Impossible de parler du Rock n' Roll sans parler de folie. Avec le Rock comme expression nous voilà aux confins de la volonté de toute-puissance et de son mirage infantile, de l'auto-sanctification par la destruction subite et jouissive de soi. Le "moi" est autant l'ennemi que ce qui est Grâcié, ce qui compte c'est d'en exploser les limites, et celles du réel dans une fusion régressive.
L'autre jour, j'entendais Henri Dutilleux parler à la radio du Rock comme d'un "phénomène de société" plutôt que comme d'une musique. Il n'a pas tort Riton et le Rock combine plusieurs facteurs sociaux et psychologiques de notre époque autant qu'il en est la quintessence inégalable. Le Rock est en partie le spectacle que la jeunesse conçue comme seul âge vivable de la vie se donne à elle-même dans un culte sacrificiel dont les plus malins tirent fortune et bien-être sans toucher à la camelote qu'ils vendent. C'est aussi parfois une célébration réelle de cette jeunesse, sincère et joyeuse. C'est un suicide que s'inflige, génération après génération, les jeunes qui deviennent vieux de la civilisation occidentale maintenant canonique au niveau mondial. En cela il est moderne et actuel, réactualisé plutôt, sans fin, jusqu'au soubresaut final de bidoche cramée au soleil d'une plage nucléarisée à mort. Le Rock, c'est l'orgasme final répété à l'infini tant que le corps et le coeur peuvent le supporter. les muscles bandés qu'on exhibe dans un abandon et une rage qui trouve à s'exprimer, finalement, puissance impuissante à autre chose qu'à se nier, sublimée en crânerie d'Empire Romain et de Chevalerie héroïque.
Je suis peu de chose mais je me sens un peu plus quand j'écoute ce qui suit. J'y gagne du plaisir, j'y perd la vie, j'en jouis terriblement. Dans le capharnaüm titanesque d'un monde qui finit et hurle, je joue ma partition psychotique contre un peu de monnaie et la promesse que je ne dérangerai pas vraiment un ordre si bien établi. Le revers de la jeunesse éternelle est de mourir à petit feu sans connaître la maturité. Je suis d'accord avec ça, je m'en fais sauté la gueule tous les jours et tout est fait pour que je reste un mineur jusqu'à ma mort. Le Rock c'est bien fait et ce n'est rien d'autre qu'une fierté mal placée qui se fait sous elle dans une explosion éhontée d'exhibitionnisme, et ça, quand la seule issue est, de toute façon, l'ennui, la décrépitude et la mort lente, ça peut être beau. C'est une question d'humeur, selon la médecine grecque s'entend, rien de plus, mais je pense que c'est tout ce qu'on peut demander à l'Art en général : sublimer une humeur. Donc, Riton, tu n'avais raison qu'en partie. Le Rock c'est aussi de l'Art, de masse, brutal, con mais de l'Art.
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dimanche 9 juillet 2017
mardi 26 mai 2015
Les héritiers.
D'abord il y a eu l'album de Noel Gallagher et de ses High Flying Birds, pas mal fichu, avec une ou deux compos fortes. Puis celui de Damon Albarn sous l'incarnation Blur, très chouette mais vite oublié quand même. On leur sait gré (aux Blur) d'être allés voir à l'Est et même à l'Extrème-Orient. C'est là que ça se passe maintenant et enregistrer un album là-bas, dans les vibes de ce nouveau centre du monde est une foutrement bonne idée. En Pop contemporaine, celui qui a un temps d'avance gagne. Enfin est arrivé l'album du "père", le "Modfather" en personne, Paul Weller et sa "Voie de Saturne". Dire le "père" est un peu excessif il n'à que dix ans de plus que Gallagher et Albarn mais il a commencé les Jam si jeune qu'il a toujours été dans l'oreille de ses deux disciples - enfin deux parmi tant d'autres, tous ceux de la Brit Pop lui doivent quelque chose. Et voilà que son disque est meilleur que ceux qu'il pond d'habitude et meilleur que ceux de ces petits frères. A vrai dire, il est largement meilleur que ceux qu'ont sortis ses idoles à lui à peu près au même âge : Paul McCartney, Pete Townshend, Curtis mayfield, Dr John et (c'est nouveau dans le Panthéon de Weller) Brian Wilson ne sont redevenus bons que la soixantaine bien tassée (c'est faux pour Mayfield cependant) et Weller n'a "que" 57 ans. Et voilà qu'il arrive à cumuler la puissance des morceaux les plus aboutis de gallagher et l'originalité des très bons titres de Blur. Mystère et boule de gomme.
On va dire que je délire, que je vaticine, pire, que je dis ça à chaque album de Weller, bref, que je me répète et que je deviens sénile. Doucement les basses. Je ne crois pas avoir été touché si facilement, si évidemment par un disque de Weller depuis longtemps et celui là ne me fatigue pas ni ne me laisse sur ma faim. Je prends un plaisir simple, sans mélange, renouvelé à l'écouter et je vous conseille d'y jeter une oreille, vous allez voir, c'est catchy en diable. Moderne et ancien à la fois, juvénile et mature en même temps. Une sorte de quadrature du cercle Pop pour "vieux" rocker comme moi, toujours pas calmé mais plus serein de fait et avec un peu mal aux genoux. Peut-être faut-il, pour en arriver là, avoir arpenté et arpenter encore la "Voie de Saturne", planète à l'influence trouble, vénéneuse et enivrante.
Paul Weller : "Saturns Pattern." En dessous une interview de Weller à Télérama où il parle sans trop serrer les dents et où il n'est pas insultant avec ses anciens partenaires
des Jam.
On va dire que je délire, que je vaticine, pire, que je dis ça à chaque album de Weller, bref, que je me répète et que je deviens sénile. Doucement les basses. Je ne crois pas avoir été touché si facilement, si évidemment par un disque de Weller depuis longtemps et celui là ne me fatigue pas ni ne me laisse sur ma faim. Je prends un plaisir simple, sans mélange, renouvelé à l'écouter et je vous conseille d'y jeter une oreille, vous allez voir, c'est catchy en diable. Moderne et ancien à la fois, juvénile et mature en même temps. Une sorte de quadrature du cercle Pop pour "vieux" rocker comme moi, toujours pas calmé mais plus serein de fait et avec un peu mal aux genoux. Peut-être faut-il, pour en arriver là, avoir arpenté et arpenter encore la "Voie de Saturne", planète à l'influence trouble, vénéneuse et enivrante.
Paul Weller : "Saturns Pattern." En dessous une interview de Weller à Télérama où il parle sans trop serrer les dents et où il n'est pas insultant avec ses anciens partenaires
des Jam.
vendredi 19 décembre 2014
L'or des Fous.
The Stone Roses. Les années 90 auraient du être les leurs. Ils sortent un album de pop british parfait en 89, enchainent avec un single/maxi 45 à démolir les dancefloors (Fools gold) et....et ils se perdent dans l'enregistrement de leur second opus (qui ne sortira qu'en 1994) en laissant leur passer sous le nez la crête de la déferlante grunge. Tant pis pour eux, fallait être plus réactif, les pépères. Leur reste quand même un statut de groupe culte et star au Royaume Uni, comme s'il avaient inventé la Brit Pop avant tout le monde. Ce n'est pas faux mais il va falloir attendre 5 ans pour qu'Oasis et Blur reprennent la place de leader aux américains, avec, dans le cas d'Oasis, un clone de Ian Brown, le chanteur des Stones Roses, en guise de frontman. Ce dont on se rend compte en écoutant et regardant la vidéo ci-dessous, c'est que ce statut privilégié est basé sur une qualité musicale absolument évidente. Certes, c'est enregistré à la maison (Manchester) mais il est indéniable que le morceau groove sec, et il est une preuve de plus que le divin sens du tempo n'a pas de couleur de peau à la base. La section rythmique est dantesque et le guitariste juste au poil.
The Stone Roses : "Fools Gold" live, son exceptionnel. Mais avant, la parole est au poète : William Burroughs.
The Stone Roses : "Fools Gold" live, son exceptionnel. Mais avant, la parole est au poète : William Burroughs.
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lundi 6 octobre 2014
Toutes les années sont importantes.
Pour donner une suite un tant soit intelligente au post précédent je vais mettre plusieurs vidéos. Tout d'abord, je vais rendre un hommage simultané et appuyé à Bob Mould et Grant Hart en mettant deux morceaux de leurs faramineux premiers albums solos. Si vous êtes un peu mélomane, je pense que vous allez ressentir la qualité des deux extraits.
Bob mould : "Whishing Well", précédé du très mélodieux "Sunspots".
Grant Hart : "All of my senses" Du grand (H)Art. Ça me fait frissonner à chaque fois.
Et puis j'ai dit que la reprise de "Wonderwall" par Ryan Adams était bonne Je la mets donc.
Bob mould : "Whishing Well", précédé du très mélodieux "Sunspots".
Grant Hart : "All of my senses" Du grand (H)Art. Ça me fait frissonner à chaque fois.
Et puis j'ai dit que la reprise de "Wonderwall" par Ryan Adams était bonne Je la mets donc.
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lundi 3 mars 2014
Brit Pop Connexion.
Peut-être y-a-t-il deux ou trois abrutis de quinze ans d'âge mental (quelque soit l'époque à laquelle on a effectivement eu ces 15 balais) à qui cela fera plaisir, comme cela m'a fait plaisir à moi de le voir et de l'entendre ? Le titre du morceau c'est "Tender". Ça se fait rare, d'être "tendre".
mardi 26 novembre 2013
It's the same old song.
Jake Bugg sort un nouvel album produit par Rick Rubin. Ce dernier a modifié sa politique et il prend désormais les artistes song-writers en début de carrière, dans leur fraîcheur, plutôt que sur le retour comme Johnny Cash et Neil Diamond. Ça change et en même temps c'est pareil. Je ne sais pas ce que vaut l'album de Bugg,"Shrangi-la", ni s'il est à la hauteur des travaux de fin de vie des pré-cités. En tout, cas, comme tout est dans tout et inversement, voici le petit englishe Bugg reprenant très bien un classique d'Oasis. Ceux-ci n'étant pas ceux qu'on croit d'ailleurs. Got it ?
mardi 17 avril 2012
Sing me four songs of hope and despair
Une pour Mélenchon : "The old man's back again (dedicated to the neo-Stalinist regime)"
Une pour Le Pen : "Down in the tube station at midnight".
Une pour tout le monde : "That's entertainement".
Une pour moi : "Down in the hole".
Une pour Le Pen : "Down in the tube station at midnight".
Une pour tout le monde : "That's entertainement".
Une pour moi : "Down in the hole".
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dimanche 30 octobre 2011
U2 x 2 ça fait quoi ? La vie qui dure, dure...
La nouvelle génération a son U2 et je ne vais pas me gêner pour le signaler car c'est bon, parfois. Voici donc Coldplay, qui travaille d'ailleurs avec Bian Eno, comme U2, dans deux chants, lyriques à souhait, ou la belle voix de Cris Martin fait merveille. Le Paradis à la vitesse du son ? Et alors, pourquoi pas ?
Avant eux, il y avait ça. Bon sang, j'avais 16 ans.
Et, ça. Bon sang, j'avais 16 ans ! Encore! Oui, mais c'est bientôt fini. Quand ? J'en sais rien moi ! Vous avez de ces questions à la con ! Ayant entendu mon Requiem à cet âge là, je pense qu'il me reste de belles années, plus l'éternité.
Avant eux, il y avait ça. Bon sang, j'avais 16 ans.
Et, ça. Bon sang, j'avais 16 ans ! Encore! Oui, mais c'est bientôt fini. Quand ? J'en sais rien moi ! Vous avez de ces questions à la con ! Ayant entendu mon Requiem à cet âge là, je pense qu'il me reste de belles années, plus l'éternité.
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