Affichage des articles dont le libellé est Claviers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Claviers. Afficher tous les articles

lundi 17 juin 2019

Dr John et Mister Paul.

Dr John est mort. C'est évidemment consternant mais ça devait arriver tôt ou tard. Les méta-humains débarrassés de la mort seront débarrassés d'eux-mêmes et n'auront plus l'envie de créer. Pour qui, pour quoi puisqu'on sera encore là dans 100 000 ans ?
En attendant, fini le vaudou blanc, fini le gumbo, fini le chapeau et la canne. Il laisse une béance qui ne sera pas remplie et c'est tant mieux, il y a de la place pour les souvenirs.
Je rends hommage au bon Docteur à travers Paul Weller dont on connait le goût très sûr pour les reprises et qui arpente actuellement le Royaume Uni en mode pépère, pré-chaise roulante. Là, dans ce que je mets ci-dessous, il est au top.
Paul Weller :"Walk on gilded splinters"

Et Dr John lui-même " It don't mean a thing if you ain't got that swing." Certains morts seraient-ils plus groovy que d'autres ? Demandez la réponse à Orphée.

jeudi 7 février 2019

La Beauté moderne et ce qu'il en advient.

Il y a-t-il vraiment tant de différence que ça entre le lyrisme du morceau des Death Cab For Cutie de Ben Gibbard qui finit leurs concerts sur une note lancinante et amoureuse et celui du très beau morceau post-moderne de Jon Hopkins qui dit tristement que "everything must end" ? On pourrait dire que non, pas tant que ça, la beauté est là. En fait il y a un monde entier qui les sépare, ces chansons. Un qui disparaît, qui est déjà mort et l'autre qui advient, qui arrive, qui "profite" de la mort du premier
Allons, allons, c'est bien grave tout ça. Pas tant que ça, ça arrive, les mondes qui s'écroulent. Comme je l'ai dit la beauté est là, différente et néanmoins nécessaire.
Death Cab for Cutie : "Transatlanticism"

Jon Hopkins : "Open eye signal" (Vidéo superbe)

lundi 17 décembre 2018

Les nouvelles aventures d'Oncle Rock.

Suite des aventures du chenu oncle Gaël au pays des nouveautés. D abord un petit stage en entreprise bien crispant.
Myd :"Muchas"

Tiens un rappeur !
Tyler the creator: "Music inspired by illumination and Dr Seuss, The grinch EP.

Encore Badbadnotgood,cette fois-ci avec Little Dragon. Je conseille à tous d'écouter le "Late night tales" de Badbadnotgood, il est excellent. (La collection entière des "Late night tales" est excellente)

Solo Han feat James McMorrows : "The future". Très lyrique.

mercredi 17 octobre 2018

Allez France !

Une petite programmation entièrement française et plus ou moins actuelle. Il y en a qui chantent en anglais. Ca va défriser Jean-Louis Murat qui voudrait "pendre" les artistes française chantant en anglais- "comme des collabos", je cite. Toujours aussi charmant ce crétin savant. Moi aussi ça me gène un peu mais il est très difficile de faire rocker le français, c'est une réalité phonétique indiscutable. (il y a le même problème pour le chant lyrique. Là, c'est l'italien qui fait référence).
Yuksek "Take my hand". La franche Touche c'est irrésistible. Je n'ai pas vu le clip, je le mets, vous me direz. C'est bourré de gimmicks réjouissants.

Perez : "Une autre fois" Transformidable !

Juveniles "We are young". Des petits jeunots rennais qui ont un peu écouté Gary Numan (entre autres).

Un vétéran très doué, Bertrand Burgalat : "Bar Hemingway".

mercredi 18 juillet 2018

Old but new. Always new.

Vous connaissez la chanson "Quand j'étais chanteur" de Michel Delpech ? Non ? C'est vraiment une très belle chanson, sur un thème rarement abordé : le vieillissement. Moi aussi je vieillis et comme Delpech le dit, sans être à la pointe de la mode et du combat, rapetissant à chaque année qui passe, "J'entends quand même des choses que j'aime et ça distrait ma vie." Je n'ai pas les codes, je ne les ai plus. Mais la Beauté crue se passe des artifices du Temps qui passe et atteint à une actualité brûlante pour l'éternité, à laquelle elle se mesure, sans fard, seule création humaine à pouvoir le faire. Alors, même sans les codes, même sans l'immédiateté que crée la contemporanéité, je sais que ça c'est bon.
Eveything is recorded (feat Sampha), "Close but not quite".

Dirty Projectors : Break-Thru

Rostam : "Sumer".

mercredi 25 avril 2018

Rock n' Roll will seriously damage your health.

Le Rock ? Des dingues j'vous dis. "Insane in the brain", comme dit l'autre rappeux.
Nutrocker. Une joyeuseuté qui rend barjot avec Kim Fowley aux commandes.

Frank Zappa dans ses bonnes oeuvres. L'aurait jamais du exister ce fou. Ou alors on n'écoute plus que lui, au choix.

lundi 29 janvier 2018

France Gall, poupée jolie.

J'ai ça qui me trotte dans la tête depuis l'autre jour, alors je le mets. Et puis cet extrait d'une émission où Michel Berger rencontrait Serge Gainsbourg. Ce dernier est assez clair : "France, elle m'a sauvé la vie. " Rien que pour ça hein... Ah oui, je voulais ajouter une chose, je la trouve belle France Gall, belle et érotique. En fait, elle avait assez peu de chances de finir vieille fille. Les paroles sont exquises.


lundi 18 décembre 2017

And now, Ladies and Gentlemen....

Et maintenant, un peu de bonne musique pour toutes sortes de temps et de gens.


Vous connaissez Justin Bieber, Milus Cirey, Nicki Minaj ? Et bien il existe la même chose pour adultes. Je le sais, je sors d'en prendre.
 

lundi 11 décembre 2017

Christophe n'est pas mort, Alan, si.

Y' peut tout se permettre ce con, ça passe. Et pourtant je n'aime pas Radiohead....

J'aime Alan Vega, par contre, et il a suffit à Christophe de quelques borborygmes de Vega en bout de course pour trousser un tube Dance au poil : "Tangerine". Je pense que Vega dit à peu près n'importe quoi. De toute façon il "chante" de manière incompréhensible.
Sur YouTube y'a rien de bien bandant. Allons-y pour ce live un peu anémique (le son que ça a sur le CD...).

Dans les années 90 Vega tissait sur mesure une toile cubiste de blues avec Ben Vaughn et Alex Chilton. Ca peut sembler prétentieux, c'est du nanan, du miel. For diabétiques only.



lundi 13 novembre 2017

Ariel et Annie font la musique des autres.

Tiens, les mêmes que l'autre jour, Pink et Vincent, et qui font des reprises. Les Stones, oui, c'est connu, mais aller chercher un titre de Sad Lovers and Giants, fallait le faire (d'ailleurs, il s'est fait aider).


lundi 6 novembre 2017

LIfe goes on and on and on and on...

Qui est mort cette semaine ? Plein de gens mais je n'en parlerai pas. Si je me laisse aller à la tristesse j'ai pas fini. J'écoute Dam Funk, il est en vie lui, et moi aussi. La Mort attendra bien le temps d'une vidéo, non ? - Non - Ah, et ben c'est ce qu'on va voir...
;;;
Et voilà le travail !


mercredi 31 mai 2017

"Si les Sudistes avaient été plus nombreux...." Gregg Allman.

Les Stars, les étoiles sur lesquelles je compte pour tailler ma route tombent les unes après les autres derrière un horizon affamé. Pour m'orienter, je ne vais pas tarder à me contenter d'un vilain Nord deviné à la mousse sur un arbre et ce sera tout.
Première étoile, de la constellation du Rire et de la Bonne Humeur, Jean-Marc Thibault.
Je me rappelle de Jean-Marc Thibault dans les seventies à la télévision avec son comparse Roger Pierre. J'me rendais pas bien compte...Ils étaient drôles et bon-enfant, sympathiques. Le truc sur les sudistes et les nordistes, c'était bien. C'était raccord avec ma vie. J'avais des minuscules bonhommes en plastique, des soldats de la guerre de Sécession. Est-ce que je faisais gagner les sudistes ou les nordistes ? Grave question aux multiples implications. Je ne m'en souviens plus, je n'ai pas la réponse. En tout cas ce qui m'a formé, c'est plutôt Pierre et Thibault que l'Histoire réelle de Grant et Lee, qui viendra à l'école, en son temps. Plus tard, il y eut "Les Tuniques bleues" et "Josey Wales, hors-la-loi". J'ai encore appris. On grandit comme on peut. On fait avec ce qu'on a et on paye son tribut à qui de droit. Au final, je dois beaucoup à Walsh, Skorecki et à Manassas mais aussi beaucoup à Jean-Marc Thibault et Starlux. Et à l'école aussi. J'ai toujours aimé l'école.
Alors Thibault et Pierre en duo dans les seventies. Regardez ces mines réjouissantes de débiles fiers d'eux que rien n'effraie. Un régal.

Une autre étoile de mon firmament intime est tombée. Un sudiste justement, un vrai sudiste des States. Un type assez mal dégrossi et pourtant élégant, plutôt de mauvaise humeur mais magnétique, jusqu'à attirer à lui cette wonder-salope de Cher, un type pas fréquentable mais super musicien : Gregg Allman.
Je connais assez mal Gregg Allman, moins que Jean-Marc Thibault, mais, si on prend la Beauté comme mètre-étalon (et pas l'humour), je lui dois quelques bons kilomètres de stratosphère avec son "Midnlght rider". Tout ça expédie loin et certains ne reviennent pas du voyage. C'était le cas du frère du Gregg, le grand guitariste Duane Allman, mort en 1971
Je conseille l'achat du "Live at the Fillmore East" des Allman Brothers à tous, ne serait-ce que pour la pochette qui peut illustrer toute une ribambelle de théories craignosses sur la prédestination. D'un coté les Rock-Stars, de l'autre les Roadies, on dirait que c'est dans le sang. Par ailleurs, je conseille aux cinéphiles de tout poil de se farcir le thriller "Rush" de 1991, Gregg Allman y tient le rôle d'un chef de gang carrément immonde qu'il joue avec une conviction effrayante.
Voici "Midnight rider" des Allman Brothers. La dégaine des mecs est redoutable. Cheuveux blonds longs, jean moule-burnes plus boots en serpent. Classe, non ? Voyons cela.

mardi 23 mai 2017

Chris(tophoros) Chassol vole, vole...

L'autre jour, un oiseau -une mésange- est entré dans mon appartement, y a voleté un peu et m'a laissé seul un chouïa inquiet; réveur aussi.
L'autre nuit, alors que je dormais dans mon canap la porte-fenêtre ouverte, un chat a miaulé dans la pièce, appelant à ce qu'on s'occupe de lui. Je me suis reveillé sans surprise aucune, anxieux de lui répondre. Comment est-il rentré ? Mystère... (je n'habite pas au rez-de-chaussée) Il a disparu sur mon balcon et dans la nuit.
Je deviens comme Saint-François. Les animaux viennent à moi. C'est bon signe.
L'autre jour, j'ai assisté à un concert de Cristophe Chassol. C'était superbe. Il joue des claviers sur des images parlantes (enregistrées en Martinique cette fois) qui défilent derrière lui et son batteur, sur et à partir des sons qu'il a récoltés en filmant là-bas. C'est son idée, son "gimmick", une bonne idée. Il a composé à partir de chants d'oiseaux, des sons puissants du carnaval de Fort-de France, d'une mamy qui chantonne, d'un flutiste qui déambule dans un cimetière etc, etc... Tout est vraiment parfait : le film, le son, la musique.
C'est en dessous, enregistré à l'ancienne Belgique l'an dernier.

lundi 19 décembre 2016

Leon Russell fait son Medecine Show et ça fait du bien.

Nous vivons entourés de légendes, de mythes vivants puis morts, puis immortels. Chaque jour de nouvelles étoiles apparaissent dans d'inexistantes constellations, d'anciennes fichent le camp et s'éteignent sans disparaitre. Sont-ce des hommes, des Dieux, des demi-Dieux ? Un peu de tout ça, ce sont eux qui tissent l'écharpe qui nous enveloppe l'hiver et ce sont eux qui nous font danser nus sous la Lune l'été. Gotlib est mort. Ce n'est pas triste, ça ne peut pas l'être. Vous comprenez ? Gotlib mort, quelle dérision ! Enfin, je me retiens. Je me souviens. La mémoire, c'est tout.
Retour vif-argent sur Leon Russell, décédé lui aussi il y a peu, pour dire qu'il avait mauvais caractère, comme beaucoup de ces géants sur les épaules desquels nous sommes juchés, mais que c'était vraiment un compositeur et un interprète remarquable.
Voici une preuve. Une émission de la télé américaine des années 70 où, avec sa petite bande de clowns, de freaks gentillets, de petites têtes sympathiques (nous ?), il enchante les ondes et les récepteurs avec sa beauté et sa rudesse tendre. C'est bon, ça se laisse regarder sans fin, il y a une très bonne version de "Honky tonk woman"et ses propres chansons, superbes, "A song for you", "Delta lady" et autres...
Ecoutez le speech du présentateur vintage seventies, il est tordant. Encore avant c'est Leon Russell lui-même, avec son haut-de-forme.


lundi 5 décembre 2016

Mort de Leon Russell - En Enfer, direct !

Quand j'étais plus jeune Leon Russell me faisait peur. Je suis de nature craintive, il faut dire. Sur les images de la tournée "Mad dogs and the Englishmen" de Joe Cocker et ses acolytes, qui eût le triomphe que l'on sait à Woodstock en 1969,  j'ai l'impression qu'il agite la pauvre marionnette Cocker pour que celui-ci se donne à fond et se perde dans les tréfonds d'une âme forcément plus noire que le noir sous son regard de jouisseur. Cocker à l'air consentant, enfin, à demi, Russell diabolique, sous son haut de forme bleu.
Qu'importe, plus tard, je découvrai le talent de compositeur et de super-sideman de Russell et je me suis dit que ce type avait un talent fou. Il a bossé avec le gratin des musiciens de Rock, il a commencé avec Phil Spector, a continué avec Fleetwood Mac et les Stones et, pour finir, a trouvé le temps de pondre des albums excellents et quelques classiques du répertoire rock américain.
Je vais mettre une vidéo ultra-cool où il joue avec J.J. Cale. C'est vraiment peinard, vraiment bon (ça date de 1979, une grand année) et ça me permet de dire la grande estime dans laquelle je tiens J.J. Cale. Je partage ça avec pas mal de monde, dont Neil Young, excusez du peu !
( J'attire votre attention sur le pianiste en short qui se trouve dans la vidéo. Quelque soit l'endroit où vous rencontrerez ce gars-là, si jamais vous tombez sur lui, fuyez et sauvez votre peau !)

vendredi 30 septembre 2016

Au boulot, Bruce !

Springsteen a sauvé l'Amérique. Plusieurs fois, même. Et l'Amérique a sauvé Springsteen. Au début des années 70, Bruce sortira une paire d'album plutôt bons qui n'auront pas le succès escompté par la maison de disque. Qu'importe, le Manfred Mann's Earth Band reprend un titre d'un des albums, le détériore, le simplifie, en fait une épopée dérisoire et ça devient un hit partout dans le monde.
Plus tard, avec l'album "Born to run", la maison de disque mettra au point un déluge de feu promotionnel sans précédent qui atteindra son but et Springsteen deviendra une superstar du Rock, au détriment d'Eliot Murphy, délaissé par CBS. Il le fallait si CBS voulait survivre, je veux dire, s'ils voulaient que la coke continue de couler à flots, que les petite pépées soient bronzées et les limos longues, intrigantes et aux vitres teintées.
Voici donc le belle chanson de Springsteen "Blinded by the light" et sa reprise intersidérale par le Manfred Mann's Earth Band. Springsteen parodie Dylan sans trop se mouiller vocalement, les autres...enfin, écoutez.



vendredi 5 août 2016

Années 80, la musique changeait tout le temps.

Dans les années 80, des types bien habillés faisaient de la bonne musique triste et convulsive. On appelait de ça de la New-Wave. A cette époque, la plupart des gens que je fréquentais étaient des gauchistes ou des nihilstes-hédonistes. On piccolait pas mal, on se marrait bien. Il y avait le communisme de l'autre coté du mur et des missiles sol/sol dirigés sur les villes de France. Il semblait que ça allait durer comme ça jusqu'à perpet' et qu'il n'y avait qu'à s'habituer à l"équilibre de la terreur" et continuer à boire et à déconner. Je suis allé dans les pays de l'Est avant la chute du mur. J'en suis revenu capitaliste pur et dur. La Liberté, et tout ce qui va avec, l'économie et le reste, si on l'a pas, c'est trop dur. Plutôt devenir fou et végeter dans le monde de l'argent-roi. C'est ce que j'ai fait quand ce monde est arrivé. N'empêche dans les années 80, pré-post-historiques, des types bien habillés faisaient de la bonne musique.




jeudi 28 juillet 2016

Où est Chassol ?

Christophe Chassol vient de sortir un album, "Ultrascores II". Ecoutez-le, achetez-le, nom de Dieu ! N'écoutez pas la merde qu'on vous fourre entre les oreilles ! En général, ne vous contentez pas de ce qu'on vous donne, c'est à peine une aumone ! Le VRAI truc, c'est ailleurs. Cherchez, il y a en même sur le net !
Et au fait, c'est qui, c'est quoi Chassol ? C'est un musicien de talent qui se planque un peu, pas trop repéré, et c'est tant mieux comme ça. L'époque étant ce qu'elle est, il vaut mieux se tenir un peu de coté. Ce gars-là est bourré de talent, il fourmille d'idées. Allez sur sa chaine Youtube; tapez CHASSOL sur Youtube, c'est tout, vous verrez.
Je mets un teaser remixé au dessous.

mardi 19 juillet 2016

Alan Vega sort de son orbite et s'éloigne.

Ce blog ne s'étoffe que quand quelqu'un meurt. C'est triste. En même temps, il n'y a plus que ça à faire : le décompte morbide de ceux qui étaient et restent des créateurs quand tout le monde fait dans la ré-création; de ceux qui étaient dans le bain de l'Histoire quand nous sommes sous la douche froide du Fun. Bah, c'est comme ça, c'est la post-Modernité. C'est pas que c'était mieux avant, c'était différent. Avant quoi ? Ben, avant 1991, c'te bonne blague. Oh, avant 1991 il n'y avait pas vraiment d'avant et d'après, on remontait d'un trait jusqu'à la création première, c'était bien ou mauvais mais dire c'était mieux avant, c'était de la pure et simple ronchonnade. Depuis 1991, il y a un avant et un après, la Modernité c'est fini, comme l'Histoire, nous sommes dans l'après. D'où l'engouement très fort, pour les années 80, dernières années de création qui laissait entrevoir autre chose, encore et encore, derrière le mur. Le mur est tombé, nous somme dans l'après. Des murs sont construits partout, tous les jours et ça ne gène personne. Ce qui importe, ce qui libère, c'est de gérer. (C'est là qu'est toute l'horreur de l'après) Si l'Economie conseille de se restreindre et de gérer, c'est qu'il n'y a plus de place pour des créations dignes de l'homme, c'est à dire dignes de Dieu, il n'y a que du rebut et des miettes. Nous y sommes, c'est après et ça implique une autre esthétique, distancié, kitsch et pas à hauteur d'homme. Avant, c'était à hauteur d'homme, ce qui sous-entendait qu'on pouvait savoir un peu quel taille il avait et qu'on pouvait le prendre d'un peu haut, pour lui souffler des trucs à l'oreille en la lui tirant un peu vers le même haut. Maintenant, c'est plus possible, on sait exactement combien vaut un homme; ils sont tous au même niveau et tous prêts à se battre comme des enragés pour y rester ou grapiller un niveau. On ira pas plus haut que Trump ou Sarkozy. Ou alors il faudrait repartir de plus bas, d'avant.

Alan Vega est mort, donc. Fort sujet, complexe, multiple que le Vega. Moi, j'avais commencé par un formidable Rockabilly New-Wave : "Juke-Box Baby", un hit en France, comme "C'est Lundi", de Jesse Garon. Simple, efficace, hanté, tout ce qu'il me fallait. Manquait plus que Robert Gordon et tout était plié en matière d'héritage fifties réchauffé années 80. SAUF QUE, à quelques temps de là, un mien ami achète le premier album de Suicide, le groupe de Vega en 1977 au magasin New Rose de Paris et nous le met en soirée. Choc. Choc immense. Tellurique, sans retour. MAIS qu'est ce que c'est que ce truc ? "Ghost rider" est un Rock dérapant sur trois minutes de bruit minimaliste saturé et paniqué. Emballant et flippant à la fois, à se jeter la tête contre les murs par plaisir (c'était une autre idée du Fun...) MAIS surtout, sur cet album à la pochette géniale et sinistre se trouve un morceau proprement terrifiant, une musique et un chant, qui, pour peu qu'on les suive vous entrainent dans les affres de l'horreur : "Frankie Teardrop". Chaque larme de Frankie est une goutte d'acide sur un cerveau en ébullition. Il a mal, on a mal avec lui. Où sont le pardon, la miséricorde ? Là, maintenant, et pour dix minutes, c'est l'ENFER, "Laissez tout espoir", chaque cri de Vega est un cri souffrant et enragé de supplicié. La question est : dans quel état vais-je récupérer mon cerveau après ça ? Ce truc peut rendre dingue en une écoute. A forte dose, il entame obligatoirement les neurones dans les grandes largeurs. Moi, j'en ai pas trop abusé. N'empêche, je ne suis plus le même maintenant qu'avant d'avoir écouté Suicide, "Frankie Teardrop" et Vega. Je crois que tous ceux qui ont écouté ses oeuvres (même plus tardives) peuvent dirent ça. Et c'est c'est ce qui en fait un artiste majeur du vingtième siècle. Je précise deux choses : dans Suicide (bon sang, quel nom de groupe !), il avait pour acolyte Martin Rev, qui faisait la musique, et Alan Vega était aussi artiste plasticien.