La nuit en Octobre certains souvenirs usent encore un peu plus. Il n'y a presque plus de corde sur laquelle tirer et le peu qui reste blesse les mains et le cœur. Même sur une Rumba triste les cuivres claquent comme un vent rageur.
Un bout de Musset.
Honte à toi qui la première
M'as appris la trahison,
Et d'horreur et de colère
M'as fait perdre la raison !
Honte à toi, femme à l'oeil sombre,
Dont les funestes amours
Ont enseveli dans l'ombre
Mon printemps et mes beaux jours !
C'est ta voix, c'est ton sourire,
C'est ton regard corrupteur,
Qui m'ont appris à maudire
Jusqu'au semblant du bonheur ;
C'est ta jeunesse et tes charmes
Qui m'ont fait désespérer,
Et si je doute des larmes,
C'est que je t'ai vu pleurer.
Honte à toi, j'étais encore
Aussi simple qu'un enfant ;
Comme une fleur à l'aurore,
Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.
Certes, ce coeur sans défense
Put sans peine être abusé ;
Mais lui laisser l'innocence
Était encor plus aisé.
Honte à toi ! tu fus la mère
De mes premières douleurs,
Et tu fis de ma paupière
Jaillir la source des pleurs !
Elle coule, sois-en sûre,
Et rien ne la tarira ;
Elle sort d'une blessure
Qui jamais ne guérira ;
Mais dans cette source amère
Du moins je me laverai,
Et j'y laisserai, j'espère,
Ton souvenir abhorré !
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lundi 7 octobre 2013
dimanche 26 août 2012
Hypermnésie. Pour le pire...
Enfant perdu, blessé, maltraité. Enfant trop aimé, malmené, triste comme un enfant ne devrait jamais l'être. Qu'est-ce que je DOIS faire ? C'est une question bien lourde pour un enfant. Elle est venue en même temps que moi et, finalement j'ai échoué à faire ce que je devais ou plutôt, j'échouais sans fin. Jusqu'à la fin. Car même si la question a continué de se poser, il y eut une fin. Relative et absolue, qui me laissa hanté à jamais, intranquille, assommé de culpabilité, moribond. Est ce qu'on se remet de son enfance ? Tout dépend de la fidélité qu'on pense devoir lui accorder. On devrait passer, transiter de l'enfance à l'adolescence puis à l'âge adulte. L'oubli est une bonne chose qui se fait sans trop d'effort. Impossible d'oublier ce qui vous a marqué dans le vif et construit, de travers, mais construit. Alors, ça doit être squeezé, laissé de coté ; c'est toujours là, brûlant, mais il faut faire avec. Et c'est encore une question d'obligation qui se pose, de ce que je dois faire pour survivre, de ce que je me dois. Encore des question bien lourdes. Et bien gourdes aussi. Les enfants dégourdis font les adultes libres. Les peureux, les ensommeillés, les faibles, les envieux font d'excellent gardiens de toutes sortes de prisons.
Etant gamin, j'ai développé un goût pour Julien Clerc, et, sans le savoir, pour Etienne Roda-Gil, son parolier de l'époque. J'aimais " La Cavalerie", "Le patineur", "Elle voulait qu'on l'appelle Venise", "Niagara"... Et puis, au tournant des années 80, après sa brouille avec Roda-Gil, il a sorti deux titres qui m'ont touché même s'il sont un peu mièvres. Ca tenait à mon enfance
A noter, et c'est d'importance pour moi, que Gainsbourg apparait dans le clip. Et aussi, ce simple fait, Julien Clerc est vraiment très beau.
"Avec mon coeur de Rocker, j'ai jamais su dire je t'aime
Oui mais Maman j't'aimais quand même, comme personne t'a jamais aimée..."
Et puis ça aussi, ça balance bien. Un bon Boogie Woogie.
En-dessous, c'est d'Alfred de Musset, dont presque tout le monde se fout de nos jours alors que c'est vraiment très bien.
Tristesse
J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
C'est quoi la Vérité ? C'est ça " Dieu parle, et il faut qu'on lui réponde". Et aussi ça : la plupart des hommes répondent mal, ou pire, ils ne savent même pas parler
A noter, et c'est d'importance pour moi, que Gainsbourg apparait dans le clip. Et aussi, ce simple fait, Julien Clerc est vraiment très beau.
"Avec mon coeur de Rocker, j'ai jamais su dire je t'aime
Oui mais Maman j't'aimais quand même, comme personne t'a jamais aimée..."
Et puis ça aussi, ça balance bien. Un bon Boogie Woogie.
En-dessous, c'est d'Alfred de Musset, dont presque tout le monde se fout de nos jours alors que c'est vraiment très bien.
Tristesse
J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
C'est quoi la Vérité ? C'est ça " Dieu parle, et il faut qu'on lui réponde". Et aussi ça : la plupart des hommes répondent mal, ou pire, ils ne savent même pas parler
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lundi 2 juillet 2012
On ne badine pas avec l'Amour
"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. ”
ALFRED DE MUSSET
Nothin' in the word can stop me worryin' me 'bout that girl. THE KINKS I am Waiting THE ROLLING STONES With a girl like you. THE TROGGS Ladyfriend THE BYRDS Something on my mind THE LEFT BANKE
ALFRED DE MUSSET
Nothin' in the word can stop me worryin' me 'bout that girl. THE KINKS I am Waiting THE ROLLING STONES With a girl like you. THE TROGGS Ladyfriend THE BYRDS Something on my mind THE LEFT BANKE
AMOUR FORT
Pour V.
Le brouillard sourd
Enveloppe la campagne
De couloirs secrets
Je frappe à ta porte
C'était ton ordre – J'obéis
Je te suis dans les
Jets de lumières
Qui ajournent notre
Ordonnancement coutumier
Tu ne me demandes rien
Tu me donnes – Je prends
La musique autour de nous
Valse, reprend
Monte et descend
Avec nos respirations
Toutes gracieuses
Toutes
rieuses - Alors
De ma main
Toujours vierge et pure
- Une idée, comme ça -
Je bénis doucement
Les jours de nos rencontres
Encore
Nous nous acheminons
L'un vers l'autre
Encore le cœur de l'un
Dans le cœur de l'autre
Je t'entends chanter
De très loin
J'entends
Et je chante aussi
Aussi fort
dimanche 13 mai 2012
Jeune et triste à la fois. Ca ne dure qu'un temps, Serge.
Un jour je dirais ce que je sais de Gainsbourg. Comment un post-romantique russe, exilé en france et au 20 ième siècle a foiré pour grande partie sa carrière. Sa malédiction à un nom : "Lolita", de son compatriote exilé Nabokov, et un visage : celui de Brigitte Bardot (C'est à dire celui de Marylin Monroe). Passé Bardot, il n'y aura plus rien de bon ou presque. J'y reviendrai, si vous êtes sage. Avant de sombrer, il a beaucoup travaillé pour Michelle Arnaud, et avec grand profit.
Voici donc "Les Papillons noirs". la chanson est simple. Ce sont les accords de "Wild thing" des Troggs ou de "You really got me" des Kinks, enfin d'au moins 150 chansons des sixties, décalés d'un demi-ton. Giansbourg a beaucoup plagié, avec génie. La mélodie est superbe, les arrangement magnifiques et les paroles tiennent toutes seules, même sans la musique. C'est de la poésie. Du grand art donc, contrairement à ce qu'il a prétendu plus tard. Et il avait raison de le faire, dans la plupart des cas. Il a pourtant lui-même échappé parfois à son propre anathème de la "musique mineure pour des mineurs". Pauvreté de Gainsbourg, grandeur de Gainsbourg.
Les paroles. C'est digne de Verlaine. C'est tout.
La nuit, tous les chagrins se grisent;
De tout son cœur on aimerait
Que disparaissent à jamais
Les papillons noirs x3
Les autres filles te séduisent;
De mille feux, leurs pierreries
Attirent au cœur de la nuit
Les papillons noirs x3
Aux lueurs de l'aube imprécise,
Dans les eaux troubles d'un miroir,
Tu te rencontres par hasard
Complètement noir x3
Alors tu vois sur ta chemise
Que tu t'es mis tout près du cœur
Le smoking des temps de rigueur,
Un papillon noir x3
Un papillon noir...
Puis, folie, folie amère du petit juif russe Gainsbourg rejeté par tous et toutes, qui n'en peut mais. Éperdu d'amour qu'il est. Chanson atrabilaire et triste. "Jouer la FARCE du grand amour...". La vie de Gainsbourg en est une, de farce. Triste, pathétique, comme la symphonie de son maître absolu : Tchaïkovsky. A peu de choses près, quelques chansons, elle est presque entièrement ratée, pas "héroïque", pauvre con de Sfarr, ratée..
Les paroles. C'est digne de Verlaine. C'est tout.
La nuit, tous les chagrins se grisent;
De tout son cœur on aimerait
Que disparaissent à jamais
Les papillons noirs x3
Les autres filles te séduisent;
De mille feux, leurs pierreries
Attirent au cœur de la nuit
Les papillons noirs x3
Aux lueurs de l'aube imprécise,
Dans les eaux troubles d'un miroir,
Tu te rencontres par hasard
Complètement noir x3
Alors tu vois sur ta chemise
Que tu t'es mis tout près du cœur
Le smoking des temps de rigueur,
Un papillon noir x3
Un papillon noir...
Puis, folie, folie amère du petit juif russe Gainsbourg rejeté par tous et toutes, qui n'en peut mais. Éperdu d'amour qu'il est. Chanson atrabilaire et triste. "Jouer la FARCE du grand amour...". La vie de Gainsbourg en est une, de farce. Triste, pathétique, comme la symphonie de son maître absolu : Tchaïkovsky. A peu de choses près, quelques chansons, elle est presque entièrement ratée, pas "héroïque", pauvre con de Sfarr, ratée..
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