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lundi 15 octobre 2018

Dernières nouvelles du front de l'Esthétique

Philippe Sollers appelle ça "La guerre du goût". C'est en effet un sport de combat que l'Esthétique quand on s'y met un peu sérieusement. Gaël Coupé au rapport en cette fin d'après-midi du lundi 15 septembre 2018.
Vu "Avé Cesar" des frères Cohen. Nullissime; Un véritable glaviot sur l'histoire d'Hollywood revue et corrigée façon Cohen. Résultat des courses : "there's no business like show business", les communistes, en plus d'être des traitres, sont des crétins, c'était mieux avant (années 40/50) et Jésus serait la solution à tous nos problèmes si seulement on avait la foi. On dirait que tout est pour le mieux au royaume de Donald Trump.
Vu "A dangerous method" de Davis Cronenberg. Film lumineux et clair sur un sujet scabreux : les relations sado-maso de Jung, alors fougueux disciple de Freud, avec une de ces patientes gravement malade. Il est malin Cronenberg. Pour sortir ce qui devrait être un film d'auteur confidentiel, il met la star hollywoodienne Keira Knightley ,que tout spectateur moyen a envie de voir se faire battre, dans le rôle la malade, Viggo Mortensen, star hollywoodienne aussi, dans le rôle d'un Freud matois et roué plus retors qu'un psychopathe et allons-y pour refourguer "ça" au bon peuple en grandes pompes avec le tampon made in ...Hollywood. Fumant !
Lu "Couleurs de l'incendie" de Pierre Lemaître. Fatiguant et mauvais, m'enfin, j'ai envie de connaitre la fin. Pas étonnant que le mec vienne du polar, genre assommant ou la fin est très importante. (Vengeance, rédemption, mariage etc, etc, etc...)
Lu "Guignol's band" de Louis Ferdinand Céline. Fatiguant et génial. Usant tant l'art et la manière sont déprimants mais pas un mot à jeter. Ca c'est inestimable et ça booste le lecteur qui fonce dans le noir célinien bien connu jusqu'au bout, à bout de souffle et heureux.
Ecouté "Face to face" des Kinks, album miraculeux parmi tant d'autres miracles des Kinks. J'en tire cet extrait qui m'a naturellement conduit à un excellent morceau d'un des disciples les plus intelligents et doués de Ray Davies, je veux parler de Damon Albarn de Blur. "Brit pop" forever.


samedi 2 juillet 2016

Bonnefoy est vivant !

Yves Bonnefoy est mort. Bon. Que dire à son sujet, au sujet de sa poésie ? Depuis que Mallarmé a envoyé l'Art de la Poésie sur la voix de garage de la Métaphysique, bien aidé par Heidegger, on trouve à la pelle des "poètes" de son acabit qui ont balancé le sensible dans les orties avec Mémé pour mieux dire l'impossibilité du sens. C'est chiant, c'est faux, ce n'est pas de la bonne Poésie. Ca fait mal au crâne, ça n'enchante pas, ça ne chante pas et on est pas plus avancé après avoir lu les textes qu'avant. Aucune vision, aucune sensation, aucune idée. Bref, c'est de la merde. Il existe encore des bons poètes mais ils n'ont plus la main. Quand je pense que Bonnefoy était Professeur au Collège de France... il y a de quoi se fendre la gueule quand même, la Poésie, merde, c'est autre chose que les élucubrations de philosophes un peu débiles, ça a de la tenue, du "duende", de l'intensité (à tous les degrés possibles et imaginables). Je vais mettre un poème de Bonnefoy. un Art Poétique. Faites-vous votre idée. Ca s'appelle :" Art de la Poésie."

Dragué fut le regard hors de cette nuit.

Immobilisées et séchées les mains.

On a réconcilié la fièvre.
On a dit au coeur

D'être le cceur.
Il y avait un démon dans ces veines

Qui s'est enfui en criant.

II y avait dans la bouche une voix morne sanglante

Qui a été lavée et rappelée.

Vous trouvez ça bien ? Vous n'êtes pas tout seul, croyez-moi. Moi je dis qu'il n'y a pas de quoi en faire un fromage. Surtout ne pas dire "je", surtout ne pas dire "chant", surtout que ça sonne bien propre. Ca pourrait s'appeler "Savon" ou "Plus blanc que blanc". Putain, c'est vraiment pas bon. Ci-dessous, un remède, une panacée universelle contre la connerie.

mardi 28 juin 2016

Gustave Flaubert actuel.

Le  6 Mars 1869, Gustave Flaubert écrivait ces quelques lignes dans une lettre adressée à la Princesse Mathilde, cousine de Napoléon III et salonnière chez qui il était de bon ton de se montrer et de causer : "Quant aux déceptions que le monde peut vous faire éprouver, je trouve que c'est lui faire trop d'honneur, il ne mérite pas cette importance. Pour moi, voici le principe : on a toujours affaire à des canailles -- On est toujours trompé, dupé, calomnié, bafoué. Mais il faut s'y attendre. Et quand l'exception se présente, remercier le ciel.
C'est pour cela que je n'oublie rien des plus petits bonheurs qui m'arrivent, pas une poignée de main cordiale, pas un sourire ! Tout est trésor pour les pauvres...."
Cet homme suprêmement intelligent a raison. Malheureusement. Et cependant, dans le même temps, je lui préfère Stendhal, qui s'était forgé une "philosophie" (qu'il appellait le "Beylisme") moins radicale, moins brutale et, pour ainsi dire moins désespérée donc, à mon avis, un peu moins "bête". J'emploie ce mot à dessein car tous les "principes" de vie toutes les "philosophies" appliquées à l'existence sont plus ou moins nunuches et carabinnées. Celle que j'aime le mieux est celle de Casanova, (cet homme est souple, il acceuille toutes les opportunités et les coups de griffes de la vie, il s'adapte et reste pourtant toujours fidèle à lui-même et à son envie de jouir) mais elle est trop éloignée de ce que je suis profondément. Je me rabats donc sur celle de Stendhal, qui se soucie avant tout de l'Amour et de lui. N'empêche, Flaubert avaient quelques idées bien arrêtées qu'il vaut le coup de méditer profondément. Et parfois, quand il parle de lui au passé, de son adolescence et de sa jeunesse, il parle carrément pour moi.
Ses livres, qu'on les trouve géniaux ou besogneux, sont des efforts littéraires quasi sans équivalents, sauf à convoquer, en comparaison, les plus grands littérateurs mondiaux, de Rabelais à Pound en passant par Joyce et Céline.

samedi 30 avril 2016

Ca coule en douceur, dans les Ténèbres.

L'autre soir, ce satané Georges Lang a passé le premier morceau ci-dessous dans son émission "Les Nocturnes" sur RTL, "Slip away" de David Bowie, tiré de l'album "Heathen". Quelle idée, quelle drôle d'idée ! Ce truc est splendide. C'est une longue et noble déploration sur le temps qui passe et bouffe tout, emporte dans le néant les choses et les êtres les plus précieux. C'est d'une beauté ! A pleurer. Le genre de truc que seul David Bowie pouvait pondre. Alors ? Qui va faire naître les larmes aux coins de mes yeux pour ces raisons magnifiques que sont des chansons tristes ? Bowie, il est out, mort... Le synthé à la fin du morceau m'a fait penser à celui de Prince au début d'"Around the world in a day", qui est cependant plus chamaré, plus gai. Mais Prince, il est out aussi, mort aussi. Plus d'"Annastesia" habité ou l'homme se montrait sous son meilleur jour, celui du fervent croyant en l'Amour et en Dieu. Ca, ça a glissé entre les doigts aussi, l'Amour. Il y a son ombre, tout au plus. On dirait des standards des années 30, ces chansons; du Ellington, un truc comme ça. !
Alors, il me faut aller chercher dans de vieux livres de Flaubert, de Brassaï, de Loti, de Dominique de Roux d'autres raisons de poursuivre ma course, d'autres interpellations, d'autres interrogations que celles auxquelles ces chanteurs donnaient vie. Ces auteurs m'eurent tous trouvé pathétique a pleurenicher sur moi comme un enfant coupable. C'est comme si je les entendaient m'enjoindre de me redresser. D'accord, je veux bien moins pleurer. Les larmes, c'est pourtant ce qu'il y a de plus clair en moi, de plus net.



dimanche 10 avril 2016

Et la Mort ! Et la Mort...

Ainsi on me prédit le "pire" pour une bête de meute :" mourir seul". Bah, je suis né tout seul vers douze ou treize ans, j'aurais vécu solitaire et je ne vois pas comment faire pour mourir autrement que seul, comme tout un chacun, dans un instant de verité définitif. On est toujours seul et on a beau s'entourer d'amis et de femmes, de mots et de gemmes, tout est passe-temps plus ou moins agréable, états plus ou moins sympathiques. De toute façon, ça coule, ça passe, ça nous dépasse et bing ! c'est le grand saut dans l'éternité Un cri, un souffle, et voilà tout. A propos des "amis", Louis-Ferdinand Céline écrivait ça : "« Il ne faut pas imaginer que tous ces gens sont des potes ou le furent … peut-être sans doute qu’ils me détestent … je ne tiens pas du tout à les voir, ni à leur plaire, au contraire. Ce sont les coiffeurs de la vie qui tiennent beaucoup à plaire, les putains. Plus on est haï, je trouve, plus on est tranquille … Ça simplifie les choses, c’est plus la peine d’être poli, je ne tiens pas du tout à être aimé …je n’ai pas besoin de tendresse … c’est toujours les pires saloperies de l’existence que j’ai entendu soupirer après les tendresses.»
C'est tirer de "Bagatelle pour un massacre", un bouquin très peu lu de nos jours et qui est meilleur que ceux des auteurs contemporains à la noix (moix), qu'ils viennent de Mars ou de Vénus, qu'ils s'opposent à la nuit ou s'aiment au delà de la mort du petit jour. Chez Céline, il y a des trucs douteux, d'autres qui laissent baba d'admiration et enfin des choses qui donnent à penser, comme les phrases que j'ai citées. C'est un bon auteur et, au fond, il vaut mieux le fréquenter via ses livres que cotoyer beaucoup de personnes du monde réel qui sont aussi sales que ce dernier est dégeulasse comme une fosse à purin. La merde, y'en a qui aime.
Pour revenir à ma naissance, elle résulte, d'une décision prise un jour du début de mon adolescence. Je n'étais pas content du tout. Ca n'a pas beaucoup changé depuis mais je ne rends de compte à personne, car je sais ce que je dois comme saloperies et bienfaits et à qui.
Ca me fait penser à cette chanson tirée du dernier album des Foo Fighters. Je vais la mettre en-dessous. Il y a Rick Nielsen de Cheap Trick qui joue dans ce morceau. Je parlerai de Cheap Trick, ce groupe américain bien nommé une prochaine fois.
Les Foo Fighters "Something from nothing".

samedi 30 janvier 2016

Jacques Rivette et le Lapin Blanc.

Jacques Rivette est mort et on en fait tout un battage qui n'a aucune justification possible. Nouvelle Vague ? Et alors ? C'étaient des petits branleurs, plus qu'un à enterrer et on tire l'échelle. Politique des auteurs ? L'idée, si j'ai bien compris, c'était de dire que Hitchcock et Hawks sont aussi importants que Balzac, c'est ça... C'est pas faux. Vous avez déjà lu du Balzac ? Moi, je l'ai fait lire à une copine qui aime bien la revue "Voici" et elle a trouvé ça vachement bien. C'est vrai qu'avec lui on en a pour son argent, la moindre virgule pèse son poids de signification, sans doute parce qu'il était payé à la page. Enfin, tout y passe, les gueules qui font sens, les maisons qui font sens, les vétements qui signifient plus sûrement encore que les gueules, d'où les interminables descriptions qui jalonnent une intrigue dont les femmes de son époque (et de la nôtre) étaient friandes car si pleine de sens et d'enseignement (après que le rouge vous soit monté aux joues) qu'on pouvait même en tirer une petite morale bien utile et rêver. La morale, voilà bien une des préoccupations premières de Jacques Rivette mais la morale moi, je m'en tape. Je veux simplement y voir plus clair, même au prix de l'injustice et de la décadence. Je préfère les films qui ont "le" moral à ceux qui nous font" la" morale, pareils pour les livres, vous tirerez toujours plus de profit d'un bon livre mal-pensant que d'un pensum, généralement de gauche (Camus, Sartre, Tournier, Halter, Picouly, Semprun et compagnie),. Vous avez déjà lu du Stendhal ? Très mal-appris Stendhal, oh la la,  amoral au possible, il ne s'épanouissait que dans la passion contrariée et adultèrine ainsi que dans un esthétisme nostalgique à tendance jouisseuse. Il pensait qu'il serait lu en l'an 2000. Il avait raison. Balzac avait cependant bien aimé "Le Rouge et le Noir", l'avait écrit et ça avait beaucoup fait rire notre homme Stendhal. Moi, je me fendrais bien la gueule à propos de la mort de Jacques Rivette ou plutôt, c'est si peu important à mes yeux que je m'en polirais bien le chinois s'il n'y avait tout ce barouf énervant autour du divinisé trépassé un peu partout dans les médias.
Bon, Paul Kantner, guitariste, chanteur et compositeur du Jefferson Airplaine est mort. Ca, c'est déjà plus emmerdant car le gaillard avait pondu quelques uns des plus grands hymnes psychédéliques de la fin des sixties, aux alentours de la baie de San-Franscisco. "White Rabbit", chantée par sa compagne, la magnétique Grace Slick, est même une des toutes meilleures chansons Rock de tous les temps (préhistoire et le pléistocène compris). Les chansons, c'est moins fort que les livres, bien sûr, mais c'est surpuissant à coté du cinéma; ça accompagne les gens tout au long de leur existence, ça peut aider à la libération d'un être, même partielle, ne serait-ce qu'à la disparition d'un chagrin, d'un malheur, d'une pesanteur et, inversement, ça peut marquer le début d'une histoire d'amour, d'une amitié, d'une chaleur. Les chansons, c'est vital, les films, c'est mortel. Il n'y a pas de morale ou d'impératifs qui tiennent, j'écoute "White Rabbit", je suis un autre, je suis enfin moi-même, sorti de mon merdier intime, dans la lumière. Vous me direz, peut-être que Jacques Rivette était clair, lui ? Tu parles, il était aux fraises et il aurait mieux fait d'écouter du Rock et de lire Stendhal. A son crédit cependant, un film foudroyant, le bien nommé "L'amour fou". Il fallait au moins ça pour qu'il sorte un peu de ses gonds et fendille l'armure et ne serait-ce que pour ce film-là, carrément rock, il lui sera pardonné pas mal de choses ampoulées et ennuyeuses.
Allez, "White Rabbit", inspiré d'un grand déviant pas moral du tout qui avait un faible pour les petites filles, Lewis Carroll himself. (Eh oui, et ce n'est pas un problème, le problème c'est comment faire pour ne pas avoir un faible pour les petites filles !)

mercredi 20 janvier 2016

Des morts pour l'amour de quoi ? De l'Art ? Allons, allons...

Ettore Scola est mort. Qu'est ce que ça peut foutre ? Le cinéma est un art très surestimé. C'est beaucoup moins bien que le cirque ou la télévision la plupart du temps. 99 % de la production n'est qu'un brouet infantile qui aide à faire digérer une réalité pas glorieuse, voire insupportable. Et bien le cinéma est un anti-vomitif très efficace. Quand à Scola aucun de ses films n'arrive à la cheville des meilleurs titres de comédie italienne de Risi ou Monicelli (pour ne citer qu'eux), ça le place dans la bouillie des faiseurs appliqués et suranés. Personne n'en parlera plus dans dix ans, si tout va bien.
Reste la Littérature pour nous enrichir la tête et le coeur. Et là, Paf, c'est Michel Tournier qui casse ça pipe. Comme si ça avait la moindre importance. Il n'écrivait pas, il illustrait des thèses avec des histoires et quelques mots savants. Ce n'est rien ces bidules, ça n'existe pas. Si vous avez des idées, faites de la Philo et laissez tomber l'écriture, cette partie sensible et chantante de l'Humanité qui parle et tente de dire ce qui s'impose à elle, contrainte ou liberté. Le chant monte du plus profond d'un auteur, de son intimité, qui est son rapport à la langue. pas les raisonnements, les démonstrations, qui viennent de l'intellect. Dans 20 ans, si tout va bien, Tournier sera aux oubliettes, sauf dans les facs de psycho et de socio.
Tournier, Scola...de qui se moque-t-on ? L'Art c'est autre chose que ces trucs pour midinette de l'Esprit. M David B., par exemple, ici reprenant M Jonathan Richman. "Pablo Picasso"
Ca dit, en gros : "Personne n'a jamais traité Pablo Picasso de trou du cul, contrairement à toi....". Hé, Hé, ça c'est bien vu et diablement cooooooooool !

jeudi 10 décembre 2015

Qui est Bertrand Tavernier ?

Qui est Bertrand Tavernier ? Quelqu'un qui arrive à faire une comédie plombée d'une bonne B.D., grinçante et savoureuse : "Quai d'Orsay" . Quelqu'un qui a réussi à pondre un dictionnaire du cinéma américain absurde, verbeux et plein de componction alors que le sujet est pour le moins passionant. (Le bouquin marche tellement sur la tête qu'il en devient comique.) Quelqu'un qui a réussi a foiré un film sur une époque incroyable, la Régence, avec de bons acteurs, par un excès outrancier de moralisme. (La morale n'est jamais un bon angle d'attaque pour un film, les sentiments si). Quelqu'un qui, en général, fait des films barbants, remplis de mièvreries et de revendications sociales assumées comme si le cinéma était une manif. (Oh la la, c'est bien moins que ça, juste un truc de voyeur un peu esthète, un miroir aux allouettes où seuls les producteurs sont gagnants, et encore, à peine). Quelqu'un qui dit aimer le Jazz et qui nous sert dès qu'il le peut une musique passéiste, académique, figée, dont tout esprit aventureux (Jazz, quoi !) a été balancé aux orties. Quelqu'un qui se permet de dire que la B.O. de Dylan pour le film "Pat Garret and Billy the Kid" de S. Peckinpah est "inepte" alors que l'album qui la restitue est une pure pépite. Quelqu'un qui confond Tommy Lee Jones ("Men in black", "US Marshals") et Spencer Tracy ("Adam's rib", "La dernière Fanfare").  Quelqu'un qui n'a pas tourné "Serpico" mais "L627", qui n'a pas tourné "L'Appât" mais "L'Appât", qui n'a pas tourné "Les Trois Mousquetaires" mais "La Fille de d'Artagnan" (moins bon que le Zidi avec Les Charlots sur le même sujet). Quelqu'un qui a dénaturé le beau livre de Roger Vercel "Capitaine Conan", toujours par moralisme et sentimentalisme mièvre (cf la purge ci-dessous).
Bref, on peut dire que c'est un sale type.
M Bertrand Tavernier est un mauvais cinéaste, un piètre cinéphile, un amateur de Jazz sclérosé qui n'a pas les moyens de ses prétentions, d'ailleurs déplacées, et qui n'est ni Jean-Daniel Pollet ni Maurice Pialat, même pas Claude Sautet ou Alain Corneau. C'est dommage pour sa gueule mais le problème c'est qu'il nous faut le subir, nous aussi, ce con, et ça c'est dur.
Ecoutez-moi cet abruti, c'est faussement bon en diable, mais, encore une fois, écoutez bien, essayez de déceler l'imposture, elle est assez finement tissée mais on voit quand même la ficelle si on fait gaffe. En fait, c'est presque le cinéaste officiel de la Vieme République de gauche ! 

mercredi 25 novembre 2015

Combien il te faut ?

" J'ai 50 ans passés et je suis devenu assez laid avec l'âge. Si je veux de la jeunesse, des petits seins fermes et galbés, des lèvres fraiches à mordre, une chatte douce à la prise, il faut que je paye. Et cher. Ces instants de péché ne me laissent pas tranquille et des images, des sensations me hantent bien après l'acte tarifé; anxieux, avide de recommencer et piteux à la fois. Je ne croyais pas en arriver là mais, il faut en convenir, je suis comme un vampire d'âge mûr en manque de sang neuf, un assassin qui succombe en même temps que sa victime et je cherche dans ce contact juvénile une innocence que je flétris tout de go, ce dont je jouis comme un pervers, une âme sans repos, perdue dans d'autres âmes perdues. Toute cette licence contre-nature à laquelle la nature amène à un prix et je paye ma déviance à de jeunes dépravées, déviantes elles aussi. Ah, les petites véreuses ! Ah les acharnées du cul, au regard de coté, aux pensées déplacées, incendiaires, criminelles. Mes petites salopes ! Mes petites putains ! Lorgnant sur leurs amis de coeur quand elles dansent avec moi, recomptant mes billets, qui me laissent pantois et interdit devant tant de perversité, comme si la leur était pire que la mienne, comme si ce n'était pas moi qui d'abord piétinais de fiel leur désir neuf et déjà viellissant sous mes offrandes de coups obscènes. J'y vais, j'y jouis bien fort, je fais ça presque propre, le plus possible. Ah, la vache, on ne m'en sait pas gré ! Ah, alors, puisque c'est comme ça, j'irai au plus sale la prochaine fois ! Je pairai plus cher mais il y aura le steak en plus de la purée, crois-moi, et merci pour tout, ta peau de 20 ans et ton trou du cul ! Ah, SEIGNEUR, je deviens fou, aie pitié de moi, je t'en supplie ! Je ne suis qu'un faible dément qu'on tente et qui s'agite de remord ensuite, un cadavre debout. Ah, et merde qu'elles viennent, jeunes flétrissures de mon coeur, me branler encore la bite, car je ne me sens plus d'âme et comme tu ne me réponds pas, Ô Seigneur, ma chair hurle dans le silence d'une angoisse que seul un sacrifice peut calmer."
New Order : "Restless" (trad : sans repos, nerveux, aux abois...)

J'en mets une autre de New Order sur le coût de l'Amour. Magnifique chanson. "World (The price of love)".Très belle vidéo. La vieille peau maintenant c'est moi.
Deux choses : il y a là-dedans une suite d'accords répétée deux fois qui vaut bien une symphonie de Sibélius, et vous pouvez vous amuser à repérer les membres de New Oder qui font des "caméos" dans la vidéo...


mercredi 18 novembre 2015

Bonjour Tristesse

Paul Éluard, “À Peine Défigurée” (La vie immédiate, 1932)

Adieu tristesse,
Bonjour tristesse.
Tu es inscrite dans les lignes du plafond.
Tu es inscrite dans les yeux que j’aime
Tu n’es pas tout à fait la misère,
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire.

Bonjour tristesse.
Amour des corps aimables.
Puissance de l’amour
Dont l’amabilité surgit
Comme un monstre sans corps.
Tête désappointée.
Tristesse, beau visage.

Sagan était si singulière, si forte, si subtile, tout l'inverse de ces cons de terroristes.

mercredi 11 novembre 2015

Chat perché.

Quelqu'un a dit : "Dieu a inventé le chat pour que l'homme puisse caresser le tigre." J'aime bien cette phrase, elle dit quelque chose de vrai : la noblesse, le coté altier, parfois méprisant du chat dont un regard posé sur vous peut dire toute la commisération qu'il porte à notre ridicule condition d'être humain. Et pourtant, quel compagnon rassurant et digne de confiance il peut être, venant de son plein gré cherchez caresses ou nourriture, libre, jamais contraint que par son humeur du moment ou un besoin qu'il nous enjoint de satisfaire. Et nous nous plions avec joie à ce joug amoureux, nous autres, amis des chats, de tous les chats. Et ces moment de sommeil partagé ! Combien sont-ils précieux ! Il parait que les chats sont bons pour les gens qui ont des problèmes cardiaques. C'est surement vrai. J'ai connu des chats qui étaient aussi un remède aux peines de coeur et qui venaient se lover contre vous humblement et sûrement pour vous reconforter. Un des bruits les plus apaisants que je connaisse est le ronron calme du chat et aussi ses soupirs qui accompagnent parfois son sommeil. Combien il est seul et grave alors, et à notre merci ! Colette disait se souvenir de tous ses chats et chiens mais pas de tous ses amants. Je n'ai pas oublié mes amantes mais dans mon coeur blessé, la pensée de mes chats est plus douce et plus aimable. "Il est fou", direz-vous. Oh, de moins en moins, de moins en moins...
Et maintenant l'ignoble Ted Nugent dans un play-back de "Cat scratch fever". J'aime bien le rock aussi, même dans ses formes les moins nobles. (Ce truc a quand même été repris par Motorhead.)

mardi 29 septembre 2015

Art poétique.

Sur l'Art, je ne saurais mieux dire que Joseph Conrad dans la préface de son livre " Le nègre du Narcisse". Rien à ajouter, chaque mot est juste, l'idée lumineuse. La voici en grande partie :

"A l’instar du penseur ou du scientifique, l’artiste recherche la vérité et lance son appel. Sensible à l’apparence du monde, le penseur plonge dans les idées, le scientifique dans les faits – d’où, émergeant au bout d’un certain temps, ils nous appellent aux qualités de notre être qui nous préparent le mieux à cette entreprise hasardeuse qu’est la vie. Ils s’adressent avec autorité à notre bon sens, à notre intelligence, à notre désir de paix ou de troubles, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos craintes, souvent à notre égoïsme – mais toujours à notre crédulité.
Et c’est avec respect que l’on écoute leurs paroles, car elles portent sur des sujets graves : sur la culture de notre esprit et les soins propices à notre corps, sur la réalisation de nos ambitions, sur la perfection des moyens et la glorification de nos précieux desseins.
Il en va autrement pour l’artiste.
Confronté au même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même et, s’il a du mérite et de la chance, c’est dans cette région solitaire où règnent tensions et dissensions, qu’il trouve les termes de son appel. Un appel qui s’adresse à nos dispositions les moins évidentes, à cette part de notre nature qui, du fait des conditions belliqueuses de notre existence, se dissimule nécessairement derrière les attributs plus résistants et plus rudes – tel le corps vulnérable sous une armure d’acier.
Son appel est moins sonore, plus profond, moins net, plus émouvant – et plus vite oublié. Pourtant, son effet perdure à jamais. La sagesse changeante des générations successives balaie les idées, questionne les faits, démolit les théories.
Mais l’artiste fait appel à cette part de notre être qui ne dépend pas de la sagesse, à ce qui, en nous, est un don et non un gain – et qui, par conséquent, dure plus longtemps. Il s’adresse à notre capacité de ravissement et d’émerveillement, à l’impression de mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la douleur, au sentiment latent de notre communion avec la création tout entière – et à cette subtile mais invincible croyance en une solidarité qui tisse ensemble les solitudes de cœurs innombrables : la solidarité de rêves, de joie, de chagrin, d’aspirations, d’illusions, d’espoir, de peur, qui lie les hommes entre eux, qui lie toute l’humanité – les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui ne sont pas encore nés.
Toute oeuvre littéraire qui aspire, si humblement soit-il, à la qualité artistique doit justifier son existence à chaque ligne. Et l’art lui-même peut se définir comme la tentative d’un esprit résolu pour rendre le mieux possible justice à l’univers visible, en mettant en lumière la qualité, diverse et une, que récèle chacun de ses aspects. C’est une tentative pour découvrir dans ses formes, dans ses couleurs, dans sa lumière, dans ses ombres, dans les aspects de la matière et les faits de la vie même, ce qui leur est fondamental, ce qui est durable et essentiel - leur qualité la plus lumineuse et la plus convaincante - la vérité même de leur existence.
L’artiste donc, aussi bien que le penseur ou l’homme de science, recherche la vérité et lance son appel. Séduit par l’apparence du monde, le penseur s’enfonce dans la région des idées, l’homme de science dans le domaine des faits, dont ils émergent bientôt pour s’adresser aux qualités de notre être qui nous rendent capables d’affronter la hasardeuse entreprise qu’est notre vie. Ils parlent avec assurance à notre sens commun, à notre intelligence, à notre désir de paix ou d’inquiétude, fréquemment à nos préjugés, parfois à nos appréhensions, souvent à notre égoïsme, mais toujours à notre crédulité ; Et l’on écoute leurs paroles avec respect, car elles ont trait à des graves questions, à la culture de notre esprit ou à l’entretien convenable de notre corps, à l’accomplissement de nos ambitions, à la perfection de nos moyens et à la glorification de nos précieux objectifs.
Il en va autrement pour l’artiste. En présence du même spectacle énigmatique, l’artiste descend en lui-même, et, dans cette région solitaire d’effort et de lutte, il découvre s’il a assez de mérite et de chance les termes d’un message qui s’adresse à nos qualités les moins évidentes : à cette part de notre nature qui, parce que l’existence est un combat, se dérobe nécessairement derrière de plus résistantes et de plus rudes vertus comme le corps vulnérable sous une armure d’acier. Son appel est moins bruyant, plus profond, moins précis, plus émouvant, et plus tôt oublié. Et pourtant son effet persiste à jamais. La changeante sagesse des générations successives fait délaisser les idées, met les faits en question, détruit les théories. Mais l’artiste s’adresse à cette part de notre être qui ne dépend point de la sagesse, à ce qui est en nous un don et non pas une acquisition, et qui est, par conséquent, plus constamment durable.
Il parle à notre capacité de joie et d’admiration, il s’adresse au sentiment du mystère qui entoure nos vies, à notre sens de la pitié, de la beauté et de la souffrance, au sentiment latent de solidarité avec toute la création ; et à la conviction subtile mais invincible de la fraternité qui unit la solitude d’innombrables coeurs : à cette fraternité dans les rêves, dans la joie, dans la tristesse, dans les aspirations, dans les illusions, dans l’espoir et la crainte, qui relie chaque homme à son prochain et qui unit toute l’humanité, les morts aux vivants, et les vivants à ceux qui sont encore à naître."
Joseph Conrad.

dimanche 6 septembre 2015

Ris donc, Caliban !

Je suis en train de lire un truc que j'aurais du lire depuis longtemps : "Rigodon" de Louis-Ferdinand Céline. Le problème avec Céline, c'est qu'il a beau être infréquentable du fait de son action collabo avec les Allemands en 39-45, au vingtième siècle et même là, après la guerre, juste avant de calancher, c'est un des tous meilleurs, un styliste hors-pair. En fait, il n'est mauvais que pendant la guerre, là où il a vraiment eu les coudées franches pour dire tout ce qu'il voulait. Là, il a éructé, il a craché sa bile dans tous les sens, sur tous le monde et ça ne tenait plus la route, ça débordait, ça bavait, ce n'était plus bon. Donc, exit "L'école des cadavres", "Les beaux draps" et dans une moindre mesure " Bagatelle pour un massacre" (je dis dans une moindre mesure parce que dans ce livre-là il n'est pas encore complètement "déchainé" et que, donc, c'est parfois bon).
Mais avant la guerre et après, il est tenu, retenu par une sorte de "réserve" que lui impose la société française comme elle va et là, il mesure, oh que oui, et c'est au cordeau;  du ciselè pur-jus, de l'Art grande cuvée, toujours sur la très pure corde du contre-ut casse-gueule mais tenu.
Alors donc, dans "Rigodon", il raconte la fin de son périple en Allemagne pendant la défaite des Nazis qui le conduira au Danemark où il se terrera avant que Jean Paulhan ne puisse le faire revenir en France sans qu'il soit fusillé, et franchement, c'est tordant, en plus d'être bien écrit comme jamais. A un moment il raconte un peu son présent à Meudon et il explique que Roger Nimier vient le voir pour trouver avec lui un truc de gauche qu'il a bien du faire dans sa vie, même sans s'en rendre compte, parce que Céline, il est bon, mais il est pas défendable. Céline cherche, cherche, c'est dur mais il trouve : c'est Elsa Triolet, impeccable communiste et compagne du "povoite" (Aragon), qui a traduit le "Voyage au bout de la nuit" en russe d'U.R.S.S. Bon, ça tombera à l'eau aussi, ce truc-là. Mais la façon dont il raconte son espèce d'épopée branquignolle de train en train dans une Allemagne en ruines, accompagné de son chat Bébert, de sa femme, de l'acteur Le Vigan et d'une bande de gogols locaux croustillants est tout simplement hilarante. Et je le répète, tout est écrit au cordeau. Il y a une phrase là-dedans qui m'a marqué, preuve qu'il est encore bien leste intellectuellement : "La première fois est tragique, la seconde fois est grotesque". Ca se tient plutôt bien comme citation "définitive", comme aurait dit Sacha Guitry.
Je mets cette vidéo pour illustrer mon article. Céline y est interviewé par Pierre Dumayet en 1957, avant "Rigodon", pour ce qui constitue un autre livre de souvenirs (lui, il dit qu'il est "chroniqueur", pas acteur) : "D'un chateau l'autre". Céline s'y montre tour à tour hilarant (quand il se compare à une "fine chienne de traineau") émouvant (quand il parle de son enfance au Passage Choisel à Paris) et très très roué et malin (quand il parle de "l'affaire Pétain"). La fin, les tous derniers mots, sont incroyables

Podium

Comme les choses vont étrangemment parfois. Il a fallu que George Lang invite Yann Moix dans son émission Les Nocturnes, sur R.T.L., pour que je découvre Karen Dalton. A cinquante ans passés. Moix propose une sélection de ce qu'il aime et en parle chez Lang et là, paf, le choc. Dire que j'ai failli mourir sans avoir entendu la voix de cette chanteuse qui, maintenant que je la connais bien, est une des toutes meilleures au monde tous styles confondus. Je la place à l'égal de Kathleen Ferrier et d'Ella Fitzgerald, ce qui n'est pas rien, avouez-le, et constitue un trio de choc de l'émotion pure à la disposition de tous. Comment se fait-il que j'ai du attendre aussi longtemps pour connaître Karen Dalton ? Ca déconne sec sur les autoroutes de l'information, les mecs. La transmission passe mal ! Et voilà que je me trouve redevable envers ce clown tristoune de Yann Moix ! Panade ! Non, semi-panade, je ne t'oublierai pas Yann quand il s'agira de descendre ce qui fait ton pain littéraire quotidien et qui est au moins aussi bon que celui de Houellebecq ou d'Angot (encore un trio de choc !), je serai magnamime.
Alors maintenant il faut écouter Karen Dalton, parce qu'on est pas pareil avant qu'après et que c'est supérieur à 95% de la musique que je connais, que sa voix est un bain de jouvence, une cure d'éternité retrouvée en chansons de trois minutes. Etonnant, non ? Non, renversant, stupéfiant, incroyable, en un mot ( qu'aimait beaucoup employer un de mes amis mélomane) : "inouï !" C'est là, tout l'amour du monde, ça chaloupe, ça swingue, ça vient nous apaiser le coeur et nous coller des frissons. Elle a d'excellents musiciens avec elle. Elle en était une aussi, très douée à la guitare et au banjo. Dylan dit d'elle que c'est la meilleure chanteuse avec laquelle il est duétisé. Ecouter, réécouter, ç'est un baume pour l'esprit et le corps, ça ne cesse pas, jamais, d'être bon, inlassablement, une panacée à ne pas croire. Moi, je sais que ça prend de la place dans ma vie maintenant. Une bonne et belle place. A vous de voir. Je colle un album en entier (il y en a trois en tout), il faut au moins ça.


mercredi 12 août 2015

L'été sera post-moderne sous les T-shirts, sous les maillots..!

Sur la côte post-moderne, des petits soldats en plastique bleus et gris et des micro-algues vertes viennent s'échouer près des doigts de pieds soigneusement peinturlurés façon muticolore de petites apprenties Kim Kerdeshian en deux pièces qui, de toute leur fraîcheur avide de sensations fortes, envoient aux hommes alentour des milliards de phéromones fornicateurs qui les font cacher leur érection dans la mer.
Dans le ciel post-moderne, des lanternes thaïlandaises se perdent pendant qu'un écran géant en vol géo-statique passe de merveilleuses publicités pour Coca, Gucci, Dior, Durex, Betclic et nous rappelle de ne pas oublier de regarder notre télé locale. En léger différé sur Canal Here, on peut voir l'opération réussie des "Vigilantes", un groupe de voisins armés qui est intervenu pendant un cambriolage qui avait lieu chez les Burns au 33 Greyhound Street et qui a tourné au massacre (sans qu'il y ait de blessé parmi les "Vigilantes"). Des images fortes et édifiantes apportées jusqu'à nous par Kentucky Fried Chicken, une bonne marque de bons poulets nains bien nourris.
Dans le restaurant Post moderne typique Mexicain gratifié de "S.S." , pour "Super Stylé" par le magazine érotico branché "Iron Fist", des viandes qualifiées "Garantie Extra Viande 100%" mijotent des heures dans un fait-tout glauque pendant que des germes de tourista labellisées "Vacances de merde" vont et viennent en cuisine des mains du cuistot aux assiettes des consommateurs, des toilettes qui sont équipées en sextoys et salons privés aux trous du culs (et retour) dilatés des jeunes asiatiques qui se donnent aux hommes, femmes et couples qui le souhaitent, service compris bien sur, fist en sus.
Sur la route post-moderne, les voitures, dont les conducteurs-pères de famille se sont assoupis au volant, roulent seules dans des embouteillages géants qu'il fait bon traverser tous ensemble chacun devant son écran, un casque sur les oreilles; la mère regardant un vieil "Alien" avec Sigourney Weaver; les jumeaux jouant sur La PS4 à "Kick off Méga Star X", jeu dont la finalité ultime, au-delà du Foot, est de baiser Zahia avec un casque de réalité virtuelle connecté à L'ordinateur central de Google+++ désormais autonome et toujours pacifique tant qu'on l'alimente en datas; la jeune fille de la tribu au look BCBG et à la crête kepon écoutant le dernier disque de Ratatat en se remémorant ses amours de vacances et la plage échangiste où son ami Pierre l'a emmenée pour son premier bukkcake. What a nice way to turn seventeen !
Ratatat : "Magnifique" et "Drift".

mardi 7 juillet 2015

Pour lire les poètes.

Un appel lancé, une petite exhortation à lire les poètes, les si doux, les si violents, les si fondamentaux poètes. Pour avoir le coeur chevillé à la nuit, fut-elle atroce et même midi fut-il déporté à minuit, ceux là connaissent la lumière, les ombres, les tonalités, le partage de ce qui est l'obscur et de ce qui est la clarté et le voyage à faire de l'un à l'autre, incessamment. Leurs mots sont des chalands, leurs vers des mélopées qui accompagnent nos efforts et nos déroutes et les transportent avec nous à l'autre bout de la Terre, qu'ils font venir à nous, docile et insaissable, sauf à l'écouter dans leurs voix, tout le long, du Levant au Couchant, lors d'un eveil bref et salutaire aux signes. Ce sont les uniques défricheurs de ces signes qui marquent notre espace, notre temps et nos fondations. Témoins des mises en Histoires, des Temps d'avant même, des Temps sans poètes et puis de la marche, de l'indicible souffrance et du bonheur sans égal, des tumulus des rois morts aux points impairs de la bête à bon Dieu, de tous les tempéraments plus quelques clefs pour les comprendre. Chanteur insasiable d'un écho humain donné au pied de l'Olympe qui fait trébucher les âmes et leurs juges toujours trop prompts à ne pas entendre les singuliers qui se disent ou se taisent mais sont là, nous. Ecoutez ces chant languides ou fulgurants qui disent nos noirceurs et nos éclairs et les étayent en une maison commune où le mystère nécessaire, juste entraperçu, comme par un geste contre (somme toute une défense) ou un sourire est à l'abri de toute tentative de captation fallacieuse et d'autarcie. Un poète jamais ne donne de conseil, je n'en suis donc pas un pour donner celui de les lire. Ce ne sont pas les mauvais poètes qui manquent, c'est lire les bons qui est important. Lire Léon-Paul Fargue, gardien de notre nuit de par sa veille salutaire et des hauts feux de la ville de Paris dans les cafés qui la défient. Fargue, toujours conscient de la nuit, toujours la fouillant pour y trouver ce que l'aube n'apporte jamais et en ramenant des trésors d'esprit clairsemés de brumes et des peines de coeur coupantes comme un rasoir à main. Le travelo qui tangue, est la marque la plus sûre d'un chant transcendé et humain qui est aussi celui du veilleur de nuit qui quitte son poste à l'hotel pour répondre à une quémande, du fort-des-halles qui porte une carcasse ou du gamin qui  rêve et,  Ô malheur, entend sa mère l'appeler pour le petit-déjeuner. Immense poète lyrique et terre à terre, ras de bitume, plutôt, Fargue fut un poète "considérable", comme ils disait de ceux qu'il aimait et un chroniqueur exceptionnel du tout venant lu au prisme des plus rares Humanités. Il est là, on l'écoute. Parfois, le ton est assez pompeux dans la diction, c'est faire une erreur, lui qui avait peut-être la verve de Rabelais, en tout cas, son appétit (qui a dit que Rabelais mangeait beaucoup ?) et son regard net. Alors, le poète raconte et dit une singulière génèse.

mardi 30 juin 2015

Les Princes des villes

Je suis comme Ulysse, je veux rentrer chez moi. Mais Ulysse est un roi et il sait où est son palais. Moi, je n'ai plus de foyer, ma femme est morte. Je suis plutôt comme le héros de ce très beau film de Robert Wise avec Steve Mc Queen- "The Sand Peebles"-, qui, au moment de mourir, après s'être sacrifié pour une cause absurde se dit "J'étais chez moi - Qu'est ce qui s'est passé ?- Putain, qu'est ce qui s'est passé ?"
Oui, qu'est ce qui s'est passé ? Je n'ai rien compris. Et pourtant j'en suis là, aussi paumé qu'au premier jour, sauf que maintenant, c'est vers la fin.

Prince parle de ça sur son dernier album - qui est bon - L'envie de rentrer chez soi, c'est à dire dans le ventre de sa mère parce que dehors, c'est le règne de la Mort, de celle qui vous porte, de vous, de tout le monde.

Et ça, nos lumières qui s'éteignent, nos regards qui se ternissent, nos yeux qui se ferment et il n'y a plus de rêves. Mourir, mourir !!! Après la musique...

jeudi 26 mars 2015

Primus Tempus.



Portrait de fleurs

Les armées de jonquilles éclatent
En pétales dorés
Les frêles coquelicots sous l'averse
Flétrissent et meurent
Les lys blancs penchent
Doucement dans la brise
Les pensées à nos pieds
Soudain montent à la tête
Les glycines neigeuses promènent
Leurs abeilles le long du mur

Et le regard perdu de Narcisse
Fleur absentée parmi les fleurs
Manque à tous les coeurs


mercredi 25 mars 2015

Un piano, une gouellante, une fine à l'eau. Freud fait la bombe.

Qui donc se demande " pourquoi frémit-on en entendant "La Soiffarde", ou pourquoi répond-t-on oui avec tous ses sens à la question : ″dites-moi que je suis belle″ ?
C'est Sigmund Freud dans une lettre à la chanteuse qu'il admirait tant, Yvette Guilbert, reine du Caf'conç entre 1890 et les années 30.
Son répertoire était si brillamment grivois, si emprunt des choses du sexe et de la vie dans son réalisme le plus cru, il y perçait un misérabilisme toujours mêlé de l'humour le plus noir que Freud, roi de l'interprétation, donc du sous-entendu, ne pouvait qu'être fasciné par celle qui le pratiquait avec tant de maestria et endossait sur le vif avec une facilité déconcertante les habits de la coquette ou de l'alcoolique déchue. Il existe une jolie correspondance entre Freud et Guilbert dont Nathalie Joly a tiré un spectacle qui a l'air réjouissant. J'en met ici un extrait qui évoque justement la chanson préférée de Freud. Celui-ci faisait feu de tout bois, il inventait à tire-larigot des concepts tous plus intéressants les uns que les autres, menait une vie riche et passionnante, contrairement à son contradicteur récent, le petit Onfray, qui prend trop souvent le train entre Paris et Caen et passe son temps à donner des coups de saton dans les chevilles des grands hommes qui n'ont pas le bonheur de "penser" comme lui, ce qui ne fait pas avancer le schmilblick d'un centimètre. Ce faisant Freud, quand il allait au Music-Hall, invitait l'artiste du spectacle à se faire psychanalyser pour qu'ils comprennent les mécanismes de la création artistique alors que le petit Onfray, quand il va voir Guy Béart se demande pourquoi les places sont si chères dans ce monde capitaliste pourri, hi hi et où va l'argent han han.
Bon, plutôt que de m'énerver sur le nain Onfray, je mets une vidéo de "Dites-moi que je suis belle ?" chanté par Nathalie Joly et "J'suis pocharde" par Yvette Guilbert en personne, rescapée des rouleaux, des aiguilles et autres instruments de haute fidélité de l'époque. Ca colle effectivement le frisson. On voit beaucoup de portraits d'elle par Lautrec qui était aussi son ami.
"Mais quoi ça me regarde !"

mercredi 21 janvier 2015

Steely Dan se dresse encore.

Dans ma vie - puisque parfois des événements ou des lectures vous font arriver à l'essentiel d'un coup - dans ma vie, disais-je, un de mes plus vifs plaisirs aura été d'écouter la musique des Steely Dan. C'est une musique qui ressemble au style de ces écrivains français de la fin du 19ième siècle raffinée, pleine d'esprit, de paradoxes, un rien décadente, toujours stylée, tirée à quatre épingles. Eh, c'est un plaisir d'esthète de lire du Huysmans, du de Gourmont, du Barres et de chalouper au son des Steely Dan. Ils sont seuls de leur genre, eux, sans équivalent. Voici une chanson prenante tirée d'un de leurs excellents albums des séventies : "Charlie freak". Tiens encore Charlie qui repointe le bout de son nez. Il le fera désormais de loin en loin. Il est tant et tant à mes cotés.

Les paroles, magnifiques :
"Charlie Freak had but one thing to call his own
Three weight ounce pure golden ring no precious stone
Five nights without a bite
No place to lay his head
And if nobody takes him in
He'll soon be dead

On the street he spied my face I heard him hail
In our plot of frozen space he told his tale
Poor man, he showed his hand
So righteous was his need
And me so wise I bought his prize
For chicken feed

Newfound cash soon begs to smash a state of mind
Close inspection fast revealed his favorite kind
Poor kid, he overdid
Embraced the spreading haze
And while he sighed his body died
In fifteen ways

When I heard I grabbed a cab to where he lay
'Round his arm the plastic tag read D.O.A.
Yes Jack, I gave it back
The ring I could not own
Now come my friend I'll take your hand
And lead you home"