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dimanche 25 août 2019

Vera Miles. What a nice way to turn 90 !

Vera Miles vient de fêter ses 90 ans. Happy Birthday Vera and thank you ! Elle fut, au sommet de sa carrière, l'objet d'un concurrence sévère entre les deux plus grands cinéastas classiques (avec Lang), Ford et Hitchcock. Il l'eurent tour à tour. Elle joua dans "L'homme qui tua Liberty Valance" et "The searchers", dans "The wrong man" et l'épisode remarquable nommé "Revenge" tourné par le sadique anglais pour sa propre série, "Hitchcock présente". Lui voulait la lancer comme superstar dans "Sueurs froides", elle déclina l'offre pour cause de grossesse. Où serait Kim Novak dans le Panthéon hollywoodien si Vera Miles avait choisi de tourner "Vertigo" ? Nulle part, elle n'avait aucun talent. Quand elle voulait se rassurer un peu elle demandait : " Monsieur Hitchcock, hein que j'ai du talent ?" il lui répondait
"Mais oui, Mademoiselle Novak, vous êtes même assise dessus."....enfin, c'est ce qu'on dit.
Mais revenons à Vera Miles et à John Ford. Voici ce qui constitue à mes yeux une des plus belles ouvertures de films de l'histoire du cinéma, sinon la plus belle.

D'où vient à cette femme qui sort pour voir quelque chose la préscience que cette "chose" est son amour de jeunesse, dont elle a épousé le frère, surgi de nulle part après tant d'années ? Seul Ford peut sans ridicule évoquer cela et commencer un film par cette magie. La porte (la grande porte) s'ouvre, le récit s'ouvre, la femme s'avance un peu, la caméra la suit, nous entrons dans l'épopée. En voici la scène de fin.

Là, on voit Vera Miles courir vers Jeffrey Hunter, qu'elle attend depuis presque dix ans et tout se résoud quasiment sans un mot. Elle a du jarret, la petite.
Nul doute que pour John Ford, on naît seul, on vit seul, on meurt seul. Il y a un boulot à faire, on le fait et c'est marre. Le bonheur c'est la porte à coté. Ici, à la fin de "The searchers", un de ses coups de génie c'est d'avoir fourré tout ce qui devrait suivre le retour d'Ethan Hawke avec sa nièce avant cette scène-là dans une sorte de fausse fin, qui lui a permis d'évacuer tout le factuel et tout le blabla. Ne reste que le pathos pur, sec, raide. Une porte qui se ferme.
A chaque fois que je regarde cette scène, je pleure. Pourquoi ? Parce qu'elle est faite pour ça et que ça me chagrine toujours autant que Ford ait raison sur la solitude de l'Homme.

mardi 22 mai 2018

Voir des choses.

Sur le cinéma, que dire ? Que ce qui pourrait être un art majeur, décisif, éclairant, dans le grand panorama des arts, n'est plus qu'un paysage délétère et obscur qui mène infailliblement à la pornographie. Qu'on aurait du se méfier de cette essence pornographique du cinéma et n'en faire qu'avec beaucoup de précaution, se méfier de la pulsion voyeuriste qu'il satisfait. Qu'il a fallu un code aux Etats-Unis (le code Hays) et pas mal de bonne volonté dans d'autres pays (et même l'aide de certaines dictatures) pour que ça ne soit pas immédiatement les hommes et les femmes les pires qui fassent du cinéma. Que ce temps est arrivé, qu'il n'y a pas pire qu'un Dolan ou un Von Trier, pas pire qu'un Vim Diesel ou qu'un Jason Staham et qu'on ne voit plus à l'écran que de la violence ou du sexe, calculés pour nous faire jouir à l'heure exacte et voulue entre deux repas au Mac Do. Fini le cinéma, ratiboisé, à de très rares exceptions près, qui continue d'exprimer quelque chose avec le mouvement enregistré et projeté, ce que Robert Bresson refusait d"appeler "cinéma" et qu'il appelait "cinématographe", toujours. Que les marges elles-mêmes ont disparues, nettes propres, emportées avec la frénésie de tout voir qui se déchaine en particulier sur le net, et dans les séries, qui font encore "plus vrai", qui permettent "d'aller plus loin". Que le cinéma, comme l'opéra du XIX siècle et la tragédie du XVII, est mort de trop de puissance, dépassé par les monstres qu'il a lui-mêmes engendré : la télé et le net. Pleurer ? Peut-être, en regardant de vieilles images muettes. Comme dans "Le rayon vert" de Rohmer, l’héroïne pleure. "Le rayon vert"... quelqu'un se rappelle que c'est tiré d'un bouquin de Jules Verne ? Qui dit qu'on ne voit bien qu'avec le coeur. Le coeur... ce qu'il y a plus facile à berner et à saisir. Aujourd'hui rongé d'images putrides et de sons abrutissants;  qu'on calme comme on peut, avec des Xanaxs ou des joints et qui a besoin de nourritures saines alors qu'on le gave de mal-bouffe sentimentale et émotionnelle. Le coeur, ce qu'il faut tuer pour avoir le pouvoir. Et ça marche. Le coeur est mort, avec John Wayne, avec E.T., avec "Apocalypse now", "Heart of darkness" et les sucreries qui se vendent à l'entracte, tout droit sorties de la chambre froide. Pleurer ? Merde alors !
Ci-dessous. La fin des haricots. La mort, tout confort.

Et elle se plaint Asia Argento ? Non, mais de qui se moque-t-on ?


lundi 16 avril 2018

Milos Forman ? Il a fait un peu de cinéma avant de mourir, c'est déjà pas mal.

Il a raison Skorecki, les spectateurs de cinéma de nos jours sont nuls et comme de juste les films sont nuls. Prenez Milos Forman, qui vient de mourir, il a commencé très fort, avec des films qui venaient d'ailleurs, de loin, de l'autre coté du mur, des hommes et des femmes de là-bas, de nous par là-bas, rendus à nous même par le regard du même/autre gentiment, tragiquement tordu. C'était possible, pour lui, ailleurs, pour nous ici. Ses films de l'époque tchèque subjuguent toujours par leur fraîcheur, leur actualité, dés qu'il va tourner aux Etats-Unis ça va se gâter et virer à l'épate avec numéros d'acteur et biopics plus gros que l'écran. Son tour va passer. Sa magie s'éroder.  Encore un peu de bon dans "Valmont"; "Amadeus" tient sur les acteurs et la musique; il m'est venu l'envie de lire "Fly over a cuckoo's nest" de Kesey qui inspira "Vol au-dessus d'un nid de coucou" et par induction "Once a great notion" (qui inspira "Le clan des irréductibles" de Paul Newman), et voilà, c'est tout. C'est peu ? Regardez les images que je vais mettre ci-dessous, elles sont remarquables, radicalement autres, proches à la racine, mystérieuses, en un mot c'est du cinéma. Il faut certaines conditions pour faire du cinéma. Godard n'a fait qu'un seul film parce que les conditions, toutes les conditions n'ont été réunies pour lui que pour un film, son premier, "A bout de souffle". Ford, Guitry, Iosseliani, Rosselini ont eu plus de chance, leur fenêtre de tir a duré plus longtemps, ou est revenue plusieurs fois.
Où sommes-nous et avec qui ? Ce sont les questions que posent le cinéma, c'est à dire celles de l'Amour. Dans "Les amours d'une blonde" Milos Forman répondait à la question d'une manière incroyablement juste. Voici quelques images de nous ailleurs, là-bas, loin, tout proches, à bout touchant. Comme tout bon cinéma, c'est à la racine : ra-di-cal. Comme Murnau, Pabst, Flaherty et compagnie...



lundi 30 octobre 2017

Joe Henry is alive and well (et amoureux).

Lui, je le découvre et il me bouleverse. Il chante quelque chose que je crois : l'amour est suffisant. Je dédicace pompeusement ce morceau à Danielle Darrieux. Et la femme que j'aime.... ??? Elle n'est pas loin.

Danielle Darrieux était Rock.

La liste des morts tristes de personnes importantes pour moi est trop longue pour que je la dresse de manière exhaustive. Prenons le temps de rendre hommage à Danielle Darrieux, une des plus belles actrices de l'histoire du cinéma. Cette femme, c'est un miracle. Elle m'a toujours donné envie de la ravager du bout des pieds à la pointe des cheveux. Comment voulez-vous, avec de pareils animaux sauvages en liberté, ne pas se retrouver dans la peau de ce pauvre Harry Weinstein, victime de l'emprise de fer que les femmes ont sur nos désirs, sur nos érections, minables petites érections si nécessaires ? Voyez dans la première vidéo ci-dessous comme elle dégage un naturel d'impératrice inflexible des émois masculins. Dés qu'on la voit apparaître il ne s'agit plus que d'une chose, deux, pardon, l'embrasser et la baiser. Dans la joie, la fougue, la brutalité et la bonne humeur. Nous, les hommes, ne sommes rien, le cul de Darrieux est tout.

Et quand il s'agit d'amour vient notre misérable revanche. Elles sont réellement nôtres, on les tient à notre tour, celles qui nous martyrisent, nous violentent. Et c'est un miracle qui nous transporte loin, elles et nous, dans un état unique qui est tellement puissant qu'on ne sait plus vraiment qui est qui et qui fait quoi. Mais, il faut se rappeler l'ordre des choses : c'est nous qui bandons et ce sont elles qui nous font bander. Elles ont la première place, la prééminence, le pouvoir. Toujours. Le cinéma, fait par des hommes, ne tient que là-dessus. Iggy Pop appelle ça le "Pussy power".
Un extrait de "Madame de" du très (trop ?) brillant Ophüls ou la naissance d'un amour, d'une prison qui libère. Darrieux est adorable et torride, invincible prête à rompre, irrésistible à tomber à genoux. Une femme. Nous ne sommes que des pantins, d'accord avec Pierre Louÿs

Je pense aussi au gros Antoine "Fats" Domino qui est mort lui aussi. C'était le plus chaloupant des rockers, bonne pâte, gentil, swing. Ces trucs sont inimitables, ses gimmicks imparables. Ca balançait sévère à la Nouvelle Orléans, bastion imprenable du cœur au noir de l'Amérique. Et, comme de juste, il chante la honte d'être l'esclave d'une femme intraitable.

lundi 9 octobre 2017

Jeune et moribond à la fois. A jamais.

On dirait que je suis parti en vacances et que j'ai survécu. La Grèce. On dirait que j'ai vu "The Last Waltz" de Scorsese sur le Band, avec Bob Dylan, que c'est bien et pas bien à la fois. On dirait que je suis content que Dylan soit encore en vie. On dirait que je sens le vent de l'idiotie me frôler l'occiput, comme Charles Baudelaire. On dirait que Tom Petty est mort. Et Jean Rochefort. On dirait que c'est douloureux. On dirait que les frères Maël viennent de sortir un album somptueux. On dirait que c'est encore plus douloureux. Qu'ils n'ont pas la tête à rire. Enfin, plus. On dirait que je me souviens les avoir vus tout gosse dans le film "Rollercoaster", un navet des seventies qui enterre n'importe quel film américain actuel. On dirait que j'en ai marre et que je sens que je lasse les gens autour de moi. Encore une fois. On dirait que je ne vois pas d'autre chose à faire que de continuer ce blog étrange... On dirait "Stop". On dirait "Encore". En même temps, ou presque. On dirait que je m'apprête à partir. Ou à repartir... On dirait que je ne sais pas si c'est le début ou la fin. On dirait que je suis paumé. Et puis on se tairait parce que ça vaut peut-être pas le coup d'insister.



vendredi 4 août 2017

Babx goes to an end.

J'ai découvert il y a peu ce compositeur interprète grâce à ma bibliothécaire préférée, la délicieuse Lucie. Il n'est pas auteur car il met en musique des poèmes plutôt très connus et plutôt très beaux; du Rimbaud, du Genet, du Baudelaire, et là, du Gaston Miron, poète québécois de la seconde moitié du vingtième siècle qui a livré en son temps cette sublime "Marche à l'amour" qui est à la fois un grand poème lyrique et un adieu au Lyrisme. Le mec (ou son groupe) s'appelle Babx et je met le texte en-dessous même s'il le dit parfaitement bien (il en manque un bout). Pendant ce temps-là Phoenix triomphe dans les festivals d'été avec un dernier album pourtant moyen. Bof, c'est bien Phoenix aussi dans son genre.

Tu as les yeux pers des champs de rosée
Tu as des yeux d'aventure et d'années-lumière
La douceur du fond des brises au mois de mai
Dans les accompagnements de ma vie en friche
Avec cette chamleur d'oiseau à ton corps craintif
Moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches
Moi je fonce à vive allure et entêté d'avenir
La tête en bas comme un bison dans son destin
La blancheur des nénuphars s'élève jusqu'à ton cou
Pour la conjuration de mes manitous maléfiques
Moi qui ai des yeux où ciel et mer s'influencent
Pour la réverbération de ta mort lointaine
Avec cette tache errante de chevreuil que tu as
Tu viendras toute ensoleillée d'existence
La bouche envahie par la fraicheur des herbes
Le corps muri par des jardins oubliés
Où tes seins sont devenus des envoûtements
Tu te lèves, tu es l'aube dans mes bras
Où tu changes comme les saisons
Je te prendrai marcheur d'un pays d'haleine
A bouts de misère et à bout de démesures
Je veux te faire aimer la vie notre vie
t'aimer fou de racines à feuilles et grave
De jour en jour à travers nuits et gués
De moellons nos vertus silencieuses
Je finirai bien par te rencontrer quelque part
Bon dieu!
Et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
Par le mince regard qui me reste au fond du froid
J'affirme ô mon amour que tu existes
Je corrige notre vie
Nous n'irons plus mourir de langueur
A des milles de distance dans nos rêves bourrasques
Des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
Les épaules baignées de vols de mouette
Non
J'irai te chercher nous vivrons sur la terre
La détresse n'est pas incurable qui fait de moi
Une épave de dérision, un ballon d'indécence
Un pitre aux larmes d'étincelles et de lésions profondes
Frappe l'air et le feu de mes soifs
Coule-moi dans tes mains de ciel de soie
La tête la première pour ne plus revenir
Si ce n'est pour remonter debout à ton flanc
Nouveau venu de l'amour du monde
Constelle-moi de ton corps de voie lactée
Même si j'ai fait de ma vie dans un plongeon
Une sorte de marais, une espèce de rage noire
Si je fus cabotin, concasseur de désespoir
J'ai quand même idée farouche
De t'aimer pour ta pureté
De t'aimer pour une tendresse que je n'ai pas connue
Dans les giboulées d'étoiles de mon ciel L'éclair s'épanouit dans ma chair
Je passe les poings durs au vent
J'ai un coeur de mille-chevaux vapeur
J'ai un coeur comme la flamme d'une chandelle
Toi tu as la tête d'abîme douce n'est-ce pas
La nuit de saule dans tes cheveux
Un visage enneigé de hasards et de fruits
Un regard entretenu de sources cachées
Et mille chants d'insectes dans tes veines
Et mille pluies de pétales dans tes caresses
Tu es mon amour
Ma clameur mon bramement
Tu es mon amour ma ceinture fléchée d'univers
Ma danse carrée des quatre coins d'horizon
Le roet des échevaux de mon espoir
Tu es ma réconciliation batailleuse
Mon murmure de jours àmes cils d'abeille
Mon eau bleue de fenêtre
Dans les hauts vols de building
Mon amour
Des fontaines de haies de ronds-points de fleurs
Tu es ma chance et mon encerclement
A cause de toi
Mon courage est un sapin toujours vert
Et j'ai du chiendent d'achigan plein l'âme
Tu es belle de tout l'avenir épargné
D'une frêle beauté soleilleuse contre l'ombre
Ouvre-moi tes bras que j'entre au port
Et mon corps d'amoureux viendra rouler
Sur les talus du mont Royal
Original quand tu brames original
Coule-moi dans ta plainte osseuse
Fais-moi passer tout cabré tout empanaché
Dans ton appel et ta détermination
Montréal est grand comme un désordre universel
Tu es assise quelque part avec l'ombre et ton coeur
Ton regard vient luire sur le sommeil des colombes
Fille dont le visage est ma route aux réverbère
Quand je plonge dans les nuits de source
Si jamais je te rencontre fille
Après les femmes de la soif glacée
Je pleurerai te consolerai
De tes jours sans pluies et sans quenouilles
Des circonstances de l'amour dénoué
J'allumerai chez toi les phares de la douceur
Nous nous reposerons dans la lumière
De toutes les mers en fleurs de manne
Puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
Tu seras heureuse fille heureuse
D'être la femme que tu es dans mes bras
Le monde entier sera changé en toi et moi
La marche à l'amour s'ébruite en un voilier
De pas voletant par les lacs de portage
Mes absolus poings
Ah violence de délices et d'aval
J'aime
Que j'aime
Que tu t'avances
Ma ravie
Frileuse aux pieds nus sur les frimas de l'aube
Par ce temps profus d'épilobes en beauté
Sur ces grèves où l'été
Pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers
Harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes
Ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs
Lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée
Et qu'en tangage de moisson ourlée de brises
Je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale
Je roule en toi
Tous les saguenays d'eau noire de ma vie
Je fais naître en toi
Les frénésies de frayères au fond du coeur d'outaouais
Puis le cri de l'engoulevent vient s'abattre dans ta gorge
Terre meuble de l'amour ton corps
Se soulève en tiges pêle-mêle
Je suis au centre du monde tel qu'il gronde en moi
Avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
Je vais jusqu'au bout des comètes de mon sang
Haletant
Harcelé de néant
Et dynamité
De petites apocalypses
Les deux mains dans les furies dans les féeries
Ô mains
ô poings
Comme des cogneurs de folles tendresses
 
Mais que tu m'aimes et si tu m'aimes
S'exhalera le froid natal de mes poumons
Le sang tournera Ô grand cirque
Je sais que tout mon amour
Sera retourné comme un jardin détruit
Qu'importe je serai toujours si je suis seul
Cet homme de lisière à bramer ton nom
Eperdument malheureux parmi les pluies de trèfles
Mon amour ô ma plainte
De merle-chat dans la nuit buissonneuse
Ô fou feu froid de la neige
Beau sexe léger ô ma neige
Mon amour d'éclairs lapidée
Morte
Dans le froid des plus lointaines flammes
Puis les années m'emportent sens dessus- dessous
Je m'en vais en délabre au bout de mon rouleau
Des voix murmurent les récits de ton domaine
A part moi je me parle
Que vais-je devenir dans ma force fracassée
Ma force noire du bout de mes montagnes
Pour te voir à jamais je déporte mon regard
Je me tiens aux écoutes des sirènes
Dans la longue nuit effilée du clocher de Saint-Jacques
Et parmi ces bouts de temps qui halètent
Me voici de nouveau campé dans ta légende
Tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges
Les chevaux de bois de tes rires
Tes yeux de paille et d'or
Seront toujours au fond de mon coeur
Et lis traverseront les siècles
Je marche à toi, je titube à toi, je meurs e toi
Lentement je m'affale de tout mon long dans l'âme
Je marche à toi, je titube à toi, je bois
A la gourde vide du sans de la vie
A ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
A ces taloches de vent sans queue et sans tête
Je n'ai plus de visage pour l'amour
Je n'ai plus de visage pour rien de rien
Parfois je m'assois par pitié de moi
J'ouvre mes bras à la croix des sommeils
Mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
Avec mes doigts à la ficelle des souvenirs perdus
Je n'attends pas à demain je t'attends
Je n'attends pas la fin du monde je t'attends
Dégagé de la fausse auréole de ma vie.

mercredi 2 août 2017

Jeanne, Jeanne, réveille-toi, il est l'heure. Jeanne, Jeanne, endors-toi, il est temps..

J'écoute Gainsbourg toute la journée, je glandouille, je marine tranquillement et le soir arrivé, j'apprends le décès de Jeanne Moreau. Bing ! Les liens entre Gainsbourg et Moreau sont légions, il lui avait même promis un album mais, finalement, il ne l'a jamais faite chanter. Je ne mettrais pas un truc de l'un pour l'autre mais je dirais l'importance qu'ils ont eu dans ma vie. Gainsbourg a défini en partie mon esthétique et m'a procuré des émotions musicales et littéraires sans pareil mais c'est encore plus "grave" pour Moreau. Elle fait partie des quelques actrices françaises qui ont construit mon image mentale, fantasmatique, réelle, de la femme. C'est immense. Jeanne Moreau, elle est dans ma tête à jamais, comme B.B., Romy Schneider, Jane Birkin, Isabelle Huppert, Miou- Miou, Danielle Darrieux, plus quelques actrices américaines et italiennes. C'est tordu, Jeanne Moreau a eu sa part dans mes plaisirs, dans mes amours. Ca paraît un peu dingue mais je suis un enfant de la télé au moins autant que de mes parents. Il y a un film que j'adore c'est "Viva Maria", entre Barbot en tendron érotomane, Moreau passionaria, sur une partition enlevée de Jean Claude Carrière dirigée avec vivacité par un Louis Malle en forme, c'est du cinéma bohème de 1920 dans les années soixante-dix et finalement Moreau, pour moi, elle vient de là, de Paul Morand, de Fargue et Brassaï, du Montparno libre des années vingt et trente mais pour le grand public. Ca a mis trente ans à arriver et elle l'a incarnée comme personne cette liberté...Et puis, je ne peux pas rêver d'une meilleure interprète pour le chef-d'oeuvre de Mirbeau "Journal d'une femme de chambre", mis en scène par ce diable de Bunuel. Alors je vais juste mettre une photo et c'est tout, une image, une magie, pas "la" photo, une parmi tant d'autres. Pour Jeanne Moreau, une photo d'elle en blonde platine avec Claude Mann sous la caméra caressante de Jacques Demy dans "Baie des Anges". Le jeu, la liberté, l'amour, la mort.


mercredi 10 mai 2017

Rock à la con (Made in France).

En France le Rock n'a jamais été pris au sérieux. C'est un pays de chanson et de Jazz, pas de Rock. C'est le pays de Pétain et de de Gaulle, de l'assassinat de mai 68 par les Maos et les Réacs. Le Rock est resté un délire, il n'est jamais devenu un vrai trip, avec tenants et aboutissants, implication funky et poétiques, à la vie à la mort. Il y eut beaucoup de variété plus ou moins bien faite, peu de Boogie Woogie et Mike Brandt ce n'est pas Buddy Holly. Qu'importe, ça donne des trucs marrants, plaisants et à moitié idiots, mais bon, c'est déjà ça. Dernière connerie en date (c'est la même depuis 1966 en fait) Moodoïd. Allons-y pour un titre de ces jeunes godelureaux qui, au demeurant, doivent être fort peu sympathiques, tellement ils sonnent comme des vieux requins de studio rompus à toutes les facéties et blagues sonores possibles.
Moodoïd : "les chemins de traverse".

Moins bon que Serge Lama ? Possible...Aussi vieux ? Sûr ! Et ça, c'est-y pas con et frenchy pur jus. Ah les partouzes à la Papa....
Repris l'année dernière par Shéhérazade. On s'émancipe porte de Saint-Ouen...

dimanche 18 septembre 2016

Comme un homme.

Bonnie Raitt ? Comment dire ? Elle a pas peur du machin. Elle joue de la guitare comme un mec. Parce qu'elle a étudié le manche. Alors, elle sait quoi en faire, contrairement à pas mal d'autres bonnes femmes. Et c'est pas un nègre plus ou moins propre avec une grosse queue qui va lui foutre les jetons. Pour peu qu'elle ait envie, si tu as envie, tu vas avoir du répondant. Plus ça sent fort, plus ça glisse, mieux ça rentre. Seule équivalente encore en état de marche : Stevie Nicks (plus crade).


Même la pétasse d'Elvis Costello l'a repris ce truc-là (en le rendant mièvre, evidemment). C'est dire si ça leur parle, au fond du fond, aux gonzesses, être prises sans pitié.

Missing you, Mister David Bowie.

J'écoute Jean-Hugues Anglade sur RTL dire qu'il a du mal à faire son deuil de Prince. Je veux bien le croire et je pensais que ça allait être la même chose pour moi, mais non c'est Bowie qui me manque énormément et dont j'ai du mal à penser qu'il n'est plus là, avec moi, lointain mais à mes cotés. Cela tient certainement au fait que Bowie n'a jamais cessé d'être une force créatrice pertinente, contrairement à Prince qui avait tendance à s'enliser dans la surenchère et la redite (sur scène c'est autre chose, il a eu la ouache jusqu'au bout). Bowie m'a bousculé tout le temps, émerveillé sans cesse. Je vais mettre un titre de Bowie, non, deux; un qui date d'avant son premier disque chez Deram, il devait avoir 16 ans et c'est parfait, je dis bien parfait; un autre qui est sur son dernier album, flippant et aux petits oignons, et qui est parfait aussi. Bowie est un très grand artiste contemporain, tout terrain d'ailleurs.
Alors, quand Jagger et Richard vont mourir, putain, ce que je vais être mal, merde.
David Bowie : "I can't help thinking about ME".

David Bowie : "Lazarus.
The Rolling Stones en 1989. C'est à ne pas croire tellement c'est bon.
"Almost hear you sigh".

mercredi 13 juillet 2016

L'été sera Punk ou....autre chose....

Donc, d'après mon expérience et mes lectures, par odre d'importance décroissante, en accord avec mes amis les Punks :
La Liberté

L'Amour

Le Sexe

mardi 12 juillet 2016

Fièvre d'été des Buzzcocks.

Les Punks. Il n'y a qu'un seul véritable groupe punk : les Sex Pistols, et encore, ils n'étaient pas si nihilistes que ça, juste un peu dépités. Les autres groupes de l'époque sont devenus des combos de virtuoses de haute volée aux ambitions artistiques qui égalaient celles de leurs petits camarades des sixties et seventies, et aussi des jazzeux. Les Buzzcocks, par exemple, sont un groupe dément. Pétrifiants d'intelligence, d'une pertinence sociale et psychologique acérée, ils étaient (et sont) capables de faire des albums d'une richesse contradictoire remarquable, évoquants tout et son contraire sans perdre le fil de l'Art qui charge à vif les émotions les plus rudes et les exprime au plus juste.
A les écouter, à écouter les Clash et les Jam, les Cure et Elvis Costello, après cinquante années de bouteille passées à le faire, il ressort que le plus important  dans la Vie, à part la Mort, c'est la Liberté. Puis viennent l'Amour et le Sexe.
C'est l'été, c'est la saison des "Bites qui Bourdonnent." Maintenant, excusez-moi, je vais écouter "Madame Butterfly" à la radio. C'est aussi beau que du Buzzcocks.



vendredi 3 juin 2016

Excuse-moi, partenaire.

L'autre nuit, Benjamin Biolay, impeccable programmateur d'un soir des Nocturnes de Georges Lang, déclarait tout à trac être un fan de Willie Nelson. Putain, c'est bien vu, ça, parce qu'il est vraiment bon Willie Nelson ! Il est sympa Biolay quand il veut, et il a bon goût mais je ne suis pas près d'écouter ses albums. M'enfin il a l'admiration qui se tient, c'est déjà ça. Je vais mettre un morceau récent dans la discographie pléthorique de Willie Nelson,une reprise en duo avec Sheryl Crow du standard de Jazz "Embraceable you", tiré de l'album "Willie Nelson sings Gershwin". Parfait. Il s'amuse Willie, il n'a vraiment plus rien à prouver à personne, juste du plaisir à prendre et à distribuer.
(Eh, vous savez quoi ? Sheryl Crow, elle chante bien. Et elle est bonne.)
Voilà, Willie, plus de 80 ans, et Sheryl, bonne.

samedi 27 février 2016

Pas complètement fini. Sixième round.

Le Rock a tout à voir avec la jeunesse, l'immaturité, la frustration et la frénésie sexuelles. Un bon Rock, c'est un rush massif de serotonine à la tête, une jouissance, un orgasme avec cri, à peine articulé. C'est une libération primaire, violente, d'un amour ou d'une colère latente, inexprimée, inconsciente. C'est une musique pour les hormones, pas pour l'intellect. Bien sûr, après ce cri, qui relache un peu la pression, il y a bien sûr des arrangements qui arrivent, des préparations, des ziguouiguouis, des trucs par-ci, d'autres par-là, bref des jérémiades et c'est les Beatles et les Beach Boys, Dylan et X T C, autant dire Mozart. MAIS à la base, il y a peu de place pour le travail de la pensée dans le Rock, c'est tout dans le bas du corps, les guiboles, le déhanché, le coup de rein, le cul; tout cela semblant directement relié à l'ouie et au nerf optique et c'est tout. Le Rock c'est un truc de crocodile en rut. Deux preuves :
The Trashmen : "Surfin' bird"

The Crystals : Da Doo Ron Ron

jeudi 28 janvier 2016

L'amour dératé

Je suis du genre malheureux en amour. C'est pas la faute à pas de chance, c'est une vocation, une malédiction. Je tombe systématiquement amoureux des mauvaises personnes, qui me font souffrir et pleurer. C'est comme ça, j'ai beau commencer à avoir une bouteille conséquente, je tombe dans le panneau à chaque fois : hystériques, violentes, brutales, malignes, intelligentes, magnifiques, sexys, bing ! coups de tonnerre, éclairs sur la lande, c'est pour ma pomme ! Ca ne dure pas très longtemps en général, juste le temps de bien se faire mal et rendez-vous au Paradis jusqu'à la prochaine fois. Il n'aurait pas fallu que je tombe sur Lio, ça aurait été le carnage assuré. Elle m'électrise Lio. Dans le clip de cette très belle chanson on la voit bien. Les yeux, les ailes du nez, les dents, son petit cul. C'est le damné de l'amour Alain Chamfort qui l'a eue. Encore un fameux loser, lui. Y'a des gens comme ça, c'est joué d'avance : rien que des emmerdes, c'est tout ce qu'ils auront. Pleure pas Lio, je vais le faire.
Lio : "L'autre joue". Le pont de la chanson est superbe.

mardi 12 janvier 2016

David Bowie after hours.

Une nuit, je sortais du bar à l'heure de la fermeture avec mes potes et des nanas. Ca n'allait pas, j'étais de mauvais poil, éméché, je me sentais assez dégoûtant et dépenaillé, je sais pas pourquoi. L'alcool pas très bon ? Les filles pas baisantes (baisables) ? Mes copains plus cons que moi ou l'inverse ? Tout ça aurait pu mal se terminer mais David B. m'a sauvé la mise. J'avais un walk-man à l'époque, que je portais à la ceinture. Je l'ai mis en marche et c'est "Modern love" de David Bowie qui a démarré. Alors je me suis mis à courir le plus vite que je pouvais à travers les rues désertes du Mans. J'ai couru comme un dératé, comme un mort de faim, transcendé par la musique de forcenè qui m'arrivait aux oreilles. J'étais propulsé en avant. Le morceau est long, à la fin j'arrivais pas loin du bout de mes capacités cardiaques et respiratoires. On s'est arrêtés, la musique et moi;  j'étais haletant, dégrisé, heureux et j'ai vomi. Puis, lentement, j'ai repris mon souffle, mes esprits, je me suis ensuite réajusté et, tout sourire, je suis parti retrouver mes amis en écoutant la fin de l'album de Bowie et en chantonnant avec lui. C'était une belle nuit, tout compte fait. Plus tard j'ai vu la scène dans un film de Léos Carax. Pourquoi non ? "She said : SSSSHHHH...."
Rock n Roll, David Bowie : "Modern love".

Plus cool, une composition de Duncan Brown : "Criminal world"

samedi 2 janvier 2016

Autoroute pour nulle part.

C'est 2016. il fait un temps anormalement doux. Le soleil brille. Je me sens petit, tout petit. Recroquevillé sur deux ou trois choses dont je ne suis même plus tout à fait sûr. J'aimerais qu'il gèle, me plaindre du froid. La nature va-t-elle "passer une nuit blanche", comme le dit un de mes amis ? Je veux revoir un printemps, c'est tout ce que je demande. Un de plus et basta. Mais pas dans une semaine. Dans trois mois. Est-ce moi qui déconne ou le reste, tout le reste ? Je suis faible, embryonnaire, rapetissé. Personne ne me protège et je n'arrive pas à me contenter de cet état de fait. Quelle faiblesse ! J'ai trop fréquenté les moralistes, les idéologues, les artistes. D'eux il ne me reste plus rien. Du flou, du vague à l'âme. Ce n'est pas assez. Mais les plaintes, tout le monde s'en fout. Cessez de me lire. Allez cherchez l'amour ailleurs. Un printemps. C'est tout ce que je veux,, des bourgeons, ça sera suffisant.

jeudi 17 décembre 2015

Lettres classiques.

Les lettres. J'en parlais dans mon dernier billet. J'en ai relues quelques unes qui ont plus de 30 ans. De vieux papiers..., oui mais... On s'y adresse à moi en ces termes :"Mon petit boy scout" ou "Galou" ou "Vieux brigand".  Quand l'intention de dire fermement une chose est là, de faire passer un message, un sentiment, une impression; quand ce n'est pas juste de la politesse ou du verbiage du à l'ennui; quelque chose passe de la personne qui écrivit la lettre et de l'amitié qu'elle me portait, et c'est incroyablement touchant. Je pourrais presque sentir une présence, une forme, un parfum, surtout quand il y a un effort de style qui revient. Je sens une existence qui fut liée à la mienne et qui, grâce aux lettres et à ma mémoire, l'est encore, même si elle est loin de moi, physiquement ou par la pensée.
La lettre d'un ami décédé, comme une voix venue d'outre-tombe, m'a laissé sur le flanc. Je ne l'avais jamais relue. Et ceux que j'ai perdu de vue mais dont je sais qu'ils sont en vie, comme je les sens proches à travers leurs anciennes missives. Combien d'amour il y avait-il là qui a disparu ? laissant une ombre joyeuse sur un papier de hasard, choisi, envoyé, reçu. Et reçu encore toutes ces années plus tard.
Mais toutes ces jolies choses si douces où je me fais parfois cajoler avec une tendresse sans égale et d'autres fois redresser les bretelles par des remontrances justifiées et vives, je les brûlerais sans un seul état d'âme pour quelques mots mal orthographiés qui ne disent rien ou presque de lettres écrites d'une écriture vacillante par la personne capitale dont je perçois le déclin et la souffrance à travers les années de son courrier; oui, je les déchirerais toutes pour les quelques lettres qui me restent de celle qui compta et compte le plus pour moi, bien qu'elle fut néfaste, tragique, folle à lier, pire encore : ma mère.
Mais je dois me taire.
Salut Todd.

Salut Alex.

samedi 28 novembre 2015

Deux bavettes bien tendres pour la 9 !

C'est vrai, je m'inquiète pour toi. Je me soucie. Je me tords un peu les mains. Tu vas te demander si c'est bien de toi dont je parle et pas d'une autre ou d'un autre...Bah, à toi de te faire un peu de mauvais sang. En général, tu ne te préoccupes pas tant que ça de moi... C'est moi l'intranquille. Je t'embrasse tendrement.
Les Stones ont de ces petites pépites peu connues, quelques unes encore, sans compter les inédits.
The Rolling Stones : "Worried about you".