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lundi 19 février 2018

Camille Bertault : le nouveau visage du jazz rance.

Alors que j'ai envie de gifler tout le monde, surtout les femmes et les mômes, ô chance, une tête à claque se présente. D'abord, soyons sûrs d'une chose, le Jazz, sous sa forme canonique est mort, mort et enterré. Le cadavre à des espèces de spasmes zombiesques deux à trois fois par an tout au plus. Et, qu'on se le dise, ce n'est pas Camille Bertault qui va le ressusciter et la hype qui l'entoure et secoue le petit monde du Jazz français ne changera rien à l'affaire. Bertault s'était signalée en reprenant vocalement note pour note le solo de "Giant Steps" de Coltrane et en le balançant sur YouTube où la chose avait rapidement été plébiscitée. Les YouTubeurs raffolent de ces petites sucreries. Ce sont des amateurs de virtuosité gratuite et de monstruosité. Camille Bertault, un monstre ? Je n'irai pas jusque là. Par contre, sur son premier album, qui vient de sortir, elle fait preuve d'une virtuosité à toute épreuve...sauf celle du Jazz. Dans ces vocalises survitaminées pas une once de swing, ni de feeling. Pas une once de Jazz. Elle shoote à blanc, Bertault et, loin de toucher une cible hors d'atteinte, elle étale à longueur de chansons des accents qui tombent mal et des cabrioles qui sonnent faux, même si elles épatent le bourgeois bohème, coeur de cible de ce projet marketing aux longs cours (vous verrez qu'elle finira actrice de films d'hauteur) Elle fait pipelette, elle ne parle pas. Elle ne chante pas, elle tente d'étourdir à coup de trilles acrobates. Elle se branle la glotte au vu et su de tout le monde et elle fait jouir personne. Damned ! Si t'as un tant soit peu de feuille tu ne te laisses pas avoir par cette esbroufe bon chic bon genre, tu refermes le boitier du skeud et tu écoutes You Sun Nah (pour rester dans le relativement frais), Plus tard, tu iras voir le film d'hauteur dans la salle art et essai de ton bled. En causant cinéma justement, elle arrive sans peine à rendre blême la chanson de Danielle Darrieux  "La femme coupée en morceaux", tirée des "Demoiselles de Rochefort", de Jacques Demy, composée par Michel Legrand, modèle de fantaisie et de légèreté. La belle Danielle n'est pas prête d'être détrônée, elle qui chantait avec le naturel d'un oiseau.
Laissons les baudets s'esbaudir et ahaner sous le joug de la mode, Bertault s'époumoner et allons voir dans d'autres territoires où peut se cacher le Jazz, dont l'esprit n'est peut-être pas mort pour tout le monde. Un esprit noir, subversif, libre, mélancolique, sexuel, échappant à toutes les recettes Top-chef des virtuoses, ça doit exister, non ?
Et si le Jazz, de nos jours, c'était ça ?
Joan as Police woman : "The silence".
King Krule : "Czech one"

King Gizzard & the Lizard Wizard : "Polygondwanaland".

Complètement con ? Peut-être pas tant que ça...



vendredi 18 novembre 2016

Les Rois de la frontière sauvage

Je reparlerai de Leonard un autre jour. Et de Leon Russell, qui est mort aussi. Pour l'instant, un peu de légereté, de poussière d'étoile avec Adam Ant. Pendant six mois avec son groupe, sous le nom de Adam and the Ants, il ont été sur le toit du monde, roitelets rock de la frontière sauvage (à l'époque, il y en avait une ou deux qui n'étaient pas tristes, vers l'est, mais là, ils visaient l'ouest). C'était la mode "Pirate". Baggy en bas, cintré en haut, matelots matinés peaux-rouges emplumés. Des ventes insensées, trois ou quatre 45 tours classés en même temps dans le Top 50 de Grande-Bretagne, qui nous gratifiait là d'une des petites bouffoneries sans grand danger ni effets secondaires notables dont elle a le secret. Genre Samantha Fox, quoi ! Dont je ne laisserais pas dire impunément qu'elle ne méritait pas son succès par un talent explosant à l'oeil nu (c'est le cas de le dire). Donc Adam Ant. Je vais mettre une vidéo ci-dessous, c'est rigolo et frais et presque pas complètement nul. Ca laissait un peu de place à un truc bizarre qu'on commençait à perdre : l'insouciance. Et avec un sens du rythme certain quand même. J'ai revu le gars dans un téléfilm british plus tard où il jouait un vampire sexy et romantique qui avait horreur du sang. Un truc dans ce goût-là. Comme quoi il a pris une place durable dans l'imagerie anglaise, entre Bowie et Morrissey. Et puis, comme j'ai dit, c'était fun son truc et entre deux doses de New Oder ça permettait de décompresser. L'angoisse allait nous saisir, nous n'étions que des enfants après tout, 14, 15, 16 ans...
Adam and the Ants donc dans "Kings of the wild frontier". A la limite.

dimanche 7 août 2016

Missin' Mister D.B.

David Bowie. Aucun rocker ne m'avait manqué à ce point-là depuis John Lennon. C'est dire à quelle place je mets le fantasque auteur/compositeur/interprète anglais qui savait se réinventer dans l'excellence pratiquement à chaque album. Il me manque grave. Alors, j'écoute des vieux trucs. Tenez, en v'là un, pas de la meilleure période, mais tellement supérieur à la production courante. C'est comme les Beatles, au-dessus du lot. Heureusement, Bob Mould et Paul Weller sont toujours de ce monde, sinon ça deviendrait très dur. L'énoncé au début de la chanson est du très beau surréalisme moderne (je veux donc dire classique), un truc à la Prévert disent les mortels morts.
David Bowie : "Telling lies".

Un truc pour lui d'un bon petit groupe.

vendredi 5 août 2016

Années 80, la musique changeait tout le temps.

Dans les années 80, des types bien habillés faisaient de la bonne musique triste et convulsive. On appelait de ça de la New-Wave. A cette époque, la plupart des gens que je fréquentais étaient des gauchistes ou des nihilstes-hédonistes. On piccolait pas mal, on se marrait bien. Il y avait le communisme de l'autre coté du mur et des missiles sol/sol dirigés sur les villes de France. Il semblait que ça allait durer comme ça jusqu'à perpet' et qu'il n'y avait qu'à s'habituer à l"équilibre de la terreur" et continuer à boire et à déconner. Je suis allé dans les pays de l'Est avant la chute du mur. J'en suis revenu capitaliste pur et dur. La Liberté, et tout ce qui va avec, l'économie et le reste, si on l'a pas, c'est trop dur. Plutôt devenir fou et végeter dans le monde de l'argent-roi. C'est ce que j'ai fait quand ce monde est arrivé. N'empêche dans les années 80, pré-post-historiques, des types bien habillés faisaient de la bonne musique.




jeudi 28 avril 2016

For me.

Putain, je lui dois bon nombre de mes plus belles émotions musicales ! Regardez la vidéo ci-dessous, millésime 1985, y'a tout : l'émotion, les semblants de larmes, le jeu, le charme, la ouache, la maîtrise, la flambe, l'ombre de James Brown qui le protège et l'inspire. Les costumes sont magnifiques, les solos de guitare sont éblouissants, les coupes de cheveux sont...des coupes de cheveux, des vraies, merde alors ! Ca pue le brushing et la sueur à plein nez, c'est lui le véritable Bérurier Noir. Quel frisson! C'est beau comme de l'Antique. Rigueur, luxe (volupté ?). Hosanna ! Alleluïa, Alleluïa !!!!!

dimanche 31 janvier 2016

Deuxième round.

Dans mon Top Ten de merde, j'aurais pu mettre plusieurs chansons différentes de Little Richard, mais sans lui ça n'aurait pas eu la même saveur épicée. Finalement, je vais mettre "Keep a Knockin'" parce qu'il me semble que c'est la plus folle (c'est la cas de la dire), la plus déjantée. A danser là-dessus on peut échapper à tout controle et tout casser autour de soi. C'est du furieux, du "out of sight", du "no way out", punk avant la lettre, pas du tout bon esprit mais vivifiant pourvu qu'on en réchappe.
Avec ça, je vais servir un petit truc de blancs super-enervés : "My generation" des Who. C'est un hymne, une folie, une gaminerie de très belle eau dont je ne me remettrais jamais. Purée, ça commence sur deux accords à fond et ça n'arrête pas, jusqu'à démolition complête des instruments. Les Who ont peut-être jouer à Woodstock (Townsend a toujours déclaré haïr ce concert), c'étaient des Huns, à la base, speeds, pas propres, colèriques, mal élevés et toujours avec l'idée que personne ne leur arrivait à la cheville. Il n'y a pas de place pour le doute dans le Rock n Roll ni pour la bienséance. Et le respect se gagne parce qu'à un moment donné, vous êtes un des tous meilleurs et que votre nom luit en tête d'affiche, ne serait-ce que dans votre lycée.

dimanche 27 décembre 2015

Come to me, Stevie.

Merde, où est-ce que j'ai encore foutu ma compil' de Jean Sablon ? Ah, vous êtes là...
Stevie Nicks. Cette petite sorcière a d'étranges et puissants pouvoirs sur moi. Elle peut m'envoûter avec de merveilleuses chansons et elle peut me faire bander. Rien de bien compliqué pour l'instant me direz-vous. C'est vrai pour ce qui est de me faire bander, les blondes aux cheveux longs et aux yeux bleus ont cet effet-là sur moi (là, les yeux sont noisettes mais c'est pareil). Mais les chansons, c'est autre chose, il faut savoir composer. Que cela soit en solo, avec Buckingham (son futur ex), ou Fleetwood Mac (une des machines à tubes les mieux rôdées des seventies), elle excelle à trouver les accords et les mots qui me touchent. Même mon ami Prince l'ambigüe est tombé sous le charme et lui a refilé des morpions et le riff de clavier de "Stand back". Je vais mettre deux ou trois photos de la garce à l'époque où elle était jeune et gouleyante et puis, des vidéos clips où on la voit, l'un avec Fleetwood Mac, l'autre en solo, quand elle s'est mise à vendre plus d'albums seule qu'avec le groupe de son boss de batteur (et amant).
Alors la voilà. C'est dentelles, bracelets, tulles savamment transparents et soieries.




Et en vidéo...


lundi 13 avril 2015

Des fils rivaux pour de rire.

En cette ère post-historique et post-moderne tous les possibles s'emmêlent les pinceaux dans un réel parcellisé, clanique, rapiécé par chacun à sa petite sauce. Ainsi, moi, sur ce blog, j'y vais de mon petit couplet nostalgique de temps plus rudes ou plus doux où le mot "choisir" (ou "ne pas choisir") avait encore un poids. Maintenant, bof, tout est là, à portée, pré-cuit, pré-digéré. Prenez le groupe Rival Sons, ils mélangent le meilleur de Led Zep et un chanteur à la Jim Morrison (en sachant que le meilleur de Led Zep est de loin inférieur au pire des Doors, nous sommes d'accord. Pour moi seul le "nul" de Zeppelin tel que défini par le fan de base est audible) Et bien ça marche, on peut écouter ça en surfant sur des sites de cul millésimé French Touch (Jacquie et Michel, par exemple), pendant que les chipos grillent sur le barbecue, et que la petite amie se repeint les doigts de pieds en discutant Voyage Privé avec ses copines. Ça passe, Ça ne jaillit pas, ça c'est sûr, et ça n'émeut pas, mais ça passe. Ah non ? Une merguez, alors ?
Rival Sons : Open my eyes.

samedi 28 février 2015

Martin Bouygues est mort.

Les bonnes nouvelles ne sont pas légion et quand il y en a, elles sont fausses. Merdre !

N'empêche, ça m'a fait du bien quelques temps. En attendant que Clint Eastwood plie bagages.
Bon, là, en fait, c'est Spock, de Star Trek qui vient de passer l'arme à gauche. Fin des années 60, lui et le capitaine Kirk avaient sorti des albums psychédéliques pas piqués des hannetons. Une compilation en avait extrait la substantifique moelle plus tard. Ça s'appelait "Space Out". On s'en met un brin ? Là, c'est le titre "Highly Illogical" Pauvre Leonard Nimoy, Il ne s'en sera jamais tiré de son rôle de Vulcain. Sa dernière autobiographie s'appelait : "Je suis Spock". Ah si, il avait joué dans "Mission impossible", un peu.

dimanche 8 février 2015

Roulez jeunesse !

On ne peut pas dire que la musique de d'jeuns envahisse ce blog. Je suis largué, j'ai cinquante ans et je fatigue, autant de bonnes raisons de ne plus être à la page et de ressasser deux ou trois obsessions qui me coupent un peu du courant porteur, mainstream ou alternatif. Et puis, nous vivons dans la post-modernité et tous les vieux trucs sont validés par la mode du "rétro-vintage" et les fantasmes plus ou moins puérils des jeunes générations. Les fantômes de ma jeunesse se portent bien, merci. Reste quand même un groupe d'invincibles tenants de la modernité qui tentent de faire avancer le bastringue de la musique populaire mais pas démago vers un nulle part qui serait rassérénant, s'il n'avait pas l'air tout à fait balisé. Merde. Mais enfin, on ne sait jamais, il y a des bonnes surprises.
Voici donc trois morceaux de musique de d'jeuns. Attention aux images ! Ces mecs ont été élevés dans un tel flux non-stop d'images en tout genre qu'ils en font maintenant des marquantes, des pas anodines, histoire que le spectateur post-moderne accroche à quelque chose entre deux pubs survitaminés pour un parfum ou une caisse. Je vous aurais prévenus. La musique, elle, est nette comme les lentilles du télescope Hubble. L’ère intergalactique approche.



Un truc que j'aimais bien, que j'aime bien. Goldie "Letter of fate"

mercredi 28 janvier 2015

Quelque chose de fraîs, svp ? Faites à votre idée.

Certaines choses qui marquèrent vivement à l'adolescence gardent cette fraîcheur, cette vivacité tout au long de la vie quand on se les remémore, quand on les ré-entend, les revoit. Mais d'où vient cette émerveillement initial qui frappa à un instant décisif ? Ca je ne saurais le dire. C'est pour chacun différent, c'est là, évident. Il faudrait que chacun fasse l'effort d'écrire sa "Recherche du Temps perdu" pour que nous ayons peut-être accès aux raisons profondes de nos goûts, de nos engouements, et, partant, de nos peines, de nos regrets. Voici deux chansons qui sont comme une source de jouvence pour moi et qui me tiendront frais jusqu'à la fin de ma vie ou peut-être jusqu'à une lassitude radicale qui serait presque à coup sûr injustifiée. Tout d'abord ce couple charmant et sexy qui balança quelques tubes à la fin des Fifties et au début des Sixties. Tout est frais là-dedans et on se croirait  en train de commander un Cherry Coke au glacier qui circule dans le quartier résidentiel de Coconut's Grove avec sa camionnette. Mais Ho la ! Je ne suis pas américain , moi ! Mettons qu'on dirait que je bois un PSCHIITT !!! Citron (pour mon garçon), et toi un PSCHITTT orange (pour toi cher ange), que c'est l'été et que, pour moi, l'Amour à 12 ans et s'appelle France, oui France, comme France Gall; un prénom rare que je chérie encore. Tu montes avec moi dans l'arbre ? Là-haut, je t'embrasserais....

Deuxième salve vintage : "Do you love me ? " par les Contours qui se trouvait sur la même compilation vinyle paternelle que le précédent et que mon père n'écoutait jamais. Moi, je n'en ai pas perdu une miette. C'est l'histoire d'un mec qui se fait jeter par les filles parce qu'il ne sait pas danser, il apprend et revient les taquiner sur un mode moqueur et franc du collier "Tu vois, je sais danser, alors : Est-ce que tu m'aimes (bordel à queues)?!? Il a plus qu'a se baisser. Elles, les damoiselles, sont en pâmoison.
La vidéo est terrible : la chorégraphie est top, les fringues déchirent, les mecs ont des gueules de truands et chaussent au moins du cinquante, un vrai gang de vauriens déguisés pour la télé. Ah purée le cri : "DO YOU LOOOOVVEEE ME !!!!!"

jeudi 25 décembre 2014

Objectif : Survivre à Noël.

J'ai assisté tout à l'heure à un spectacle émouvant. Un papy de 70 ans et quelques tenait sur ses genoux son dernier petit-fils en date, un poupon de 4 mois. Tudieu, quelle vision ! C'était infernal et paradisiaque en même temps. Indécidable. Moi, je n'ai pas de famille ou si peu et je n'ai surtout pas de descendance, forcément tarée. Parfois je le regrette mais les malédictions sont très, très bien faites dans ce monde de fou, alors, ceinture, pas de mômes ! Je vais finir de mourir seul. Mais pas ce soir, je ne pense pas. Néanmoins, la Veillée de Noël peut vous tuer. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est marqué dans le manuel. En caractère gras comme une oie gavée avec des trucs pas clairs. Là, ce sont les Everly Brothers qui le chantent. Je dis à la prochaine à ceux qui vont survivre. Pour les autres, c'est pareil, je leur dis à bientôt, ça sera pas en même temps, c'est tout. Eh oui ! Je suis déjà à moitié mort. Pas vous ? Mais bande de cons, minables avortons, Zombie, c'est du dernier chic, très tendance. Seulement, je vous préviens, c'est pas rigolo du tout.

lundi 17 novembre 2014

Affreux, propre et méchant.

La presse écrite va mal, et c'est peu que de le dire. Il faut cependant constater que les éditeurs de presse font preuve d'un manque d'imagination et d'audace consternant. Il est nécessaire de s'adapter à ces temps de crise et de tourment et il est tout à fait possible de faire d'une certaine réponse à la morosité ambiante un véritable Art de vivre, "a way of life" comme disent les anglo-saxons. Je ne manque pas d'idées réjouissantes pour tout honnète homme, donnez-moi les moyens financiers et je vous ponds des succès de presse à la pelle. Ce qu'il faut c'est innover, ça veut dire recycler des trucs qui marchaient et les mettre au goût du jour. Ainsi je propose de créer un mensuel pour le public masculin qui s'appellerait "Bien-être et Calomnie" qui serait un croisement entre un magazine de charme à la "Playboy", un magazine de fitness et qui proposerait aussi des témoignages sur les bienfaits de la dénonciation de ses contemporains aux autorités compétentes ainsi que des aides efficaces pour franchir aisément le cap de la "mauvaise conscience" et s'épanouir ainsi pleinement dans cette société sans pitié de guerre de chacun contre tous. Carton assuré. Le complément idéal de ce canard serait un autre journal, toujours destiné au public masculin, dont j'ai l'idée au chaud et qui s'appellerait "Cuisine et Armes à feu". Ce serait un savant mélange de recettes de cuisine du terroir, de pages consacrées à la possession et à l'usage d'armes de tir plus ou moins puissantes et de l'agrément que l'on peut en retirer à tout âge de la vie et, bien sûr, d'un magazine de charme type "Playboy". Rien que de penser aux couvertures que l'on peut mitonner pour ces deux titres, entre des femmes aux multiples talents et des photos de descentes de police ou de tableaux de chasse dans un relais perdu en forêt, je me prends à saliver. Je ne suis pas plus bête qu'un autre et si ça marche sur moi, ça marchera sur d'autres, et plutôt deux fois qu'une. Et encore, ce ne sont là que deux idées parmi des dizaines, si cela vous intéresse et que vous avez quelques argent à investir dans des entreprises aussi jouissives que de salubrité publique, faites-moi signe, je suis ouvert à toutes sortes de propositions plus ou moins malhonnêtes.
Déja, dans les années Trente aux Etats-Unis, des films tentaient de décomplexer le citoyen moyen. "Scarface". Howard Hawks. Si vous aimez ces images, vous aimerez "ma" presse. Critique du film dans la section "Belettes et mitraillettes" du numéro 1 de "Cuisine et Armes à feu", bientôt dans les kiosques.

mardi 21 octobre 2014

Emmanuel Carrère : le fils à maman de l'Académie.

Cet an-ci on parle beaucoup d'Emmanuel Carrère et de son dernier bouquin "Le Royaume". Autant lui régler son sort maintenant, ça évitera d'y revenir quand il aura reçu le Goncourt (avec un autre bouquin, apparemment c'est encore raté pour ce coup-là). Carrère n'écrit pas, il fait ses devoirs, ce n'est pas la même chose. Dans les devoirs toute la nécessité est extérieure, toutes LES nécessités sont extérieures, même celle des sujets (pour Carrère, c'est simple il prend ce qui s'impose à lui dans le tout venant de l'actualité ou de ses envies, sans trop renacler, sans trop réfléchir, il appelle ça "Flairer un bon sujet") alors que chez l'écrivain la necessité d'écrire est toute intérieure, c'est là qu'elle naît, grandit et finit par se matérialiser dans le geste d'écrire. Carrère veut écrire, un écrivain ne peut rien faire d'autre. Modiano, qui est un très grand écrivain, n'a jamais eu beaucoup à se demander ce qu'il allait écrire et à chercher un sujet qui puisse intéresser les Goncourt, la matière est là, en lui, il l'agite parce qu'ELLE l'agite, et arrive ce qui doit arriver, des livres. Et des bons. Ca ne vient pas tout seul, il faut travailler bien sûr, et même plutôt deux fois qu'une, car il ne s'agit pas de dire une SEULE connerie, tout l'édifice du livre s'éfondrerait; mais le travail de Carrère est d'un ordre différent, scolaire, il applique les méthodes du bien écrire à la française inusables depuis deux ou trois siècles, que moults écrivains de renom à leur époque, aujourd'hui oubliés ont usés jusqu'à la corde raide. Ca s'appelle de l'académisme et ça plaît aux femmes de mauvaises vies (cheminée, chat, tricot) qui sont le plus gros du contingent des lecteurs en France.
Mais ne soyons pas chagrin aujourd'hui et penchons nous sur "l'Usage du "Monde"", un texte court de carrère paru en 2002 en supplément du journal du même nom et qui est d'une telle bêtise qu'on ne peut qu'être d'abord étonné puis rieur devant un tel deballage d'inanités. Dans ce court opus, ce n'est pas une connerie qu'on lit mais toute une avalanche qui nous emporte. Je vous le conseille vivement, c'est poilant.

mardi 30 septembre 2014

Post sur la Post. Pour jouer. Encore.

L'aventure post-moderne, me dit mon jeune frère.....Je me demande bien en quoi ça consiste et en quoi ça va consister ? Est-ce qu'il y en aura du consistant, justement ? Du brûlant, du qui envoie en l'air, du rêve de mine d'or ou de sel, du kilowatt de concert pour soutiers du système libéral avec cocaïne et guitar-hero ? Hein, hein, hein ? Apparemment, il va falloir se fader des trucs louches, des ersatz délicats à éclaircir, des nourritures extra-terrestres pour âme de retour là-ici-bas en mode "E.T. go home".
Tenez, par exemple, l'odyssée paresseuse d'un gras du bide barbu style goguenard en pilotage automatique au milieu de petites culottes bien remplies et de yaourts aux logos néo-seventies, avec coups de langue mollassons et hasardeux juste au-dessus du "top"?
Oui, ça, entre autres
- L'avion décolle à quelle heure, Mademoiselle ?
- Nous sommes déjà en vol, Monsieur.

Ou alors ça ? Un girl-squad de figures de mode, atmosphère, atmosphère, à la belle petite gueule sous cheveux acidulés balançant une cosmétique soupe élégante que Pink Floyd a oublié d'inventer par manque de progestérone sous les aisselles rasées de la mineur(e) ?
Pourquoi pas ?
- Et on atterrit à quelle heure ?
- Oh, Commandant !  Vous le savez mieux que moi!

Est-ce assez consistant ? Est ce que ça craque assez sous la dent ? De toute façon les morceaux de choix sont partis dans des estomacs plus anciens et pas plus robustes; peut-être plus goinfres. L'aventure post-moderne consiste à manger les cures-dents.

dimanche 28 septembre 2014

Phoenix, deux fois. (Normal)

Phoenix a le chic pour ciseler de petites vignettes évocatrices pleines de malice et de nostalgie qu'on peut écouter en s'emmitouflant dans une couverture mentale de neige ou de laine. C'est très français, ça, Monsieur. Allez, va pour deux ! Compter sur la musique. "Music is your only friend"


mercredi 13 août 2014

"The Look" a fermé les yeux.

Lauren Bacall est morte. Même question que dans le post précédent pour Robin Williams : "Etait-elle une bonne actrice ?" La réponse est non, comme hier.  Mais avec son mari Humphrey Bogart elle formait un couple évident et électrisant (4 films ensemble, quand même),et là, elle a été bonne. Pour le reste c'est une parfaite quiche que seul Minnelli a par deux fois sauvée du naufrage complet dans des films d'une beauté et d'une intelligence bien spéciales qui n'appartiennent qu'à lui :"La toile d'araignée" et "La femme modèle". Songez que le sujet de ce dernier long-métrage tient dans le couple mal assorti qu'elle forme avec l'endive Grégory Peck, elle, dans la haute couture et la comédie musicale, lui, dans le journalisme sportif. Comprenez-vous bien l'antagonisme radical masculin/féminin qui les sépare ? Avec un tel sujet en plomb massif, Minnelli fera un film en état de grâce qui emporte tout sur son passage, et déclenche des avalanches de rires. Sinon c'est "Waterloo, morne plaine". Il y a un film complètement con ou elle est en vedette avec Marilyne Monroe et Betty Grable ("Comment épouser un milliardaire ?") et elle est vraiment deux tons en-dessous des deux pin-up stars de l'époque, qui trouvent le moyen de sauver leurs atours (en clair, leurs fesses) de se scénario catastrophique et cinématoscopisé.
Enfin, tout lui est intégralement pardonné pour ses films avec son mari et en particulier pour ça :

De nos jours frappadingues un mythe tient à ça. C'est suffisant ? J'aurais tendance à dire non mais ça marche quand même, alors ?
Ah, il y a autre chose, qui a été capté par la caméra. Une certaine allure, rehaussée d'un peu d'élégance. Ce n'est pas la même chose, l'une est plus animale que l'autre.  Mais c'est un raffinement qui attire et elle l'avait.

dimanche 10 août 2014

L'aigle à deux têtes.

Farouche, indompté, notre Président a désormais chaussé une nouvelle paire de lunettes qui aiguise sa vue au-delà de toute velléité de "normalité". Pfff, en fut-il jamais question SERIEUSEMENT ? Seul, planant à des hauteurs insondées, il recouvre de son sens suraiguë une mêlée de nains qui s'affairent au sol, tandis que lui seul peut estimer la portée de ses actes qui englobent et impliquent l'Humanité toute entière !
Victor Hugo, poète incontestable, l'avait dit en son temps, prémonitoire :

L’aigle, c’est le génie ! Oiseau de la tempête,
Qui des monts les plus hauts cherche le plus haut faîte ;
Dont le cri fier, du jour chante l’ardent réveil ;
Qui ne souille jamais sa serre dans la fange,
Et dont l’œil flamboyant incessamment échange
Des éclairs avec le soleil.


Pendant ce temps-là un parodiste fou tente de ruiner l'image de notre Président par d'incessantes bouffonneries et mimiques. Il amuse le peuple farceur mais moi je dis Stop ! et clouons au pilori ce clown malfaisant que notre Guide suprême traite avec un mépris sublime. Attends voir, petit saligaud, l'Histoire est une rude maîtresse et elle saura se venger. Et déjà, je te montre du doigt, minable :
Victor Hugo, décidément oracle en son pays n'a-t-il pas appelé un de ses recueil "les Châtiments" ? Le tien sera ignoble infâme faquin !

 

samedi 9 août 2014

"Aubade" millésimé 1987.

Dans les années 80 on n'avait pas l'érotisme léger, décadent et élégant de Yukimi des Little Dragon. Bon, c'est vrai, le feutré, le délicat c'était pour David Bowie et ça marchait bien aussi. Mais le velu, la dentelle rouge, le tape-à-l'oeil, c'est pas ça qui manquait à l'époque. Songez qu'en ces temps déraisonnables Jacques Séguéla et Bernard Tapie étaient de gauche
Alors, ce qu'il y a en dessous ça râpe un peu mais c'est toujours mieux que Rihanna et Miley Cirus. D'un coté les fantasmes hauts talons de la femme à tout faire du Nain Pourpre et de l'autre les délires foutraques de Larry Blackmon, dont il faudra bien un jour reconsidérer l’œuvre à l'aune de celle d'un Prince justement, ou d'un Rick James. Ici, par exemple, le clip est très très bon.
Sheila E : "The glamourous life".

Cameo : "Candy"

mercredi 6 août 2014

Je braie dans le noir donc je suis.

Quentin Tarantino fait des films idiots pour des idiots et bien sûr il soigne terriblement ses B.O, ses bandes-sons, devrais-je dire. Cinéaste du paroxysme sensationalisme (c'est le revers très amer du "suspens" d'Hitchcock et l'effet jouissif des images animées si on n'y met pas un peu de distance, de pensée), il soigne minutieusement tous ses effets sonores, comme les visuels, de manière à scotcher un spectateur sadisé et consentant (cf-oncle Hitch') au fond de son fauteuil. Il connaît ses ressources le bougre et on retrouve des petits trésors oubliés sur les dites B.O., propres à faire fantasmer et tripper tout un chacun. Ça va des Delfonics à Nancy Sinatra, en passant par Bobby Womack. Assez récemment, il a décidé de mettre des bouts de B.O. qui ont déjà fait leurs preuves dans d'autres films, histoire de faire cinéphile-en-chef et croque-mort en même temps. Sur celle du nullissime "Django" (Unchained), il a ainsi pompé un bout d'une musique d'Ennio Morricone pour un film de Don Siegel "Sierra torride", avec Eastwood et Shirley McLaine (un western essoufflé auto-parodique) qui s'appelle "The braying mule" (La mule qui braie). Ça, il fallait y penser, c'est très, très vicieux, mais bon, ça va bien avec le film (lequel ?) et le metteur en scène (lequel ?), et voilà, j't'embrouille (les deux !). A part ça, c'est du grand Morricone, son corpus d’œuvres pour le cinéma restant un des plus riches jamais composés.