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lundi 19 décembre 2016

Leon Russell fait son Medecine Show et ça fait du bien.

Nous vivons entourés de légendes, de mythes vivants puis morts, puis immortels. Chaque jour de nouvelles étoiles apparaissent dans d'inexistantes constellations, d'anciennes fichent le camp et s'éteignent sans disparaitre. Sont-ce des hommes, des Dieux, des demi-Dieux ? Un peu de tout ça, ce sont eux qui tissent l'écharpe qui nous enveloppe l'hiver et ce sont eux qui nous font danser nus sous la Lune l'été. Gotlib est mort. Ce n'est pas triste, ça ne peut pas l'être. Vous comprenez ? Gotlib mort, quelle dérision ! Enfin, je me retiens. Je me souviens. La mémoire, c'est tout.
Retour vif-argent sur Leon Russell, décédé lui aussi il y a peu, pour dire qu'il avait mauvais caractère, comme beaucoup de ces géants sur les épaules desquels nous sommes juchés, mais que c'était vraiment un compositeur et un interprète remarquable.
Voici une preuve. Une émission de la télé américaine des années 70 où, avec sa petite bande de clowns, de freaks gentillets, de petites têtes sympathiques (nous ?), il enchante les ondes et les récepteurs avec sa beauté et sa rudesse tendre. C'est bon, ça se laisse regarder sans fin, il y a une très bonne version de "Honky tonk woman"et ses propres chansons, superbes, "A song for you", "Delta lady" et autres...
Ecoutez le speech du présentateur vintage seventies, il est tordant. Encore avant c'est Leon Russell lui-même, avec son haut-de-forme.


mardi 5 janvier 2016

Michel Galabru à terre pour le compte

C'est comme si je perdais un proche. Gros chagrin. Le coeur est alourdi et bat plus vite et plus mal. Quelqu'un que j'aime, qui m'a fait rire, pleurer, qui disait la vérité avec sa fantaisie mélancolique, comme la disent les grands acteurs de comédie. Des bouts de trucs de lui et un requiem.



Spector : " All the sad young men"(qui finissent déguisés en clown.)

And no, nothing ever really started with a kiss
Another night, another town, another licensed premises
I'm getting bored of all the songs I write and the people I become
Just to stay up late with someone
I don't wanna make love, I don't wanna make plans
I don't want anyone to want to hold my hand
I don't wanna make love, I don't wanna make plans
It begins in the places that we leave behind
Every year that goes by there's a little less future on our minds
These girls like to pretend they can't feel anything anymore
Boys break like promises, but only behind closed doors
I don't wanna make love, I don't wanna make plans
I don't want anyone to want to hold my hand
I don't wanna make love, I don't wanna make plans
(All the sad young men)
We're all beautful now like they were beautiful then
(All the sad young men)
All the miserable girls, all the sad young men
Do you like my clothes, my hair, my conversation
Did you hear me when I said you were the inspiration
It's all meaningless now, as it was meaningless then
All the miserable girls, all the sad young men
I don't wanna make love, I don't wanna make plans
I don't want anyone to want to hold my hand
I don't wanna make love, I don't wanna make plans
(All the sad young men)
We're all beautful now like they were beautiful then
(All the sad young men)
All the miserable girls, all the sad young men
All the sad young men, all the sad young men
All the sad young men, all the sad young men
All the miserable girls, all the sad young men

dimanche 6 septembre 2015

Ris donc, Caliban !

Je suis en train de lire un truc que j'aurais du lire depuis longtemps : "Rigodon" de Louis-Ferdinand Céline. Le problème avec Céline, c'est qu'il a beau être infréquentable du fait de son action collabo avec les Allemands en 39-45, au vingtième siècle et même là, après la guerre, juste avant de calancher, c'est un des tous meilleurs, un styliste hors-pair. En fait, il n'est mauvais que pendant la guerre, là où il a vraiment eu les coudées franches pour dire tout ce qu'il voulait. Là, il a éructé, il a craché sa bile dans tous les sens, sur tous le monde et ça ne tenait plus la route, ça débordait, ça bavait, ce n'était plus bon. Donc, exit "L'école des cadavres", "Les beaux draps" et dans une moindre mesure " Bagatelle pour un massacre" (je dis dans une moindre mesure parce que dans ce livre-là il n'est pas encore complètement "déchainé" et que, donc, c'est parfois bon).
Mais avant la guerre et après, il est tenu, retenu par une sorte de "réserve" que lui impose la société française comme elle va et là, il mesure, oh que oui, et c'est au cordeau;  du ciselè pur-jus, de l'Art grande cuvée, toujours sur la très pure corde du contre-ut casse-gueule mais tenu.
Alors donc, dans "Rigodon", il raconte la fin de son périple en Allemagne pendant la défaite des Nazis qui le conduira au Danemark où il se terrera avant que Jean Paulhan ne puisse le faire revenir en France sans qu'il soit fusillé, et franchement, c'est tordant, en plus d'être bien écrit comme jamais. A un moment il raconte un peu son présent à Meudon et il explique que Roger Nimier vient le voir pour trouver avec lui un truc de gauche qu'il a bien du faire dans sa vie, même sans s'en rendre compte, parce que Céline, il est bon, mais il est pas défendable. Céline cherche, cherche, c'est dur mais il trouve : c'est Elsa Triolet, impeccable communiste et compagne du "povoite" (Aragon), qui a traduit le "Voyage au bout de la nuit" en russe d'U.R.S.S. Bon, ça tombera à l'eau aussi, ce truc-là. Mais la façon dont il raconte son espèce d'épopée branquignolle de train en train dans une Allemagne en ruines, accompagné de son chat Bébert, de sa femme, de l'acteur Le Vigan et d'une bande de gogols locaux croustillants est tout simplement hilarante. Et je le répète, tout est écrit au cordeau. Il y a une phrase là-dedans qui m'a marqué, preuve qu'il est encore bien leste intellectuellement : "La première fois est tragique, la seconde fois est grotesque". Ca se tient plutôt bien comme citation "définitive", comme aurait dit Sacha Guitry.
Je mets cette vidéo pour illustrer mon article. Céline y est interviewé par Pierre Dumayet en 1957, avant "Rigodon", pour ce qui constitue un autre livre de souvenirs (lui, il dit qu'il est "chroniqueur", pas acteur) : "D'un chateau l'autre". Céline s'y montre tour à tour hilarant (quand il se compare à une "fine chienne de traineau") émouvant (quand il parle de son enfance au Passage Choisel à Paris) et très très roué et malin (quand il parle de "l'affaire Pétain"). La fin, les tous derniers mots, sont incroyables

jeudi 7 mai 2015

Alabama Shakes. Deuxième.

- Bonjour Monsieur ! C'est pour la deuxième couche !
- La deuxième couche de quoi, manant ?
- Pardon Monsieur, excusez-moi, je fais mon travail, hein ! La deuxième couche de Rock n' Roll !
- Sortez immédiatement, faquin, je n'écoute plus que de l'Electro d'avant garde depuis belle lurette !
- Justement M'sieur, faut qu'on rafraîchisse tout ça. Pardon. Je vais opérer quelques modifications. Vous inquiétez pas, c'est gratuit. Il y a quelque temps encore, vous fonctionniez normalement, la tête bien aérée et tout. Là, vous sentez le rance...Je vais vous embarquer les deux platines Technics là, pour commencer...
- Mais sûrement pas, trou du cul, laissez mes chouchoutes où elles sont ! Et puis le rance...Merci, mais je me parfume aux effluves les plus "in" des clubs à la pointe de toute la planète, alors, pour le rance, vous repasserez !
- Eh ben non, justement. Tout ça sent l'égout mondial à plein nez. Vous ne savez même plus de quel pays vient la merde dans laquelle vous pataugez mon pauvre Monsieur. Je vous installe une petite Dual des familles et un bon Akai vintage, avec de bonnes basses, et surtout, de bons aiguës. Vous allez revivre !
- Et ma table de mixage pour faire mes petits enchaînements ?
- Confisquer, petit canaillou ! Allez ouste !
- Ouin ! Ma Techno, mes Breakbeat, mon scratch ! C'est injuste ! Qui vous envoie, d'abord?
- Top secret ! Mais sachez que vous êtes un petit veinard !
- Ah bon ? Une sorte d'"Elu", quoi ?
- Faut pas pousser !
- Et je vais écouter quoi ? J'ai perdu l'habitude, moi...
- J'ai là une petite dizaine de vinyls pur jus de 180 grammes chacun, 100 % Rock n' Roll qui vont vous redresser les oreilles.... et peut-être autre chose.... Vous pouvez tout faire avec, même les manger. C'est multi-fonctionnel !
- Les vinyls, moi j'aime ça.
- On sait, vous n'êtes pas le mauvais bougre au fond, juste un peu égaré. Tenez, essayez ça, c'est souverain. Alabama Shakes.
- Ah oui, c'est marrant ! Du Rock ? Pourquoi pas, au fond ? Des hits, du feeling, de la puissance...
- Oui, la puissance des rêves ...
- Vous me laissez mes enceintes JBL ?
- On est pas des tortionnaires, Monsieur. Allez je repasse dans une semaine avec d'autres potions magiques
- Vous partez déjà, vous ne voulez pas un thé vert à la menthe bio ?
- Non merci, jamais pendant le service. Et je ne vous demande pas si vous avez du cognac Rémy Martin, je connais la réponse....
- J'en achèterai !
- Faites ça aussi, et allez chez le coiffeur, vous avez passé l'âge des fantaisies capillaires de djeunes.
- Et le skate ?
- Je ne suis pas votre conscience mon petit père. Allez, bonne bourre !


mardi 10 mars 2015

Hommage à Corinne Le Poulain.

Corinne Le Poulain nous a quittés brusquement. Des émois anciens me reviennent en mémoire. C'était de l'Amour, je crois, en tube cathodique mais de l'Amour véritable. Impossible de trouver un truc décent sur Youtube pour lui rendre hommage, c'est-à-dire un truc où elle soit nue (Vous avez remarqué ? Les femmes adorent être nues devant des caméras.). Voilà, tout de même un extrait de la désopilante pièce de Boulevard anglaise "Canard à l'orange". Jean Poiret est à mourir de rire et Corinne le poulain dégage un magnétisme sexuel virulent. Ouh la la !

vendredi 4 juillet 2014

Le Voyage à Nantes.

Cette année se déroule à Nantes une manifestation culturelle qui s'appelle le "Voyage à Nantes" et qui consiste, d'après ce que j'ai saisi, à inviter les amateurs d'Art à un périple à travers la ville afin qu'ils découvrent des œuvres d'artistes contemporains qui ont investi différents lieux choisis. Ça a l'air d'être une belle balade et les Nantais sont veinards, leur ville, dont le centre est grand et qui comprend de multiples pôles d'attraction et de vie, se prête volontiers à cet exercice déambulatoire.
Moi, j'habite Rennes, le centre est ramassé sur lui-même, ce qu'il y a de notable au niveau architectural tient dans un carré de quatre cent mètres de coté et englobe la Mairie, L'Opéra, La place du Parlement (quatre façades grand-siècle et rien au milieu) et la place Hoche (une dalle de béton). La ville est complètement minérale, la municipalité ne se préoccupe que du bâti, renouvelant une gare qui a à peine 15 ans, perforant une seconde ligne de métro, sans parler d'autres projets pharaoniques que l'on doit à la mégalomanie de nos maires successifs qui n'ont de cesse de vouloir acquérir le statut de "Métropole Européenne", ce qui fait bien sur la carte de visite et, accessoirement, fait tomber les subventions. Bref, à Nantes, ils ont quelques coups d'avance et une politique différente qui a vraiment modifier la ville ces 10 dernières années. Mais, à Rennes, on aura bientôt un immeuble signé Jean Nouvel qui va tout changer ! Sur la grande bâche publicitaire qui recouvre une partie du bâtiment presque terminé, on peut lire : "Plus que quelques semaines pour vivre l'exceptionnel"... Signalons au passage qu'il coûte une fortune, qu'il dépasse en longueur sa conception sur plan de plus 1,80 mètre mais que je pense qu'il aura de la gueule, contrairement au blockhaus culturel que Portzamparc nous à pondu pour la bibliothèque des Champs Libres, pour le moins granitique.... (Bretagne, Bretagne...)
Rennes a des avantages néanmoins, aller d'un bout du centre à un autre prend 10 minutes, l'offre culturelle y est riche (les acteurs culturels vieillissent néanmoins), le tissu associatif y est vif mais un "Voyage à Rennes" est proprement impensable dans la capitale bretonne, minuscule téton de pierre entouré d'une aréole de béton. C'est regrettable que tout passe par l’intellectualisation, le spectacle enclos, l'Art au dedans des musées, des salles et rien par l'Espace, le grand-air. C'est étouffant à la longue.
Nous irons donc à Nantes marcher dans une ville grande-ouverte où l'Art se pose un peu partout et investit des lieux divers et variés de manière apparemment pertinente. Voyons un peu cela.

jeudi 23 janvier 2014

Le dilemne Véronique Genest ou quand Julie Lescaut faisait (magnifiquement) la putain, au lieu de les arrêter.

Voilà 22 ans que "Julie Lescaut" passe sur TF1, 22 ans que je passe allègrement  au travers des coups de pétoires scénarisés à la va comme-j'te pousse pour deux francs six sous (mettons 2 euros, pour faire moderne). Je n'ai jamais vu un seul épisode. Même pas cinq minutes d'un, sur les cent un dans lesquelles a sévi cette abrutie de Véronique Genest. Je m'en tape de ces conneries. De toute façon, elles n'ont jamais été conçues pour moi mais pour les millions de veaux qui se les sont fadée régulièrement pendant plus de deux décades. Leurs esprits devaient être sérieusement endommagés au départ, il n'en reste désormais plus rien, ce sont des zombies lobotomisés qui errent dans les centres commerciaux pour satisfaire leurs compulsions d'achat. C'est comme ça qu'on les voulait, c'est comme ça qu'ils sont. MAIS, comme rien n'est jamais simple, j'ai un souvenir télévisuel de Véronique Genest qui est d'une toute autre qualité, d'une toute autre dimension, celle de l'excellence même. Je me souviens absolument et parfaitement de l'adaptation du "Nana" de Zola par Maurice Cazeneuve, où Genest faisait un étalage insensément érotique et arriviste de sa voluptueuse rousseur à la manière exacte dont le faisait le personnage dans le livre. C'est à dire, pour être clair, qu'elle est sur scène, qu'elle chante et fait scandale en exhibant son minou, oui, les amis, son minou complètement rouquemoute, car Genest et Nana, il fait bon s'en souvenir, c'est du 100% roux. Ça avait un peu fait causer dans les chaumières à l'époque, comme le bouquin de Zola avait fait scandale à la fin du 19 ième siècle. Cette série télé de Cazeneuve était meilleure que 80% de la production cinématographique de l'époque et reste meilleure que 100% de la production télé ET cinématographique de nos jours. Je vous mets deux extraits. Le premier est l'origine du succès de Nana, de la série télé et de Véronique Genest, c'est l'extrait où on voit son minou. Décisif. Éclatant. Vulgaire. Le second contient un délire de Guy Tréjan (acteur formidable) qui incarne ici l'un des amant de Nana, le Comte Muffat, qui hallucine littéralement en la regardant s'admirer dans son miroir. Régalez-vous, c'est de l'Art, du vrai, et si la télé, les acteurs et actrices qu'on voit dans le poste, les séries, nous public, étions restés à ce niveau brûlant d'érotisme et de pensée, nous ne serions pas dans la merde qu'est notre monde actuel. A un moment, il y a eu un dérapage généralisé.

mercredi 13 novembre 2013

Jour de Colère

Malicieusement, George-Bernard Shaw disait du "Requiem" de Verdi que c'était "son meilleur opéra". Verdi lui disait ne pas être quelqu'un d'"instruit" et ne pas être capable de faire de la "musique savante". Karajan, quand on lui demandait "- Et dieu, dans tout ça ?" répondait "- Je vais bien merci". Ouais, ouais, ouais, on demande à voir, quoi ! Voici. C'est du lourd. Mise en scène Eisensteinienne parfaite.

mardi 22 octobre 2013

"La Torpille, Esther, la Torpille !".

Georges Descrières est décédé. Acteur monocorde, je ne l'ai jamais vu jouer qu'un seul personnage qu'il baladait au fil des feuilletons de l'ORTF et des pièces d'Au Théâtre Ce Soir. Deux ou trois tics auront suffi à ériger en une quasi perfection une quasi nullité d'une efficacité redoutable. Une fois qu'on a vu le bonhomme dans "Arsène Lupin" ou "Sam et Sally", on le l'oublie plus. Je me souviens donc, et avec une certaine nostalgie, de ces années brumeuses d'éveil sexuel où ses partenaires féminins, Corinne Le Poulain et Nicole Calfan, enchantaient mes pupilles et certains de ces partenaires masculins, Henri Vilorgeux par exemple, brillaient de malice
Corinne le Poulain....Ah, j'aurais donné je ne sais quoi pour l'embrasser. Quelle coquine elle faisait ! C'est comme Danielle Lebrun dans "Vidocq". Aie, Aie, Aie, rien que d'y penser, je ....
suis ému. Nicole Calfan ? Je suis sorti avec elle peu de temps après la série.
Bon, foin de ses souvenirs télévisuels que je pourrais partager à satiété avec nombre d'érotomanes de mon âge, c'est pas le tout, mais il faut rendre hommage à Descrières et comme, au fond, j'en ai presque rien a foutre de Descrières, je vais quand même mettre Corinne le Poulain qui nous fournira à tous un grain à moudre assez mettons.... présentable.
La voici dans un bout du feuilleton tiré de Balzac, "Splendeur et misère des courtisanes". C'est d'une qualité à couper le souffle. Aussi bon que du très bon  cinéma ; d'ailleurs, à cette époque-là, le cinéma, au sens classique du mot, était à la télévision. Georges Géret est parfait en Vautrin, Corinne le Poulain au delà de tout qualificatif raisonnable.

Mais pourquoi Géret assène-t-il à le Poulain :"La Torpille, Esther, La torpille ! " ? Et bien c'est qu'Esther était réputée, avant de connaître la rédemption par l'amour du jeune Lucien, pour être une des courtisanes les plus aptes sur la place de Paris à faire sombrer les fortunes les plus solides.
C'est pas de moi, c'est du Balzac !
Bon, je vais quand même mettre un bout de Georges Descrières, vous allez voir, il est impayable, quand à Corinne le Poulain, elle est au delà de tout qualificatif raiSOOONNNNNable. Ouf, ça va mieux.

samedi 10 août 2013

Histoire et cinéma d'action : un duo ravageur.

Évidemment, les films de Tarentino sont des merdes sans noms. Evidemment. Mais avant que ce singe savant ne passe derrière la caméra pour nous épuiser de ces idioties, il avait pondu le scénario de "True Romance". Ce film a été réalisé par le pire salopard des faiseurs de nanards survitaminés d'Hollywood : Tony Scott. Ce mec, un des plus gros consommateurs de coke de tout Beverly Hills, avait un but dans la vie : faire "l'action-movie" le plus surboosté à la testostérone, au montage le plus speed fast-forwardisé, le plus bourré d'effets spéciaux jusqu'au bout de la file d'attente devant le Gaumont et nous le coller dans le cul pour qu'on se fasse jouir avec - tout en restant dans les canons d'une grosse production américaine, avec ces quelques contraintes et dérives assumées. Généralement, et c'est un des seuls dans ce cas-là parmi ces congénères metteurs en scène US, ça marchait plutôt pas mal. On peut citer parmi ces réussites remarquables "U.S.S Alabama", "Le dernier Samaritain", "Man on fire", "Déjà vu". Liste non exhaustive.
Je vais mettre un extrait plutôt sobre de "True Romance". C'est violent, bien sûr, mais ça c'est normal pour Tarentino comme pour Scott. Néanmoins le vice du scénario, son astuce nous permet de voir une magnifique composition d'acteur. Je ne parle pas de celle de Walken, il fait le boulot sans trop se forcer, non, je veux parler de Denis Hopper. Tout le travail de cet acteur assagi va consister à ciseler l'évolution très rapide de son personnage vers une force tragique Et comique assumée, à partir de la peur la plus banale et la plus sourde.
Je pose la situation : Walken est un parrain de la mafia et est à la recherche d'un jeune prostituée jouée par Patricia Arquette et de son micheton préféré Christian Slater car ils lui ont volé beaucoup d'argent (ou de came, je ne sais plus). Pour les retrouver, il a la bonne idée de faire un saut chez le père de Slater, incarné ici par Denis Hopper, chez qui le couple est effectivement passé quelques heures plus tôt. Walken menace le père de tortures pour lui faire dire ou est passé son rejeton et met ces menaces à exécution. C'est là que le scénario est bon et Hopper grand. Je vous laisse découvrir ça. Sans m'avancer trop, je dirais que c'est la seul bonne idée de scénario de Tarentino, "Pulp Fiction" ne contenant que des fausses bonnes idées qui rendent le film cul-cul la praline (ou culte, c'est pareil).
Messieurs Walken et Hopper.

A noter : l'utilisation particulièrement révoltante (donc réussie. Il faut tout renverser avec Tony Scott, et sans snobisme. Être spectateur de cinéma c'est d'abord ça, du sado-masochisme, d'accord ?.) du Duo des Fleurs de Delibes, compositeur français aujourd'hui un peu passé à la trappe.

dimanche 21 juillet 2013

Fables de droite.

Vidéo du toujours hilarant Jean-Marc Sylvestre (qui parlait il y a peu sur une radio nationale de l'essence "naturelle" du Capitalisme). L'écouter est toujours un vif plaisir tant il ment avec une force de conviction inébranlable. Je dis "mentir" non pas parce qu'il ne croit pas en ce qu'il dit mais parce que, à mon avis, des choses comme l'entrepreneur parangon de réussite humaine, le marché libéré "intelligent", la concurrence qui profite à tous sont quelques uns des mythes de droite qui irriguent notre société actuelle mais qui sont bien d'essence strictement mythique et pas autre chose. Et certainement pas scientifique (au sens où elle ne relèvent pas d'une science-économie qui aurait la force de vérité d'une science "dure"). Mais enfin quand même, le trouble qu'on peut avoir avec Sylvestre, et qui génère l'hilarité, c'est qu'il donne l'impression de se convaincre lui-même de l'existence de ces mythes, dont il saurait qu'il sont douteux, et que, partant de là, il sombre dans une exagération assez croustillante. Est-il un roublard total, un salopard fini ou acteur talentueux ? Je ne sais pas. Il me fait penser à Roger Couderc commentant le catch à la télé quand j'étais petit. Et il fallait un drôle de mélange de bêtise et d'intelligence pour rendre ça crédible. Même auprès de mômes de 12 ans.
Donc Zarak prend l'Ange Blanc à la gorge et enchaîne avec une clé au bras. Et paf ! le pouvoir d'achat n'a pas baissé en 20 ans.

Je ne connaissais pas Daniel Cohen. On m'en avait parlé comme étant du niveau d'Yves Calvi. Effectivement il a l'air d'avoir l'art et la manière de faire parler les gens pendant des heures sans qu'ils disent quoique ce soit d'intéressant.

L'Entrée des Artistes n'a pas changé de place.

On glose beaucoup sur Michel Audiard. C'est parfois bon, il est vrai, surtout quand il s'applique, mais il était souvent en roue libre. Dans les années 30, 20 ans plus tôt, les dialogues de qualité sont la norme dans le cinéma français. Le néo-réalisme n'ayant pas encore été inventé, il est de mise d'"écrire" les films et même de les sur-écrire quelquefois. Ca a donné de bien belles choses et permis à de merveilleux acteurs de faire étalage d'une maestria aujourd'hui disparue et qui semble aussi datée aux âmes simples que miraculeuse aux gens un peu avertis
Là, c'est Henri Jeanson qui s'y colle. Il était très désagréable, hâbleur et m'as-tu-vu. Et surtout pétri de talent. Jouvet glisse petit à petit dans son délire en traversant la scène comme un halluciné. Magnifique. Mise en scène plate de Marc Allégret. Rien à dire.

Là, c'est Yves Mirande qui peaufine l'argot de l'époque pour Arletty et Michel Simon. Mirande était par ailleurs un excellent metteur en scène.
"-Comme vous me voyez en ce moment c'est comme si j'couchais avec le Ministre de la guerre.
- En somme vous êtes en vacances..."

lundi 28 janvier 2013

Femme un jour, femme toujours.

Parfois, je suis un connard pontifiant. C'est que j'écris un peu et que ça fait quasiment partie du job. C'est un lest, un poids dont il faut prendre conscience afin de s'en débarrasser décemment, c'est à dire, sans faire de trop gros discours. Ce n'est pas si simple. Sur les femmes, je laisse la parole à un spécialiste, un expert sans égal, et qui pontifie comme tous les écrivains mais avec une légèreté, un charme, qui font de ses dérélictions un délice presque parfait.
Sacha Guitry. "N'écoutez pas Mesdames."

Dans un autre genre, faussement léger, vraiment drôle, un rien too much, il y a ça. C'est très bien aussi. Patrick Schulman

dimanche 16 décembre 2012

La Belgique est un chiotte pays.

Donc, notre étron national N°1, j'ai nommé Gérard Depardieu, veut devenir Belge. Pauvres Belges, ils les accumulent. Entre la femme de Dutroux qui se fait bonne sœur et les menaces de sécession flamande, voilà qui fera certainement les affaires de ce pays dont Baudelaire disait déjà tout le mal possible dans le croquignolet "La Belgique déshabillée". La trouvant a peu près dans l'état pitoyable où le poète l'avait laissée, nulle doute que notre ubuesque Obélix n'aura de cesse de la sodomiser en guise d'acte de naissance du Depardieu nouveau, c'est à dire, belge. Comme ce con de Magritte. Comme ce con de Poolevoerde. Comme ce con de Simenon. Ça laisse rêveur... Il y a aussi des belges que j'aime bien, n'allez pas croire, mais là, aucun nom ne me vient. Ah, si : Scutenaire ! C'est pas mal, Louis Scutenaire. En tout cas, suivant ainsi le bon conseil de Jean-Luc Melenchon, voilà un sac à merde qui émigre. Et d'un. Mais les autres ? Les Delon, Hallyday, Arthur, Hardy, Lucchini....J'ai une idée ! Delon au Japon, Hallyday à Menphis (Ténessie), Arthur en Israël, Hardy en Corse (ce n'est pas tout à fait la France) et Lucchini......Lucchini, n'importe où, mais loin, très loin. On va peut-être arriver à se purger de nos racailles multimillionnaires ! Sarkozy ? Il est pas italien, maintenant, lui ?

En parlant de Lucchini, j'apprends que Jean-François Balmer fait un spectacle autour du "Voyage au bout de la nuit" de Céline. Voilà qui va peut -être redonner un peu de coffre à ce personnage singulier et à une œuvre toute aussi étrange, tant il est vrai qu'ils avaient été phagocytés pour le pire par le petit Lucchini. Lucchini, c'est simple, c'est beaucoup de boucan, ça pétarade et puis....rien, rien du tout. On oublie comme on a ri, vite, et à s'en tenir les côtes, comme si une mauvaise purge passait à toute allure. Céline mérite un meilleur traitement, et Balmer, qui est un grand acteur, pas un histrion de fin de banquet, lui donnera certainement des couleurs justes. Des couleurs pas nettes. Parce qu'il était pas tout à fait net, Céline. D'où, dans son cas, son intérêt.

Bientôt sur vos écrans en 1D, 2D, 3D, et dolby super THX surround "Astérix chez les Belges". Obélix est ravi, il lève les deux pouces.




vendredi 7 décembre 2012

"Mais, Maman, je ne veux pas être une Rock-Star."

Ariel Pink a l'air cinglé. Je le soupçonne d'être parfaitement sain d'esprit et de savoir très bien ce qu'il veut. Et il ne veut surtout pas intégrer le Rock-Star-System-Circus-Business. Il s'y emploie. Ce truc, éculé maintenant, d'être une "Rock-star" est malsain pour tout le monde, aliénant, aussi bien pour les musiciens que pour les auditeurs ou consommateurs de clips. D'autres que moi l'ont dit avant moi et mieux que moi. Ariel Pink le sait et il essaye de ne pas se faire embringuer dans ce marigot puant. Car ce n'est pas le talent qui lui manque pour façonner une chanson pop parfaitement emballante, aussi bien d'ailleurs que des morceaux plus "étranges". En tout cas, il veut garder sa saveur. Et pour ça il faut se protéger des médias et des pièges du show-business Rock.
Je me souviens d'un commentaire laissé par un internaute sur Youtube sous une vidéo d'Ariel Pink  Le quidam, un brin moqueur et un rien furibard, disait ceci "Et c'est ça qui est sensé être le nouveau Mick Jagger !" Dieu merci, Ariel a compris qu'être Mick Jagger n'est définitivement pas une vie. Pas une vie intéressante en tout cas
Le voici, à la coule, en train de mitonner une excellent version du beau "Mature Theme" pour une Radio de la cote ouest des Etats-Unis. Tout le monde a l'air détendu, pas de pression et la chanson a toute sa fraicheur. La version est meilleure que celle de l'album.

En-dessous de la vidéo, un autre internaute furibard (et rigolard) a écrit : "Je sais maintenant où sont passées les fringues de ma petite soeur !"
Nous vivons vraiment dans une société faites de tribus disparates et ennemies jusqu'au sang. C'était même ça, l'avers de la médaille de la grande époque du début des Rock-Stars (Elvis, Beatles etc etc...) : Les Hommes, même adversaires, formaient société. C'est fini. Il y a trop de chants contradictoires, diamétralement opposés, inverses, pour un même tout petit territoire : Le Monde.

samedi 25 août 2012

Delarue-Scott-Fait-Divers-People-Economie-Géopolotique

Jean-luc Delarue est mort. Tony Scott s'est suicidé. Les narco-trafiquants colombiens perdent en une semaine leurs deux plus gros marchés et sont sur les dents. C'est toute l'économie de L'Amérique du Sud qui risque à terme de sombrer dans le chaos. Le Pentagone a déjà mis au point un plan d'invasion préventive du Mexique. On vous tient au courant. Courez acheter des bouteilles d'eau et des conserves, ça va péter.

mardi 11 octobre 2011

Voir et revoir Renoir. Y jeter un oeil et une oreille, ce n'est pas trop demander.

Je mets ce film de Guitry pour plusieurs raisons dont la principale est sentimentale, et ce n'est pas la plus mauvaise. Dans une rencontre entre Michel Simon et Jean Renoir, filmée par Jacques Rivette, entre autres, au tournant des années 60/70, Simon parle de Guitry à Renoir et lui assure qu'il l'aurait beaucoup aimé s'il l'avait connu. Renoir, qui avait donc affirmé ne pas connaitre Guitry, bougonne un peu, ne semble rien moins que convaincu et, aussi, ne pas vouloir s'étaler sur le sujet, de peur de déplaire à son vieil ami qu'il a si bien dirigé jadis dans " Boudu" ou "La Chienne".
Et bien dans ce film rare - car l'idée qui l'anime est une idée passionnante et simple : garder trace - on peut voir dans le même cadre le grand Auguste Renoir peindre, le jeune Jean l'aider et le jeune Sacha entrer dans le cadre et parler aux deux. Ce film est émouvant car on y voit l'un des plus grands peintres de tous les temps au travail ; on peut y voir aussi ce qui constitua une partie de l'apprentissage de Jean Renoir, car aider un grand maître d'aussi près, voir et comprendre ce que, lui, voit et comprend, et comment il le crée sur la toile, ne peut être qu'une source sans fond d'inspiration ; et enfin on y voit le beau, très beau et jeune Sacha Guitry parler et blaguer avec le vieux peintre et en tirer lui aussi profit.
Plus tard Guitry et Renoir feront des films très différents, voire opposés, dans leur esthétique mais de très bons films. La création se passe sous nos yeux, je veux dire qu'elle a lieu et qu'elle se transmet. De l'avantage d'avoir des parents qui voient juste ; peut-être pour cela, faut-il cligner de l'oeil de temps en temps comme le fait Auguste Renoir.

dimanche 23 mai 2010

Suite judy blue eyes

Chanson superbe, paroles à tomber. Là c'est Judy Collins qui s'y colle.
Là c'est Frank " blue-eyed " Sinatra. Comme dit Skorecki, il a l'air de comprendre les paroles. Merci Mr Sondheim.
Les paroles :
 Isn't it rich, are we a pair
Me here at last on the ground
You in mid-air
Send in the clowns
Isn't it bliss, don't you approve
One who keeps tearing around
One who can't move
Where are the clowns
Send in the clowns
Just when I'd stopped opening doors
Finally knowing the one that I wanted was yours
Making my entrance again with my usual flair
Sure of my lines
No one is there
Don't you love a farce,
My fault I fear,
I thought that you'd want what I want
Sorry my dear!
But where are the clowns
There ought to be clowns
Quick send in the clowns
What a surprise,
Who could foresee?
I'd come to feel about you
What you felt about me?
Why only now when I see
That you've drifted away?
What a surprise...
What a cliche...
Isn't it rich, isn't it queer
Losing my timing this late in my career
And where are the clowns
Quick send in the clowns
Don't bother, they're here

mardi 2 mars 2010

Soyons justes avec Camus ( en compagnie de Stanilas Nordey )

De Camus, j'étais resté dans l'éblouissement de son roman inachevé " Le Premier Homme " et de ses nouvelles " Les noces " et " L'été ". J'ai un souvenir vif de la fin de " l'Homme Révolté ": " La pensée de Midi". Mais je n'avais jamais lu sa pièce de théâtre : " Les Justes ". Or il se trouve que j'ai assisté hier soir à la répétition générale de cette pièce qui va être donner à Rennes pendant deux semaines, dans une mise en scène de Stanislas Nordey avec, entre autres, Emmanuelle Béart. En préliminaire Nordey à pris la parole pour nous expliquer que la pièce n'était pas encore au point, qu'il y avait des ajustements de rythme à faire ( tu parles, d'après ce qu'il a dit la pièce peut durer entre deux heures et demi et trois heures !), se qualifiant lui-même de "bourreau de travail". Dès le début j'ai senti que c'était mal barré. Ce mec s'écoute parler à un point où on dirait qu'il joue à être Stanislas Nordey. Dire qu'il a le melon relève de l'euphémisme élégant. Bon, le noir se fait, le rideau se lève et là... Mon dieu, mais quelle purge ! Les décors sont à chier, la mise en scène inepte au point de faire rire des moments qui devraient être les plus poignants et le jeu des acteurs d'une pesanteur telle que des sacs de pomme de terre avachis seraient plus pétillants. Et la Pièce ! Aie Aie Aie. C'est d'une connerie ! Jamais entendu un tel déferlement de phrases assertives. Ce n'est pas du théatre c'est une suite de professions de foi toute plus idiotes les une que les autres assénées sur un ton qui tente le mariage impossible du lyrisme hystérique et de la retenue ascétique. Résultat les acteurs ont l'air d'en chier comme des mulets et de serrer les fesses. Ou quand l'atonie relève de l'effort désespéré. C'est du plus haut comique mais même les running-gags les plus efficaces finissent par lasser et j'ai du prendre sur moi pour ne pas me casser assez rapidement. J'étais curieux quand même de voir avec quel degré de sérieux et d'auto-complaisance la troupe allait mener son entreprise à bien. Et ben, j'ai pas été déçu ! Non seulement le ridicule ne tue plus mais la vacuité assumée se vend bien si j'en juge par les applaudissements des " happy few " qui étaient présents ( Il y aurait d'ailleurs un bon sketch à faire sur les théatreux caricaturaux à souhait qui servaient de garniture haut de gamme au pudding indigeste ). Donc, texte lourdingue et presque impossible ( il y a l'expression " il faut" pratiquement toutes les deux phrases !) tant ce ramassis de " thèses " est un pensum incroyable et mise en scène qui en rajoute des couches et des couches dans la pesanteur en croyant accéder à la gravité. Funeste soirée ! Moi qui ne crois pas un instant en un art " engagé " ( c'est parce qu'il " dégage" que l'art est politique ). Moi qui n'aime rien tant que Guitry, Tardieu, Feydau, j'en ai pris pour mon grade. D'ailleurs pour retrouver mon assiette je me suis passé, une fois chez moi, quelques pièces audio de Guitry dont "le Mot de Cambronne", mot que j'ai failli hurler plusieurs fois pendant la représentation. Maintenant je peux ? Merci. N'allez pas voir ce truc c'est de la MMMMEEEERRRDDEEEE ! Ouf, ça fait du bien. En dessous, un petit plaisir coupable. A pisser de rire.

jeudi 4 décembre 2008

Les yeux propres

Quelques images pour se laver la tête et s'émerveiller comme les enfants qui, comme dit Jacques Roubaud " ont d'abord la tête pleine de choses, puis on la vide, puis on la remplit d'autres chose." Des choses inutiles, des rêves et des images d'adultes, des images des autres. Voici des images d'enfant.