Cet après-midi, je suis allé voir une exposition consacrée à l'oeuvre du peintre Gilles Aillaud. On dit qu'il appartient au courant né en France dans les années 60 et qui s'appelle la Figuration Narrative mais voilà ses toiles sont muettes et ne racontent aucune histoire, contrairement à celles de Monory, Rancillac, Schlosser. Elles représentent toutes, du moins pendant une bonne partie de sa carrière, des animaux dans des zoos : des otaries dans des bassins, un orang-outan suspendu à des anneaux, une fosse aux lions morbide. C'est étonnant et énigmatique car la sensibilité du spectateur est bridée, voire annulée. Les animaux ont un violent pouvoir expressif chez les humains, qu'on les prenne comme symboles ou simplement pour ce qu'ils sont, une manifestation de la vie si proche de la notre. Cousins dont la proximité est évidente, ils ne laissent personne indifférent. Gilles Aillaud sait parfaitement "rendre" des animaux dans des attitudes vivantes, "parlantes", comme en témoigne les magnifiques dessins de ce qu'il a appelé "Encyclopédie de tous les animaux, y compris les minéraux", oeuvre colossale et splendide de son âge mûr, mais dans ses toiles c'est autre chose qui se met en place, il y la mise en oeuvre d'une négation de la sensation et de sa naissance dans l'histoire que le tableau met toujours en branle dans son jeu de forme. Ici, les barreaux des cages des animaux; les animaux eux-mêmes ni heureux ni malheureux, neutralisés: les couleurs mates, cliniques; les angles, ouverts sur rien empêchent les sens d'être touchés, sollicités, l'émotion d'arriver et le seul sens produit est celui du silence angoissé et d'une impossibilité du discours de la peinture. Plus loin, des aquarelles légères comme des plumes montrent le talent incroyable de Aillaud pour susciter des émotions simples face à des horizons marins plus ouverts même si peut-être aussi problématiques quand ils semblent parfois clôturer le dessin, ce qui, au passage, en dit long sur la maîtrise de l'artiste, qui ne se laissera aller aux grands espaces qu'à la toute fin de sa vie. Enfin, voilà une peinture bien problématique pour la sensibilité et qui en appelle à l'intelligence pour, non pas sortir de, mais comprendre l'aporie, l'impasse qu'elle désigne, qu'elle dessine. Les oeuvres ont toujours quelque chose à dire, elles questionnent souvent les conditions de leur propre discours, là elles nient sa possibilité même, ce n'est tout de même pas banal. Et n'est-ce pas inquiétant ? Fort heureusement, Gilles Aillaud est aussi un homme qui traite d'autres sujets et sur un autre mode. Moi, ça me fait du bien mais il est vrai qu'un rien m'angoisse.
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lundi 18 mai 2015
lundi 13 avril 2015
Des fils rivaux pour de rire.
En cette ère post-historique et post-moderne tous les possibles s'emmêlent les pinceaux dans un réel parcellisé, clanique, rapiécé par chacun à sa petite sauce. Ainsi, moi, sur ce blog, j'y vais de mon petit couplet nostalgique de temps plus rudes ou plus doux où le mot "choisir" (ou "ne pas choisir") avait encore un poids. Maintenant, bof, tout est là, à portée, pré-cuit, pré-digéré. Prenez le groupe Rival Sons, ils mélangent le meilleur de Led Zep et un chanteur à la Jim Morrison (en sachant que le meilleur de Led Zep est de loin inférieur au pire des Doors, nous sommes d'accord. Pour moi seul le "nul" de Zeppelin tel que défini par le fan de base est audible) Et bien ça marche, on peut écouter ça en surfant sur des sites de cul millésimé French Touch (Jacquie et Michel, par exemple), pendant que les chipos grillent sur le barbecue, et que la petite amie se repeint les doigts de pieds en discutant Voyage Privé avec ses copines. Ça passe, Ça ne jaillit pas, ça c'est sûr, et ça n'émeut pas, mais ça passe. Ah non ? Une merguez, alors ?
Rival Sons : Open my eyes.
Rival Sons : Open my eyes.
mercredi 13 août 2014
Un dernier pour la route : Robin Williams se pend dans un pays ou circulent 300 millions d'armes à feu.
Robin Williams vient de mourir. A-t-il fait un seul bon film ? J'ai regardé sa filmo et je dirais non, à l'exception des voix qu'il a assurées pour la franchise "Happy Feet". Mais ce n'est pas là une caractéristique qui lui est propre et on peut très bien faire une brillante carrière à Hollywood en étant un mauvais comédien ou en alignant les nanars. C'est même la norme. Ce qui est rare c'est quand Tom Cruise ou Tom Hanks font un bon film. Tout ça ne valait pas un suicide, Robin. D'un autre coté, vous laissez une femelle de l'espèce Macaque Noir seule avec un appareil photo branché sur "on" et ça donne des "selfies" assez fendards. Alors on peut se sentir peu de chose. Le Goût comique humain impayable ressort néanmoins assez vite car la question est maintenant de savoir qui possède les droits de la photo ci-dessous, le singe ou le photographe ? De quoi mourir de rire.
dimanche 22 juillet 2012
Les belles (?) histoires de l'Oncle Mick
Voici le seul bon titre que Jagger ait enregistré au cours de ces 35 dernières années, seul ou avec les Stones. C'est un classique du folklore anglais et c'est très bien. "Handsome Molly".
Quant à ce qui suit, c'est une sorte de mystère. Cette chanson est une des toutes meilleures des Rolling Stones. Elle a été enregistrée en 1968 et se situe aisément à l'aune des "Stray Cat blues", " Salt of the Earth" et autres "Jumping Jack flash" de l'époque. On peut même dire que sa structure complexe en fait un sommet de l'art de la composition stonienne. Et pourtant, elle est resté officiellement "inédite" jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi ? Aucune idée, à part celle-là, un peu retorse quand même : elle est trop bonne par rapport à leur production habituelle. "Blood Red Wine".
samedi 2 juin 2012
L'Enfer - 2
Voici le pendant Capitalo au post précédent. Ça fout autant les boules, c'est coréen aussi (du sud) et c'est ignoble. Ah, la Corée, le Pays du Matin Calme, une civilisation plurimillénaire qui a résisté à ce qui se faisait de pire dans le genre salopard destructeur aux alentours : les Mongols, les Chinois, Les Japonais......Ils n'ont pas tenu 50 ans face au Rock n' Roll, le rejeton speedé et vorace du tonton capitalisme Américain. Qui le pouvait ? Au nord, ils ont essayé, c'est navrant, on l'a vu. Alors ? Alors, si vous allez au bout des quelques neuf minutes que comporte cet holocauste de l'humain (enfance, musique, dignité, rire etc, etc...), même par curiosité, c'est que vous êtes DÉJÀ mort. Moi, j'ai tenu 4 minutes. Je la mets, histoire que cette saloperie ne traine pas n'importe où, mais je ne la regarderai plus jamais. Faut pas déconner, la roulette russe avec six balles dans la barillet n'intéresse plus tellement les statisticiens ( Je compte : un : l'animateur, deux : le public, trois : la mise en scène, quatre, cinq, six : les mômes ). Et puis moi, j'aime quand les matheux ont des calculs à faire. Bonne chance !!!
mercredi 30 mai 2012
L'Enfer
Des bienfaits du Communisme. Une certaine idée de l'(in)humanité. C'est même pas la peine d'envoyer des missiles, les mecs, des trucs comme ça, ça fait suffisamment peur. A la fin du délire, c'est Alain Badiou et ses potes Maoïstes qui applaudissent. N'abuser pas de cette vidéo, elle détruit les neurones et annihile tout espèce de penchant pour la musique.
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dimanche 2 octobre 2011
QUELLE ALLURE ! LENNON vs JAGGER.
J'ai trouvé ça sur le net, c'est assez marrant. On y voit un John Lennon, malicieux et mal commode comme souvent, humilier ce pauvre Jagger en trente secondes. Celui-ci finit en sex-toy abruti et lubrifié, prêt à l'emploi, annonant sous la férule de Lennon une chanson des...... Beatles. Lamentable. Décidément, entre les deux groupes, les deux hommes, il n'y a pas photo, comme on dit sur les champs de course.
A part ça, j'ai chez moi un album des Stones, où se trouve une version de ce qui suit, qui a un son tellement pourri que ça en devient extraordinaire. Deja que ce morceau doit beaucoup au producteur (l'auteur, je n'en parle même pas, c'est Otis Reding...), alors quand le pressage s'y met.....on est peu de chose.
A part ça, j'ai chez moi un album des Stones, où se trouve une version de ce qui suit, qui a un son tellement pourri que ça en devient extraordinaire. Deja que ce morceau doit beaucoup au producteur (l'auteur, je n'en parle même pas, c'est Otis Reding...), alors quand le pressage s'y met.....on est peu de chose.
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