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dimanche 8 septembre 2019

"Je ne veux pas entendre parler du Mal." John Martyn.

Ne me parlez pas de Zahia égérie de la jutte des classes, de son Q.I de 30, de sa cambrure malade, des pénaltys poteau rentrant que lui mettait Ribéry
Ne me parlez pas de Yann Moix et de sa Star Académie Française pour fiotte repentie.
Ne me parlez pas de Houellebecq et de Depardieu qui sont tellement nuls que même les français s'en aperçoivent et ne vont pas voir leur film.
Ne me parlez de l'autiste que tout le monde aime et qui est l'image rêvée du handicap supportable par tout un chacun.("Il fait de l'oseil, le salaud").

Je veux entendre parler de Jeanne la Pucelle, de la musique de Christophe, de la Cathédrale Notre Dame d'Amiens où Bruno Dumont a tourné son film.
Je veux entendre parler de Louis Skoreci, le meilleur critique de cinéma vivant (désolé Luc Moullet) et de ses films, dont "Le juif de Lascaux", qui ne peut être qu'un authentique chef d'oeuvre (le nom laisse tous les autres titres de film loin derrière). Je veux entendre parler de et lire son blog qui est cent fois meilleur que le mien..
Je veux entendre parler de Betty Lavette qui a sorti un album juteux de feeling et de beauté de reprises de classiques de Bob Dylan. Je veux revoir "Eat the document" de Dylan. Le seul et unique bon documentaire sur lui, en l'occurence sur sa tournée anglaise de 1966
Ok, je me tais. Voilà ce que je veux :
"Oh a storm is threatening..."live Miami 30 août 2019, sous l'ouragan Dorian. Vous savez quoi ? Les Stones sont devenus des Dieux.

dimanche 25 août 2019

Vera Miles. What a nice way to turn 90 !

Vera Miles vient de fêter ses 90 ans. Happy Birthday Vera and thank you ! Elle fut, au sommet de sa carrière, l'objet d'un concurrence sévère entre les deux plus grands cinéastas classiques (avec Lang), Ford et Hitchcock. Il l'eurent tour à tour. Elle joua dans "L'homme qui tua Liberty Valance" et "The searchers", dans "The wrong man" et l'épisode remarquable nommé "Revenge" tourné par le sadique anglais pour sa propre série, "Hitchcock présente". Lui voulait la lancer comme superstar dans "Sueurs froides", elle déclina l'offre pour cause de grossesse. Où serait Kim Novak dans le Panthéon hollywoodien si Vera Miles avait choisi de tourner "Vertigo" ? Nulle part, elle n'avait aucun talent. Quand elle voulait se rassurer un peu elle demandait : " Monsieur Hitchcock, hein que j'ai du talent ?" il lui répondait
"Mais oui, Mademoiselle Novak, vous êtes même assise dessus."....enfin, c'est ce qu'on dit.
Mais revenons à Vera Miles et à John Ford. Voici ce qui constitue à mes yeux une des plus belles ouvertures de films de l'histoire du cinéma, sinon la plus belle.

D'où vient à cette femme qui sort pour voir quelque chose la préscience que cette "chose" est son amour de jeunesse, dont elle a épousé le frère, surgi de nulle part après tant d'années ? Seul Ford peut sans ridicule évoquer cela et commencer un film par cette magie. La porte (la grande porte) s'ouvre, le récit s'ouvre, la femme s'avance un peu, la caméra la suit, nous entrons dans l'épopée. En voici la scène de fin.

Là, on voit Vera Miles courir vers Jeffrey Hunter, qu'elle attend depuis presque dix ans et tout se résoud quasiment sans un mot. Elle a du jarret, la petite.
Nul doute que pour John Ford, on naît seul, on vit seul, on meurt seul. Il y a un boulot à faire, on le fait et c'est marre. Le bonheur c'est la porte à coté. Ici, à la fin de "The searchers", un de ses coups de génie c'est d'avoir fourré tout ce qui devrait suivre le retour d'Ethan Hawke avec sa nièce avant cette scène-là dans une sorte de fausse fin, qui lui a permis d'évacuer tout le factuel et tout le blabla. Ne reste que le pathos pur, sec, raide. Une porte qui se ferme.
A chaque fois que je regarde cette scène, je pleure. Pourquoi ? Parce qu'elle est faite pour ça et que ça me chagrine toujours autant que Ford ait raison sur la solitude de l'Homme.

lundi 8 juillet 2019

"Cher Michel-Ange, je vous écris ces mots.......Bons baisers. Prince." (Archive inédite)

Retour sur le Roi Prince avec deux inédits de son vivant, d'une facture exceptionnelle, l'un sorti il y a deux ans pour l'édition collector de "Purple Rain", l'autre tout récent, extrait de l'album "Originals". Il parait qu'il n'y a pas moins de mille inédits qui dorment dans les archives de Paisley Park. Bon, en fait je mourrai avant d'avoir tout entendu....
J'y ajoute une reprise non moins exceptionnelle de "Kiss" par Joan as a Police Woman, avatar de la très talentueuse Joan Wasser. Pour reprendre "Kiss" et se hisser au niveau de l'original, il faut vraiment en avoir. Joan Wasser en est remplie jusqu'aux oreilles.
Prince : "Our destiny/Roadhouse Garden"

Prince : "Dear Michaelangelo".

Joan as Police Woman : "Kiss"

lundi 13 mai 2019

Vie et mort d'un Homme. Vie et mort d'une Femme.

Une naissance est toujours une bonne nouvelle. C'est un monde qui s'ouvre, une promesse. Sera-t-elle tenue ? Nul ne peut le dire. Il faut espérer que oui, que la femme qui ne m'a pas envoyé mon bouquin, acheté sur Rakuten, à temps pour cause d'accouchement et que j'ai félicité aussitôt qu'elle m'a dit la nouvelle qui expliquait le retard saura orienter vers la vie la meilleure son nouveau-né.
La naissance d'une fille est à mon sens une bonne nouvelle redoublée. D'abord parce que je suis un homme et que j'aime les femmes (cf  Maurice Chevalier et son "Thanks heaven for little girls" égrillard et plein de sagesse), ensuite parce qu'il semblerait que le monde soit en déficit de femmes, statistiquement s'entend, et que l'humanité, jusqu'à nouvel ordre, n'avance qu'à coup de grossesses et d'enfantements avec ou sans douleur, deux exercices où les femmes excellent.
En hommage aux femmes, aux gamines, aux mémés qui peuplent la vie des hommes, ce morceau de post-punk décapant chanté par une disciple de Lesbos remarquable.
Au Pairs : "It's obvious". J'écoutais ça à 17 ans et ça m'emballait.

Une mort peut être une bonne ou une mauvaise nouvelle. Un ennemi qui disparaît, un idéologue de gauche, un histrion de droite, et l'horizon s'éclaircit. Jean-Claude Brisseau meurt et les ténèbres progressent. Brisseau s'était attaqué à la question la plus complexe et cruciale de l'univers, qui n'est pas celle de l'existence de Dieu mais bien celle de la jouissance féminine. Il s'y était cramé les ailes mais ces films sont touchés par une grâce infinie, celle de celui qui croit, celle de celui qui sait voir. Il nous a passé le relais parce que c'était un artiste et qu'en tant qu'artiste il faisait des "ponts" (comme disait Robert Tatin, le féministe actif) entre nous et les mystères du monde. Ce géant bourru était un homme en qui on pouvait avoir confiance. Il a fini dans l’opprobre et avec un prix du très bon festival de Locarno. Pour moi, c'est Brisseau forever, de A à Z.
Ces "Choses secrètes", faut-il les taire ? Non, il faut les garder avec soi, les garder précieusement, et les montrer, les offrir par bribes aux initiés. Les autres ? Les autres on s'en fout, il ne sont curieux que du poids d'or que pèse toute chose. Les marchands du Temple sont légions, les artistes et ceux qui les reçoivent, non.

Par contre, bonne nouvelle, Doris day est décédée.
Quand Hitchcock à eu besoin d une femme 100% mère et absolument pas sexy, il a fait appel à elle.
Sa carrière cinématographique est inepte, ses chansons des tortures. Salut Doris et bon débarras.

lundi 29 avril 2019

Jean Pierre Marielle et ses deux nénettes.

Jean-Pierre Marielle était un grand acteur qui excellait dans les rôles de beaufs queutards et idiots que Joël Séria lui taillait sur mesure. Une grande gueule, de grandes mains et peur de rien, surtout pas des conneries, voilà ce qui était sa marque de fabrique. C'est comme ça qu'on le préfère Marielle : hâbleur et libidineux, le marcel bien ajusté aux pecs, vulgaire jusqu'au sublime, enfin, je crois que c'est ce qui restera le plus dans la tête des gens et la mienne. Bertrand Blier et Georges Lautner l'ont également bien utilisé. Je pense que dans la vie il était charmant et tendre et qu'il aimait profondément les décalés (il se définissait lui-même comme un "trainard" et "un cancre"), la bouffe et le vin, les bêtises "hénaurmes" et ses amis Carmet et Rochefort. Pas un registre super-étendu mais un style inimitable.
Il a essayé à plusieurs reprises de faire étalage de son talent, avec bonheur chez Sautet, Monnet ou Verhaeghe, avec emphase chez Corneau (m'enfin, que faire au cinéma du janséniste Quignard à part des conneries boursouflées?)
Le voici à l'aise et inimitable, sans équivalent dans ce monde, dans deux extraits de films de Joël Séria.
"Charlie et ses deux nénettes"

"Comme la lune".
La complicité qui le liait à Carmet est évidente dans l'extrait suivant de "Plus ça va, moins ça va" de Michel Vianey. Il s'épaule l'un l'autre et se hissent à l'aise vers la facilité et le bonheur d'être un acteur.
Vous n'avez jamais vu Marielle jouer un flic timide ? Voilà.

Je lui rend un hommage tordu via cette chanson de Warren Zevon :"My shit's fucked up". Je pense à Marielle mourant "des suites d'une longue maladie" comme on dit. Un cancer, comme pour Zevon, qui a sorti cette chanson un an avant de disparaître. Je l'imagine agonisant, soufrant et souriant. Pour deux raisons : parce que ça va m'arriver un jour et parce que ça arrive à tout ceux qu'on aime et qu'il FAUT les voir aussi comme ça.
Warren Zevon : "My shit's fuck up". ' Comprenez quand la merde va plus c'est que ça va plus du tout, du tout. Zevon me manque, maintenant Marielle va me manquer. Heureusement, leur métier c'était de faire trace. De vaincre un peu notre maître bien aimé : l'oubli.


lundi 8 avril 2019

Agnès Varda nous fait sourire de là-bas.

Les obsèques d’Agnès Varda ont été une sorte de garden-party joyeuse et colorée, rock et drôle. Je trouve merveilleux de susciter ce genre d'émotions, au-delà de la tristesse, le jour de son enterrement. Ca tient vraiment à ce qu'elle était, à son enthousiasme, son espièglerie, son goût du partage et de la mise en scène comme un travail à effectuer dans la gaieté. Alors, il y eut de la joie, comme quand on enterrait les Saints mais, contrairement à ce qui se passait avec eux, pas trop de lamentations et pas d'hystérie. Jusqu'à ces derniers instants à la surface de cette planète elle est restée spirituelle et prosaïque au travers des autres. Enfin, elle leur a transmis ça : l'esprit et le goût du réel. Elle a fait le job. Au revoir Madame Varda (J'espère que les obsèques de Luc Moullet seront du même tonneau, chez lui, dans les roubines, parmi les fous.)
Coup double en hommage : Scott Walker chantant "My death". Les seuls versions supportables des chansons de Brel sont celles de Walker.

mardi 26 février 2019

Finney. Donen. Hollis."J'y pense et puis j'oublie" J. Lanzmann

Faites vos jeux ! Rien ne va plus ! La banque gagne !
Albert Finney est mort et tout le monde parle de son rôle dans "Erin Brockovich". Et quoi encore ! Attendez c'est pas fini. Stanley Donen est mort et personne ne parle d'autre chose que de "Singin' in the rain". Ben tiens.! Mark Hollis vient de décéder et on va nous bassiner les oreilles avec "Such a shame". Youpi !Le dérapage continue. Tout part en couilles post-modern-styl', dans le genre je jouis, j'oublie, j'achète, je jouis, j'oublie, j'achète, oups, j'ai plus de tête, tiens, y'a plus rien etc, etc...
Moi je me souviens et je donne deux ou trois précisions aux drogués verdâtres, fonctionnaires bobos, alcolos puants qui m'entourent :
Uno - qui n'a pas vu "Samedi soir, dimanche matin" de Karel Reisz ne peut pas savoir comment un acteur britannique peut imprimer sa puissance et sa jeunesse sur une pellicule. Sean Connery ? Oublier ce bellâtre (Mister Univers...) c'est un connard. Michael Caine non, Finney non plus. Ce sont tous les deux de grands acteurs.
Deuxio - qui n'a pas vu "Voyage à deux" n'a aucune idée de la délicatesse avec laquelle un trio d'orfèvres de la trempe de Finney, Donen, Hepburn peut impressionner la pellicule avec un film sur l'amour, tendre et fort, qui rend toute leur pesanteur de lourdeaux à des gugusses comme Antonioni ou Bertolucci.
Tercio - qui n'a pas écouté au casque un soir solitaire consacré à la musique le "Spirit of Eden" de Talk Talk n'a aucune idée du talent profond et doux de Mark Hollis.
Après, ma légitimité est ce qu'elle est.; je ne suis ni transgenre, ni arabe, ni pédé, ni migrant, ni végan, ni même gilet jaune. On se demande vraiment pourquoi je l'ouvre. N'empêche, j'avance preuves à l'appui. Par trois. Mathématique.
Uno

Deuxio

jjj
Tercio

dimanche 17 février 2019

Darrieux à mon secours.

J'avais du souci. J'avais envie de grâce, de féminité, de frivolité. Et j'étais seul. Et lourd, comme à l'accoutumé. Emmerdant...
Alors j'ai fait appel à Youtube et à Danielle Darrieux. Elle m'a tiré de ce mauvais pas de la solitude et de la pesanteur assez souvent déjà. Je l'ai regardée. "Magnificent !" comme dit Paul Thomas Anderson. Il a raison, quand on la filme il n'y a pas besoin d'autre chose. Et quand en plus ce sont de bons metteurs en scène qui s'y collent... Je ne mettrai pas d'extrait du "Rouge et le Noir" parce que justement le metteur en scène est mauvais et Gèrard Phillipe est moyen. Pourtant Mme de Rénal, c'est elle; Stendhal lui-même en eût convenu.
Je vais mettre des extraits où elle chante. Sa voix, est une des plus belle voix de femmes que je connaisse, à l'égale de celle de Monroe, Jean Arthur ou Jacqueline Delubac
Le cinéma c'est ça ; montrer des belles femmes en mouvement. Pornographie ? Oui et non. Un visage suffit à illuminer une nuit trop profonde et à susciter l'amour et l'admiration. Le cinéma finit par aller au-delà en restant en-deça. On se passe de ce qui est somme toute la chose la plus importante des choses qui ne le sont pas vraiment. C'est l'alpha et l'oméga, c'est là, mais c'est tout le reste de l'alphabet qui compte et un visage est de loin beaucoup plus important qu'un cul. On en fait des films avec un visage. On fait toujours le même avec des culs.
Ce qui compte c'est d'apaiser ses soucis, de retrouver le sourire. Par un baiser de sa mère, par une image, un souvenir, un rêve.
Un rêve : Juste le bruit des talons sur la charrette et on est bien....

Elle est délicieuse ! Un bonbon !

Et dans la vie c'est encore mieux.


dimanche 3 février 2019

"Jonas, rentre te coucher" - La Baleine.

J'aime bien Jacques Lourcelles. Son "Dictionnaire du cinéma" fourmille d'infos de première bourre et d'analyses fines sur le cinéma. Mais je ne suis pas d'accord avec lui quand il dit, à propos de "Naissance d'une nation", qu'il est heureux que le cinéma, pour sa plus grande part, n'aie pas suivi la voie esquissée par Griffith mais celle, plus policée, d'une narration plus classique mimant peu ou proue les rouages de la littérature dite "réaliste"du 19 ieme Siècle. Je ne suis pas d'accord du tout. Certes, c'est plus facile et ça parle au plus grand-nombre car le plus grand nombre est éduqué et laissé dans la facilité. Mais quelle perte de créativité, d'inventivité et, au final, de liberté. Des preuves ?
Voyons ce petit film de Jonas Mekas, qui vient de disparaître tout récemment et auquel je veux rendre hommage à ma mesure, c'est à dire chichement. et qui est souvent appelé cinéaste "expérimental". Lui-même demandait, à ceux qui voyaient ces films, d'oublier le mot "expérimental" et de se contenter de les regarder, simplement. Et dans ce film, ne voit-on pas clairement des choses, importantes, fondamentales, qui composent et ordonnent la vie d'un homme mieux qu'en un récit - en particulier les femmes et les enfants ? Ne voit-on pas un enfant courir, comme tous les enfants, après un papillon, comme il ne cessera de courir après sa liberté toute sa vie d'adulte ? Ne voit-on pas des nourritures terrestres et spirituelles abonder, de celles qui sont le plus nécessaires à chacun et à chacune ? Mekas était libre et plein d'esprit, il a entrevu la beauté, je l'entrevois avec lui. Il n'y a pas de "happy ending, pas d'impératifs commerciaux ou idéologiques, juste la Vie, sous un angle particulier, précis (tellement précis qu'il est laissé au hasard, sachant qu' il n'y a pas de hasard.)
Ce petit film qui part dans plusieurs directions à la fois n'est-il pas plus riche en oxygène, en couleurs, en nuances, bref, en tout, que les ornières où les gros sabots obsessionnels d'un Hitchcock ou d'un Eisenstein nous emmènent en esclaves ? Si bien sûr. Après on peut toujours faire des pâtés Monsieur Lourcelles (genre Dictionnaire), il me semble à moi qu'il est plus sain, beau et tout bêtement normal (ça évite les opéras de Wagner par exemple et les "Nibelungen" de Lang...) de regarder un des enfants de la famille Mekas jouer dans le sable.

dimanche 27 janvier 2019

La jeune fille et la Mort. Signé Michel Legrand.

Michel Legrand est mort. Ils sont tellement à caner (et ça ne va pas s'arrêter) que ça devient lassant et surtout impossible de parler de tous.
Je voudrais dire quelque chose à propos d'un genre musical et cinématographique que Legrand a élevé à un niveau égal à celui des grands américains avec l'aide de son ami réalisateur Jacques Demy : la comédie musicale. Et je serai catégorique à ce sujet, ferme et définitif. Beaucoup de personnes sont rétives à la comédie musicale -hommes comme femmes. Pour dire les choses vraiment, ça semble leur inspirer un profond dégoût. Ils suffit de voir les mines qu'ils tirent quand on leur en parle. Je pense que ces personnes sont coupées de toute une partie d'elles-mêmes (peut-être l'enfance) à tel point que je les trouve à moitié mortes. L'envie me vient de ne plus leur adresser la parole. Mais c'est un peu comme si on ne parlait plus aux racistes ou aux homophobes, on ne parlerait plus à grand-monde, en tout cas dans mon bled de Haute-Bretagne, n'en déplaise aux gauchistes des beaux quartiers de Rennes qui roulent en 4x4,et qui d'ailleurs, pour la plupart, n'aiment pas la comédie musicale.
Alors, soyons un peu radicaux, ça nous changera. Si l'extrait de film que je vais mettre ci-dessous ne vous émeut pas, ne vous émerveille pas, c'est que vous êtes déjà mort. Je vous parlerais peut-être encore mais vous n'aurez pas mon estime, jamais. Deneuve est idéale en Princesse.

mardi 8 janvier 2019

Le cinéma à l'oreille, deuxième.

Les films, les petits comme les grands, quand ils sont bien fait, peuvent se voir les yeux fermés. De même que, dans la vie, 80 % de la communication s'opère à l'aide du corps et surtout de la voix (sa hauteur, son timbre...) plutôt que du discours, de même, au cinéma, la bande-son et les dialogues et leur musiccalité, pour être souvent indispensables, apportent toujours des nuances et des richesses insoupçonnées. J'ai déjà mis sur ce blog un post qui parlait de la musique qu'ont les dialogues d'Audiard, je vais en remettre deux petits avec un maître des effets de bouche : Darry Cowl. Ecoutez bien le registre de Cowl, par rapport à celui de Gabin, il dit beaucoup de choses sur ces deux clodos.
"Archimède le clochard". Gilles Grangier, dialogues de Michel Audiard.


Pour qu'on entende bien l'étendue du talent du bonhomme, qui par ailleurs était un excellent musicien, je vais vous le faire entendre dans un navet de Jean Girault qu'il rehausse d'un ton voire de plusieurs par la ductilité de son organe. Il est aux cotés de la charmante Maria Pacôme qui en possède un très particulier aussi et très sexy. Elle est décédée il y a peu, je lui rends hommage, elle a enchanté mes soirées de jeunesse dans "Au théâtre ce soir". Ici, tous les acteurs sont remarquables, même dans les rôles les plus ingrats (cf Jacques Seiler en valet). Cowl et Pacome sont-ils si éloignés d'Hepburn et Grant dans "l'impossible monsieur Bébé ? A voir...Cette fois-ci les dialogues sont de Jacques Vilfrid, qui, parfois, avait du bon.

Et voilà. Maintenant vous regardez tout ça sans le son. Je vous assure c'est excellent.

dimanche 6 janvier 2019

Audiard à l'oreille.

Michel Audiard. On a beaucoup glosé sur le pittoresque de ses dialogues, sur la franchouillardise élevée au rang des beaux-arts par une rhétorique impeccable et classique au pied près. On peut y voir une Célinade un peu fade, une répétition un peu lassante d'une manière plutôt que d'un style. Certes. Je pense pour ma part que ses bouquins sont meilleurs que ses films, surtout les siens-propres (ceux des annéees 70) et qu'il aurait du persévérer dans cette voie-là. Pour ces fameux dialogues : quand ils sont vraiment ciselés et servis par des acteurs au cordeau, je leur trouve une qualité musicale évidente et unique, un rendu qui n'appartient qu'a lui.
Il y a bien une petite musique Sagan pourquoi n'y aurait-il pas, quand il ne sort pas les grandes orgues, une petite musique Audiard ? Ecoutez ce que je mets ci-dessous. Est-ce que ça ne chante pas ? Est ce ça ne gazouille pas de virilité guerrière ? Une véritable aubade....Ah, le contexte : des espions du monde entier (Blier, Ventura, Blanche, Millot) se retrouvent coincés chez la belle Amarante (Mireille Darc), veuve récente, pour lui soutirer des secrets topés à donf que son défunt mari gardait par devers lui. D'où concurrence féroce...mais...("Les barbouzes". Georges Lautner)

Voilà, c'est drôle, ça gazouille, ça chante. Des bons bruitages, une bonne B.O et.ce film un rien débile passe sans problème.
Autre chose. Dans l'extrait que je mets ci-dessous ce sont deux solistes de première force qui duèttisent. Gabin ne peut même pas en remontrer à Rosay (ce qu'il faisait avec Blier) puisqu'elle traîne dans le métier depuis plus longtemps que lui et qu'elle est de taille à lui damer le pion. Le metteur en scène, sans doute sous le charme des mélopées parfaites qu'il entendait, s'est même payé le luxe de laisser un petit "pain" tant le tout coule de source. Je vous laisse le chercher. En tout cas c'est un beau concerto lamentuoso que voilà.
Jean Gabin et Françoise Rosay dans "Le cave se rebiffe" de Gilles Grangier.

Et je pourrais multiplier les exemples. Quand il s'en donne la peine Michel Audiard est un très bon musicien.

lundi 26 novembre 2018

Roeg, Bertolucci : le bon et l'abruti.

A force de parler de la mort ça finit par arriver. Mais de quoi voulez-vous parler d'autre, à part d'amour, de sexe et d'argent ? La nature ? Certes, mais la nature c'est la mort pour une grande part. Donc Nicolas Roeg et Bernardo Bertolucci sont morts. Je laisse Bertolucci à sa pesanteur et à ses mini-scandales encore plus lourds, sa betise théorisée, ideologisée.
Des deux, le bon c'est Roeg. Deux films de lui à voir : "Performance" d'abord avec James Fox et Mick Jagger, où un gangster poursuivi par des ex-collègues se planque chez une rock-star déchue. Là, dans cette maison/prison, le réalisateur appuie sur les similitudes entre le show-bizz et la pègre et montre les rapports homo-érotiques dominant/dominé qui s'instaurent entre les protagonistes dans une ambiance sordide et baroque arbitrée par la perverse Anita Pallenberg, copine de Keith richard, dont la scène de cul avec Jagger gagna en son temps un prix dans un festival de films pornos. Décadence, déchéance, mort. Nous y voilà.
Ensuite " Ne vous retournez pas." Film d'angoisse pure dans lequel un couple, Julie Christie et Donald Sutherland excellents tous les deux, essaye vainement de se remettre de la mort de leur petite fille, tentant un deuil impossible dans une Venise labyrinthique, hivernale hantée par les vents et les fantômes. Mort, impuissance, frayeur, mort encore. Le tout éclaté comme un kaléidoscope baroque, brillant, virtuose, déboussolant. Atteindre son objectif (faire peur) sans battre la mesure, sans surligner l'effet mais en soutenant l'effort, c'est là la marque d'un bon cinéaste. Plus une mise en scène est visible, avec des tics et des trucs, moins elle est bonne (c'est pour cela que les frères Coen et Tarentino sont des merdes). Chez Roeg elle est voyante (médiumnique), elle affole mais ne fait pas de clin d'oeil,  elle est électrique, dérangeante, pleine de baroquismes haletants et finit par emporter le morceau du goût esthétique par sa course échevelée. C'est un moyen de prendre le spectateur dans un tourbillon pour lui faire rendre gorge et l entraîner dans le malaise. Un moyen maîtrisé qui fait mouche plutôt que du plat. Mais attention, on est pas dans le classicisme et très loin de l ascèse ! Nicolas Ray faisait des films comme ceux de Roeg : fiévreux, emportés, chargés d affects et pourtant sans un pet de graisse.
Deux choses à noter : l'importance des couleurs dans le cinéma de Roeg, et de la lumière. Il avait éclairé "Laurence d'Arabie" pour Lean en son temps. On est pas près d oublier le petit anorak vermillon parcourant Venise comme une brise putride ;deuxièmement, la B.O. de "Perfomance" permit à Keith Richard d'apprendre de Ry Cooder l'accordage de guitare en open-tuning en Sol qui offrit à Keith ses plus grands tubes. C'est Ry qu'on entend sur le morceau "Memo from turner", excellent, turpide, visqueux, chanté par un Jagger habité que l'on voit aussi, dans le film, entonner un blues primal et effrayant, encore plus morbide.


lundi 15 octobre 2018

Dernières nouvelles du front de l'Esthétique

Philippe Sollers appelle ça "La guerre du goût". C'est en effet un sport de combat que l'Esthétique quand on s'y met un peu sérieusement. Gaël Coupé au rapport en cette fin d'après-midi du lundi 15 septembre 2018.
Vu "Avé Cesar" des frères Cohen. Nullissime; Un véritable glaviot sur l'histoire d'Hollywood revue et corrigée façon Cohen. Résultat des courses : "there's no business like show business", les communistes, en plus d'être des traitres, sont des crétins, c'était mieux avant (années 40/50) et Jésus serait la solution à tous nos problèmes si seulement on avait la foi. On dirait que tout est pour le mieux au royaume de Donald Trump.
Vu "A dangerous method" de Davis Cronenberg. Film lumineux et clair sur un sujet scabreux : les relations sado-maso de Jung, alors fougueux disciple de Freud, avec une de ces patientes gravement malade. Il est malin Cronenberg. Pour sortir ce qui devrait être un film d'auteur confidentiel, il met la star hollywoodienne Keira Knightley ,que tout spectateur moyen a envie de voir se faire battre, dans le rôle la malade, Viggo Mortensen, star hollywoodienne aussi, dans le rôle d'un Freud matois et roué plus retors qu'un psychopathe et allons-y pour refourguer "ça" au bon peuple en grandes pompes avec le tampon made in ...Hollywood. Fumant !
Lu "Couleurs de l'incendie" de Pierre Lemaître. Fatiguant et mauvais, m'enfin, j'ai envie de connaitre la fin. Pas étonnant que le mec vienne du polar, genre assommant ou la fin est très importante. (Vengeance, rédemption, mariage etc, etc, etc...)
Lu "Guignol's band" de Louis Ferdinand Céline. Fatiguant et génial. Usant tant l'art et la manière sont déprimants mais pas un mot à jeter. Ca c'est inestimable et ça booste le lecteur qui fonce dans le noir célinien bien connu jusqu'au bout, à bout de souffle et heureux.
Ecouté "Face to face" des Kinks, album miraculeux parmi tant d'autres miracles des Kinks. J'en tire cet extrait qui m'a naturellement conduit à un excellent morceau d'un des disciples les plus intelligents et doués de Ray Davies, je veux parler de Damon Albarn de Blur. "Brit pop" forever.


mardi 25 septembre 2018

Alain Delon de loin, de plus en plus loin.

Non mais Delon, là, ça va plus du tout ! L'autre jour je tombe sur le chapeau de son interview dans le journal "Le Monde". Ca donne ça : "Tout ce que j'ai tourné au cinéma, je l'ai vécu." Oh la la, mais c'est pas bon ça, Alain. Parce qu'acteur à la base c'est pas ça du tout, c'est faire semblant de vivre une chose au cinéma et être quelqu'un d'autre dans la réalité.... Le truc basique, quoi, le travail d'acteur... Mais là c'est proprement délirant, et vu les rôles sordides de frappes qu'il a accumulés, vous imaginez le passif qu'il trimballe ! Ah le melon, Delon ! Remarquez ça expliquerait pourquoi il n'a pas tourné un truc intéressant depuis trente ans. Parce que si en plus il faut qu'il vive le truc, avec son espèce d'égo qui est un catalogue des vices du pervers narcissique en goguette...on s'en sort plus. Il est fatiguant Delon. Il fait pitié, soit, (ça c'est Godard qu'il l'avait relevé, mais bon, lui-même...) mais il devient aussi lassant, à force de vivre des trucs.
Imaginez-vous Boris Karloff disant ça, ou Anthony Hopkins ! Putain !
Remarquez, y'a toujours un moment où les Stars du Star-système finissent par ressembler à leur images caricaturées, c'est inhérent au truc du Star-système. Y'a même des gens qui en vivent (satiristes, humoristes), des parasites de parasites. Et pourtant, y'a des fois, même éculé, le truc fonctionne quand même.
Par exemple, le dernier Billy Gibbons, clown grimaçant s'il en est, est bon. Encore un type inspiré, comme Delon...Non, je plaisante, ce n'est pas du tout la même chose, le Blues et l'actorat. Si Delon faisait du Blues je ne vois pas ce qu'il serait assez humble pour jouer. Chopin à harmonica ?
Billy Gibbons, qui, par son talent intact, ne sombre pas dans l'auto-parodie (enfin presque pas) : "Missin' yo' kissin'.

Delon en 1967, déjà perché, déja "mythique". (Marianne Faithfull est pareille, superbe et déjà ailleurs On imagine sans difficulté ce que Mick Jagger à pu faire de cette victime consentante).

Et un petit plaisir narcissique, pour moi, qui vit des trucs dans la réalité comme tout le monde : "vus à la télé".

mardi 22 mai 2018

Voir des choses.

Sur le cinéma, que dire ? Que ce qui pourrait être un art majeur, décisif, éclairant, dans le grand panorama des arts, n'est plus qu'un paysage délétère et obscur qui mène infailliblement à la pornographie. Qu'on aurait du se méfier de cette essence pornographique du cinéma et n'en faire qu'avec beaucoup de précaution, se méfier de la pulsion voyeuriste qu'il satisfait. Qu'il a fallu un code aux Etats-Unis (le code Hays) et pas mal de bonne volonté dans d'autres pays (et même l'aide de certaines dictatures) pour que ça ne soit pas immédiatement les hommes et les femmes les pires qui fassent du cinéma. Que ce temps est arrivé, qu'il n'y a pas pire qu'un Dolan ou un Von Trier, pas pire qu'un Vim Diesel ou qu'un Jason Staham et qu'on ne voit plus à l'écran que de la violence ou du sexe, calculés pour nous faire jouir à l'heure exacte et voulue entre deux repas au Mac Do. Fini le cinéma, ratiboisé, à de très rares exceptions près, qui continue d'exprimer quelque chose avec le mouvement enregistré et projeté, ce que Robert Bresson refusait d"appeler "cinéma" et qu'il appelait "cinématographe", toujours. Que les marges elles-mêmes ont disparues, nettes propres, emportées avec la frénésie de tout voir qui se déchaine en particulier sur le net, et dans les séries, qui font encore "plus vrai", qui permettent "d'aller plus loin". Que le cinéma, comme l'opéra du XIX siècle et la tragédie du XVII, est mort de trop de puissance, dépassé par les monstres qu'il a lui-mêmes engendré : la télé et le net. Pleurer ? Peut-être, en regardant de vieilles images muettes. Comme dans "Le rayon vert" de Rohmer, l’héroïne pleure. "Le rayon vert"... quelqu'un se rappelle que c'est tiré d'un bouquin de Jules Verne ? Qui dit qu'on ne voit bien qu'avec le coeur. Le coeur... ce qu'il y a plus facile à berner et à saisir. Aujourd'hui rongé d'images putrides et de sons abrutissants;  qu'on calme comme on peut, avec des Xanaxs ou des joints et qui a besoin de nourritures saines alors qu'on le gave de mal-bouffe sentimentale et émotionnelle. Le coeur, ce qu'il faut tuer pour avoir le pouvoir. Et ça marche. Le coeur est mort, avec John Wayne, avec E.T., avec "Apocalypse now", "Heart of darkness" et les sucreries qui se vendent à l'entracte, tout droit sorties de la chambre froide. Pleurer ? Merde alors !
Ci-dessous. La fin des haricots. La mort, tout confort.

Et elle se plaint Asia Argento ? Non, mais de qui se moque-t-on ?


mercredi 25 avril 2018

De Funes au Panthéon du musette universel et vite.

Il y a 30 ans je prêchais dans le désert de la cinéphilie mon admiration pour de Funes et on me renvoyait à la gueule les Monty Python et le Saturday Night Live que personne ne voyait, à part quelques rares privilégies. J'étais vilipendé, moqué, honni. J'me marre maintenant en entendant les cinéphiles de toujours nouvellement ralliés au rire de Funesien en faire l'apologie en des termes qui laissent à penser qu'ils ont toujours apprécié le farceur fou d'origine espingouine. Je vous jure que la chronique ci-dessous prend un sacré relief quand on connait les ressorts qui l'animent.
Thierry Jousse ? Un vrai connard des Cahiers du Cinéma (les plus sûrs). C'est à dire, toujours là où on attend qu'il fasse sa crotte. Un bon chienchien à sa mémère culture de gauche bien pensante, quoi. Ce genre de choses a fait que la gauche a oublié de s'occuper de son électorat, les prolos turfistes et racistes, pour s'occuper de financer des artistes imbitables qui chient sur tout le monde avec des "questions" pendant que Marine Le Pen apporte les réponses (aussi connes que les questions).
Rions un peu. Mine de rien on sent au ton compassé qu'il s'en veut d'avoir louper quelque chose. En fait, Jousse, il loupe tout.

lundi 16 avril 2018

Milos Forman ? Il a fait un peu de cinéma avant de mourir, c'est déjà pas mal.

Il a raison Skorecki, les spectateurs de cinéma de nos jours sont nuls et comme de juste les films sont nuls. Prenez Milos Forman, qui vient de mourir, il a commencé très fort, avec des films qui venaient d'ailleurs, de loin, de l'autre coté du mur, des hommes et des femmes de là-bas, de nous par là-bas, rendus à nous même par le regard du même/autre gentiment, tragiquement tordu. C'était possible, pour lui, ailleurs, pour nous ici. Ses films de l'époque tchèque subjuguent toujours par leur fraîcheur, leur actualité, dés qu'il va tourner aux Etats-Unis ça va se gâter et virer à l'épate avec numéros d'acteur et biopics plus gros que l'écran. Son tour va passer. Sa magie s'éroder.  Encore un peu de bon dans "Valmont"; "Amadeus" tient sur les acteurs et la musique; il m'est venu l'envie de lire "Fly over a cuckoo's nest" de Kesey qui inspira "Vol au-dessus d'un nid de coucou" et par induction "Once a great notion" (qui inspira "Le clan des irréductibles" de Paul Newman), et voilà, c'est tout. C'est peu ? Regardez les images que je vais mettre ci-dessous, elles sont remarquables, radicalement autres, proches à la racine, mystérieuses, en un mot c'est du cinéma. Il faut certaines conditions pour faire du cinéma. Godard n'a fait qu'un seul film parce que les conditions, toutes les conditions n'ont été réunies pour lui que pour un film, son premier, "A bout de souffle". Ford, Guitry, Iosseliani, Rosselini ont eu plus de chance, leur fenêtre de tir a duré plus longtemps, ou est revenue plusieurs fois.
Où sommes-nous et avec qui ? Ce sont les questions que posent le cinéma, c'est à dire celles de l'Amour. Dans "Les amours d'une blonde" Milos Forman répondait à la question d'une manière incroyablement juste. Voici quelques images de nous ailleurs, là-bas, loin, tout proches, à bout touchant. Comme tout bon cinéma, c'est à la racine : ra-di-cal. Comme Murnau, Pabst, Flaherty et compagnie...



lundi 9 avril 2018

Stéphane Audran et moi : bouchers, charcutiers, traiteurs..

Stéphane Audran est morte il y a quelques jours. Je voudrais lui rendre un petit hommage. Depuis que je suis tout petit, laissé à l'abandon par des parents criminels devant une télévision qui m'a carrément élevé (pour le pire) j'ai éprouvé l'irrépressible envie de lui faire subir les derniers outrages. C'est quoi "les derniers outrages" me direz-vous ? Et bien c'est tout ce qu'on fait à une femme qui peut vous valoir une plainte auprès de la police ou une dénonciation sur #balance ton porc par certaines rombieres un peu bêbêtes qui supportent mal d'avoir pris tant de plaisir à de si mauvais traitements. C'est excessif ce que je dis ? Bof, pas tant que ça. En matière de rapports homme-femme il n'y a pas de chose simple et il faut beaucoup d'amour pour faire passer des pilules un peu fortes à tout le monde. Mon but n'est pas de blesser mais de faire valoir un point de vue, fut-il erroné ou minoritaire, au risque d'en changer souvent ou de le nuancer. Donc Stéphane Audran était une victime consentante et subtilement active de mes fantasmes les plus violents et je remercie son ex-mari Claude Chabrol, mort lui aussi, de l'avoir mise en scène dans une série de films plutôt très bons du début des années 70 dans lesquels elle étaient traversée d'une lubricité folle qui, en contre-jour de sa classe de bourgeoise au poil impeccablement lustré, me laissaient la langue pendante et la main sur la braguette. J'enviais Michel Piccoli et comprenais Michel Bouquet...je devenais Jean Yanne... Quel horreur quand j'y repense ! Il m'a fallu du temps pour m'en remettre mais maintenant les perversions de Stéphane Audran et de son mentor commencent à me lâcher la grappe. Je dis bien "commencent". Car la simple vision du visage d'Audran, Bunuelienne achevée, suffit à me faire sentir des vertiges et des affres. Bref, je m'améliore. Avant de finir moine bouddhiste pleinement éveillé, je vais chercher sur youTube des trucs à mettre ci-dessous qui pourraient illustrer un peu ma vision d'Audran et mon amour pour elle, même s'il parait bizarre (et il l'est) et le sien pour moi (les stars de cinéma aiment leurs spectateurs). Je voudrais juste rajouter quelque chose qui a tout à voir avec ce qui précède : Stéphane Audran était une actrice géniale.



mercredi 2 août 2017

Jeanne, Jeanne, réveille-toi, il est l'heure. Jeanne, Jeanne, endors-toi, il est temps..

J'écoute Gainsbourg toute la journée, je glandouille, je marine tranquillement et le soir arrivé, j'apprends le décès de Jeanne Moreau. Bing ! Les liens entre Gainsbourg et Moreau sont légions, il lui avait même promis un album mais, finalement, il ne l'a jamais faite chanter. Je ne mettrais pas un truc de l'un pour l'autre mais je dirais l'importance qu'ils ont eu dans ma vie. Gainsbourg a défini en partie mon esthétique et m'a procuré des émotions musicales et littéraires sans pareil mais c'est encore plus "grave" pour Moreau. Elle fait partie des quelques actrices françaises qui ont construit mon image mentale, fantasmatique, réelle, de la femme. C'est immense. Jeanne Moreau, elle est dans ma tête à jamais, comme B.B., Romy Schneider, Jane Birkin, Isabelle Huppert, Miou- Miou, Danielle Darrieux, plus quelques actrices américaines et italiennes. C'est tordu, Jeanne Moreau a eu sa part dans mes plaisirs, dans mes amours. Ca paraît un peu dingue mais je suis un enfant de la télé au moins autant que de mes parents. Il y a un film que j'adore c'est "Viva Maria", entre Barbot en tendron érotomane, Moreau passionaria, sur une partition enlevée de Jean Claude Carrière dirigée avec vivacité par un Louis Malle en forme, c'est du cinéma bohème de 1920 dans les années soixante-dix et finalement Moreau, pour moi, elle vient de là, de Paul Morand, de Fargue et Brassaï, du Montparno libre des années vingt et trente mais pour le grand public. Ca a mis trente ans à arriver et elle l'a incarnée comme personne cette liberté...Et puis, je ne peux pas rêver d'une meilleure interprète pour le chef-d'oeuvre de Mirbeau "Journal d'une femme de chambre", mis en scène par ce diable de Bunuel. Alors je vais juste mettre une photo et c'est tout, une image, une magie, pas "la" photo, une parmi tant d'autres. Pour Jeanne Moreau, une photo d'elle en blonde platine avec Claude Mann sous la caméra caressante de Jacques Demy dans "Baie des Anges". Le jeu, la liberté, l'amour, la mort.