- D'accord pour Rod Stewart, Oncle Rock, mais Mick Jagger...quand même...
- Oh, Jagger est un fin politique, il est finaud à l'extrème le Stone. Laissons le parler de son pays en ces heures orageuses, l'Angleterre, il connait.
A force de parler de la mort ça finit par arriver. Mais de quoi voulez-vous parler d'autre, à part d'amour, de sexe et d'argent ? La nature ? Certes, mais la nature c'est la mort pour une grande part. Donc Nicolas Roeg et Bernardo Bertolucci sont morts. Je laisse Bertolucci à sa pesanteur et à ses mini-scandales encore plus lourds, sa betise théorisée, ideologisée.
Des deux, le bon c'est Roeg. Deux films de lui à voir : "Performance" d'abord avec James Fox et Mick Jagger, où un gangster poursuivi par des ex-collègues se planque chez une rock-star déchue. Là, dans cette maison/prison, le réalisateur appuie sur les similitudes entre le show-bizz et la pègre et montre les rapports homo-érotiques dominant/dominé qui s'instaurent entre les protagonistes dans une ambiance sordide et baroque arbitrée par la perverse Anita Pallenberg, copine de Keith richard, dont la scène de cul avec Jagger gagna en son temps un prix dans un festival de films pornos. Décadence, déchéance, mort. Nous y voilà.
Ensuite " Ne vous retournez pas." Film d'angoisse pure dans lequel un couple, Julie Christie et Donald Sutherland excellents tous les deux, essaye vainement de se remettre de la mort de leur petite fille, tentant un deuil impossible dans une Venise labyrinthique, hivernale hantée par les vents et les fantômes. Mort, impuissance, frayeur, mort encore. Le tout éclaté comme un kaléidoscope baroque, brillant, virtuose, déboussolant. Atteindre son objectif (faire peur) sans battre la mesure, sans surligner l'effet mais en soutenant l'effort, c'est là la marque d'un bon cinéaste. Plus une mise en scène est visible, avec des tics et des trucs, moins elle est bonne (c'est pour cela que les frères Coen et Tarentino sont des merdes). Chez Roeg elle est voyante (médiumnique), elle affole mais ne fait pas de clin d'oeil, elle est électrique, dérangeante, pleine de baroquismes haletants et finit par emporter le morceau du goût esthétique par sa course échevelée. C'est un moyen de prendre le spectateur dans un tourbillon pour lui faire rendre gorge et l entraîner dans le malaise. Un moyen maîtrisé qui fait mouche plutôt que du plat. Mais attention, on est pas dans le classicisme et très loin de l ascèse ! Nicolas Ray faisait des films comme ceux de Roeg : fiévreux, emportés, chargés d affects et pourtant sans un pet de graisse.
Deux choses à noter : l'importance des couleurs dans le cinéma de Roeg, et de la lumière. Il avait éclairé "Laurence d'Arabie" pour Lean en son temps. On est pas près d oublier le petit anorak vermillon parcourant Venise comme une brise putride ;deuxièmement, la B.O. de "Perfomance" permit à Keith Richard d'apprendre de Ry Cooder l'accordage de guitare en open-tuning en Sol qui offrit à Keith ses plus grands tubes. C'est Ry qu'on entend sur le morceau "Memo from turner", excellent, turpide, visqueux, chanté par un Jagger habité que l'on voit aussi, dans le film, entonner un blues primal et effrayant, encore plus morbide.
J'aimerais pouvoir dire que Mars Bonfire a écrit "Born to be wild", qu'il a touché le jackpot avec Steppenwolf et qu'il s'est retiré dans une ferme du Minnesota pour élever des boeufs bio. Rien n'est jamais parfait (à de très rares exceptions près). Mars Bonfire a bien quitté Steppenwolf après "Born to be wild", son premier et unique tube pour le groupe, mais il a continué à jouer de la guitare, avec Kim Fowley notamment. Et, tout compte fait, ça fait encore plus de bien de penser à ça tout en ayant dans un coin de la tête les 25 dernières années de carrière des Stones.
Je ne résiste pas au plaisir de mettre "Born to be wild", hymne rock qui fit l'ouverture de Radio One, la radio jeune de la BBC, ni à celui, plus retord et plus perso de mettre "Magic Carpet Ride", tube avec lequel John Kay, autre force séminale de Steppenwolf capitalisa sur le succès de "Born to be wild".
Si on me le demande (ça peut arriver, on ne sait jamais; même si, usuellement j'arpente seul un désert bien sec d'un coeur blessé mais allègre et d'un pas qui me sert de mesure sans que j'ai besoin de personne) je répondrais, comme tout le monde, que la meilleure version que je connaisse de "Hey Joe" est celle de Jimi Hendrix. Attention les petis amis ! Sur Fender Statocaster. Parce que si on passe à la Télécaster ce n'est plus le même tabac, là c'est celle de Roy Buchanan, que je vais mettre ci-dessous, qui éclate tout. On peut même dire que c'est la meilleure tout court. Ouais...Quand on tape pas avec la même cognée les arbres ont tendance à ne pas tomber à la même cadence. Sur cette pensée profonde, here is Roy Buchanan, le roi de la Télécasse-tête. Dire qu'il a été pressenti un moment pour remplacer Mick Taylor dans les Stones. Quel gâchis c'eût été. Y'a une petite nana dans la salle, elle est mesmérisée. C'est ça le pouvoir des guitaristes (cf "Guitar man" de Bread).
En parlant des Stones. Voici un inédit. Une version des années 70 de "Drift away", popularisée par Rod Stewart, entre autres. D'ailleurs, les New-Barbarians, avec Ron Wood, Keith Ridchards et Rod Stewart, qui ont sévi parfois au mitan des seventies, constituaient une alternative crédible aux Rolling Stones comme au Faces. Pour preuve le live encore en-dessous. Les mecs sont si "easy", Richards et Wood tellement contents de jouer ensemble..
Tiens, les mêmes que l'autre jour, Pink et Vincent, et qui font des reprises. Les Stones, oui, c'est connu, mais aller chercher un titre de Sad Lovers and Giants, fallait le faire (d'ailleurs, il s'est fait aider).
Même sur le tard on s'étonne. Heureusement, sinon ça serait vite torché, une question d'années qui passeraient comme des minutes. Jadis, je tombais sur "Heart of stone" des Rolling Stones et je m'étonnais, vite conquis. Là j'écoute l'album "Ordre et progrès" d'Orval Carlos Sibélius et le single "Coeur de verre" et je tombe des nues, bouleversé et conquis. Sur cette album il y a un contraste très fort entre des textes chantés en français qui charrient un épais désespoir et une musique pop-rock, qui n'a rien à envier au meilleurs anglo-saxons, qui a une énergie et une agressivité propre à son genre. Ce contraste est encore relevé par les mélodies aériennes du chant du bonhomme, ce qui finit de déboussoler et laisse, après plusieurs écoutes, sur le flanc, heureux et chamboulé. Je n'avais rien entendu de tel depuis Ariel Pink ou Deerhoof. C'est d'une grande beauté et d'une intelligence rare. De la vraie désespérance, du vrai rock, une vraie émotion, le tout empreint de post-modernité ( c'est à dire que "frais" et "pourri", c'est presque la même chose) sans chiqué, un truc d'époque, complètement actuel et qui restera. Entre les Stones et Orval Carlos Sibélius, une trajectoire de vie, un essai non-transformée, une tentative, la mienne, qui laisse le coeur fragile comme de verre. Pourquoi non ? Et un étonnement constant. Les Stones à leur meilleur : "Heart of stone". Orval Carlos Sibelius à son meilleur : "Coeur de verre".
L'Angleterre est perdue. OK, c'est pas moi qui le dis c'est Sir Mick Jagger avec son sens de l'observation habituel, toujours aussi "sharp" (pointu, disait l'autre King Cantona de mes deux). "Pull yourself together man..." et siffle "God save the queen", y'a plus que ça à faire pendant que l'H.M.S. "Great Britain" coule à pic sous des monceaux de migrants et de livres sterling. T'as le choix entre Ariana Grande et l'Etat Islamique. Moi, je choisis les kids parce qu'ils peuvent changer et se mettre à écouter Dylan ou Beethoven. Les autres, c'est la mort.
Et la France ? Perdue aussi, entre les fachos, les hipsters et les immigrés de la huitième génération qui sont toujours pas plus français que leur ancêtres gabiers qui se battaient pendant les deux guerres mondiales pour une cause somme toute plutôt intéressante. C'était la leur aussi mais personne n'a voulu l'admettre depuis.
Perdue pour perdue, je mise gros sur le chaos à venir. Le futur, c'est le passé en pire, c'est comme ça.
Je vais te dire un truc. Tu vas mourir. Tu le savais ? Ouais, t'y as jamais vraiment réfléchi... Et bien imprègne-toi de cette idée et maintenant retourne vivre. Je te conseille de t'accrocher à quelque chose (même au Rock) parce que ça va secouer dans tous les sens, et toi, tu seras pas le dernier à t'agiter et à touiller la bouillabaisse en espérant tirer les marrons du feu... En vain ? J'ai pas dit ça. Pour mourir il faut d'abord être en vie. Mais tu vas mourir.
Nous vivons entourés de légendes, de mythes vivants puis morts, puis immortels. Chaque jour de nouvelles étoiles apparaissent dans d'inexistantes constellations, d'anciennes fichent le camp et s'éteignent sans disparaitre. Sont-ce des hommes, des Dieux, des demi-Dieux ? Un peu de tout ça, ce sont eux qui tissent l'écharpe qui nous enveloppe l'hiver et ce sont eux qui nous font danser nus sous la Lune l'été. Gotlib est mort. Ce n'est pas triste, ça ne peut pas l'être. Vous comprenez ? Gotlib mort, quelle dérision ! Enfin, je me retiens. Je me souviens. La mémoire, c'est tout.
Retour vif-argent sur Leon Russell, décédé lui aussi il y a peu, pour dire qu'il avait mauvais caractère, comme beaucoup de ces géants sur les épaules desquels nous sommes juchés, mais que c'était vraiment un compositeur et un interprète remarquable.
Voici une preuve. Une émission de la télé américaine des années 70 où, avec sa petite bande de clowns, de freaks gentillets, de petites têtes sympathiques (nous ?), il enchante les ondes et les récepteurs avec sa beauté et sa rudesse tendre. C'est bon, ça se laisse regarder sans fin, il y a une très bonne version de "Honky tonk woman"et ses propres chansons, superbes, "A song for you", "Delta lady" et autres...
Ecoutez le speech du présentateur vintage seventies, il est tordant. Encore avant c'est Leon Russell lui-même, avec son haut-de-forme.
Les Stones en 2016 ? Bah, ça roule, ça roule, ça continue de rouler...L'album de Blues que je leur réclame depuis 20 ans a fini par tomber. Il est bon, impeccable même. On dirait des noirs, les mecs; c'est pourtant des Londoniens. Il y a eu des mutations génétiques, des altérations psychiques et physiques du patrimoine british au profit de celui de Chicago. ET ce N'EST PAS un album de Blues de plus, MÊME Clapton est bon là-dessus, c'est dire... Jusqu'où ça ira comme ça ? Oh, personne n'en sait rien, même pas Dieu, même pas le Diable...
A part ça j'ai regardé la vidéo du concert à la Havane et c'est assez anodin mais c'est là et c'est assez bon tout de même avec deux ou trois moments incroyables. Il y a celui ou Keith chante "You got the silver" sans s'occuper plus longtemps de jouer de la guitare, et ça passe sans problème. Celui où Jagger dit à la foule, après avoir massacré "Sympathy for the Devil", "Vous savez ce qui vous attend maintenant." Eh, Eh, fini le petit Paradis communiste hors du temps, les balles vont recommencer à siffler et le sang à couler à flots, en même temps que les dollars. Celui où le même Jagger se met à courir d'un bout à l'autre de la gigantesque scène comme s'il avait trente ans alors qu'il en a quarante de plus ! Et puis, celui, infernal (INFERNAL) où la choriste qui a remplacé Lisa Fischer, usée, envoie "Gimme Shelter" haut dans la nuit cubaine.
Tout cela est bel et bon Mais est-ce que vous savez pourquoi le DVD s'appelle "Havana moon" ? Parce que c'était la pleine lune ce soir de concert-là ? Aussi, mais en fait nan, c'est à cause de ça, ci-dessous. Tellement génial. En attendant le nouvel album....de Chuck, hein !
Blog intermittent, qui refuse de mourir. Dylan Prix Nobel, Etaix mort, messe dite; qu'ajouter; qu'ergoter; qu'argumenter. Encore un point-virgule. Ancienne nouvelle qu'on ressasse à l'infini. "No Future" contre "The show must go on". Les Stones au texas en 78 (20e siécle) tourne sur le lecteur de DVD. Bien. Ni mieux, ni pire que leur fameux album blues que je réclame depuis 20 ans et qui sort bientôt pour les pirates entoilés que nous sommes. Jamais payer les amendes, toujours frauder, dépasser les limites de sécurité et 3 mètres cube de terre retournée avec vue sur la mer pour les veinards. Argent trop cher, "Stay class", le fouet s'abat. Est-ce sur ton dos ou celui du mulet ? Jouir, encore ? J'avais vu un punk lire "Le procés" de Kafka sur les marche d'une église à Rennes, Place Sainte-Anne. Ca m'a marqué. Là, il faut que je me taise un peu. La mémoire va me revenir; appuyer sur "Reset". L'ordinateur est une petite chose fragile alors moi, j'vous dis pas. J'mange trop, je jardine pas assez. Le grand air... Dans mon Show-room privé j'joue à être myself. Seul sous la pousuite je marche sur un fil d'acier tendu puis je me mets à courir: je cours, je cours, je cours...et je tombe, je tombe, je tombe...
Je vais arrêter d'embêter le monde avec mes histoires d'Elliott Murphy et de Bruce Springsteen...Mais, quand même une petite vidéo surprise avant de les quitter momentanément. Elliott chantant un des hymnes de Springsteen qu'il n'a pas écrits, et surtout vendus.
Et puis Dylan reçut le Nobel de Littérature. C'est mérité, indécent, post-moderne, incendiaire, drôle... et plus encore.
Voici le Maître avec les Rolling Stones chantant "Like a rolling stone" (comme ça se trouve) au Brésil. Pourquoi pas ? Jagger surveille Papy comme le lait sur le feu pour savoir où il pourrait placer ses choeurs vu que le vieux chante comme il veut, quand il veut; Keith, toujours aussi cool, s'en bat l'oeil et suit tout ça en se disant qu'avec le Boss aux commandes il ne peut pas arriver grand-chose de mauvais; Ron et Charlie abattent le gros du boulot et le tout est étonnamment bon.
Je reviendrai sur l'irruption de Dylan parmi les Nobel.
J'écoute Jean-Hugues Anglade sur RTL dire qu'il a du mal à faire son deuil de Prince. Je veux bien le croire et je pensais que ça allait être la même chose pour moi, mais non c'est Bowie qui me manque énormément et dont j'ai du mal à penser qu'il n'est plus là, avec moi, lointain mais à mes cotés. Cela tient certainement au fait que Bowie n'a jamais cessé d'être une force créatrice pertinente, contrairement à Prince qui avait tendance à s'enliser dans la surenchère et la redite (sur scène c'est autre chose, il a eu la ouache jusqu'au bout). Bowie m'a bousculé tout le temps, émerveillé sans cesse. Je vais mettre un titre de Bowie, non, deux; un qui date d'avant son premier disque chez Deram, il devait avoir 16 ans et c'est parfait, je dis bien parfait; un autre qui est sur son dernier album, flippant et aux petits oignons, et qui est parfait aussi. Bowie est un très grand artiste contemporain, tout terrain d'ailleurs.
Alors, quand Jagger et Richard vont mourir, putain, ce que je vais être mal, merde.
David Bowie : "I can't help thinking about ME".
David Bowie : "Lazarus.
The Rolling Stones en 1989. C'est à ne pas croire tellement c'est bon.
"Almost hear you sigh".
Moi, vous savez, j'suis simple et compliqué à la fois, j'écoute principalement les Stones. Des trucs un peu rares, pas très connus. Pas pour ça, pas parce qu'ils ne sont pas connus, pas par snobisme, non, parce qu'ils sont souvent un peu meilleurs que les trucs qui brillent et qui sont parfois, je dis bien "parfois", un peu de pacotille. "Get out off my cloud" par exemple, c'est tout à fait surfait, Mi-La-Si, pom-pom-pom, bof-bof-bof, ah si, les paroles sont bonnes. Mais c'est pour les filles en priorité, les pisseuses (d'ailleurs Chrissie Hynde disait qu'on ne pouvait faire plus "EXCITANT" que "Get out off my cloud"), mais les trucs un peu bluesy-vintage, un peu roots, c'est sur les faces B des singles qu'on les trouve, ou sur les albums (et encore, ça dépend des pays). Donc, il faut chercher un peu pour entendre ce blues délicieux qu'est "the Spider and the Fly", ou le très caustique "Under assistant West Coast promo-man" dans lequel Jagger fout une grande baffe à ses employeurs et, en général, à tous ceux qui les utilisent. Piqures de rappel à go-go, les talentueuses Stars, c'est eux, les Stones. Personnellement, je n'ai jamais pensé le contraire et le show-business n'a, pour moi, jamais été un problème sauf quand il est devenu émollient et astringent pour les artistes. Je ne suis pas un gauchiste masqué qui défonce des vitrines d'hopitaux à la masse.
Mais mon juke-box interne me joue parfois des tours. Il sursaute et passe d'un artiste à l'autre sans prévenir.Et il fait le grand huit, des fois. Et si je vous en faisais profiter.
Ainsi, si nous rendions hommage à...GILBERT BECAUD, ça serait bien, non ? Et pourquoi pas. Je l'aime bien Bécaud, c'est un très bon dans son genre. Quel genre ? Variété française tellement bien faite qu'elle s'exporte mondialement. Universelle, quoi ! "Et maintenant", entre autres, est un tube d'airain que rien ne peut altérer. C'est une poutre maîtresse sur laquelle on peut bâtir sûrement.
Eddy Mitchell cover.
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The Temptations cover, génial !
Vous AIMEZ le Rock n' Roll. Ca vous plaît, vous en écoutez tout le temps, ça vous distrait, ça vous emballe. Le temps passe et Le Rock fait en sorte que vous devenez vieux sans vieillir. Vous vous retrouvez à 60 balais passés sans les avoir vus arriver, vous n'êtes pas prêts à ça, vous n'y croyez pas. L' AMOUR du Rock vous a maintenu en suspension dans une adolescence, une minorité qui ne semblaient pas finir. Et pourtant un jour c'est le début de la fin; c'est La MORT qui approche. Il vous reste deux ou trois phrases entendues dans le bouche de votre mère ou lues dans des livres, des bribes de chansons (en français), des images de votre passé d'une précision incroyable qui vous obsèdent : un cerf-volant, une vague qui se brise sur la jetée, une robe à pois. Quelqu'un passe un linge humide sur votre front, c'est l'orage et vous avez peur, et vous souriez. Vous tombez dans le silence. Il ne reste rien du Rock que vous AIMIEZ tant. Pas une note, pas un son, pourtant il vous aura guidé comme un aveugle guide un autre aveugle, ton sur ton, rien sur rien. Un ouragan et c'est fini, ne restent que la peau sur les os. Le Rock n Roll, lui, ne vous AIMAIT pas.
Pour ce cinquième round de mon Top 8 marrant/ pas marrant, en tout cas idiot/idiot-savant, je vais mettre la même chanson par ses créateurs, les Temptations, et sa reprise par les Rolling Stones.
A la Motown, la boite de production des Temptations, on se demande parfois qui fait quoi. Eddie Kendricks chante là-dessus, ça c'est sûr mais qui joue ? Qui, exactement, fait les choeurs ? Quel est le nom du batteur qui frappe de manière si douce le bord de sa caisse claire ? Quel est l'ingénieur du son qui lui a donné cette patine de promenade d'automne (?) ? Qui a pondu les phénoménaux arrangements ? On ne sait pas. C'était l'usine à la Tamla Motown; un système directement inspiré des chaines de production de voitures de la ville qui était la capitale américaine de la bagnole : Detroit ou Motor city, et où s'épanouissait l'entreprise de Berry Gordy, la Tamla Motown donc, qui avait commencé par chanter lui-même "Money", avant de filer des salaires dérisoires aux artistes engagés chez lui et qui faisait Hit sur Hit pour son plus grand avantage sonnant et trébuchant. Mais ça c'est de l'Histoire économique et sociale, c'est nibe. Parce que les petits gars et les petites filles qu'il exploitait honteusement avant qu'ils ne prennent conscience de leur statut de superstar et demandent du pognon à l'avenant, pondirent à la chaîne des miracles sonores sous forme de chansons à faire frissonner un chauffeur de bulldozer atrabilaire et ça, ça compte vraiment. Dans le cas qui nous intéresse les paroles sont tout sauf connes, on peut même dire qu'elles sont chiadées "Just my imagination, running away with me..." Pour dire vrai, un peu brusquement, cette chanson parle de moi, parmi d'autres, des sensitifs, des mélancoliques, des mous du genou qui rêvent éveillés et rêvent encore, préférant le rêve à la trop impure réalité. Moi, cette chanson, c'est ma vie et elle ne vaut rien (ma vie). Si j'avais un conseil à donner à n'importe quel auditeur emballé ou pas par cette belle ritournelle, ça serait le suivant : cessez de rêver, agissez; faites preuve de volonté, soyez décisif pour vous et parfois les autres, ne vous laissez pas embarquer dans des rêveries aussi grandioses que stériles et faites quelque chose, quoique ce soit, pour vous, parce que c'est la règle et que cette règle est bonne.
Pour moi, il est trop tard, je suis déjà un Zombie. Je l'ai toujours été. Foutez-moi la paix et laissez-moi perdre conscience et errez comme un mort-vivant dans la musique des Temptations. "Music is your only friend..." disait Jim Morrison qui en connaissait un bout sur cette folie. Cette jolie chanson m'a lessivé dans la joie, c'est l'Enfer sur ouate tout confort. Pourquoi croyez-vous que ces bâtards d'enfants gâtés sans passé ni avenir de Rolling Stones l'aient reprise ? Allez, entre deux amourettes ratées ou réussies ayez un peu de sympathie pour les pauvres diables comme moi, même pas méchants, juste cons, même pas cons, simplement foireux à la base. Punk.
Shit happens, c'est tout.
Dans les années 80 (celles de ma jeunesse) ce n'était même pas la peine de se pencher sur le passé de Bavid B. (nous le fîmes quand même), il était une force créatrice tous azimut en parfait état de marche. Il y avait bien des rabat-joies de la période berlinoise un peu chagrins qui prétendaient qu'il était sur le déclin mais il fournissait tube sur tube de grande qualité et il n'y avait qu'à se laisser porter par "Under Pressure" avec Queen, "This is not America" avec Pat Metheny et plein de titres en solo. "Dancing in the streets" avec Jagger est peut-être assez faible mais le "Tonight" avec Tina Turner est joliment tourné. A l'époque, pour faire un peu de fric à son ami, il enregistrait pas mal de titres qu'Iggy Pop avait écrits dans les seventies comme ce tonique et frappé "Neighborood threat"et ça sonnait diablement rock. Je ne vous parle même pas du cinéma, il était partout : "Furyo", "Moi, Christiane F....", "La dernière tentation du Christ", "Les prédateurs". David B; a traversé les eighties frais comme une rose et semant à tout vent; il s'est ensuite un peu cherché avec son groupe Tin Machine pour mieux attaquer les nineties complètement neuf. "Jump they say." C'est ainsi que David B. est grand.
Tout à l'heure j'ai pleuré en écoutant "Hello" d'Adèle...Et quoi ! je suis triste et c'est bien naturel. Je m'essuie les yeux, je tiens bon, je me soigne. En l'occurence avec deux blues atypiques (comme moi) que je vais mettre ici en écoutant Bruce Springsteen chez Georges Lang s'époumoner sur "Santa-Claus is coming to town". Vous ne saviez pas que le Père Noël allait venir faire un tour en ville ? Ben si. En attendant, tiré du très bon film "Performance" de Nicolas Roeg, un blues du Diable interprếté par Mick Jagger.
Et ça, "Scumbag Blues" ("le blues du sac à merde." Tu te sens concerné ? Non ? Tu devrais.). de Josh Homme avec Dave Grohl et John Paul Jones.
C'est vrai, je m'inquiète pour toi. Je me soucie. Je me tords un peu les mains. Tu vas te demander si c'est bien de toi dont je parle et pas d'une autre ou d'un autre...Bah, à toi de te faire un peu de mauvais sang. En général, tu ne te préoccupes pas tant que ça de moi... C'est moi l'intranquille. Je t'embrasse tendrement.
Les Stones ont de ces petites pépites peu connues, quelques unes encore, sans compter les inédits.
The Rolling Stones : "Worried about you".
Me voilà encore redevable d'un truc auprès de Georges Lang. Depuis le temps que je les écoute, lui et sa bande d'ex-afficionados-Rock des "Nocturnes" sur R.T.L ils sont pour beaucoup dans certaines de mes inclinaison en matière de musique. Et donc, voilà les faits : il y a un truc que je n'avais pas compris, c'est l'intérêt du coffret de la ré-édition de "Sticky Fingers" des Rolling Stones. Il y a en bonus une version de "Brown Sugar" avec Clapton qui n'est pas à la hauteur de ce que ça aurait du donner, une prise alternative un peu crade de "Dead Flowers qui n'apporte rien à la chanson, une version acoustique de "Wild Horses" qui... qui... Et c'est là qu'arrive la chose, le bon truc qui fait plaisir, l'intérêt du bidule, de tout le foin qu'on a fait autour ; cette chanson vaut à elle seule pour tout le coffret. Là c'est grâce à lui que j'ai capté ça. George Lang a tellement passé cette version que j'ai fini par l'entendre, et l'entendre bien. Elle est magnifique cette version, c'est celle de référence pour moi, maintenant. Elle me touche énormément
Je sais pas moi, un mec qui arrive à faire passer de la beauté comme ça grâce à son émission de radio et sa ténacité, on lui est tous redevables de quelque chose, non? Comme on est redevable à Shu, Hebey, Lenoir. Putain c'est rare, une constance et une implication pareilles. Ah purée ! Merci, Georges.