En France Philippe Pascal, l"ancien chanteur de Marquis de Sade et Marc Seberg vient de décéder. A sa grande époque il a donné à ce pays, avec d'autres, l'idée et la preuve qu'on pouvait faire aussi bien que les anglais en matière de new-wave. C'était énorme. Il nous manquera.
Aux Etats-Unis c'est Ric Ocasek qui vient de casser sa pipe. Son groupe, The Cars, était un combo pop new-wave frais qui a balisé les eighties de quelques tubes imparables. En tant que producteur il a officié pour un nombre de gens incroyable mais c'est sa collaboration avec Alan Vega et Suicide qui restera le plus gravée dans ma mémoire (almost filled...)
Ce blog commence à ressembler aux pages dècés de Ouest-France. Ca m'énerve et la parade sera cinglante....si je ne meurs pas avant !
Marquis de Sade : "Conrad Veidt".
The Cars :"Just what I needed"
The Cars : "Let's Go."
Suicide produit par Ric Ocasek. "Dream baby dream". De la grande, très grande poésie.
Des trucs récents, bons. Enfin, pas trop vieux en tout cas. Et très bons. Il faut savoir que la dernière nouveauté que j'ai écoutée c'est le maxi 45 tours vinyle de "Miss you" des Rolling Stones.... Aurais je perdu la main ?
Les clips des quatre morceaux que je mets sont beaux.
Badbadnotgoog feat Sam Herring : "I don't know". Nager, durement, follement, à contre-courant, survivre à la peine, nager.
Charlotte Day Wilson : "Work".
Un flot de femmes. Simple et puissant.
Céline disait "C'est pas juste chanter, il faut que ça danse." Voyons cela.
James Vincent McMorrow :"Rising water".
Une belle leçon de reprise en main par Bertrand Belin : "Glissé-redressé".
Une petite programmation entièrement française et plus ou moins actuelle. Il y en a qui chantent en anglais. Ca va défriser Jean-Louis Murat qui voudrait "pendre" les artistes française chantant en anglais- "comme des collabos", je cite. Toujours aussi charmant ce crétin savant. Moi aussi ça me gène un peu mais il est très difficile de faire rocker le français, c'est une réalité phonétique indiscutable. (il y a le même problème pour le chant lyrique. Là, c'est l'italien qui fait référence).
Yuksek "Take my hand". La franche Touche c'est irrésistible. Je n'ai pas vu le clip, je le mets, vous me direz. C'est bourré de gimmicks réjouissants.
Perez : "Une autre fois" Transformidable !
Juveniles "We are young". Des petits jeunots rennais qui ont un peu écouté Gary Numan (entre autres).
Un vétéran très doué, Bertrand Burgalat : "Bar Hemingway".
Charles Aznavour est mort. Bon. Comme je le trouvais plutôt casse-couilles qu'autre chose ça ne me chagrine pas vraiment (me peine plus le décès de Geoff Emerick, l ingénieur son des Beatles). Y a un truc que je retiens en pensant au petit charlot arménien c'est la parodie qu'en a fait Jean Yanne (comme quoi il avait quand même un style puisqu'on ne peut parodier que ce qui a un style).
Ca donne ça et c'est assez drôle, pour ne pas dire carrément poilant. Je vous conseille de vous entrainer à imiter Aznavour, c'est plutôt simple et l'effet en société est garanti ( "....les doccccckkkkkssssss...... Les battôôôô ....)" car tout le monde a toujours aimé se foutre de la gueule d'Aznavour. Depuis quelques années qu'il a été canonisé vivant avant que de trépasser en "last action hero" de la chanson française, on l'oublie un peu.
Jean Yanne nous le rappelle : "Pourquoi m'as-tu mordu l'oreille ?"
J'ai ça qui me trotte dans la tête depuis l'autre jour, alors je le mets. Et puis cet extrait d'une émission où Michel Berger rencontrait Serge Gainsbourg. Ce dernier est assez clair : "France, elle m'a sauvé la vie. " Rien que pour ça hein... Ah oui, je voulais ajouter une chose, je la trouve belle France Gall, belle et érotique. En fait, elle avait assez peu de chances de finir vieille fille. Les paroles sont exquises.
France Gall, troisième. Épilogue temporaire à une histoire qui n'en finit pas de s'écrire, comme pour tous ceux qui défient l’Éternité en laissant un héritage plus grand que leur vie même derrière eux. Une attitude couillue d'ailleurs, et ô combien humaine, qui mise sur une fertilité précieuse et sans cesse renouvelée. Et l'on voit qu'elle avait parié un sacré pacson de chansons, France.
Je mets la vidéo d'une de mes préférées. C'est énorme. Les paroles roulent comme une poésie classique et sont signées Maurice Vidalin, auteur auquel France fera appel à de nombreuses reprises au cours des sixties. Les zicos ont l'air d'avoir passé quatre nuits sans dormir à jouer du Be-Bop et donnent tout ce qui leur reste. Je les imagine à bloc, je sais pas pourquoi, surtout le batteur. Je rêve tout haut, là... Le clip est d'une nullité notable. L'opérateur cadre mal un sujet qui arrive de loin, de très très loin. On dirait qu'il a peur que la pellicule prenne feu au contact de l'incendiaire Lolita frenchie. Enfin je dis ça...y'a surement une raison valable mais je ne la VOIS pas.
Et puis ce truc, très bon aussi. Pareil, paroles au poil, signées Gilles Thibaut. D'un sentimentalisme cul-cul la praline touchant (qui écrirait de telles choses de nos jours, hein ? Et qui les chanterait ? Y'en a.. ? Plein ? Ah bon...). Elle est vraiment jolie dans la vidéo.
France Gall est décédée. Il y a longtemps j'ai mis sur ce blog un post qui est assez consulté. J'y parle de "l'affaire des Sucettes" et je me pose des questions sur le fait que France dise n'avoir pas capté le sens "profond"du texte de Gainsbourg. Ouais. Qu'importe au fond que France Gall ait compris ce qu'elle chantait, la chanson est tellement bonne qu'elle balaye tout sur son passage et renvoie les hommes et les jeunes filles à leur incessant jeu de billard à trois bandes amoureux. Elle avait eu du pif de choisir Gainsbourg et sa "Poupée de cire, Poupée de son"; lui avait senti le coup fumant et la trouvait "épatante". Et elle l'était. Quel charme délicieux de Lolita made in France (c'était dans l'air du temps et c'est une chose que Sheila n'avait pas, ni Hardy) ! Quelle perverse douceur ! Quelle candeur évanouie au premier contact ! Alors les questions persistent st signent sur la jolie blonde et on se demandait, à l'époque (et maintenant encore) quels tours de prestidigitation sexuels se cachaient derrière son visage enchanteur de poupée blonde aspirant à se faire gentiment démantibuler ? Ah tout est possible, tout est imaginable à qui sait écouter (merde, en plus elle sortait avec Cloclo quand même !) !
De 1963 à 1968 l'intégralité de sa production est BONNE. Contrairement à ce crétin d'Halliday, elle fit appel à des compositeurs et auteurs français qui laissèrent leurs neurones fonctionner et lui firent un répertoire sur mesure lui donnant une image d'écolière avertie et ingénue, au choix. Tout ce que le Landernau musical comptait de pointures pop à écrit pour France Gall et il est notable que pas mal de ses chansons prêtent à une interprétation suggestive, sont équivoques, à double sens et pas seulement "Les sucettes". Des exemples ? Il y en a tant...l'embarras du choix les amis, allez zou, au bonheur des hommes !
Coquine, va ! Le reste, tout le reste est BON. En 1968 ça commence à tourner vinaigre mais on trouve quelques perles comme celles-là, arrangée pour la première par le génial dilettante David Whitaker. France a mûri, elle se cherche. Des fois elle trouve. Pour la deuxième chanson les paroles sont de Jacques Lanzmann, rien de moins.
Il y a même un titre qui éclaire d'une lumière étrange son rapport aux mots qu'elle chante (ou pas).
Voilà une candeur bien remplie de sous-entendus que tout le monde comprend, y compris la chanteuse. Après toutes ces aventures dignes d'une courtisane un peu au courant des choses de la vie, elle va tomber sur Michel Berger en 1973 qui lui composera une série de hits imbattables qu'elle défendra avec ardeur et un succès qui ne se démentira pas. Mais c'est une autre histoire...que j'aime moins.
Hypothèse...et si Johnny y passait aussi....
Je me souviens d'une copine qui me disait : "le jour où Johnny va mourir tu vas voir les mémères balancées par les fenêtres. Ca va valser..." Jusqu''à présent on ne dénombre pas trop de cas de défenestration, enfin, j'en n'entends pas trop parler ; ça viendra. Mais Johnny c'était le chanteur résilient par excellence, non ? C'est pour ça que les gens l'aimaient., non ? On s'en fout A part les tous premiers trucs, c'était vraiment de la merde, tout simplement.
Y' peut tout se permettre ce con, ça passe. Et pourtant je n'aime pas Radiohead....
J'aime Alan Vega, par contre, et il a suffit à Christophe de quelques borborygmes de Vega en bout de course pour trousser un tube Dance au poil : "Tangerine". Je pense que Vega dit à peu près n'importe quoi. De toute façon il "chante" de manière incompréhensible.
Sur YouTube y'a rien de bien bandant. Allons-y pour ce live un peu anémique (le son que ça a sur le CD...).
Dans les années 90 Vega tissait sur mesure une toile cubiste de blues avec Ben Vaughn et Alex Chilton. Ca peut sembler prétentieux, c'est du nanan, du miel. For diabétiques only.
De la musique ! Par pitié, de la musique ! Pour aller de l'avant, freiner, pleurer, frapper dans ses mains, danser, chanter. De la musique en guise de pain quotidien, à l'envie, aujourd'hui et demain, celle des temps passés, actuelle, plein les oreilles.
C'est ce que disait Claude François dans cette belle chanson de 1969. Attention, âmes sensibles s'abstenir, c'est du lourd !
Quant à Billy Corgan, pour l'instant, il a mis au rencart les grosses guitares, les arrangements compliqués, les machines à rythme et il se montre à nous presque à poil dans son costume magique de songwriter triste qui enchante cette tristesse. Il a grossi, il est toujours chauve, il a pris du coffre, de l'âge et il fait simple. Il reprend aussi "Wrecking Ball" de l'inénarrable et tellement sexy Miley Cirus et la sauce ne fige pas, petit miracle.
"La vie rongée d'un autodidacte". Et il dit vrai le bougre !
Miley Cirus est un monstre comme Harvey Weinstein, non, bien pire. Et elle arrive d'où ? De chez Disney.
On dirait que je suis parti en vacances et que j'ai survécu. La Grèce. On dirait que j'ai vu "The Last Waltz" de Scorsese sur le Band, avec Bob Dylan, que c'est bien et pas bien à la fois. On dirait que je suis content que Dylan soit encore en vie. On dirait que je sens le vent de l'idiotie me frôler l'occiput, comme Charles Baudelaire. On dirait que Tom Petty est mort. Et Jean Rochefort. On dirait que c'est douloureux. On dirait que les frères Maël viennent de sortir un album somptueux. On dirait que c'est encore plus douloureux. Qu'ils n'ont pas la tête à rire. Enfin, plus. On dirait que je me souviens les avoir vus tout gosse dans le film "Rollercoaster", un navet des seventies qui enterre n'importe quel film américain actuel. On dirait que j'en ai marre et que je sens que je lasse les gens autour de moi. Encore une fois. On dirait que je ne vois pas d'autre chose à faire que de continuer ce blog étrange... On dirait "Stop". On dirait "Encore". En même temps, ou presque. On dirait que je m'apprête à partir. Ou à repartir... On dirait que je ne sais pas si c'est le début ou la fin. On dirait que je suis paumé. Et puis on se tairait parce que ça vaut peut-être pas le coup d'insister.
Même sur le tard on s'étonne. Heureusement, sinon ça serait vite torché, une question d'années qui passeraient comme des minutes. Jadis, je tombais sur "Heart of stone" des Rolling Stones et je m'étonnais, vite conquis. Là j'écoute l'album "Ordre et progrès" d'Orval Carlos Sibélius et le single "Coeur de verre" et je tombe des nues, bouleversé et conquis. Sur cette album il y a un contraste très fort entre des textes chantés en français qui charrient un épais désespoir et une musique pop-rock, qui n'a rien à envier au meilleurs anglo-saxons, qui a une énergie et une agressivité propre à son genre. Ce contraste est encore relevé par les mélodies aériennes du chant du bonhomme, ce qui finit de déboussoler et laisse, après plusieurs écoutes, sur le flanc, heureux et chamboulé. Je n'avais rien entendu de tel depuis Ariel Pink ou Deerhoof. C'est d'une grande beauté et d'une intelligence rare. De la vraie désespérance, du vrai rock, une vraie émotion, le tout empreint de post-modernité ( c'est à dire que "frais" et "pourri", c'est presque la même chose) sans chiqué, un truc d'époque, complètement actuel et qui restera. Entre les Stones et Orval Carlos Sibélius, une trajectoire de vie, un essai non-transformée, une tentative, la mienne, qui laisse le coeur fragile comme de verre. Pourquoi non ? Et un étonnement constant. Les Stones à leur meilleur : "Heart of stone". Orval Carlos Sibelius à son meilleur : "Coeur de verre".
J'ai découvert il y a peu ce compositeur interprète grâce à ma bibliothécaire préférée, la délicieuse Lucie. Il n'est pas auteur car il met en musique des poèmes plutôt très connus et plutôt très beaux; du Rimbaud, du Genet, du Baudelaire, et là, du Gaston Miron, poète québécois de la seconde moitié du vingtième siècle qui a livré en son temps cette sublime "Marche à l'amour" qui est à la fois un grand poème lyrique et un adieu au Lyrisme. Le mec (ou son groupe) s'appelle Babx et je met le texte en-dessous même s'il le dit parfaitement bien (il en manque un bout). Pendant ce temps-là Phoenix triomphe dans les festivals d'été avec un dernier album pourtant moyen. Bof, c'est bien Phoenix aussi dans son genre.
Tu as les yeux pers des champs de rosée Tu as des yeux d'aventure et d'années-lumière La douceur du fond des brises au mois de mai Dans les accompagnements de ma vie en friche Avec cette chamleur d'oiseau à ton corps craintif Moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches Moi je fonce à vive allure et entêté d'avenir La tête en bas comme un bison dans son destin La blancheur des nénuphars s'élève jusqu'à ton cou Pour la conjuration de mes manitous maléfiques Moi qui ai des yeux où ciel et mer s'influencent Pour la réverbération de ta mort lointaine Avec cette tache errante de chevreuil que tu as Tu viendras toute ensoleillée d'existence La bouche envahie par la fraicheur des herbes Le corps muri par des jardins oubliés Où tes seins sont devenus des envoûtements Tu te lèves, tu es l'aube dans mes bras Où tu changes comme les saisons Je te prendrai marcheur d'un pays d'haleine A bouts de misère et à bout de démesures Je veux te faire aimer la vie notre vie t'aimer fou de racines à feuilles et grave De jour en jour à travers nuits et gués De moellons nos vertus silencieuses Je finirai bien par te rencontrer quelque part Bon dieu! Et contre tout ce qui me rend absent et douloureux Par le mince regard qui me reste au fond du froid J'affirme ô mon amour que tu existes Je corrige notre vie Nous n'irons plus mourir de langueur A des milles de distance dans nos rêves bourrasques Des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres Les épaules baignées de vols de mouette Non J'irai te chercher nous vivrons sur la terre La détresse n'est pas incurable qui fait de moi Une épave de dérision, un ballon d'indécence Un pitre aux larmes d'étincelles et de lésions profondes Frappe l'air et le feu de mes soifs Coule-moi dans tes mains de ciel de soie La tête la première pour ne plus revenir Si ce n'est pour remonter debout à ton flanc Nouveau venu de l'amour du monde Constelle-moi de ton corps de voie lactée Même si j'ai fait de ma vie dans un plongeon Une sorte de marais, une espèce de rage noire Si je fus cabotin, concasseur de désespoir J'ai quand même idée farouche De t'aimer pour ta pureté De t'aimer pour une tendresse que je n'ai pas connue Dans les giboulées d'étoiles de mon ciel L'éclair s'épanouit dans ma chair Je passe les poings durs au vent J'ai un coeur de mille-chevaux vapeur J'ai un coeur comme la flamme d'une chandelle Toi tu as la tête d'abîme douce n'est-ce pas La nuit de saule dans tes cheveux Un visage enneigé de hasards et de fruits Un regard entretenu de sources cachées Et mille chants d'insectes dans tes veines Et mille pluies de pétales dans tes caresses Tu es mon amour Ma clameur mon bramement Tu es mon amour ma ceinture fléchée d'univers Ma danse carrée des quatre coins d'horizon Le roet des échevaux de mon espoir Tu es ma réconciliation batailleuse Mon murmure de jours àmes cils d'abeille Mon eau bleue de fenêtre Dans les hauts vols de building Mon amour Des fontaines de haies de ronds-points de fleurs Tu es ma chance et mon encerclement A cause de toi Mon courage est un sapin toujours vert Et j'ai du chiendent d'achigan plein l'âme Tu es belle de tout l'avenir épargné D'une frêle beauté soleilleuse contre l'ombre Ouvre-moi tes bras que j'entre au port Et mon corps d'amoureux viendra rouler Sur les talus du mont Royal Original quand tu brames original Coule-moi dans ta plainte osseuse Fais-moi passer tout cabré tout empanaché Dans ton appel et ta détermination Montréal est grand comme un désordre universel Tu es assise quelque part avec l'ombre et ton coeur Ton regard vient luire sur le sommeil des colombes Fille dont le visage est ma route aux réverbère Quand je plonge dans les nuits de source Si jamais je te rencontre fille Après les femmes de la soif glacée Je pleurerai te consolerai De tes jours sans pluies et sans quenouilles Des circonstances de l'amour dénoué J'allumerai chez toi les phares de la douceur Nous nous reposerons dans la lumière De toutes les mers en fleurs de manne Puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang Tu seras heureuse fille heureuse D'être la femme que tu es dans mes bras Le monde entier sera changé en toi et moi La marche à l'amour s'ébruite en un voilier De pas voletant par les lacs de portage Mes absolus poings Ah violence de délices et d'aval J'aime Que j'aime Que tu t'avances Ma ravie Frileuse aux pieds nus sur les frimas de l'aube Par ce temps profus d'épilobes en beauté Sur ces grèves où l'été Pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers Harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes Ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs Lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée Et qu'en tangage de moisson ourlée de brises Je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale Je roule en toi Tous les saguenays d'eau noire de ma vie Je fais naître en toi Les frénésies de frayères au fond du coeur d'outaouais Puis le cri de l'engoulevent vient s'abattre dans ta gorge Terre meuble de l'amour ton corps Se soulève en tiges pêle-mêle Je suis au centre du monde tel qu'il gronde en moi Avec la rumeur de mon âme dans tous les coins Je vais jusqu'au bout des comètes de mon sang Haletant Harcelé de néant Et dynamité De petites apocalypses Les deux mains dans les furies dans les féeries Ô mains ô poings Comme des cogneurs de folles tendresses Mais que tu m'aimes et si tu m'aimes S'exhalera le froid natal de mes poumons Le sang tournera Ô grand cirque Je sais que tout mon amour Sera retourné comme un jardin détruit Qu'importe je serai toujours si je suis seul Cet homme de lisière à bramer ton nom Eperdument malheureux parmi les pluies de trèfles Mon amour ô ma plainte De merle-chat dans la nuit buissonneuse Ô fou feu froid de la neige Beau sexe léger ô ma neige Mon amour d'éclairs lapidée Morte Dans le froid des plus lointaines flammes Puis les années m'emportent sens dessus- dessous Je m'en vais en délabre au bout de mon rouleau Des voix murmurent les récits de ton domaine A part moi je me parle Que vais-je devenir dans ma force fracassée Ma force noire du bout de mes montagnes Pour te voir à jamais je déporte mon regard Je me tiens aux écoutes des sirènes Dans la longue nuit effilée du clocher de Saint-Jacques Et parmi ces bouts de temps qui halètent Me voici de nouveau campé dans ta légende Tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges Les chevaux de bois de tes rires Tes yeux de paille et d'or Seront toujours au fond de mon coeur Et lis traverseront les siècles Je marche à toi, je titube à toi, je meurs e toi Lentement je m'affale de tout mon long dans l'âme Je marche à toi, je titube à toi, je bois A la gourde vide du sans de la vie A ces pas semés dans les rues sans nord ni sud A ces taloches de vent sans queue et sans tête Je n'ai plus de visage pour l'amour Je n'ai plus de visage pour rien de rien Parfois je m'assois par pitié de moi J'ouvre mes bras à la croix des sommeils Mon corps est un dernier réseau de tics amoureux Avec mes doigts à la ficelle des souvenirs perdus Je n'attends pas à demain je t'attends Je n'attends pas la fin du monde je t'attends Dégagé de la fausse auréole de ma vie.
J'écoute Gainsbourg toute la journée, je glandouille, je marine tranquillement et le soir arrivé, j'apprends le décès de Jeanne Moreau. Bing ! Les liens entre Gainsbourg et Moreau sont légions, il lui avait même promis un album mais, finalement, il ne l'a jamais faite chanter. Je ne mettrais pas un truc de l'un pour l'autre mais je dirais l'importance qu'ils ont eu dans ma vie. Gainsbourg a défini en partie mon esthétique et m'a procuré des émotions musicales et littéraires sans pareil mais c'est encore plus "grave" pour Moreau. Elle fait partie des quelques actrices françaises qui ont construit mon image mentale, fantasmatique, réelle, de la femme. C'est immense. Jeanne Moreau, elle est dans ma tête à jamais, comme B.B., Romy Schneider, Jane Birkin, Isabelle Huppert, Miou- Miou, Danielle Darrieux, plus quelques actrices américaines et italiennes. C'est tordu, Jeanne Moreau a eu sa part dans mes plaisirs, dans mes amours. Ca paraît un peu dingue mais je suis un enfant de la télé au moins autant que de mes parents. Il y a un film que j'adore c'est "Viva Maria", entre Barbot en tendron érotomane, Moreau passionaria, sur une partition enlevée de Jean Claude Carrière dirigée avec vivacité par un Louis Malle en forme, c'est du cinéma bohème de 1920 dans les années soixante-dix et finalement Moreau, pour moi, elle vient de là, de Paul Morand, de Fargue et Brassaï, du Montparno libre des années vingt et trente mais pour le grand public. Ca a mis trente ans à arriver et elle l'a incarnée comme personne cette liberté...Et puis, je ne peux pas rêver d'une meilleure interprète pour le chef-d'oeuvre de Mirbeau "Journal d'une femme de chambre", mis en scène par ce diable de Bunuel. Alors je vais juste mettre une photo et c'est tout, une image, une magie, pas "la" photo, une parmi tant d'autres. Pour Jeanne Moreau, une photo d'elle en blonde platine avec Claude Mann sous la caméra caressante de Jacques Demy dans "Baie des Anges". Le jeu, la liberté, l'amour, la mort.
L'autre jour, un oiseau -une mésange- est entré dans mon appartement, y a voleté un peu et m'a laissé seul un chouïa inquiet; réveur aussi.
L'autre nuit, alors que je dormais dans mon canap la porte-fenêtre ouverte, un chat a miaulé dans la pièce, appelant à ce qu'on s'occupe de lui. Je me suis reveillé sans surprise aucune, anxieux de lui répondre. Comment est-il rentré ? Mystère... (je n'habite pas au rez-de-chaussée) Il a disparu sur mon balcon et dans la nuit.
Je deviens comme Saint-François. Les animaux viennent à moi. C'est bon signe.
L'autre jour, j'ai assisté à un concert de Cristophe Chassol. C'était superbe. Il joue des claviers sur des images parlantes (enregistrées en Martinique cette fois) qui défilent derrière lui et son batteur, sur et à partir des sons qu'il a récoltés en filmant là-bas. C'est son idée, son "gimmick", une bonne idée. Il a composé à partir de chants d'oiseaux, des sons puissants du carnaval de Fort-de France, d'une mamy qui chantonne, d'un flutiste qui déambule dans un cimetière etc, etc... Tout est vraiment parfait : le film, le son, la musique.
C'est en dessous, enregistré à l'ancienne Belgique l'an dernier.
En France le Rock n'a jamais été pris au sérieux. C'est un pays de chanson et de Jazz, pas de Rock. C'est le pays de Pétain et de de Gaulle, de l'assassinat de mai 68 par les Maos et les Réacs. Le Rock est resté un délire, il n'est jamais devenu un vrai trip, avec tenants et aboutissants, implication funky et poétiques, à la vie à la mort. Il y eut beaucoup de variété plus ou moins bien faite, peu de Boogie Woogie et Mike Brandt ce n'est pas Buddy Holly. Qu'importe, ça donne des trucs marrants, plaisants et à moitié idiots, mais bon, c'est déjà ça. Dernière connerie en date (c'est la même depuis 1966 en fait) Moodoïd. Allons-y pour un titre de ces jeunes godelureaux qui, au demeurant, doivent être fort peu sympathiques, tellement ils sonnent comme des vieux requins de studio rompus à toutes les facéties et blagues sonores possibles.
Moodoïd : "les chemins de traverse".
Moins bon que Serge Lama ? Possible...Aussi vieux ? Sûr !
Et ça, c'est-y pas con et frenchy pur jus. Ah les partouzes à la Papa....
Repris l'année dernière par Shéhérazade. On s'émancipe porte de Saint-Ouen...
J'entendais hier soir Yves Bigot, bon connaisseur du Rock, dire chez Georges Lang les interrogations qui l'ont toujours assailli sur "l'impossibilité" du rock Français à devenir mondialement connu et sa croyance que cette époque "d'impuissance" était close grâce à la French Touch, à Phoenix, Air et surtout à Christine and the Queens. Je suis d'accord avec lui sur tout un tas des raisons qui ont fait que des artistes au talent d'envergure internationale ont du se "contenter" du marché français, ou mettons francophone. Je suis d'accord avec lui pour dire que cette époque est révolue. Ce sur quoi je voudrais insister à mon tour c'est dire et redire que cette spécificité française (cette aberration ?) a produit des oeuvres d'une qualité fantastique qui n'ont d'équivalent nulle part au monde, et surtout pas dans les pays anglo-saxons; que Serge Gainsbourg, Michel Polnareff, Ronnie Bird, Michel Berger, Véronique Samson, Gérard Manset, Eddy Mitchell, Au bonheur des dames, Taxi-Girl, Bijou, Téléphone, Alain Bashung, Christophe n'ont pu, du fait même de leurs limitations diverses, se developper et créer des choses de qualité qu"'à l'abri" de cet entre-soi franco-français avec lequel il fallait bien composer tant bien que mal, et plus souvent très bien que mal. La contrainte est porteuse certes mais ça va plus loin. C'est qu'il s'est mis a exister une "chanson française", dont une partie était Rock, dans un contexte national et international précis qui l'a vue naître, l'a nourrie et préservée. Française bon an mal an, pour le pire (Hallyday) et le meilleur (les pré-cités), mais française à 100%, véritable création originale de ce pays, de son esprit, de son génie. Ce contexte a évolué, la globalisation est passée par là et des artistes français cartonnent maintenant au niveau mondial, car rien ne ressemble plus a une rave, un concert, une boîte française, que leurs équivalents à Pékin, Bueno-Aires, Los Angeles, Johannesburg et Moscou. Les Air, Daft Punk, Phoenix sont loin de l'idiosyncrasie française et ils visent le top au niveau planétaire mais, nous, public français, avons perdu quelque chose au change, ce qui faisait notre identité, notre personnalité en tant que nation (je parle comme Elie Faure, là, pas comme Marine Le Pen, OK ?) et je trouve ça dommage. Parce si c'est Christine and the Queens qui a décroché la timballe, ce "progrès" veut juste dire que la pire merde musicale française peut s'imposer dans les hits-parades mondiaux au même titre que les pires "chanteurs" de R'nB' de chiotte américains ou anglais, ça veut juste dire qu'on va vers une uniformisation des cultures avec la même soupe servie partout et pour tous, et moi, je préfère écouter Jacques Higelin ou Catherine Ringer, même si le reste de l'univers ne les connait pas, pas par chauvinisme mais parce que c'est fait pour moi, de moi, et que Jacques, Catherine et moi, on se comprend, on s'estime et on fait corps, corps social, comme on dit. Et Dieu sait que le corps social français, où ce qu'il en reste, souffre. Il est même prêt à s'administrer des remèdes de cheval qui risquent de le tuer définitivement.
Le rock c'est sans âge, sans futur, sans passé. C'est là. Et, en même temps, si tu connais pas son histoire tu vas rien y comprendre. En général, si tu ne connais pas l'Histoire, t'es cuit. Ci-dessous, du Rock Français et du meilleur, aussi bon que l'Anglais ou l'Américain mais, pas de n'importe où : Made in France, comme on dit du Rock de Détroit, New-York, Londres, Manchester, Leeds.... Savoir où et quand, tout est là. Et parfois l'oublier.
Elle fait chier Birkin. A force d'user et de d'abuser du répertoire de son Pygmalion elle finit par l'affadir à coup de grand n'importe quoi. "Requiem pour un con" avec grand orchestre c'est aussi bête qu'elle chante mal, cherchez l'erreur. Y'en a pas, c'est parfaitement nul. N'empêche, elle a beau être tartignolle la mère parfaite , je me la serais bien farçie à l'époque où Serge le Maudit faisait son éducation. Elle avait pas froid aux yeux la petite arriviste. Maintenant c'est sa progéniture qui s'exhibe sur tous les écrans et toutes les scènes en chiennes en chaleur. Bon sang ne saurait mentir, comme on dit. Ah, à bien y réfléchir elles sont toutes les trois (Jane, Charlotte, Lou) plus ignobles les unes que les autres. Tout juste bonnes à se faire mettre par des blackos sous crack.
Une chanson du père pour un psychopathe (un autre), ci-dessous.
En fait je crois que Gainsbourg préferait par dessus tout écrire pour Régine, sa coréligionnaire, et pour plein de bonnes raisons.