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lundi 15 octobre 2018

Dernières nouvelles du front de l'Esthétique

Philippe Sollers appelle ça "La guerre du goût". C'est en effet un sport de combat que l'Esthétique quand on s'y met un peu sérieusement. Gaël Coupé au rapport en cette fin d'après-midi du lundi 15 septembre 2018.
Vu "Avé Cesar" des frères Cohen. Nullissime; Un véritable glaviot sur l'histoire d'Hollywood revue et corrigée façon Cohen. Résultat des courses : "there's no business like show business", les communistes, en plus d'être des traitres, sont des crétins, c'était mieux avant (années 40/50) et Jésus serait la solution à tous nos problèmes si seulement on avait la foi. On dirait que tout est pour le mieux au royaume de Donald Trump.
Vu "A dangerous method" de Davis Cronenberg. Film lumineux et clair sur un sujet scabreux : les relations sado-maso de Jung, alors fougueux disciple de Freud, avec une de ces patientes gravement malade. Il est malin Cronenberg. Pour sortir ce qui devrait être un film d'auteur confidentiel, il met la star hollywoodienne Keira Knightley ,que tout spectateur moyen a envie de voir se faire battre, dans le rôle la malade, Viggo Mortensen, star hollywoodienne aussi, dans le rôle d'un Freud matois et roué plus retors qu'un psychopathe et allons-y pour refourguer "ça" au bon peuple en grandes pompes avec le tampon made in ...Hollywood. Fumant !
Lu "Couleurs de l'incendie" de Pierre Lemaître. Fatiguant et mauvais, m'enfin, j'ai envie de connaitre la fin. Pas étonnant que le mec vienne du polar, genre assommant ou la fin est très importante. (Vengeance, rédemption, mariage etc, etc, etc...)
Lu "Guignol's band" de Louis Ferdinand Céline. Fatiguant et génial. Usant tant l'art et la manière sont déprimants mais pas un mot à jeter. Ca c'est inestimable et ça booste le lecteur qui fonce dans le noir célinien bien connu jusqu'au bout, à bout de souffle et heureux.
Ecouté "Face to face" des Kinks, album miraculeux parmi tant d'autres miracles des Kinks. J'en tire cet extrait qui m'a naturellement conduit à un excellent morceau d'un des disciples les plus intelligents et doués de Ray Davies, je veux parler de Damon Albarn de Blur. "Brit pop" forever.


lundi 5 mars 2018

Le jeune homme et la Mort. Une histoire rapide du Rock.

Mais qu'est-ce que c'est donc que le Rock ? Ah, ça c'est de la question !
Le Rock, dans son acception première, la plus primitive, est une une musique simple, ultra simple qui insuffle à ses auditeurs une énergie phénoménale, monstrueuse, dantesque. Cette énergie est celle du Principe du Plaisir qui dit que tout ce qui n'est pas jouissance doit être balayer au profit de cette jouissance et que seul compte la puissance ravageuse de l'orgasme. Le Rock est une éructation qui dit "Merde" à tout type de contraintes : les parents, la bienséance, la politesse, l'école. Le Rock est un appel à l'orgasme, répété encore et encore jusqu'à ce que mort s'en suive, sans que le Principe de Plaisir n'ait pu se transformer en un mode de vie durable et supportable en se confrontant au Principe de Réalité. Le Rock est tourné vers la Mort, vers la Jouissance, irrécupérable par la Vie mais -Attention !- pas par le Business. C'est une psychose qui explose la tête et si vous n’atterrissez pas d'une manière ou d'une autre au terme d'un apprentissage du Désir et du Réel, vous mourrez fou, pauvre et seul. C'est aussi une manière de se purger de la Pulsion de Mort et de continuer à vivre plus ou moins bien.
Voilà c'est d'abord ça le Rock. Pas brillant, hein ?
Ensuite, il y a des nuances crées par la vie de chacun et il peut revêtir des significations et des formes qui ne sont pas entièrement folles, morbides et négatives. Négatives ? Oui... mais...mais je dois dire que je prends encore un plaisir coupable -et morbide- à écouter ce que je vais mettre en-dessous, que je suis encore dans le déni de tout ce qui m'empêche de jouir et dans l'exaltation de cette forme de musique qui me tient lieu de psychologie pour un temps primaire et bref. Je reste parfois, à 50 balais passé, un jeune con de seize ans, qui est frustré et trouve dans le Rock un moyen de se libérer. Cette libération est bien sûr une horrible prison dont on ne sort que les pieds devant à moins de s'en libérer à son tour et de passer à autre chose. Mais comme dit l'autre "Andrew W. K. est le Chevalier Blanc du Fun" et je me rallie parfois encore à son panache crasseux. Fucked forever !
(A noter que dans la vidéo le gars est tout seul, complètement seul et, en fait, il se branle...)
Monte le son, bébé ! Andrew W. K. "She is beautiful".
Je suis mort ? Ouais, plein de fois.

jeudi 18 août 2016

Jouer aux echecs avec la Mort et en faire une chanson.

Alors que la vie amène jusque chez moi des tragédies qui n'ont rien d'intimes et qui me tirent des larmes d'horreur ou de rage; quand je vois le petit Omran sur le siège orangé de l'ambulance d'Alep où il a miraculeusement survécu à un bombardement, couvert de poussière, maculé de sang, heberlué, transi de peur, quand j'apprends qu'à mon grand soulagement Jaqueline Sauvage ne fera pas appel de la décision de justice qui la maintient, pour l'instant, en prison pour qu'elle comprenne la portée strictement humaine de son geste (tuer un homme), j'entends des musiques qui sont raccords avec ma tristesse et mes chocs et me plongent, grâce à la magie de l'Art, dans un malheur où l'on peut continuer à vivre sans dépérir et se méprendre de combats en luttes. De la grande musique, sans aucun doute, à l'égal de celle de John Dowland ou de Domenico Scarlati. La musique qui m'envoie entre le Paradis et l'Enfer dans un état intermèdiaire, comme sonné des cloches dans des limbes parfumées, rendu confortable pour quelques minutes d'éternité ressentie, aussi bizarre que cela puisse paraître. Tel est l'étrange pouvoir de L'Art.
Scott Walker : Une enluminure stricte de Bergman "The seventh seal" (le septième sceau.
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"Montague terrace in blue". De quoi parle t-il ? Je ne sais pas. Un quartier, surement, c'est beau; mieux, c'est royal.

mardi 28 juin 2016

Gustave Flaubert actuel.

Le  6 Mars 1869, Gustave Flaubert écrivait ces quelques lignes dans une lettre adressée à la Princesse Mathilde, cousine de Napoléon III et salonnière chez qui il était de bon ton de se montrer et de causer : "Quant aux déceptions que le monde peut vous faire éprouver, je trouve que c'est lui faire trop d'honneur, il ne mérite pas cette importance. Pour moi, voici le principe : on a toujours affaire à des canailles -- On est toujours trompé, dupé, calomnié, bafoué. Mais il faut s'y attendre. Et quand l'exception se présente, remercier le ciel.
C'est pour cela que je n'oublie rien des plus petits bonheurs qui m'arrivent, pas une poignée de main cordiale, pas un sourire ! Tout est trésor pour les pauvres...."
Cet homme suprêmement intelligent a raison. Malheureusement. Et cependant, dans le même temps, je lui préfère Stendhal, qui s'était forgé une "philosophie" (qu'il appellait le "Beylisme") moins radicale, moins brutale et, pour ainsi dire moins désespérée donc, à mon avis, un peu moins "bête". J'emploie ce mot à dessein car tous les "principes" de vie toutes les "philosophies" appliquées à l'existence sont plus ou moins nunuches et carabinnées. Celle que j'aime le mieux est celle de Casanova, (cet homme est souple, il acceuille toutes les opportunités et les coups de griffes de la vie, il s'adapte et reste pourtant toujours fidèle à lui-même et à son envie de jouir) mais elle est trop éloignée de ce que je suis profondément. Je me rabats donc sur celle de Stendhal, qui se soucie avant tout de l'Amour et de lui. N'empêche, Flaubert avaient quelques idées bien arrêtées qu'il vaut le coup de méditer profondément. Et parfois, quand il parle de lui au passé, de son adolescence et de sa jeunesse, il parle carrément pour moi.
Ses livres, qu'on les trouve géniaux ou besogneux, sont des efforts littéraires quasi sans équivalents, sauf à convoquer, en comparaison, les plus grands littérateurs mondiaux, de Rabelais à Pound en passant par Joyce et Céline.

mardi 21 juin 2016

Cinq minutes chrono !

C'est la ratabaise
La bonne baise en rata
La Bonne baise à Papa
Joli minet
Joli minois
Belle bouille à baise
Ouvrez-vous à moi
Ma Jolie minette
A museau rasé
Nez en trompette
Sonnez musette
C'est l'heure du rata à Papa
Le bon Roi de la baise
Le bon Roi ratabaise
Qui Ratiboise le bas et
Le haut par en dedans
Par douze coups à la douzaine
Et le compte est bon
Et bonne la recette à Papa
D'abord bande à l'aise,
Sois baba et sens-y la rose
Le nez ras la moquette puis
Fourre la courgette
Jusqu'à la base éprise
En l'aubergine fourrée
Et sans biaiser envoie
La purée d'Aziyadé
Et le jus de fraises des bois
C'est la ratabaise
C'est la ratabaise à Papa
C'est la bonne baise à l'émoi
Qui sent la cuisine
La cuisse et la pine
Et toi, tu la sens ?
La bonne odeur
La bonne odeur de caca
Du rata qu'on fait
TOI ET MOI

Take that ! Howlin' Wolf.

dimanche 10 avril 2016

Et la Mort ! Et la Mort...

Ainsi on me prédit le "pire" pour une bête de meute :" mourir seul". Bah, je suis né tout seul vers douze ou treize ans, j'aurais vécu solitaire et je ne vois pas comment faire pour mourir autrement que seul, comme tout un chacun, dans un instant de verité définitif. On est toujours seul et on a beau s'entourer d'amis et de femmes, de mots et de gemmes, tout est passe-temps plus ou moins agréable, états plus ou moins sympathiques. De toute façon, ça coule, ça passe, ça nous dépasse et bing ! c'est le grand saut dans l'éternité Un cri, un souffle, et voilà tout. A propos des "amis", Louis-Ferdinand Céline écrivait ça : "« Il ne faut pas imaginer que tous ces gens sont des potes ou le furent … peut-être sans doute qu’ils me détestent … je ne tiens pas du tout à les voir, ni à leur plaire, au contraire. Ce sont les coiffeurs de la vie qui tiennent beaucoup à plaire, les putains. Plus on est haï, je trouve, plus on est tranquille … Ça simplifie les choses, c’est plus la peine d’être poli, je ne tiens pas du tout à être aimé …je n’ai pas besoin de tendresse … c’est toujours les pires saloperies de l’existence que j’ai entendu soupirer après les tendresses.»
C'est tirer de "Bagatelle pour un massacre", un bouquin très peu lu de nos jours et qui est meilleur que ceux des auteurs contemporains à la noix (moix), qu'ils viennent de Mars ou de Vénus, qu'ils s'opposent à la nuit ou s'aiment au delà de la mort du petit jour. Chez Céline, il y a des trucs douteux, d'autres qui laissent baba d'admiration et enfin des choses qui donnent à penser, comme les phrases que j'ai citées. C'est un bon auteur et, au fond, il vaut mieux le fréquenter via ses livres que cotoyer beaucoup de personnes du monde réel qui sont aussi sales que ce dernier est dégeulasse comme une fosse à purin. La merde, y'en a qui aime.
Pour revenir à ma naissance, elle résulte, d'une décision prise un jour du début de mon adolescence. Je n'étais pas content du tout. Ca n'a pas beaucoup changé depuis mais je ne rends de compte à personne, car je sais ce que je dois comme saloperies et bienfaits et à qui.
Ca me fait penser à cette chanson tirée du dernier album des Foo Fighters. Je vais la mettre en-dessous. Il y a Rick Nielsen de Cheap Trick qui joue dans ce morceau. Je parlerai de Cheap Trick, ce groupe américain bien nommé une prochaine fois.
Les Foo Fighters "Something from nothing".

lundi 4 avril 2016

Je chie de la tête. C'est l'étron lumineux !

J'me suis préoccupé, j'me suis fait du mauvais sang. Cétait un raout de questions dans ma tête. Depuis que je suis tout petit, à n'en plus finir. Est-ce que je fais bien de faire telle ou telle chose ? Est-ce que je fais du mal, sans m'en rendre compte ? Est-ce que je respire pas l'air d'un autre ? D'une autruche, d'un caneton qui vaudraient dix fois plus que moi ? Où elle est ma place ? Dans quel sens j'avance ? Et est-ce que je dois avancer ? Les femmes, le travail, l'argent, dans quel ordre et pourquoi ? J'me suis retourné le chou, comak. Ma cervelle devenait du mou pour les chats. J'vaticinais, j'déroulais du cable de neurones usés, j'perdais le Nord, l'Ouest, les autres et la boussole. Mais bon, à force d'avoir mal, j'ai atteint le bout. J'me suis dis que j'm'y prenais pas de la bonne façon, sûrement. Alors, j'ai pensé plus petit, plus ramassé, moins dans les grandes eaux. Moins tour Effeil. Et petit à petit j'ai construit quelque chose, avec un peu de nerf et de sang pour un peu de sens. Oh la la, ça a été long ! Je marche pas bien vite mais je tiens debout tout seul (ou presque). Y'a des journées, j'ai un peu de mal à les traverser mais la nuit j'étouffe pas trop. J'suis seul mais moins. Y'a des options n'est-ce pas, alors j'écoute aussi, les différentes options qu'on me propose. Y'en a que je trouve sensées, d'autres pas. J'suis presque calme, presque et v'là la cinquantaine qui arrive, paf !, de nouveau des questions et l'ultime pirouette qu'on ne pourra pas rattrapper. Ah, j'men re-pose des questions, ça revient en force le délirium sémantique. Je deviens escargot, limite limace. J'ai l'oeil glauque et je cherche la lumière. J'en ai jamais assez. Parce qu'un peu partout autour de moi, c'est les ténèbres et des choses que j'avais crues mettre à distance de sécurité qui se rapprochent. La société, par exemple. Elle tourne pas rond, elle à son poids sur mon dos, sur le dos de tout le monde. On y joue son rôle, on y cherche sa place, hyper-contraignante, les règles du jeu sont dures à avalées. Si t'es pas d'accord, on t'envoie les C.R.S. Des vicelards qui cognent pour tant pas mois et qui y trouvent leur compte. Le travail est dur, suivre les règles ne paye pas mais la Loi t'y oblige alors je/tu serres les dents, comme tout un chacun et je/tu fonce(s) dans un brouillard bien opaque Et puis, y'a un éclair blanc. Aujourd'hui c'est les "Panama Papers" et je comprends. (et toi ?) Le système réel fonctionne, y'a pas de doute, ceux qui sont dedans en vivent, voire y croient mais en fait ce système est ponctionné par un gros parasite, une sorte de cancer qui lui sert aussi de cerveau. C'est juste quelques milliers de personnes qui en tirent réellement profit, qui en tirent une jouissance quasi-divine et les moyens d'en jouir toujours plus. Des gens qui tirent vraiment les ficelles, des vrais Maîtres des Poupées que nous sommes. Des hommes politiques, des hommes d'affaires, des sportifs, des artistes, qui pour la plupart ont un rôle "officiel" dans le monde réel, mais dont la véritable raison d'être et la vraie vie est dans le parasite, dans le cancer, en douce, en fureur et horreur. Si t'es un peu réglo, si tu t'estimes lèsé, ça prend le chou ce truc-là, parfois jusqu'à devenir complotiste ou djihadiste...
Je n'en suis pas là mais ça y est, me voilà définitivement déniaisé. Je n'irai plus voter, ça ne sert à rien, l'ordre règne toujours qui nourrit à foison toujours les mêmes et les goinfre quand le quidam de base trime pour bouffer un minimum. Et il n'est pas question d'influer sur la société. La société est comme ça depuis l'avènement du capitalisme libéral, c'est à dire le début du 19eme siècle et elle mourra sans avoir évolué, et nous avec. Toutes les tentatives pour la réformer ont échoué, car elle marche bien avec ce qu'est profondément l'homme. Le cancer est sorti de chaque crise plus fort. Je ne veux pas qu'il me bouffe trop la tête, je veux garder d'équerre le peu de cerveau qui me reste alors il faut que je chasse vite fait tout ce poids social de mon horizon et que je vive dans un périmètre restreint mais sur lequel j'aurai un minimum de pouvoir d'action qui ne soit pas un vain trucage. En fait, c'est les mêmes questions qu'au début, les même torsades sauce neurones. Simplement, je ne suis pas un génie, alors, je m'endords des fois, j'me perds dans la grande forêt et je peine à chaque fois pour en retrouver la lisière. Là où l'insatisfaction prend formes au lieu de les détruire. Là où la lumière commence.

mercredi 30 mars 2016

POST-POP-FEELING NORMAL

Bon, hier soir je me suis un peu excité à propos d'Iggy Pop. Chacun sort de la dépression comme il peut. Là, je suis plus détendu, moins énervé et je m'attendris à mesure que je me calme, tant et si bien que je vais vous mettre une vidéo de Pop et son groupe actuel qui est plutôt bonne. Iggy y est touchant avec sa patte folle et ses muscles de vieux qui commencent à pendouiller. Il fait son numéro habituel mais MAINTENANT, c'est-à-dire qu'il est toujours dingo et gueulard mais aussi plus calme, plus posé, il est plus en contrôle. Donc il ne fait pas vieux singe qui s'imiterait mais Iggy Pop à 70 ans, esseulé, toujours chargé de lourdes blessures, mais plus d'équerre, pas droit, mais d'un biais qui tient bien debout encore cette fois avec nous. C'est déjà pas mal quand on vient d'où il vient et quand on est passé par où il est passé. Moi, je dis qu'Iggy Pop et "Plus belle la vie" ne sont plus tout à fait inconciliables. Naaaan, je déconne !!!
Vous voyez, à la fin du morceau, Iggy est tellement gentil avec son public qu'il dit que le savon qu'il vient de lui passer n'a rien de personnel, et que plus il les fréquente, plus il les aime. C'est mignon. C'est Iggy Pop MAINTENANT et, tout compte fait, c'est mieux pour lui et pour nous.

J'ai écouté d'autres morceaux du concert. C'est audible sans déplaisir, même plutôt bien et, je le répète, touchant.

J'fatigue.

Il est comme moi Iggy Pop, il est fatigué. Plus que moi, même. Faut dire, il a tout essayé ce garçon. Il a sombré dans les pires excès, les pires dépravations et quoi ? Qu'est-ce qu'il lui en reste de toute sa vie de chien fou ? Il a été heureux peut-être, un petit peu. Il a été malheureux, beaucoup. Il a fait du rock destructeur, avec les Stooges ou en solo, d'une négativité inégalée et qui demeure une référence absolue pour tout rocker un peu digne de ce nom (en gros, rocker ça veut dire péquenot mal dégrossi/mauvais garçon mais gentil au fond). Ensuite, il a essayé de sortir de ses travers extravertis en se rachetant une conduite d'amateur de potin binaire de qualité sur quelques bons albums qui passaient bien sur les chaines Hi-Fi. Puis, pour se survivre, je suppose, il s'est mis à s'auto parodier en légende du proto-Punk-Rock indestructible et mouillant à grand coup d'albums torse-poils aussi ineptes que nombreux. Il n'est jamais parvenu à s'assagir totalement (eh, eh !). L'électricité, il a ça dans le sang. Tout mettre sur dix et foutre le bordel avec des mécaniques à bruits diverses. Il a changé, quand même, il est devenu un peu plus tristounet avec l'âge, moins enthousiaste à se flinguer, un peu pervers pépère à la sortie des classes mannequins à Manhatan à se tirer sur la nouille comme un con. Fallait bien passer le temps. Il a fait une chanson avec Françoise Hardy ("Mon amie la rose" ?), un album tiré d'un bouquin de Houellebecque qui s'appelle "Préliminaires" (le con, presque trente ans après le coup de massue qu'était "Pénétration, le voilà qui s'occupe de futilités), un autre de reprises de chansons françaises. On s'occupe, on s'occupe. Et puis son pote Asheton des Stooges est mort. Lou Reed est Mort. David Bowie est mort. Tous ses amis sont clamsés, il s'emmerde, il n'a plus rien à dire à part "Fuck" comme d'habitude mais il déprime sec et il est un chouïa moins virulent qu'avant. Un gros Chouïa. Je le comprends, je compatis même, je me sens comme lui. Et d'ailleurs, tout comme moi, c'est un véritable chien, incapable de ne pas aboyer, par prudence. Alors, il va tenter un dernier geste ou presque, en s'entourant d'une bande de bons musiciens et compositeurs et sortir l'album "Post-Pop depression" ou comment survivre un petit peu dans un monde de cons et que l'on est soi-même moribond depuis presque un demi-siècle? comment faire pour faire un pas en avant de plus, encore un, jusqu'au Paraguay, puisque c'est là qu'il dit vouloir aller mourir ? Putain, mais c'est bien ça, mais pourquoi pas le Paraguay, les mecs ? Si ça se trouve, il n'y jamais foutu les pieds et c'est un ailleurs possible pour lui. Puisque rien ne dure, puisque soi-même on change d'année en année jusqu'à une non-permanence permanente, déguisée en cerceuil, puisque la bonnasse qu'on s'est tiré à 18 balais est une rombière imbittable et que les autres bonnasses de 18 ans ne sont que des bonnasses de 18 ans de merde, puisqu'ailleurs, c'est ici et inversement ou peu s'en faut, puisque que même David B. est mort, puisque le thé vert a presque le même goût que le thé noir et que de toute façon le thé c'est un truc de fiottes angliches mais qu'il faut pas le dire, eh beh, mais pourquoi pas aller tirer sa révérence au PARAGUAY, les mecs ?Le PARAGUAY c'est le Paradis Perdu des rockers ! Si ça se trouve on se foutera enfin la paix, hein, Iggy ? Et puis vas te faire foutre pauvre débile !!! Ouarf ! Ouarf ! C'est le dernier morceau que j'écoute de toi !
Iggy Pop : "Paraguay"

Les paroles (bonnes) :
Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

(Yeah)

Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

I'm goin' where sore losers go
To hide my face and spend my dough
Though it's a dream, it's not a lie
And I won't stop to say goodbye

Paraguay
Paraguay

See I just couldn't take no more
Of whippin' fools and keepin' score
I just thought "well, fuck it man"
I'm gonna pack my soul and scram

Paraguay
Paraguay

Out of the way I'll get away
Won't have to hear the things they say
Tamales and a bank account
Are all I need, so count me out

Paraguay
Paraguay

I'll have no fear
I'll know no fear
So far from here
I'll have no fear
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la

Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

There's nothing awesome here
Not a damn thing
There's nothing new
Just a bunch of people scared
Everybody's fucking scared
Fear eats all the souls at once
I'm tired of it
And I dream about getting away
To a new life
Where there's not so much fucking knowledge
I don't want any of this information
I don't want YOU
No
Not anymore
I've had enough of you
Yeah, I'm talking to you
I'm gonna go to Paraguay
To live in a compound under the trees
With servants and bodyguards who love me
Free of criticism
Free of manners and mores
I wanna be your basic clod
Who made good
And went away while he could
To somewhere where people are still human beings
Where they have spirit
You take your motherfucking laptop
And just shove it into your goddamn foul mouth
And down your shit heel gizzard
You fucking phony two faced three timing piece of turd
And I hope you shit it out
With all the words in it
And I hope the security services read those words
And pick you up and flay you
For all your evil and poisonous intentions
Because I'm sick
And it's your fault
And I'm gonna go heal myself now
Yeah!

lundi 24 août 2015

La Grande Guerre.

Je lutte. Je suis en guerre depuis tellement longtemps maintenant. Je dirais de mon ennemi qu'il est peu surprenant et que je le connais par coeur. Il change peu et donc j'ai pu lui asséner moults coups et me faire mal mais ça ne me tue pas. Cet ennemi consentant à la torture, à la violence, au mal, c'est moi. Je me suis scindé en deux et je me livre une lutte à mort. A vrai dire la mort est déjà là, latente, la haine ou l'amour, tous les deux excessifs, que je me porte à coups de débordement physiques ou mentaux, me mettent dans un état morbide de passivité sans but et de culpabilité pervertie. Je me soigne à grands coups de médocs, de rêves éveillés mégalos et de mauvais sommeil. C'est surtout fatiguant, à la longue. Au début, j'ai cru que c'était la société qui était mal faite, qu'il y avait une injustice commise à mon égard et aussi envers plein d'autres. Je suis grand maintenant et c'est vrai que le monde ne tourne pas très rond mais je sais aussi que toutes ces petites croyances absolutistes en un grand soir de joie égalitaire étaient puériles et sont simplement un masque que ma colère avait revétu. Oui, ma colère et ma tristesse, si complètement invincibles, si complètements intangibles, contre lesquelles j'ai beau me débattre et qui gagnent toujours à la roulette russe de "rogner un petit peu de vie, c'est toujours ça de pris". Je ne connais pas le calme, pas la paix, pas le repos. Et pourtant, je travaille peu. Non, le travail, le mien, est celui que la Bête fait sur la Bête, une destruction habile et la plupart du temps, presque silencieuse, qui portera ses fruits tôt ou tard (j'ai déjà frôler la mort). Je me fais la guerre, je me ronge, je me tue, à petit feu, très surement pour respecter une promesse, celle que j'ai faite à une femme qu'elle ne partira pas seule. Je l'accompagne. Je prolonge sa peine. Je mourrai avec elle, en elle, et elle en moi. Je meurs avec elle et je me sers de la vie pour ça. C'est la toute la perversité de la chose, sa seule beauté, si l'on veut bien y songer un instant, cette fidélité, cette promesse faite que la fin aura un sens puisqu'elle se fera à deux. Je lutte à deux, je fais la guerre à deux, l'avantage c'est que je mourrai à deux, toute solitude brûlée comme un mauvais combustible, moi qui en connais de bien meilleurs. Illusions ? Ah, ça c'est une idée ! Vous en avez une autre à me proposer ? Comment ? Une viable ? Vous êtes trop bon !


mardi 30 juin 2015

Les Princes des villes

Je suis comme Ulysse, je veux rentrer chez moi. Mais Ulysse est un roi et il sait où est son palais. Moi, je n'ai plus de foyer, ma femme est morte. Je suis plutôt comme le héros de ce très beau film de Robert Wise avec Steve Mc Queen- "The Sand Peebles"-, qui, au moment de mourir, après s'être sacrifié pour une cause absurde se dit "J'étais chez moi - Qu'est ce qui s'est passé ?- Putain, qu'est ce qui s'est passé ?"
Oui, qu'est ce qui s'est passé ? Je n'ai rien compris. Et pourtant j'en suis là, aussi paumé qu'au premier jour, sauf que maintenant, c'est vers la fin.

Prince parle de ça sur son dernier album - qui est bon - L'envie de rentrer chez soi, c'est à dire dans le ventre de sa mère parce que dehors, c'est le règne de la Mort, de celle qui vous porte, de vous, de tout le monde.

Et ça, nos lumières qui s'éteignent, nos regards qui se ternissent, nos yeux qui se ferment et il n'y a plus de rêves. Mourir, mourir !!! Après la musique...

Les Beach Boys et moi : Good Vibrations ?

Est-ce que je peux encore écouter "Good vibrations" des Beach Boys ? Rien n'est moins sûr. Quand je l'entends, je réagis sec et je saute mettre un autre morceau; quand je le sens qui arrive, je passe à la chanson suivante des Garçons de la plage. Ce n'est pas que je ne l'aime plus, non, en fait cette chanson a été tellement formatrice pour moi, que je ne l'entends plus, que je suis incapable de prendre du plaisir à l'écouter.
Je l'ai découverte quand j'étais pré-ado sur une cassette audio de mon père. Comme tout dans ma vie, ce fut sans introduction, sans explication et je me la suis prise pleine face sans pouvoir dire "ouf". Je me demande s'il est possible de dire avec des mots le bouleversement intérieur auquel elle donna lieu. Ma sensibilité fut heurtée, chamboulée, meurtrie, guérie, exaltée, exhaussée en trois minutes et quelques. J'ai joui de toutes ces parties différentes, dissemblables et cependant parfaitement enchainées. J'ai eu peur aussi de ce grand charivari qui me menait Dieu sait où ? Vers la Mort, peut-être, un fin atroce, infini de souffrance ? Heureusement tout se terminait par le rythme allègre de la ligne de violoncelle et quelques notes de thérémin céleste. Ce morceau spatial finit terrien et ça me rassurait.
Mais cette chanson a fait plus encore que de m'impressionner, elle m'a structuré en profondeur. Chaque son a sculpté en moi un pan de ma sensibilité musicale et est passé pour cela par les plus infimes fibres de mon corps, de mon corps tout entier. J'ai été travaillé, secoué, réparé, couché, redressé. Il n'y a qu'avec les Beatles et les Stones, à peu près à la même époque, que j'ai vécu quelque chose de similaire. Si j'aime certains sons, certaines harmonies, je le dois à l'effet PHYSIQUE, en même temps qu'EMOTIONNEL qu'ont déclenché en moi tel son de "Good vibrations" pris en plein corps, ou telle dérive harmonique de l'esprit fou de Brian Wilson vécue bel et bien comme telle. Cette chanson à des sommets, des abysses, j'ai tout encaissé et à la fin le violoncelle (Dieu que j'aime le son du violoncelle depuis !) me ramenait toujours à bon port, mais ces creux et ces bosses sont celles de mon âme maintenant, à tel point qu'il m'est difficile de dire que cette ritournelle m'a juste "structuré", c'est encore trop "extérieur" car ça va un peu plus loin : je suis elle, elle est moi. Tout ce que j'ai entendu après a été entendu par moi et "Good vibrations" des Beach Boys ensemble, c'est à dire un entrelac de force, de recul et d'abandon, un frémissement, une révélation de soi à soi-même. La basse hyper-aiguë, c'est moi, la voix aérienne, le rythme à peine prononcé c'est moi, la façon dont les mecs disent "Ba-Ba" pour "Vi-Vi", c'est moi, le pont flippant c'est toujours moi, l'orgue d'église et la prière c'est encore moi. Et la flûte perdue dans l'espace interstellaire, haussée encore par des choeurs d'anges au rang de musique pour les Dieux, qui croyez-vous que ce soit ? Après ce truc, vous pensez vraiment que je peux écouter sereinement "Good vibrations"?  Je n'ai plus assez de distance. N'importe quelle chanson des Beach Boys, oui, et avec grand plaisir, mais pas celle-là
Alors, les Beach Boys : "Good Vibrations", version canonique. Celle qui m'a formé et s'est incrusté en moi.

Il y a un truc avec les groupes ou les artistes géniaux, ils ne sombrent jamais vraiment dans le le pathétique ou le nullissime. En 1980, je ne savais même pas que les Beach Boys existaient encore, moi j'écoutais de la New-Wawe.... et eux triomphaient en Angleterre, au festival de Knebworth. A cette époque, ils sont encore tous vivants et ils sont ici réunis mais, après toutes les engueulades, les bagarres, les luttes intestines c'est un véritable miracle. Encore plus improbable, le concert est bon. Le métier, sûrement. L'amour du métier, aussi.
The Beach Boys : "Cotton Field", "Heroes and vilains" "Keepin the summer alive".

mercredi 22 avril 2015

Plaidoyer pour la folie.

Les meilleurs d'entre nous deviennent fous ou artistes. Ce dernier terme pour éviter de dire benoîtement poètes, ce qui peut paraître un peu restrictif. Mais enfin, par rapport à la poésie, tous les autres Arts me semblent seconds. A tous les Arts il faut de la poésie alors qu'on peut très bien imaginer la poésie sans peinture, sans danse etc, etc. Sans musique, c'est impossible mais il s'agit d'une musique bien spéciale, le Chant vocal. Ce besoin essentiel de Chant chez l'humain se traduit par une musique savante ou populaire toujours très importante en quantité de production et en diffusion et des hits pour tout le monde, du gueux au noble. Il y a aussi "Paysan !", comme disait Rimbaud, c'est honorable. Beaucoup de bonne littérature vient de ces auteurs qu'on dit "régionalistes", qui parlent des paysans d'un coin précis et du rapport qu'ils ont à "leur terre", alors qu'elle touche potentiellement le monde entier, bien au-delà de son ère d'origine. Nous sommes tous de glaise crottés, ne l'oublions pas. Juste derrière artiste, où plutôt à coté, il y a les artisans qui intègrent l'utile comme contrainte à la production de la beauté. J'admire leurs travaux au plus haut point, sauf ceux de cette catégorie qu'on appelle "Artisants d'Art", qui font, pour la plupart, dans le "joli", et donc le passager et le laid. Si j'essaye de penser à d'autre professions que je pourrais trouver honorables, je me dis que tomber sur un bon commerçant est quelque chose de rare mais très agréable. Faire la cuisine, jardiner ne devraient pas être des métiers mais faire partie de ce que tout un chacun doit savoir faire, comme faire du vélo, ou savoir nager. Pour le reste, c'est un marasme qui commence avec professeur et instit et finit avec avocat et flic.
Ce classement est abracadabrantesque mais pas grotesque et je réitère ce que j'ai dit au début, les meilleurs deviennent fous. Je ne crois pas que la folie mène systématiquement à des êtres humains forcément meilleurs que les autres. Je connais plein de fous, il y en a un paquet qui ne sont pas passionnants, à peine respectables. Mais la folie donne naissance à des complexions, des tournures d'esprit si l'on veut qui sont d'une rare beauté et intelligence, intrigantes, fascinantes et souvent créatrices. Un grain de folie plus ou moins grand et prégnant est un ingrédient nécessaire à une belle personnalité, mais pas suffisant, ça serait un peu trop simple. N'empêche, les gens que je connais qui ne sont pas fous peuvent êtres éminemment sympathiques ou franchement intelligents, à mes yeux il n'ont qu'un intérêt maigre comparés à ceux que j'aime le plus et qui sont des psychotiques à peu près stabilisés, en quête d'une meilleure santé. La santé, quand elle est donnée, quand on l'a d'avance est un avantage immense, c'est aussi un grande aide sur le chemin de la crétinerie et de la beauferie. Je n'ai jamais vu un beauf autrement qu'en pleine forme, prêt à s'enquiller ses 30 pastis et ses deux paquets de brunes. Après ça, il baisera comme un porc la première venue qui s'en trouvera tout à fait satisfaite. Pour certains, assez nombreux, la vie est comme ça. Je ne les envie guère. Pas plus que je n'envie les profs, les animateurs et éducateurs de tout poils qui passent leur temps à racheter leur petite conscience coupable d'exister au prix de la vie des autres, qu'ils sont sensés rendre meilleure sur une échelle de valeur indiscutablement faussée par un égotisme mal assumé, sans noblesse, délétère car égalitaire. C'est dommage l'altérité, la pédagogie méritent mieux que des névropathes pour être vraiment constructives. J'ai néanmoins connu des profs et des éducs remarquables. La "science du lien" était chez eux une sorte de seconde nature. Comme chez certains médecins, très rares.
Mais je n'ai pas parlé des métiers les plus courants dans notre système économique : ouvriers, employés, cadres du tertiaire, fonctionnaires plus ou moins planqués. A mon avis, ceux-là font marcher la machine à merde et s'en trouvent bien. Ils aiment ça, l'étron. Ou l'argent si vous préférez, confondant pouvoir et puissance, force et agitation. Le problème avec ces gens, c'est qu'ils sont très bruyants, à défaut d'être majoritaires et occupent une place incroyablement disproportionnée dans l'espace public. On entend qu'eux. Ils aboient comme des chiens de garde devant une propriété privée convoitée par des migrants en provenance de Libye.
Quelque part, un fou crie et s'agite, il est mis sous camisole chimique. Quand il ira mieux il fera peut-être bon discuter avec lui, de tout et de rien. Ailleurs, le poète chante, nous sommes peu à l'entendre mais cette minorité, celle qui esquisse le Chant comme celle qui tente de l'entendre est certainement essentielle à la survie et à la perpétuation de l'espèce tout entière. Pourquoi ? S'il y a un sens à la vie, c'est là qu'il se dit. Dans les chants d'amour, de guerre, d'alliance avec la nature, dans la simple poésie de l'instant qui passe. Peut-être simplement dans le fait même de chanter.

C'est un mélange de deux vieux poètes éternellement jeunes. L'un, Burroughs récitant l'autre, Morrison. Voici le texte de ce qu'il dit. En fait Burroughs rend
 hommage à Morrison en citant des extraits de son poème "Celebration of the King Lizard", un truc zarbi à souhait.
Lions in the street
Lions in the street
And roaming dogs in heat, rabid, foaming
A beast caged in the heart of a city

Is everybody in?
Is everybody in?
The ceremony is about to begin

The body of his mother
Rotting in the summer ground
He fled the town
He went down south and crossed the border
Left the chaos and disorder
Back there over his shoulder

Is everybody in?
Is everybody in?
The ceremony is about to begin

One morning he awoke in a green hotel
With a strange creature groaning beside him
Sweat oozed from its shiny skin

Is everybody in?
The ceremony is about to begin

Oh how to thank history
Jim morrison
Jim morrison
Who drown in a bathtub in paris
Seems like a god damn odd thing to happen to me


Lions in the street
Lions in the street
And roaming dogs in heat, rabid, foaming
A beast caged in the heart of a city

Is everybody in?
Is everybody in?
The ceremony is about to begin

Jim morrison
A magnificient influence and grand fellow
Grand fellow
Jim morrison
A magnificient influence and grand fellow
Grand fellow

Is everybody in?
Is everybody in?
Is everybody in?
Is everybody in?

samedi 18 avril 2015

Droïds get lonely too.

A peine ai-je regardé la bande-annonce du Starwars VII que j'ai eu les larmes aux yeux. Suis-je un idiot ? Pas plus que d'autres... Le film est la suite de cette saga dont j'ai vu le premier volet en 1977, j'avais 13 ans. On savait déjà, à l'époque, que cet épisode et les deux qui le suivirent étaient une trilogie centrale qui était précédée d'une autre et suivie d'une troisième. Ça n'avait pas grande importance, il n'était pas question en ces temps-là de les voir un jour sur écran, c'était une convention épique qui donnait du relief à l'ensemble. Plus tard, grâce aux avancées de la technologie, George Lucas a pu donner vie aux trois premiers épisodes de la série et ce fut une sorte de purge gigantesque ou la colère montante d'Annakin Skywalker n'avait d'égale que ma frustration a voir ce que je savais déjà, bégayé par le créateur de Starwars lui-même. C'était rageant et assez honteux. Et le temps, lui, filait, avec ou sans cinéma, bientôt sans, définitivement, et ma vie suivait son cours vers le grand-âge et la mort. Je ne suis pas si vieux, certes, mais c'est déjà le début de la fin et pas mal de choses me sont désormais interdites. En plus de cela, je n'ai pas bien vieilli, je suis devenu laid et gras, la vie m'a amené à atterrir dans une bourgade peu accueillante où seul le chant des oiseaux me console de ma grande solitude ("Haute solitude" aurait dit Léon-Paul Fargue), où j'ai pour toute compagnie quelques livres et un ordinateur branché sur Internet et son cortège de richesses pauvres et d'ignominies virtuelles/réelles. Je suis ensuqué dans un presque rien rébarbatif, une quasi déchéance que je dis n'avoir pas choisi mais que je m'inflige tout de même comme une punition morale à je ne sais quel péché originel. Et voilà que, du fond du temps, une voix familière vient tinter à mon oreille et me parler de ce que je croyais avoir, comme tous les mômes de l'époque, comme tout le monde finalement, La Force, cette bienveillante puissance qui aura été finalement absente de ma vie. Voilà que, par-dessus les blessures infligées et données, par delà le temps perdu à ne rien faire si ce n'est à regretter TOUT, quelqu'un (un père ?), une autre voix, chaleureuse, me dit : "Nous sommes à la maison." Quelque chose s'est refermé en moi, une boucle heureuse, proustienne bien sûr. Oui, j'étais parti, il y a longtemps, avant même de partir vraiment, où plutôt, on m'avait quitté et laissé dans l'angoisse; et "ça" revenait de là-bas, de très loin, et moi aussi je revenais. Des traces, des reliefs statufiés reprenaient vie, prenaient du sens. J'étais devenu un mécréant, un sarcastique jaunâtre, un laideron et tout ce qu'il avait fallu que je dilapide de beauté, d'amour, de joie pour en arriver là m'était redonné en deux minutes d'une bande-annonce d'un film qui avait irrigué de force et d'élan ma jeunesse et ses illusions perdues par ma faute (était-ce bien ma faute ?). Comme la madeleine pour le narrateur de la "Recherche", ce goût familier d'une fiction tant aimée a fait renaître en moi l'idée que la vie n'est pas vaine, et que, si elle finit en loque rapiécée, c'est bien plus la responsabilité du couturier que celle des tissus, et qu'au-delà même de cette responsabilité le cours inexorable du temps contient dans ses plis la matière d'une plénitude qui s'exerce pour peu que l'on se donne les moyens et la chance de la chercher. Il n'est pas d'autre sens que celui-là, de se dire qu'au soir de sa vie on est rentré chez soi, là où personne d'autre ne peut se dire cela ni en éprouver le contentement, la joie mêlée à la tristesse. A la maison.

vendredi 10 avril 2015

Bander plus fort, bander encore.

Je viens de découvrir le travail du photographe et ethnologue italien Fosco Maraini. On a pas fini de s'émerveiller les amis. On n'a pas fini de désespérer non plus. Et non, je ne suis pas bipolaire, c'est l'Homme qui oscille dangereusement entre le noble et l'ignoble, et le sublime et le sordide, si tant est que ces notions veuillent encore dire quelque chose aujourd'hui.
Enfin bref, ce photographe amoureux du Japon a fourni une iconographie abondante et magnifique sur une catégorie très spéciale de la population : les pêcheuses en apnée d’ormeaux d'une île du sud de l'archipel, les Ama. A voir ces photos de femmes débordantes de santé et d'énergie effectuer leur tâche quotidienne quasiment nue on ressent une charge érotique d'une puissance peu commune alors même qu'aucun des codes de la photo de charme d'Occident ou d'ailleurs n'entre en jeu. Ce ne sont pas des sirènes que l'on voit ici comme on l'a souvent dit, créatures fatales et fragiles comme beaucoup hommes les aiment, mais des guerrières au sourire éclatant, à la nudité rayonnante, aux seins galbés pour la main, le couteau à la ceinture, prêtes au combat. Voilà bien nos égales dans la lutte amoureuse pour le plaisir. Elles ne s'en laisseront pas compter et il faudra les baiser de toutes nos forces pour les faire décoller et nous avec dans le maëlstrom d'un orgasme partagé arraché aux Dieux jaloux. Nous sommes là bien loin de la névrose mise en scène par Oshima (et comment) dans "l'Empire des sens" (titre original "Ai no corrida", qu'on pourrait traduire assez simplement par "la corrida du sexe";  parlant, non ?). Les japonais s'y connaissent en matière de sexualité tordue et de névroses carabinées mais je doute que les psys fassent fortune là-bas. On connaît la fameuse phrase de Freud sur les Irlandais qu'il jugeait être le seul peuple hermétique à la psychanalyse. Le pauvre ne connaissait pas le Japon, pays ou les perversions s'épanouissent toutes violemment et font partie intégrante de la vie de la plus grande majorité sans que cela semble poser trop de problèmes.
Mais là, c'est autre chose que nous montre Maraini. Il s'agit bien d'une sexualité parfaitement saine, parfaitement puissante et heureuse à laquelle ces femmes, ces Ama(zones, bien sûr) nous invitent. C'est revigorant et ça change avantageusement de "sexually broken" sur Youporn, série SM anglaise où des femmes sont réduites, en plein consentement paraît-il, à l'état de déversoir à violence masculine. On pourrait toujours essayer ça avec une Ama, les gars, ça n'irait pas très loin avant qu'elle quitte la tour du donjon, et tant pis pour vous si les photos et la vidéo ci-dessous ne vous excitent pas, les morts bandent aussi.


mercredi 1 avril 2015

Tweedy and son Ltd

Jeff Tweedy, le leader de Wilco, entre deux crises de migraine, a trouvé un remède souverain et guilleret contre l'érosion qui attaque le Rocker dès qu'il a passé la trentaine. Il fait du Rock avec son jeune fils initiant ainsi une filiation énergique et créatrice tout à fait bienvenue qui semble répondre à l'équation impossible du "comment grandir sainement à l'école du Rock n' Roll ?" pas particulièrement réputée pour son régime de vie mesuré. Le conflit des générations s'en trouve aussi un peu obsolète( ainsi que les reprises de l'hymne des Who) et quelque chose s'installe dans le temps entre eux et pour nous qui est tout à fait original. On va les voir dans la vidéo ci-dessous, où ils jouent des morceaux de leur album sobrement appelé "Tweedy". Tout à l'air assez simple, le reste du groupe n'est guère plus âgé que le fiston-batteur et ça se passe dans une bonne ambiance qui ne nuit pas à la tenue Rock de l'ensemble. C'est assez miraculeux, en fait. J'imagine que Tweedy-père est plutôt fier de son fils et inversement, ou alors c'est encore plus évident et simple que ça. En fait, je n'avais jamais entendu parler d'une telle "expérimentation" familiale positive.

mercredi 25 mars 2015

Un piano, une gouellante, une fine à l'eau. Freud fait la bombe.

Qui donc se demande " pourquoi frémit-on en entendant "La Soiffarde", ou pourquoi répond-t-on oui avec tous ses sens à la question : ″dites-moi que je suis belle″ ?
C'est Sigmund Freud dans une lettre à la chanteuse qu'il admirait tant, Yvette Guilbert, reine du Caf'conç entre 1890 et les années 30.
Son répertoire était si brillamment grivois, si emprunt des choses du sexe et de la vie dans son réalisme le plus cru, il y perçait un misérabilisme toujours mêlé de l'humour le plus noir que Freud, roi de l'interprétation, donc du sous-entendu, ne pouvait qu'être fasciné par celle qui le pratiquait avec tant de maestria et endossait sur le vif avec une facilité déconcertante les habits de la coquette ou de l'alcoolique déchue. Il existe une jolie correspondance entre Freud et Guilbert dont Nathalie Joly a tiré un spectacle qui a l'air réjouissant. J'en met ici un extrait qui évoque justement la chanson préférée de Freud. Celui-ci faisait feu de tout bois, il inventait à tire-larigot des concepts tous plus intéressants les uns que les autres, menait une vie riche et passionnante, contrairement à son contradicteur récent, le petit Onfray, qui prend trop souvent le train entre Paris et Caen et passe son temps à donner des coups de saton dans les chevilles des grands hommes qui n'ont pas le bonheur de "penser" comme lui, ce qui ne fait pas avancer le schmilblick d'un centimètre. Ce faisant Freud, quand il allait au Music-Hall, invitait l'artiste du spectacle à se faire psychanalyser pour qu'ils comprennent les mécanismes de la création artistique alors que le petit Onfray, quand il va voir Guy Béart se demande pourquoi les places sont si chères dans ce monde capitaliste pourri, hi hi et où va l'argent han han.
Bon, plutôt que de m'énerver sur le nain Onfray, je mets une vidéo de "Dites-moi que je suis belle ?" chanté par Nathalie Joly et "J'suis pocharde" par Yvette Guilbert en personne, rescapée des rouleaux, des aiguilles et autres instruments de haute fidélité de l'époque. Ca colle effectivement le frisson. On voit beaucoup de portraits d'elle par Lautrec qui était aussi son ami.
"Mais quoi ça me regarde !"

lundi 23 mars 2015

Visions extrèmes.

Faire de la peinture figurative c'est être cruel. C'est coucher sur la toile quelque chose qui résiste, le réel, le dompter, lui arracher un secret. La peinture c'est le "devenir image" du réel qui s'oppose par sa profusion, son énoncé indescriptible, inénarrable, son encombrement essentiel. L'ordre vient donc et le plan et le secret qui se dérobait : la vision. Tout peintre figuratif est un visionnaire, l'abstraction est seconde mais naît de ces visions, c'est une vision qu'on pourrait croire sans socle réel. C'est faux, c'est toujours au réel que les formes sont arrachées, volées, comme le feu par Prométhée. Seuls voient ceux qui ordonnent à leurs yeux de voir, qui appliquent des règles, mêmes celles du chaos. L'idiotie de l'Art conceptuel vient du fait qu'en faisant appel à l'intelligence pour agencer notre vision, il a été cru par certains qu'il valait bien mieux agencer des idées que des formes. C'est une aberration. L'Art est intelligence, il ne fait pas appelle à elle, il est chiffrement et déchiffrement, il n'a nul besoin de code, il les contient, il les excède. Car il ne faut pas oublier qu'au bout de la formule se trouve la Magie. Depuis le paléolithique l'Art est, par essence, magique. Il ne faut pas y croire pour le voir, il suffit de se rendre disponible et viendront les apparitions.
En voici deux d'un peintre peu connu car mort trop jeune, en 1870, Frédéric Bazille. C'est sauvage. Il ne prend pas de gants et pourtant c'est délicat. Paradoxe d'un peintre qui fait rendre quelque chose au réel qui se refuse parce que justement, il est une chose, et que les hommes y voient autre chose, qui les concerne, eux et les Dieux.


vendredi 6 mars 2015

Y'a bon l'Art !

Ca commence à tourner à l'obsession chez moi, l'idée que la Pop musique est un Art majeur. Voici, au hasard des écoutes, un titre des Undertones sorti en 1979 : "Mars bar". Je ne vois pas ce qu'un gauchiste mal emmanché ou un 'vert" rendu dément par le manque de produits chimiques pourrait ajouter à ce commentaire acéré et acerbe de la "Société de Consommation" (livre de Baudrillard) et de ses dérives. Voyez comment ils parlent (les Undertones) avec finesse de cet acte banal mais typique de la société avancée occidentale : manger une barre de Mars. Ca engage plein de choses, dérisoires et grandioses, de la politique de santé publique aux chansons de David Bowie, de la diététique à l'addiction morbide, du dopage aux dents gâtées et tout est là, sombrement et sobrement exposé. Je mets donc les paroles, vous allez voir, c'est très pertinent et nerveusement rebelle. ("Hey raid the Spar", ça veut dire "Hé, j'ai fait un raid sur le "U express" (pour acheter mon Mars)) Tout ça pour le prix d'un 45 tours, Waoouh ! Après, vous faites ce que vous voulez. Vous intégrez des groupuscules d’extrême gauche (ou droite), vous arrêtez les barres chocolatés, Vous passez au Nutella à haute dose...Moi, je pense que la meilleur chose à faire est d'écouter ce morceau en boucle en bouffant des Mars jusqu'à en devenir diabétique, c'est encore ce qu'il y a de plus chic à ce prix-là. Un peu esthète, quoi ! Non, plus sérieusement, savez-vous qu'après l'Art, il y a encore de l'Art ? Dieu que c'est bon. Miam-miam !

 I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

I never eat my dinner
I push away the plate
You can see I'm getting thinner
Because I just can't wait

To get my Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

To Patrick Moore and David Bowie
And all the other stars
There's evidence here to show you
That there's life on Mars

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

There's glucose for energy
Caramel for strength
The chocolate's only there
To keep it the right length

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

To anybody out there who still eats Twix
Or Bounty, or packets of Buttons
I gave them up when I was six
I hope your teeth are rotten

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

Work, rest and play!


mercredi 4 février 2015

Bob Dylan : passé le pont, les Ombres vinrent à sa rencontre.

En hommage à Bob Dylan, magicien en chef qui insuffle la beauté à tout ce qu'il touche, je vais faire un truc que je ne fais jamais : mettre une vidéo POUR la vidéo. Bien sûr, le morceau est excellent, au moins aussi bon que le "Things have changed" de 2000, nous sommes maintenant en 2009 et les choses ont continué de changer. C'est ce que je ressens en regardant la vidéo de ce "Beyond here lies nothing", l'amour, c'est différent maintenant, ça n'a plus la même saveur, c'est autre chose. Ca a toujours été comme ça ? Ah bon, ben alors c'est moi qui retarde. Il est vrai que je suis assez vieux jeu, des fois.