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lundi 18 mars 2019

Hal Blaine bat le tambour du Rock n' Roll

J'ai le coeur qui bat trop vite et trop fort. Je ne devrais pas écouter autant de rock n'roll, c'est mauvais pour moi, pour ma santé. Mais c'est comme ça, certains avancent à un rythme modéré, à la coule; d'autres sont tellement zen qu'ils sentent à peine leurs jambes avancer et leur coeur battre au rythme de la marche; moi j'avance au son du tambour ("beat of a drum"), grognant et rugissant. Au fond, je suis comme n'importe quel groupe de rock lambda : j'ai besoin d'un batteur. Et justement l'un de ceux qui m'ont fait le plus me ruer à fond de train vers à peu près tout, y compris la déchéance, et la fatigue, vient de mourir. Il s'agit d'Hal Blaine et je lui rend hommage. Il était musicien de session à Los Angeles et disait avoir 35 000 enregistrements à son actif. Membre fondateur du "Wrecking crew", il a officié dans des disques classiques et même canoniques de Phil Spector et ses Ronettes, des Beach Boys, des Byrds, de Sonny and Cher, définissant un son, imposant un gimmick. A tel point que quand je ne connais pas le nom du batteur qui joue avec tel ou tel artiste des sixties ou seventies et que je le trouve bon, je me dis que ça doit être Hal Blaine qui tambourine sur ma poitrine. Ce n'est pas un poids mais ça pulse, ça pulse et je me fais vieux, toujours plus vieux. Et, fin du fin, je suis toujours autant en colère. Ce n'est pas bon d'être aussi en colère à mon âge. Cependant Bowie disait, quand il a chanté dans Tin Machine : "You belong in rock n'roll". Oui, c'est ça, j'appartiens au rock n' roll, jusqu'au bout, jusqu'à la dernière ligne du dernier rouleau, envoûté, marabouté, à ma place. Au bout du bout, à l'heure du calme et du repos obligé, mon dernier battement de coeur, je le devrai peut-être à Hal Blaine.
Tin Machine : "You belong in rock n'roll"

Imparable. Le mur du son de Spector. Les Ronettes : "Be my baby".

Ce qui amènera Dylan au Rock. C'est Blaine qui joue.

lundi 17 septembre 2018

David Bowie, Glen Campbell : deux gentils fantômes

Il était temps qu'un artiste majeur s'y colle. C'est Weller qui l'a fait sur son dernier album, très beau, très épuré "True meanings". Faire quoi ? Rendre Hommage à David Bowie Voici la chanson. C'est bien que ça soit Weller et pas Elton John. Elton John il est bon pour Lady Di et George Michael, pas Bowie, même si.... Vous comprenez ? Non ? Alors révisez.
Après, une petite interview du Modfather sur ce qui l'influence et le motive.
Paul Weller : "Bowie"


Ci-après l'hommage d'un artiste moins important mais néanmoins très bon.
Bertrand Burgalat : "Tombeau pour David Bowie". Les Tombeaux....une bien belle tradition.

L'autre jour quelqu'un me parle de Glen Campbell, le créateur du très grand morceau "Wichita line man", composé par Jimmy Web. En France sa mort est passée quasiment inaperçue l'an dernier. Lang en a parlé sur RTL, il y a eu une page dans le numéro récap de l'année des Inrocks et c'est à peu près tout. C'est peu pour un mec qui a travaillé avec Elvis, Johnny Cash, les Beach Boys etc, etc...
Ce n'est pas très grave, un type qui chante ses dernières chansons entouré de ses petits enfants ne doit pas se soucier outre-mesure des hommages, de toute manière il a réussi sa vie. Il est mort des suites de la maladie d'Alzheimer alors, effectivement, il y avait des "fantômes dans le canevas". Qu'importe? Moi, je me souviens aussi de Glen Campbell.
Pour combien de temps ? Pas très grave. L'ami qui m'a parlé de Campbell est jeune, lui.

dimanche 18 septembre 2016

Missing you, Mister David Bowie.

J'écoute Jean-Hugues Anglade sur RTL dire qu'il a du mal à faire son deuil de Prince. Je veux bien le croire et je pensais que ça allait être la même chose pour moi, mais non c'est Bowie qui me manque énormément et dont j'ai du mal à penser qu'il n'est plus là, avec moi, lointain mais à mes cotés. Cela tient certainement au fait que Bowie n'a jamais cessé d'être une force créatrice pertinente, contrairement à Prince qui avait tendance à s'enliser dans la surenchère et la redite (sur scène c'est autre chose, il a eu la ouache jusqu'au bout). Bowie m'a bousculé tout le temps, émerveillé sans cesse. Je vais mettre un titre de Bowie, non, deux; un qui date d'avant son premier disque chez Deram, il devait avoir 16 ans et c'est parfait, je dis bien parfait; un autre qui est sur son dernier album, flippant et aux petits oignons, et qui est parfait aussi. Bowie est un très grand artiste contemporain, tout terrain d'ailleurs.
Alors, quand Jagger et Richard vont mourir, putain, ce que je vais être mal, merde.
David Bowie : "I can't help thinking about ME".

David Bowie : "Lazarus.
The Rolling Stones en 1989. C'est à ne pas croire tellement c'est bon.
"Almost hear you sigh".

mardi 9 août 2016

Poésie et Rock n' Roll. Tentative d'arrangement.

Vent idiot
Qui m'ébouriffe les cheveux
Courbe les tiges et ne répands
Aucune senteur
Aboie sans visiteur
Vent insensé
Qui souffle sur lui-même
Ne scelle aucune alliance
Ne porte aucun pardon
Vent dément
Qui maltraite les rimes
Et le sens des mots
Qui se maintient sans direction
Vent sans rose
Dépeuplé des semailles
Inerte dans la tourmente
Qui ne fait gonfler
Aucune voile
Vent de crachin de sable
Vent nul
Qui poursuit son ombre
Qui ne réchauffe aucun feu

Dans les lointains
Aux frontières du pays
S'étend la plaine où tu es né

Retourne veiller sur tes rocailles
Et laisse briller les signes
Laisse aussi les oiseaux
Prendre le souffle de l'air
C'est le soir, cesse
De t'étaler à cette table
D'en balayer les reliefs
Rends-nous la place d'êtres
Vivants dans la bise fugace
Boréale ou d'Autan qui choisit
Avec nous et nous aide.


dimanche 7 août 2016

Missin' Mister D.B.

David Bowie. Aucun rocker ne m'avait manqué à ce point-là depuis John Lennon. C'est dire à quelle place je mets le fantasque auteur/compositeur/interprète anglais qui savait se réinventer dans l'excellence pratiquement à chaque album. Il me manque grave. Alors, j'écoute des vieux trucs. Tenez, en v'là un, pas de la meilleure période, mais tellement supérieur à la production courante. C'est comme les Beatles, au-dessus du lot. Heureusement, Bob Mould et Paul Weller sont toujours de ce monde, sinon ça deviendrait très dur. L'énoncé au début de la chanson est du très beau surréalisme moderne (je veux donc dire classique), un truc à la Prévert disent les mortels morts.
David Bowie : "Telling lies".

Un truc pour lui d'un bon petit groupe.

mercredi 4 mai 2016

Prince, Bowie et un je-ne-sais-quoi en plus.

La classe, ça existe. David Bowie avait la classe. Dans son genre Prince l'avait aussi, ce truc; ce je-ne-sais-quoi qui fait qu'on remarque votre présence, qu'on la sent. C'est quoi ? Oh, un peu de tout : les fringues, la posture du corps, le regard, les gestes, deux ou trois objets comme une cigarette et une chevalière, la démarche, le timing surtout. Etre là, où il faut quand il faut, comme un bonus au monde tel qu'il va qui devient lentement évident, vital, qui impose sa marque sans brusquer les choses, à la coule. La classe fait qu'on vous distingue de la masse bourdieuesque des clodos de la vie (les fringues de Bourdieu !) et des ploucs. Aldo Maccione a très bien parodié la classe. Si on peut en faire un truc comique, c'est que ça existe bel et bien; c'est à ça qu'on reconnait l'existence d'une chose aussi évanescente que la classe.Attention ! On peut être classe en 2 CV, en punkette, en pantoufles (à talon, avec un désabillé et du parfum pour les femmes; avec une robe de chambre en cachemire et un verre de Cognac pour les hommes), tout est dans la nuance, l'appui ferme et souple d'une présence; c'est ça, le mot important, "présence", et même, plus net, "prestance". Dans ses films, Prince est opposé à sa caricature et à la caricature de la classe, Morris Day, double vulgaire et concupiscent qui drive son groupe The Time. Tout pue l'ostentation chez lui, la frime à pas cher sous des allures qui exhibent les dollars sans honte, mais sans joie, sans prestance. Nuance. Quand il rit à ses propres blagues, Morris Day, tout le monde se marre; quand un mec qui a la classe fait une plaisanterie, tout le monde est bluffé et certains osent un franc sourire. C'est là que l'on voit les dents blanches des jeunes femmes qui baissent un peu les yeux.
Il existe une chanson que personne ne sait vraiment comment prendre. Ca s'appelle :"Donald Trump, Black version" de The Time. Est-ce que Morris Day y fait vraiment l'apologie de Trump ? Est-ce qu'il se fout de sa gueule de cake ? Je vous donne la réponse. Morris Day, endossant son personnage habituel, fait l'apologie du pognon et de Donald Trump, sans aucun doute MAIS, il s'agit d'un personnage (qui existe vraiment, attention, il y a en plein !) et il ne faut pas le prendre au sérieux. Je vais la mettre en-dessous la chanson, c'est une pignolade, une bouffonerie, mais exécutée avec maestria et talent. C'est tout le paradoxe de Morris Day et de The Time, ils ont un talent fou mais ne sont pas sérieux du tout et, finalement, le "Character" (pour employer un terme dont use Day pour parler de lui sur un album solo) a détruit le bonhomme qui n'a plus rien à dire et à montrer depuis longtemps, enferré dans son image de branleur sans l'ombre d'une classe quelconque. Faire-valoir vulgaire de Prince, c'est pas une vie. Donald Trump, Black version ? Est-ce que l'on peut rêver d'un homme qui ait moins la classe que ce "personnage" ? Tarantino en met plein ses films, non ? Et les gens trouvent ça génial. Mais personne ne dit de Tarantino qu'il a la classe, pas vrai ?

samedi 30 avril 2016

Ca coule en douceur, dans les Ténèbres.

L'autre soir, ce satané Georges Lang a passé le premier morceau ci-dessous dans son émission "Les Nocturnes" sur RTL, "Slip away" de David Bowie, tiré de l'album "Heathen". Quelle idée, quelle drôle d'idée ! Ce truc est splendide. C'est une longue et noble déploration sur le temps qui passe et bouffe tout, emporte dans le néant les choses et les êtres les plus précieux. C'est d'une beauté ! A pleurer. Le genre de truc que seul David Bowie pouvait pondre. Alors ? Qui va faire naître les larmes aux coins de mes yeux pour ces raisons magnifiques que sont des chansons tristes ? Bowie, il est out, mort... Le synthé à la fin du morceau m'a fait penser à celui de Prince au début d'"Around the world in a day", qui est cependant plus chamaré, plus gai. Mais Prince, il est out aussi, mort aussi. Plus d'"Annastesia" habité ou l'homme se montrait sous son meilleur jour, celui du fervent croyant en l'Amour et en Dieu. Ca, ça a glissé entre les doigts aussi, l'Amour. Il y a son ombre, tout au plus. On dirait des standards des années 30, ces chansons; du Ellington, un truc comme ça. !
Alors, il me faut aller chercher dans de vieux livres de Flaubert, de Brassaï, de Loti, de Dominique de Roux d'autres raisons de poursuivre ma course, d'autres interpellations, d'autres interrogations que celles auxquelles ces chanteurs donnaient vie. Ces auteurs m'eurent tous trouvé pathétique a pleurenicher sur moi comme un enfant coupable. C'est comme si je les entendaient m'enjoindre de me redresser. D'accord, je veux bien moins pleurer. Les larmes, c'est pourtant ce qu'il y a de plus clair en moi, de plus net.



mercredi 30 mars 2016

J'fatigue.

Il est comme moi Iggy Pop, il est fatigué. Plus que moi, même. Faut dire, il a tout essayé ce garçon. Il a sombré dans les pires excès, les pires dépravations et quoi ? Qu'est-ce qu'il lui en reste de toute sa vie de chien fou ? Il a été heureux peut-être, un petit peu. Il a été malheureux, beaucoup. Il a fait du rock destructeur, avec les Stooges ou en solo, d'une négativité inégalée et qui demeure une référence absolue pour tout rocker un peu digne de ce nom (en gros, rocker ça veut dire péquenot mal dégrossi/mauvais garçon mais gentil au fond). Ensuite, il a essayé de sortir de ses travers extravertis en se rachetant une conduite d'amateur de potin binaire de qualité sur quelques bons albums qui passaient bien sur les chaines Hi-Fi. Puis, pour se survivre, je suppose, il s'est mis à s'auto parodier en légende du proto-Punk-Rock indestructible et mouillant à grand coup d'albums torse-poils aussi ineptes que nombreux. Il n'est jamais parvenu à s'assagir totalement (eh, eh !). L'électricité, il a ça dans le sang. Tout mettre sur dix et foutre le bordel avec des mécaniques à bruits diverses. Il a changé, quand même, il est devenu un peu plus tristounet avec l'âge, moins enthousiaste à se flinguer, un peu pervers pépère à la sortie des classes mannequins à Manhatan à se tirer sur la nouille comme un con. Fallait bien passer le temps. Il a fait une chanson avec Françoise Hardy ("Mon amie la rose" ?), un album tiré d'un bouquin de Houellebecque qui s'appelle "Préliminaires" (le con, presque trente ans après le coup de massue qu'était "Pénétration, le voilà qui s'occupe de futilités), un autre de reprises de chansons françaises. On s'occupe, on s'occupe. Et puis son pote Asheton des Stooges est mort. Lou Reed est Mort. David Bowie est mort. Tous ses amis sont clamsés, il s'emmerde, il n'a plus rien à dire à part "Fuck" comme d'habitude mais il déprime sec et il est un chouïa moins virulent qu'avant. Un gros Chouïa. Je le comprends, je compatis même, je me sens comme lui. Et d'ailleurs, tout comme moi, c'est un véritable chien, incapable de ne pas aboyer, par prudence. Alors, il va tenter un dernier geste ou presque, en s'entourant d'une bande de bons musiciens et compositeurs et sortir l'album "Post-Pop depression" ou comment survivre un petit peu dans un monde de cons et que l'on est soi-même moribond depuis presque un demi-siècle? comment faire pour faire un pas en avant de plus, encore un, jusqu'au Paraguay, puisque c'est là qu'il dit vouloir aller mourir ? Putain, mais c'est bien ça, mais pourquoi pas le Paraguay, les mecs ? Si ça se trouve, il n'y jamais foutu les pieds et c'est un ailleurs possible pour lui. Puisque rien ne dure, puisque soi-même on change d'année en année jusqu'à une non-permanence permanente, déguisée en cerceuil, puisque la bonnasse qu'on s'est tiré à 18 balais est une rombière imbittable et que les autres bonnasses de 18 ans ne sont que des bonnasses de 18 ans de merde, puisqu'ailleurs, c'est ici et inversement ou peu s'en faut, puisque que même David B. est mort, puisque le thé vert a presque le même goût que le thé noir et que de toute façon le thé c'est un truc de fiottes angliches mais qu'il faut pas le dire, eh beh, mais pourquoi pas aller tirer sa révérence au PARAGUAY, les mecs ?Le PARAGUAY c'est le Paradis Perdu des rockers ! Si ça se trouve on se foutera enfin la paix, hein, Iggy ? Et puis vas te faire foutre pauvre débile !!! Ouarf ! Ouarf ! C'est le dernier morceau que j'écoute de toi !
Iggy Pop : "Paraguay"

Les paroles (bonnes) :
Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

(Yeah)

Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

I'm goin' where sore losers go
To hide my face and spend my dough
Though it's a dream, it's not a lie
And I won't stop to say goodbye

Paraguay
Paraguay

See I just couldn't take no more
Of whippin' fools and keepin' score
I just thought "well, fuck it man"
I'm gonna pack my soul and scram

Paraguay
Paraguay

Out of the way I'll get away
Won't have to hear the things they say
Tamales and a bank account
Are all I need, so count me out

Paraguay
Paraguay

I'll have no fear
I'll know no fear
So far from here
I'll have no fear
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la
Tra-la-la-la

Wild animals they do
Never wonder why
Just do what they goddamn do

There's nothing awesome here
Not a damn thing
There's nothing new
Just a bunch of people scared
Everybody's fucking scared
Fear eats all the souls at once
I'm tired of it
And I dream about getting away
To a new life
Where there's not so much fucking knowledge
I don't want any of this information
I don't want YOU
No
Not anymore
I've had enough of you
Yeah, I'm talking to you
I'm gonna go to Paraguay
To live in a compound under the trees
With servants and bodyguards who love me
Free of criticism
Free of manners and mores
I wanna be your basic clod
Who made good
And went away while he could
To somewhere where people are still human beings
Where they have spirit
You take your motherfucking laptop
And just shove it into your goddamn foul mouth
And down your shit heel gizzard
You fucking phony two faced three timing piece of turd
And I hope you shit it out
With all the words in it
And I hope the security services read those words
And pick you up and flay you
For all your evil and poisonous intentions
Because I'm sick
And it's your fault
And I'm gonna go heal myself now
Yeah!

jeudi 11 février 2016

Pleurer Bowie. Pleurer sans Bowie.

Il faisait bon savoir que David Bowie travaillait quelque part dans le monde sur un projet musical qui allait se révéler au minimum intéressant, voire brillant, mais jamais anodin. Maintenant qu'il n'est plus là le monde est plus inconfortable, plus pesant. Bowie n'était pas léger, non, ce n'était pas une plume, mais quand on l'écoutait on se sentait plus libre, on soufflait, on respirait. Son travail libérait de la place pour autre chose que Coca ou Peugeot dans la tête. Pour de la Vie ("V" majuscule). Bowie était en perpétuelle évolution, en perpétuel changement mais toujours il restait intelligent, alerte, à l'écoute, vif, perclus d'angoisses, apte à en faire une matière de travail, jamais véritablement en repos, affrontant le chaos, y donnant de la voix, sa voix si particulière. Sa sensibilité était si singulière. D'où venait-elle ? Souvent il faisait référence à son enfance, à son frère schizophrène, à son besoin d'incarner quelqu'un d'autre, à ses maîtres et futurs amis en bizarrerie. Il me semble que sa musique, sa création était le point d'équilibre entre ses rudes peurs de n'être rien (ou tout) et sa soif de vivre à plein tube en tant qu'homme complet. Il était un grand et véritable artiste, et toujours, il a été de bonne compagnie, de bon conseil, il nous a fait du bien, ce qui est la marque des plus grands. Il était comme nous sauf, qu'il était un peu plus affuté, un peu plus aiguë, pointu comme une lame, tranchant comme un sabre et ce qu'il nous donnait à voir et à entendre, jouant du couteau et bataillant avec lui-même, éclairaient notre nuit, parfois d'un soleil sombre, le plus grave, le plus durable.
L'effet que sa disparition me fait, en réalité, c'est celui d'avoir perdu un ami très cher qui était infiniment plus doué que moi pour dire "des choses" communes à tous et qui était en sus aussi généreux dans sa vie et sa vision qu'un artiste doive l'être, c'est à dire faisant ce qu'il sentait devoir faire, ne devant rien à personne et étant payé très cher pour ça. Ah merde, il me manque ! J'ai toujours vécu dans un monde AVEC Bowie, il n'est plus là, et moi, où suis-je ? ("Where are we now ? where are we now ?..."
Deux chansons presque au hasard, qui me touchent. "Afraid" et "I've been waiting for you", issues du même album "Heathen".
"Afraid" Ecoutez les paroles.

"I've been waiting for you" signée Neil Young. Même ses reprises sont dorées sur tranche. Pas de hasard.

mercredi 20 janvier 2016

Des morts pour l'amour de quoi ? De l'Art ? Allons, allons...

Ettore Scola est mort. Qu'est ce que ça peut foutre ? Le cinéma est un art très surestimé. C'est beaucoup moins bien que le cirque ou la télévision la plupart du temps. 99 % de la production n'est qu'un brouet infantile qui aide à faire digérer une réalité pas glorieuse, voire insupportable. Et bien le cinéma est un anti-vomitif très efficace. Quand à Scola aucun de ses films n'arrive à la cheville des meilleurs titres de comédie italienne de Risi ou Monicelli (pour ne citer qu'eux), ça le place dans la bouillie des faiseurs appliqués et suranés. Personne n'en parlera plus dans dix ans, si tout va bien.
Reste la Littérature pour nous enrichir la tête et le coeur. Et là, Paf, c'est Michel Tournier qui casse ça pipe. Comme si ça avait la moindre importance. Il n'écrivait pas, il illustrait des thèses avec des histoires et quelques mots savants. Ce n'est rien ces bidules, ça n'existe pas. Si vous avez des idées, faites de la Philo et laissez tomber l'écriture, cette partie sensible et chantante de l'Humanité qui parle et tente de dire ce qui s'impose à elle, contrainte ou liberté. Le chant monte du plus profond d'un auteur, de son intimité, qui est son rapport à la langue. pas les raisonnements, les démonstrations, qui viennent de l'intellect. Dans 20 ans, si tout va bien, Tournier sera aux oubliettes, sauf dans les facs de psycho et de socio.
Tournier, Scola...de qui se moque-t-on ? L'Art c'est autre chose que ces trucs pour midinette de l'Esprit. M David B., par exemple, ici reprenant M Jonathan Richman. "Pablo Picasso"
Ca dit, en gros : "Personne n'a jamais traité Pablo Picasso de trou du cul, contrairement à toi....". Hé, Hé, ça c'est bien vu et diablement cooooooooool !

dimanche 17 janvier 2016

Les héritiers de Bowie ont du pain sur la planche.

David B. est mort. Il laisse derrière lui mille choses que ses héritiers se partageront. Sound and Vision. Pour beaucoup il a été une source d'inspiration de son vivant, de par ses oeuvres remarquables des débuts du petit Davy Jones à la fin mise en scène et en partage de l'icône Bowie. Il a fait le Grand Chelem et mis tout le monde d'accord : c'était l'un des plus grands. Attention, Messieurs, Mesdames, la barre est plutôt plaçée haute. Qui pour prendre la relève ? Ceux qui ne le cherchent pas, évidemment. Donc, ni Placebo, ni Muse. Il y a eux, en tête de liste :

Eux. Aussi aventureux, aussi cinglés.

Eux, en passant par l'Afrobeat. Pédés, pas pédés ? Vidéo louche. Pas d'équerre. Bon pour le service.

Elle ? Oui, félée.
Et lui bien sûr.

jeudi 14 janvier 2016

Living in the Eighties with our friend David B.

Dans les années 80 (celles de ma jeunesse) ce n'était même pas la peine de se pencher sur le passé de Bavid B. (nous le fîmes quand même), il était une force créatrice tous azimut en parfait état de marche. Il y avait bien des rabat-joies de la période berlinoise un peu chagrins qui prétendaient qu'il était sur le déclin mais il fournissait tube sur tube de grande qualité et il n'y avait qu'à se laisser porter par "Under Pressure" avec Queen, "This is not America" avec Pat Metheny et plein de titres en solo. "Dancing in the streets" avec Jagger est peut-être assez faible mais le "Tonight" avec Tina Turner est joliment tourné. A l'époque, pour faire un peu de fric à son ami, il enregistrait pas mal de titres qu'Iggy Pop avait écrits dans les seventies comme ce tonique et frappé "Neighborood threat"et ça sonnait diablement rock. Je ne vous parle même pas du cinéma, il était partout : "Furyo", "Moi, Christiane F....", "La dernière tentation du Christ", "Les prédateurs". David B; a traversé les eighties frais comme une rose et semant à tout vent; il s'est ensuite un peu cherché avec son groupe Tin Machine pour mieux attaquer les nineties complètement neuf. "Jump they say." C'est ainsi que David B. est grand.

Version an 2000

mardi 12 janvier 2016

David Bowie after hours.

Une nuit, je sortais du bar à l'heure de la fermeture avec mes potes et des nanas. Ca n'allait pas, j'étais de mauvais poil, éméché, je me sentais assez dégoûtant et dépenaillé, je sais pas pourquoi. L'alcool pas très bon ? Les filles pas baisantes (baisables) ? Mes copains plus cons que moi ou l'inverse ? Tout ça aurait pu mal se terminer mais David B. m'a sauvé la mise. J'avais un walk-man à l'époque, que je portais à la ceinture. Je l'ai mis en marche et c'est "Modern love" de David Bowie qui a démarré. Alors je me suis mis à courir le plus vite que je pouvais à travers les rues désertes du Mans. J'ai couru comme un dératé, comme un mort de faim, transcendé par la musique de forcenè qui m'arrivait aux oreilles. J'étais propulsé en avant. Le morceau est long, à la fin j'arrivais pas loin du bout de mes capacités cardiaques et respiratoires. On s'est arrêtés, la musique et moi;  j'étais haletant, dégrisé, heureux et j'ai vomi. Puis, lentement, j'ai repris mon souffle, mes esprits, je me suis ensuite réajusté et, tout sourire, je suis parti retrouver mes amis en écoutant la fin de l'album de Bowie et en chantonnant avec lui. C'était une belle nuit, tout compte fait. Plus tard j'ai vu la scène dans un film de Léos Carax. Pourquoi non ? "She said : SSSSHHHH...."
Rock n Roll, David Bowie : "Modern love".

Plus cool, une composition de Duncan Brown : "Criminal world"

L'Etoile Noire de David Bowie s'est éteinte.

J'ai toujours connu le monde avec David Bowie, MON monde. Voilà qu'il est mort et ce monde sera moins beau, moins classe, moins passionnant. Il est génial, Bowie, chaque album était attendu et souvent surprenant, bon la plupart du temps. Bowie avait une puissance créatrice tous azimuts qui semblait inextinguible et qui s'est tue cependant, comme de juste.
J'avais 15 ans et j'allais dans un bar avec des amis plus vieux que moi. Je n'avais pas l'âge de boire de l'alcool mais je m'en foutais un peu, j'étais là pour être en compagnie de mes potes en buvant un diabolo et les écouter. Mais j'avais un plaisir à moi, pas secret puisque tout le monde s'en rendait compte mais bien personnel. J'avais repéré un morceau que j'aimais bien dans le jukebox. Il était passé une fois et j'avais demandé à quelqu'un qui c'était et quelle chanson c'était. Depuis ce moment, régulièrement, je prenais une piécette, allait à la machine et mettait "Rebel, Rebel" de David Bowie. "Rebel, rebel, put on your dress...Rebel, rebel, you're face is a mess..."Qu'est ce que cela voulait dire ? Et puis le riff de guitare ! C'était génial. Des anecdotes comme ça avec Bowie j'en ai cent.
Je mets une chanson de lui. "Cat people". Voix ductile, puissante. Nile Rodgers à la production, Steve Ray Vaughan à la guitare.

vendredi 6 mars 2015

Y'a bon l'Art !

Ca commence à tourner à l'obsession chez moi, l'idée que la Pop musique est un Art majeur. Voici, au hasard des écoutes, un titre des Undertones sorti en 1979 : "Mars bar". Je ne vois pas ce qu'un gauchiste mal emmanché ou un 'vert" rendu dément par le manque de produits chimiques pourrait ajouter à ce commentaire acéré et acerbe de la "Société de Consommation" (livre de Baudrillard) et de ses dérives. Voyez comment ils parlent (les Undertones) avec finesse de cet acte banal mais typique de la société avancée occidentale : manger une barre de Mars. Ca engage plein de choses, dérisoires et grandioses, de la politique de santé publique aux chansons de David Bowie, de la diététique à l'addiction morbide, du dopage aux dents gâtées et tout est là, sombrement et sobrement exposé. Je mets donc les paroles, vous allez voir, c'est très pertinent et nerveusement rebelle. ("Hey raid the Spar", ça veut dire "Hé, j'ai fait un raid sur le "U express" (pour acheter mon Mars)) Tout ça pour le prix d'un 45 tours, Waoouh ! Après, vous faites ce que vous voulez. Vous intégrez des groupuscules d’extrême gauche (ou droite), vous arrêtez les barres chocolatés, Vous passez au Nutella à haute dose...Moi, je pense que la meilleur chose à faire est d'écouter ce morceau en boucle en bouffant des Mars jusqu'à en devenir diabétique, c'est encore ce qu'il y a de plus chic à ce prix-là. Un peu esthète, quoi ! Non, plus sérieusement, savez-vous qu'après l'Art, il y a encore de l'Art ? Dieu que c'est bon. Miam-miam !

 I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

I never eat my dinner
I push away the plate
You can see I'm getting thinner
Because I just can't wait

To get my Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

To Patrick Moore and David Bowie
And all the other stars
There's evidence here to show you
That there's life on Mars

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

There's glucose for energy
Caramel for strength
The chocolate's only there
To keep it the right length

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

To anybody out there who still eats Twix
Or Bounty, or packets of Buttons
I gave them up when I was six
I hope your teeth are rotten

I need a Mars Bar
Hey raid the Spar
To help me through the day
I need a Mars Bar
I've had ten so far
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play
It helps me, makes me
Work, rest and play

Work, rest and play!


lundi 8 avril 2013

David Bowie : même pas mort.

David Bowie vit son énième métamorphose, la dernière. Il devient un mort. Il le sent, il a presque cessé de vivre un moment, il sait ce que ça fait et il nous le dit. Ce n'est pas très drôle mais il faut bien se coltiner cette chose-là un jour ou l'autre et comme Bowie est un artiste dans l'âme, il va nous faire sentir de quoi il en retourne vraiment. Ca peut être bigrement utile. L'album qui parle de ça, de sa mort, de la Mort est beau et passionnant. Il s'appelle "The next Day". La pochette représente la photo de l'album "Heroes" presque complètement barrée du titre écrit en gros caractères noirs sur fond blanc. Sobre ? Si on veux...Plus question d'être un héros, "Just for one day" ; ou, plutôt si, mais le lendemain ? Qu'est ce qui se passe le lendemain ? Et bien, si on l'atteint c'est un putain de miracle. Oh, il a vu, David : les zébrures électriques des douleurs, l’aiguë qui saisit l'âme et la mortifie, les sens qui s'effondrent un par un, l'incapacité à lutter qui va tout emporter, la fièvre et la glace, les protocoles appliqués qui iront au choix vers le mieux ou le pire au grès d'on ne sait quelle puissances adverses ou amies, il en a vu tant et plus ; l'Horreur, en un mot.
Alors voilà un des titres de l'album "Love is lost" : "L'Amour est perdu", ou, comme il le dit "La perte, c'est l'Amour". L'Horreur, vous dis-je.  It's the darkest hour, you're 22
The voice of youth, the hour of dread
It's the darkest hour, and your voice is new
Love is lost, and lost is love

Your country's new, your friends are new
Your house, and even your eyes are new
Your maid is new, and your accent, too
But your fear is as old as the world

Say goodbye to the thrills of life
When love was good, when love was bad
Wave goodbye to the life without pain
Say hello, your beautiful girl

Say hello to the greater men
Tell them your secrets they're like the grave
Oh what you have done, oh what you have done
Love is lost, lost is love

You know so much, it's making me cry
You refuse to talk, but you think like mad
You've cut out your zone and the things have fold
Oh what have you done, oh what have you done
Oh what have you done, oh what have you done

samedi 4 février 2012

Dancing with David Bowie !

La première fois que j'ai entendu "God only knows" de Brian Wilson, c'était cette version, tout à fait correcte et même plus. Je dirais d'ailleurs que c'est un exploit que de sortir une version aussi bonne d'un morceau a priori inaccessible de qualité, et par voie de conséquence, inreprenable.  Prends soin de toi, David, tu nous manque. L'album "Tonight" est BON, voilà tout, et tant pis pour "les puristes". Une preuve ? DES PREUVES, OUI !  Écoutez les deux extraits suivants, des morceaux originaux de Bowie ! Ça bastonne sérieusement et sec (Vu le casting....c'est assez normal, vous allez me dire. Encore fallait-il les choisir ! Guitares : Carlos Alomar ; Batterie : Omar Hakim) Et les chœurs, ah ! Ces chœurs ! Il a toujours aimé ça, Bowie


mardi 31 janvier 2012

YOU SEE, LIFE IS LIKE A CIRCLE. EVERYTHING YOU DO COMES BACK TO YOU .

A force de courir tout le temps et dans tous les sens, tu vas finir par te rencontrer le soir au coin d'un bois et ça se passera mal. Forcément.

Avant de mordre la poussière, fais donc le ménage une dernière fois. Ca ne te fera pas de mal.
CHECK IT.

They say "Jump", you say "How high ?" And then you get down.They say "It is way far too easy".

MAIS IL FAUT BIEN CROIRE QUELQU'UN !!! POURQUOI PAS DAMON ALBARN ?
Pourquoi pas...

YES THE FUTURE'S BEEN SOLD ( Et pas cher en plus )

dimanche 11 septembre 2011

Plus morts que vifs.

Bon, y'en a un, il est mort, c'est sur. Mais l'autre ??? Ben, il est pas loin du point de non-retour microsilloné.

David ! David ! Je me rappelle de ton frère et j'oublie mon nom. Tu te rappelles de moi ? J'étais une statue dans le parc ou vous jouiez à faire le mort. Ah, j'étais qui à l'époque ? Artémis, Hermes, Saturne ? Oui, c'est ça Saturne. Tu vois, ça me revient. Où vas-tu comme ça ? Tu m'obéis ? Mais je n'ai rien dis !
Alors, d'accord, meurs.