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samedi 10 août 2019

"Hot in the city" (Billy Idol)

L'été s'étouffe sous lui-même. Août semble se déployer à l'infini sans arriver à accoucher de l'autome. On est groggy, K.O. debout, la lumière du soleil étourdit, les soirées se prolongent jusqu'à l'épuisement. Où sont les forces motrices ? On somnole en espérant une délivrance sans y croire une seconde. Tout périclite sous une maturité pleine et obsédante. Ne viens pas m'agiter tes appâts sous le nez en plus, je pourrais très bien m'énerver et te baiser, même si ça paraît impossible. Les nerfs sont noyés de chaleur eux aussi et ne sont plus de bons conducteurs. L'alcool aide à passer le cap de la journée. Oh, pas d'ivresse ! Un petit coup de main pour se traîner jusqu'à la prochaine tomates annanas-mozarella. Le luxe c'est une seule pensée claire, une sensation fraîche qui pique au vif. La vie déborde d'attributs et tout a un avant-goût de mort lente. Il n'y a aucune raison de s'en faire, chaque saison a sa branche creusée mais quand c'est de trop-plein. Il faut savoir ne pas attendre. Et, miracle, ça vient. Toujours.

Dans le feu de l'été les Foals sortent un single incendiaire pendant que la voix de paille de King Krule revient me chatouiller....les narines.
Pour le Funk tu repasseras un autre jour, plus chaud encore.
Foals "Black bull".

King Krule a vu le potentiel du morceau de Conan Mockassin il en délivre ici une superbe version.
Kin Krule :"Forever dolphin love".

lundi 20 mai 2019

Ainsi vient la consolation. Comme la Mort. A la fin.

L'autre jour je reçois un mail qui contient ces mots "...ainsi vous serez consolé". C'est rafraichissant d'entendre parler de consolation. On a tous besoin d'être "consolé" de temps à autre. Pour moi, personne ne s'y est jamais vraiment collé alors je traîne un paquet de chagrin gros comme ça. La tristesse est trop profonde, elle effraie, et je suis plein de pudeur et de peur alors je la montre peu. Je me démerde tout seul, comme d'habitude, avec des pensées, des livres et de la musique. Voici de la musique qui me console. Ca peut être utile à certains, qu'ils me connaissent ou pas. La plupart des gens ont la pensée de la Mort pour être consolé. Je me dis que ce n'est pas très sain même si la pensée de la Mort est effectivement la grande consolatrice comme le montre la superbe toile d' Arnold Böcklin " l'île des morts". On lève le bras, on montre du doigt et on dit :"Oui, c'est là, c'est là que je veux aller.

"Neil Young "Cinamon girl".

The Rolling Stones : "Drift away"

Chip Taylor and the New Ukranians : "Fuck all perfect people".

Bruce Springsteen : "Brilliant disguise"

The Kinks "Death of a clown"

Christophe : "Un peu menteur".

mercredi 24 avril 2019

Retour à la normale après l'orage.

Un effort avec Ry Cooder. Un bel effort qui sera récompensé par une embellie musicale et morale. Et encore un gospel, encore pour célébrer.
Ry Cooder "Straight street."

Parce qu'en fait on vient de là et c'est dur, très dur, le traviole.
Jack Kittel : "Psycho".

dimanche 6 janvier 2019

Audiard à l'oreille.

Michel Audiard. On a beaucoup glosé sur le pittoresque de ses dialogues, sur la franchouillardise élevée au rang des beaux-arts par une rhétorique impeccable et classique au pied près. On peut y voir une Célinade un peu fade, une répétition un peu lassante d'une manière plutôt que d'un style. Certes. Je pense pour ma part que ses bouquins sont meilleurs que ses films, surtout les siens-propres (ceux des annéees 70) et qu'il aurait du persévérer dans cette voie-là. Pour ces fameux dialogues : quand ils sont vraiment ciselés et servis par des acteurs au cordeau, je leur trouve une qualité musicale évidente et unique, un rendu qui n'appartient qu'a lui.
Il y a bien une petite musique Sagan pourquoi n'y aurait-il pas, quand il ne sort pas les grandes orgues, une petite musique Audiard ? Ecoutez ce que je mets ci-dessous. Est-ce que ça ne chante pas ? Est ce ça ne gazouille pas de virilité guerrière ? Une véritable aubade....Ah, le contexte : des espions du monde entier (Blier, Ventura, Blanche, Millot) se retrouvent coincés chez la belle Amarante (Mireille Darc), veuve récente, pour lui soutirer des secrets topés à donf que son défunt mari gardait par devers lui. D'où concurrence féroce...mais...("Les barbouzes". Georges Lautner)

Voilà, c'est drôle, ça gazouille, ça chante. Des bons bruitages, une bonne B.O et.ce film un rien débile passe sans problème.
Autre chose. Dans l'extrait que je mets ci-dessous ce sont deux solistes de première force qui duèttisent. Gabin ne peut même pas en remontrer à Rosay (ce qu'il faisait avec Blier) puisqu'elle traîne dans le métier depuis plus longtemps que lui et qu'elle est de taille à lui damer le pion. Le metteur en scène, sans doute sous le charme des mélopées parfaites qu'il entendait, s'est même payé le luxe de laisser un petit "pain" tant le tout coule de source. Je vous laisse le chercher. En tout cas c'est un beau concerto lamentuoso que voilà.
Jean Gabin et Françoise Rosay dans "Le cave se rebiffe" de Gilles Grangier.

Et je pourrais multiplier les exemples. Quand il s'en donne la peine Michel Audiard est un très bon musicien.

lundi 15 octobre 2018

Dernières nouvelles du front de l'Esthétique

Philippe Sollers appelle ça "La guerre du goût". C'est en effet un sport de combat que l'Esthétique quand on s'y met un peu sérieusement. Gaël Coupé au rapport en cette fin d'après-midi du lundi 15 septembre 2018.
Vu "Avé Cesar" des frères Cohen. Nullissime; Un véritable glaviot sur l'histoire d'Hollywood revue et corrigée façon Cohen. Résultat des courses : "there's no business like show business", les communistes, en plus d'être des traitres, sont des crétins, c'était mieux avant (années 40/50) et Jésus serait la solution à tous nos problèmes si seulement on avait la foi. On dirait que tout est pour le mieux au royaume de Donald Trump.
Vu "A dangerous method" de Davis Cronenberg. Film lumineux et clair sur un sujet scabreux : les relations sado-maso de Jung, alors fougueux disciple de Freud, avec une de ces patientes gravement malade. Il est malin Cronenberg. Pour sortir ce qui devrait être un film d'auteur confidentiel, il met la star hollywoodienne Keira Knightley ,que tout spectateur moyen a envie de voir se faire battre, dans le rôle la malade, Viggo Mortensen, star hollywoodienne aussi, dans le rôle d'un Freud matois et roué plus retors qu'un psychopathe et allons-y pour refourguer "ça" au bon peuple en grandes pompes avec le tampon made in ...Hollywood. Fumant !
Lu "Couleurs de l'incendie" de Pierre Lemaître. Fatiguant et mauvais, m'enfin, j'ai envie de connaitre la fin. Pas étonnant que le mec vienne du polar, genre assommant ou la fin est très importante. (Vengeance, rédemption, mariage etc, etc, etc...)
Lu "Guignol's band" de Louis Ferdinand Céline. Fatiguant et génial. Usant tant l'art et la manière sont déprimants mais pas un mot à jeter. Ca c'est inestimable et ça booste le lecteur qui fonce dans le noir célinien bien connu jusqu'au bout, à bout de souffle et heureux.
Ecouté "Face to face" des Kinks, album miraculeux parmi tant d'autres miracles des Kinks. J'en tire cet extrait qui m'a naturellement conduit à un excellent morceau d'un des disciples les plus intelligents et doués de Ray Davies, je veux parler de Damon Albarn de Blur. "Brit pop" forever.


lundi 10 septembre 2018

Deux têtes folles et un week-end à la mer.

Juste un petit post pour évoquer une tradition et pour rendre un hommage.
D'abord Interpol. Ces gars-là font dans le rétro vintage d'une époque que je chéris pour l'avoir bien connue et surtout ressentie : celle de la New-Wave. Alors ils reprennent depuis maintenant une quinzaine d'années des suites d'accords et un son piqués au Cure, à Joy Division, à U2 et perpétuent dans la discothèque infinie de la post-modernité une tradition de musique angoissée, triste voire sépulcrale. C'est bien fait et assez beau. Les gars ont l'air investis. Ils ont apparemment traversé toutes sortes d'affres qui vont avec cette musique romantique et sombre, s'en sont tirés et viennent de livrer un album complètement audible même si venu directement du passé, et limite de l'obsolète (la musique actuelle, c'est autre chose). Pas étonnant que la décadente Kristen Stewart, se soit invitée dans leur première vidéo extraite de cet album pour donner une présence fantomatique à des pulsions et des visions qu'on croyait, à tort, un peu en perte de vitesse.
Le deuxième titre de l'album est très beau, très triste et dansant. Je le mets ci-dessous en espérant que le chanteur, qui a désormais la voix d' Ozzy Osbourne et ses petits amis survivent au tsunami nostalgique et délétère qu'ils provoquent et produisent d'autres albums du même tonneau.
Interpol : "The rover".

 Un petit coucou attendri maintenant à l'honorable Jason Pierce qui vient de sortir un énième album avec son groupe Spiritualized et qui sévit dans le Rock anglais depuis les années 80 (ca a commencé avec les Spacemen 3). Autrement appelé J-Spaceman (John Spaceman) il explore avec constance et résolution tous les stades de la dépression et de ses causes, amoureuses ou sociales et ses différentes et successives rédemptions possibles. L'album qui sort est impeccable. Ca ne bouge pas, un peu moins Space peut-être et c'est très beau.
N B : Je tiens la reprise du "Revolution" des Spacemen 3 par Mudhoney pour un des morceaux les plus radicaux et les plus puissants jamais sortis. Soyons juste il a été écrit par Peter Kember, l'autre petit génie du groupe et piqué au MC5 mais je prouve à tous sa radicalité bienfaisante pour les têtes malades en le mettant après. A écouter fort et jusqu'au bout.
Spiritualized : "I'm your man".
Mudhoney : "Revolution".

Mon tube de l'été à moi : The liminanas (featuring Bertrand Belin) : "Dimanche".


mercredi 30 mai 2018

Un truc de malade, Docteur !

Si vous me demandez ce que c'est que le Rock, je vous répondrais que c'est ça. Des psychotiques en pleine crise. Rassurez-vous, les mecs sont tous morts ou séniles.De toute façon, inoffensifs. Enfin, c'est génial, quoi.


mercredi 25 avril 2018

Rock n' Roll will seriously damage your health.

Le Rock ? Des dingues j'vous dis. "Insane in the brain", comme dit l'autre rappeux.
Nutrocker. Une joyeuseuté qui rend barjot avec Kim Fowley aux commandes.

Frank Zappa dans ses bonnes oeuvres. L'aurait jamais du exister ce fou. Ou alors on n'écoute plus que lui, au choix.

lundi 23 avril 2018

Tirez sur les pianistes, ils vous le rendront bien !

Je suis comme un des Esseintes rock; fatigué, usé, sursaturé d'émotions lourdes, emphatiques, surénergisées. Et il faut vivre avec ça ma bonne dame, encore un peu...ou passer au classique et au jazz. Why not ? Pourquoi ne pas sauver mon âme ?  Monsieur Barbey d'Aurevilly disait qu'après la lecture de "A rebours" on avait "le choix entre le pistolet et le goupillon". Il aimait bien dire ça Barbey d'Aurevilly, il l'avait déjà sorti à propos des "Fleurs du mal" de Baudelaire. Est ce que j'ai le choix, moi, 54 années au compteur, ouvragées par le Grand Méchant Rock ? Bof... Est-ce la force de l'habitude qui sculpte une maladie finalement aimable ou un penchant "naturel"qui m'est échu ? Je ne sais pas et je reste  inaltérablement rock, jusqu'à la moelle, même tari, même idiot, même mourant. J'enfile des perles, j'écoute des gemmes de couleurs chamarrées serties dans des bagues d'or fin et d'argent pur. J'en ai plein les doigts. Ca colle... J'en mets sur ce blog, pensant que la charge partagée sera moins lourde, il n'en est rien, ces poids-là sont impondérables et ne se divisent ni ne se multiplient, ils ne font que peser. Ma seule justification est d'exhumer ces trésors et d'en tirer un plaisir rare et trivial. Au fond, ai-je jamais eu d'âme autrement qu'en écoutant de la Soul-music. C'est chiche ? Donc, goupillon ou pistolet ? J'entends une mésange zinzinuler mon salut. Elle me parle de Messiaen et consort... Je me tais, l'écoute bien à fond chanter la Vie et...je mets un autre morceau de Larry Williams, suicidé à 44 ans après avoir ensemencé la terre promise du rock de quelques acres de promesses intenables. Plus fort que moi. M'en fous... "Maman prend le marteau, y'a une mouche sur la tête du bébé..." Toutes ces grossièretés sont mes chefs-d’œuvre de Beauté à moi, mon penchant, ma croyance. Purée, j'en ris encore ! Et encore ! A vous les studios...
Les américains. La source.


Les anglais essayant d'en faire un truc audible aussi puissant et beau, et y arrivant.


Des dingues, partout.


lundi 5 mars 2018

Le jeune homme et la Mort. Une histoire rapide du Rock.

Mais qu'est-ce que c'est donc que le Rock ? Ah, ça c'est de la question !
Le Rock, dans son acception première, la plus primitive, est une une musique simple, ultra simple qui insuffle à ses auditeurs une énergie phénoménale, monstrueuse, dantesque. Cette énergie est celle du Principe du Plaisir qui dit que tout ce qui n'est pas jouissance doit être balayer au profit de cette jouissance et que seul compte la puissance ravageuse de l'orgasme. Le Rock est une éructation qui dit "Merde" à tout type de contraintes : les parents, la bienséance, la politesse, l'école. Le Rock est un appel à l'orgasme, répété encore et encore jusqu'à ce que mort s'en suive, sans que le Principe de Plaisir n'ait pu se transformer en un mode de vie durable et supportable en se confrontant au Principe de Réalité. Le Rock est tourné vers la Mort, vers la Jouissance, irrécupérable par la Vie mais -Attention !- pas par le Business. C'est une psychose qui explose la tête et si vous n’atterrissez pas d'une manière ou d'une autre au terme d'un apprentissage du Désir et du Réel, vous mourrez fou, pauvre et seul. C'est aussi une manière de se purger de la Pulsion de Mort et de continuer à vivre plus ou moins bien.
Voilà c'est d'abord ça le Rock. Pas brillant, hein ?
Ensuite, il y a des nuances crées par la vie de chacun et il peut revêtir des significations et des formes qui ne sont pas entièrement folles, morbides et négatives. Négatives ? Oui... mais...mais je dois dire que je prends encore un plaisir coupable -et morbide- à écouter ce que je vais mettre en-dessous, que je suis encore dans le déni de tout ce qui m'empêche de jouir et dans l'exaltation de cette forme de musique qui me tient lieu de psychologie pour un temps primaire et bref. Je reste parfois, à 50 balais passé, un jeune con de seize ans, qui est frustré et trouve dans le Rock un moyen de se libérer. Cette libération est bien sûr une horrible prison dont on ne sort que les pieds devant à moins de s'en libérer à son tour et de passer à autre chose. Mais comme dit l'autre "Andrew W. K. est le Chevalier Blanc du Fun" et je me rallie parfois encore à son panache crasseux. Fucked forever !
(A noter que dans la vidéo le gars est tout seul, complètement seul et, en fait, il se branle...)
Monte le son, bébé ! Andrew W. K. "She is beautiful".
Je suis mort ? Ouais, plein de fois.

dimanche 9 juillet 2017

l'été détruit.

Impossible de parler du Rock n' Roll sans parler de folie. Avec le Rock comme expression nous voilà aux confins de la volonté de toute-puissance et de son mirage infantile, de l'auto-sanctification par la destruction subite et jouissive de soi. Le "moi" est autant l'ennemi que ce qui est Grâcié, ce qui compte c'est d'en exploser les limites, et celles du réel dans une fusion régressive.
L'autre jour, j'entendais Henri Dutilleux parler à la radio du Rock comme d'un "phénomène de société" plutôt que comme d'une musique. Il n'a pas tort Riton et le Rock combine plusieurs facteurs sociaux et psychologiques de notre époque autant qu'il en est la quintessence inégalable. Le Rock est en partie le spectacle que la jeunesse conçue comme seul âge vivable de la vie se donne à elle-même dans un culte sacrificiel dont les plus malins tirent fortune et bien-être sans toucher à la camelote qu'ils vendent. C'est aussi parfois une célébration réelle de cette jeunesse, sincère et joyeuse. C'est un suicide que s'inflige, génération après génération, les jeunes qui deviennent vieux de la civilisation occidentale maintenant canonique au niveau mondial. En cela il est moderne et actuel, réactualisé plutôt, sans fin, jusqu'au soubresaut final de bidoche cramée au soleil d'une plage nucléarisée à mort. Le Rock, c'est l'orgasme final répété à l'infini tant que le corps et le coeur peuvent le supporter. les muscles bandés qu'on exhibe dans un abandon et une rage qui trouve à s'exprimer, finalement, puissance impuissante à autre chose qu'à se nier, sublimée en crânerie d'Empire Romain et de Chevalerie héroïque.
Je suis peu de chose mais je me sens un peu plus quand j'écoute ce qui suit. J'y gagne du plaisir, j'y perd la vie, j'en jouis terriblement. Dans le capharnaüm titanesque d'un monde qui finit et hurle, je joue ma partition psychotique contre un peu de monnaie et la promesse que je ne dérangerai pas vraiment un ordre si bien établi. Le revers de la jeunesse éternelle est de mourir à petit feu sans connaître la maturité. Je suis d'accord avec ça, je m'en fais sauté la gueule tous les jours et tout est fait pour que je reste un mineur jusqu'à ma mort. Le Rock c'est bien fait et ce n'est rien d'autre qu'une fierté mal placée qui se fait sous elle dans une explosion éhontée d'exhibitionnisme, et ça, quand la seule issue est, de toute façon, l'ennui, la décrépitude et la mort lente, ça peut être beau. C'est une question d'humeur, selon la médecine grecque s'entend, rien de plus, mais je pense que c'est tout ce qu'on peut demander à l'Art en général : sublimer une humeur. Donc, Riton, tu n'avais raison qu'en partie. Le Rock c'est aussi de l'Art, de masse, brutal, con mais de l'Art.


dimanche 2 juillet 2017

Country brothers and sisters.

La plouquerie, je connais bien. J'en viens, j'y vis. Les ploucs, y percutent, faut pas croire, comme tout le monde. Sont juste un plus à vif dans leurs passions, un peu plus saignants. Non, sanguinolents. Alors, les ploucs américains, s'pas, y sont sharp, très sharp. En plus, y carburent au gros calibre.
Ce n'est pas ma faute. J'aurais passé ma vie à me bercer avec ce mantra débile.

Marty Stuart il a été gendre de Johnny Cash. Y f'sait comme le beau-père, il abusait des pilules. Z'avez vu les fringues, il est balèze. Ce type revient de l'Enfer et il n'ira nulle part ailleurs. Comme John Wayne. Des vrais martiens ? Des vrais ploucs. La Terre, ça rend fou.

mercredi 31 mai 2017

"Si les Sudistes avaient été plus nombreux...." Gregg Allman.

Les Stars, les étoiles sur lesquelles je compte pour tailler ma route tombent les unes après les autres derrière un horizon affamé. Pour m'orienter, je ne vais pas tarder à me contenter d'un vilain Nord deviné à la mousse sur un arbre et ce sera tout.
Première étoile, de la constellation du Rire et de la Bonne Humeur, Jean-Marc Thibault.
Je me rappelle de Jean-Marc Thibault dans les seventies à la télévision avec son comparse Roger Pierre. J'me rendais pas bien compte...Ils étaient drôles et bon-enfant, sympathiques. Le truc sur les sudistes et les nordistes, c'était bien. C'était raccord avec ma vie. J'avais des minuscules bonhommes en plastique, des soldats de la guerre de Sécession. Est-ce que je faisais gagner les sudistes ou les nordistes ? Grave question aux multiples implications. Je ne m'en souviens plus, je n'ai pas la réponse. En tout cas ce qui m'a formé, c'est plutôt Pierre et Thibault que l'Histoire réelle de Grant et Lee, qui viendra à l'école, en son temps. Plus tard, il y eut "Les Tuniques bleues" et "Josey Wales, hors-la-loi". J'ai encore appris. On grandit comme on peut. On fait avec ce qu'on a et on paye son tribut à qui de droit. Au final, je dois beaucoup à Walsh, Skorecki et à Manassas mais aussi beaucoup à Jean-Marc Thibault et Starlux. Et à l'école aussi. J'ai toujours aimé l'école.
Alors Thibault et Pierre en duo dans les seventies. Regardez ces mines réjouissantes de débiles fiers d'eux que rien n'effraie. Un régal.

Une autre étoile de mon firmament intime est tombée. Un sudiste justement, un vrai sudiste des States. Un type assez mal dégrossi et pourtant élégant, plutôt de mauvaise humeur mais magnétique, jusqu'à attirer à lui cette wonder-salope de Cher, un type pas fréquentable mais super musicien : Gregg Allman.
Je connais assez mal Gregg Allman, moins que Jean-Marc Thibault, mais, si on prend la Beauté comme mètre-étalon (et pas l'humour), je lui dois quelques bons kilomètres de stratosphère avec son "Midnlght rider". Tout ça expédie loin et certains ne reviennent pas du voyage. C'était le cas du frère du Gregg, le grand guitariste Duane Allman, mort en 1971
Je conseille l'achat du "Live at the Fillmore East" des Allman Brothers à tous, ne serait-ce que pour la pochette qui peut illustrer toute une ribambelle de théories craignosses sur la prédestination. D'un coté les Rock-Stars, de l'autre les Roadies, on dirait que c'est dans le sang. Par ailleurs, je conseille aux cinéphiles de tout poil de se farcir le thriller "Rush" de 1991, Gregg Allman y tient le rôle d'un chef de gang carrément immonde qu'il joue avec une conviction effrayante.
Voici "Midnight rider" des Allman Brothers. La dégaine des mecs est redoutable. Cheuveux blonds longs, jean moule-burnes plus boots en serpent. Classe, non ? Voyons cela.

mardi 23 mai 2017

Va, Chis(tophoros) Cornell, repose-toi. Il n'est rien arrivé à Manchester ce jour-là

Ainsi Roger Moore, lassé de son boulot d'ambassadeur de l'UNICEF, s'est fait péter la couënne après un concert d'Ariana Grande à Manchester, Royaume-uni, entrainant dans son ultime voyage bondien de jeunes décérebrés venus voir s'agiter quasi nue la jolie star américaine. Peut-être même était-il en train de se faire sucer par une ado à peine pubère qui le prenait pour le père Noël en vacances. Tu parles d'une éjac....
Non, ça s'est pas passé comme ça. Je ne devrais pas écrire ça, c'est de mauvais goût.
MAIS, l'humour étant le refuge ultime des desespérés et outrepasser les limites du bon goût étant le seul moyen que je connaisse pour rétablir en ma faiblesse mentale des bornes vacillantes, je vais laisser le texte quand même, comme une tentative d'exorcisme sale, dégueulasse.
Ainsi Roger Moore est mort...
Ainsi les djihadistes font des cours de morale à nos petits hédonistes en herbe...
Dejà il y a largement de quoi pleurer toutes les larmes de son corps. J'apprends par là-dessus que Chris Cornell est mort. Il s'est suicidé.
J'avais, comme pour Moore d'ailleurs, une tendresse pour Cornell. Il était peut-être un peu limité parfois mais il a composé quelques bonnes chansons et les a surtout chantées de sa voix puissante et mélodieuse. Je crois que ma dilection pour Cornell tient en partie au fait qu'il était malade, dépressif avancé. Il chiquait pas au truc, il chantait tant qu'il pouvait mais sinon ce n'était vraiment pas la joie. D'ailleurs dans la fournée Grunge de Seattle, il y avait beaucoup de malades psy qui ont fait des morts plutôt propres (Vous connaissez le programme de la rock-star, non ? "Live fast, die young, leave a clean body".) Cornell avait mon âge, ce n'est plus si jeune et pas si vieux. Oui mais voilà, il n'avait pas mon sens de l'humour. Ca l'a tué le pauvre.
Allez, deux trucs de lui que j'aime bien.
En solo, "Sunshower". C'est toujours des ténèbres que l'on parle le mieux des "douces douches de soleil".
"Je marchais dans la nuit vers le Marché+, comme tous les soirs de l'hiver. Il n'était pas loin de 21 heures, l'heure de la fermeture. Il faisait froid, j'avais ma veste doublée en laine, des gants et le casque de mon balladeur sur les oreilles. Au Marché+ j'allais peut-être voir une caissière mutine que j'aimais bien. C'était une perspective agréable. C'était ma seule marche de la journée, j'avançais facilement. Je revenais juste d'un pays d'ombres et de voix, ensorcellé et maléfique. Il faisait bon goûter la morsure du froid, l'idée d'une jeune-femme, l'allant de la marche. J'écoutais "Sunshower" de Chris Cornell et le lyrisme du morceau convenait bien à mon état d'esprit de décalage plutôt réjoui, d'humeur claire/obscure et de disponibilité à un peu de courant de vie. Dieu me pardonne, mais, si ce n'était certes pas le Paradis, il faisait bon marcher dans l'hiver en écoutant cette "Douche de soleil" et vibrer au son de la voix et de la guitare de Chris Cornell. Oui, le son dans ma tête était bon, et le goût sur ma langue était doux."

Avec Soundgarden : "Rusty cage". Il n'en est jamais sorti. C'est ça la beauté terrible de la folie.



Ce truc a été repris par Johnny Cash, qu'il est de bon ton de déprécier cet an-ci. Fuck off, c'est méchant ce truc, ça mord, ça mort, c'est Cash "You scare me John..." dit son ami Kris Kristofferson.

lundi 16 janvier 2017

Débuter - Finir

A force de me réduire à l'impuissance quasi totale de peur qu'au moindre geste esquissé la merde me tombe dessus à pleins seaux, j'en suis arrivé à une vie presque complètement végétative, presque nulle. Le coeur bat trop vite pour ce temps froid, le sang peut se figer d'un instant à l'autre dans l'angoisse. Je m'y connais en auto-mutilation et ceux qui m'entourent savent me faire tenir à ma place (garde-à-vous-fixe) qui existe à peine, sur le bord du bord de la vie. Donc pas de résolutions de nouvelle année. L'attente de la mort idiote et souveraine et l'espoir, fou, de sentir et de voir à nouveau un printemps. Ciao.
J'ai pas vu le clip, s'il est mauvais tant pis.



jeudi 18 août 2016

Une Cadillac toute neuve.

Gaël qui rit. Gaël qui pleure. Mais Gaël y'en a toujours écouter de la musique pour rester en contact avec Dieu et Vince Taylor. Je ne résiste pas au plaisir de mettre la version des Shamrocks du classique du sus-nommé Vince Taylor, schizophrène et rocker de talent ayant sévi en France dans les années 60-70. "Brand new Cadillac", retitré "Cadillac".


mardi 19 juillet 2016

Alan Vega sort de son orbite et s'éloigne.

Ce blog ne s'étoffe que quand quelqu'un meurt. C'est triste. En même temps, il n'y a plus que ça à faire : le décompte morbide de ceux qui étaient et restent des créateurs quand tout le monde fait dans la ré-création; de ceux qui étaient dans le bain de l'Histoire quand nous sommes sous la douche froide du Fun. Bah, c'est comme ça, c'est la post-Modernité. C'est pas que c'était mieux avant, c'était différent. Avant quoi ? Ben, avant 1991, c'te bonne blague. Oh, avant 1991 il n'y avait pas vraiment d'avant et d'après, on remontait d'un trait jusqu'à la création première, c'était bien ou mauvais mais dire c'était mieux avant, c'était de la pure et simple ronchonnade. Depuis 1991, il y a un avant et un après, la Modernité c'est fini, comme l'Histoire, nous sommes dans l'après. D'où l'engouement très fort, pour les années 80, dernières années de création qui laissait entrevoir autre chose, encore et encore, derrière le mur. Le mur est tombé, nous somme dans l'après. Des murs sont construits partout, tous les jours et ça ne gène personne. Ce qui importe, ce qui libère, c'est de gérer. (C'est là qu'est toute l'horreur de l'après) Si l'Economie conseille de se restreindre et de gérer, c'est qu'il n'y a plus de place pour des créations dignes de l'homme, c'est à dire dignes de Dieu, il n'y a que du rebut et des miettes. Nous y sommes, c'est après et ça implique une autre esthétique, distancié, kitsch et pas à hauteur d'homme. Avant, c'était à hauteur d'homme, ce qui sous-entendait qu'on pouvait savoir un peu quel taille il avait et qu'on pouvait le prendre d'un peu haut, pour lui souffler des trucs à l'oreille en la lui tirant un peu vers le même haut. Maintenant, c'est plus possible, on sait exactement combien vaut un homme; ils sont tous au même niveau et tous prêts à se battre comme des enragés pour y rester ou grapiller un niveau. On ira pas plus haut que Trump ou Sarkozy. Ou alors il faudrait repartir de plus bas, d'avant.

Alan Vega est mort, donc. Fort sujet, complexe, multiple que le Vega. Moi, j'avais commencé par un formidable Rockabilly New-Wave : "Juke-Box Baby", un hit en France, comme "C'est Lundi", de Jesse Garon. Simple, efficace, hanté, tout ce qu'il me fallait. Manquait plus que Robert Gordon et tout était plié en matière d'héritage fifties réchauffé années 80. SAUF QUE, à quelques temps de là, un mien ami achète le premier album de Suicide, le groupe de Vega en 1977 au magasin New Rose de Paris et nous le met en soirée. Choc. Choc immense. Tellurique, sans retour. MAIS qu'est ce que c'est que ce truc ? "Ghost rider" est un Rock dérapant sur trois minutes de bruit minimaliste saturé et paniqué. Emballant et flippant à la fois, à se jeter la tête contre les murs par plaisir (c'était une autre idée du Fun...) MAIS surtout, sur cet album à la pochette géniale et sinistre se trouve un morceau proprement terrifiant, une musique et un chant, qui, pour peu qu'on les suive vous entrainent dans les affres de l'horreur : "Frankie Teardrop". Chaque larme de Frankie est une goutte d'acide sur un cerveau en ébullition. Il a mal, on a mal avec lui. Où sont le pardon, la miséricorde ? Là, maintenant, et pour dix minutes, c'est l'ENFER, "Laissez tout espoir", chaque cri de Vega est un cri souffrant et enragé de supplicié. La question est : dans quel état vais-je récupérer mon cerveau après ça ? Ce truc peut rendre dingue en une écoute. A forte dose, il entame obligatoirement les neurones dans les grandes largeurs. Moi, j'en ai pas trop abusé. N'empêche, je ne suis plus le même maintenant qu'avant d'avoir écouté Suicide, "Frankie Teardrop" et Vega. Je crois que tous ceux qui ont écouté ses oeuvres (même plus tardives) peuvent dirent ça. Et c'est c'est ce qui en fait un artiste majeur du vingtième siècle. Je précise deux choses : dans Suicide (bon sang, quel nom de groupe !), il avait pour acolyte Martin Rev, qui faisait la musique, et Alan Vega était aussi artiste plasticien.




mardi 12 avril 2016

Cheap Trick : pas chic, pas cher.

Ce qui est certain c'est que Cheap Trick est un groupe américain, ça, ça s'entend tout de suite, dès les premières notes; un drôle de mélange qui ne pouvait venir que de là-bas, de grandiloquence un peu débile, de pop agressive, de guitares lourdes, de chants attractifs. Moi, je ne les ai pas beaucoup écoutés pendant leur plus grande période de gloire, fin des 70's début des 80's. "I want you You want me" enregistré au Budokan, une compil achetée plus tard pour "Dream Police" et c'est tout. C'est plus retord, c'est maintenant que j'écoute Cheap Trick et tout particulièrement le premier album, éponyme. C'est étrange, il n'y a rien là-dedans que des brailleries de types qui viennent de sortir de la High School, à peine plus malins que les autres et qui ont choisis de faire du rock pour s'en tirer - à tout prix- et pourtant c'est plutôt bon et assez fascinant.
L'Amérique n'a pas d'Histoire, elle baigne vivante dans une mythologie qui travaille la société tout entière : la lutte pour la vie, les winners, l'argent qui fait tout, Dieu qui sauve et veille, le "Big" qui est bon, le corps sain qui épanouit. Il y a un lieu où la plupart des américains passent et apprennent à dealer avec ces mythes, et qui fait partie intégrante du mythe américain en général, c'est la High School, l'équivalent français du Lycée. Là, l'avenir des jeunes américains se dessine et chacun tente de répondre sans conscience complète de ce qu'il fait et subi à la question "Que faire de ma vie ?" On ne se remet jamais vraiment de sa High School. Sous une poussée d'hormone continue et à un âge où l'energie est quasiment sans fin, il a fallu faire quelque chose de son corps, de son sexe, de son intelligence, de son apparence, de sa force, de sa faiblesse alors que les contraintes normatives sont très puissantes et qu'il y a tout ce paquet de trucs plus ou moins utiles à apprendre. On est "weird" en High School ou "popular", on devient fou ou décide de se réfugier dans la norme. On baise, on se drogue, on achète sa première arme à feu, on conduit sa première bagnole, qui fait son premier emprunt ? pour plus tard, peut-être, l'université. Et puis il y a le bal de fin d'année, torture pour les uns, apothéose pour les autres. Trois ou quatre années de mythe américain vécues de plein fouet, pour le meilleur et pour le pire, pour devenir un homme ou une femme mais, par pitié, quelque chose.
Le premier album de Cheap Trick s'ouvre sur le morceau "Hello Kiddies" qui dit tout du public visé par le groupe et de leur idéal. Oh, ce n'est pas les Clashs; ils veulent attrapper les mômes de la High School par le colback, qu'ils achètent leur disque et le passe sur leur sono avant d'aller à l'école et le samedi soir à fond dans la maison de celui ou celle dont les parents ont eu la riche idée de s'absenter. Cheap Trick porte bien son nom, c'est un truc simple et pas cher, fait pour vendre du vinyl à des ados par des mecs à peine plus âgés qu'eux et que la High School a transformé en machines à arriver au succès, blindées de cynisme, déjà scotchés dans une imagerie marketing qu'ils ne quitteront plus. Il y a le beau blond, chanteur, le beau brun, bassiste et chanteur aussi, le batteur au look d'inspecteur de police et le guitariste pas très virtuose et très "geek". On y est, Cheap Trick prend son envol et fonce vers les hauteurs du succès planétaire. Et moi, j'écoute médusé la dernière chanson de l'album "The ballad of TV violence (I'm not the only boy)" dont les paroles racontent sans fard le pétage de plomb d'un gars un peu trop solitaire à la High School, comme s'ils avaient vraiment vécus ça, chacun d'eux, dans leur chair. C'est possible, la High School est un mythe ET une réalité, on s'en sort ou pas. En tout cas, comme on peut. Même mort.

samedi 19 mars 2016

Ce que je veux.

En ce moment j'ai des problèmes d'argent. Vous savez, ça rend fou les problèmes de fric. Maboule, cinoque, dérangé... A la base, la chanson "Money (That's what I want)" a été écrite par Berry Gordy, le fondateur de la Tamla Motown pour que, justement, il n'en ait plus, de problèmes de fric. Ca va assez bien marcher puis ça va l'entrainer dans le cercle vicieux de l'entreprenariat musical. Une vraie came.
Quand on entend Richard Wylie chanter la version de "Money..." ci-dessous, on sent bien qu'il en en a déjà bavé des ronds de chapeau pour le pognon et qu'il n'est dejà plus tout à fait d'équerre. Eh ben, ça va pas s'arranger. Pendant qu'il deviendra sans le savoir un chanteur culte parmi les amateurs britanniques de Northern Soul, il autorisera ses enfants à jouer aux frisbee avec ses vieux disques qui valaient pourtant leur pesant d'or. Moi, je dis que ce type en avait gros sur la patate.