, Pete Townshend, se mettait en tête de penser tout "ça", ça pouvait vite se transformer en hymne imparable. Ils avaient la gniaque, c'était eux qui jouaient le plus vite et le plus fort, ils fonçaient tête baissée pour supporter leurs multiples bugs et comptaient les dégâts chez eux et chez les autres après. Une façon de faire qui a fait ses peuves depuis Attila, non ?
Townshend est vraiment un gars étrange, j'ai lu son autobiographie et il y ment aussi ouvertement qu'il y est touchant et sincère. Quand il s'exténue à nous rabâcher que c'est Roger Daltrey, le chanteur, qui est le leader du groupe, c'est vraiment n'importe quoi. Le leader c'est Townshend, point-barre, mais il est incapable de jouer à son maximum sans les autres et, pour cela, il les hait et il a balancé tout au long de sa carrière les pires saloperies sur ses petits copains. Ainsi, il a dit une fois à un journaliste que "Ce qui était important pour Keith Moon (leur batteur psychotique) c'était de ravager les chambres d'hotel où ils descendaient. "C'est absurde et médisant. Il suffit de regarder l'extrait du concert de l'Île de Whight de 1970 que j'ai mis ci-dessous. Moonie est tellement dedans qu'il en explose de joie au moment où il rentre dans le morceau, l'excellent "Water". D'ailleurs, il le disait, je cite : "Je m'en fous d'être batteur, ce que je veux c'est jouer dans les Who." Ca c'est la vérité. Rendons à César ce qui est à César, Keith Moon était probablement invivable et totalement fou mais c'est un des plus grands batteurs de tous les temps, tous genres confondus.
Le bassiste, dans son genre, est assez problématique aussi. Si vous isolez la basse de John Entwistle sur une piste vous allez entendre un des meilleurs artistes ayant manié ou maniant cet instrument, avec en prime un son unique. Pourtant, les témoignages sont unanimes, il était d'une intelligence de pierre (il était surnommé "The Ox" (le boeuf)) et se contentait d'abattre le boulot sans faire plus d'effort que ça. Ce qu'il fait est sidérant et c'est tout ce qu'il y a dire. Daltrey était la doublure chant de Townshend. Beaux yeux, belle gueule, bonne voix, il était tout ce que Towsnhend pensait ne pas être, d'où des humiliations constantes de la part du guitariste qui se terminaient en bagarres. Un duo inséparable cependant, nécessaire aux deux mais explosif. Et puis, Townshend a composé l'Opéra-Rock "Tommy" et Daltrey s'est mis à incarner sous les yeux du créateur de la chose le héros de l'oeuvre. Ca a été assez naturel et Pete n'a pas mouffeté. Après le film, ça a été encore pire puisque c'est Daltrey qui incarnait Tommy dans le long-métrage cinglé de Ken Russel. Après cela, les deux ennemis se sont plus épaulés que battus et le destin du groupe (mort de Moon) a favorisé cette association apaisée.
Les Who sont en tournée en ce moment. Qu'est ce qu'ils peuvent bien encore avoir à cracher à la face du monde à leur âge ? Je n'ai pas de réponse à cette question. Demandez le vous-même à un groupe de vieux qui incarne à jamais la jeunesse, ses désirs et ses frustrations, de "My génération" à "We won't get fooled again". Tous les soirs la voix de Daltrey rugit et la guitare de Pete fend la nuit de décibels criards. Quel mal y a-t-il à cela ?
Ce qui est sûr pour moi, c'est que le concert en dessous est un des tout meilleurs de l"histoire du Rock, en partie parce qu'il est très bien filmé. Voyez les Who à leur apogée, comment ils se chambrent, s'humilient s'aiment et, finalement, jouent ensemble comme eux seuls étaient capables de le faire.

Les Beach Boys et moi : Good Vibrations ?

Est-ce que je peux encore écouter "Good vibrations" des Beach Boys ? Rien n'est moins sûr. Quand je l'entends, je réagis sec et je saute mettre un autre morceau; quand je le sens qui arrive, je passe à la chanson suivante des Garçons de la plage. Ce n'est pas que je ne l'aime plus, non, en fait cette chanson a été tellement formatrice pour moi, que je ne l'entends plus, que je suis incapable de prendre du plaisir à l'écouter.
Je l'ai découverte quand j'étais pré-ado sur une cassette audio de mon père. Comme tout dans ma vie, ce fut sans introduction, sans explication et je me la suis prise pleine face sans pouvoir dire "ouf". Je me demande s'il est possible de dire avec des mots le bouleversement intérieur auquel elle donna lieu. Ma sensibilité fut heurtée, chamboulée, meurtrie, guérie, exaltée, exhaussée en trois minutes et quelques. J'ai joui de toutes ces parties différentes, dissemblables et cependant parfaitement enchainées. J'ai eu peur aussi de ce grand charivari qui me menait Dieu sait où ? Vers la Mort, peut-être, un fin atroce, infini de souffrance ? Heureusement tout se terminait par le rythme allègre de la ligne de violoncelle et quelques notes de thérémin céleste. Ce morceau spatial finit terrien et ça me rassurait.
Mais cette chanson a fait plus encore que de m'impressionner, elle m'a structuré en profondeur. Chaque son a sculpté en moi un pan de ma sensibilité musicale et est passé pour cela par les plus infimes fibres de mon corps, de mon corps tout entier. J'ai été travaillé, secoué, réparé, couché, redressé. Il n'y a qu'avec les Beatles et les Stones, à peu près à la même époque, que j'ai vécu quelque chose de similaire. Si j'aime certains sons, certaines harmonies, je le dois à l'effet PHYSIQUE, en même temps qu'EMOTIONNEL qu'ont déclenché en moi tel son de "Good vibrations" pris en plein corps, ou telle dérive harmonique de l'esprit fou de Brian Wilson vécue bel et bien comme telle. Cette chanson à des sommets, des abysses, j'ai tout encaissé et à la fin le violoncelle (Dieu que j'aime le son du violoncelle depuis !) me ramenait toujours à bon port, mais ces creux et ces bosses sont celles de mon âme maintenant, à tel point qu'il m'est difficile de dire que cette ritournelle m'a juste "structuré", c'est encore trop "extérieur" car ça va un peu plus loin : je suis elle, elle est moi. Tout ce que j'ai entendu après a été entendu par moi et "Good vibrations" des Beach Boys ensemble, c'est à dire un entrelac de force, de recul et d'abandon, un frémissement, une révélation de soi à soi-même. La basse hyper-aiguë, c'est moi, la voix aérienne, le rythme à peine prononcé c'est moi, la façon dont les mecs disent "Ba-Ba" pour "Vi-Vi", c'est moi, le pont flippant c'est toujours moi, l'orgue d'église et la prière c'est encore moi. Et la flûte perdue dans l'espace interstellaire, haussée encore par des choeurs d'anges au rang de musique pour les Dieux, qui croyez-vous que ce soit ? Après ce truc, vous pensez vraiment que je peux écouter sereinement "Good vibrations"?  Je n'ai plus assez de distance. N'importe quelle chanson des Beach Boys, oui, et avec grand plaisir, mais pas celle-là
Alors, les Beach Boys : "Good Vibrations", version canonique. Celle qui m'a formé et s'est incrusté en moi.

Il y a un truc avec les groupes ou les artistes géniaux, ils ne sombrent jamais vraiment dans le le pathétique ou le nullissime. En 1980, je ne savais même pas que les Beach Boys existaient encore, moi j'écoutais de la New-Wawe.... et eux triomphaient en Angleterre, au festival de Knebworth. A cette époque, ils sont encore tous vivants et ils sont ici réunis mais, après toutes les engueulades, les bagarres, les luttes intestines c'est un véritable miracle. Encore plus improbable, le concert est bon. Le métier, sûrement. L'amour du métier, aussi.
The Beach Boys : "Cotton Field", "Heroes and vilains" "Keepin the summer alive".

lundi 8 juin 2015

Bonne nuit, Mr Thornhill !

Alors, reprenons les choses là où nous les avions laissées. Maman vient de me border pour la nuit. De sa bouche qui sent la cerise et qui est si douce elle dépose un baiser sur ma joue. Je ferme les yeux puis les ouvre très vite pour saisir une dernière vision du visage de ma mère dont le profil disparait dans la lumière qui jaillit de la porte de la chambre qu'elle entr'ouvre. Mon père se glisse alors sans bruit par celle-ci et dit "Alors mon bonhomme, c'est l'heure." Je frémis d'impatience. Papa s'assied dans le noir sur une chaise à coté de mon lit et commence à parler "Il était une fois..."Je n'existe plus.  Je n'ai plus conscience de moi, je vois dans mon esprtit les choses que mon père décrit et les héros dont il raconte les actions. Toujours, comme tous les soirs sans exception, il y aura de l'action, du suspens, un bref moment d'angoisse aiguë vite surmonté et un beau dénouement, et aussi, une touche d'humour qui m'arrachera un rire etouffé. Mon père se penche sur moi et m'embrasse sur le front. Il dit "Bonne nuit mon fils." - il sent le tabac - et quitte la pièce. Je ne le regarde pas partir. Dans l'obscurité qui se fait dès qu'il a fermé la porte derrière lui, les silhouettes qu'il a évoquées dans mon âme se mettent à vivre et à danser devant mes yeux en une ronde qui marche à ma guise comme si j'étais le vent soufllant sur les feuilles mortes. Il y a là deux croque-morts ridicules, un cheval qui parle et compte, des monstres tristes de n'avoir pas d'oreilles, des indiens farouches et gros fumeurs, un magicien qui disparait toujours au moment où on croit l'attraper, une créature furieuse qui s'appelle une "goule" et qui revient parfois dans le creux de la nuit noire, une jolie petite fille aux cheveux d'or et aux desseins impénétrables... Cela tourne devant moi, je regarde bien chaque détail et puis mes yeux fatiguent, ils se ferment et je m'endors. Ce qui se passe alors dans ma tête quand je dors semble appartenir à une autre vie, une vie innervée de la vraie mais une autre vie quand même, différente, inaccessible, étrange. Dans cette vie, mes deux parents sont déjà morts plusieurs fois, moi-même, j'échappe à la fin par des subterfuges sans logique ni potentialité, des miracles. Mais dans quel ordre de la réalité ou de la fiction sont vraiment les miracles ? Dans les baisers successifs de mes parents ? Dans les histoires sans fin de mon père ? Dans les songes plus ordonnés qu'il n'y paraît de la nuit et du sommeil ? Quelque chose a été inventé pour décider de cet indécidable et c'est le cinéma. Pourquoi non ? Oui, après toutes les misères de l'existence et les repentirs de la fête qui finit, pourquoi pas un petit film, cette nuit, dans le noir ?

jeudi 7 mai 2015

Alabama Shakes. Deuxième.

- Bonjour Monsieur ! C'est pour la deuxième couche !
- La deuxième couche de quoi, manant ?
- Pardon Monsieur, excusez-moi, je fais mon travail, hein ! La deuxième couche de Rock n' Roll !
- Sortez immédiatement, faquin, je n'écoute plus que de l'Electro d'avant garde depuis belle lurette !
- Justement M'sieur, faut qu'on rafraîchisse tout ça. Pardon. Je vais opérer quelques modifications. Vous inquiétez pas, c'est gratuit. Il y a quelque temps encore, vous fonctionniez normalement, la tête bien aérée et tout. Là, vous sentez le rance...Je vais vous embarquer les deux platines Technics là, pour commencer...
- Mais sûrement pas, trou du cul, laissez mes chouchoutes où elles sont ! Et puis le rance...Merci, mais je me parfume aux effluves les plus "in" des clubs à la pointe de toute la planète, alors, pour le rance, vous repasserez !
- Eh ben non, justement. Tout ça sent l'égout mondial à plein nez. Vous ne savez même plus de quel pays vient la merde dans laquelle vous pataugez mon pauvre Monsieur. Je vous installe une petite Dual des familles et un bon Akai vintage, avec de bonnes basses, et surtout, de bons aiguës. Vous allez revivre !
- Et ma table de mixage pour faire mes petits enchaînements ?
- Confisquer, petit canaillou ! Allez ouste !
- Ouin ! Ma Techno, mes Breakbeat, mon scratch ! C'est injuste ! Qui vous envoie, d'abord?
- Top secret ! Mais sachez que vous êtes un petit veinard !
- Ah bon ? Une sorte d'"Elu", quoi ?
- Faut pas pousser !
- Et je vais écouter quoi ? J'ai perdu l'habitude, moi...
- J'ai là une petite dizaine de vinyls pur jus de 180 grammes chacun, 100 % Rock n' Roll qui vont vous redresser les oreilles.... et peut-être autre chose.... Vous pouvez tout faire avec, même les manger. C'est multi-fonctionnel !
- Les vinyls, moi j'aime ça.
- On sait, vous n'êtes pas le mauvais bougre au fond, juste un peu égaré. Tenez, essayez ça, c'est souverain. Alabama Shakes.
- Ah oui, c'est marrant ! Du Rock ? Pourquoi pas, au fond ? Des hits, du feeling, de la puissance...
- Oui, la puissance des rêves ...
- Vous me laissez mes enceintes JBL ?
- On est pas des tortionnaires, Monsieur. Allez je repasse dans une semaine avec d'autres potions magiques
- Vous partez déjà, vous ne voulez pas un thé vert à la menthe bio ?
- Non merci, jamais pendant le service. Et je ne vous demande pas si vous avez du cognac Rémy Martin, je connais la réponse....
- J'en achèterai !
- Faites ça aussi, et allez chez le coiffeur, vous avez passé l'âge des fantaisies capillaires de djeunes.
- Et le skate ?
- Je ne suis pas votre conscience mon petit père. Allez, bonne bourre !