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lundi 12 novembre 2018

Les Beatles jusqu'à la mort et après.

Les Esher demos viennent de sortir officiellement à l'occasion de la parution d'un coffret célébrant le cinquantième anniversaire du "White album" des Beatles, sorti en 1968. Elles tendraient à battre en brèche l'idée que le "Blanc"a été enregistré par des musiciens qui ne se parlaient quasiment plus, tous à couteaux tirés les uns avec les autres. Elles ont été faites à la coule chez George Harrison, à Esher, et les Beatles ont l'air tranquilles, sereins. C'est pareils pour les inédits studio, en particulier les jam-sessions captés à Abbey Road et qui les montrent riants, détendus et géniaux. Le travail de remixage effectués par Gilles Martin, le fils de George Martin qui enregistra l'album à l'époque est tout simplement remarquable et on peut enfin écouter les titres avec une bonne stéréo, qui se rapproche de celle du vinyle. Le mix inédit des deux guitares de "Révolution" et de la batterie primaire de Ringo est formidable, je l'ai écouté les yeux fermés, quasi en transe. Purée! Tout est d'un niveau exceptionnel, et vaut l'achat ou l'abonnement.
Et pourtant alors que tout semble baigner dans l'huile, quelques années plus tard, John Lennon enregistrera ce titre magnifique et acerbe destiné à Paul Mc Cartney où il se demandait comment son ex-complice dormait la nuit. Dans la chanson, il le traite carrément de "con". Harrison est là, Klaus Voorman aussi, fidèle depuis la période allemande, et Nicky Hopkin,s qui assure le clavier avant de se retrouver à Nellcot, en France à enregistrer "Exile on main street" avec les Stones.
Lennon dira plus tard qu'il peut très bien avoir eu cette colère contre Paul et que ça ne signifiait rien de profond.
Quand Lennon fut tué et que Yoko en avertit Mc Cartney, celui-ci lui demanda ce que John disait à son propos. Yoko lui répondit que John ne cessait de dire qu'il était son frère. Rasséréné, Paul raccrocha et alla affronter les caméras. A la télé, il apparut froid. Qu'importaient les médias, il savait ce qu'il voulait savoir.
Moi, je ne sais pas à quel point ces deux-là se sont aimés et haïs. Je sais qu'ils étaient géniaux ensemble (que celui qui reste l'est encore). Alors, je suppute, je m'interroge et mes questions n'auront jamais de réponses, des bribes peut-être, le reste est dans les limbes. Qu'importe au fond, je chicane; la musique est là, intacte, merveilleuse, profonde à l’extrême.
Je vomis tous les jours l'assassin de Lennon et je me demande pourquoi personne ne veut tirer sur Pascal Dusapin ou Philippe Sollers ? Pourquoi ? Le Star-système est bien fait et ils n'en valent tout simplement pas la peine. C'est pas "pas assez connus", ils sont ultra-connus, c'est simplement pas assez bons pour qu'on prenne le temps de délirer sur eux. Pas assez vitaux pour personne.
Du vital, donc : John Lennon ; "How do you sleep ? "

mercredi 1 août 2018

La preuve par la femme.

Normalement il ne faudrait pas parler des nanas comme ça, m'enfin comme elles se considèrent pour la plupart elles-mêmes comme des trophées à remporter (aux "meilleurs" celles qui "valent" le plus c'est à dire les plus belles, et si elles ont deux ou trois neurones en sus, on ne dira pas non), donc,
pour parler (encore) des Stones et des Beatles et de la supériorité incroyable des seconds sur les premiers, il suffit de regarder leurs nanas et de les comparer. Comme ça, à vue de nez, les sex-symbols, c'est les Stones avec leur aura méphitique et leurs manières vicieuses, donc ils vont avoir les plus belles et les plus bandantes bandantes.
C'est faux, d'abord les numéro uno des Stars des pisseuses déchainées qui crachent leur poumons pendant les concerts c'est les Beatles. Les autres ont raccroché les wagons et embrayé mais les cris et les hurlements des filles ont cessé pour les Beatles simplement parce qu'ils ont arrêté de donner des concerts. Les Beatles étaient des sex-symbols aussi vifs que les Stones.
Ensuite si on compare leurs gonzesses dans les sixties, période où les deux groupes turbinaient à fond au même moment, et bien les femmes des Beatles sont infiniment plus sexy, plus intelligentes, plus belles, et pour moi plus attirantes que celles des Stones. Pendant que Richards se farcissait la satanique et ennuyeuse Anita Pallenberg, une petite arriviste de la fesse qui sucera à peu près tout le monde dans le business (une salope, quoi), et que Jagger jouait à délater la poupée candide Marianne Faithfull en bon pervers narcissique qu'il est, Paul McCartney passait des années vertes, amères et tumultueuses avec Jane Asher, actrice, modèle et véritable icône britannique sixties (avec Twiggy, Jean Shrimpton et quelques autres dont Patti Boyd)  mondialement connue pour être une émanation excitante du Swinging London, et George Harrison sortait avec un des trois ou quatre mannequins les mieux payés d'Angleterre, la délicieuse Patti Boyd; quant à lui John Lennon sortait tout simplement avec une des artistes conceptuelles les plus reconnues du monde, Yoko Ono, qu'il faut réhabiliter tant elle a rendu John heureux et a fait avec lui un boulot important.
Toutes ces femmes ont été des muses pour ces artistes et on pourrait comparer les chansons inspirées à nos rockers au coeur lourd que l'on arriverait à la même conclusion : celles des Beatles sont meilleures que celles des Stones.
Tout ça est subjectif me direz-vous ? Oui, en grande partie. N'empêche, quand on considère l'héritage laissé par ces femmes il y a une sévère différence et les stoniennes ne tiennent pas la route face aux beatlesiennes. Exemples :
Patti Boyd, magnétique et magnifique, qui est devenue plus tard photographe et muse de Clapton (on pourrait écouter "Wonderful tonight"de celui-ci, qui est déchirante). Et bien c'est un rêve sur patte Patti Boyd et elle incite aussi bien au coït qu'à l'amour et à la rêverie délicate. Un petit clip pour s'en convaincre. Je la trouve plus belle et plus inspirante que Pallenberg et Faithfull. Cent fois.

Jane Asher dans un extrait de "Deep end" de l'exilé Jerzy Skolimoswki (C'est lui le bon cinéaste polonais passé à l'ouest et pas Polansky). Elle est juste. C'est pas évident pour une aussi jeune femme.

Un petit clip avec des images de Jane Asher.

mercredi 20 avril 2016

Afro-Pop blanche dans le noir.

On avait déjà vu des vieux routards du Rock allez chercher un vent régénérateur en Afrique; Ry Cooder au Mali, Paul Simon en Afrique du Sud; on avait vu Peter Gab où les Talkings Heads regarder de ce coté-là; on avait vu Paul McCartney aller enregistrer à Lagos mais je n'avais jamais entendu des groupes de Pop blanche jeunes s'inspirer aussi directement et simplement de l'Afro-beat ou du groove des groupes de l'Afrique de l'Ouest (En Afrique de l'Est c'est différent, les compilations "Les Ethiopiques" ont influencé pas mal de gens, Mahmoud Ahmed est une star)). Alors voici deux tripatouilleries anglo-saxonnes à base d'épices et de rythmes d'Afrique qui font un bien fou.
Woods : "The take".

Foal : "Night Swimmers". Le clip est borgne et louche mais beau comme la pochette de "House of the holy" de Led Zeppelin.

vendredi 12 février 2016

Troisième round.

Pour ce troisième envoi de mon Top 13 + ou -, je vais laisser tomber les fous furieux et convoquer les raffinés, les sensibles, les émotifs. Attention ! Faiblards s'abstenir ! Dans le monde impitoyable du Rock, on pleure peut-être mais jusqu'au single suivant, pas plus. Alors... : "Coco, vas pas t'emberlificoter les pieds dans le mélo maudit, moi, faut que je paye ma Rolls et mes impôts ! - Oui, Boss. - Ah, brave garçon !."
C'est le petit jeu du Rock, n' Roll, chacun veut sa part du gâteau et, si possible, une plus grosse que celle du voisin qui croque néanmoins dans le même cake, et bien souvent ce ne sont pas les créateurs qui bénéficient des fruits sonnants et trébuchants de leur talent. Prenons Smokey Robinson, par exemple. Il était interprète et compositeur mais ce n'est pas lui qui décrochait la timbale quand il faisait un hit comme "Tears of a clown", non, c'était son boss à la Tamla Motown (sa maison de disque), Berry Gordy. Les larmes sont amères, Smokey avait toutes sortes de raisons de le savoir, y compris pécuniaires. Ce qui me laisse pantois là-dedans, en dehors du morceau lui même qui est d'une musicalité extrème c'est la référence à la culture classique et, en particulier à Verdi. Je cite : "Juste like Pagliasse did, I kept my sadness hid...". Je me demande quel était le pourcentage d'auditeurs capable de comprendre cette phrase à l'époque. Et maintenant ?
Bon, oubliez ce que je viens de dire pour les Beatles. Oh, ils se sont faits entuber comme tout le monde ! Mais ils sont devenus tellement énormes et rapportaient tellement de pognon que lorsqu'ils ont dit "On veut jusqu'au dernier pence de ce que vous nous devez légalement, sinon... !", personne n'a mouffeté chez EMI et ils ont aligné la monnaie. Ca été le début des emmerdes pour les maisons de disques et, à un moment donné, même Berry Gordy a du refiler du flouze honnête à Smokey. Il vaut mieux avoir un boulet au pied que plus de jambes du tout... Après ça, les artistes ont commencé à fonder leurs boites de disques. Ca aurait pu être la fin des haricots pour EMI, Tamla, Polydor et compagnie, l'émancipation, la liberté totale de création pour les artistes mais c'est tellement compliqué à gérer, une boite, que nos braves rockers sont retournés d'eux-mêmes dans le giron des grands argentiers du show-business. Free and easy !
Des Beatles, j'en met une (presque) au hasard. Tout est génial.
Smokey Robinson and the Miracles : "Tears of a clown" (ah, les voix de velours des mastards en costard...)

Une version a cappella de "And your bird can sing". On ne trouve presque rien des versions originales des morceaux des Beatles à partager sur Youtube. Les gardes-chiourmes de la poule aux oeufs d'or veillent. Alors, débrouillez-vous, allez-voir par vous-mêmes.

mardi 26 mai 2015

Les héritiers.

D'abord il y a eu l'album de Noel Gallagher et de ses High Flying Birds, pas mal fichu, avec une ou deux compos fortes. Puis celui de Damon Albarn sous l'incarnation Blur, très chouette mais vite oublié quand même. On leur sait gré (aux Blur) d'être allés voir à l'Est et même à l'Extrème-Orient. C'est là que ça se passe maintenant et enregistrer un album là-bas, dans les vibes de ce nouveau centre du monde est une foutrement bonne idée. En Pop contemporaine, celui qui a un temps d'avance gagne. Enfin est arrivé l'album du "père", le "Modfather" en personne, Paul Weller et sa "Voie de Saturne". Dire le "père" est un peu excessif il n'à que dix ans de plus que Gallagher et Albarn mais il a commencé les Jam si jeune qu'il a toujours été dans l'oreille de ses deux disciples - enfin deux parmi tant d'autres, tous ceux de la Brit Pop lui doivent quelque chose. Et voilà que son disque est meilleur que ceux qu'il pond d'habitude et meilleur que ceux de ces petits frères. A vrai dire, il est largement meilleur que ceux qu'ont sortis ses idoles à lui à peu près au même âge : Paul McCartney, Pete Townshend, Curtis mayfield, Dr John et (c'est nouveau dans le Panthéon de Weller) Brian Wilson ne sont redevenus bons que la soixantaine bien tassée (c'est faux pour Mayfield cependant) et Weller n'a "que" 57 ans. Et voilà qu'il arrive à cumuler la puissance des morceaux les plus aboutis de gallagher et l'originalité des très bons titres de Blur. Mystère et boule de gomme.
On va dire que je délire, que je vaticine, pire, que je dis ça à chaque album de Weller, bref, que je me répète et que je deviens sénile. Doucement les basses. Je ne crois pas avoir été touché si facilement, si évidemment par un disque de Weller depuis longtemps et celui là ne me fatigue pas ni ne me laisse sur ma faim. Je prends un plaisir simple, sans mélange, renouvelé à l'écouter et je vous conseille d'y jeter une oreille, vous allez voir, c'est catchy en diable. Moderne et ancien à la fois, juvénile et mature en même temps. Une sorte de quadrature du cercle Pop pour "vieux" rocker comme moi, toujours pas calmé mais plus serein de fait et avec un peu mal aux genoux. Peut-être faut-il, pour en arriver là, avoir arpenté et arpenter encore la "Voie de Saturne", planète à l'influence trouble, vénéneuse et enivrante.
Paul Weller : "Saturns Pattern." En dessous une interview de Weller à Télérama où il parle sans trop serrer les dents et où il n'est pas insultant avec ses anciens partenaires
des Jam.


jeudi 29 janvier 2015

Une brève Histoire de...Ronnie Lane.

Ian Mclagan est mort il y a peu, mais qui se rappelle de son groupe des seventies les Faces ? Qui se rappelle du bassiste Ronnie Lane, le malingre Ronnie Lane, qui fonda plus tard son propre groupe "Ronnie Lane Slim Chance" ("la mince chance de Ronnie Lane") qui mélangeait sans vergogne Country, Folk anglais et Rock british ? Qui se rappelle qu'une des plus belles chansons des Faces était de lui, "Ooh La La", chantée par Ron Wood, futur Rolling Stones ? Il était tellement sympa Ronnie Lane que Pete Townshend lui offrit une plage sur son premier album studio de 1972, "Who came first", et que le morceau, "Evolution", est vachement bien. En 1977, c'est un album entier qu'il feront ensemble : "Rough Mix". Ah, la mémoire du Rock est oublieuse et le bastringue dévore parfois ses enfants les plus doués, les laissant abandonnés sur les sables infinis du Temps et de l'Histoire... Mais moi, je m'en souviens et comme je m'octroie un petit peu d'espace pour dire des choses sur le Net et bien j'en profite pour vous dire celles-là, parce je pense que plus il y aura de gens au courant mieux le monde se portera. J'en suis même fermement convaincu. Si ça c'est pas de l'Espérance grand teint, je ne m'y connais plus en matière de prières !
Alors allons-y pour un bain de jouvence ou un cours de rattrapage, c'est au choix. Les Faces : "Ooh La La". Ronnie lane c'est le gringalet au milieu. Il est entouré de Rod Stewart, Ian McLagan, Kenny Jones et Ron Wood, une sacré bande de branleurs.

"Maybe i'm amazed". Là, Ronnie Lane et le formidable Rod Stewart se partagent le lead vocal sur cette reprise d'une chanson de Paul McCartney. Rod a un des organes vocaux les plus beaux du Royaume-Uni, qu'il fait maintenant sagement fructifier aux Etats-Unis en chantant le "Great American Songbook", ce qui n'est pas aussi nul qu'on pourrait le croire. C'est son coté technicien. Mais quand il fait entendre son émotion ou sa goguenardise, c'est là qu'il est le meilleur. Là, il est simplement amoureux.

Enfin, "Evolution" de Ronnie Lane. Ca ne paye pas de mine, ce n'est pas surjoué, c'est donc l'inverse des Who. N'empêche, c'est sur un album solo de Pete Townshend, va savoir pourquoi ? Je sais gré à Pete (je dis Pete parce que lui, je le connais par cœur, ce ouf) d'avoir organiser des concerts de charité pour récolter des fonds afin que Ronnie Lane puisse soigner sa sclérose en plaques et crever dignement. C'était définitivement une bonne cause.

dimanche 4 janvier 2015

In the beginning : The Beatles

Je mets ça, c'est pour les fans des Beatles comme moi. M'enfin, ça demeure quand même accessible à nombre de personnes. Un truc charmant qu'ils (je sais pas qui c'est au juste "ils") devrait généraliser à l'ensemble de la discographie du groupe, histoire qu'on comprenne un peu mieux COMMENT ça se fait que ça "sonne" comme ça; c'est à dire incroyablement bien pour un enregistrement fait sur un magnétophone quatre pistes (de nos jours, on en est à plus de cent). Donc là, chaque piste est jouée séparément et puis on entends le mix final après. C'est à la limite de la magie, en fait c'est un travail d'orfèvre. Pour cet album, "Sergent Peper's Lonely Hearts Club Band", tout le monde s'est mis sur son 31. L'époque était aux bonnes vibrations d'amour libre et de paix, les fringues étaient VRAIMENT classe, George Martin savait ce qu'il faisait de A à Z, sous la férule de John, Paul George et Ringo, même l'énervé Lennon semblait radouci. Résultat, un truc imbattable "l'Album" avec "A" majuscule de ces années-là, un fleuve presque narratif et hallucinogène de musique idyllique d'intelligence et de beauté, ici réduit à quatre pistes pour qu'on puisse bien voir ce qui se passe au plus près de la marmite dans laquelle le ragoût a mijoté. Et c'est simplement passionnant. Allez sur Youtube et tapez "Deconstructing Beatles" il y en a pas mal des comme ça, moins l'infernal design visuel vintage au poil.

lundi 13 octobre 2014

La liste de Coupé

On peut jouer à des jeux idiots. Faire des listes, par exemple. Avec un numéro un, un numéro deux... Les Anglais sont très forts pour ça. Régulièrement, dans leur presse spécialisée, ils font des listes des meilleurs albums Rock de tous les temps, et régulièrement, par bêtise ou masochisme, ils couronnent le "Pet Sounds" des Beach Boys, alors qu'ils ont mieux sous la main. S'il fallait que j'en fasse une de liste (par esprit moutonnier, par anglomanie, par dépit), je mettrais des titres, pas des albums. Un titre, c'est volatile, on change avec, on en change tous les jours, il n'y a pas de dommage. On a l'air moins con au classement suivant. Evidemment ça se jouerait entre les deux monstres de Liverpool avec Dylan en arbitre. Il y aurait ça :

Et ça :

Et enfin, dans la dernière ligne droite, l'"underdog" frenchie coifferait tout le monde au poteau avec une ritournelle si mineure qu'elle en retournerait l'âme de tous les fans des deux cadors cités ci-dessus.
"Que ce soit les Beatles ou Donovan
Un beau jour quelqu'un t'aurait pris ta femme
C'est arrivé le premier jour
T'auras pas trop de bobos coté amour..."

mardi 15 juillet 2014

Paul McCartney : Les premiers jours, dernières nouvelles.

Ca tombe sec ces jours-ci et on ne sait plus qui honorer ? Charlie Haden pour avoir "libéré", c'est à dire ré-inventé, toute une partie de sa musique, le Jazz ? Pour son talent protéiforme et infini, pour ses parties de contrebasse de haute-voltige ou plus simplement son élégance (et il n'est jamais simple d'être élégant) ? Tommy Ramone pour avoir amené la connerie au rang d'un Art frustre et brut mais efficace, aussi bien musicalement que politiquement ? Pour avoir, à sa sauce et à celle de ses faux-frères, refait prendre la mayonnaise Dadaïste et l'avoir mise en tube teen-ager impeccable emballé par un certain Phil Spector ? Lorin Maazel pour avoir dirigé tout le répertoire classique et moderne partout dans le monde ? Pour avoir fait souffler sur Chicago le blizzard chaud de sa phalange dans la frigorifiée Windy-city ? Il y en a d'autres qui sont passés à l'as récemment, je les oublie sans les oublier (Boby Womack revient à l'instant me frapper l'esprit d'un peu de Soul et de Funk) mais je constate que je n'ai pleuré, au sens physique, sur la mort d'aucun d'entre eux.
Alors, je vais vous parler du dernier artiste qui m'ait fait pleurer, Sir Paul Mc Cartney. Et d'abord, je voulais signaler que j'ai dit une connerie à propos du dernier album de Macca. J'ai dit qu'on attendait de lui des classiques instantanés ou rien, que les chansons moyennes, c'était pas la peine de les écouter. Si, c'est la peine. Il y a en plein la carrière de Mac Cartney de "Silly love songs" à "Wonderful Christmas time" et elles réjouissent toute âme un peu sensible, un peu charitable, un rien aimante, et le dernier album en est plein et ça vaut le coup, largement. Et puis, pour vraiment vous dire que j'ai déconné, il y a en un, de ces airs classiques pop millimétrés par un orfèvre en émotion pure sur le dernier album. C'est un bijou de nostalgie assumée, complète, complexe. Il y parle de ses "Early days", c'est "Premiers Jours" à lui et John Lennon, son frère de musique, son double. Au soir de sa vie, ils lui reviennent de manière plus forte à la gorge, aux coins des yeux, ces souvenirs inoubliables dont nous avons été les témoins indirects et béats d'admiration. Il mets bien les points sur les "i", histoire qu'on comprenne bien ce qu'il veut dire : "ces "Early Days n'appartiennent qu'à moi et à John, personne n'y a accés. Je vais mourir avec ça en moi et c'est une richesse unique". Mettons nous à sa place deux secondes, nous aussi on a eu des "Premiers jours" terribles avec des potes dont on pensait qu'ils allaient le rester toute la vie, avec des frères et sœurs adorés ou des doubles dégotés dans la rue, en un regard. Pas vous ? Moi, j'ai eu ça et ça me vivifie encore et toujours, comme ce premier amour qui m'a allumé pour que je me consume en beauté jusqu'à la Mort. Oui, je comprends Macca et je l'aime et il me fait pleurer, et j'aime sa chanson pour ces deux raisons : elle me ramène à ma juste position d'auditeur et pas de fan transi. Les Beatles c'est eux quatre, pas moi et si d'aventure j'écris un jour quelque chose de conséquent sur les Beatles, ça sera mon histoire à moi avec eux dedans, mais pas la leur. Je suis très touché d'entendre ça dans la voix superbe de falsetto chevrotant de Paul. Et puis, seconde raison, elle me fait me remémorer mes "jours premiers", mes jours d'exception à moi qui ont façonnés toute ma vie par leur force brute et la parcourent encore en sous-main tant que je serais debout sur cette terre, à pleurer peut-être. Vous vous rappeler de"When I'm 64" sur "Sergent Pepper" ? Et bien à plus de 70 ans Macca s'est répondu à lui-même : "I live through these early days"....
Je vais vous dire une bonne chose : tant que c'est les vivants qui vous font pleurer, c'est que ça va encore pas trop mal. A vos larmes.

jeudi 16 janvier 2014

Histoires de familles.

Moi, je suis comme mes frères, un mordu, un fan des Beatles. Alors ça, ça me rend heureux. Voilà ; dans la vidéo ci-dessous, George Martin, son fils Gilles et Dhani Harrison, le fils de George Harrison, exhument un solo perdu de celui-ci, enregistré à l'époque pour "Here comes the sun", morceau tiré d'"Abbey Road". C'est émoustillant ce son de gratte du guitariste pastoral qui sort tout droit du passé et renaît à nos oreilles avides du moindre chuchotis vintage des Beatles, et c'est émouvant aussi. C'est émouvant de voir Gilles Martin, aussi classe que son père, le guider à travers les sons qu'il entend désormais à peine. C'est émouvant de voir Dhani Harrison excité comme une puce, qui découvre un petit mot, une petite notule oublié de son père et qui le prend à cœur, pour lui, et qui en est si reconnaissant aux Martin père et fils. Et puis Georges Martin compare délicatement Dhani à son père George et, au fond, complimente les deux. Exit toute forme de pathos, tout cela est fin, distingué, positif, comme les Beatles eux-mêmes et tout ce qui semble les toucher de près ou de loin. Beau.
George Martin : " You're like your father."

dimanche 10 juin 2012

En juin, fais ce que la pluie te demande.

Ray Davis des Kinks avait tout. Tout pour que son groupe deviennent aussi énorme que les Beatles. Comme eux, un fort ancrage rock d'ascendances noire et blanche mélangées. Autant qu'eux, et c'est le seul, la capacité à ciseler des morceaux pop d'une grâce stupéfiante qui les fait s'inscrire immédiatement dans l'esprit. Plus qu'eux, des qualités d'écriture exprimant toute une gamme de sentiments partagés par des vignettes sensibles et ironiques. Un talent fou. Le seul problème - et c'est vraiment le seul - c'est que les autorités américaines ont refusé l'entrée du territoire des USA à son groupe, après une première tournée houleuse, et ce pour 3 ou 4 ans. Contrairement aux Stones ou aux Who, les Kinks n'ont pas pu sillonner le pays du Rock et le conquérir à coup de concerts. C'est là-bas, sur ce terrain du public en chair et en os, que TOUS les groupes anglais ou irlandais ont forgé leur destin, éprouvé leur qualité. Les Kinks étaient impeccables sur scène, ça n'aurait posé aucun problème, mais ils n'eurent pas l'occasion de le prouver au moment idoine. Dés qu'il le purent ils se ruèrent aux States et, bien sur, remplirent immédiatement les stades. Alors ? Alors, les Kinks sont le plus grand groupe de Rock n'Roll "bis" du monde, quand bien même ils sont sans égal, sauf les Beatles. Un sacré gâchis dont je ne sais trop comment Ray Davis le vit ? Pas trop mal apparemment puisqu'il est un des rares survivants de cette saga de la pop britannique des sixties à sortir régulièrement des albums aussi tranchants et vifs que ceux des premier jours, et bien plus encore que Paul Mac Cartney. Il y a peu de sujets de la vie ordinaire, de tous les jours, que Davis n'ait abordés. On trouve toujours dans son catalogue de chansons celle qui parlera avec vous de l'air du temps. Il fait mauvais en ce mois de juin, et l'humeur est maussade et un rien tristoune ? Pas de soucis : "Rainy day in june".1965. Une merveille.

samedi 19 mai 2012

John Lennon is God (The comeback)

John Lennon encore. Un jour où il était énervé Lennon a pondu cette chose radicale, subversive, définitive.
Il n'y a rien a ajouter, jusque dans l’ambiguïté assumée. ".. But you're still fucking peasants as far I can see.. "

Un autre jour, il était aussi assez énervé et il compose ça, en soutien aux familles des émeutiers de la prison d'Attica, aux USA. Il joue avec des gars qui ne vont pas tarder à l'accompagner sur scène sous le nom d'Elephant's Mémory. C'est radical (encore !), beau et ça commence à faire apprécier les couinements de Yoko. Il faut s'y habituer. On met du temps. C'est ça l'Art contemporain.

En dessous, les gars d'Elephant's Memory et leur single ravagé et ravageur "Mongoose". Mangouste....

vendredi 27 janvier 2012

LE REVE D'HIVER. (Dreaming, it's free.)

Le rêve d'hiver

C'est le rêve de l'hiver
Froid et vigoureux
Qui sèche les envies
Les amène au quai
Et les rive à l'amarre

C'est l'arrêt momentané
Découvrant aux êtres
Aux hommes et aux femmes
Le miroir blanchi
De l'alliance

C'est le rêve de l'hiver
Qui fait couler
Au fond du lit
Sous d'épais édredons
Un fil de sang et d'or

C'est l'instant ou l'on se trouve
Seul, adossé à l'air
Au plus sec de son désir
Le sang roulant dans les veines
Et le givre ne gémit pas

C'est le rêve de l'hiver
Qui noie la sueur sous la glace
Vivifie le souffle
La tête plus vivante encore
De ce rêve d'hiver



vendredi 28 octobre 2011

Faire simple.

Alors voilà, les deux plus grands groupes de rock ( exceptés 150 autres ) du monde, main dans la main, pour un joyeux anniversaire.

mardi 7 décembre 2010

C'est décembre

Donc :


Et :


 Et ça aussi,
 Et ce mystère insondable...
Et un poème horrible de Guy de Maupassant dont mon père est fanatique. Quand il le récite on sent bien qu'il a mal pour les petits oiseaux. Ses enfants peuvent bien geler en Enfer.

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.